TROIS-RIVIERES: A la découverte de Guido Ninchiri


Cathédrale de Trois-Rivières

A la découverte de Guido Ninchiri

Texte de Benoit Voyer

Guido Ninchiri est le concepteur des vitraux de la cathédrale de Trois-Rivières. Son talent est impressionnant. Derrière chacun d'eux se cachent des secrets bien gardés. L'église-mère du diocèse contient les plus beaux chefs-d’œuvre de cet artiste. Une réalisation estimée à près de 3 750 000$.

"L'histoire de Ninchiri ressemble à celle de saint François d'Assise. Son père était courtier en textile. Celui de François vendait des tissus précieux. Lorsque Guido a décidé de se diriger vers les arts, son paternel l'a rejeté, l'a déshérité - ce fut la même chose pour le petit bonhomme d'Assise -", raconte Jeanne d'Arc Tessier.

Pendant ses deux premières années d'études, le jeune italien couche dans les pares et sous les ponts de Florence parce que son père ne veut plus de lui sous son toit.

A sa troisième année de scolarité, son professeur constate la situation précaire de son brillant élève. Il décide de l'héberger. Peu de temps après, Guido Ninchiri réussi à obtenir une bourse du gouvernement italien pour se perfectionner. Cette année-là, il termine premier (sur 75 élèves) de l'Académie des beaux-arts de Florence, la plus prestigieuse école d'arts en Italie.

En 1914, Ninchiri quitte l'Italie par bateau en direction de l'Argentine. A Buenos Aires vit une importante communauté italienne. C'est dans cette ville qu'il veut tenter sa chance. Malheureusement, la première guerre mondiale éclate. Les passagers du paquebot sont détournés vers New York. Dans la métropole américaine, il décroche un contrat à l'Opéra de Boston pour la création d'un décor.

Il s'ennuie. Pour retrouver l'ambiance européenne, des restaurateurs italiens lui suggèrent d'aller s'établir ä Montréal. Il ne tarde pas à partir.

Il trouve un peu de travail chez Henri Perdriau, un journaliste français qui se consacre à la conception de vitraux. C'est son hobby. Voyant l'imposant talent de Ninchiri, Perdriau décide d'abandonner. Il vend son petit atelier à Ninchiri et émigre aux Etats-Unis.

Ninchri est un véritable génie de l'art. Il est polyvalent. Il touche à tout: peinture, sculpture, vitraux, tapisserie, décoration, etc.

En 1918, les propriétaires du Château Dufresne, lui proposent un grand local pour travailler et loger sa famille au 1832 boul. Pie IX. Du même coup, il obtient un contrat au Château.

Puisqu'il est maintenant citoyen canadien, il retourne en Italie pour régler un certain nombre de détails en lien avec son départ du pays. Ce bref séjour de 1923 lui permet de rencontrer Mgr François-Xavier Clouthier en visite ad limina à Rome. Ce dernier se rend à la rencontre de Ninchiri pour lui demander de concevoir les vitraux de cathédrale à Trois-Rivières. L'artiste accepte.

Vitraux de la cathédrale
"Quand le 3e évêque du diocèse, a rêvé de vitraux pour la cathédrale, on a proposé que ça coûte environ 1500$ par fenêtre. Aujourd'hui, il faut multiplier ce chiffre par 20, soit approximativement 30 000$. Il y en a 125. Les vitraux de la cathédrale sont estimés à près de 3 750 000$", explique Jeanne d'Arc Tessier qui accueille les groupes de passage à Trois-Rivières et organise une session de découverte à chaque premier dimanche du mois à 14h.

Pour décider de la thématique des vitraux - construits à partir de 1925 -, les conseillers de Mgr Clouthier se documentent pour connaître ce qui a marqué l'histoire de la ville. Ils constatent que les habitants de Trois-Rivières ont survécu à la colonisation par détermination et, surtout, à cause de leur foi. De plus, ils découvrent que les Récollets et les Jésuites ont consacré cette terre à Marie dès les origines de la municipalité.

