En ce 26 août 2025


LE BALADO: Le frère Marie-Victorin no 3


ARTICLE DU JOUR: Mon périple sur les traces des saints du Canada


Mon périple sur les traces des saints du Canada

Par Benoît Voyer

26 août 2025

Depuis le 10 juin, je poursuis, à temps perdu, mon périple sur les traces des saints, bienheureux, vénérables et serviteurs de Dieu catholiques du Canada. Ce périple comprend des visites des lieux de sépulture et d’endroits où ils ont vécu, de la recherche documentaire, de la lecture au sujet de ces gens et la rédaction de petits récits.

Tombe de la bienheureuse Élisabeth Turgeon
De passage au Bas-Saint-Laurent, le 27 juin, au début de l'après-midi, je me suis recueilli devant la tombe de la bienheureuse Elisabeth Turgeon, dans la chapelle des Sœurs du Très Saint Rosaire, à Rimouski. Sœur Éliette Thériault, 97 ans, a parlé, à Manon et moi, de l'histoire de la fondatrice de sa communauté religieuse et nous a conduits auprès d'elle.

L'abbé Charles Dufrost
Le dimanche 13 juillet 2025, en avant-midi, j'ai visité l'église catholique Sainte-Famille, à Boucherville. Sous l'église on retrouve une crypte où est inhumé l’abbé Charles Dufrost, décédé en 1790, fils de sainte Marguerite d’Youville. Par la suite, je me suis rendu à l’église Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, à Montréal, où repose le vénérable Adolphe Châtillon.

Tombe du vénérable Alfred Pampalon
Le 23 juillet, je me retrouvais devant le lieu où repose le vénérable Alfred Pampalon, près de la chapelle du Très-Saint-Sacrement du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. À cet endroit, j’ai pu admirer de magnifiques toiles illustrant de nombreux saints, bienheureux et vénérables du Québec. En après-midi, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans, j’ai visité le Manoir Mauvide-Genest, ancienne maison seigneuriale où Geneviève Durocher, la mère de la bienheureuse Marie-Rose Durocher, a passé sa jeunesse auprès de sa tante et de son oncle.
Tombe de la bienheureuse Dina Bélanger
Enfin, le 25 août, je suis allé à Québec. Après la messe du matin, à la résidence Boisgomin, je suis allé saluer la bienheureuse Dina Bélanger, dont ce sera la commémoration liturgique le 4 septembre, et j’ai fait ma première visite au sanctuaire du Montmartre canadien où repose le vénérable Marie-Clément Staub (1876-1936). Par la suite, j’ai fait une visite guidée de la Citadelle de Québec. Je suis passé devant la chapelle où reposent Pauline Archer et Georges Vanier, le 19e gouverneur général du Canada, dont l’archidiocèse d’Ottawa a dirigé le dossier en vue de le présenter au Vatican afin qu’il accède un jour au calendrier des saints catholiques. Il y a longtemps, j’ai visité cette chapelle avec des groupes de pèlerins de Granby que j’accompagnais. De nos jours, le guide m’a indiqué que le lieu est réservé aux soldats. Enfin, en fin d’après-midi, avec un groupe, j’ai visité l’Hôpital général de Québec. Je me suis retrouvé dans la chapelle où a été baptisée Geneviève Marchesseau et où elle a épousé Benjamin Durocher. Il s’agit des grands-parents maternels de la bienheureuse Marie-Rose Durocher. Officiellement, l’Hôpital général est situé dans la municipalité de Notre-Dame-des-anges, la plus petite municipalité du Québec, enclavée dans la ville de Québec. Le patelin comprend un ensemble conventuel appartenant aux Augustines où vivent de nombreuses communautés religieuses vieillissantes et un CHSLD. Cela en fait la municipalité québécoise ayant la population la plus âgée et dont le taux des naissances est le plus bas.

D’ici la fin de l’année, je souhaite visiter les lieux de sépulture des vénérables Délia Tétreault, Marie Fitzbach et Marcelle Mallet, de la servante de Dieu Julienne Dallaire et de Colette Samson.

ARTICLE DU JOUR: Le Montmartre canadien et le vénérable Marie-Clément Staub


Le sanctuaire du Montmartre canadien, a Québec et le lieu de sépulture du vénérable Marie-Clément Staub 




PAROLE DE Roger Paré


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

EN MUSIQUE: Rappelle moi (Renee Wilkin)


TROIS-RIVIERES: Un nouveau club de golf à Pointe-du-Lac


Un nouveau club de golf à Pointe-du-Lac

Le Domaine optimiste de Pointe-du-Lac a été vendu au prix de 150 000$ à Guy Gagnon, Jean Proulx et Marc Lyonnais dans le but d'aménager un nouveau club de golf. "Nous sommes à la recherche d'un 4e investisseur, si possible un professionnel du golf", dit Marc Lyonnais.

Un projet récréo-touristique sera également érigé sur le site. "Nous ne savons pas encore quoi. On travaillera sur ce projet cette semaine. Il faut commencer par monter un plan d'affaires. Même si le budget n'est pas encore complété, il est possible de croire que l'investissement tournera autour de 700 000$", ajoute-t-il.

(Hebdo Journal, 18 aout 1996, p. 25. Article non signé de Benoit Voyer)

En ce 25 aout 2025


LE BALADO: Le frère Marie-Victorin no 2


ARTICLE DU JOUR: Mon ami Jean-Claude

Voix de l'Est
Mon ami Jean-Claude
l'ex-itinérant devenu président du syndicat de son usine ...

Par Benoît Voyer

25 août 2025

Bip! « Vous avez un nouveau message », dit la chaleureuse voix féminine du service téléphonique auquel je suis abonné. Quel contraste avec le message glacial qui m'attend ...

« Bonjour Benoit, c’est le père Bruno. Rappelle-moi rapidement! C’est important! Tu te souviens de Jean-Claude Synette? Il a un cancer. Il n'y a plus rien à faire pour lui. Il est condamné par la médecine. Il lui reste entre trois mois et trois ans à vivre. Avant de mourir, il désire se marier avec sa Josée [1]. Il m'a demandé de présider la célébration, le 9 mars [2], et il souhaite que tu chantes quelques-unes des chansons que tu as écrites [...] », dit le père Bruno Godin, qui n'a même pas 40 ans, curé de la paroisse Très-Sainte-Trinité-de-Montplaisant de Granby et membre de l'Ordre des Trinitaires, en ce matin de février. Je retiens mon souffle. Je suis bouche bée.[3]

La mort, une bombe
Cette nouvelle est une bombe qui tombe sur ma vie. Mon Israël intérieur est ravagé par une attaque palestinienne. Mon Word Trade Center est touché par Al Quaïda. Un missile s'attaque à ce qu'il y a de plus vulnérable en moi. Mon vieil ami arrive au bout du sentier, il va passer de vie à trépas. Des larmes de douleur envahissent mes yeux. Mes joues deviennent des lacs d'eau salée.

L'écho du désastre émotif résonne en moi.

La main sur la poitrine, je sens que la vie est toujours présente, même si mon cœur et mon esprit chantent à l'unisson « Mort-Mort. Mort-Mort. Mort-Mort.» Je prends conscience que la mort existe parce qu'il y a la vie et que la vie existe parce qu'il y a la mort. Vie et mort sont des cousins.

La mort n'est qu'un passage. Elle n'est pas la fin de la vie. C'est une étape vers une autre dimension qui s'appelle l'espace, l'endroit où nous étions avant notre passage sur la terre et où nous irons après celle-ci. Ce n'est pas compliqué : à la mort, nous retournerons à la maison. Mon ami Jean-Claude prépare ses bagages afin de retrouver son vrai pays. Le chanceux! À la fontaine, près de la gouve, il redécouvrira ce qu'il a perdu en acceptant de venir jouer au grand jeu de l'existence humaine.

