LE PRÉSENT DU PASSÉ: Depuis 20 ans, la force de Jésus sur la Sainte-Catherine

Depuis 20 ans, la force de Jésus sur la Sainte-Catherine

«Ton Jésus doit être assez fort pour être sur la rue Sainte-Catherine ... », lance un jeune au père Jérôme Saint-Pierre, Oblat de Marie-Immaculée de Montréal, à l'automne 1978. Cette simple phrase touche directement son orgueil de prêtre et vise son manque de foi chrétienne. Le religieux n'a pas mis les pieds sur les freins à ce petit message plein de sagesse. «Pourquoi pas ... », s'est-il dit. Le 23 novembre 1978, le Café Chrétien centre-sud ouvre ses portes au 1471 est Sainte-Catherine, de cette rue, la plus célèbre du Québec, au coeur de ce qui allait devenir, quelques années plus tard, le quartier «gai».

Aujourd'hui âgé de 54 ans, Jérôme Saint-Pierre poursuit la même mission, même si, par moments, il a envie de tout lâcher à cause des exigences physiques, intérieures et matérielles qu'un tel apostolat demande. Ce n'est pas facile de porter la Bonne Nouvelle de l'Évangile au coeur du trafic de la grande ville.

Pourquoi continuer? Il donne toutes sortes de réponses: «Parce que c'est une porte ouverte privilégiée sur le public», «Parce qu'il faut évangéliser», «Parce que je ne suis pas seul», «Parce que si l'Église n'évangélise pas, elle est morte», «parce que c'est unique» ( ... ) Réponses faciles ... À force d'insister pour trouver un «pourquoi» valable, il se laisse aller:

«En 1996, on a fêté mon 25e anniversaire d'ordination. Il y avait 3 autres confrères avec moi. On n'a pas eu un mot à dire à nulle part ... Ça ne me faisait rien de ne pas parler, mais ... durant le repas, je me suis levé, je suis allé à l'avant et j'ai pris le micro: «Je veux vous dire une affaire! Je veux remercier le Seigneur ... Pas parce que je suis un Oblat ... Pas parce que je suis un curé ... Pas parce que je suis un prêtre ... Mais parce que depuis que je lui ai donné ma vie, j'en ai ramené une maudite gang au Seigneur! Pis, j'ai sauvé leurs vies! Ils sont heureux aujourd'hui!» J'avais l'air fou, mais c'était ça la raison de la fête! Y en avait pas d'autres! Si j'ai le coeur en fête, c'est parce que j'en ai ramené une maudite gang! Ils ont des noms! Je les connais!»

Il a été un instrument de Dieu, car, comme il l'explique, il n'y a que Lui qui peut donner la grâce de la conversion. Voilà sa seule vraie et unique motivation: amener des âmes au bon Dieu.

Au Café Chrétien centre-sud, son moyen d'action est de faire vivre une expérience intérieure de rencontre personnelle avec Jésus, d'accueillir les jeunes - pour la majorité des pauvres - et de les aimer comme ils sont: «On part de leurs besoins et, plus tard, on parle de Jésus Christ.»

Père adoptif
Il veut tellement être un père pour ces gens, qu'il a même adopté civilement une fille. Elle se nomme Rachel Saint-Pierre (la Revue Sainte Anne publiera bientôt un article sur son expérience). Depuis son adoption, elle porte fièrement et légalement le nom de famille du religieux.

Les démarches d'adoption n'ont pas été faciles, puisque le Père Jérôme a fait voeu d'obéissance. Civilement, rien de compliqué. Religieusement, il faut se plier à la décision de sa communauté.

«( ... ) ça a pris un an à la congrégation. Ils disaient toujours non, mais ils n'étaient pas capables de totalement fermer la porte», raconte le moustachu. «Ils ont rencontré ma fille. Le provincial qui ne voulait pas prendre la décision m'a même conseillé de le faire sans sa permission ... Ils ont finalement répondu positivement à ma demande.»

Une histoire de foi
L'aventure du Café Chrétien centre-sud prend sa source dans l'expérience du groupe de prière du renouveau charismatique de la paroisse montréalaise Saint-Pierre-Apôtre, un renouveau initié dans le catholicisme au monastère des Trinitaires de Granby, par le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988), qui a pour but de redécouvrir l'action de l'Esprit Saint dans la grande aventure de l'Église et de découvrir son action dans sa propre vie.

«Ce qui était spécial, c'est que les pauvres du quartier s'y exprimaient. Il y avait beaucoup de guérisons et de merveilles du Seigneur. Il y avait, de semaine en semaine, une centaine de personnes», se souvient-il.

De 1976 à 1978, il emmène régulièrement de 10 à 15 jeunes au Café Chrétien de la rue Saint-Hubert qui fonctionne à plein régime. Une religieuse l'accompagne

Il ajoute: «Ils me disaient: On est capable d'en faire un! Je n'étais pas très intéressé parce que j'étais déjà débordé avec mon travail à la paroisse finalement ... Il y avait un local de libre sur la rue Panet; ça coûtait juste trois cents piastres par mois. Je pouvais facilement trouver le budget!»

Il a rapidement été mis devant son manque de foi par un jeune: «Ton Jésus doit être assez fort pour être sur la rue Sainte-Catherine!»

Il trouve enfin un local sur la Sainte-Catherine et les 40 000$ nécessaires pour procéder au démarrage et aux rénovations, puisque l'ancien local de la «Chemiserie de Dominique Michel» n'avait même pas l'eau courante et l'ambiance de boutique ne convenait pas au nouveau locataire.

En septembre 1978, le père Jérôme Saint-Pierre rassemble deux équipes: une d’adulte pour veiller à la gestion et une autre de jeunes pour constituer l'équipe des animateurs. À chaque semaine, ils se réunissent pour prier. Les adultes prolongent leur démarche par une rencontre d'organisation. En 2 mois, tout est en place pour débuter avec les rénovations du local.

«En 3 semaines, on a ouvert le café. Il a fallu tout défaire et refaire puisqu'il y avait des rampes d'aciers partout et de grands fluorescents ... Je continuais – en même temps - à la paroisse. Je finissais souvent à 4h30 du matin. À 7h30, je devais célébrer la messe à la paroisse et faire ma journée. Je ne sais pas comment j'ai fait! J'étais «toffe» dans c'temps-là quand je repense à ça!» raconte l'homme qui parle le langage du peuple. Le 25 novembre, l'oeuvre ouvre ses portes.

Il attend jusqu'en juin 1979 avant de quitter définitivement son travail à Saint- Pierre-Apôtre (la belle église paroissiale est située juste en face de la tour de la Société Radio-Canada) parce qu'il n'est pas assuré de l'avenir du p'tit café.

Il n'est pas seul dans cette expérience de providence. Dès le début, Claire Cyr, une travailleuse sociale, quitte tout et se lance dans l'aventure pour se donner entièrement au service des jeunes. Elle est encore fidèle au poste.

Activités
L'ensemble de la programmation du Café Chrétien centre-sud est faite en fonction des 15 à 35 ans. «Si nous voulons garder nos jeunes, il faut demander aux plus âgés de laisser la place», insiste le religieux consacré à Marie.

Les mercredis sont réservés à la prière et aux réunions.

Les jeudis soir: témoignage (un par mois), enseignement du père Saint-Pierre (une fois par mois) et partage (2 fois par mois).

Les vendredis: soirée des 15-18 ans (partage, détente, engagement, sortie, ateliers, etc.).

Les samedis: soirée des chansonniers. À 17h30, heure de prière devant le Saint-Sacrement afin de bien se préparer à l'accueil. Le premier samedi du mois est consacré à une journée mariale.

Les dimanches: de 14 heures à 19 heures, chants, prières, messe et souper-partage (gratuit).

L'origine des Cafés Chrétiens
En décembre 1975, Michel Giard, 19 ans, rencontre Soeur Martine Tardif, une psycho-éducatrice qui travaille auprès des mères célibataires. Il lui raconte son expérience avec le mouvement Témoignage-Jeunesse à Granby, un regroupement catholique fondé par le père Jean-Paul Regimbal - secondé par Marcel Paquin - qui a pour objectif de porter l'Évangile aux jeunes par les jeunes. Michel Giard compte sur la religieuse du Bon Pasteur. Elle a peu de temps. Elle lui demande de trouver un prêtre pour collaborer avec elle à ce projet.