Les litanies de Lorette (1) que tous connaissaient par cœur à l'époque, étaient dites après la grand-messe à chaque fois que la population se sentait en danger. On dit qu'elles ont sauvé la ville à trois reprises contre l'envahissement des Américains et des Iroquois (1617, 1662 et 1776). C'est ce qui a décidé Mgr Clouthier à consacrer les vitraux à ces litanies qui ont marqué les origines de ce coin de la Nouvelle-France. L'artiste a illustré chaque vocable.

Jeanne d'Arc Trudel poursuit: "Derrière la constante réflexion de Guido Ninchiri se cachait une grande souffrance parce qu'il était immigrant et à cause du rejet de son père. Dans son vitrail "Consolatrice des affligés" sa souffrance se fait sentir. Ce vocable était tellement proche de sa peinte intérieure qu'il y a même illustré son visage". Les couleurs du vitrail sont sombres et intenses (bleu, vert et mauve).

Elle ajoute: "Quand il était trop angoissé, il priait et se remettait à son travail. Il se dépassait toujours de cette manière. Je dis que c'est un saint. Il est allé jusqu'à la source pour s'inspirer."

Chaque visage des personnages des vitraux a réellement existé. Il s'agit de membres de sa famille ou de la colonie italienne de Montréal. Ninchiri ne faisait jamais de visages fictifs. Dans la rosace du portique (entrée de la rue Bonaventure), ce se sont des enfants de la cour d’école du quartier. La Vierge a le vrai visage de sa femme. Gabriel, le fils du concepteur décédé il y a quelque temps à l'âge de 62 ans, est immortalisé à quelques endroits. Plusieurs personnes ne sont connues que par Guido Ninchiri.

Dans le vitrail "La Tour de David", il y a un magnifique soleil couchant. En réalité, c'est celui que l'artiste a capté au lac Echo dans le Nord de Montréal.

"Il y a maintenant 4 ans que je connais Georges, le seul enfant vivant de Ninchiri. Il a actuellement 75 ans. Quand il est venu ici, il s'est reconnu et a réussi à identifier plusieurs membres de sa famille", se souvient madame Tessier.

Mettre son visage dans la composition de ses œuvres était une manière de signer ses créations. Cette technique était également utilisée par Michel-Ange. Ce dernier a même mis celui du pape Jules II dans une scène du jugement dernier qui est peinte à la chapelle Sixteene.

Ce qui est malheureux des vitraux de la cathédrale, c'est le silence sur les véritables noms des figurants. Il n'y a rien d'écrit sur le sujet dans les archives.

L'art du vitrail fait partie du monde des symboles. Un bel exemple est la scène de la Mère du Créateur. Dans la main droite de la Vierge, il y a le soleil et dans la main gauche, la lune. C'est le symbole de la création du jour et de la nuit. Les cercles concentriques signifient l'ordre de la création dans l'univers. Ces cercles désignent également la séparation de la terre et du firmament, de la terre et de l'eau, des poissons et des animaux. Les anges s'envolent dans toutes les directions signifiant également cette séparation. Marie est naturellement au premier plan et par son gestuel de bras ouverts, elle accueille tous les croyants.

Litanies de Lorette
Lorette est une ville d'Italie, située sur le bord de la Mer Adriatique, près d'Ancône. On raconte qu'à cet endroit se trouve la maison de Marie, transportée miraculeusement. Une immense basilique couvre la maison et accueille les pèlerins du monde entier.

Les Litanies de Lorette est une prière considérée comme étant le plus beau poème de la prière du XIIe siècle, un chef-d'oeuvre de piété populaire.