Un chercheur de justice
Dans mes souvenirs, Jean-Claude, qui est né en 1957, ne sera jamais mort. À chaque jour, je me rappellerai son combat pour la justice et de plusieurs de ses petits secrets.

Il ne lésine pas au chapitre des droits et des devoirs. Il y a quelques années, insatisfait de la protection syndicale au sein de l'usine de meubles où il travaille sur le boulevard Industriel granbyen, il prend en main le dossier syndical, en catimini, sans se laisser décourager par ses collègues de travail. Il rencontre une autre centrale syndicale, lui procure son accréditation et réussit à convaincre les employés de changer d'association. Depuis ce temps, il veille aux droits des 92 employés de l'entreprise. Même dans sa maladie, il reste en poste.

Peu de temps après son entrée en fonction, il démarre une longue négociation avec l'employeur. Il fait grimper considérablement les salaires et fait augmenter les droits des travailleurs.

À l'image de Michel Chartrand, un homme pour qui il a une profonde admiration, rien ne l'arrête. Lorsque ses patrons font acte d'injustice, il monte le ton et fait de saintes colères. Il les regarde droit dans les yeux et les confronte. Il perd rarement ses causes et les griefs qu'il dépose coûtent cher à l'employeur. Il est dur avec eux. Pas question d'abus.

Cependant, il ne fait pas que gueuler. Il gronde parfois certains collègues qui ne respectent pas les objectifs minimaux qu'exigent le travail.

En février, lorsque Jean-Claude a appris son triste sort, il se préparait à faire le saut au service permanent de sa centrale syndicale.

Toxicomanie et itinérance
Sa vie n'a pas toujours été facile. De 13 à 33 ans, il vit une existence de bohémien. Il devient toxicomane et itinérant au centre-ville de Montréal. Il s'engouffre. Il n'est pas heureux ...

Né au sein d'une famille de six enfants, son père alcoolique quitte tôt le domicile familial, incapable d'en assumer les responsabilités. Assistée sociale avec une marmaille à s'occuper, sa mère doit se battre pour joindre les deux bouts. « Je pense même que maman faisait de petits extras ... Il y avait souvent des hommes à toute heure du jour et du soir à la maison », m'a-t-il déjà lancé, en parlant de cette femme pour qui il a un profond respect.

À l'école, il fait partie des groupes en cheminement particulier. Il éprouve de sérieux problèmes d'apprentissage. Il laisse le monde scolaire au début de l'adolescence.

Il y a quelques mois, il m'a confié : « Un jour de mes seize ans, je suis arrivé à la maison et mes bagages étaient dans des sacs verts sur le trottoir. Ma mère m’a mis dehors. Elle disait souvent : Toi, tu ressembles à ton père! Et ton père, c'est un pourri! »

C'est sa sœur qui lui ouvre sa porte. Il va habiter chez elle. Il se trouve quelques petits boulots, mais « la coke et l'alcool coûtaient cher! »

À 19 ans, débute sa vie d'itinérance sur la rue Saint-Laurent.

Le frère Roger de Montréal
À 33 ans, il rencontre le frère Roger Harvey, un travailleur de milieu membre de l'Ordre des Trinitaires qui dirige la Piaule, un petit organisme qui s'occupe des jeunes de la rue et, surtout, des prostituées du centre-ville montréalais.

Ce bonhomme à la barbe longue, qui ressemblait à un gitan et, comme il le décrivait en 1992 à des toxicomanes au Café chrétien de Sherbrooke, dirigé par sœur Marielle Lemire, « qui avait toujours une jupe sur le dos » (une longue veste), l'intrigue.

Le frère Roger fréquente de jour en jour un restaurant au coin des rues Sainte- Catherine et Saint-Laurent. Il boit et boit du café en bavardant avec les gens, surtout des femmes faciles.

« Un soir, j'entre dans le restaurant et je m'arrête devant lui et je lui dis : Qu'est- ce que tu fais ici? Vous n’êtes pas comme les autres personnes qui viennent ici! Il m'explique son travail et me parle de sa maison où les gens vont se ressourcer », me dit Jean-Claude.

Peu de temps après cette rencontre du frère Roger qui travaille maintenant dans la région de Québec, il visite la Piaule pour la première fois. Il se sent bien en ce lieu. Il découvre le petit oratoire du religieux. Il ne tarde pas à s'y réfugier.

Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie
Plusieurs fois, il m'a raconté cette anecdote : « Une journée, je m'écrase au pied de l'autel de la chapelle et je commence à revoir ma vie. Je n'en peux plus. Pendant trois semaines, je reviens à cet endroit de jour en jour. Je cherche une lumière, une idée d'avenir pour me sortir de cette situation ... Je me sens tellement bien dans cette chapelle ... »

À chaque fois qu'il parle de cette aventure intérieure, ses yeux s'emplissent de larmes. Il est ému. Pour lui, c'est Dieu qui était présent à cet endroit. En Dieu, il a trouvé un père d'adoption.

Son expérience spirituelle, il arrive difficilement à y mettre des mots. De toute manière, cela n’est pas nécessaire. À chaque fois qu'il essaie d'en parler, il suffit de le voir s’essuyer les yeux pour comprendre qu’il a vécu une expérience très particulière.

Il finit par demander au frère Roger de l'aider. Celui-ci l'envoie habiter et travailler à la Maison du Père. Quelques mois plus tard, il demande à un autre Trinitaire de l’amener travailler et habiter à leur maison de Granby afin de lui permettre de changer de milieu de vie. Rester à Montréal aurait contribué à une rechute dans l'univers de la drogue. Partir voulait dire « le début d'une nouvelle vie ».

Sans tarder, il commence à fréquenter le Café d'accueil chrétien sur la rue Saint- Antoine à Granby. Un soir, je l'ai accueilli. En bavardant avec lui, j'ai décidé d’en faire mon ami. Il y a près de 20 ans que nos chemins se croisent.

Bip! Après le timbre sonore, veuillez enregistrer votre message : « Père Bruno, ici Benoît. J'ai bien reçu ton message. Je serai présent le 9 mars si tel est le désir de Jean-Claude. Cependant, j'aimerais que tu me téléphones avant de l'appeler ... » lui dis-je encore troublé par l'annonce du départ de mon ami.

Les battements du cœur humain finissent par s'arrêter, mais l'âme vit éternellement. Un jour, comme Jean-Claude, je traverserai l'arc-en-ciel qui conduit à l'espace. À Édenville, nous habiterons sur la même rue. Jusqu'à ce jour, il sera toujours présent dans mes meilleurs souvenirs.

Mon ami est passé sur l’autre rive de l’existence, le 31 juillet 2002. Il avait 45 ans. Les funérailles ont été célébrées le 10 août 2002 dans la chapelle des Trinitaires, à Granby. Ses cendres reposent au Cimetière Mgr Pelletier.

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[1] Josée Dionne
[2] Le 9 mars 2002
[3] La première version de ce récit a été publié dans la Revue sainte Anne, juin 2002, pages 249 et 254

PAROLE D'Elvis Gratton


NATURE

La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

JADIS A LA RADIO: Saint Alfred Bessette, le Frère André 2 - En rappel


TROIS-RIVIERES: La neuvaine de l'Assomption - Le rendez-vous des Nations


La neuvaine de l'Assomption

Le rendez-vous des Nations

La messe de minuit qui ouvrait sur une note solennel la journée de la fête de l'Assomption, dans la nuit de mercredi à jeudi, fut un moment pour dire combien ce temps de prières et de réflexion est un lien de rencontres entre les nations du monde. A Cap-de-la-Madeleine, les gens viennent de partout pour rendre hommage à la Vierge.
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Benoit Voyer
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Immédiatement après l'entrée solennelle d'une ribambelle de jeunes et du président de la célébration, le père Jacques Letarte, un chant de joie fut interprété par Marie-Claude Poirier accompagné par l'orchestre du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et d'un joueur de tam-tam.

