24 novembre 2025

POLITIQUE: Pour Éric Zemmour, la France sans le christianisme n’est plus la France

Pour Éric Zemmour, la France sans le christianisme n’est plus la France

Par Benoit Voyer

24 novembre 2025

Il est minuit moins cinq. Devant les envahisseurs venus de partout, s’il n’y a pas un retour à ses racines judéo-chrétiennes, la France disparaitra. Il en va de même pour plusieurs pays d’Europe et du Québec. « L’Église a fait les rois, qui ont fait la nation, qui a fait la République », écrit Éric Zemmour.

En lisant son livre qui vient de paraître chez Fayard, « La Messe n’est pas dite », le fondateur de Reconquête en 2021, une formation politique de mouvance conservatrice, et candidat à la présidence française, on a l’impression qu’il marche sur les traces de Louis-Philippe Lamartine qui, lors de la Révolution de 1848, écrivait dans « L’Histoire des Girondins » : « Chaque fois qu’une théorie est contraire au salut de la société, c’est que cette théorie est fausse, car la société est la vérité suprême ».

Éric Zemmour explique : « Nous avons depuis trop longtemps cru qu’on défendait la liberté individuelle en oubliant la survie de nos pays et la pérennité de notre identité culturelle. Si celle-ci s’effondre et disparait de nos contrées, c’est justement cette liberté individuelle qui disparaîtra avec elle, car elle en est le produit. »

Puisque « la manière dont est raconté un événement historique est plus déterminante que l’événement lui-même », avant de développer son plaidoyer, il raconte à sa manière l’histoire du christianisme et de sa sœur aînée, le judaïsme, depuis l’époque du livre de Samuel jusqu’aujourd’hui en passant par un certain Jésus, dit le Judéen, originaire de Bethléem et de Nazareth. Son récit est juste et rafraichissant. Il est rare de lire l’histoire des chrétiens racontée par un membre de la prospère communauté juive sépharade d’Algérie. D’ailleurs, Zemmour veut dire en langue berbère « Olivier ».

Il ne passe pas par quatre chemins : « Comme souvent, notre avenir est écrit dans le passé. Soit le christianisme occidental continue d’imiter, mille ans après le christianisme oriental, et il tombera sous le joug islamique, quelle que soit la forme politique que prendra cette tutelle. Soit, au contraire, il s’inspirera des leçons qu’ont tirées ces pays d’Europe centrale de leur passé sous domination ottomane ainsi que de leur existence précaire de « petite nation », et ils se réveilleront enfin de leur mauvaise conscience et de leur sentiment de culpabilité », parce qu’à ses yeux la gauche woke qui se montre ouvertement en faveur de l’islamisation de l’Occident en propageant l’idéologie du multiculturalisme, contribue à faire se sentir constamment coupable de tout la majorité de culture chrétienne.

D’ailleurs, il explique que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales et que les islamistes sont des conquérants qui veulent établir sur la planète des États islamiques en chassant de leurs terres les infidèles. L’islam a des visées politiques et use de tous les moyens afin de parvenir à ses fins. La colonisation des esprits est un moyen. S’en prendre à des églises chrétiennes et des synagogues en les pillant et en y mettant le feu en est un autre.

Zemmour le rappelle : « Dans la tradition islamique, toute terre sur laquelle est édifiée une mosquée est considérée aussitôt comme « terre d’Islam ». Acquise au culte et donc à la civilisation musulmane. Occupée. Colonisée ».

Parlant de colonisé, il est bon de se rappeler la célèbre citation de l’ancien président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, à ses compatriotes qui se plaignaient du colonisateur français : « Pour être colonisé, il faut être colonisable ».

Pour Éric Zemmour, « la seule solution est d’appliquer la laïcité dans toute sa rigueur […], celle qui prévoit un devoir de discrétion dans l’espace public et qui doit donc interdire tout signe religieux, comme le voile, non seulement à l’école, mais aussi à l’université, au travail, dans la rue elle-même ». Et il faut qu’on revienne au judéo-christianisme et, surtout, qu’on cesse de craindre de s’afficher ainsi, car, reprenant André Suarès, « les Français, qu’ils aillent ou non à l’église, ont les Évangiles dans le sang ». La phrase pourrait s’appliquer au Québec et à l’Amérique.

LE BALADO: André Gagnon (2)


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Angélique Kidjo


PAROLE D'Éric Duhaime

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

AU COEUR DE LA PAROLE: La Nativité


20231224 AU COEUR DE LA PAROLE - La Nativité B

C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un centenaire aux Carmels


Un centenaire aux Carmels

L'année 1996 marque le centenaire du décès de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. La relève est minime chez les religieuses carmélites déchaussées du Québec, un ordre regroupant environ 75 soeurs cloîtrées. Dans cinq monastères québécois - situés à Montréal, Tewkesbury, Trois-Rivières, Dolbeau et Danville - il y a six femmes en formation. Les illusions tombent quand l'expérience démontre que trois recrues sur quatre quitteront avant d'avoir prononcé leurs voeux perpétuels. L'année du centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus qui débutera le 30 septembre, sera pour cette communauté de parler de la grandeur de la vie monastique et du mode de vie de Thérèse Martin qui est un modèle d'inspiration pour le monde d'aujourd'hui.

La plus grande difficulté rencontrée par la relève, selon soeur Marise Langevin du Carmel de Trois-Rivières, est le dépouillement de la foi et de la prière de toutes sensibleries, sentiments et émotions. «C'est dans la réalité du mystère qu'il faut vivre sa foi», dit la prieure du Carmel trifluvien. La place des rites est donc importante pour vivre ce dépouillement: contemplation silencieuse, vie sacramentelle, lecture des psaumes, etc. Il faut en venir à avoir la conviction que Dieu est présent au coeur de son quotidien sans le sentir par ses émotions.

La peur de l'engagement définitif semble être le deuxième point de la désertification de ce choix de vie. «Les femmes qui viennent en formation au Carmel veulent rester, mais retardent l'échéance de l'engagement», explique celle qui demeure au Carmel depuis 42 ans. Ce n'est pas que dans la vie monastique que cette peur de s'engager se fait sentir, c'est dans toute la société. Cette caractéristique prend sa source dans la psychologie des adolescents. Les générations de cette partie du XXe ont de la difficulté à entrer dans l'âge de la maturité. L'adulte n'hésite pas à se donner. Lui seul est capable d'assumer ses choix et de vivre les renoncements que ceux-ci impliquent.

Néanmoins, soeur Marise Langevin demeure dans l'espérance, car la mentalité québécoise change: le mouvement féministe devient moins radical, les jeunes - brisés par les problèmes des parents - veulent vivre de façon différente, la peur du SIDA fait croître en popularité le dossier de la chasteté ...