Trois semaines plus tard, le moustachu à l'aube de la vingtaine lui donne le numéro de téléphone de l'abbé Robert Lapointe et quelques noms de jeunes qui pourraient devenir animateurs.

Le 23 février 1976, des jeunes provenant de groupes de prière de soeur Tardif et l'abbé Lapopinte sont réunis autour de Michel Giard. Il raconte son expérience de foi et explique les objectifs et les moyens d'action de Témoignage-Jeunesse.

Le groupe progresse rapidement. En 6 mois, il passe de 20 à 300 jeunes de 18 à 25 ans. Les principales activités sont la prière, la fraternité et l'organisation de grands ralliements de masse qui ont regroupé jusqu'à 3000 jeunes dans la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph.

En mai 1976, les 300 jeunes désirent un local ayant un accès plus facile en tout temps pour «l'évangélisation». Les prières du groupe prennent forme.

Un après-midi, Martine Tardif reçoit le coup de fil d'une dame: «J'ai entendu parler des jeunes dans un restaurant et ils disaient qu'ils cherchent un local pour se réunir et pour s'évangéliser ensemble. J'ai été très intriguée de leur conversation et je me suis permis d'aller leur poser des questions. Ils m'ont donné votre nom ... » La dame lui offre le local d'un bar salon abandonné au 8627, rue Saint-Laurent, qui appartient à un restaurant qui a mis l'édifice en vente. Par son intermédiaire, il accepte de le prêter pour 2 mois.

«À la réunion suivante, Martine et Robert annoncent la nouvelle aux jeunes qui voient là une réponse claire du Seigneur aux prières du groupe», est-il raconté dans le livre Le Café Chrétien, paru en 1980.

Le 1er juin 1976, le Café Chrétien ouvre ses portes. Soeur Martine Tardif devient directrice générale, à temps complet, puisque sa communauté religieuse accepte de la libérer de son travail. Le petit café s'ouvre juste au bon moment pour organiser des activités pastorales spéciales à l'occasion des Jeux Olympiques Pendant 2 semaines, il sera ouvert 24 heures sur 24 pour accueillir les jeunes de toutes nationalités.

«Est-ce qu'il n'est pas temps qu'on sorte de notre mutisme? Malheur à la majorité silencieuse! Eh bien! Si les écoles nous sont fermées, on ne peut pas nous fermer les discothèques, on ne peut pas nous fermer les cafés. Fondons les Cafés Chrétiens dans tous les secteurs pour rejoindre la jeunesse! N'ayons pas peur! Ayons l'audace d'évangéliser!», lançait le père Jean-Paul Regimbal, fondateur de Témoignage-Jeunesse et initiateur du renouveau charismatique catholique, le 10 octobre 1976, au Congrès charismatique du diocèse de Québec.

Les Cafés Chrétiens aujourd'hui
Aujourd'hui, chaque Café Chrétien est différent et autonome. Chacun essaie de répondre à sa façon au besoin du milieu.

Il n'y a plus de fédération - comme autrefois - qui permet de certifier qu'un Café Chrétien est bel et bien catholique (ce regroupement a permis de rassembler jusqu'à une quarantaine d'établissements). Plusieurs groupes protestants ont également repris l'idée. À Granby, par exemple, il y a le Café d'accueil chrétien pour les Catholiques et le Café Le Rocher pour les Protestants.

Enfin, le concept a fait le tour du monde et porte des noms très différents. En France, il y en a un qui s'appelle le «Bistro du Curé».

Dans tous les Cafés Chrétiens (sauf à Granby), il n'y a plus de liens avec Témoignage-Jeunesse et, dans plusieurs lieux, il y a un refus de s'identifier au courant spirituel du renouveau charismatique qui, pourtant, a donné naissance à cette manière ecclésiale de diffuser la Parole de Dieu, avec ses forces et ses faiblesses.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, septembre 1998, pages 348 à 350)

8 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Le prélude de la société catholique québécoise


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Analyse des baisers


VISION CATHOLIQUE: L'Immaculée Conception

L’immaculée Conception

Par Benoit Voyer

8 septembre 2025

Le 8 décembre 1854, paraissait la Constitution apostolique Ineffabilis Deus du pape Pie IX. Dans cette déclaration, le chef des catholiques instituait le dogme de l’Immaculée Conception. Il écrivait : « Nous déclarons, prononçons et définissons : la doctrine qui tient que la Très Sainte Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège singulier de Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur du genre humain, a été préservée libre de toute tache du péché originel, a été révélée par Dieu et doit donc être fermement et inviolablement crue par tous les fidèles. »[1]

Dans sa déclaration, le souverain pontife affirme que Marie est la nouvelle Ève et qu’elle est sans souillure, « toujours absolument exempte de toute tache de péché, toute belle et parfaite, elle possède une telle plénitude d'innocence et de sainteté que, après Dieu, rien de plus grand ne peut être conçu, et dont aucun esprit, en dehors de Dieu, ne peut parvenir à saisir les profondeurs ». Elle est revêtue de « l’innocence originelle ».

Cette doctrine, qui existe depuis l'Antiquité, prend sa source dans les textes bibliques, particulièrement lors de l’apparition de l’Ange annonciateur à Marie et de la salutation qu’elle a reçue de la part d’Élisabeth, sa cousine. Pie IX écrit dans son décret : Puisqu’ils « considéraient que l'ange Gabriel, en annonçant à la Très Sainte Vierge la dignité exaltée de la Mère de Dieu, l'avait, par l'ordre de Dieu lui-même, appelée pleine de grâce, [ils] enseignèrent que par cette salutation singulière et solennelle, jamais entendue auparavant, il était démontré que la Mère de Dieu était le siège de toutes les grâces de Dieu, ornée de tous les dons de l'Esprit divin ; elle était en effet un trésor presque infini et un abîme inépuisable de ces mêmes dons ; de sorte que, non seulement elle ne fut jamais soumise à une malédiction, mais encore, avec son Fils, elle participa à une bénédiction perpétuelle : digne d'être appelée par Élisabeth, mue par l'Esprit de Dieu : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1, 42). » »

Les articles 490 et 491 du Catéchisme de l’Église catholique reprennent en quelques mots ce décret : « L’ange Gabriel, au moment de l’Annonciation, la salue comme "pleine de grâce" (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu. Au long des siècles, l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX ».[2]

Et Pie IX ajoutait : « La Très Glorieuse Vierge, par qui le Tout-Puissant a fait de grandes choses, a brillé d'une telle abondance de dons célestes, d'une telle plénitude de grâce et d'une telle innocence qu'elle est devenue, pour ainsi dire, le miracle de Dieu par excellence, le sommet de tous ses miracles, et une digne Mère de Dieu ; de sorte que, placée, autant qu'une créature le peut, au plus près de Dieu, elle a surpassé toutes les louanges des hommes et des anges. Aussi, pour démontrer l'innocence et la justice originelle de la Mère de Dieu, non seulement ils la comparaient très souvent à Ève, encore vierge, encore innocente, encore incorruptible, et non encore trompée par les pièges mortels du serpent menteur, mais ils la préféraient aussi par une merveilleuse variété de paroles et d'expressions. Car Ève, malheureusement, ayant écouté le serpent, est tombée de son innocence originelle et est devenue son esclave ; au contraire, la Très Sainte Vierge augmenta continuellement le don qu'elle avait reçu à son origine, et, loin d'écouter le serpent, avec l'aide divine, elle détruisit complètement sa violence et sa puissance. »

Fête de l’Immaculée Conception
En décembre 2024, sur Zenit, Anne Van Messis expliquait que « la fête de l’Immaculée Conception se situe dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent. Elle invite les fidèles à rendre grâce pour la mission exceptionnelle reçue par la Mère de Dieu. Elle rappelle que Marie a été préservée du péché originel dès sa conception, et a été choisie pour porter en son sein le Sauveur du monde. »[3]