Au son de cette joyeuse musique, des chorégraphes de Cap-Jeunesse et des dizaines de jeunes qui couraient dans les allés de la basilique en agitant des drapeaux aux couleurs du monde rendaient grâce à Dieu par leurs corps pour ce jour de joie qui commençait.

Les pèlerins entassés dans la basilique, qui était pleine à craquer, garderont longtemps en mémoire cette grande fête de la mère du Christ.

(Hebdo Journal, 18 aout 1996, p. 7)

En ce 24 aout 2025


LE BALADO: Le frère Marie-Victorin no 1


ARTICLE DU JOUR: Louis Émond, un saint laïc


Louis Émond, un saint laïc

Par Benoit Voyer

24 août 2025

Louis Émond porte le nom de l’auteur du célèbre roman Maria Chapdelaine, mais n’a rien d’un intellectuel. Il s’agit plutôt d’un simple journalier de son époque.

Il naît à Sainte-Famille, sur L'Île d'Orléans, près de Québec, le 24 août 1876. Sa mère est Maria Rhéaume (1845-1922) et son père François-Xavier Émond, un petit cultivateur. Il sera baptisé dans la tradition catholique trois jours plus tard.

On ne vit pas riche chez les Émond. Afin d’aider ses parents, il commence à travailler à l’âge de 12 ans. Il gagne 1$ par semaine dans la cave malsaine d'un sellier-tanneur. Il est un apprenti modèle, appliqué et dévoué aux intérêts de son patron.

Louis passe ses soirées au service de la jeunesse défavorisée au Patronage Saint-Vincent-de-Paul.

Le 12 mai 1902, il unit sa destinée à Maria Gingras. Il a 26 ans. Rapidement, il achète une maison dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, au cout de 400$. Leurs trois enfants y grandiront. En tout, ils y demeureront pendant 42 ans.

Il s’implique dans le syndicalisme catholique afin de se porter à la défense des ouvriers.

Au conseil municipal de Québec, il représente le quartier Saint-Sauveur, un secteur défavorisé de la ville.

En 1926, 3 000 ouvriers sont mis à pied. Par solidarité, Louis Émond démissionne de son poste. Il deviendra percepteur des arrérages de taxes municipales.

Sur le plan religieux, il fonde le Comité du Sacré-Coeur. Il deviendra un proche du père Victor Lelièvre. Leur amitié durera une trentaine d’années. Le religieux dira de son ami Louis: « La découverte de ce Louis d'or fut l'une des grandes grâces de ma vie. »

En 1930, avec Victor Lelièvre, il fonde, à Québec, la Maison Jésus-Ouvrier. On s’y spécialise dans les retraites spirituelles pour « le monde ordinaire ». Louis Émond prend la direction de la Maison. Il n’hésitera pas à passer de maison en maison, afin de « vendre » la retraite fermée comme étant une « police d'assurance pour le ciel ».

Durant 27 ans, les retraites se terminent par une conférence de Louis Émond. Un retraitant dira un jour: « C'est le père Lelièvre qui a préparé ma confession, et le père X qui l'a entendue; mais c'est Louis Émond qui m'a décidé à persévérer. »

En 1922, à cause de ses services rendus à l'Église, le pape Pie XI lui a remis la décoration de Chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand.

Il est décédé à Québec le 26 septembre 1949, à l'âge de 73 ans. Il est inhumé dans le lot A 4 43 du Cimetière Saint-Vallier, une composante du Cimetière Saint-Charles, à Québec

Il a reçu le titre de « serviteur de Dieu ». Ainsi donc sa cause, en vue d’une future canonisation, est à l’étude.

Lieu de sépulture de Louis Émond dans le cimetière Saint-Vallier, a Québec.

PAROLE DE René Lévesque

 


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette

La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette



JADIS A LA RADIO: Saint Alfred Bessette, le Frère André 1 - En rappel


JEAN-PAUL REGIMBAL: La Seigneurie du Christ sur notre pays


La Seigneurie du Christ sur notre pays

Ce congrès marque véritablement un point tournant dans l’évolution du renouveau charismatique. Et cela, pour plusieurs raisons, car il y a eu durant ces dernières années une véritable croissance dans la découverte de la réalité de l’Esprit

Ce n’est plus maintenant du domaine du mythe, mais bien du domaine de la réalité concrète et vécue. Cela marque un point tournant aussi, parce qu’il y a eu des expériences communautaires dans différents milieux. A certains endroits, cette prise de conscience communautaire a pris la forme d’un engagement paroissial. Et ici, nous le voyons prendre la forme d’un engagement diocésain. C’est une joie pour le cœur et pour l’esprit.

La Parole de Dieu Le chemin parcouru depuis trois ans n’a été en quelque sorte qu’un chemin préparatoire a quelque chose de plus grand et de plus puissant encore. Et nous avons comme guide, toujours, la Parole de Dieu, cette Parole dont on dit dans la liturgie d’aujourd'hui qu’elle est “vivante, efficace et vraie, qu’elle pénètre entre le cœur et l’esprit. Entre la moelle et les os, cette Parole qui juge les cœurs et les transforme“. Nous avons cette Parole dans l’épitre aux Romains qui nous affirme: “Je ne rougis pas de l’Évangile, car l’évangile est une force de Dieu pour le salut du croyant” (Rm 1,16).

Le magistère Et nous avons aussi pour nous diriger l’enseignement formel du Pape Paul VI qui dans son exhortation apostolique “Evangelii Nuntiandi”, que la priorité et l’urgence de l’heure, c’est l’évangélisation. Oh! Comme il est important que dans les groupes de prière que chaque membre du renouveau charismatique assume en plénitude, tant sur le plan individuel que sur le plan communautaire, cet engagement à l’évangélisation. Saint Paul le disait d’une façon dramatique: “Malheur à moi si je n’évangélise pas.”.

A- Qu'est-ce qu’évangéliser? 
Oui, l’évangile est une force de Dieu pour le salut. Évangéliser, cela veut dire donner le Christ au monde. Et pour donner le Christ au monde, il nous faut la puissance de l’Esprit saint. Savez-vous ce qui arrive lorsqu’on donne le Christ au monde dans la puissance du Saint-Esprit? Le monde se transforme, car l’évangile est un ferment qui fait soulever toute la pâte parce que chacun a pris conscience de la nécessité de proclamer l’évangile du Dieu vivant dans l’aujourd’hui de l’amour.

Jésus Christ est Seigneur Ce congrès marque aussi un progrès considérable! Le thème qui nous est proposé est tellement vaste qu’il nous faudrait au moins un an pour l’explorer. Nous s’avons hélas que quelques minutes avant la fin du congrès, mais je voudrais, ce matin, dégager un aspect de ce thème inépuisable. En réalité, par les séminaires de la croissance dans l’Esprit, chacun en est venu graduellement à saisir la portée personnelle de cette réalité. Chacun en est venu à découvrir la seigneurie de Jésus-Christ sur sa vie personnelle et la seigneurie de Jésus-Christ s’exerce dans toutes les zones de sa personnalité: la seigneurie du Christ sur l’intelligence, sur la volonté, sur l’affectivité, la seigneurie du Christ sur toutes les relations interpersonnelles et, comme on vient de l’entendre a l’instant dans le témoignage qui a précédé, la seigneurie de Jésus-Christ sur l’unité familiale,

Que ton règne social arrive! 
Mais il faut aller plus loin: Ce n’est là que l’abc, de la démarche chrétienne. L’évangélisation va beaucoup plus loin que cela. Il faut que le règne social de Jésus-Christ arrive sur la terre des hommes. Il faut éventuellement que la Seigneurie de Jésus Christ s’exerce sur toutes les instances de notre vie sociale. 