«Quand les jeunes viennent nous visiter, ils nous interrogent sur notre façon de vivre. Ils se posent bien des questions! Comment vivre sans télévision, sans radio, sans liberté, sans relations sexuelles ...? Dans leurs confidences, je constate qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes d'autrefois, malgré l'évidence que leurs problèmes sont différents. Ils désirent vivre l'amour vrai», dit-elle d'une voix optimiste.

Thérèse
Le véritable nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus est Thérèse Martin, la fille de Zélie et de Louis Martin décédés, comme leur fille, en odeur de sainteté. L'Église étudie la possibilité de les béatifier. Thérèse est également connue sous le vocable de Thérèse de Lisieux, ville où elle a passé sa vie. Trois noms pour désigner une même personne. Il y a de quoi s'y perdre quand on ne connaît pas cette sainte religieuse carmélite qui est la plus invoquée dans les prières des croyants autour du globe.

Son message demeure actuel. «Thérèse était pleinement femme», lance sœur Langevin alias soeur Marise du Saint-Esprit. «Elle a développé à plein ses facultés de tendresse - un peu comme une fiancée - et de délicatesse. Elle nous montre comment aimer.»

Son acte d'offrande à l'amour miséricordieux en est la preuve: « ... Je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre coeur sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement ... Afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant dérober en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont enfermés en vous et qu'aussi je devienne martyre de votre Amour, ô mon Dleu !... »

Des activités pour le centenaire
De nombreuses activités marqueront le centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une petite revue baptisée «Carmel en fête» paraîtra dès le mois prochain. Les religieuses ne publieront que 13 numéros spéciaux en collaboration avec quelques laïcs engagés dans la fraternité séculière. La préparation en est assurée par les Pères Carmes de Montréal. Chaque édition comprendra 24 pages sur la vie de Thérèse Martin et sa spiritualité. Il y aura quelques jeux et de beaux poèmes écrits par Thérèse. Soeur Jeanne Sauriol du Carmel de Trois-Rivières écrira une série de 7 articles sur le thème «L'infini du désir dans la totale impuissance». Enfin, chaque numéro aura un thème dominant en lien avec la vie de sainte Thérèse et l'année du centenaire. L'abonnement aux 13 numéros est de 15$

Un dossier d'animation a été conçu pour le monde scolaire. Violaine Couture, une animatrice à la pastorale scolaire de la Mauricie a écrit un chant pour les enfants - «Mon nom est écrit dans le ciel» - qui est édité chez Novalis. La cassette comprend également une pièce composée par soeur Huguette Boutin, une carmélite.

Les 12 paroisses du Canada portant le vocable de Thérèse de l'Enfant-Jésus -particulièrement regroupées au Québec - s'impliqueront à leur façon. Un document de réflexion leur est destiné.

En avril 1997, le père Marie-Michel, un Carme qui a fondé, en France, avec le père Daniel-Ange, Jeunesse-Lumière, une école de la foi pour les jeunes, fera une petite tournée de deux semaines au Québec en compagnie de deux religieuses de la communauté Élie Thérèse.

De plus, chaque Carmel aura ses activités. Le Carmel trifluvien, par exemple, commencera l'année du centenaire le 29 septembre en après-midi par une grande célébration eucharistique présidée par l'évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Laurent Noël.

Le 1er octobre, Pierre Francoeur, un Clerc de Saint-Viateur qui se spécialise en histoire thérésienne, célébrera une messe et prononcera une conférence.

Les aînés auront leur célébration spéciale, le 16 novembre, et les groupes de vie mariale sont invités, le 8 décembre en après-midi, pour un chapelet médité introduit par des pensées de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Cogéco captera l'événement qui sera retransmis, via la télévision câblée, dans la région trifluvienne. Soeur Loraine Caza sera également sur place pour une conférence. Enfin, une exposition est offerte aux groupes qui désirent se familiariser avec la vie de Thérèse de Lisieux.

Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Septembre 1996, page 344) [1]



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[1] Voici la transcription du texte original conserve dans le fonds P049 de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska :


Centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus

Les recrues sont rares au Carmel

La relève est minime chez les religieuses carmélites déchaussées du Québec, une congrégation regroupant environ 75 religieuse carmélites sœurs cloitrées. Dans les cinq monastères québécois - situés à Montréal, Tewkesbury, Trois-Rivières, Dolbeau et Danville – il y a six femmes en formation. Les illusions tombent quand l'expérience démontre que trois recrues sur quatre quitteront avant d'avoir prononcé leurs voeux perpétuels. L’année du centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus qui débutera le 30 septembre prochain, sera l'occasion pour cette communauté de parler de la grandeur de la vie monastique et du mode de vie de Thérèse Martin qui est un modèle d'inspiration pour le monde d'aujourd'hui.

La plus grande difficulté rencontrée par la relève, selon sœur Marise Langevin du Carmel de Trois-Rivières, est le dépouillement de la foi et de la prière de toutes sensibleries, sentiments et émotions. "C'est dans la réalité du mystère qu'il faut vivre sa foi", dit la prieure du Carmel trifluvien. La place des rites est donc importante pour vivre ce dépouillement : contemplation silencieuse, vie sacramentelle, lecture des Psaumes, etc. Il faut en venir à avoir la conviction que Dieu est présent au cœur de son quotidien sans le sentir par ses émotions.

La peur de l'engagement définitif semble être le deuxième point de la désertification de ce choix de vie. "Les femmes qui viennent en formation au Carmel veulent rester, mais retardent l'échéance de l'engagement", explique celle qui demeure au Carmel depuis 42 ans. Ce n'est pas que dans la vie monastique que cette peur de s'engager se fait sentir, c'est dans toute la société. Cette caractéristique prend sa source dans la psychologie des adolescents. Les générations de cette partie du XXe siècle ont de la difficulté à entrer dans l'âge de la maturité. L'adulte n'hésite pas à se donner. Lui seul est capable d'assumer ses choix et de vivre les renoncements que ceux-ci impliquent.

Néanmoins, sœur Marise Langevin demeure dans l'espérance, car la mentalité québécoise change: le mouvement féministe devient moins radical, les jeunes - brisés par les problèmes des parents - veulent vivre de façon différente, La peur du SIDA fait croître en popularité le dossier de la chasteté...

"Quand les jeunes viennent nous visiter, ils nous interrogent sur notre façon de vivre. Ils se posent bien des questions! Comment vivre sans télévision, sans radio, sans liberté, sans relations sexuelles...? Dans leurs confidences, je constate qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes d'autrefois, malgré l'évidence que leurs problèmes sont différents. désirent vivre l'amour vrai", dit-elle d'une voix optimiste.