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[1] Pie IX. Constitution apostolique « INEFFABILIS DEUS ». Définition dogmatique de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, 8 décembre 1854 https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/18541208-costituzione-apostolica-ineffabilis-deus.html
[2] Catéchisme de l’Église catholique, nos 490 et 491 https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1H.HTM
[3] Anne Van Merris. L’Église célèbre bientôt l’Immaculée-Conception, Zenit, 3 décembre 2024 https://fr.zenit.org/2024/12/03/leglise-celebre-bientot-limmaculee-conception/

PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 8 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 8 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: L'évangile de Marc; 
2- Marcel Morin, peintre; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Les cataclysmes de la fin des temps; 
4-Enseignement religieux: La méthode symbolique; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 15; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du médecin de campagne; 
7-Marthe Lamothe: L'éducation de la foi au Diocèse de Nicolet; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les abus sexuels; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10-Thérèse Miron: Apprendre a perdre; 
11- La chanteuse Daniele Oddera lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 08 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PROPOS SPIRITUELS: saint Josémaria Escriva


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 10 décembre 2023



20231210 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mgr François Lapierre

Mgr François Lapierre:


Un homme d'espérance

«Je n'étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité ... Pas moi ... J'avoue que je sentais beaucoup de peur. Je crois qu'on aurait mis cette menace-là à exécution. J'ai bien pensé que j'allais laisser ma vie au Guatemala», raconte Mgr François Lapierre, le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe qui a été sacré le 16 juin dernier, encore sous le choc des événements qui ont bouleversé sa vie, en octobre 1980.

Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre disant impérativement: «Si dans les 48 heures vous n'êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer physiquement». Sans tarder, il se rend chez son évêque pour lui demander conseil. Celui-ci n'hésite pas l'ombre d'un instant. Une quinzaine de prêtres viennent d'être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays. Le prélat est lui-même allé le reconduire à la frontière du Honduras où François Lapierre restera jusqu'en 1983.

«En allant le rencontrer, je me disais: si j'ai des indications claires que je dois rester, je vais rester!», se souvient-il. Mgr Lapierre croit que cet événement est providentiel. D'ailleurs, pour lui, le hasard n'existe pas: «Nous ne sommes pas guidés comme des marionnettes ou téléguidés ou programmés à l'avance comme un programme d'ordinateur. Je crois à la Providence divine et que nous sommes accompagnés par le Seigneur».

C'est en 1979 qu'il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs pour travailler au Guatemala. L'expérience est très difficile pour ces personnes. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. Ils sont dans la région où il y a un affrontement entre l'armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établit. Raoul Léger, un Acadien, membre du groupe de Canadiens, y a même laissé sa peau. «J'ai beaucoup pensé à lui dernièrement. J'ai participé aux funérailles de Mgr Gérardi qui a été assassiné au mois d'avril à cause de son implication dans la réalité des droits humains. Je me suis rappelé notre expérience au Guatemala. Il y a eu des centaines de milliers de personnes qui ont été torturées, tuées ou déplacées», confie-t-il à la Revue Sainte Anne.

Un évêque pas comme les autres
François Lapierre avoue avoir de la difficulté à apprivoiser le nouveau titre de «monseigneur», car il n'aime pas les honneurs.

Le successeur de Mgr Louis Langevin est humble, d'une grande intelligence et préfère l'apostolat sur le terrain, particulièrement dans les milieux les plus défavorisés.

Ses propos touchent et dérangent. Il n'a rien de ces théologiens aux discours rigoureux. Il est spirituel. Ce qu'il dit, on le sent sorti directement de ses tripes.

Il parle 3 langues (anglais, français et espagnol) et se débrouille bien avec 2 autres (portugais et italien).

Il ne serait pas étonnant de le voir accéder à des fonctions plus importantes au sein du catholicisme, tel que devenir cardinal. Il n'a que 56 ans et les spéculations courent au sein du clergé. «Disons que je vais commencer par être évêque!», répond-il, un peu embêté par les propos rapportés et pour mettre fin à un sujet qu'il ne veut pas trop développer par modestie.

Il est fort probable que le portrait pastoral de ce diocèse de la rive sud du Saint-Laurent change au fil des prochains mois

Il est un adepte de la théologie de la libération. Gustavo Gutierrez, le père de ce courant spirituel, est son ami depuis de longues années. Le religieux s'est fait remarquer, le 16 juin, puisqu'il était présent à la cathédrale de Saint-Hyacinthe parmi les nombreuses personnalités invitées de partout autour de la planète - dont la majorité des évêques du Québec - pour son sacre.

Théologie de la libération
«La théologie de la libération est une façon d'aborder l'expérience chrétienne. Quand on regarde la Bible, on s'aperçoit que la liberté est au coeur de cette expérience. Le problème est la façon dont on conçoit la liberté. Qu'est-ce que la liberté? Est-ce que c'est juste de choisir entre dix sortes de shampoings? C'est d'abord la réalité de s'ouvrir à la souffrance de l'autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des Catholiques avec les pieds sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive! Il faut avoir le courage d'être ce que nous sommes!», explique le nouveau berger maskoutain.

Il poursuit: «Mon expérience en Amérique Latine m'a amené à voir l'importance d'une option préférentielle pour les pauvres et de voir comment l'Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l'Église. C'est ce que j'ai appris de la mission en Amérique Latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets».

Il n'aime pas l'étiquette d'«homme de la gauche catholique» qui lui est attribuée Pour lui, ces termes de la gauche et de la droite correspondent plus à une réalité politique qu'à une réalité chrétienne. Il trouve qu'il faut faire attention avec la polarisation, car il y a un danger de faire passer les idées avant les personnes et, de cette façon, créer une mentalité sectaire à l'intérieur de l'Église.

C'est en 1966, après quatre mois d'apprentissage de l'espagnol, au Mexique, qu'il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d'Ica, une petite municipalité d'environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. A la demande de l'évêque, il se retrouve aumônier des étudiants à l'université de la place qui regroupe près de 8000 jeunes. «C'est comme ça que j'ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu un ami. J'ai beaucoup appris à son contact. Il m'a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m'est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu'en 1971», relate-t-il.

Enfance
François est originaire du 1055 chemin Compton à West Shefford (aujourd'hui Bromont). Depuis quelques semaines, une plaque commémorative est installée devant la jolie maison de campagne

Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Madame Lapierre est originaire du 6e rang.

Alors qu'il n'avait que 5 ans, la petite famille déménage sur la rue Albert à Granby. C'est dans ce quartier de la célèbre cité du plus beau jardin zoologique en Amérique du Nord qu'il grandit.

Il fait ses études primaires à l'école Saint-Eugène, de Granby - qui est dirigée par les Frères du Sacré-Coeur - et ses études secondaires à l'Externat classique Mgr-Prince (nom donné e l'honneur du Mgr Jean-Charles Prince, 1er évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860) de Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Le couple Lapierre donne naissance à 10 enfants: François, Mance, Hélène (psychologue), Marthe (elle travaille à Développement et paix), Zoé (enseigne la musique), Jérôme (sociologue), Guy (géologue), Benoît (journaliste au quotidien La Voix de l'Est), Louis (journaliste au quotidien Le Devoir) et Eugène (il travaille à Tennis Canada).

Monsieur Lapierre a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d'une petite usine d'emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte pour aider son père pour qui il a beaucoup d'admiration. «Ma mère n'avait pas le temps d'aller souvent à l'église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger qui passait à chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison», puise-t-il dans ses précieux souvenirs.

Devenir prêtre
Sa vocation religieuse, il l'attribue à sa grand-mère qui lui a donné l'habitude d'aller à l'église puisque ses parents occupés par la marmaille et l'entreprise ne pouvaient pas toujours s'y rendre.

Il n'est pas devenu prêtre parce qu'il n'avait pas d'attirance pour la gent féminine. Bien au contraire! Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d'un homme pour une femme.

«Mais c'est mystérieux ... J'avais comme un attrait plus grand: la radicalité de l'Évangile, c'est-à-dire de suivre le Seigneur et aller vers les plus pauvres», dit-il.

En août 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre, le 18 décembre 1965, à l'église Saint-Eugène de Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.

En mission
Il part rapidement pour le Mexique afin d'apprendre l'espagnol. Il est rapidement nommé aumônier en milieu universitaire à lca au Pérou. De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec.