(1) Litanie: Prière liturgique où toutes les invocations sont suivies d'une formule brève récitée ou chantée par les assistants. (Nouveau Petit Robert, Paris, 1993)


Œuvres de Ninchiri dans la région

Voici la liste des endroits où il est possible d'admirer des œuvres de Guido Ninchiri dans la région:

TROIS-RIVIERES

-Cathédrale de l'Assomption
362, rue Bonaventure
*Litanies de Lorette (42 des 63 titres)
*125 vitraux

-Paroisse Notre-Dame-des-sept-allégresses
1285, rue Saint-François-Xavier
*4 vitraux

-Séminaire Saint-Joseph
858, rue Laviolette
*Peinture

-Archives des Filles de Jésus
1193, boul. St-Louis
*Peinture

SHAWINIGAN

-Paroisse Saint-Pierre
792, rue Hemlock
*26 vitraux

Église Unie
1491, avenue Georges
*1 vitrail

GRAND-MERE

-Église Saint-Paul
499, 6e avenue
*Peinture

POINTE-DU-LAC

-Maison Saint-Joseph
4 vitraux

(Image de la Mauricie, Juillet-aout 1996, p.20-21)

11 septembre 2025


LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (3)


ARTICLE DU JOUR: Mes premiers ministres


Mes premiers ministres

Par Benoit Voyer

11 septembre 2025

Depuis l’an dernier, d’un mois à l’autre, je visite les lieux de sépultures des premiers ministres du Québec et du Canada.

Au moment d’écrire ces lignes, j’ai terminé ma tournée de tous ceux qui ont dirigé le Québec depuis 1867. Il y en eu 32, incluant l’actuel premier ministre François Legault. De ce nombre, sept sont toujours en vie.

Ma liste des visites des lieux où reposent les premiers ministres du Canada depuis la Confédération ne fait que commencer. Il y en eu 24 jusqu’à maintenant, dont sept (incluant le premier ministre Mark Carney) sont toujours en vie. Jusqu’à maintenant j’en ai visité trois sur les 17 qui ont trépassé : le libéral Louis Saint-Laurent qui repose dans le Cimetière Saint-Thomas-d’Aquin, à Compton; le libéral Pierre Elliot-Trudeau qui est dans le cimetière de Saint-Rémi de Napierville; et, le progressiste-conservateur Brian Mulroney au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

Au fil des prochains mois et possiblement deux ou trois ans, je poursuivrai mes visites de ces lieux méconnus et de plusieurs de ces leaders que nous avons souvent oubliés, mais dont le devoir de mémoire s’avère tellement important en ces années de cynisme politique.

PAROLE DE Josémaria Escriva


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (7) - En rappel

 

Le 11 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (7e partie de 10). Sujet: La famille.

TROIS-RIVIERES: Fête-Dieu


Fête-Dieu

Environ 125 personnes (pour la plupart des aînés) ont participé à la procession de la Fête-Dieu de la paroisse Ste-Marie-Madeleine à l'occasion de la fête liturgique du saint sacrement. En ce beau dimanche ensoleillé, les croyants rassemblés pour exprimer leur foi ont emprunté les rues De Blois, Loranger et Rocheleau pour se rendre au reposoir installé à l'arrière du couvent des Filles de Jésus sur la rue Notre-Dame, près du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Cette manifestation religieuse était présidée par Gaston Morin, curé de la paroisse.

(Article de Benoit Voyer, Hebdo journal, 16 juin 1996. Par manque d’espace dans le journal, le texte n’a pas été publié)

10 septembre 2025


LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (2)


LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (2)


ARTICLE DU JOUR: L’immaculée Conception

L’immaculée Conception

Par Benoit Voyer

10 septembre 2025

Le 8 décembre 1854, paraissait la Constitution apostolique Ineffabilis Deus du pape Pie IX. Dans cette déclaration, le chef des catholiques instituait le dogme de l’Immaculée Conception. Il écrivait : « Nous déclarons, prononçons et définissons : la doctrine qui tient que la Très Sainte Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège singulier de Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur du genre humain, a été préservée libre de toute tache du péché originel, a été révélée par Dieu et doit donc être fermement et inviolablement crue par tous les fidèles. »[1]

Dans sa déclaration, le souverain pontife affirme que Marie est la nouvelle Ève et qu’elle est sans souillure, « toujours absolument exempte de toute tache de péché, toute belle et parfaite, elle possède une telle plénitude d'innocence et de sainteté que, après Dieu, rien de plus grand ne peut être conçu, et dont aucun esprit, en dehors de Dieu, ne peut parvenir à saisir les profondeurs ». Elle est revêtue de « l’innocence originelle ».