Thérèse
Le véritable nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus est Thérèse Martin, la fille de Zélie et Louis Martin décédés, comme leur fille, en odeur de sainteté. L'Église étudie la possibilité de les béatifier. Thérèse est également connue sous le vocable de Thérèse de Lisieux, ville où elle a passé sa vie. Trois noms pour désigner une même personne. Il y a de quoi s'y perdre quand on ne connait pas cette sainte religieuse carmélite qui est la plus invoquée dans les prières des croyants autour du globe.

Son message demeure actuel. "Thérèse était pleinement femme", lance sœur Langevin alias sœur Marise du Saint-Esprit. "Elle a développé à plein ses facultés de tendresse - un peu comme une fiancée - et de délicatesse. Elle nous montre comment aimer."

Son acte d'offrande à l'amour miséricordieux on est la preuve : " … Je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre cœur sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement... afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me comme consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu'aussi je devienne martyre de votre Amour, ô mon Dieu".

Des activités pour le centenaire
De nombreuses activités marqueront le centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une petite revue baptisée "Carmel en fête" paraitra dès le mois prochain. Les religieuses ne publieront que 13 numéros spéciaux en collaboration avec quelques laïcs engagés dans la fraternité séculière. La préparation est assurée par les pères carmes de Montréal. Chaque édition comprendra 24 pages sur la vie de Thérèse Martin et sa spiritualité. Il y aura quelques jeux et de beaux poèmes écrits par Thérèse. Sœur Jeanne Sauriol du Carmel de Trois-Rivières écrira une série de 7 articles sur le thème "L'infini du désir dans la totale impuissance". Enfin, chaque numéro aura un thème dominant en lien avec la vie de sainte Thérèse et l'année du centenaire. L'abonnement aux 13 numéros est de 15$.

Un dossier d'animation a été conçu pour le monde scolaire. Violaine Couture, une animatrice à la pastorale scolaire de la Mauricie, a écrit un chant pour les enfants - "Mon nom est écrit dans le ciel" - qui est édité chez Novalis. La cassette comprend également une pièce composée par sœur Huguette Boutin, une carmélite.

Les 12 paroisses du Canada portant le vocable de Thérèse de l'Enfant-Jésus -particulièrement regroupées au Québec - s‘impliqueront à leur façon. Un document de réflexion leur est destiné.

En avril 1997. le père Marie-Michel, un Carme qui a fondé, en France, avec le père Daniel-Ange, Jeunesse-Lumière, une école de la foi pour les jeunes, fera une petite tournée de deux semaines au Québec en compagnie de deux religieuses de la communauté Elie Thérèse.

De plus, chaque Carmel aura ses activités. Le Carmel trifluvien. par exemple, débutera l'année du centenaire, le 29 septembre en après-midi, par une grande célébration eucharistique présidée par l’évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Laurent Noël.

Le 1er octobre. Pierre Francoeur, un Clerc de St-Viateur qui se spécialise en histoire thérésienne, célébrera une messe et prononcera une conférence.

Les ainés auront leur célébration spéciale, le 16 novembre, et les groupes de vie mariale sont invités, le 8 décembre en après-midi, pour un chapelet médité introduit par des pensées de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Cogéco captera l'événement qui sera retransmis, via la télévision câblée, dans la région trifluvienne. Sœur Loraine Caza sera également sur place pour une conférence. Enfin, une exposition est offerte aux groupes qui désirent se familiariser avec la vie de Thérèse de Lisieux.

Benoit Voyer

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Le Carmel de Trois-Rivières
1785, boul. du Carmel
Trois-Rivières, Québec, Canada G82 3R8
(819) 374-5303



23 novembre 2025

INTERMEDE: Le Parc riverain Base-de-roc, a Joliette


LE BALADO: André Gagnon (1)


PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Angélique Ionatos

 


C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les chrétiens persécutés dans le monde


Les chrétiens persécutés dans le monde

Armand Gagné sait de quoi il parle. En 1989, il revenait d'une mission internationale au service de la cause des chrétiens persécutés pour leur foi au Christ. À Rome, il était l'assistant du Père général des Trinitaires.

Régulièrement, il devait divulguer, par l'intermédiaire du général, des informations au pape Jean-Paul II sur la situation difficile de ces personnes emprisonnées ou en liberté surveillée.

«Le pape était très au courant de la situation», confie le sympathique Trinitaire. «Prenons l'exemple du Mur de Berlin qui est tombé. Personne ne met en doute que c'est grâce à l'intervention du Souverain Pontife. Il l'a fait en faisant connaître la situation des gens et du pays.»

Il n'a pas que regardé ce qui se passe à la lumière des fonctionnaires: le Père Gagné est, notamment, allé constater la situation en U.R.S.S. - avant la chute du Parti communiste -, au Vietnam et en Chine.

«Ce que je fais au nom de ma communauté, c'est de créer des liens avec ceux qui souffrent», explique-t-il.

Il a aimé cette mission. De retour au Canada, il a continué la besogne dans ses temps libres. C'est sa façon à lui de participer au retour aux sources de sa communauté fondée par Jean de Matha, il y a plus de 800 ans.

Au Liban
Au début de septembre 1994, le père Armand Gagné revenait d'une petite mission d'une semaine au Liban. Le but était fort simple: nouer des liens plus intimes avec des évêques, prêtres et laïcs engagés qui vivent des instants difficiles.

«C'est entendu qu'en une semaine, je n'ai pas connu toute la situation», raconte le supérieur du Monastère des Trinitaires de Granby, «Toutefois, j'étais accompagné d'un Libanais fort compétent; ça m'a aidé à comprendre ... »

Pour lui, les informations que nous recevons sur ce pays par le mass média sont souvent incomplètes et manipulées. C'est ce qu'il appelle de la désinformation.

«Les gens ont de la difficulté à saisir le fond du problème: ils veulent chasser les Catholiques du Moyen Orient. On veut le faire par l'intermédiaire des Musulmans fanatiques», poursuit-il.

Pourquoi? Par souci économique. C'est un pays extrêmement riche au niveau touristique, car il est situé sur le bord de la mer Méditerranée. De plus, le Liban est considéré comme la Suisse du Moyen Orient, la plaque tournante de l'Afrique et des pays arabes.

«Ils veulent enlever l'influence chrétienne de cette région où il y a des Catholiques qui parlent la langue arabe. C'est une société où se retrouvent environ 17 entités religieuses différentes», explique l'homme à la soutane blanche.