De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères. De 1979 à 1980, il est missionnaire au Guatemala. De 1980 à 1983, il poursuit la mission au Honduras où il s'est réfugié. De 1983 à 1991, il est aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève. Enfin, en 1991, il est élu supérieur général de sa communauté. Une semaine avant son sacre, il quitte son bureau de Laval et déménage à l'évéché de son nouveau diocèse.

Il soutient l'Église
«L'an dernier, je suis allé au Synode de l'Amérique. Un soir, j'ai été invité à souper chez le Pape. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le Souverain Pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s'y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s'est arrêté, m 'a pris la main et m'a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu'au lieu de prière. J'ai vécu là une expérience très profonde. J'ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J'ai trouvé ça très émouvant», se plaît-il à raconter comme un enfant émerveillé. Cependant, il insiste pour dire que ce geste gratuit n'a rien à voir avec sa nomination.

Un homme d'espérance
«Nous sommes au début d'un grand renouveau spirituel et de l'Église. Nous n'avons rien vu encore. L'Église est une réalité de l'avenir. Il y a quelque chose qui est en train de grandir en elle. Les prochaines années vont être surprenantes!», conclut-il.

«Je n'étais pas un homme d'une grande foi ... » Tous ne sont pas en accord avec lui. Sa foi est riche et intense. Il a cette capacité d'être docile à l'Esprit Saint, à la Providence divine. C'est ce qui lui a permis de sortir vivant de son expérience au Guatemala et d'être à l'écoute des signes de Dieu sur sa route. Mgr François Lapierre est un véritable témoin de l'Évangile. Dans son diocèse, son intimité avec Dieu lui permettra de déplacer des montagnes. Surtout que bien des gens sont en attente d'un renouvellement de certaines pratiques pastorales.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, septembre 1998, pages 343 et 371)

7 décembre 2025

INTERMÈDE: Le Parc nature Saint-Jacques, à Sainte-Julienne

UN PEU DE MOI: René Étienne Voyer (1715-1785)

La rivière Chaudière devant la terre des Voyer
René Étienne Voyer (1715-1785)

Par Benoit Voyer

7 décembre 2025

René Voyer nait le 11 novembre 1715 [1] à Beaufort-en-Vallée [2], en Anjou. Il est le fils de René Voyer, fils de René Voyer et Simonne Thourault, et de Marie Bellanger, fille de Pierre Bellanger et Marie Couet, qui ont uni leurs destinées dans l’église Notre-Dame, à Beaufort-en-Vallée, en Anjou, le 26 juin 1710 [3].

Il est le frère ainé de Marie (née le 27 juin 1717) et Adrien (né le 4 octobre 1721). Adrien épousera Françoise Busque, fille de Jean-François Busque et Michelle Renault, le 23 novembre 1751, à Beaufort-en-Vallée [4]. Il passera sa vie dans son patelin natal et deviendra serrurier. Il y décédera le 19 mai 1794, vers 7h du matin [5].

Dans certaines régions de France, le prix du sel qu’on utilise pour la conservation des aliments est fort élevé et est l’objet d’une taxe spéciale [6]. René Voyer, comme plusieurs autres, en achète illégalement afin de le revendre dans son milieu [7]. Malheureusement, il se fait prendre la main dans le sac. René est condamné pour trafic de sel par le système judicaire royal [8]. Ainsi donc il est un « faux saulnier » [9].

Sa condamnation : La prison à vie ou l’extradition permanente dans la colonie de la Nouvelle-France ou il devra se mettre un certain temps au service de “l’habitant” ou de la “milice” avant de retrouver sa pleine liberté.[10]

C’est ainsi que René, un célibataire de 30 ans, est obligé, bien malgré lui, de quitter sa région natale, l’Anjou. Il ne choisit donc pas de migrer en Amérique.

Avec d’autres prisonniers, il est embarqué à La Rochelle [11]. Il part pour un long voyage en bateau de la compagnie de Fonville [12] de la France jusqu’au port de Québec. A bord, l’hygiène et la nourriture seront de piètre qualité.

Le 11 juillet 1744, il arrive à Québec. Lui et plusieurs autres prisonniers débarquent du navire, malades. Sa mauvaise condition physique nécessite des soins urgents.

Sans tarder, il est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang. Il en ressortira le 5 aout. Durant ses semaines de soins, il donne quelques renseignements à son sujet. Ceux-ci seront notés dans le registre des malades. De sa déclaration, on note qu’il s’appelle « Étienne », du moins c’est ce qu’on répétera pendant très longtemps. Malheureusement, la personne qui a écrit la note n’a pas une très bonne calligraphie. En réalité, elle a noté « et Renne ». Ainsi donc, il s’agit de René Voyer, mais, à partir de ce jour, il sera connu du prénom d’Étienne.

En 1744, l’église catholique est dirigée par Mgr de Pontbriand, arrivé à Québec en aout 1741.

Depuis plusieurs années, la population de la Nouvelle-France est en forte croissance. Les dirigeants décident donc d’ouvrir de nouveaux territoires à la colonisation. C’est ainsi que le 23 septembre 1736, le marquis de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle-France, concède à Thomas-Louis Taschereau, une seigneurie qui couvre une étendue de trois lieus des deux côtés de la rivière Chaudière.[13] Celle-ci est baptisée du nom de Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce et deviendra une mission catholique en 1738 et une paroisse en 1744.

Étienne Voyer et plusieurs habitants de l’île d’Orléans flairent la bonne affaire. Ils s’y établiront.[14]

Le 28 février 1746, le seigneur Tashereau donne un terrain à la fabrique pour la construction d’une petite église catholique. Le voisin de ce terrain est « Voyer ». Ce dernier cultive une propriété de trois arpents de front sur une profondeur de 40 arpents.[15] De nos jours, son terrain est devenu en grande partie la rue Marguerite-Bourgeoys, en plein centre-ville de la municipalité de Sainte-Marie.

Durant ses premiers mois à Sainte-Marie, le travail d’Étienne est principalement de « faire de la terre », c’est-à-dire de défricher la forêt ancestrale. Il fallait jusqu’à trois ans de travail pour rendre une terre cultivable.

En 1748, dans la nouvelle seigneurie de Sainte-Marie, en Nouvelle-Beauce, on ouvre un nouveau cimetière. Il est voisin de la terre d’Étienne. [16]

Le 7 février 1750, Étienne Voyer épouse dans la petite église catholique de Sainte-Marie Magdeleine Dupont.[17] Elle a une quinzaine d’années de moins que lui. Leur convention de mariage sera signée le 20 juin 1750 à la greffe du notaire Claude Barolet [18].

En 1751, 1752 et 1754, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Thérèse, Étienne et Louis.

En 1754, à Sainte-Marie, on construit une première église en bois. Le temple devient voisin de la terre d’Étienne et Magdeleine.

En 1755, le conflit entre les colonies anglaises et françaises est bien amorcé en Nouvelle-France. Durant cet été, l’Hôtel-Dieu de Québec ou a été soigné Étienne a l’été 1744, est la proie des flammes.

En 1756 et 1758, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Louis et Julienne.

En juillet 1759 a lieu le siège de Québec. Après d’importants bombardements sur la petite ville de Québec, le 18 septembre 1759 Québec capitule aux mains des Anglais.

Mgr de Pontbriand, l’évêque de la Nouvelle-France, est conciliant avec l’envahisseur britannique. Il demande la même attitude de la part des catholiques. Il veut à tout prix préserver l’Église canadienne et éviter qu’elle devienne anglicane. Il décédera le 8 juin 1760, quelques mois avant la capitulation de Montréal en septembre 1760.[19] Puisque l’envahisseur est hostile au catholicisme, il n’y aura pas d’évêque à Québec jusqu’en 1766.[20]

En 1760, Étienne et Magdeleine donnent naissance à René. Son nom est fort probablement donné en hommage au grand-père d’Étienne.

Le recensement de 1762 permet d’apprendre qu’Étienne et Madeleine comptent 3 “enfants mâles au-dessous de 15 ans” et 3 enfants femelles”. Ils possèdent trois arpents de terre et 9 en semences, un boeuf, deux vaches, deux “taurailles”, etc.[21]

En 1763, année de la fin du Régime français, débuté en 1674 [22], Étienne et Magdeleine donnent naissance à Marie-Madeleine.