La lettre des évêques, en date du 1er septembre, cette année, vient nous confirmer la chose. En effet, la directive que les évêques nous donnent dans le prolongement de l’enseignement du pape, c’est que l’heure est venue “de passer de la parole aux actes”. Il faut que l’évangile produise un impact a tous les niveaux de la vie sociale et cela ne se fera pas par le ministère des anges. C’est nous, les hommes, qui avons la responsabilité de changer cette société dans laquelle nous vivons par le ferment de l’évangile proclamé dans la puissance du Saint Esprit. Il est important de bâtir un nouvel ordre social fondé sur la justice en Jésus Christ, fondé sur l’agape christique qui rassemble les hommes dans l’unité et la paix, parce que l’esprit saint aura tissé des liens indissolubles entre les cœurs des frères humains qui, sous la mouvance de l’Esprit, crieront ensemble: “Abba! Père!”

Le document des évêques Il est important que la Parole de Dieu, l’évangile, rejoigne tous les niveaux de la communauté. Au numéro 4 du document des évêques qu’est-ce qu’on lit? “Comme disciples du Christ, nous avons une responsabilité précise dans l’établissement d’un ordre social fondé sur la justice.” Quand on parle ici du mot justice, ce n’est pas seulement dans le sens légal, mais aussi dans le sens biblique, dans la sainteté de l’ordre des relations voulues par Dieu. Et nous sommes en cela les héritiers des prophètes d’Israël, tels Amos, Jérémie, Isaïe, pour qui connaître Dieu, c’est chercher la justice dans la vérité, c’est de chercher la justice pour les déshérités, les pauvres, les opprimés, les mal-aimés. Tant que l’évangile de Jésus-Christ ne sera pas traduit en œuvres de vérité qui feront éclater la justice de Dieu sur la terre des hommes, eh bien, à ce moment-là, nos activités sont vaines.

Un point tournant 
Ce congrès marque précisément le point tournant dans l’évolution du renouveau charismatique. Il est temps, et plus que temps, que les groupes de prière passent de la Parole aux actes, de la prière à l’engagement apostolique, et là ou notre engagement apostolique trouvera son expression vraie, c’est dans l’évangélisation : donner le Christ au monde dans la puissance du Saint-Esprit. C’est par là qu’il y aura transformation radicale de notre société, a tous les niveaux. L’Évangile de Jésus Christ, veut véritablement être proclamé non seulement dans cet aréna! Ici, voyez-vous, c’est relativement facile de proclamer tous ensemble que Jésus Christ est le Seigneur a la gloire de Dieu le Père : On est en sécurité, on est en famille, la famille est large! Alléluia! (Pointe d’humour) Mais il faut aller beaucoup plus loin que cela! Nous ne pourrions avoir de repos dans l’œuvre d’évangélisation tant que, dans l’hôtel de ville de chaque cité du Québec et du Canada, les membres du conseil, à la suite du maire, ne proclameront ensemble d’une seule voix : Jésus Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père!

B-L 'évangélisation au Québec
Ce qu’il reste à faire L’œuvre de l’évangélisation est à peine commencée, car il faut aussi que dans le monde syndical et dans le monde patronal, l’évangile fasse des avances et transforme les milieux, car il n’y a pas seulement la conversion des individus à assurer, il faut de plus qu’il s’opère une conversion communautaire. La communauté syndicale et la communauté patronale ont toutes les deux besoins de conversion. Voyez-vous ça d’ici le jour ou le Front commun se ralliera autour de la Parole proclamée: “Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père!” Vous n’avez pas hâte de voir nos chefs syndicaux militer au sein du peuple de Dieu? Là, on pourra dire qu’on a commencé l’évangélisation! Pas avant! Donc on a encore du pain sur la planche...

L’audace de la foi apostolique 
Mais il faut aller beaucoup plus loin que cela! Jésus-Christ veut être le Seigneur de chaque comté. Cela veut dire qu’il faut que nous ayons assez de courage, assez d’énergie, pour faire sentir notre présence chrétienne et évangélique dans chaque comté, de sorte que l’on puisse dire au candidat: “Nous voterons pour vous seulement dans la mesure ou, dans votre vie personnelle et dans votre activité politique, il sera évident que Jésus-Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père”.

Pour ma part, je n’aurai de repos que lorsque je verrai sur la colline parlementaire à Québec le premier ministre se lever en chambre et tous les députés avec lui proclamer: “Ici, au Québec, Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.”

A ce moment-là, on pourra parler de ministre qui ont de vrais ministères, pas avant! Ça prendrait même la nomination d’un nouveau ministre: ministre des Ressources surnaturelles! En aparté a la blague: On proposera Mgr Langevin pour ce ministère-là. C’est ça, l’évangile vécu. Il ne faut pas se contenter tout simplement de proclamer l’évangile en vase clos! Il faut que l’éclatement pascal trouve son retentissement sur la place publique, de même que la venue de l’Esprit au Cénacle a poussé les apôtres à aller précisément sur la place du marché annoncer les merveilles du Seigneur. L’évangélisation doit rejoindre tous les segments et tous les secteurs de la société.

Évangélisation des structures 
L’évangile de Jésus doit rejoindre les ressorts profonds de l’économie. Cela suppose donc que les économistes eux-mêmes connaissent les principes de “l’économie du salut”. Ce serait déjà là une bonne partance! Il faudrait de plus que ceux qui sont à la tête des institutions financières soumettent leur gérance a la seigneurie de Jésus-Christ, car ils ne sont que des intendants: ils n’ont que l’administration des biens qui leur sont prêtés par le Seigneur. Mais si Jésus n’est pas le Seigneur de nos institutions financières, ça va continuer de mal en pis, car tant que les profits prendront le dessus sur la personne, l’évangile n’est pas incarné.

Il faut une conversion de nos institutions financières pour qu’en le profit cède le pas à la dignité et à la noblesse de la personne et que le capital soit au service de l’épanouissement de l’individu, de la famille et de la société. C’est ça de l’évangélisation in concreto.

Vous avez reçu un Esprit de force 
On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. Pourquoi ce revêtement de puissance sinon pour faire éclater la Parole de Dieu dans tous les segments de la vie? C’est ça que les évêques nous disent. Et si nous sommes fils de l’Église, si nous sommes fidèles croyants qui nous laissons enseigner par nos pasteurs, il importe que ces paroles deviennent réalité de vie et que la Parole de Dieu s’incarne en notre milieu québécois. C'est urgent! Il faut que nos institutions sociales correspondent aussi à la réalité de la seigneurie de Jésus-Christ pour changer le climat de cette province.

Situation explosive 
Actuellement, nous sommes assis sur un volcan! Le volcan de la haine, le volcan du ressentiment. Nous sommes assis sur un volcan qui risque d’éclater, et la seule façon d’éteindre ce volcan de haine, c’est par des torrents d’amour! Je n’en connais pas d’autres! Et ces torrents d’où jaillissent-ils sinon du cœur transpercé de Jésus. 

Et quand Jésus inonde par son amour tous les volcans humains, ceux-ci s’éteignent, et c’est alors que s’affirme la victoire de celui qui est Seigneur a la gloire de Dieu le Père.