Selon ses sources, la dernière guerre libanais avait pour objectif de persécuter les Chrétiens. «Une guerre artificielle: on a visé les églises, les monastères ... », insiste-t-il.

Pour ces Catholiques, une chose est primordiale: l'espérance chrétienne. Il s'agit de ne jamais désespérer et de se reprendre en main dès que passe l'épreuve

Retour au pays
Ce ministère un peu particulier était l'aboutissement de 15 années à l'extérieur du Canada, dont 72 mois au Guatemala comme missionnaire.

Après quelques temps à titre d'aumônier à la prison à sécurité maximum de Donnacona, il était nommé directeur, curé et économe du monastère des Trinitaires de Granby.

Curriculum Vitae
Le père Armand Gagné a un impressionnant curriculum vitae. Il est né le 28 août 1931 à Bagotville (ville de La Baie). Il est le fils de Joseph Gagné et Marie-Anne Lavoie. Il est baptisé la même journée à la paroisse Saint-Alphonse de Ville de La Baie

Il entre dans la communauté des Trinitaires en août 1955 et il prononce ses voeux perpétuels le 8 septembre 1959 à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il est finalement ordonné prêtre le 20 septembre 1959 à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il célèbre sa première messe à la paroisse Saint-Alphonse de Bagotville le lendemain. De 1959 à 1960, il termine sa quatrième année de théologie.

De 1960 à 1963, il est assistant surveillant des élèves du Collège des Trinitaires à Saint-Bruno-de-Montarville et est professeur de religion. Pendant ce temps, il est aumônier en milieu hospitalier à l'Hôpital Mayfair, à l'Hôpital Shriner's et à l'Hôpital Cedar. De 1960 à 1966, il devient procureur des missions pour sa congrégation.

De 1963 à 1967, il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il sera aussi curé de cette dernière de 1969 à 1975 et président de la zone pastorale de ce coin du diocèse.

Entre temps, de 1967 à 1969, il est aumônier à la prison des femmes (Tanguay) et à la prison des hommes (Craig) de Montréal.

En 1975, il devient missionnaire au Guatemala et, en 1983, il est élu conseiller général de sa communauté à Rome. Il est le 21e canadien à accéder à ce poste. Pendant ces années, il se consacre à la cause des chrétiens persécutés pour leur foi. Il rédige de nombreux rapports qu'il remet, par la suite, au pape Jean-Paul II. Il revient au Canada en 1989.

De 1990 à 1993, il est aumônier à la prison à sécurité maximum pour hommes de Donnacona, près de Québec.

Depuis 1993, il est supérieur du monastère des Trinitaires de Granby. Il poursuit sa croisade pour venir en aide aux chrétiens persécutés à cause de leur foi au Christ. Il est responsable du dossier pour la communauté. Enfin, il est directeur du bulletin «La Voix de Jésus Nazaréen» et de la Fondation des amis du père Armand gagné qui œuvre à ramasser des fonds pour les missions et à la sensibilisation à la cause des chrétiens persécutés.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, Juillet-août 1996, pages 308 et 309)

22 novembre 2025

LE BALADO: Tekakwitha, la sainte Catherine de Kanawake


PROPOS SPIRITUEL: saint Josémaria Escriva


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Angèle Dubeau


C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Une paroisse catholique chez les protestants


Une paroisse catholique chez les protestants

GRANBY- Depuis 26 ans, le temple de l'Église Unie de Granby accueille sous son toit la communauté catholique anglophone de cette ville. Il s'agit d'une première dans l'histoire religieuse du Québec. Depuis 10 ans, le révérend Tom Edmond's, le pasteur protestant, et l'abbé Gérald Ouellette, le curé catholique, vivent une relation particulière. L'année dernière, ils soulignaient leur 25e anniversaire de vie commune. À cette occasion, un grand banquet regroupait 150 personnes des deux communautés dans un hôtel de la région

Les relations œcuméniques entre ces deux Églises officielles sont à imiter. Ce genre d'unité pourrait être un modèle à suivre au long des années difficiles qui sont à venir pour l'Église québécoise.

À l'époque, les Catholiques anglophones cherchaient un endroit pour se rassembler. La tradition populaire locale raconte qu'ils voulaient garder leur autonomie linguistique et que les francophones voulaient les assimiler, les intégrer à leur structure.

«Ils sont finalement allés chez les anglicans qui n'étaient pas très chauds à l'idée de les recevoir. L'Église Unie a été plus ouverte», dit Gérard Ouellette de la paroisse catholique.

Ce temple est le lieu indiqué pour une communauté chrétienne de cette importance : 250 membres sont inscrits au registre paroissial. À la messe du dimanche, il y a une moyenne de 85 personnes.

Chez le groupe protestant, il y a 136 familles (218 fidèles). Environ 70 paroissiens vont à l'eucharistie mensuelle et les autres dimanches, c'est plus bas. «La population anglophone de la région est démographiquement à la baisse», précise Tom Edmond's.

À chaque dimanche, il y a des célébrations pour les ouailles des deux Églises. À 9h30, les catholiques ont la messe et, à 11 heures, c'est le rassemblement de la communauté protestante. «Un jour je ferai un vidéo parce que c'est très drôle ! Après la messe de 9h30, les statues de Marie et de Joseph, le crucifix ... les ornements des catholiques sont enlevés et sortent du lieu de prière. Pendant ce temps, les membres de ma communauté installent les nôtres. Cela se fait en 10 minutes!», raconte en riant le sympathique Tom Edmond's.

Gestes œcuméniques
Oecuméniquement, les deux leaders spirituels s'échangent sporadiquement des prédications. L'abbé Ouellette fait le commentaire évangélique chez les protestants et le révérend Edmond's l'homélie chez les catholiques.

Le secteur des affaires sociales est le meilleur point de ralliement entre les deux groupes. Au mois de février dernier, Pierre Horan, un diacre catholique, l'abbé Gérard Ouellette, le révérend Tom Edmond's, Jean Leroux, le député fédéral du comté de Shefford et la modératrice de l'Église Unie du Canada ont pris un repas ensemble. La modératrice qui habite la province de la Colombie-Britannique était de passage au Québec pour visiter les communautés de l'Église Unie du Québec. Tom Edmond's se dit préoccupé par les relations entre francophones et anglophones. Le but de ce rendez-vous était de créer un lieu de partage entre groupes linguistiques «Il y a des contacts entre anglophones et francophones, mais il n'y a jamais de rencontres officielles entre les deux communautés linguistiques», précise-t-il.

Lors de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, il y a toujours une célébration conjointe entre les Église anglicanes, catholiques et Unies de cette municipalité. Un moment de choix pour prier ensemble.