En cette année 1763 est signé le Traité de Paris dans lequel la France cède presque l’entièreté de ses possessions territoriales en Amérique du Nord, dont le Canada, aux Britanniques. Londres adopte la Proclamation royale et crée la « Province of Quebec ». C’est la naissance du Régime britannique en Amérique. Les Anglais voudront à partir de ce moment « britanniser » son nouveau territoire par l’immigration et l’assimilation de la population francophone, qui compte environ 60 000 habitants.[23]

Les affaires administratives et religieuses passent ainsi sous la domination de l’Angleterre.

Marie-Claire Fleury de la Gorgendière, devenue seigneuresse à la suite du décès de son mari, procède au règlement de la succession et régularise les titres de propriétés de ses censitaires.[24] Puisqu’Étienne n’avait reçu qu’une concession verbale, on lui concède le lot 52. L’acte est enregistré dans le registre du notaire Pierre Parent le 26 février 1764.[25]

En 1765, Étienne et Magdeleine donnent naissance à des jumeaux : Jean-Baptiste et Jacques-François. Ils décéderont la même année, de même que le petit Étienne.

En 1766 et 1768, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Jean-Baptiste et Marguerite.

Le 22 juin 1774, le roi Georges III ratifie l’Acte de Québec. Il sera permis au Canadiens français le droit de conserver leur langue, leur droit civil et la religion catholique.[26]

Devant la faible immigration britannique dans la « Province of Quebec », « le mécontentement des Canadiens d’origine française et le contexte tendu dans les Treize colonies américaines obligent Londres à faire preuve de réalisme et à écouter les conseils du gouverneur Guy Carleton. Ce dernier recommandait de renoncer au projet d’assimiler les Canadiens pour entretenir l’harmonie et faciliter la gestion de la colonie. Sa position reçut des appuis à Londres, notamment parmi ceux qui ne voulaient pas répéter les erreurs commises en Irlande.

Les mesures importantes instaurées en 1774 sont le rétablissement des lois civiles françaises et du régime seigneurial, l’élargissement considérable de la Province of Quebec et l’abolition du serment du test. Celui-ci, en obligeant les individus à renier l’autorité papale et la transsubstantiation du Christ dans l’Eucharistie, restreignait l’accès des catholiques français aux charges publiques.

Un Conseil législatif, dont les membres sont toutefois nommés par le gouverneur, est aussi instauré par l’Acte de Québec. Des Canadiens français catholiques seront nommés par le gouverneur et vont pouvoir siéger au sein de ce nouveau conseil. […]

Les diverses mesures mises en place par l’Acte de Québec plaisent bien entendu aux élites seigneuriales canadiennes et à l’Église catholique, mais déplaisent en revanche aux marchands britanniques de Montréal et de Québec, qui voient les nouvelles mesures comme une victoire des catholiques français. L’élargissement d’une province « papiste » sur les terres fertiles de l’Ohio crée aussi du mécontentement dans les Treize colonies et contribue à la Révolution américaine.

Si on prend la nation québécoise comme objet d’étude, l’Acte de Québec incarne une forme de renaissance. Évidemment, sur le terrain, l’application de la Proclamation royale était déjà assez souple en réalité. Néanmoins, en 1774, une nation conquise dont le destin était de disparaître se voit tout à coup reconnue par son conquérant, qui renonce officiellement à l’assimiler, lui redonne ses institutions et lui permet de continuer d’exister.

À première vue, cette nation issue de la colonisation française semble ainsi se voir offrir un nouvel horizon des possibles, lui permettant d’espérer et de se projeter dans l’avenir. »[27]

A Sainte-Marie, en 1778, on construit une chapelle en bois consacrée à sainte Anne. Ce lieu de piété a pour but de satisfaire la dévotion envers la grand-mère de Jésus des catholiques de la seigneurie et implorer cette dernière de les préserver des dégâts de inondations.

En 1781, le curé Jean-Marie Verreau et le seigneur Gabriel-Elzéar Taschereau font construire une deuxième église. Celle-ci sera en pierre et remplacera la précédente faite de bois.

Le 30 juillet 1785, la justice ordonne [28] à la seigneurie de Sainte-Marie et ses habitants de procéder aux réparations des ponts sur son territoire et l’élargissement du chemin du roy. La terre de la famille d’Étienne Voyer figure sur la liste des propriétés touchées. Le jugement stipule que les travaux devront être terminés au plus tard le 26 juillet 1786.

Étienne Voyer, ne verra pas la fin des travaux puisque qu’il décède le 8 décembre 1785, à Sainte-Marie. Ses funérailles sont célébrées le 10 décembre dans l’église paroissiale [29], située juste à côté de sa propriété et il est inhumé dans le cimetière de Sainte-Marie ou on enterre les défunts de la seigneurie depuis 1748. Il y rejoint ses quatre enfants décédés en bas âges.

