POLITIQUE: Je lance un défi a François Legault et Christian Dubé
Je lance un défi a François Legault et Christian Dubé
Par Benoit Voyer
9 novembre 2025
Au Nouveau-Brunswick, le ministre de la Santé accepte de relever le défi de passer 24 h à attendre dans une salle d’urgence. Bien entendu, on préviendra l'hôpital en question à l'avance. On sait déjà que ce seront une salle d'attente et une équipe de soins exemplaires.
Je lance ce même défi au ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, et au premier ministre, François Legault. Pour faire mieux que dans les Maritimes, les équipes de soins et l'hôpital où ils se présenteront ne devront rien savoir à l'avance de la visite du duo afin qu’ils puissent vivre pleinement la réalité hospitalière. Dans le cadre de ce défi, lors de la consultation, l'urgentologue devra les garder en observation pour une nuit en psychiatrie. On les fera passer, d’heures en heures, de l’urgence psychiatrique aux soins intensifs en psy et à l'unité d’observation. Au matin, ils rencontreront un psychiatre. Bien entendu, on les déclarera en bonne santé mentale.
Le but de l’expérience proposée est qu'ils connaissent la réalité des soins hospitaliers. Bien entendu, ils pourront recevoir lors de leur hospitalisation leurs amis journalistes, ministres et députés.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Dieu le Saint-Esprit dans ma vie
Sanctificateur :
Il n’y a de vraie sainteté que dans l’amour-charité. “Celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu demeure en lui” nous enseigne saint Jean. Mais il ne saurait y avoir de véritable amour surnaturel en nos âmes si Dieu lui-même ne déverse en elles le trop-plein de son propre amour. Or, on sait que l’amour en Dieu n’est autre que l’Esprit saint, la troisième personne de la très sainte Trinité qui procède des deux premières personnes par voie de spiration, par voie d’amour réciproque.
Vivificateur :
La sainteté que l’Esprit saint que l’Esprit nous communique n’est que l’épanouissement normal de la vie divine qu’il infuse en notre être. Tous les dimanches nous disons avec le prêtre : “Je crois au Saint-Esprit vivificateur”. Mais y croyons-nous pour le vrai ?
En fait si nous y croyions sincèrement, nous comprendrions beaucoup mieux comment l’Esprit saint est en réalité l’âme de notre âme. Nous savons tous que le baptême a effectué notre incorporation au corps mystique Mystici Corporis que l’Esprit saint est véritablement l’âme du corps mystique puisqu’il l’anime de la vie divine et qu’il est à la fois tout entier dans le corps et tout entier dans chacun des membres de ce corps. C’est dire que la vie de la très sainte Trinité nous est transmise en définitive par le Saint-Esprit.
C’est cette vérité qui a poussé saint Irénée à écrire cette pensée sublime : de même, dit-il, qu’en la Trinité sainte, la vie divine procède du Père au Fils et ensuite du Père au Fils au Saint Esprit, de même recevons-nous la vie de Dieu en nos âmes, quoique de façon contraire : les baptisés reçoivent l’esprit de Dieu qui les donne au verbe, c’est-à-dire au Fils, et le Fils les présente au Père lequel leur communique l’incorruptibilité.
Transformateur :
“L’action de l’Esprit saint dans nos âmes est si profonde que saint Paul l’appelle une “régénération”, une naissance nouvelle, une renaissance puisqu’une vie nouvelle et supérieure nous est communiquée.
Intercesseur :
Cependant le Saint-Esprit ne se contente pas de nous sanctifier, de nous vivifier et de nous transformer à l’image de Jésus ; Il joue un rôle bien particulier en notre faveur auprès du trône de Dieu : celui de paraclet, d’intercesseur. Ce divin intercesseur doit faire éclater la gloire de Dieu en témoignant de la vérité au plus intime des consciences. Il doit nous conduire tous vers la vérité totale pour la gloire de Jésus, l’envoyé du Père.
Et saint Paul nous assure que “l’Esprit saint vient aussi en aide a note faiblesse, car nous ne savons pas ce que dans nos prières nous devons demander ; l’Esprit saint lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables.” Après l’appui d’un tel intercesseur, nous pouvons avoir la certitude morale que Dieu notre Père nous entendra favorablement.
Conclusion : Puisque l’Esprit saint accomplit tant de travail dans nos âmes, n’est-ce pas honteux de voir combien peu nous pensons à lui, combien peu nous l’aimons ? Le temps est venu de prendre une résolution efficace pour restaurer en notre cœur l’autel de ce Dieu méconnu !
Le meilleur moyen de lui prouver notre dévotion envers lui serai de l’invoquer souvent au cœur de la journée pour implorer sa lumière et son secours, de lui demander avec insistance ses dons divins et ses fruits savoureux (surtout ceux de la sagesse et de la charité), enfin de le remercier pour l’œuvre secrète qu’il opère en nos âmes malgré notre ingratitude, notre insouciance et notre oubli !
“Venez Esprit saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour !”
EN BREF
https://mountroyalcem.com/fr/obituary/24113-jacques-tremblay/#/
SOCIÉTÉ: Nous travaillons de moins en moins
Par Benoît Voyer
8 novembre 2025
Le travail, au sens traditionnel du mot, tend à disparaître. Nous besognons de moins en moins. «Pourquoi continuer à appeler de ce nom cette occupation qui demande de nous une présence régulière, bientôt facultative d'ailleurs, en un lieu collectif où se tiennent des réunions et des échanges de messages et où s'accumulent des papiers qu'il faut remplir sous peine de fautes juridiques ou d'exclusion sociale?» questionne le philosophe Michel Serres, ancien membre de l'Académie française, un des responsables de l'acceptation des nouveaux mots de la langue française
Son interrogation se fonde sur les critères qui, selon lui, donnent du sens au mot travail.