Depuis quelques années, l'abbé Ouellette organise un pèlerinage œcuménique en collaboration avec le Comité foi et culture Granby et région. La visite de temples de différents dénominations religieuses ouvre des perspectives nouvelles chez les pèlerins.

Enfin, ils ont un groupe commun de réflexion sur les relations entre parents et enfants.

Les mariages
Le secteur des mariages pose un problème entre l'Église Unie et le catholicisme. De nombreux couples catholiques, particulièrement des divorcés, tentent de se marier auprès de pasteurs de l'Église Unie.

«La conception du mariage n'est pas la même dans les deux Églises», explique le révérend Edmond's. «Pour les catholiques, l'union est indéfectible. Le mariage est un sacrement qui engage jusqu'à la mort. Pour l'Église Unie, l'union des époux est une façon d'entrer dans le mystère de Dieu qui est présent en soi. C'est une célébration du mystère. Il faut la vivre et non la comprendre».

Contrairement à plusieurs pasteurs de son Église, il refuse de marier des Catholiques par respect œcuménique et parce que le mariage est pour lui un événement communautaire. Il accepte sans hésiter de coprésider avec un prêtre catholique des unions entre membres des deux groupes religieux.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, juillet-août 1996, pages 294 et 295)

21 novembre 2025

EN BREF


VITRAUX:
L’œuvre de Ninchiri m’a toujours impressionné. Dans la bibliothèque du Parlement, sur la colline parlementaire, à Québec, il est possible d’admirer le vitrail « Je puise mais n'épuise », installé à cet endroit en 1916. Il a été réalisé par le peintre Guido Nincheri et le maître verrier Henri Perdriau, selon une maquette de Charles Huot. L’oeuvre montre une femme qui revient puiser de l'eau, devant la chute Ouiatchouan, à Val-Jalbert (devenu Chambord), au Lac-Saint-Jean. La femme symbolise l’étude et l’eau la science. (BV)

HISTOIRE: Un 22 novembre qui changera la vie d’Éric Duhaime

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Un 22 novembre qui changera la vie d’Éric Duhaime

Par Benoit Voyer

21 novembre 2025

Le 22 novembre 2020, l’animateur et commentateur Éric Duhaime, bien connu à la radio de Québec, annonce qu’il se présentera à la chefferie du Parti conservateur du Québec, en vue de succéder à Adrien Pouliot.

Avec des amis, réunis presque clandestinement dans son sous-sol, avec quelques organisateurs et quelques bouteilles de vin, ils décident de partir à l’aventure. Cette décision changera ma vie.

Le 22 novembre 2024, sur X, Éric Duhaime raconte : « C’était une époque folle, où je ne pouvais pas me rendre dans un studio de télé ou de radio pour en faire l’annonce, encore moins nous rassembler dans une salle avec quelques centaines de partisans. Nous étions néanmoins fiers de nous tenir debout pour défendre la démocratie, nos droits civiques et nos libertés individuelles, alors que le gouvernement Legault brimait tous nos droits et libertés, après avoir mis la démocratie sur pause. On n’avait aucune espèce d’idée combien de Québécois partagent nos valeurs. Ça n’avait pas tant d’importance. On offrait une alternative politique et démocratique à tous ».

Le 17 avril 2021, il devient chef du Parti conservateur du Québec.

LE BALADO: Paul-André Comeau


PAROLE DE Marcelle Gauvreau

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU: André Mathieu


 

C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: On lui confie un poste à l'Assemblée des Évêques du Québec


Il voulait travailler auprès des marginaux


On lui confie un poste à l'Assemblée des Évêques du Québec

MONTRÉAL - «je voulais, en sortant du milieu où je besognais, aller travailler auprès des marginaux, car j'avais accumulé plusieurs années d'expérience auprès de ces personnes», dit Guy Saint-Onge, le nouveau secrétaire général de l'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ).

Lors de sa nomination, il n'a pas hésité à lancer à la blague aux bergers diocésains : «Ce n'est pas avec cette sorte de marginaux que je voulais aller travailler!» Une façon de dire aux évêques qu'ils le sont parfois.

Il ne s'attendait pas à cette offre. Un certain soir, il reçoit un appel téléphonique d'un membre du comité de sélection de l'AÉQ : «Vu que tu es en année sabbatique et que nous cherchons un secrétaire général ... Nous faisons appel à tes services. Il faudrait y penser ... »

Il n'a jamais postulé pour ce travail. Étant déjà connu des évêques, la proposition est venue d'elle-même.

Guy Saint-Onge est membre des Frères de Saint-Gabriel depuis 1951. En 1970, il devenait prêtre. Il fut supérieur de sa congrégation durant quinze ans. Sa fonction le conduisit à la présidence de la Conférence religieuse canadienne (CRC) pendant quatre ans et de la section québécoise de la CRC au long de quatre autres années

«La CRC m'a amené à participer aux réunions plénières de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et à des comités d'évêques et de religieux. C'est là que j'ai eu l'occasion de connaître presque tous les évêques», raconte-t-il.

Son travail
La majorité des dossiers de l'AÉQ passent entre ses mains. Il coordonne plus d'une douzaine de comités où la cueillette d'informations et de commentaires se fait. Ces tables thématiques regroupent des évêques et des spécialistes laïques qui réfléchissent ensemble à différents dossiers d'actualité. La plupart des événements de la société québécoise trouvent un écho à l'Assemblée. Il est aussi secrétaire de groupes comme le Conseil exécutif de l'AÉQ., la Fondation de l'AÉQ et de l'Office de la catéchèse du Québec. Il passe la moitié de son temps en réunions.

«L'AÉQ est un lieu d'échanges permanent», explique le religieux. «Si tu voyais le monde qui passe ici ! C'est presque le Gare Windsor! Il y a régulièrement des rencontres»

Il n'a pas peur de souffrir de «réunionnite» (la maladie des réunions). Il connaît ce genre d'emploi. Pendant 20 ans, son travail en communauté lui a imposé des centaines de réunions. Est-ce qu'il y a un danger à trop en faire? «L'inertie est à surveiller !» insiste-t-il.

Il poursuit : «Cela nous ramène au problème de la communication. Si les évêques se réussissent autant, c'est qu'ils sont soucieux de bien communiquer entre eux pour trouver ensemble des solutions et, aussi, pour être capable de communiquer avec le public. Ils veulent que leur parole soit nuancée.»

Communication
Est-ce que l'Église sait vraiment communiquer avec le monde d'aujourd'hui ? «Elle est en train d'apprendre. Plus on est proche de la base, mieux ça va. Pour un curé ou un animateur de pastorale dans un petit milieu, c'est relativement facile. Quand on travaille au Vatican et qu'on s'adresse à l'univers, la pédagogie est très difficile à trouver et souvent on a l'impression de ne pas la trouver. Des fois, ce n'est pas le message qui fait défaut, mais la façon de le présenter», explique Guy Saint-Onge.