____________________

[1] Le 5 aout 1744, durant son séjour à l’Hôtel-Dieu de Québec, Étienne déclare qu’il a 30 ans. La note est inscrite au registre. S’il a 30 ans, il serait né vers 1714. Manon Mailhiot et moi avons regardé page par page les registres de la paroisse Notre-Dame de Beaufort en Vallée de 1709 à 1724. Il n’y a aucune trace d’Étienne Voyer. Cependant, puisqu’ il serait né vers 1714, nous avons la conviction qu’en réalité Étienne est René Voyer né en novembre 1715. Trois remarques : La première est que le prénom « Étienne » pourrait être un dérivé de “et renne” (à prononcer : « et René »). Puisque la calligraphie dans les registres laisse parfois à désirer, cette réalité est possible. En second lieu, il serait intéressant de se transporter dans le temps pour écouter notre sujet parler. Roule-t-il ses « R » lorsqu’il parle ? Ainsi, lors de son inscription à l’Hôtel-Dieu, lorsqu’il a dit « Je m’appelle : Erenne Voyer », la personne qui a pris la note aurait pu comprendre « Étienne ». Enfin, est-ce que l’homme aurait volontairement décidé de changer son prénom sur le bateau entre la France et le Port de Québec ? L’historienne Josiane Paul, dans sa thèse universitaire publiée sous le titre : “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France 1723-1749" (Septentrion, 2008) explique que cela était une pratique régulière. Ainsi donc, la recherche n’est pas terminée. Nous avons le projet de vérifier page par page les registres de plusieurs paroisses de la région. Pour ce récit biographique, j’ai choisi d’utiliser le prénom « René » pour la partie de sa vie en Europe et « Étienne » pour sa vie en Amérique. La page du registre de l’Hôtel-Dieu de Québec: www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[2] Beaufort-en-Vallée est le lieu du mariage de René Voyer et Marie Bellanger, ceux que les chercheurs affirment de plus en plus être ses parents. Leur union a été célébrée le 26 juin 1710 en l’église Notre-Dame. Tout porte à croire qu’il s’agit des parents de René-Etienne. En 1744, lors de sa déclaration à l’Hotel-Dieu de Québec, il dit que ses parents portent les noms de Voyer et Bellanger.
[3] Cf. Mariage René Voyer et Marie Bellanger. "Beaufort en Vallée - Notre-Dame - Registre 1710-1719" (page 22) https://recherche-archives.maine-et-loire.fr/v2/ad49/visualiseur/registre.html?id=490005246
[4] Cf.Fiche Mariage Adrien Voyer et Françoise Busque www.filae.com/v4/genealogie/searchresults.mvc/viewerwithoutimage?actId=ec5c8f34-48e6-4a6a-b4a4-7bf57951dedc&personId=1&documentType=2&isFree=True
[5] Cf. acte de décès d’Adrien Voyer https://www.filae.com/v4/genealogie/searchresults.mvc/viewerosd?IdActe=2b61940e-6146-4396-92f8-9abd2a204695&IdPerson=1&FirstName=Adrien&LastName=Voyer&Source=Etat%20civil%20-%20Archives%20du%20Maine-et-Loire&IsFree=False&Category1=209&BaseType=8&IsFromArchives=False
[6] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[7] En images modernes, c’est comme s’il avait acheté 2 ou 3 caisses de cartons de cigarettes dans une réserve amérindienne pour les revendre à l’unité à quelques membres de son entourage. Le roi avait besoin de peupler ses colonies et il avait trouvé ce moyen pour le faire.
[8] Les chercheurs recherchent l’acte de condamnation.
[9] Le 5 aout 1744, à sa sortie de l’Hôtel-Dieu de Québec, Étienne déclare être un « faux saulnier ». La note est inscrite au registre. Les chercheurs espèrent trouver l’acte royal de sa condamnation. Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[10] Le livre “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux saulniers en Nouvelle-France" de Josiane Paul (Septentrion) permet de mieux comprendre les condamnations royales.
[11] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf Les chercheurs recherchent le registre des départs.
[12] Selon sa déclaration lors de son hospitalisation à l’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang a l’été 1744. Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[13] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs recherchent le registre des départs. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[14] Depuis sa sortie de l’Hôtel-Dieu, vit-il sur l’île d’Orléans ? C’est fort possible. Pour l’instant, il s’agit d’une hypothèse. Autre fait intéressant, en 1744, il y a déjà la famille de Joseph Voyer (1728-1753) a Sainte-Famille, un descendant de Pierre Voyer et Catherine Crampon. Pour l’instant, on n’a pas trouvé de lien de parenté.
[15] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[16] Le premier cimetière de Sainte-Marie, en Beauce, ouvre en 1748 et ferme en 1878. Le site de ce cimetière de Sainte-Marie est l’actuel stationnement situé à côté de l'église de Sainte-Marie, en Beauce. Le cimetière de jadis est sous 3 à 4 mètres de terre et de gravier ajoutés pour l'aménagement du stationnement. À la suite d’un appel communautaire, peu de dépouilles ont été exhumées du lieu. Ainsi donc, les restes d'Étienne Voyer et de plusieurs de ses enfants y sont encore inhumés. Une plaque commémorative rappelle l'existence de ce lieu. Le cimetière était jadis derrière l'église. Le lieu fait actuellement face à l'Avenue Marguerite-Bourgeoys, c'est-à-dire l'ancienne terre d'Étienne. À la suite du décès de son mari, Madeleine Dupont a migré dans la région de Kamouraska. Sa dépouille repose au cimetière Saint-Louis, de Kamouraska.
[17] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_31191272?pId=15028990
[18] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/61062/images/45894_83024005549_1547-00042?pId=1207571271
[19] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.10
[20] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.11
[21] Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/b6c1570c-7351-4610-b71c-43701183c18c?galleryindex=23&sort=-created
[22] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.10
[23] Cf. Martin Lavallée. « Il y a 250 ans, l’Acte de Québec redonnait vie au Canada francais », Journal de Montréal, 22 juin 2024 www.journaldemontreal.com/2024/06/22/il-y-a-250-ans-lacte-de-quebec-redonnait-vie-au-canada-francais
[24] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[25] Selon une recherche qu’a fait Réal Giguerre du Club riverain de généalogie, a la demande de l’auteur de ce récit, le terrain redeviendra la propriété de la famille Tashereau. En effet, en 1809, lors de la liste des censitaires, le lot leur appartenait et portait le numéro 32. Plus tard, en 1857 au cadastre seigneurial, Abraham Mercier avait 1.5 x 39 arpents ; Joachim Lemieux ( 1 x 39 arpents ) et les religieuses de la congrégation Notre-Dame 0.5 x 40 arpents. Au cadastre officiel de 1888, on donna le numéro 507 pour la partie des religieuses et la partie d'Abraham Mercier et Joachim Lemieux appartenait à Clovis Mercier sous le numéro 520.
[26] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.11
[27] Martin Lavallée. « Il y a 250 ans, l’Acte de Québec redonnait vie au Canada francais », Journal de Montréal, 22 juin 2024 www.journaldemontreal.com/2024/06/22/il-y-a-250-ans-lacte-de-quebec-redonnait-vie-au-canada-francais
[28] Procès verbal du 30 juillet 1785 numerique.banq.qc.ca/patrimoine/archives/52327/3426594
[29] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_31191444?pId=15020084

EN LIBERTÉ: Le drame de Laurent Jean


IL FAIT TOUJOURS BEAU: L'Assomption ville de culture


VISION CATHOLIQUE: Gabriel et Marie

Gabriel et Marie

Par Benoit Voyer

7 décembre 2025

Je souris à chaque fois que je relis le récit de l’apparition de l’ange à Marie : À nos petits-enfants, on dit que c’est la cigogne qui apporte le nouveau bébé à sa maman.

Ce texte ressemble à une sorte de conte fantastique : Un ange venu d’un autre monde dit à Marie qu’elle sera enfantée par un esprit : il « te prendra sous son ombre ». C’est bien ce que nous venons de lire : un dénommé Gabriel annonce à Marie, qui, dit-on, ne connait rien aux petits plaisirs de la vie, qu’elle va tomber enceinte sans avoir une relation sexuelle.

Nous, les hommes, savons ce que veut dire l’expression « prendre » une femme « sous son ombre ». Surtout lorsqu’elle nous appelle « mon ange ». On n’a pas besoin de faire un dessin pour comprendre la nature humaine.

Trêve de plaisanterie, soyons un peu plus sérieux…

Il est clair qu’il ne faut pas lire ce texte au premier degré. Il faut plutôt en chercher le sens profond, le sens spirituel.

Le rédacteur de ce récit est un juif instruit qui connait la Torah. Il sait fort bien que si Jésus est ressuscité, il est inévitablement né d’une vierge. C’est écrit noir sur blanc dans le livre d’Isaïe.

Dans cette histoire, l’archange annonciateur de nouvelles, le messager de Dieu, Gabriel, apparaît à Marie, la nouvelle Ève, la future maman choisie par le Très-Haut pour être la mère humaine de son Fils.

Apparition ? On n’en sait rien. Pour le croyant, tout est possible. Une chose est sûre, Marie a eu une illumination intérieure : une voix a parlé en elle.

Dans la vie spirituelle ou surnaturelle, l’illumination intérieure est un classique. C’est comme cela que l’humain a la certitude de toucher le divin.

Ce que Marie apprend lui semble impossible. Mais elle écoute la voix de l’archange Gabriel. Elle reste humble et accueillante : il arrivera bien ce qui doit arriver. Tout ce que je veux, c’est faire la volonté de Dieu.

Plus tard, sa cousine Elisabeth confirmera à Marie la véracité de ce qui lui a été révélé parce qu’elle aussi a reçu la visite de l’archange.

N’oublions pas la phrase centrale de ce récit : « Rien n’est impossible à Dieu. ». Vous avez bien entendu : « Rien n’est impossible à Dieu. ».

Être devant un mystère,
c’est être devant une réalité inépuisable.

Allons plus loin. Pour mieux comprendre le récit de l’annonce et de la naissance de Jésus raconté par Luc, il faut le faire avec l’imagination d’un enfant parce que l’évangéliste utilise la structure littéraire du conte. Si cher aux temps de l’Avent et de Noël, l’esprit d’enfance est nécessaire.

Dans son livre « Créés pour être aimés » (Médiaspaul, 2012), Mgr Christian Lépine explique que Jésus enfant « se présente à nous comme l’humble par excellence, le petit par excellence, le pauvre par excellence ». 1 L'archevêque catholique de Montréal écrit : « Le temps de Noël, qui est un temps d’espérance et de joie, est aussi un temps où on célèbre l’esprit d’enfance devant Dieu qui se fait enfant à nos yeux. Je suis invité à retrouver le sens de l’accueil confiant et à l’approfondir sans cesse. Dieu se livre à des mains humaines et fragiles, il nous fait confiance avant que nous lui fassions confiance. Il espère en nous avant que nous espérions en lui (Péguy). Dieu a posé chaque personne dans l’existence en ayant en vue une identité à réaliser, une mission à accomplir. Est-ce que je veux me recevoir de Dieu dans l’abandon du nouveau-né qui se laisse porter, dans la docilité de l’enfant qui se laisse conduire ? » 

L’incarnation, c’est-à-dire le fait que Dieu s’est fait chair, est pour le croyant un « mystère ». Ce « mystère » dans la foi chrétienne n'est pas ce qu'on ne peut comprendre, mais ce qu'on n'a jamais fini de comprendre, et qui ne peut être compris de façon ultime que dans la foi, et on le sait, la foi n’est pas un fait scientifique.