Cinq sens du mot travail
Le travail est d'abord une force en déplacement. Traditionnellement, travailler voulait dire: creuser, hisser et frapper.
Il implique une lutte contre l'entropie, contre l'absence de l'espoir, c'est-à-dire qu'il va à l'encontre de la nature humaine.
Il produit des outils qui ont une fin. Il y a des lunes, l'homme taillait du silex pour chasser. Tailler avait une finalité comme le reste des gestes qu'il accomplissait.
«Le travail demande un emploi du temps défini pour déplacer des forces, lutter contre l'entropie croissante, l'absence de l'effort, et, quelquefois, pour façonner des objets. Il demande donc une certaine souffrance», dit Michel Serres.
Enfin, il suppose d'être à l'œuvre.
Suivant la logique de ces cinq sens, jadis l'humain travaillait. La majorité des métiers qui impliquent ces éléments sont disparus ou sont sur le point de ne plus faire partie du paysage.
Qui aurait cru! Des femmes au volant ...
«Je me souviens, […] combien conduire un poids lourd demandait de la force et du courage, car l'inertie de la cargaison l'emportait quelquefois sur les capacités de la machine au freinage et à l'entraînement sur des chemins en relief. Aujourd'hui, les commandes assistées demandent beaucoup moins de puissance. Il faut juste de l'habilité. Qui aurait cru, lorsque j'étais jeune, que des femmes piloteraient des monstres de plus de cinquante tonnes!», raconte l'homme aux longs sourcils blancs.
Aujourd'hui, les grues et les outillages mécaniques effectuent le travail à leur place. Quelle force déplace le journalier contemporain? Il produit toujours «autant d'énergie, mais seulement en salle de conditionnement physique!», blanguait-t-l.
Jadis et naguère, l'humain définissait sa fierté et son honneur en travaillant. Si le travail disparaît, en quels lieux l'humain retrouvera-t-il un sens à ce qu'il réalise au fil des jours?
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Cet article est une mise a jour de : Benoit Voyer. « Nous travaillons de moins en moins », Revue Sainte Anne, Septembre 2001, page 358
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: La liturgie dans le renouveau charismatique catholique
Pour bien situer le sens et l’importance du renouveau charismatique, il faut se reporter à cinquante ans en arrière. En effet, le renouveau biblique du début du siècle a grandement favorisé la connaissance et la compréhension de l’Écriture, non seulement chez les spécialistes en la matière, mais également dans le grand public. Les prises de conscience qui en ont résulté, ont largement contribué à des prises de position énergiques sur le plan de l’engagement chrétien personnel et communautaire. D’autre part, le renouveau liturgique, si brillamment amorcé à la fin du siècle dernier, a connu grâce au concile une véritable mise à jour et une application universelle qui a touché le cœur de la multitude. C’est dans cette ligne d’évolution du double renouveau biblique et liturgique que s’insère le phénomène maintenant connu sous le nom de “renouveau charismatique”.
Sous l’action de l’Esprit saint, les chrétiens cherchent à vivre et à exprimer leur foi d’une façon authentique en exigeant toutefois une grande liberté que les normes rituelles peuvent difficilement contenir. De plus, il faut bien comprendre que le renouveau charismatique n’est pas un épiphénomène pas plus qu’une expérience parareligieuse étrangère à l’ensemble de la vie chrétienne. Bien au contraire, c’est un retour vers le centre, une revitalisation, par le dedans, de la foi personnelle et communautaire, grâce à un ressourcement au dynamisme même de l’Église primitive.
Pendant cinq ans (le concile), le peuple de Dieu a supplié le Seigneur de “renouveler en notre temps les merveilles de la pentecôte”. Le Seigneur l’a exaucé bien au-delà de ce que tous pouvaient demander ou concevoir. Il nous reste maintenant à savoir quoi faire de ses trésors redécouverts et quel impact cette redécouverte doit produire sur l’ensemble de la vie liturgique de l’Église.
Deux questions se posent: I. Quels sont les éléments nouveaux que le renouveau charismatique peut apporter à la célébration liturgique? II. Pourquoi et comment ces éléments devraient-ils y être introduits?
I. Quels sont les éléments nouveaux que le renouveau charismatique peut apporter à la célébration liturgique?
1. La célébration liturgique de la messe;
2. La célébration liturgique de l’office divin;
3. La célébration liturgique des autres sacrements.
1. La célébration liturgique de la messe
Il faut d’abord se réjouir du fait que le concile Vatican II a revu d’une façon radicale le déroulement de la célébration eucharistique. Il a prévu des possibilités nouvelles de participation active, des choix plus variés de textes et la proposition concrète de quatre prières eucharistiques. Comme question de fait, le renouveau charismatique ne propose pas de modifier de quelque façon le cadre général de la célébration liturgique telle que régie par les normes et les rites approuvés. C’est plutôt en utilisant au maximum toutes les ressources de la liturgie que le renouveau charismatique permet de faire de chaque messe une expérience merveilleuse de rencontre avec le Seigneur, laissant à l’Esprit saint toute la place et le temps de se manifester selon son bon vouloir. Après tout, l’Esprit saint n’est-il pas l’âme de l’Église? Pour illustrer cet énoncé, permettez-moi de vous donner quelques exemples concrets.