Cette doctrine, qui existe depuis l'Antiquité, prend sa source dans les textes bibliques, particulièrement lors de l’apparition de l’Ange annonciateur à Marie et de la salutation qu’elle a reçue de la part d’Élisabeth, sa cousine. Pie IX écrit dans son décret : Puisqu’ils « considéraient que l'ange Gabriel, en annonçant à la Très Sainte Vierge la dignité exaltée de la Mère de Dieu, l'avait, par l'ordre de Dieu lui-même, appelée pleine de grâce, [ils] enseignèrent que par cette salutation singulière et solennelle, jamais entendue auparavant, il était démontré que la Mère de Dieu était le siège de toutes les grâces de Dieu, ornée de tous les dons de l'Esprit divin ; elle était en effet un trésor presque infini et un abîme inépuisable de ces mêmes dons ; de sorte que, non seulement elle ne fut jamais soumise à une malédiction, mais encore, avec son Fils, elle participa à une bénédiction perpétuelle : digne d'être appelée par Élisabeth, mue par l'Esprit de Dieu : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1, 42). » »

Les articles 490 et 491 du Catéchisme de l’Église catholique reprennent en quelques mots ce décret : « L’ange Gabriel, au moment de l’Annonciation, la salue comme "pleine de grâce" (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu. Au long des siècles, l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX ».[2]

Et Pie IX ajoutait : « La Très Glorieuse Vierge, par qui le Tout-Puissant a fait de grandes choses, a brillé d'une telle abondance de dons célestes, d'une telle plénitude de grâce et d'une telle innocence qu'elle est devenue, pour ainsi dire, le miracle de Dieu par excellence, le sommet de tous ses miracles, et une digne Mère de Dieu ; de sorte que, placée, autant qu'une créature le peut, au plus près de Dieu, elle a surpassé toutes les louanges des hommes et des anges. Aussi, pour démontrer l'innocence et la justice originelle de la Mère de Dieu, non seulement ils la comparaient très souvent à Ève, encore vierge, encore innocente, encore incorruptible, et non encore trompée par les pièges mortels du serpent menteur, mais ils la préféraient aussi par une merveilleuse variété de paroles et d'expressions. Car Ève, malheureusement, ayant écouté le serpent, est tombée de son innocence originelle et est devenue son esclave ; au contraire, la Très Sainte Vierge augmenta continuellement le don qu'elle avait reçu à son origine, et, loin d'écouter le serpent, avec l'aide divine, elle détruisit complètement sa violence et sa puissance. »

Fête de l’Immaculée Conception
En décembre 2024, sur Zenit, Anne Van Messis expliquait que « la fête de l’Immaculée Conception se situe dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent. Elle invite les fidèles à rendre grâce pour la mission exceptionnelle reçue par la Mère de Dieu. Elle rappelle que Marie a été préservée du péché originel dès sa conception, et a été choisie pour porter en son sein le Sauveur du monde. »[3]

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[1] Pie IX. Constitution apostolique « INEFFABILIS DEUS ». Définition dogmatique de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, 8 décembre 1854 https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/18541208-costituzione-apostolica-ineffabilis-deus.html
[2] Catéchisme de l’Église catholique, nos 490 et 491 https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1H.HTM
[3] Anne Van Merris. L’Église célèbre bientôt l’Immaculée-Conception, Zenit, 3 décembre 2024 https://fr.zenit.org/2024/12/03/leglise-celebre-bientot-limmaculee-conception/


PAROLE DE Josémaria Escriva


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (6) - En rappel

 


Le 10 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (6e partie de 10). Sujet: Le pouvoir d'achat des contribuables.

