Le Manoir Mauvide-Genest


Le Manoir Mauvide-Genest

Par Benoit Voyer
25 juillet 2025

L'époque des seigneuries et celle qui l'a précédée m'intéressent beaucoup. De plus, j'adore les vieilles maisons coloniales. Le 23 juillet 2025, de passage sur l'île d'Orléans dans le cadre d'un premier survol du lieu ou ont vécu mes ancêtres Dupont, à Sainte-Famille, j'ai visité le Manoir Mauvide-Genest
à Saint-Jean.

C'est en lisant le livre "Par le chemin du Roi, une femme est venue" consacré 
à la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher (1768-1830), que j'ai découvert ce site historique tout à fait exceptionnel. C'est ici que sa mère, Geneviève Durocher, a passé son enfance, bénéficiant de l'éducation que lui offrait sa tante Anne Mauvide (1736-1799), la seigneuresse du lieu et épouse de René-Amable Durocher (1737-1786). L'actuel nom du manoir fait référence aux parents de sa tante, Jean Mauvide (1701-1782) et Marie-Anne Genest dit Labarre (1707-1781). En plus d'être seigneur de la partie sud-ouest de l'île de 1752 à 1779, Jean Mauvide était chirurgien du roi et marchand.

C'est dans cette maison que le contrat de mariage entre Geneviève Durocher et Olivier Durocher (1771-1859) a été signé. Ils se marieront le 20 janvier 1794, dans l'église catholique du patelin qu'il est également possible de visiter.

Ainsi donc, le Manoir Mauvide-Genest est un ancien manoir seigneurial situé à Saint-Jean, sur l'Île-d 'Orléans. Il a été construit en 1734 par Jean Mauvide et agrandi en 1738 et avant 1755. La chapelle date de 1929. Il s'agit d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux qui existent au Québec. Il a été classé immeuble patrimonial en 1971 et désigné lieu historique national du Canada en 1993.




Parfum de femme


Parfum de femme

Parfum suave ;
Parfum de printemps ;
Parfum de femmes.

Je te désire ;
Je te veux ;
Je t’implore.

Paysage de douceur ;
Paysage d’automne ;
Paysage de femme.

Te prendre d’une violence douceur ;
Te serrer dans mes bras, te cajoler, te goûter…

Saison chaude ;
Saison d’été ;
Saison de passion.

Te déshabiller sans compter le temps qui passe ;
te humer, te contempler ;
te toucher comme une dentelle.

Beauté du ciel ;
Beauté d’hiver ;
Beauté de femme.

Gonfler de vie a la saveur de ton corps si somptueux ;
M’enflammer d’une intense émotion.

Zone humide ;
Zone sucrée ;
Zone des tropiques.

Tu me fais chavirer…

Benoit Voyer 

Les Saisons littéraires 15 – Revue de création littéraire, semestre automne hiver 1998-1999, Guérin littérature, pp. 221-222

En ce 24 juillet 2025

La Chapelle de la Scala Santa, a Montréal


Les parents de la bienheureuse Dina Bélanger


Octave Bélanger (1871-1952) et Séraphia Matte (1870-1951), les parents de la bienheureuse Dina Bélanger, sont inhumés dans le lot "B 25 St-Joseph" du Cimetière Saint-Charles, a Québec, section du Cimetière Saint-Vallier

Louis Garneau (1634-1712) et Marie Mazoué (1643-1715), mes 7e arrière-grands-parents


Ce 23 juillet 2025, j'étais de passage a l'Ange-Gardien, sur la côte de Beaupré, près de Québec. J'ai fait un arrêt dans le cadre de mes recherches généalogiques. Sur le mur de l'église, du côté du cimetière, on retrouve deux rappels posthumes, dont celui de Louis Garneau (1634-1712) et Marie Mazoué (1643-1715), mes 7e arrière-grands-parents. 

Louis Garneau et Marie Mazoué

Nicolas Quentin dit Lafontaine et Jeanne dite Magdeleine Roulois

Qui sont vraiment sainte Anne et saint Joachim?

Marie et Anne,
Basilique Sainte-Anne, a Varenne

Qui sont vraiment
sainte Anne et saint Joachim?

Par Benoit Voyer

24 juillet 2025

Le 26 juillet de chaque année, il est étonnant de voir au calendrier des fêtes liturgiques de l’Église catholique celle d’Anne et Joachim. Il n’est pourtant pas question d’eux dans les évangiles canoniques, c’est-à-dire ceux de Mathieu, Marc, Luc et Jean, publiés dans le second testament de la bible, communément appelé le nouveau testament. Et puis, sur le plan historique, on ne sait rien d’eux sauf à travers des récits très anciens au contenu douteux quant à la véracité des faits.

Longtemps limitée à quelques sanctuaires, la dévotion à sainte Anne et saint Joachim, qu’on dit être les grands-parents de Jésus, s'est répandue au moyen-âge un peu partout à travers la chrétienté.