Rite d’ouverture
En règle générale, la messe est précédée par une période d’adoration et de louange communautaire dont la durée peut varier de vingt à quarante minutes. C’est seulement après cette prise de conscience de la grandeur, de la majesté et de la sainteté de Dieu que le rite pénitentiel produit vraiment son maximum d’impact car, ce que signifie notre condition de pécheur et l’horreur du péché ressortent alors plus clairement. Il est assez fréquent même que les participants fassent spontanément des aveux publics de leurs misères et demandent pardon à la communauté d’avoir retardé ou compromis son avancement spirituel. Au lieu d’expédier ce rite pénitentiel “en deux temps, trois mouvements”, c’est une véritable expérience de conversion que l’on constate chez les fidèles. Dès lors, les invocations: “Seigneur, prends pitié! O Christ, prends pitié! Seigneur, prends pitié!” sont chantées avec des accents de sincérité et une résonnance d’authenticité qu’on n’avait pas connue auparavant.
Le climat est maintenant mûr pour accueillir la Parole de Dieu dans un silence de respect et un accueil cordial. J’ai constaté depuis cinq ans que les textes du lectionnaire collent à la réalité d’une façon étonnante sans qu’on ait besoin de chercher à gauche et à droite d’autres textes – profanes ou sacrés - qu’on peut estimer plus substantiels. N’oublions jamais que c’est l’Esprit saint qui a inspiré ces textes et qui fournira l’éclairage voulu pour voir leur incidence et leur application dans le vécu de la célébration. Je ne veux pas dire, pour autant, qu’on ne doive pas, a l’occasion, sélectionner d’autres textes, mais en règle générale, ce n’est pas nécessaire, car la richesse des textes prévus répond amplement aux besoins spirituels de l’assemblée. Il arrive assez souvent Mais il s’ensuit un nouveau besoin d’éclatement joyeux, et spontanément l’assemblée se met à chanter. Quel que soit le style de messe, le psaume de méditation est accompagné d’un chant d’un “alléluia” très rythmé, et de battements de mains pour signifier la joie intérieure produite par la proclamation de la Parole.
C’est au moment de la prière des fidèles que sont formulées les demandes explicites de l’assemblée. Plusieurs se contentent de transmettre ces demandes par écrit, d’autres formulent oralement leurs requêtes, d’autres enfin, les plus handicapés, sont assis dans le sanctuaire, face aux fidèles, et leur seule présence physique est une imploration au Seigneur. C’est le président qui résume en quelque sorte les diverses demandes en s’adressant à Dieu le Père avec la certitude de foi qu’elles sont toutes exaucées puisque ces demandes sont faites au nom puissant et efficace de Jésus Christ.
Le rituel de l’offrande suit le déroulement prévu par les normes liturgiques, mais les chants qui l’accompagnent sont à la fois bien choisis et exécutés avec enthousiasme, car chacun a la plus vive conscience que c’est sa propre personne qu’il offre à Dieu en sacrifice de louange.
Récit de l’institution Après de récit de l’institution - la consécration - un silence profond enveloppe l’assemblée dans un acte d’adoration qui se prolonge une minute ou deux, puis, spontanément c’est un chant en langues qui s’élève vers le ciel. Ce chant commence par un simple murmure à mi-voix et s’amplifie dans un crescendo très harmonieux ou chacun chante sa propre mélodie dans une langue distincte, le tout exécuté en accords parfaits pour ensuite s’atténuer progressivement en un murmure de contemplation, et s’arrêter en même temps sans aucun signal du président de l’assemblée. C’est ce qu’on appelle “chanter dans l’Esprit” - ces cantiques spirituels et inspirés dont nous parle saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens.
L’acclamation eucharistique prend un relief jusqu’alors insoupçonné et l’assemblée est profondément consciente de la dimension prophétique du dernier verset : « Nous attendons sa venue dans la gloire », qui renvoie spécifiquement à l’éclatante parousie du Seigneur, Jésus Christ. A la conclusion de la prière eucharistique, c’est par des « amen » et des « alléluias » que l’assemblée démontre son assentiment libre et joyeux a la proclamation « Par lui, avec lui et en lui, a toi, Dieu le Père Tout-Puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles ».
Notre Père
Le « Notre Père » fournit l’occasion de manifester visiblement les liens qi nous unissent dans le corps mystique dont le Christ est la tête, par le geste très simple des mains reliées en chaine lors du chant de cette prière que Jésus lui-même nous a enseignées. Beaucoup de participants font la remarque que ce geste fraternel les conduit fréquemment à poser des actes concrets de réconciliation. Cela dispose admirablement au baiser de paix qui suit de près ce moment liturgique. Le baiser de paix ne consiste pas en une simple poignée de main presque indifférente, mais en des accolades sincères et vraies, conformes au précepte de Paul : « Embrassez-vous les uns les autres d’un chaste et saint baiser » (1 Th 5,26).
Le moment est venu enfin de communier au corps et au sang du Christ, et toutes les fois que c’est physiquement possible nous offrons la communion sous les deux espèces. Notre expérience, depuis cinq ans, nous autorise à dire que c’est lors de la communion que commencent la plupart des guérisons, des délivrances, des conversions et des réconciliations qui seront mises en évidence durant le ministère charismatique après la messe. Le contexte de la communion exige des chants appropriés pour intérioriser le plus possible cet événement majeur de la rencontre personnelle de l’homme avec son Dieu et son sauveur. Généralement, un silence prolongé suit la communion, après quoi les participants formulent spontanément leurs actions de grâce, le tout culmine par un nouveau jaillissement de chants en langues dont l’interprétation alimente souvent une prophétie, une parole de sagesse ou une parole de sciences qui rejoindra vraiment en profondeur toute l’assemblée.
On peut détailler comme suit l’objet et la nature de ce ministère particulier exercé dans la puissance de l’Esprit saint:
2. Prière pour les guérisons physiques, suivie d’un témoignage concret par les personnes touchées par la puissance de Dieu.
3. Prière pour les guérisons du cœur, de l’âme et de l’esprit et délivrances de toutes sortes (alcooliques, narcomanes, obsédés sexuels et autres, etc.).