Il trouve que les évêques du Québec s'améliorent, car ils se donnent des moyens. Ils se font régulièrement conseiller par des spécialistes. Cependant, il remarque que dans l'écrit, il reste beaucoup à faire. Pour lui, la façon de livrer le message est souvent trop magistrale.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, juin 1996, page 251)

20 novembre 2025

LE BALADO: Dieu se cache a Auriesville


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Allie Sherlock


PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le Synode de Montréal - On lance une commission consultative


Le Synode de Montréal

On lance une commission consultative

MONTRÉAL - Au long du mois de mai, le Synode de Montréal tiendra une Commission consultative dans les différentes zones pastorales du diocèse. L'Église de Montréal souhaite connaître l'avis des regroupements du milieu quant à la manière d'améliorer sa façon d'être et d'agir pour mieux jouer son rôle dans la société.

C'est aussi pour créer des liens étroits entre les préoccupations de ses partenaires et l'idéal de l'Évangile qu'elle cherche, et pour cerner les véritables besoins des associations, des individus et des communautés chrétiennes. Une manière de poser un regard sur les pratiques pastorales actuelles et les réaménagements pastoraux à apporter.

«La Commission consultative invite la population à venir approfondir avec nous sa foi et partager ce à quoi elle s'attend de l'Église, au sens qu'elle donne à son enseignement et aux valeurs qui soustendent et comment elle va donner d'elle-même, participer, aider à la recherche d'un chemin vers l'avenir où toutes les générations sentirons leur capacité de croire», disait Louise Brais-Vaillancourt lors d'un point de presse.

L'opération sera dirigée par les deux coprésidents de l'Assemblée synodale, Joseph Giguère du Centre Saint-Pierre et Louise Brais-Vaillancourt, une gestionnaire. Une vingtaine de commissaires provenant de divers secteurs d'activités et des zones pastorales de l'archidioèse les accompagneront dans leur démarche.

Les audiences publiques débuteront le 1er mai au Jardin botanique et devraient se terminer le 26 mai. Il n'est plus possible de s'inscrire pour faire entendre ses opinions, mais jusqu'au 10 juin, le public peut envoyer des mémoires. Tous peuvent assister aux audiences.

Les thèmes présentés seront développés, analysés et discutés l'an prochain par les équipes synodales. Ce travail préparera l'étape finale du Synode. Il s'agira de soumettre des propositions concrètes à la réflexion de l'Assemblée synodale qui sera présidée par l'archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte.

Ce dernier est heureux du résultat de la première étape du Synode. Le questionnaire lancé en octobre 1995 et traduit en douze langues a été utilisé et envoyé au secrétariat par plus de 35 000 personnes. L'âge moyen des répondants est de 53 ans. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne de la clientèle qui fréquente les liturgies dominicales. Actuellement, un peu plus de 15 000 réponses personnelles ont été traitées.

De son côté, la ligne téléphonique spéciale enregistre déjà plus de 600 appels. C'est l'état d'insécurité, d'isolement, de détresse psychologique et les problèmes des jeunes qui n'ont plus d'horizons et qui n'ont plus de sens à leur vie qui impressionnent les coprésidents.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, mai 1996, pages 200 et 201)

19 novembre 2025

LE BALADO: État de la recherche sur René - Étienne Voyer


VISION CATHOLIQUE: Le vénérable Ovide Charlebois


Le vénérable Ovide Charlebois

Par Benoit Voyer

19 novembre 2025

Le 17 février 1862, à Oka, au Québec, naît Ovide Charlebois, fils de Hyacinthe Charlebois et Émélie Lane. Il est le descendant du Français Jean Charlebois (1666-1733), originaire de Bordeaux. Ovide est le septième enfant d’une famille de quatorze.

En 1864, il déménage avec ses parents, ses frères et ses sœurs à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

L’école étant située à huit kilomètres de chez lui, il ne peut guère la fréquenter. C’est sa mère qui lui donne les rudiments de base en lecture, en écriture et en mathématique.

Lors de sa confirmation, l’évêque de Montréal, Mgr Édouard Fabre, le remarque et le recommande au collège de L'Assomption. Une bienfaitrice paie sa pension.

Lors de ses études, il ambitionne de suivre les traces du père Albert Lacombe, O.M.I., grand missionnaire dans l'Ouest canadien.

En 1882, il entre chez les Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod.

Le 17 juillet 1887, il est ordonné prêtre par le vénérable Mgr Vital Grandin, o.m.i. Ce dernier l'envoie à Cumberland House, son futur poste d'attache. Ainsi, pendant seize ans, Ovide Charlebois vit chez les autochtones. L’apprentissage des langues des peuples Cree et Montagnais sont difficiles pour lui. Cela ne l’empêche pas d’être maître d’école et juge de paix.

Depuis sa petite enfance, Ovide est très habile de ses mains. En mission, il se distrait en bâtissant une chapelle et une petite maison où résider. Aussi, il bâtira une douzaine de chapelles, presbytères et écoles. À la hache, à l'égoïne ou à l'équerre, il est difficile à égaler. Il se fait à la fois architecte, entrepreneur et manœuvre. De plus, il fabrique des fours à chaux, et, avec ceux-ci, les briques nécessaires à ses constructions.

Vivant avec des peuples nomades, l'alphabétisation et l'évangélisation sont des tâches difficiles à réaliser. Pour rejoindre chacun, il entreprend de rudes randonnées.

L’hiver, il souffre « du froid qui brûle », sa gorge est souvent au vif à force de crier les chiens de traineau et il a les bas imbibés de sang à cause des engelures et des blessures.

L’été, c’est le supplice des maringouins et autres insectes. Dans ces grandes forêts sauvages, les petites bestioles le dévorent sans merci. Il note avec humour dans son journal : « Je désire devenir martyr des maringouins, sûr d'éviter le purgatoire. »

À plusieurs reprises, il est la victime des poux. C’est un vrai supplice pour le religieux et tout un défi pour se débarrasser d’eux.

Sa vie dans ces grandes forêts primitives sera un véritable chemin de croix pour lui : « Le chemin est devenu ma résidence, je suis tanné de me barauder, toujours exposé à m'égarer ou m'engloutir. »

Le 8 août 1910, Ovide Charlebois est nommé vicaire apostolique de Keewatin et évêque titulaire de Bérénice, une ancienne cité d’Égypte. Le 30 novembre 1910, il est sacré évêque par Mgr Adélard Langevin, archevêque de Saint-Boniface. Ce dernier est également membre des Oblats de Marie Immaculée.