En 1854, au sein du catholicisme, les débats théologiques ont donné naissance au dogme de l’Immaculée-Conception. Des lors, on a étroitement associé le culte d’Anne à celui de Marie, la mère de Jésus. Cette vérité à croire, ne fait pas l’unanimité chez les chrétiens.

C’est dans le « Protévangile de Jacques », un livre apocryphe, c’est-à-dire que son authenticité n'est pas établie et qui a été mis à l’index des bouquins que les catholiques ne pouvaient pas lire pendant des siècles, qu’il faut aller pour retrouver les sources d’Anne et Joachim. Son auteur les nomme pour la première fois dans son récit qui porte essentiellement sur la préhistoire de la famille de Jésus.

Le « Protévangile de Jacques » aurait été écrit au deuxième siècle par une personne provenant du monde grec qui ne connaissait pas les coutumes juives et qui n’a jamais mis les pieds en Israël. La rédaction de son livre avait pour but de démontrer l’origine mystérieuse de Jésus. Ce texte a connu un grand succès au moyen âge.[1]

On retrouve aussi des traces d’Anne et de Joachim dans l’évangile du « Pseudo-Matthieu », un autre livre apocryphe ou certains passages se rapprochent du conte merveilleux: "Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits ! " (chap. 20).

Ces livres font de nombreux parallèles entre la sainte Anne encore vénérée de nos jours et certains passages de la Thorah. L'histoire d'Anne, la supposée mère de Marie, est en effet similaire à celle d’Hannah, dans le livre de Samuel, prophète et dernier sage d’Israël, longtemps restée sans enfant.

Le « Protévangile de Jacques » et le « Pseudo-Matthieu » dépeignent Anne comme étant une femme pieuse restée longtemps stérile.

On y décrit aussi sa rencontre avec son futur mari Joachim a la Porte dorée de Jérusalem, après l'annonce angélique de la future naissance de leur enfant.

Ils racontent que les parents d’Hannah sont tous les deux de la tribu de Lévi : son père serait Akar et sa mère, Émérencie. Akar aurait possédé des terres à Bethléem et à Jérusalem

Lui et sa femme auraient donné naissance à Ismérie, vers 63 avant notre ère. Cette date correspondrait au moment de la conquête romaine de la Palestine.

Anne serait née vers 55 avant notre ère. C'est à cette époque que la famille se serait installée à Hébron où Ismérie se serait mariée et serait devenue la mère d’Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste, le cousin de Jésus

Lorsque qu’Anne a eu neuf ans, ses parents seraient déménagés à Jérusalem où Akar aurait exercé des responsabilités au Temple.

De son côté, le « Protévangile de Jacques » raconte la rencontre entre Anne et Joachim. Selon ce récit: Joachim était allé faire sacrifier les bêtes de son troupeau au Temple. Au préalable, il devait laver ses moutons dans la piscine de Bethesda, près de la Porte des Brebis. Anne se tenait à cette porte de la ville. Elle vit Joachim arriver avec ses troupeaux. Ils se seraient mariés à l'âge de 20 ans.

L’analogie qu’on a fait entre Hanna au livre de Samuel et la grand-mère de Jésus demeure sans grand fondement historique. Mais bon, on y croit ou on n’y croit pas. La foi n’est pas une vérité historique ou scientifique.

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[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21

La neuvaine a Sainte Anne de Beaupré


Dans la cadre de la 7e journée de la neuvaine a la grand-mère de Jésus, en ce 23 juillet 2025, j'ai participé a la messe de 11h30.






La tombe du vénérable Alfred Pampalon


En ce 23 juillet 2025, de passage au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, je me suis recueilli a la tombe du vénérable Alfred Pampalon.

Autrefois a Sainte-Anne-de-Beaupré


Sur le site du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, on retrouve une vieille chapelle, témoin de la vie paroissiale de la communauté humaine locale. Tout près, se trouve l'ancien cimetière. Sur les murs du bâtiment patrimoniale, des plaques commémoratives rappellent les premiers habitants et leurs familles, pour la majorité a la base de la population francophone du Québec, du Canada et de l'Amérique. On les appelle les "familles souches". 



Pierre Boivin et Étiennette Lessard

Claude Poulin, Jeanne Mercier, Jeanne Poulin et Louise Paré

Jean Barrette et Jeanne Bitouset

Louis Gagné, Marie Michel, Pierre Gagné et Marguerite Rosée

Pierre Simard dit Lombrette et Noel Simard

Liste de premiers propriétaires du patelin

René de Lavoye et Anne Godin

Robert Giguère et Aymée Miville

Étienne Lessard

Gabriel-Robert Dufour

Étienne Racine

Catherine Vanier et Georges Pelletier

Au sujet du suicide assisté


Par Benoit Voyer

Télé-Québec (le 18 novembre) et le magazine L'Actualité (dans son édition du 1er décembre) ont diffusé de grands reportages sur le suicide assisté. L'histoire de Manon Brunelle, ex-assistante réalisatrice à Télé-Québec, qui a mis fin à ses jours sous l'oeil de la caméra, a grandement bouleversé les téléspectateurs et les lecteurs.