Pour Christian Lépine, « le mot « mystère » est un mot-clé de la révélation. C’est un mot qui veut dire « faire silence ». Faire silence parce qu’être devant un mystère, c’est être devant une réalité que je ne peux connaitre en la saisissant par la seule force de ma raison, sans qu'elle me soit révélée. »

Il ajoute : « Mais il y a autre chose, être devant un mystère, c’est être devant une réalité inépuisable. C’est-à-dire que j’ai beau en connaitre quelque chose, il y en a toujours plus que j’ignore. C’est pourquoi toutes les paroles que je peux en dire sont toujours enveloppées dans le silence : elles viennent du silence et retournent au silence. »

Le Seigneur est avec toi.
Dans « Créés pour être aimés », Mgr Christian Lépine donne des pistes pour bien comprendre l’apparition de l’ange à Marie, une manifestation du mystère de Dieu :

« C’est l’ange qui parle, mais c’est Dieu qui l’envoie. Devant le fait de cette manifestation du ciel, et devant le contenu de la salutation, Marie « fut toute bouleversée ». À travers tout l’Ancien Testament, c’est là la réaction typique lorsque le mystère de Dieu se manifeste d’une façon ou d’une autre : être saisi d’étonnement, se sentir dépassé, submergé.

Mais l’ange, sans laisser le temps à Marie de répondre, lui dit : « Sois sans crainte. » C’est que Dieu ne veut pas nous écraser avec son mystère, mais nous combler. Devant le mystère de sa présence et de sa parole, il invite à la paix et à la confiance.

Marie reconnaît le mystère qui se présente à elle, elle est mise en confiance devant lui. Mais elle demeure active en se posant des questions : « Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation », et en questionnant l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »

Mais ces questions ne sont pas des réticences, elles sont un effort pour mieux connaître la volonté de Dieu. En effet, Marie n’a qu’un désir : être « la servante du Seigneur ». C’est là la toile de fond de sa vie, de toute son existence. C’est avec une disponibilité de tout son être qu’elle accueille le mystère de Dieu dans sa manifestation.

À l’intérieur de son entière disponibilité, elle reconnait le mystère, est en confiance devant lui, cherche à mieux connaitre la volonté de Dieu et y répond par un oui total : « Que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Le mystère divin peut s’exprimer de bien des manières. On le retrouve manifestement de façon appropriée dans la salutation de l’ange lorsqu’il dit à Marie : « Le Seigneur est avec toi. » Mystère insaisissable et inépuisable d’une présence qui nous rejoint. Mystère d’une nouveauté qui vient non pas du monde, de l’histoire, mais du surnaturel, de l’éternité.

« Le Seigneur est avec toi », cette parole est dite à Marie afin qu’elle puisse être dite en vérité à chacun et chacune d’entre nous. À Noël, l’ange me dit : « Le Seigneur est avec toi. » Ce don est la manifestation gratuite de l’amour de Dieu. »

PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 7 (1993)



Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre du prophète Ezéchiel; 
2- Les Compagnons de Montréal - Vincent de Villiers; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Ou sont les signes de Dieu? 
4-Le centre de créativité du Gesu, a Montréal; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 50; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des Frères maristes ; 
7-Robert Sauvageau de l'Office de l'Éducation au diocèse catholique de Montréal - Les mardis de l'éducation; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est-ce que l'évangile est une bonne carte dans son jeu?; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps: Le mariage; 
11- La comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 07 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE D'Éric Duhaime

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 9 décembre 2023


20231209 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'OCS distribue ses prix

L'OCS distribue ses prix

Remise des prix de l'Office des communications sociales: Le film «De beaux lendemains» reçoit un prix pour ses valeurs


En plein hiver sur la route glissante, un autobus rempli à pleine capacité tombe dans un ravin. Des enfants crient à pleine voix ... Des cris déchirants à perdre l'âme. La glace du lac où ils se retrouvent s'effondrent sous le poids du véhicule Catastrophe! Le bus devient le tombeau de ces pauvres jeunes qui n'ont même pas le temps de réagir pour sauver leur peau. Cette tragédie routière rappelle le terrible drame des Éboulements, au Québec, l'an dernier.

Cette scène du film «De beaux lendemains» du réalisateur torontois Atom Egoyan donne des frissons. Il n'est pas étonnant qu'il soit le grand gagnant de la remise des prix annuels de l'Office des communications sociales (OCS) – tenue le 24 avril de 17 à 19 heures au Château Champlain, à Montréal - qui a pour but de promouvoir la qualité dans les médias et certaines valeurs telles l'accueil, la générosité, la tolérance et l'entraide. Cette oeuvre a déjà, entre autres, obtenu le grand prix du jury, le prix de la critique internationale et prix du jury œcuménique au Festival de Cannes, en 1997.

Le jury est unanime: «Ne jouant aucunement sur le pathos ni sur un quelconque sensationnalisme, le cinéaste fait plutôt partager de façon très sensible et pudique le parcours intérieur de diverses personnes affligées par un malheur qui les dépasse. Pour ce faire, il a recours à une construction à la fois complexe et fluide, multipliant les points de vue et exposant graduellement le drame profond vécu par chaque personnage. Leur psychologie se trouve ainsi révélée davantage à chaque saut dans le temps. Il s'agit certainement du film le plus généreux et le plus dense d'Atom Egoyan à ce jour.»

L'histoire du film «De beaux lendemains» raconte les tribulations d'un avocat qui tente de convaincre les parents des victimes de ce terrible accident de participer à un recours collectif. Un film vraiment touchant!

Autres prix
De nombreux autres prix ont été décernés par l'association catholique reconnue par les évêques catholiques du Canada.

Le Prix télévision a été donné aux Productions Mucumba pour le document «Roses de Lima» de la série «Vivre en ville». Ce reportage tourné à Lima au Pérou dénonce la violence familiale et montre comment des femmes s'organisent pour changer leur situation sociale

Dominique Payette, journaliste à l'émission «275-allô» diffusée sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada, a reçu le Prix radio pour un grand reportage donnant la parole à des adolescents qui ont des difficultés à vivre leur homosexualité.

Le Prix télévision communautaire a été remis à Louise Nadeau de la télé régionale de l'Amiante pour son document «En parler le plus possible», portant sur les abus et les négligences envers les aînés. Une réalité qui touche 4% des personnes âgées.

Le récipiendaire du Prix publicité est l'agence Amalgame créativité stratégique pour son message «Miroir, miroir» qui illustre les services du réseau pharmaceutique Famili-Prix. Des images d'une grand tendresse sur une histoire humaine qui pourrait être la nôtre.

Enfin, le Prix livre est allé à Michel Arsenault pour sa biographie de Lucille Teasdale et Piero Corti «Un rêve pour la vie» (Éditions Libre Expression). Des mentions spéciales ont été faites aux Éditions Paulines pour «Une soupe au caillou», une réflexion sur l'injustice économique, publiée par un collectif d'auteurs; «Un roi qui venait du bout du monde», un livre jeunesse de Sylvain Trudel (Éditions de la Courte Échelle); et, «Open house», un radio-théâtre produit par Radio-Canada Gaspésie-Les Îles qui traite de la prévention des MTS et des toxicomanies chez les jeunes.

Enfin, Jacques Paquette a été décoré de la Médaille du mérite pour ses 27 années de dévouement au service de l'OCS.

Assemblée générale
L'Office des communications sociales qui porte officiellement le nom de Centre éducatif en communications sociales CECS inc. a tenu son assemblée générale quelques heures avant la remise des prix.

L'abbé Jean-Guy Dubuc a été élu président. Il possède une solide expérience du monde des communications. Il a notamment été journaliste et éditorialiste au quotidien La Presse (Montréal) et président-éditeur des quotidiens La Voix de l'Est (Granby) et La Tribune (Sherbrooke).

«En perdant son pouvoir au point de vue social, l'Église a à le reprendre. Je suis gêné devant le silence de l'Église», disait-il aux membres du Centre éducatif quelques minutes après sa nomination.

Avec le nouveau directeur général, Bertrand Ouellet, il veut donner à l'OCS toute la place qui lui revient dans le monde des médias.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, juillet-août 1998, page 302)

6 décembre 2025

EN BREF

QUÉBEC 125: Projection du vote pour le Québec



QUÉBEC 125: Projection du vote dans la circonscription de Rousseau



POLITIQUE: A l’aube du troisième référendum ?