4. Prière pour les couples en difficultés (réconciliation, compréhension et pardon).
5. Prière pour les jeunes qui sont toujours très nombreux dans les rencontres de prières.
6. Prière pour ceux qui souffrent de leur solitude (veuves, célibataires, séparés, divorcés, etc.)
7. Toutes autres prières exigées par les besoins spécifiques de telle ou telle situation de vie exprimée par les membres de l’assemblée.
La bénédiction par tous les prêtres présents et le renvoi avec les voeux de paix et de joie que seul le Christ peut donner, terminent la célébration. Il est évident qu’une telle célébration eucharistique ne peut se faire en trente-cinq ou quarante minutes, mais, si étrange que cela puisse sembler, après trois heures, les participants refusent de se disperser et fraternisent encore une demi-heure ou trois-quarts d’heure soit en des petits groupes de prière, soit auteur d’une collation, soit dans un échange d’impressions ou règne une note caractéristique: l’émerveillement devant la gloire manifeste de Dieu dont on a été témoin et dont on se fera le messager dans les jours qui vont suivre. Bien que ces réunions se tiennent à Granby le lundi soir, il n’y a jamais moins de 900 personnes et parfois l’assistance s’élève à douze cents, voire à quelques milliers en des circonstances plus solennelles. Il est plus étrange encore qu’on vienne et revienne malgré le manque d’espace, la chaleur intense et l’incommodité de passer trois heures debout dans une foule aussi dense. Certes, ce n’est pas là l’œuvre des hommes mais uniquement de la puissance de Dieu.
La célébration liturgique de l’office divin
C’est après quinze ans de sacerdoce et vingt-deux ans de vie religieuse que j’ai découvert et compris le vrai sens de l’office divin. Comme elle est vraie cette parole de sagesse qui affirme que “le chemin le plus long à parcourir est celui qui va de la tête au cœur”. En effet, j’ai toujours été fidèle à réciter mon bréviaire quotidiennement et généralement j’assistais à l’office au chœur. Mais, je dois affirmer que cette lecture quotidienne des psaumes ne nourrissait pas ma spiritualité et ne se situait pas dans une relation vivante et vécue avec la célébration de la sainte messe.
Très rapidement, j’ai compris, pour moi-même, et j’ai constaté chez les autres l’enrichissement prodigieux de la vie spirituelle grâce au ressourcement biblique opéré par la méditation des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels. L’office enfin devenait vivant et contribuait à mettre en évidence “la grâce du jour” déjà exprimée dans la liturgie de la messe. Des liens de plus en plus profonds se tissaient entre l’office et la messe, le premier préparant admirablement la seconde et la seconde prolongeant admirablement le premier. C’est alors que je me suis inséré de plus en plus dans une nouvelle dynamique spirituelle résultant de l’interaction de ces deux pôles de ma vie quotidienne et me permettant d’exercer intégralement dans un climat de foi favorable mon ministère de prédication.
Au fond, la méthode est fort simple et point n’est besoin d’être grand clerc en Israël pour en comprendre le fonctionnement. Chaque hymne, chaque psaume, chaque cantique et chaque extrait de la Parole de Dieu est suivi d’un silence plus ou moins long qui vise à intérioriser un ou deux versets du passage récité. Ces paroles inspirées sont goutées et savourées par le cœur et l’esprit et donnent naissance à une prière spontanée d’adoration, de louange, d'action de grâce ou de demande. Les divers participants offrent à leur tour une prière spontanée nourrie aux mêmes sources selon les mots ou les versets qui les ont frappés. Ainsi, en se mettant à l’écoute les uns des autres, nous finissons par découvrir communautairement la richesse substantielle de chaque passage récité.
L’évangile nous dit clairement de juger l’arbre a ses fruits et c’est pourquoi je voudrais brièvement mettre en évidence quelques un des fruits constatés au cours de diverses expériences d’office divin vécues depuis trois ans.
1- Une communauté qui se bâtit dans la prière:
Chaque retraite représente le même problème: des gens qui ne se connaissent pas et qui se trouvent juxtaposés les uns aux autres pour vivre une expérience spirituelle. Assez souvent, ces personnes viennent de milieux différents, elles sont de cultures et de cheminements spirituels fort variés. Durant les deux premiers jours, chacun est encore timide et n’ose pas se compromettre devant les autres dans un effort de communion individuelle avec Dieu. Au fur et à mesure que l’expérience de prière se développe, voici que la communauté se forme, que les liens s’approfondissent et qu’une unité se dessine jusqu’à l’évolution définitive d’une unité organique ou la contribution de chacun sert à édifier le tout. Après quatre ou cinq jours, la présence des autres devient indispensable à la prière et on ne se sent bien qu’en priant ensemble puisque le Seigneur passe par l’autre pour rejoindre chacun. Voilà ce qu’on appelle l’émergence de la communauté de foi dans les doux liens de l’Esprit.