Manon Brunelle a épuisé ses réserves de foi. En réalité, de quelle foi s'agit-il? De la foi en elle-même, en Dieu ou en l'espérance? Je n'ai pas réussi à répondre à cette question. Son départ médiatisé n'a fait que provoquer en moi une sensation de grand vide. La seule réponse qui est parvenue à mon oreille a été un profond silence.

Tiré de : Benoit Voyer. « Lettres: Au sujet du suicide assisté », Le Devoir, 20 novembre 2004 (page consultée le 2 aout 2024)
ledevoir.com/opinion/idees/69251/lettres-au-sujet-du-suicide-assiste

En ce 23 juillet 2025

La Maison Joseph Gauvreau, a Rimouski


Des chiffres inquiétants


Des chiffres inquiétants

Par Benoit Voyer

Je suis toujours étonné de lire les données publiques sur la situation de la pauvreté.

En consultant le Rapport annuel de gestion 2009-2010 et comptes publics du ministère de la Santé et des Services sociaux, j’ai appris que le soutien financier de dernier recours occupe moins de 5 % du budget du Québec.

De son côté, un bilan de l’Institut Broadbent montre que le groupe de 1 % des bien nantis accapare actuellement à lui seul 14 % de l’ensemble des revenus au Canada. L’Institut fait état d’une situation inquiétante, qui démontre que les inégalités économiques et sociales au Canada augmentent dangereusement. Le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s’élargir.

Ailleurs, l’OCDE explique que cette montée canadienne de l’inégalité des revenus, depuis le milieu des années 1990, est beaucoup plus marquée que chez la moyenne des pays industrialisés. Elle ajoute que la croissance de l’inégalité est plus grande au Canada que chez notre voisin américain.

Au Québec et au Canada, le problème n’est pas celui de la création de la richesse, mais plutôt celui de sa répartition afin que tous en profitent. À quand un peu plus de justice sociale ?

Tiré de : Benoit Voyer. « Des chiffres inquiétants », Le Devoir, 1er novembre 2012 (page consultée le 2 aout 2024) 
ledevoir.com/opinion/lettres/362848/des-chiffres-inquietants

En ce 22 juillet 2025


La plage de l'Aboiteau, au Nouveau-Brunswick


Église Sainte-Geneviève, a Berthierville









L’entrée dans le plan du Père



L’histoire du Salut comme l’histoire du monde ne résulte pas du caprice des hommes et du hasard des événements. La Trinité tout entière veille sur sa Création, la mène et la conduit au terme ultime de la plénitude des temps, « a la louange de gloire de sa grâce ». C’est pourquoi, il nous importe de connaître ce plan d’ensemble que Dieu-Amour a daigné révéler aux hommes au cours des millénaires sur lesquels s’étend l’évolution.

Saint Paul avoue clairement, dans son épitre aux Éphésiens, c. 3e, que Dieu lui a « accordé par révélation, la connaissance du mystère » (v. 3 et 4). Puis, au verset 5, il ajoute : « Ce mystère n’avait pas été communiqué aux hommes des temps passés comme il vient d’être révélé maintenant à ses apôtres et prophètes, dans l’Esprit : Les païens sont admis au même héritage, membres du Corps bénéficiaires de la même promesse, dans le Christ Jésus, par les moyens de l’évangile ».

C’est donc dire que, dans le plan du Père, c’est l’humanité tout entière qui est appelé au salut par et dans le Christ de sorte que le royaume de Dieu soit, en principe du moins, co-extensif a l’humanité elle-même. Non seulement Dieu veut sauver tous les hommes, mais il veut récapituler toute la création sous un seul chef : Jésus-Christ (Eph. 1,10).

Vatican II rappelle cette vérité fondamentale aussi bien dans la constitution dogmatique « Lumen Gentium » que dans son décret sur l’activité missionnaire « ad gentes ». Citons par exemple deux passages significatifs :

1- « Dans l’ordre actuelle des choses, dont découlent de nouvelles conditions pour l’humanité, l’Église, sel de la terre et lumière du monde (matt. 5 :13-14) est appelée de façon plus pressante à sauver et à rénover toute créature, afin que tout soit restauré dans le Christ et qu’en lui les hommes constituent une seule famille et un seul peuple de Dieu ». (Ad Gentes, Introd. par. 2)

2- « C’est ainsi que l’Église prie et travaille tous ensemble, afin que le monde entier devienne le peuple de Dieu et soit transformé en temple de l’Esprit saint; et que, dans le Christ, chef de tous les êtres, tout honneur et toute gloire soient rendus au créateur et Père de toutes choses. » (Lumen Gentium, no 17)

C’est pourquoi la sainte écriture ne cesse de nous inviter à entrer pleinement dans ce plan salvifique du Père, car il ne veut pas sauver le monde sans nous; bien au contraire, il a daigné nous appeler, dans la miséricorde de sa grâce, à devenir les bâtisseurs et les artisans de son royaume, en nous donnant le « pouvoir de devenir les enfants de Dieu », ses propres fils bien aimés dans son seul et unique vrai fils, Jésus-Christ, une « race choisie, un peuple saint, un peuple de prêtres, de prophètes et de rois (1 Pierre 2 :9). Cette invitation du Père s’exprime très souvent, dans le Nouveau Testament, par l’expression suivante : « Telle est la volonté de Dieu sur nous ».