Le 7 mars 1911, il est installé vicaire apostolique de Keewatin. À peine arrivé à Le Pas, en Saskatchewan, il entreprend une grande visite de son vicariat apostolique à travers les sentiers en forêt et les rivières. Son voyage en canot dure cinq mois : Un peu plus de 4800 kilomètres, 80 portages, 23 couchers à la belle étoile, mal de mer, risques de naufrage, « sans même avoir fait le tour de sa paroisse », pour reprendre ce qu’il écrit dans son journal.

Faute de ressources, il bâtit lui-même sa nouvelle cathédrale et son nouvel évêché, deux œuvres qui sont faites en rondins mal équarris, rapidement bousillés.

Exposant son état d’âme, il note : « J'accepte déceptions, ingratitude, privations et maladies en vue du martyre. Je me considère sur un bûcher où je brûle à petits feux. Je tousse comme une vieille moutonne, j'ai hâte de déposer le harnais, que je trouve de plus en plus lourd. »

Le 20 novembre 1933, Mgr Charlebois meurt dans le dénuement le plus complet, n’ayant rien gardé pour lui. Il a 73 ans. Il demande « des obsèques de pauvre ». Son cercueil coûte 40$ et il sera inhumé dans le cimetière de La Pas.

En 1955, ses restes sont exhumés et transférés dans la crypte de la nouvelle cathédrale de Keewatin-Le Pas, en Saskatchewan.

En novembre 2019, Ovide Charlebois est déclaré vénérable par le pape François.

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Amylie


C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le Renouveau charismatique 1 de 4


Depuis 1973, nombre de catholiques pratiquants québécois - 20,000, dit-on - adhèrent au Renouveau charismatique. C'est un mouvement qui embrase les cœurs d'une manière spontanée et qui développe, chez les participants, l'expression de "charismes", c'est-à-dire de dons particuliers à chacun. Le Mouvement, dont la Mecque se trouve dans les Cantons de l'Est à Granby nommément est actuellement en croissance et commence à prendre forme à Montréal même. Les grandes lignes de son évolution sont décrites dans les quatre articles dont la publication commence aujourd'hui.


Une croyance née aux USA

Par Jean-Pierre Bonhomme


Malgré que la pratique religieuse catholique québécoise soit en chute libre - une baisse de 80 à 30 pour cent depuis 10 ans - il se produit aujourd'hui sur tout le territoire une étonnante flambée de croyance populaire qui embrase les cœurs et qui ne manque pas de rendre perplexe une majeure partie de la population.

Il s'agit de la naissance, en 1973, et de la propagation rapide, depuis, d'un mouvement à tendance pentecôtiste, qui se nomme le Renouveau charismatique ou, plus officiellement, l'Assemblée canadienne francophone du Renouveau charismatique catholique.

Le brasier charismatique québécois est loin d'être un phénomène ordinaire. La vague d'émotivité qu'il suscite touche maintenant plus de 20,000 adhérents répartis dans quelque 500 groupes et réunissant, en gros, de 40 à 300 personnes chacun. Ces groupes sont répartis sur tout le territoire, mais c'est dans les régions des Cantons de l'Est et de la ville de Québec qu'ils sont les plus nombreux. Ainsi on en compte 150 à Québec et une cinquantaine dans chacune des deux régions de Sherbrooke et de Trois-Rivières. La ville de Montréal, elle, n'en compte qu'une soixantaine, dont vingt de culture anglaise mais cela serait dû uniquement au fait que les paroisses montréalaises n'ont pratiquement plus de vicaires pour s'occuper des bonnes œuvres: 90 paroisses montréalaises ne comptent maintenant qu'un seul prêtre, le curé, et la présence des prêtres aux assemblées charismatiques est depuis peu pratiquement devenue nécessaire.

Pour avoir une idée précise de la rapidité de la croissance du mouvement citons le cas de la ville de Sherbrooke où il n'y avait que deux groupes charismatiques en 1973. L'année suivante, y en avait 24; aujourd'hui cinquante groupes se réunissent une fois la semaine pour accueillir "l'Esprit du Seigneur Jésus". C'est donc dire que, depuis 1973, le nombre des charismatiques sherbrookois double annuellement. A ce rythme toute cette région de l'Estrie devrait être "convertie" en moins de dix ans.

Le guru international Régimbald

D'autant que la Mecque charismatique n'est pas bien loin de Sherbrooke. Elle se trouve effectivement à Granby, à la maison de retraite des Pères Trinitaires et a "l'école de formation" L'Eau-Vive, situées dans des quartiers petit-bourgeois de cette ville du diocèse de Saint-Hyacinthe. C'est là qu'agit et œuvre le Père Jean-Paul Regimbald le guru international du Mouvement.

Le Trinitaire Régimbald, actif comme deux maires Drapeau, ne manque pas de souligner, justement, que le Mouvement charismatique est international, qu'il a pris pied dans 52 pays, des auteurs mentionnent le chiffre de cent pays, et qu'il parcourt lui-même le monde à titre de prédicateur. Il s'enorgueillit particulièrement, par exemple, d'avoir prêché une retraite, le mois passé, à quelque 2000 hommes d'affaires dans un grand hôtel du centre-ville de Toronto.

Dans un récent volume sur le "Pentecôtisme chez les catholiques" le chroniqueur religieux du quotidien parisien "Le Figaro", M. René Laurentin, soutient pour sa part que le Mouvement néo-pentecôtiste catholique, c'est-à-dire le Mouvement issu de la tendance pentecôtiste protestante, "atteint largement le demi-million de personnes à travers le monde à la date de 1974" et il cite des témoignages à l'effet que la progression géométrique est "de l'ordre d'un doublement annuel". Il souligne particulièrement que le Renouveau charismatique a pris les proportions d'un raz de marée à Porto-Rico où "des paroisses entières sont engagées dans le style communicatif du pays": il cite également, le cas du Québec où "un rassemblement improvisé, en juin 1974, a réuni plus de 8,000 personnes" (å l'université Laval de la capitale).

Le Renouveau charismatique, ou le Mouvement catholique de Pentecôte, comme on dit parfois en France, est né en 1967 chez des universitaires de Pittsburgh, chez des professeurs de l'université de Duquesne, précisément; des professeurs qui avaient exprimé le besoin de prendre contact avec "la Bible, l'Esprit saint et les charismes". L'idée s'est ensuite propagée chez les universitaires de l'Université Notre-Dame, dans l'Indiana, à tel point que les rencontres annuelles ont progressé la exponentiellement pour grouper 30,000 personnes en 1974.