Il est fascinant de voir se concrétiser sous nos yeux l’exactitude de ce Paul écrivait aux Corinthiens: “A l’un est donnée une parole de sagesse, a l’autre une parole de science, a un autre la prophétie, a un autre le discernement des esprits, a un autre le don des langues, a un autre, le donc de l’interprétation selon le même Esprit”. C’est exactement ce qui se vérifie dans l’office divin récité selon le mode charismatique. Et je constate souvent que l’Esprit saint manifeste un sens de l’humour qui a parfois quelque chose de cocasse. Il n’est pas rare que ce soit celui dont on s’y attendait le moins qui profère soudain une prophétie étonnante. Le groupe en est d’abord surpris, puis admire profondément celui qui a eu la simplicité et l'audace de livrer cette prophétie. Le sujet s’en trouve alors singulièrement valorisé au sein du groupe. Il arrive encore que deux personnes ayant vécu quelques malentendus ou quelques conflits durant la journée précédente se trouvent maintenant liées dans une expérience charismatique ou le premier reçoit un message en langues et le second l’interprétation. Quel drôle de moyen d’opérer des réconciliations par l’action directe de l’Esprit! Puis, c’est un troisième qui demande à la communauté priante d’intercéder pour sa guérison, et voici que quatre ou cinq personnes s’offrent à lui imposer les mains. C’est la complémentarité des charismes qui fait croitre la communauté dans l’Agape: “Le pied ne peut dire à l’œil, je n’ai pas besoin de toi, ni la main dire à la bouche, je n’ai pas besoin de toi”. Très rapidement, chacun a besoin des autres pour recevoir la plénitude des grâces voulues par le Seigneur pour toute la communauté de foi: “Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum!”
Dans la mesure même ou l’action de Dieu rapproche les membres de la communauté et révèle, tantôt par l’un tantôt par l’autre, ses divers messages d'amour, une explosion de joie se constate au sein du groupe et tend à s’intensifier jusqu’à la fin de la retraite. Les uns pleurent de joie parce qu’ils reçoivent enfin une paix qui dépasse tout entendement, une libération depuis longtemps attendue ou une guérison qu’on n’attendait plus. Les autres pleurent de tendresse ou d’amour parce qu’ils viennent de gouter et de savourer pour la première fois l’amour personnel que Dieu leur porte et vient tout juste de leur révéler. D’autres encore peuvent à peine retenir un rire contagieux parce qu’ils viennent d’être soulagés d’un poids énorme soit dans leur cœur, soit dans leur esprit. La tristesse s’envole pour faire place à la joie. Ce curieux mélange d’eau jaillissante et de soleil riant dessine dans l’atmosphère des arcs-en-ciel radieux: “Vers toi, terre promise, le peuple de Dieu tend les bras...”
C’est l’alliance vécue existentiellement, c’est un peuple de ressuscités qui rayonne de joie pascale, c’est un peuple de sauvés qui sait se réjouir du salut, et je n’ai pas encore mentionné ces bonnes bouffées de rire frais lorsqu'un message ou une prophétie tombe pile pour réjouir le cœur des croyants. Oh qu’il tarde au cœur de Dieu de voir cette joie spirituelle couler comme un fleuve dans tous les cloitres du mode!
Entre l’arrivée et le départ des retraitants, il se dessine une courbe ascensionnelle qui va de la pieuse indifférence a l’amitié spirituelle. Au début, la plupart sont figés, refermés sur eux-mêmes, désireux d’entretenir une relation intime et personnelle avec Dieu. La communauté n’existe pas encore. Mais l’action de l’Esprit commence à faire fondre les neiges, les frimas et les glaciers. De cette fonte graduelle coule un tout petit ruisseau qui ira s’élargissant jusqu’à former un fleuve d’authentique fraternité dans l’unité de l’Esprit. Chacun devenant conscient de la prière des autres sort des frontières étroites de son “moi”. Il s’ouvre petit à petit au “toi” douloureux de l’autre et il se forme un premier “nous” de partage. Jour après jour, le “nous” se développe et, dans la prière, le “nous” grandit à la dimension d’un “nous” global qui se nomme communauté. Les relations interpersonnelles passent insensiblement de la “philia” a “l’agape” sous la mouvance discrète de l’Esprit saint. Finalement, chacun porte la communauté dans sa prière et la communauté porte chacun dans la sienne. Comment ne pas s’aimer comme des frères quand de l’un on a reçu un message spirituel, de l’autre une prophétie, d’un troisième une guérison, d’un quatrième une délivrance, d’un cinquième une parole de sagesse et d’un sixième une parole de science. Ce type d’unité dépasse tout ce que la psychologie et la dynamique de groupe peuvent produire de mieux. Tous se mettent à vivre exactement ce que Jésus disait: “Aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés”. Les frustrations cèdent le pas aux consolations, les tensions aux détentes, les conflits aux réconciliations, les complexes aux délivrances. Comme il est bon de vivre sous le regard aimant d’un Dieu qui se nomme “agape”. Le plus étrange c’est que les mêmes personnes qui s’ignoraient mutuellement le dimanche soir éprouvent un vrai déchirement de se quitter le samedi suivant. “O admirabile commercium”...” Voilà brièvement ce qui se produit quand l’office divin est rénové par les charismes de l’Esprit en moins d’une semaine. Imaginez la révolution communautaire qui résulterait de l’office divin célébré ainsi tout au cours d’une année!
L’expérience des moine bénédictins de Pecos illustre bien ce que peut produire une liturgie vivante dans une communauté chrétienne élargie. Ce monastère fut construit a la demande explicite de son exc. Mgr Davis a la condition expresse que huit moines charismatiques en assurent le fonctionnement pastoral. En moins de trois ans, ce monastère devint un des hauts lieux du renouveau charismatique américain presqu’uniquement en raison de la qualité des offices religieux qu’on y célèbre. A l’époque, il n’y avait pas encore de retraites prêchées, mais le public n’a pas tardé à affluer de toutes parts parce que l’Esprit de Dieu touchait les assistants uniquement par la récitation de l’office et la célébration de la messe. Dès le début, des manifestations étonnantes ont commencé à toucher le cœur de ceux qui fréquentaient la chapelle durant les offices. Certains furent guéris spontanément sans impositions des mains. D’autres furent convertis par l’onction spirituelle du chant liturgique et de la charité fraternelle des moines entre eux. Puis ce furent les prophéties qui s’adressaient, bien sûr, aux membres de la communauté, mais qui répondaient en même temps aux besoins d’un pèlerin de passage. Les foules commencèrent à devenir plus denses; Ce fut alors le clergé diocésain qui se pressa au monastère pour se confesser et pour vivre quelques heures dans le climat vivifiant de l’église abbatiale. Finalement, ce sont des centaines de jeunes qui sont accourus à l’Abbaye Notre-Dame-de-la-Guadeloupe. Vivant sous la tente ou à la belle étoile pour gouter la joie de vivre dans la présence de Dieu manifestée dans la puissance du Saint-Esprit.