Explorons ensemble maintenant quelques passages ou apparait cette expression manifeste de la « volonté » de Dieu :

1- « La volonté de Dieu : C’est votre sanctification » (1 Thess. 4 :3)
Déjà dans le sermon sur la montagne, Jésus nous a tracé l’idéal de sainteté auquel nous sommes conviés par le Père : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait » (Matt. 4 :48).

Saint Paul indique également le sens profond de notre vocation chrétienne : « C’est ainsi que Dieu le Père nous a élus en Jésus-Christ, dès avant la création du monde, pour être saints, immaculés et sans tache en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, a la louange de gloire de sa gloire ». (Eph. 1,4-6).

Saint Pierre n’est pas moins explicite sur ce point lors que dans la première épitre aux croyants de la diaspora, il les exhorte à la sainteté : « Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux caprices de jadis, du temps de votre ignorance.
Mais, de même que celui qui vous a appelé est saint, devenez saints vous aussi, dans toute votre conduite, selon qu’.il est écrit : « Vous serez saints, parce que moi je suis saint » (1 Pierre 1 14-16).

Or, la sainteté à laquelle nous sommes appelés n’est pas le résultat de nos efforts personnels, de notre vertu propre ou de notre volonté. C’est essentiellement l’œuvre de Dieu en nous, l’œuvre de sa grâce et de sa miséricorde. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu d’abord, mais c’est lui qui nous a aimé le premier. Alors même que nous étions ses ennemis par le péché, il nous a fait le « don gratuit », le cadeau précieux, sans mérite de notre part, de devenir ses fils adoptifs en Jésus-Christ, notre sauveur et rédempteur.

II – « La volonté de Dieu, c’est que vous soyez conformes à l’image de son Fils » (Rm 8, 29)
Saint Paul continue à nous donner plus de détails sur le plan de salut initié par le Père et réalisé en la personne de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ. « Car ceux que le Père a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères; et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; Ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »

Cela ne veut certes pas dire que nous sommes purement passifs et que nous n’avons rien à faire : Dieu qui nous a créés sans nous, ne veut pas nous sauver sans nous. Ce qu’il demande, c’est la foi en son Fils Jésus-Christ : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, a ceux qui croient en son nom… » (Jn 1, 12). Nous avons donc à prononcer le oui de la foi, puis à vivre de la foi en acceptant de mourir au « vieil homme » pour qu’apparaisse « l’homme nouveau » regénéré dans le sang de l’agneau. (Romains 6 :2-4)

Le Seigneur nous demande d’acquiescer à sa volonté par amour et d’accepter de se laisser interpeller par sa Parole afin que germe en nous la semence de vie divine. Mais il désire par-dessus tout que nous nous laissions envahir par son Fils jusqu’à ce que nous puissions parler comme lui, penser comme lui, agir comme lui et sentir comme lui : « Ayez en vous les mêmes sentiments que le Seigneur Jésus » (Phil. 2 :5)

Or, d’après le plan du Père, comment cela doit-il se faire? Déjà Jean-Baptiste nous indique comment ce plan doit se réaliser : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3 :30). Et saint Paul mène cette pensée a sa conclusion ultime : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus qui vit en moi » (Gal 2 :20). Il s’agit donc de se laisser saisir, par le Christ, posséder par le Christ, pénétrer par le Christ, transformer par le Christ, par un oui total, par un accueil inconditionnel du Christ qu’on a intronisé dans son cœur, dans sa volonté, dans tout son être, bref : dans sa vie.

Voilà bien ce que saint Paul nous apprend d’une façon claire et précise dans sa première épitre aux Corinthiens : « Car c’est par la volonté du Père que vous êtes dans le Christ Jésus qui, de par Dieu, est devenu pour nous notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption (1 Cor. 1 :30). Puis il nous en donne la raison profonde : « Afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur » (1 Cor. 1 :31).

III – « La volonté du Père, c’est que vous soyez remplis de l’Esprit saint » (Éphésiens 5 : 17-19)
La volonté salvifique du Père ne peut être que trinitaire puisqu’elle nous convie à participer à la vie même des trois personnes divines. Jésus nous l’avait déjà enseigné avant que Paul ne l’explique de façon plus élaborée : « Celui qui fait la volonté de mon Père, celui-là mon Père l’aimera, et nous viendrons en lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14-23). Ce que Paul nous apprend dans son épitre aux Éphésiens, c’est la manière concrète et pratique d’entrer pleinement dans la volonté du Père :

« Ne soyez pas inconsidéré, mais sachez voir quelle est la volonté de Dieu sur vous. Ne vous enivrez pas de bon vin : On n’y trouve que libertinage. Soyez plutôt remplis de l’Esprit saint. »
On se souviendra que les apôtres, au jour de la pentecôte, donnèrent à tous l’impression d’être ivres après qu’ils furent remplis de l’Esprit saint.