Le règne sociale du Christ au Québec C’est donc dire que l’évangile de Jésus-Christ doit changer toutes et chacune de nos institutions: sociale, culturelle, politique et économique, afin que vraiment d’un bout à l’autre de la province, la seigneurie de Jésus-Christ puisse s’affirmer d’une façon concrète et de sorte que les gens puissent véritablement bénéficier de la libération individuelle et collective de Jésus, le messie, est venu proclamer. La proclamation de l’évangile a pour but de hâter non seulement la libération des opprimés, mais aussi de créer un climat de communion, un climat de communication, parce qu’il y aura eu d’abord un climat de réconciliation, Est-ce qu’on peut dire qu’au Québec, actuellement, règne un climat social de réconciliation? Dans le domaine scolaire, est-ce qu’il existe un climat de réconciliation? Dans le domaine politique, dans le domaine économique, dans le domaine culturel, est-ce qu’il existe un climat de réconciliation et de communion? “On est six millions, faut évangéliser à la gloire de Dieu le Père.

C-L ’évangélisation au Canada 
Vous voyez les implications concrètes que la seigneurie de Jésus peut avoir. Mais même si, à la colline parlementaire de Québec, tout le cabinet et tous les députés reconnaissent la seigneurie de Jésus-Christ, on n’aurait que commencé a évangéliser. Pourquoi? Parce que notre pays est un pays fédéré et qu’il faut que cette fédération trouve à Ottawa l’expression de la seigneurie de Jésus-Christ. Et remarquez bien que la devise du Canada: “A mari usque ad mare” est tirée du psaume 71 qui est un psaume messianique, ne l’oubliez pas! N’oubliez pas que les Pères de la Confédération ont trouvé l’inspiration de l’unité canadienne a la lumière des psaumes. Ça en dit long! Et de tous les versets, ils ont choisi celui qui exprime le dominion de la seigneurie du messie: qu’Il règne d’un océan à l’autre. Eh bien! Le Canada n’accomplira pas sa mission sur la terre des hommes et dans l’harmonie des peuples tant que la seigneurie de Jésus-Christ ne sera pas proclamée “A mari usque ad mare”, d’un océan à l’autre.

Tous sont appelés à l’évangélisation 
Mais comment pensez-vous que ça va arriver? Par le ministère des anges? Cela va arriver par votre témoignage a vous! Cela va se produire par le rayonnement de votre propre activité. Au fur et à mesure que l’évangélisation s’étendra dans vos milieux, cela deviendra contagieux., et finalement, tout le Canada sera poussé par la puissance merveilleuse de la Parole de Dieu qui rassemble son peuple dans l’unité.

Les nouveaux ministères dans l’Église Vous voyez pourquoi nous avons besoin a l’heure actuelle que le Seigneur suscite dans son Église des apôtres, des prophètes, de évangélistes, des docteurs et des pasteurs? C’est précisément afin que le peuple de Dieu soit rassemblé sous la puissance de la Parole et mu dans la puissance de l’Esprit pour proclamer la seigneurie de Jésus-Christ d’un océan a l’autre! C’est pour cela! Cela ne peut se faire que par la communauté qui s’appelle l’Église. C’est pourquoi il faut des conversions communautaires. C’est pourquoi il faut des prises de conscience communautaires : pour en arriver à des prises de position communautaires. Et c’est l’Église, l’Église, tête et membres, l’Église peuple de Dieu, qui devient prophète : C’est l’Église peuple de Dieu qui annonce l’évangile a notre temps pour assurer non seulement par proclamation, mais pour assurer d’une façon existentielle dans chacune de nos institutions, que Jésus-Christ est Seigneur, a la gloire de Dieu le Père!

Le temps est venu : c’est l’heure! Le pape nous dit qu’il s’agit-là d’une urgence et d’une priorité. Et les évêques nous le disent aussi qu’il s’agit de responsabilité urgente de l’heure : « les signes des temps nous pressent de réfléchir comme chrétiens sur les responsabilités qui nous incombent au plan de l’organisation de la société et de passer de la parole aux actes ».

Le temps est venu, et je me demande même s’il n’est pas un peu tard, ou nous allons faire sentir que l’évangile de Jésus-Christ n’est pas un vain mot, mais que c’est « une force de Dieu pour le salut de nos frères ». Il importe, pour nous, de saisir l’urgence et la priorité que représente pour nous l’évangélisation. Il ne faut pas avoir peur : c’est cela qui nous tue communautairement! On a tellement peur que les gens disent ceci ou cela de nous, qu’on demeure paralysé, infécond. Alors, on passe son temps à gémir : « Eh! Que cela va mal au Québec! Eh! Que ça va mal dans le domaine scolaire! Et on ne glorifie certainement pas Dieu notre Père!

Le Seigneur veut régner! Le Seigneur veut régner! Et le Seigneur met sur nos lèvres la prière que Jésus nous a enseignée : « Que ton règne social arrive! Que ta volonté soit faite au Canada comme au ciel ». Le Notre Père, vous savez, a un retentissement considérable lorsqu’il est récité comme l’expression de notre foi communautaire. « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Quand Français et anglais pourront le dire communautairement et que la communauté francophone pourra dire à la communauté anglophone : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à la communauté anglophone » et quand, parallèlement, la communauté anglophone, au nom du Seigneur Jésus-Christ, alors, et alors seulement, le climat social va changer! Mais on n’est pas rendu la parce que la prise de conscience communautaire n’est pas encore suffisamment faite! Un congrès comme celui-ci, cependant, marque un point de départ vers cette conscientisation collective face à l’urgence de l’évangélisation.

D-J ’ai eu un songe et une vision
Je lisais dans la prophétie de Joel : « En ces temps qui sont les derniers, le Seigneur dit : « Je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront, les jeunes gens auront des visions et les vieillards des songes » (Jl 3,1-5) Comme je ne suis ni tout à fait dans la catégorie des jeunes gens et comme je ne suis pas encore tout à fait dans la catégorie des vieillards, j’ai eu les deux : visions et songes. J’ai eu une vision, j’ai eu un songe, que le 14 octobre 1980, l’ensemble de toutes les forces ouvrières montaient par centaines de mille vers la colline parlementaire. Et là, il y avait des gens massés qui criaient, et ils portaient des pancartes, et ils portaient des bannières. A première vue, j’ai dit : Ça y est! C’est l’éclatement! C’est véritablement l’effusion de sang! Et je voyais les trois chefs syndicaux qui menaient la marche, et qui se présentaient finalement devant le ministre du travail. Puis ils ont dit : « Nous avons une déclaration à vous faire, monsieur le ministre, nous affirmons l’urgence et la nécessité de réviser complètement et entièrement toutes les bases de nos relations patronales ouvrières. Nous venons vous faire part de notre décision communautaire. Le principe de nos rapports, désormais, sera de reconnaître que Jésus est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». Alors, le ministre du travail a crié « Amen! » et tout le monde a crié « Alléluia! » Bien entendu c’est un rêve, c’est un songe… Quand cela deviendra-t-il réalité? Je laisse cela a vos conjectures !!!

Et le songe continue. C’est la réunion de tous les maires de municipalités, et les maires de municipalités se rendent devant le ministre responsable de toutes les municipalités. Ils présentent les problèmes d’habitation, les problèmes de logistique, les problèmes d’approvisionnement d’eau, les problèmes de pollution de l’air, de l’espace, du son, et alors ils déclarent : « Monsieur le ministre, après avoir examiné sérieusement la gravité des problèmes, et le point de non-retour déjà atteint, nous nous apercevons que, humainement parlant, il n’y a plus de solution. Mais savez-vous, nous avons découvert une chose : qu’il existe un principe d’ordre, un principe de lumière et un principe de paix, si seulement nous – et nous le proposons au ministre des municipalités – nous reconnaissons que Jésus est Seigneur! » Et tous les maires ont répondu : « A la gloire de Dieu le Père! » Bien entendu, c’est un songe, c’est une vision… Mais c’est comme ça que les songes et les visions deviennent réalité!