LUNDI:
La foi sauvage des gens ordinaires




(La Presse, samedi 20 décembre 1975, p. A5)

18 novembre 2025

LE BALADO: la petite histoire du renouveau charismatique catholique au Québec, de 1967 a 1988.


VISION CATHOLIQUE: Un mercredi rouge en mémoire des chrétiens persécutés


Un mercredi rouge en mémoire des chrétiens persécutés

Par Benoit Voyer
18 novembre 2025

Le nombre de chrétiens persécutés connait une progression considérable autour de la planète. La situation est inquiétante. C’est ce que révèle l’Aide à l’Église en détresse (AED) dans son document biennal « Persécutés et oubliés ». Rapport sur les chrétiens opprimés pour leur foi 2022-24 », publié en 2024. Dans sa présentation, l'organisme lance un véritable cri du cœur en écrivant que « l'augmentation de la violence religieuse à l'encontre des chrétiens est plus forte que jamais ». 

La fondation pontificale a mené une recherche dans 18 pays clés, notamment en Amérique latine et en Extrême-Orient. Les auteurs des persécutions sont parfois des États, des institutions publiques ou des groupes privés, notamment des extrémistes religieux et des groupes criminels.

En plus de montrer l’ampleur du problème, l’étude met au grand jour la diversité des actions contre les croyants : des arrestations de plus en plus fréquentes sur la base d'accusations de blasphème à l'encontre d'autres religions, la réinstallation forcée ou l'expulsion, la dévastation ou la confiscation des lieux de culte, la conversion et le mariage forcés, l'intimidation et l'enlèvement et la promotion d'informations offensantes et fausses sur les chrétiens.

On voit aussi des cas de double application du droit qui obligent les chrétiens à des restrictions plus importantes que les adeptes d'autres religions ou des lois qui interdisent la conversion au christianisme.

Les auteurs écrivent que la migration des chrétiens et la privation des droits civils « soulèvent des questions quant à la survie à long terme de l'Église dans les régions clés ». 

Il souligne que les persécutions les plus difficiles se sont déplacées du Moyen-Orient vers les pays africains. Il est noté qu'en Syrie, où il y avait jadis plus de 1,5 million de chrétiens avant 2011, il y en a de nos jours seulement 250 000 et qu'en Irak ils représentent actuellement moins de 0,5 % de la population.

Le rapport contient de nombreux témoignages de victimes. Au fil des ans, j’en ai également entendu plusieurs.

Au Guatemala
Un beau jour de 1980, le père François Lapierre [1], de la Société des prêtres des missions étrangères, trouve sous sa porte une lettre au ton impératif : « Si dans les 48 heures vous n’êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer. » Sans tarder, il se rend chez son évêque pour lui demander conseil. Une quinzaine de prêtres viennent d’être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au Guatemala. Le prélat n’hésite pas un instant et va lui-même le reconduire à la frontière du Honduras où François Lapierre restera jusqu’en 1983.

« En allant le rencontrer, je me disais : si j’ai des indications claires que je dois rester, je vais rester ! » se soutient-il.

C’est en 1979 qu’il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs au Guatemala pour y travailler. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. L’expérience est très difficile pour ces personnes installées dans la région où il y a un affrontement entre l’armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établi. Raoul Léger, un Acadien faisant partie du groupe de Canadiens, y a même laissé sa peau. Son exécution marquera à jamais la vie de François Lapierre.

Lors des funérailles de Mgr Juan José Gerardi, qui sera aussi assassiné à cause de son implication dans la réalité des droits humains, il repensera beaucoup à son ami Raoul : « Je me suis rappelé notre expérience au Guatemala. Il y a eu des centaines de milliers de personnes qui ont été torturées, tuées ou déplacées. »

François Lapierre deviendra évêque du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe, au Québec, de 1998 à 2017.

Au Soudan
Les chrétiens n’ont pas la vie facile au Soudan. Le problème ne date pas d’hier.

Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier [2], 57 ans, de la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l’avion ou l’a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l’expulser de son pays. Dans les couloirs de l’aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes actions de l’Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique.

L’ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l’avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à l’expulser. Il va jusqu’à visiter les ministères un à un, sans jamais officiellement recevoir de réponse.

« Le motif, ils ne me l’ont jamais dit. J’ai été au ministère de l’Immigration et ils ont exigé que je quitte le pays. J’ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m’ont dit : “Nous, on est sous des ordres que nous exécutons. Nous ne savons pas les raisons.” J’ai demandé où je pourrais aller m’informer. Ils m’ont envoyé à la Sécurité d’État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C’est à ce moment qu’a commencé mon pèlerinage d’un bureau à l’autre. Cela n’a pas donné de résultats », me racontait-il au printemps 2000 dans un entretien pour la Revue Sainte Anne.

Le 7 aout, il doit quitter le pays sous peine d’emprisonnement. Comme convenu, il se rend à l’Immigration. Des fonctionnaires soudanais l’escortent à l’aéroport pour s’assurer de son départ. Ce n’est qu’une fois à bord de l’avion qu’ils lui remettent son passeport : « On ne m’a jamais dit les motifs, sauf que nous savons à la longue ! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements… ».

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques s’occupent de petits projets de développement. Les femmes y tiennent notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison, le salaire des maris ne suffisant pas aux besoins de leurs familles.

Le père Gilles Poirier ajoutait : « Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l’Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d’avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l’Église locale ne payait pas ses engagements. Il n’apportait rien ! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m’a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes. »

Les gens du village connaissent cette histoire. C’est d’eux que les vraies raisons sont venues. Habituellement, c’est le silence sur les situations d’expulsion dans ce pays, mais cette fois, ce ne fut pas le cas à cause de la pression de l’Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l’affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu’il a fait de la corruption en donnant beaucoup d’argent – surtout aux étudiants afin d’alimenter la haine – et qu’il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration : « Nous n’avons pas dit cela ! »

« On m’a confirmé, lors des derniers échanges, que je serais réintégré. Cependant, je ne projette pas retourner immédiatement parce qu’il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse où j’étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose pour l’instant », me confiait le prêtre des missions étrangères.

Mercredi rouge
Ce 19 novembre 2025, tous sont invités à avoir une pensée particulière pour les chrétiens persécutés. Le « Mercredi rouge » a pour objectif de rappeler que beaucoup de chrétiens vivent dans des régions où ils sont persécutés ou que d’autres minorités le sont.

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[1] Benoit Voyer, Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 1998, pp. 153 à 163,
[2] Benoit Voyer, Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 1998, pp. 103 à 106.

PAROLE DE René Lévesque