La réponse de Pierre fut immédiate : Impossible d’être saoul à si bonne heure le matin. Puis il procéda à expliquer à la foule ce qui leur était arrivé : Voici que le petit groupe timide des disciples du Seigneur avait fait l’expérience fantastique du baptême dans l’Esprit saint dont Jésus leur avait parlé plusieurs fois, mais plus spécialement le jour de son ascension (voir Acte 1 :14-18). Ils n’avaient rien compris alors; mais voici qu’en ce jour inoubliable se réalisaient à la fois la promesse du Christ et la prophétie de Joel (3 : 1-5). Sous l’onction de l’Esprit saint, Pierre parla avec tant de conviction et de puissance que 3000 se convertirent au Christ Jésus de Nazareth (Acte 2 au complet).

La volonté de Dieu est toujours la même pour nous aujourd’hui au XXe siècle. N’est-ce pas d’ailleurs l’objet premier de la prière de Jean XXIII que toute l’Église adressa à Dieu le Père pendant la durée entière du concile : « Renouvelles-en notre temps les merveilles de la Pentecôte »

Il ne peut y avoir de renouveau spirituel en profondeur dans l’Église du Christ que si l’Esprit de Jésus-Christ ne la ravive, ne la revitalise de son souffle puissant et vivificateur. Il n’est donc pas étonnant de constater que si tôt après le concile (soit en 1967), ce souffle de pentecôte n’ait commencé à se faire manifeste à travers le monde. De plus en plus de catholiques sont en train de faire l’expérience de baptême dans l’Esprit saint (ce que j’expliquerai dans un futur article) donnant ainsi naissance à un authentique renouveau charismatique tout comme au temps de l’Église primitive. J’ai eu moi-même l’occasion de voir ces manifestations de l’Esprit saint[2] au Danemark, en Hollande, en Espagne, en Italie, à travers les États-Unis et d’un bout à l’autre du Canada, de l’Île-du-Prince-Édouard jusqu’à Vancouver. C’est un nouveau printemps dans l’Église et la promesse de fleurs nous annonce une riche moisson de fruits spirituels dans le monde entier.

IV – « La joie et la prière d’action de grâce, c’est la volonté de Dieu » (1 Thess. 5 : 16-20)
Le cadre de cet article est trop restreint pour pouvoir explorer complètement tous les passages d’écriture nous parlant de la volonté du Père. Mais je ne voudrais pas conclure avant d’avoir dit clairement que la volonté du Père, c’est que notre « joie soit parfaite » et que nous jouissions « de la plénitude de la vie, et de la vie surabondante » (Jean 10 :10; et 16 :24).

Le Père nous appelle à la joie et à la vie débordante en nous abreuvant aux sources vives qui jaillissent du cœur de son Fils bien-aimé Jésus-Christ. Et c’est dans le dialogue d’amour qu’est l’authentique prière chrétienne qu’on peut se renouveler sans cesse dans la joie et la vie.

« Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition, soyez dans l’action de grâce. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit saint, ne dépréciez pas la prophétie, mais vérifiez tout : Ce qui est bon retenez-le; Gardez-le de toute espèce de mal ». (1 Thess. 5 : 16-22)

La principale source de joie pour le chrétien, c’est la pensée du glorieux avènement de Jésus-Christ : « Nous attendons sa venue dans la gloire » disons-nous dans l’acclamation de foi qui suit la consécration.

Oui, Jésus reviendra et son retour est prochain. Notre joie et notre consolation, c’est de savoir que nous sommes appelés à bâtir son royaume et à travailler comme signes et témoins du Christ afin que son règne social arrive enfin sur la terre comme au ciel.

Voilà le sens de notre baptême; Voilà le sens de notre confirmation; Voilà le sens de notre engagement apostolique. Mais notre bouclier c’est la foi, notre épée c’est la parole de Dieu et notre puissance c’est l’Esprit saint qui « prie en nous par des gémissements ineffables » (Romains 8 : 26-28). La prière du cœur et de l’Esprit, voilà bien qui est l’âme de tout apostolat; La force contre laquelle rien ne peut s’opposer. Et non pas la prière du quémandeur importunant sans cesse le ciel pour des petits riens qui visent ses intérêts mesquins et individuels. Mais bien la prière d’action de grâces, la prière de louange et de gloire, la prière de foi et de joie qui se sait déjà exaucée avant même qu’elle se réalise. C’est la prière de contemplation qui jaillit du cœur en cascades de merci plutôt qu’en bouillonnement de « Si » … Tout comme Jésus l’enseignait a ses apôtres : « Quand vous priez, priez comme si vous l’aviez déjà reçu et cela vous sera certainement donné », (Marc 11 :24).