Quand on ose laisser libre cours à la puissance de l’Esprit, les signes et les merveilles se multiplient pour attester au peuple de Dieu que Jésus Christ, le ressuscité, est toujours vivant et vrai, le même aujourd’hui qu’hier et à jamais. Plaise à Dieu que tous les monastères, toutes les communautés retournent ainsi à ces sources pour que le peuple de Dieu soit réjoui et pacifié par les torrents d’eau vive qui coulent déjà du côté du Temple. Rien d’étonnant qu’une telle présence d’Église ranime, revigore et vivifie non seulement un diocèse mais un pays tout entier. Quand donc le Canada aura-t-il son Pecos bien-aimé?
3.La célébration liturgique des autres sacrements
Après avoir traité de la célébration liturgique de la messe et celle de l’office divin, il est opportun de dire un mot de la célébration liturgique des autres sacrements en relation avec les enrichissements suggérés par le renouveau charismatique. De toute évidence il est impossible de traiter de tous les sacrements dans le cadre de cet article. C’est pourquoi je me limiterai seulement à trois d’entre eux :
B- Le sacrement des malades;
C- Le sacrement de confirmation.
Dans le cadre du renouveau charismatique, ce sacrement a connu un renouvellement pratique très encourageant. On sait déjà combien ce sacrement est désaffecté, surtout dans son usage privé. La tendance actuelle est vers la célébration communautaire pas toujours très bien comprise ni même bien exercée dans divers milieux. Je ne veux pas insinuer par la que je m’oppose à la pratique de la liturgie pénitentielle communautaire puisque cette forme fait prendre conscience de la dimension ecclésiale du péché. Cependant, il me semble très dangereux que cette pratique, louable en soi, se substitue à la confession privée.
Il faut accorder au pénitent le temps et le climat de confiance mutuelle pour favoriser l’ouverture du cœur et le récit circonstancié de ses divers problèmes. Durant cet entretien, l’Esprit saint est à l’œuvre aussi bien chez le pasteur que chez le pénitent pour que s’exerce le discernement spirituel requis dans l’exercice de ce sacrement particulier. Peu a peu, le pénitent prend conscience qu’il est le terrain d’un combat spirituel ou s’exercent trois influences concomitantes : celle de Dieu, celle de la nature humaine blessée par le péché et celle des esprits de ténèbres. Grace au discernement spirituel, le prêtre et son pénitent peuvent délimiter assez clairement ce qui relève de chacun de ces facteurs dans le problème concret de ce qui relève de chacun de ces facteurs dans le problème concret de vie soumis au pouvoir sacramentel. L’importance de ce charisme ne peut être exagérée puisqu’il faut trouver des solutions pratiques bien équilibrées et pastoralement efficaces. Le résultat final de cette démarche de foi permet ainsi de mieux saisir la miséricorde infinie de Dieu, la véritable responsabilité du pécheur et les incursions sournoises de l’esprit malin. Le pénitent en éprouve toujours un grand soulagement, une vive espérance et un nouveau départ dans sa vie d’amour avec l’Éternel.
Le charisme particulier de la parole de science est d’un sérieux secours dans l’exercice du sacrement de réconciliation. Sous la mouvance de l’Esprit, le prêtre identifie clairement la vraie cause du malaise souventes fois ignorée du pénitent lui-même et jusque-là non connues du ministère.
Mais l’expérience va encore plus loin puisque l’Esprit saint suscite, dans le cœur et l’esprit des deux participants, la découverte savoureuse de l’amour miséricordieux du Seigneur à travers le vécu pénible du péché dévastateur.
Plusieurs prêtres font la merveilleuse découverte que le sacrement de pénitence ne vise pas seulement l’absolution des péchés commis, mais aussi la délivrance des chaines et des entraves qui tiennent le pécheur dans la captivité de ses passions incontrôlables. En effet, le but du sacrement est d’opérer la rupture profonde des liens qui retiennent le pécheur dans l’habitude tyrannique qui le replonge dans son péché : « Je fais le mal que je ne veux pas faire et ne peux faire le bien que je voudrais faire ». C’est surtout dans le cas des péchés d’habitude que ce ministère est efficace : alcoolisme, narcomanie, déviation sexuelle, vol et violence.
Un autre aspect indispensable du sacrement de pénitence concerne la guérison du cœur, de la mémoire et de l’esprit. Jésus est venu sur la terre des hommes et s’est offert en sacrifice au calvaire, non seulement pour le salut mais aussi pour la guérison radicale de l’homme-pécheur : « C’est par son sang que nous sommes sauvés et par ses plaies que nous sommes guéris. »
Tout en se réjouissant de la nouvelle discipline sacramentelle adoptée par l’Église dans l’administration du sacrement des malades, il faut admettre qu’on n’insiste pas suffisamment sur l’aspect de la guérison physique comme conséquence de l’imposition des mains et de l’onction sacramentelle. Exerçant depuis cinq ans le ministère de guérison, j’ai pu constater l’efficacité remarquable de la foi personnelle et communautaire implorant la guérison des malades même atteints de maladies incurables.