Il nous faut des hommes de vision! « Vos jeunes gens auront des songes et vos vieillards des visions”. Voilà ce dont nous avons besoin: être un peu qui a une vision. Un peuple qui a une vision prophétique et un peuple qui a l’audace d’aller jusqu’au bout de sa vision, sachant que cette vision de Dieu le Père est que la seigneurie de Jésus-Christ s’exerce d’un océan à l’autre. Il n’y a pas de doute là-dessus!

L’audace d’aller au bout de ses convictions Il est certain que la vision de Dieu le Père c’est que toute l’administration des finances soit au service de l’homme plutôt qu’un asservissement de l’homme. Il est certain que la volonté de Dieu le Père c’est tout cela, le politique, l’économique, le social, le culturel, soient récapitulés sous la seule seigneurie de Jésus-Christ. Il n’y a pas de doute là-dessus! Mais il faut que nous ayons l’audace de notre foi; il faut que nous ayons le courage de convictions, pour traduire l’évangile en termes concrets de la vie. C’est là où nous en sommes rendus dans le renouveau charismatique. Il est temps maintenant de passer de la parole aux actes.

Nécessité du discernement communautaire Et c'est pourquoi, il a été si important durant cette fin de semaine de parler de la puissance de la Parole, de parler de la puissance de la prière, de parler de la nécessité du discernement et de parler aussi de la variété des charismes et des ministères, car tout cela est mis en jeu dans la réalisation de l’avènement de la seigneurie de Jésus-Christ d’un océan à l’autre! C’est nécessaire.

Il est temps maintenant que les groupes de prière exercent un discernement communautaire en disant: “Comme nous qui sommes d’ici à Québec, nous qui sommes à Rivière-du-Loup, nous qui sommes de la Beauce, nous qui sommes de Lotbinière, nous qui sommes de Trois-Rivières, comment, concrètement, allons-nous traduire notre incarnation d’évangile en répondant ici aux besoins de notre temps?

1.La famille
Sachez qu’il y a quatre points d’impact pour que l’évangélisation devienne corps et vie dans notre milieu. Il y a d’abord la famille: la famille est le premier lieu d’impact, car c’est par l’assainissement de la famille qu’on va réellement assainir et redresser toute société. Il est important que l’évangélisation dans votre milieu trouve une expression pour un apostolat, une évangélisation systématique, une évangélisation joyeuse de la famille.

2.La jeunesse
Le second lieu d’impact, c’est la jeunesse. “Vous jeunes gens et vos filles prophétiseront. Sur mes jeunes gens et mes jeunes filles, je répandrai de mon Esprit”. Il faut une action évangélisatrice qui véritablement assume la proclamation de la Parole de Dieu dans le cœur de la jeunesse et il s’agit de se donner les moyens d’action voulus pour que cette évangélisation pénètre en profondeur.

Si d’une part l’école nous est fermée, il nous reste la rue. Si d’une part l’école nous est fermée, et soit dit en passant, cela nous a été fermé par 5% de fanatiques qui s’appelle le MLF, mouvement de la langue française, c’est ça qui a parti le bal en 1960, et si nos écoles sont déchristianisées, ça été sous l’influence d’un petit 5% de trouble-fêtes qui a fini par nous nier à nous, 95% de la population, le droit de faire éduquer nos enfants dans la foi. Est-ce qu’il n’est pas temps qu’on sorte de notre mutisme? Malheur à la majorité silencieuse! Eh bien, si les écoles nous sont fermées, on ne peut nous fermer les discothèques, on ne peut pas nous fermer les cafés. Fondons des cafés chrétiens dans tous les secteurs pour rejoindre la jeunesse! N’ayons pas peur! Ayons l’audace d’évangéliser!

3.Les hommes d’affaires
Le troisième point d’impact d’évangile, c’est auprès de ceux qui exercent un rôle de commandement dans la société, les hommes d’affaires, les hommes d’affaires qui sont impliqués dans le domaine industriel, dans le domaine commercial, dans le domaine de la promotion sociale. Ce sont ces hommes-là qu’il faut aller chercher, car si la société doit traduire le règne social de Jésus-Christ sur la terre des hommes, le Seigneur va se servir de ceux qui sont déjà là et qui ont des postes de commande. Ceux-là, il faut tous les évangéliser. C’est pourquoi nous avons fondé ACTE, l’Association chrétienne des témoins dans l’entreprise”. C’est une forme d’évangélisation, non pas la seule, bien sûr, mais il s’agit d’être assez créateur, assez inventif pour trouver les moyens nécessaires afin d’évangéliser ceux-là qui ont des responsabilités sur le plan décisionnel, afin que le règne social de Jésus-Christ devienne une réalité, ici, au Québec. C’est nécessaire. C’est urgent. C'est prioritaire.

4.Les hommes politiques 
Et le quatrième point d’impact, c’est auprès précisément des maires, des députés, députés provinciaux, députés fédéraux. Et je puis vous dire que le Seigneur m’a conduit à évangéliser ces gens-là d’une façon très bizarre. C’est arrivé à Toronto. Imaginez-vous si le Seigneur n’a pas un vrai sens de l’humour: de me parler à Toronto. Au moins, s’il avait eu la décence de me parler à Québec! Mais il a choisi Toronto, que voulez-vous! (En blaguant). Peut-être parce que ce coint a plus besoin d’évangélisation... Passons...

E-La puissance de la prière
C’était le dimanche du Christ Roi en novembre 1975. J’étais là dans la chambre d’hôtel en train de lire la Bible pour préparer mon sermon du dimanche. Le Seigneur m’a dit : « Mets ta bible de côté, j’ai à te parler ». Je suis resté saisi. Or, j’ai mis la bible de côté. Et là, le Seigneur me dit : « Prends un crayon, écris ». Et je me suis exécuté. Il m’a dicté une prière que je vais vous lire, une prière que le Seigneur a utilisée pour ouvrir des portes au niveau des mairies, au niveau du gouvernement provincial, au niveau du gouvernement fédéral. C’a été une petite clé que le Seigneur m’a donnée pour rejoindre ces milieux qu’on appelait intangibles. C’est une prière. Écoutez-la!

La prière de la paix Notre Père qui est aux cieux, nous consacrons notre pays bien-aimé a la Royauté et à la Seigneurie du Christ Jésus. Nous te demandons de renouveler notre patrie dans la puissance du Saint-Esprit, afin que tous les Canadiens fléchissent le genou et proclament du cœur et des lèvres que Jésus-Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père.

Nous te prions de revêtir nos chefs politiques de la sagesse et de la science qui viennent de toi pour gouverner ce pays selon la souveraine volonté du Père, afin que le Québec et le Canada prospèrent dans la justice et dans la paix, dans l’amour et la vérité, jusqu’au jour où Jésus soit vraiment le Seigneur d’un océan à l’autre, « a mari usque ad mare »!

Nous nous engageons à une alliance de prière et de témoignage, afin que toute puissance des ténèbres soit rompue et que l’ennemi de Dieu, Satan, soit subjugué, que Jésus-Christ soit le Seigneur de chaque mairie, de chaque gouvernement, et chaque cour de justice du Canada, jusqu’au jour de son glorieux avènement.
Et, quand le Seigneur m’eut dicté cette prière, il m’a dit : « Tu inviteras tous les gens qui sont d’accord avec le contenu de cette prière à envoyer une prière au maire de leur municipalité, aux conseillers municipaux, au député provincial, au député fédéral, aux premiers ministres de la province et du Canada ». Savez-vous qu’il y en a six millions en circulation?