Conclusion :
Comme on s’en rend vite compte, la volonté du Père n’est pas celle d’un tyran ou d’un gendarme, d’un colonel d’armée ou d’un dictateur insatiable. Non : Car le Père est amour et il ne veut rien de plus que nous vivions de l’amour, dans l’amour et pour l’amour.

Cette volonté du Père est savoureuse à connaître, mystérieuse à comprendre, merveilleuse à découvrir et facile à exécuter. Jamais le Père ne nous demande quelque chose au-dessus de nos forces. C’est pourquoi le chrétien qui se plaint sans cesse du fardeau des dix commandements et du caractère contraignant de la volonté de Dieu, devrait se demander sincèrement si ce n’est pas lui-même qu’il faut gronder plutôt que le Père tout aimant qui nous a aimés le premier…

Je suis persuadé que le chrétien triste, morose, dégonflé et plaignard, n’a tout simplement pas fait l’expérience authentique et personnelle avec le Christ, et très certainement n’a pas encore fait la découverte sensationnelle du baptême dans l’Esprit saint.

Pourtant, c’est là, tout prêt à recevoir, tel que promis par le Père : « Si vous, tout méchants que vous êtes, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père du ciel donnera-t-il l’Esprit saint à celui qui l’en demande » (Luc 11 :13).

Terminons cet article sur la merveilleuse prière de saint Paul (Eph. 3 :14-19) :
« C’est pourquoi je fléchis le genou en présence du Père de toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. Qu’il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. Ainsi vous recevrez la force de comprendre la largeur, la longueur et la profondeur de l’amour du Christ. »

Jean-Paul Regimbal

Tiré de: Trinité Liberté, Vol.4 No 4, juillet-août 1971, pp.17 à 21. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ-PER120)

En ce 21 juillet 2025

Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 8 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 8 (1993). 

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: L'évangile de Marc; 
2- Marcel Morin, peintre; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Les cataclysmes de la fin des temps; 
4-Enseignement religieux: La méthode symbolique; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 15; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du médecin de campagne; 
7- Marthe Lamothe: L'éducation de la foi au Diocèse de Nicolet; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les abus sexuels; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres.
10-Thérèse Miron: Apprendre a perdre; 
11- La chanteuse Daniele Oderra lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 08 (Fonds Benoit Voyer) Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

Robert Lebel No 2


Témoignage d'un homme d'affaires touché par la grâce


Témoignage de l'homme d'affaires Bernard Provencher

Le 2 juin 1979, dans le cadre de l’atelier 6 du congrès national du renouveau charismatique qui a lieu au Parc olympique, à Montréal, l’homme d’affaires Bernard Provencher, de Waterloo, en Estrie, lance ce vibrant témoignage :

Vous savez, le père Jean-Paul Regimbal est toujours très court dans ses préambules. Il y a deux mois, nous étions avec M. Montreuil, à Chambly, pour une réunion préparatoire au congrès. S’adressant à M. Montreuil, le père Jean-Paul lui dit, parlant de moi : « Ben va témoigner durant le congrès ». Et la conversation continue. Je n’avais pas trop porté attention. Mais on m’avertit par courrier qu’effectivement, je devais témoigner aux congres. Inutile de vous dire que j’ai été pris de panique. J’étais à l’Eau vive, à ce moment-là, et je lisais un peu la Parole de Dieu, mais je n’ouvrais pas la bible au hasard : je continuais là où j’avais quitté la fois précédente. Et voici qu’en ouvrant la bible, ce jour-là, je lis ce texte que j’offre aujourd’hui en prière avant de témoigner : « Mais lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire. Ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous ». (Mt 10, 19-20). Est-ce que ce n’est pas extraordinaire d’être capable d’aller puiser des paroles comme celles-là qui vous réconfortent au plus haut point!

Je dois vous dire que c’est au congrès de 1977 qu’a débuté mon rapprochement avec le Seigneur. A travers toutes sortes de sentiments extraordinaires, je ressentis deux choses saillantes pour moi. C’était le vendredi soir d’ouverture, durant le chant-thème « Jésus est vivant ». On y parle de nos frères opprimés, prisonniers, délaissés. Personnellement, je n’ai qu’un frère encore vivant, l’autre est décédé. Pour la première fois de ma vie, je me sentais réellement comme faisant partie de cette immense foule qui était au Stade. Mes paroles ne me permettent pas d’exprimer les sentiments que je ressentais. Un peu plus tard, nous avons chanté le Notre Père. Encore là, c’était la première fois de ma vie que je m’adressais au Père d’une façon réellement filiale. Et ce que j’oublie de vous dire, c’est que je pleurais à chaudes larmes, au point où je ne pouvais que balbutier.