Dans le contexte sacramentel actuel, le sacrement de confirmation est séparé, dans le temps, des deux autres sacrements initiatiques: le baptême et l’eucharistie. Cette pratique ne reflète pas la coutume de l’Église primitive et s’est imposée tardivement pour diverses raisons historiques que je ne peux développer dans le cadre restreint de cet article. Cependant, il me parait urgent et nécessaire qu’une pastorale de la confirmation articule les relations essentielles entre ces trois sacrements de l’initiation chrétienne.
Il est dommage qu’un courant légaliste et ritualiste ait dépouillé plusieurs sacrements de leur richesse originelle. On a été si longtemps préoccupé de la validité et de la licéité de chaque sacrement qu’on a fini par perdre de vue les autres effets tellement bénéfiques a la vie générale de toute l’institution. C’est pourquoi il faut revenir a une réflexion théologique qui réintégrerait par synthèse ce qui a été dilapidé par l’analyse hypercritique. Paul VI lui-même ne déclare-t-il pas en date du 6 juin 1973 : « A la christologie et spécialement a l’ecclésiologie du concile doivent succéder une étude nouvelle et un culte nouveau a l’Esprit saint, précisément comme complément indispensable de l’enseignement du concile ».
Il faudrait peut-être commencer par clarifier la finalité spécifique de ce sacrement pour savoir précisément a quel on devrait le conférer. Convient-il de confier a un enfant de sept ou huit ans une responsabilité communautaire de service et de témoignage qui, par ailleurs, fait appel a une maturité d’adulte engagé? Puisque ce sacrement se veut une initiative a la vie publique de l’église et une députation sérieuse au ministère du laïcat, ne serait-il pas opportun de reporter la confirmation soit à douze ans comme chez les Juifs, soit à dix-huit ans, âge de responsabilité légale, soit à vingt-et-un ans, âge de maturité adulte? Cette question est extrêmement importante puisqu’elle conditionne à la fois la pédagogie et le contenu de la pastorale préparatoire a la réception de ce sacrement spécialisé. A la lumière de cette simple considération, on peut comprendre facilement toute la différence d’approche à prévoir avant d’admettre quelqu’un a la confirmation d’une façon libre, responsable, consciente et informée.
Il apparait aussi évident que le jeune confirmant ignore en grande partie tout ce que ce sacrement peut lui apporter de force et d’audace dans l’accomplissement de son mandat communautaire. Bien sûr, on lui dit qu’il recevra le caractère sacramentel grâce a l’action personnelle du Saint-Esprit et on lui explique en quoi consiste chacun des sept dons spirituels. Mais, on le laisse dans la plus complète ignorance des charismes du Saint-Esprit et des ministères charismatiques auxquels il a accès et on le prive alors de l’information et de la formation la plus importante quant aux conséquences pratiques de ce sacrement d’initiation.
En effet, les dons du Saint-Esprit constituent la source fondamentale et permanente de l’agir charismatique et ce sont précisément ces dons que l’Esprit saint surélèvera de façon transitoire pour qu’ils se manifestent extérieurement pour prendre alors le nom de « charismes ». A titre d’exemple, le don de sagesse qui, lui, est reçu comme un habitus permanent, devient « parole de sagesse » lorsqu’il est mu transitoirement par le Saint Esprit en vue d’apporter à la communauté de foi un énoncé capable de faire gouter et savourer la miséricorde, la bonté, la tendresse ou l’amour de Dieu. Un autre exemple qui le fera comprendre touche le don de force. Ce don permanent dote le cœur et l’esprit du croyant d’une disponibilité habituelle d’être mus par la puissance même du Saint-Esprit; lorsque l’Esprit saint actualise ce don, il se manifestera sous la forme d’un des deux charismes : soit le don de guérison, soit le don de miracles et ainsi de suite pour chacun des sept dons du Saint-Esprit.
Quant aux ministères charismatiques qui, disons-le tout-de-suite, peuvent être exercés par les laïcs, les religieux, les religieuses aussi bien que par les prêtres, il importe de savoir qu’ils doivent s’exercer en toute liberté dans l’Église et dans le monde en s’insérant dans la structure charismatique de l’Église en vue de fonctions bien spécialisées. Or, jusqu’à quel point le jeune confirmant est-il formé et informé du rôle et de la fonction de chacun de ces ministères dans le futur exercice de son apostolat ecclésial? De plus, un enfant de sept ou huit ans peut-il absorber un tel enseignement de façon valable et opérationnelle? La pastorale sacramentelle a-t-elle, jusqu’à ce jour, envisagé ces problèmes de façon honnête et courageuse? Saint Paul ne disait-il pas aux chrétiens de Corinthe : « Pour ce qui est des dons spirituels, frères, je ne peux pas souffrir de vous voir dans l’ignorance » (Co 12,1).
Il nous reste à dire un mot sur le témoignage et le service communautaire qui serait normalement la conséquence immédiate du sacrement de confirmation. Dans les Actes des apôtres, au chapitre 1, Jésus affirme : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux confins de la terre » (Ac 1,18). Or, il est évident que les chrétiens confirmés sont en général extrêmement timides lorsqu’il s’agit de témoigner publiquement de leur foi. Et l’expérience de la pastorale paroissiale met en évidence la difficulté que ces mêmes chrétiens confirmés éprouvent à s’engager a fon au service de la paroisse. Tous les curés seront d’accord pour reconnaitre que ce sont toujours les mêmes paroissiens qui œuvrent dans tous les mouvements et même ceux-là qui s’engagent avec tant de bonne volonté n’ont certes pas l’audace d’aller jusqu’au bout des exigences de leur foi dans le cadre pourtant limité de l’apostolat paroissial. A mon avis, la face de la terre ne sera jamais changée par ces tentatives timides et ces engagements restreints.