La puissance de la prière Je reçois presque à chaque semaine des lettres de députés de divers comtés, en français, en anglais, qui ont reçu la prière par les commettants de leur région. Il y en a qui m’a dit en avoir reçu 4000! Il dit : « Je la connais par cœur! » Et j’ai reçu une lettre du premier ministre Trudeau qui m’a dit également que son bureau est inondé. Alors, je lui ai répondu : « Plaise à Dieu que cela vous inspire de faire une retraite charismatique avec les membres de votre cabinet! » C’est ça l’audace de la foi! Le Seigneur prend des moyens bien simples! Qui aurait cru qu’une petite prière sur un bout de papier puisse rejoindre le cœur de ceux qui sont dans les postes de gouvernement. »

Déjeuner de la prière à Ottawa
Ce que je puis vous dire parce que j’étais présent, c’est qu’il y a eu un déjeuner de la prière à Ottawa, ou ils étaient 400. Il y avait plusieurs ministres du cabinet fédéral, il y avait 40 ambassadeurs dont l’ambassadeur de Moscou; Il y avait les hauts fonctionnaires de presque tous les départements. Et savez-vous qui assurait la partie musicale? La Gendarmerie royale du Canada. Alléluia! Vous direz ensuite que le Seigneur n’a pas le sens de l’humour!

Déjeuner de la prière à Québec Et croyez-le ou non, nous avons eu aussi un déjeuner de la prière au Parlement de Québec, organisé par le ministre Garneau. Ah! Oui! Voyez-vous la conspiration du silence de messieurs les journalistes! 

Pensez-vous qu’ils ont rapporté cela en première? Bien non, parce que ce n’est pas un meurtre! Ce n’est pas un viol! Et jusqu’à présent, on n’a pas su mettre à la une dans les journaux du Québec les merveilles et les miracles de Dieu. Seulement les meurtres, pas les miracles! Mais un jour viendra tellement sur, claire et irréfutable, qu’il faudra bien que messieurs les puissants des journaux rapportent en première page ce que Jésus a fait au Québec et au Canada.

Conclusion: Jésus-Christ est Seigneur Et il faudra qu’un jour ces messieurs qui s’occupent des médias d’informations fassent des reportages et qu’ils rapportent non seulement aux nouvelles, mais en spécial, les congres charismatiques qui se tiendront d’un bout à l’autre du Canada, car Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père!

Alléluia!

Jean-Paul Regimbal

Conférence prononcée au congrès diocésain du renouveau charismatique de Québec, le 10 octobre 1976. Tiré d'une publication de l'Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique. Document conservé a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (Fond P049) et chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (BANQ 248.482 R33g 1976)

En ce 23 aout 2025


LE BALADO: La femme dans la mystique juive


ARTICLE DU JOUR: La bienheureuse Marie-Anne Blondin

Marie-Anne Blondin repose dans la cathédrale de Saint-Jérôme
La bienheureuse Marie-Anne Blondin

Par Benoit Voyer

23 août 2025

Le 18 avril 1809, à Terrebonne, naît Marie-Esther Blondin, fille de Jean-Baptiste Sureau dit Blondin, un agriculteur, et de Marie-Rose Limoges. Elle est la troisième d’une famille de douze.

Elle vient d’un milieu pauvre et sa jeunesse est marquée par des deuils et des épreuves. Comme bien des enfants francophones du Canada, elle est analphabète. Toute sa vie son manque d’éducation sera une souffrance pour elle.

Jeune adulte, elle fera la connaissance de la Congrégation Notre-Dame, fondée par sainte Marguerite Bourgeois. Elle assiste à leur arrivée à Terrebonne et deviendra domestique au couvent. Les sœurs en profiteront pour lui apprendre à lire et à écrire.

A 22 ans, elle devient étudiante et novice a la Congrégation. On lui donne le nom de Sœur Sainte-Christine. A cause de sa santé, on la renvoie. Esther vivra une grande tristesse.

A 33 ans, Suzanne Pineault l’invite à se joindre à elle pour enseigner aux enfants. Ainsi, elle devient institutrice à l’école paroissiale de Vaudreuil. En peu de temps, Esther deviendra la directrice de l’établissement qu’on nommera l’Académie Blondin. En plus d’instruire les petits, elle forme des jeunes filles afin qu’elles deviennent enseignantes pour les écoles rurales.

En 1848, Esther parle à l’abbé Paul-Loup Archambault [1], le curé de Vaudreuil, de son rêve de fonder une communauté religieuse pour l’éducation des enfants pauvres. Il la soutient dans ses démarches, mais lui dit : Ma fille, « attendez-vous a beaucoup souffrir ». Au printemps, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, encourage l’initiative, malgré quelques réserves.

Le 8 septembre1850, Mgr Ignace Bourget officialise la fondation des Filles de Sainte-Anne. Esther devient sœur Marie-Anne et la première supérieure. Malgré la pauvreté de la communauté, les premières années seront tout de même heureuses.

Buste de la bienheureuse dans l'église Saint-Jacques de Montcalm
En avril 1853, à Vaudreuil, des notables s’opposent à la construction d’un couvent sur le terrain de la fabrique. A cause de l’expansion rapide de la nouvelle communauté, celui-ci est devenu un incontournable. Cette décision oblige les sœurs de quitter le patelin, durant l’été. Trois religieuses demeurent en poste à Vaudreuil. Le chocest brutal pour l’abbé Paul-Loup Archambault. Les Sœurs de Sainte-Anne s’établissent à Saint-Jacques-de-l ’Achigan.


Nommé aumônier, l’abbé Louis-Adolphe Maréchal [2], 29 ans, fait la vie dure à la supérieure. Il ne cesse de la dénigrer auprès de Mgr Bourget et des religieuses. De plus, il s’immisce dans les décisions de la communauté pour imposer sa vision des choses.

En août 1854, afin de régler le conflit, Mgr Ignace Bourget demande à Marie-Anne Blondin de « se déposer et de ne plus accepter le mandat de supérieure si ses sœurs veulent la réélire. »

Le jeune aumônier ne lâche par le morceau. Devenue directrice au convent de Sainte-Geneviève, il colporte qu’elle administre mal l’institution. En 1858, Mgr Bourget la ramène à la maison mère, avec la consigne de « prendre les moyens pour qu'elle ne nuise à personne. »

Elle sera affectée à d’humbles tâches à la buanderie, au sous-sol de la maison mère de Lachine. Ne gardant aucune rancune, elle y passe ses journées loin de l’administration de la communauté qu’elle a fondée. Elle dira souvent qu'il y a « plus de bonheur à pardonner qu'à se venger. »

Dans les premières heures de 1890, Marie-Anne Blondin, 80 ans, sachant qu’il lui reste peu de temps à vivre, demandera à sa supérieure de faire venir à son chevet l'abbé Maréchal, « pour l'édification des sœurs. »

Marie-Anne Blondin décède le 2 janvier 1890, à Lachine.

Le 29 avril 2001, sur la Place Saint-Pierre, au Vatican, Jean-Paul II la déclare bienheureuse. A son sujet, Paul-André Comeau me dira : The Globe and Mail, « est le seul quotidien national qui a joué à la une la béatification de la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne. Cette équipe a jugé que cela est un événement de société qui interpelle. Une femme qui, en 1850, fonde une communauté religieuse et qui dira à Mgr Bourget que dans les écoles de campagne il faut qu’il y ait des écoles mixtes par qu’il n’y a pas assez de monde... Il faut le faire! C’était audacieux pour l’époque! »[3]

L’Église catholique du Canada souligne sa mémoire le 18 avril de chaque année.

____________________

[1] Louis Rousseau, « ARCHAMBAULT, PAUL-LOUP (baptisé Paul) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , https://www.biographi.ca/fr/bio/archambault_paul_loup_8F.html
[2] Louis Rousseau, « MARÉCHAL, LOUIS-DELPHIS-ADOLPHE (baptisé Louis-Delphis) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , https://www.biographi.ca/fr/bio/marechal_louis_delphis_adolphe_12F.html
[3] Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », Éditions Logiques, 2005, p. 75.