L’après-congres, je l’ai vécu par la messe et l’eucharistie quotidiennes, m’entretenant du mieux que je pouvais. Le Seigneur a mis sur mon passage des gens du renouveau qui m’invitaient à tout bout de champs à une veillée de prière et puis il a voulu me mener à l’Eau vive, au centre de formation charismatique de Granby dont les membres du bureau de direction, une fois par mois, font une nuit d’adoration pour demander au Seigneur de conseiller les personnes qui sont responsables du fonctionnement de cette entreprise. Je n’ai pas choisi l’heure : une personne m’a appelé pour me demander : « viens-tu adorer cette nuit? » Je lui dis : Oui, je viendrai vers onze heures ou minuit. – « Non, Ben, ton heure, c’est de deux à quatre heures. » C’est donc vous dire qu’on ne choisit même pas le temps où l’on va adorer!

A l’heure fixée, j’entre donc avec mon épouse dans la chapelle de l’Eau vive. Il y a a peine une trentaine de secondes que nous sommes en contemplation que l’animateur de la nuit d’adoration dit, dans un profond recueillement : « Je te remercie, Seigneur, de tracer pour une personne ici présente, une nouvelle voie ». A ce moment-là, je me suis senti enveloppé d’une chaleur du haut de la tête au bout des pieds. J’étais content, très content : je me disais : Enfin, Seigneur, tu vas me dire ce que je vais faire. Vous savez, cela se passe en un instant. Il faut que je vous dise également que nous n’étions que quatre – j’avais donc le droit de me dire que c’était dirigé vers moi, parce qu’il y avait parmi nous mon épouse, et je ne pensais pas qu’elle devait changer de carrière, elle. Je n’avais pas aussitôt pensé cela que quelqu’un ajoute : « Oui, Seigneur, je te remercie de me tracer une nouvelle voie, etc. » Je me suis dit : Bon, ce n’est pas encore pour moi! Et puis, j’ai oublié cela.

Un peu plus tard, au mois de janvier, on m’a demandé pour venir rencontrer, a l’Eau vive toujours, le père Jean-Paul Regimbal. Je m’y suis rendu et le père Jean-Paul a expliqué en quelques mots, ce qu’avait été l’Eau vive. Il y avait déjà plus de quatre ans que ce centre était fondé et tout ce temps-là, il avait, il avait été financé à 100% par la Providence, ce « Dieu de midi moins cinq » que vous connaissez sans doute. Alors, le père Jean-Paul a pensé que le temps qui est mis sur la partie matérielle empiète nécessairement sur le spirituel. On m’a demandé d’être administrateur à plein temps. Il n’en était pas question, mais j’ai offert avec joie mes services à temps partiel.

Nous voilà rendus en mars. A ce moment, je travaillais à Montréal et voyageais matin et soir. Je devais m’engager très sérieusement, au point de vue de mise de fonds, dans une entreprise très florissante. Avec raisonnement, preuves à l’appui, cela devait garantir mes jours. Mais mon épouse était absolument obstinée à ne pas me laisser faire., à ne pas me laisser poser ce geste. Un jeudi soir, nous avons eu une réunion à l’Eau vive pour planifier la campagne de financement. Le père Jean-Paul avait donné un cours, ce soir-là, et cela se termine toujours par un café, pour échanger. Tout à coup, j’ai senti le besoin d’avoir une entrevue avec lui. Alors je lui ai demandé s’il pouvait me recevoir dans un temps aussi rapproché que possible. Vous vous imaginez bien qu’il est extrêmement difficile de voir le père Jean-Paul, non pas qu’il ne soit pas disponible, mais il y a beaucoup de gens qui veulent le voir. Il y avait, dans la pièce, une personne qui m’a dit : « Écoute, Ben, j’ai un rendez-vous pour demain soir, a 6h30. Si tu veux, prends mon rendez-vous, parce que moi, a vrai dire, j’ai oublié ce que j’avais à lui dire ». Je m’amène donc le lendemain.

Je vous dis tout de suite que le père Jean-Paul, cela ne lui prend pas grand temps pour dire ce qu’il a à dire. Je lui dis tout simplement ceci : il y a « une couple » de semaines, j’ai lu la revue « Je crois ». L’article en primeur de ce mois de mars traitait sur la faim a travers le monde. Nous avons tous entendus parler du tiers du monde qui meurt de faim tous les jours, mais ça ne s’enregistre tout simplement pas. Mais cette fois-là, au fur et a mesure que je lisais, j’ai senti quelque chose de profond et je me disais en moi-même : peut-être que tu peux faire quelque chose pour cela.

Le père Jean-Paul me répond tout simplement ceci : « Voici. Les sentiments qui t’animent sont sincères, je le vois. Il y a trois choses que tu peux faire : Premièrement, tu peux aller sur place, dans un de ces pays qui souffrent de la faim et offrir ce que tu as à offrir pour alléger le problème. C’est une façon d’agir.