A l’aube du troisième référendum ?

Par Benoit Voyer

6 décembre 2025

Je ne m’en cache pas : je suis membre du Parti conservateur du Québec (PCQ). Pour faire une histoire courte, je suis de centre-droit politique pour les raisons suivantes : pour faire baisser le prix de l’essence et le coût du panier d’épicerie, pour qu’il y ait plus d’argent dans mes poches en baissant les taxes et les impôts, pour réduire la paperasse et la bureaucratie qui étouffent nos entreprises, nos agriculteurs et chacun de nous et pour améliorer l’accès aux soins de santé en additionnant la contribution du privé, sans frais pour le patient.

Aussi parce que je souhaite qu’en tout temps je puisse rester libre de mes choix lorsque j’achète une automobile ou que je fais mes emplettes et parce qu’il y a cinq ans, Éric Duhaime, le chef du PCQ, a dit vouloir que le PCQ cesse d’être un parti fédéraliste en faisant l’option du nationalisme.

Enfin, en 2023, j’ai également été séduit par la résolution 2.2 des membres au congrès national du PCQ : « Permettre aux citoyens d’organiser un référendum d’initiative populaire engageant le gouvernement. Pour ce faire, les organisateurs devront obtenir un minimum de 10 % de signatures de citoyens en âge de voter dans chacune des circonscriptions de la province du Québec. Un référendum devra se tenir le premier lundi du sixième (6ᵉ) mois suivant le dépôt de la pétition et la validation des signatures par le directeur général des élections. »

Cela dit, je suis obligé de me dissocier de la pensée d’Éric Duhaime qui ne souhaite pas entendre parler d’un référendum sur la souveraineté du Québec en affirmant haut et fort son allégeance au Canada.

Bien que je ne souhaite pas qu’il y ait un référendum en faveur ou non de l’accès du Québec à l’indépendance, nous devons nous y préparer advenant l’élection du gouvernement du Parti québécois (PQ) au scrutin de 2026
. Selon les sondages, ce parti de souche socialiste et woke remporterait une majorité de sièges à l’Assemblée nationale.

Lors du dernier référendum sur le sujet, l’Action démocratique du Québec (ADQ), dirigée par Mario Dumont, un parti politique de mouvance conservatrice, avait appuyé le camp du Oui. L’ADQ souhaitait un vote favorable afin de renégocier une entente constitutionnelle avec le Canada. Le modèle proposé favorisait la pleine autonomie des provinces au sein d’une véritable confédération d’États membres. L’idée demeure d’actualité et demeure à mes yeux la meilleure voie d’avenir pour le Canada. C’est pour cette raison que je demeure en faveur du référendum proposé par le PQ.

Les sondages disent que ce référendum sera perdant. Les chiffres du moment disent vrai. On le sait, l’opinion publique pourrait rapidement changer.

Si j’étais dans les souliers du chef du PCQ, je me réjouirais de la tenue d’un tel exercice démocratique parce que ses membres sont en faveur de référendums d’initiative populaire. De plus, que la conclusion soit positive ou négative, par la suite la raison d’être du PQ n’existera plus. Il n’y aura jamais plus de référendums sur cette question. Et le PQ pourra enfin disparaitre avec les derniers baby-boomers. On pourra alors se concentrer sur l’aide aux citoyens et on pourra continuer de rêver à visiter nos Rocheuses et les îles de neige du Nunavut.

Je me répète : je ne souhaite pas un troisième référendum sur l’avenir du Québec, mais il faut s’y préparer. S’il a lieu, je voterai en faveur de la nation québécoise.

EN LIBERTÉ: La vénérable Jeanne Leber


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Joliette, hiver comme été


VISION CATHOLIQUE : Flavien Durocher (1800-1876)

Flavien Durocher (1800-1876)

Par Benoit Voyer

6 décembre 2025

L’arbre généalogique de Flavien Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.

D’abord, on retrouve de nombreux marchands influents et assez fortunés. En exemple, sa grand-mère Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.

L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Flavien est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.

Geneviève Durocher, la mère de Flavien, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse du René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.

Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821) était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm a Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jour le nom de Fort Tigonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque posté sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguiller à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils.

Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.

Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternel, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749) sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.

Sa famille

La petite histoire du père de Flavien et de sa famille mérite une attention spéciale. Ses origines expliquent en grande partie l’exemplarité de sa vie chrétienne et de plusieurs de ses frères et sœurs.

Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.

Le père d’Olivier s’objecte sur le choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établiront à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu a ses enfants.

Séraphine (1809-1852), la sœur de Flavien, entrera dans la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.

Eulalie, a la demande de Mgr Ignace Bourget, fondera la communauté des Sœurs de Jésus Marie, destinée à l’enseignement des jeunes. Lors de ses vœux, elle prendra le prénom de Marie-Rose. Reconnue pour sa sainteté, elle a été déclarée « bienheureuse ». De nos jours, elle repose dans la cathédrale de Longueuil.

Théophile Durocher (1805-1852) sera notamment curé à Beloeil. À 20 ans, Eulalie Durocher y sera sa gouvernante pendant quelques années.

Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.

Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite au loin pour son travail ecclésiastique, il connaître peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs, dont Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811.

Ainsi donc, Flavien Durocher nait à Saint-Antoine-sur-Richelieu le 7 septembre 1800. Il est le fils d’Olivier Durocher et Geneviève Durocher, des cousins germains.

Prêtre
En 1817, Flavien Durocher entre au Grand séminaire de Montréal. Il n’a que 17 ans. Il y fait ses études en philosophie et en théologie et y enseigne jusqu’en 1823.

Le 29 septembre 1823, il est ordonné prêtre. Il sera vicaire à Notre-Dame, à Montréal, et à Trois-Rivières.

En 1827, il entre chez les Sulpiciens. Continuera d’enseigner jusqu’en 1929 et travaillera auprès des algonquins, à Oka, jusqu’en 1843.
Dans les premiers jours de 1830, Geneviève Durocher, sa mère, est atteinte d’une grave maladie. Tout espoir de guérison s’évanouit. Il ne faudra que deux semaines pour que son dernier souffle arrive.

En 1895, dans Fidelis (chapitre 1, note 64, p.94), une œuvre sur la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher, sa sœur cadette, l’auteur écrit : « Au dernier moment, la famille, a l’exception de la religieuse, entoura le lit de la mourante. Le curé de la paroisse la confesse; puis Flavien qui était prêtre lui administra les sacrements d’eucharistie et d’extrême-onction ». La religieuse absente c’est Séraphine. Ce départ sera difficile pour tous ses enfants.

En 1843, Flavien entre chez les Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod et installée dans diocèse de Montréal depuis le 2 décembre 1841, à la demande de Mgr Ignace Bourget. Il y poursuivra son travail auprès des autochtones. Il sera longtemps curé de la communauté Innu de Betsiamites, devenue, de nos jours, Pessamit.

Il terminera son parcours à Québec ou il fondera et dirigera, notamment, la paroisse Saint-Sauveur, en plus d’y diriger sa communauté religieuse.

Le père Flavien Durocher décède à Québec le 7 décembre 1876.

Un saint?
Sur la rue Saint-Vallier, à Québec, le Parc Durocher est nommé en sa mémoire. En 1912, on y érigera un monument le représentant. On y écrira : « Prêtre zélé, religieux parfait, il fur le pasteur charitable ». A la suite de la canonisation de sa sœur, il faudrait songer à faire une étude de sa cause.

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[1] www.manoirmauvidegenest.com

PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 6 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993)

 Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le Deutéronome; 
2- Les Catholiques de rite syriac; 
3- Lorraine Caza: La femme adultère; 
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean Longueuil; 
5-Le COPAM (le Comité de partage et d'amitié); 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent l'hymne de la Visitation; 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la bonne sainte Anne; 
8-La troupe de théâtre Émotion dans le diocèse de Joliette; 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Le pardon; 
10- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
11- Les enfants et la télé - Une réflexion de Pierre Bélanger; 
12- La comédien Paul Buissoneau lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 06 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE D'Éric Duhaime


 

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

AU COEUR DE LA PAROLE: 2e dimanche de l'Avent B


20231208 Benoit Voyer Au coeur de la Parole 2e dimanche de l'avent B