Finalement, je puis dire qu’il m’est arrivé une seule fois dans les cinq dernières années d’assister à une confirmation ou l’imposition des mains de l’évêque a été suivie d’une explosion en langues chez les nouveaux confirmés. Pourtant, saint Paul se basait sur le phénomène des langues et de la prophétie pour avoir l’assurance que son ministère apostolique avait produit tous ses fruits. Pour être honnête, je dois avouer que l’évêque en question a été tout aussi étonné que l’assistance présente à ce moment-là. Il était clair que ce n’était pas pratique courante dans son ministère épiscopal. Après la cérémonie, l’évêque, surpris et heureux à la fois, s’informa du nom de ceux qui avaient préparés ces jeunes a la réception de ce sacrement. Il comprit alors la raison de cet événement particulier puisque les trois responsables de la formation pastorale a la confirmation n’étaient autres que trois charismatiques embrasés des feux de pentecôte. Certes, il s’agit d’un événement isolé qui ne peut démontrer grand-chose, mais il appert que des enfants peuvent être sensibilisés suffisamment aux charismes du Saint-Esprit pour recevoir, dans le cadre de l’acte sacramentel, l’effusion ou le baptême dans le Saint-Esprit.
Par ce dernier exemple, je ne veux absolument prétendre qu’il existe une équivalence absolue entre le sacrement de la confirmation et le baptême dans le Saint-Esprit. Une telle affirmation serait fausse et conduirait à des conclusions plus fausses encore. Mais ce que j’ai voulu mettre en évidence, c’est qu’il n’existe pas d’opposition entre ces deux réalités expérientielles et qu’il peut arriver que ces deux expériences coïncident parfois dans une même démarche de foi. Le cardinal Suenens aime beaucoup parler des « surprises du Saint-Esprit » qui agit souvent de façon imprévisible et j’ose même dire « cocasse ». Mais de tels événements devraient nous remettre assez en question pour nous ouvrir des horizons nouveaux et stimuler notre créativité pastorale à accueillir les interventions de l’Esprit saint avec gratitude et joie spirituelle. Toute pastorale trop rigidement programmée empêche même la manifestation possible de l’Esprit divin. N’ayons pas peur de laisser quelques espaces vides pour donner la chance a l’Esprit de dire son mot et de faire irruption dans le programme au risque même de le bousculer. Rien ne réussit mieux que la désorganisation imprévue de nos catéchèses provoquées et voulues par l’intrusion inattendue du paraclet, a moins qu’on estime que cet « intrus divin » est de trop dans le curriculum équilibré de notre pastorale catéchétique.
Tiré de: Liturgie et vie chrétienne, no 90, octobre-décembre 1975, pp. 294 à 320. Revue conservée a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (P049)
HISTOIRE: Les origines de la Saint-Jean-Baptiste, ancêtre de la fête nationale du Québec
Par Benoit Voyer
7 novembre 2025
Le 24 juin, la traditionnelle fête du solstice d'été est célébrée depuis l'Antiquité par les druides. Afin de christianiser cette solennité, l'Église a jadis sanctifié cette journée en la mettant sous le patronage de Jean-Baptiste, le cousin du Christ qui exhortait son peuple à la conversion. Déjà au temps des druides, les festivités se terminaient par un grand feu de joie.
En allant habiter les terres du Nouveau Continent, les Français ont emporté avec eux cette vieille tradition.
Cependant, la célébration a gagné une nouvelle popularité avec la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) à Montréal (1834) et à Québec (1842).
Grâce à la propagande de la SSJB, la célébration de la Saint-Jean-Baptiste est rapidement devenue la fête de la nationalité canadienne-française.
Le 20 novembre 1907, Adélard Turgeon, président de la SSJB de Québec, envoie une lettre à Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec (de 1898 à 1925), en séjour à Rome. Il lui demande de réaliser un vœu qui lui est cher, soit la promulgation officielle du fils d'Élisabeth au titre de patron de la race franco-canadienne.
« Je m'empresse de dire que ma démarche toute personnelle me semble à moi-même bien hardie dans une question de cette importance, mais je suis sûr que si la chose est jugée nécessaire, il sera facile d'obtenir les plus hautes et les plus puissantes adhésions à ce projet parmi les concitoyens canadiens-français », écrit Adélard Turgeon.
L'archevêque de Québec intercède en faveur du demandeur auprès du Saint-Père. Le 10 mai 1908, il annonce la bonne nouvelle aux membres de son clergé et demande que celle-ci soit faite au prône de chacune des messes du diocèse.
« Cet acte de bienveillance du Souverain Pontife augmentera encore cette dévotion, et nous attachera davantage à la religion et aux traditions de nos pères. La religion a déterminé les événements qui ont donné naissance à notre race, elle a été notre force aux jours difficiles de notre histoire, elle a été partout et toujours l'infatigable champion de notre nationalité », rédige-t-il dans sa « circulaire au clergé ».
Le bref de Pie X, signé par le cardinal Merry del Val, secrétaire d'État du Vatican, le 25 février 1908, stipule que « C'est pourquoi – et Nous voudrions que cela soit pour le plus grand bien, pour le bonheur et la prospérité de l'Église canadienne et de tous les catholiques de ce pays –, par Notre autorité suprême et par les présentes (…), Nous établissons, Nous constituons et Nous proclamons saint Jean-Baptiste patron spécial auprès de Dieu des fidèles franco-canadiens, tant de ceux qui sont au Canada que ceux qui vivent sur une terre étrangère ».
C'est ainsi que saint Jean-Baptiste est officiellement devenu le patron de la nation franco-canadienne.
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Cet article est une mise à jour de : Benoit Voyer. « Les origines de la Saint-Jean-Baptiste », Revue Sainte Anne, Juin 2003, pages 253 et 254.

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