Deuxièmement, tu peux moins te déplacer. Tout autour de Granby et de Waterloo, il y a beaucoup de bonnes œuvres auxquelles tu pourrais te donner. Troisièmement enfin, ce que tu peux faire, - et c’est ce que je voudrais te demande, - c’est aider un gars comme moi à être plus prêtre. » Je ne me sentais pas gros, imaginez, quand le père Regimbal qui proclame le Seigneur aux quatre coins du monde me fit cette demande. Je n’osais penser qu’avec le peu de connaissance que j’avais, je pouvais lui aider à être plus prêtre. J’ai dit oui, mais il n’a pas accepté mon oui. Il y avait une période d’adoration deux jours plus tard. Il m’a donné une prière une prière d’intercession, prière qui est structurée de façon à contempler davantage et à voir si la réponse du Seigneur est réellement ce qu’on croit qu’elle est. Nous nous sommes mis d’accord qu’après la période d’adoration, j’irais lui rendre une réponse. Effectivement, la nuit d’adoration n’a fait que confirmer ce que je ressentais déjà. Le lendemain, j’ai donné ma réponse au père Jean-Paul.

Ma première tâche, ce fut cette campagne de financement. Je me rendais compte que c’était ma campagne. Nous avons pensé à notre affaire, nous avions prié avant, bien sûr, mais nous avons surtout pensé notre affaire comme il faut. Au point de vue publicité, nous avons envoyé une très belle lettre. Nous nous sommes servis du Seigneur : nous l’avions élu président de la campagne. Mais après cela, mon moi recommençait toujours à faire des siennes. On faisait ceci, on faisait cela, et je vous épargne tout ce qui est naturel et matériel.

Le premier appel fut lancé le 1er avril. Durant le mois d’avril ça répondait très bien. Tous les matins, a l’Eau vive, - nous avions un thermomètre placé a coté de la salle à manger pour que tout le monde voie bien le progrès de la campagne jours après jour – on s’inquiétait à savoir combien nous avions reçu d’argent. Six prêtres sont résidence a l’Eau vive. L’un d’eux me dit, un jour : « Ben, combien le Seigneur nous a-t-il envoyé aujourd’hui? ». Cette question fut pour moi une leçon.

Dans un deuxième temps, le Seigneur a fait autre chose, toujours pour augmenter ma foi. Nous étions à deux semaines de la fin. Tout allait très bien. Tous les jours, des montants nous parvenaient. Ce jour-là en particulier, a 5h, nous n’avions encore rien reçu de nos trois sources de fonds. Les dons nous parvenaient soit par le casier postal, soit par le facteur a l’Eau vive même, soit par des personnes qui venaient elles-mêmes porter leur don. Je ne pouvais croire que nous ne recevions rien ce jour-là. Avant de partir, je dis à sœur Alice qui était en charge des registres : si nous recevons la moindre contribution, peu importe l’heure, appelez-moi. A sept heure moins vingt précisément, le téléphones sonne et je m’empresse d’y répondre parce que je pressentais que c’était sœur Alice. Elle me dit : « Ben, vous ne devinerez jamais ni le montant, ni le donateur. Ça été la plus grosse journée de notre campagne et c’est venu d’une façon qui sort de la normale parce que c’était un deuxième don, huit fois plus grand que le premier que la même personne avait donné. » Donc, ce ne sont surement pas les communications, ni la beauté de l’impression, ni l’effort qu’on y met qui garantissent le succès d’une entreprise, je suis absolument sûr que c’est le Seigneur. Il nous a donné une campagne formidable et je l’en remercie.

Avant de terminer, je voudrais vous donner un autre exemple, je vous dis ceci parce que le père Jean-Paul m’a mis en garde contre certaines choses : « Tu vas vivre des choses merveilleuses, me disait-il, mais tu vas aussi rencontrer de grandes difficultés. » Je dois vous dire que le merveilleux primer sur les difficultés. Nous parlions tout a l’heure du Dieu de midi moins cinq : c’est le Seigneur préféré du père Jean-Paul : il l’a tellement vu en action qu’il le connait très bien… Voici. Nous avions un problème d’immeuble. Nous avions obtenu un délai de trente jours et ce délai expirait dans trois jours. Si nous ne respections pas ce délai, nous perdions une somme de 10 000$. Inutile de vous dire toutes nos démarches. Trois jours auparavant, un homme d’affaires qui avait rendez-vous avec le père Jean-Paul s’amène à son bureau. Le père Jean-Paul, tout en parlant, le met au courant du problème et dans l’espace de 30 secondes, il dit : « Père, ne vous inquiétez pas, je le prends en charge, j’y mets les fonds. ». C’était un cadeau extraordinaire du Seigneur au père Jean-Paul a l’occasion de son 22eanniversaire de sacerdoce.
Ce dont je vous ai témoigné, ce n’est que le commencement des merveilles du Seigneur. Je suis sûr qu’au fur et à mesure, il va me montrer le chemin pour continuer à œuvrer dans sa vigne.

Témoignage publié dans : Jean-Paul Regimbal. « Les charismes », conférence prononcée au Congrès national de juin 1979, Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique, 1980, pp19-24. Témoignage donné le 2 juin 1979. Document conservé a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (P049)