Toile de la bienheureuse Marie-Anne Blondin au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré


PAROLE D'Élisabeth Bruyère

ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

JADIS A LA RADIO: Devenir grands-parents - En rappel


JEAN-PAUL REGIMBAL: A la découverte de l'Esprit


A la découverte de l'Esprit

La personne du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit est, sans aucun doute, la personne la moins connue, la moins aimée et la moins adorée de l’auguste Trinité. Et pourtant, c’est la personne divine qui opère dans nos vies quotidiennes le rôle le plus constant et le plus intime dans l’œuvre de notre croissance spirituelle, de notre sanctification. C’est le Saint-Esprit, qui, au moment du baptême, a été diffusé dans nos cœurs, par Dieu le Père, pour nous marquer du signe du salut, pour nous communiquer la vie divine, pour nous conformer à l’image même du Christ, pour que nous devenions tous enfants de Dieu, fils de Dieu dans le seul et unique vrai Fils Jésus-Christ. C’est par lui encore que nous est communiqué le salut que le Seigneur Jésus nous a mérité sur la croix. C’est toujours par lui que nous sommes regénérés a la vie nouvelle que nous a acquise le Fils de Dieu, Jésus, par sa mort et sa résurrection.

Le Saint-Esprit est une personne divine égale et co-éternelle au Père et au Fils. C’est une personne qui « demeure en nous » (Jean 14, 16-17), qui « nous enseigne et nous conduit à la plénitude de la vérité » (Jean 14,26), qui « convainc et confond le monde en matière de péché, de justice et de jugement » (Jean 16,8). Il conduit, il parle, il entend, il annonce, il glorifie, il ordonne, il envoie, il empêche, il avertit, il aide et intercède, il pense, il sonde tout, il opère et distribue, il possède une volonté, puisqu’il souffle ou il veut, et qu’il accorde ses dons selon son bon plaisir. Or, seule une personne possède ses attributs et peut exercer ces diverses actions envers les hommes.

Par ailleurs, les hommes peuvent lui mentir (Actes 5,3), le tenter (Actes 5,9), lui résister (Actes 7,51), l’attrister (Eph. 4,30), l’outrager (Hébreux 10,29) et blasphémer comme lui (Math. 12,31). C’est d’ailleurs le seul péché que Jésus a déclaré irrémissible, sans pardon : Le péché contre l’Esprit saint…

C’est encore la personne du Saint-Esprit qui, tout à fait aux origines mêmes du christianisme, a rendu féconde la Vierge Marie en la couvrant « de son ombre », a joint de puissance et d’autorité le ministère sacré du Christ, au moment de son baptême par Jean Baptiste, et a transformé le cœur et la personnalité des apôtres pour annoncer avec audace le royaume de Dieu établi par Jésus-Christ au point d’en témoigner au prix du sang.

L’esprit saint fait l’objet du dernier article du Credo que nous récitons chaque dimanche, mais, dans le nouveau testament, il est bien le premier fait d’expérience : naissance et sanctification de Jean Baptiste dès le sein de sa mère, conception virginale du Christ dans le sein de Marie, manifestation visible sous la forme d’une colombe le jour du baptême de Jésus-Christ.

J’irais même un pas plus loin en précisant que le Saint-Esprit est le premier fait d’expérience de toute la révélation, car c’est lui qui a inspiré les patriarches de la Genèse dès les toutes premières lignes du récit de la création : « Au commencement, l’Esprit de Dieu (ruah Elohim) planait sur les eaux » (Genèse 1,2). Le Credo n’affirme-t-il pas que le « Saint-Esprit a parlé aux prophètes » ? Et c’est encore au même Esprit de Dieu que se réfère le témoignage de Jean au dernier chapitre de l’Apocalypse : « L’Esprit et l’Épouse disent « viens » (marana tha). Que celui qui écoute dise « Viens ». Est que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement (Apoc. 22,17).

Il n’est donc pas étonnant qu’a un moment de l’histoire de l’humanité ou tout semble sur le point de se perdre dans le chaos le plus complet, la manifestation prodigieuse de l’Esprit saint soit de nouveau voulue par Dieu pour « renouveler la face de la terre » et pour y apporter l’ordre, la justice, la lumière et la paix, dans la plénitude de l’amour. Cela est d’ailleurs conforme à la prophétie de Joel qu’évoquait saint Pierre au jour de la pentecôte :

« Il se fera, dans les derniers jours, dit le Seigneur. Que je répandrai de mon Esprit sur toutes chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront. Les jeunes gens auront des visions. Et les vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et mes servantes, je répandrai de mon Esprit. Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang. Avant que vienne le jour du Seigneur, ce grand jour. Et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Actes 2, 17-31)

L’esprit de Dieu continue toujours son action dans l’Église comme en témoigne de façon éclatante le concile Vatican II. Un essor spirituel considérable fut imprimé a toute l’Église tant au sein du laïcat et du clergé qu’au sein des communautés religieuses. Renouveau et réforme vont de pair pour redonner à l’Église sans beauté primitive « sans ride, ni tache. » C’est en ce sens que parle Jean XXIII dans la Bulle d’indiction :

« Cela mettra en évidence la vie et la perpétuelle jeunesse de notre mère la sainte Église, qui est toujours présente aux événements humains et qui au fur et a mesure que passent les siècles, renouvelle sa beauté, brille d’une nouvelle splendeur et remporte de nouvelles victoires, tout en restant toujours la même et en se conformant a cette splendide image qu’a voulu lui donner Jésus-Christ, son divin époux, qui l’aime et la protège. »

Cependant, c’est au cours de ce même concile Vatican II que l’Église entière (560 millions de fidèles) a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII :
« Renouvelez en notre temps les merveilles de la pentecôte ».

Or, voici que Dieu, fidèle à la promesse de Jésus-Christ : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera… » réalise concrètement, bien au-delà de toute attente, ce vœu si ardemment formulé. Depuis 1967, il se passe dans l’Église catholique à travers le monde entier, le même phénomène qu’au jour de la pentecôte : « Tous furent alors remplis de l’Esprit saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit donnait à chacun de s’exprimer. » (Actes 2,4).

L’Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique; Tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. Mais Dieu, infiniment libéral dans son amour et sa miséricorde, lui accorde, par surcroit, un renouveau charismatique d’envergure… Et au lieu de s’en réjouir, beaucoup s’affolent, s’apeurent et tentent à attribuer à Belzébul, le prince des démons, ce qui manifestement vient de l’Esprit saint, conformément aux Actes des apôtres et aux épitres de Paul, sans parler des promesses de Jésus lui-même que rapportent les évangélistes Mathieu (10,7 et ss) et Marc (16, 15-18).

Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de « souffler ou il veut ». Il agit parfois de manière très étonnante car « ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies ». C’est pourquoi il faut d’avantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise bien entendu – que e s’en méfier ou encore de « le contrister » lorsqu’il daigne se manifester. Un passage du décret sur les missions (Ad Gentes, no 29) nous avertit d’ailleurs que l’Esprit saint prend souvent l’initiative dans bien des domaines et qu’il n’y a pas lieu de s’en surprendre puisqu’il est souverain :

« Bien que l’Esprit saint suscite diverses manières l’esprit missionnaire dans l’Église de Dieu; bien qu’il ne soit pas rare que l’action de l’Esprit saint prévienne (précède) l’action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l’Église, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire ».

Oui, l’Esprit souffle ou il veut et quand il veut. C’est donc, pour chacun de nous, l’occasion de constater avec « gratitude et joie spirituelle » ce que l’Esprit saint daigne faire dans l’Église et dans le cœur des hommes de notre temps.

Jean-Paul Regimbal

Tiré de: Trinité Liberté, Vol.4 No 6, décembre 1971, pp.4 à 6. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (BANQ-PER120)