TROIS-RIVIERES: Chambre de commerce de Trois-Rivières


Une couleur plus maternelle

Fernande Boisvert a 52 ans. Cette charmante dame vient d'être nommée, le 29 mai dernier, présidente de la Chambre de commerce du district de Trois-Rivières. La première femme en 115 ans d'histoire. Dans sa grands simplicité, elle ne cache pas qu'elle n'a rien perdu de sa naïveté d'enfant. Joviale à sa façon, elle a une fraîcheur d'âme qui ne laisse guère indifférent. Une simple rencontre suffit pour attraper son contagieux virus de l'optimisme.
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Benoit Voyer
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"A la Chambre, j'aimerais enrichir les plus jeunes de mon expérience et apporter une couleur plus maternelle au regroupement. J'adore les gens, je ne vis que pour l'humain. J'ai un tempérament qui aime aller chercher les valeurs profondes des gens", confiait-elle au journaliste de L'Hebdo Journal.

Elle veut faire sa part pour l'association en donnant un peu plus d'elle-même. Depuis 13 ans, elle participe aux activités de la Chambre de commerce pour se faire des contacts utiles au développement de son entreprise, le groupe SFP (Secrétariat plus). Elle le dit sans honte. Sa nouvelle implication est une façon de dire merci pour les bons services rendus à sa business.

Fernande Boisvert n'hésite point à s’engager bénévolement au service de la collectivité. Elle a particulièrement aidé le FAR à Cap-de-la-Madeleine (une maison pour les femmes en difficultés) et à la Chambre de commerce du district de Trois-Rivières.

Les téléspectateurs de RDI l'ont vu à l'émission "Au travail". De plus, elle signe une chronique dans un journal local. Enfin, dans son entreprise, elle reste souvent après les heures d'ouverture pour se mettre à l'écoute de ses employés qui traversent des instants plus pénibles.

C’est donc une femme qui n'a pas peur de s'investir. "Je ne suis pas Mère Thérèsa" tenait-elle à préciser.

Situation de l'emploi
Les statistiques disent que la situation de l'emploi est difficile dans la région de Trois-Rivières... "Je ne crois pas à cela, rétorquait tout-de-go cette mère d'une jeune fille de 22 ans. Mon travail est de trouver des employés aux employeurs. Je comble 82% des postes. 18% ne le sont pas. Je perds souvent des contrats parce que je ne trouve pas de personnel qualifié!"

Sur le marché de l'emploi, il manque des candidats bilingues et prêts à travailler 6 mois par année. Une difficulté... les individus ont peur d'essayer un nouveau travail pour un ou deux mois. Pour besogner aujourd'hui, il faut savoir être flexible et poursuivre sa formation.

Un travail d'équipe
"Je ne serai pas seule sur la place publique. Je veux en faire un travail d'équipe. Chaque membre de l'exécutif a sa force! De plus, je ne suis pas une revendicatrice. Pour avancer dans la vie, il n'est pas nécessaire de crier. J'aime mieux être que paraître", concluait Fernande Boisvert.

(L’Hebdo Journal, 9 juin 1996, p.3)

9 septembre 2025


A ne pas manquer sur

LE BALADO: A quoi sert la spiritualité (1)


ARTICLE DU JOUR: La Croix du Mont Royal

La Croix du Mont Royal

Par Benoit Voyer

9 septembre 2025

La veille de Noël 1642, quelques mois après la fondation de Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Pierre débordent.

À l’époque, la rivière Saint-Pierre prenait sa source dans les petits ruisseaux du mont Royal. Une branche se dirigeait dans le fleuve pas très loin de l’aqueduc montréalais, dans l’actuel arrondissement de Verdun. L’autre branche se terminait à la Pointe-à-Calière. Pas très loin de la falaise Saint-Jacques, elle remplissait le lac à la Loutre, qui était situé sur le site de l'actuel échangeur Turcot. L’île était jadis une grande forêt. De nos jours, avec l’urbanisation massive, la petite rivière a été canalisée.[1]

Paul Chomedey de Maisonneuve est inquiet. Il craint que des inondations envahissent le fort de Ville-Marie.

Homme de profonde foi chrétienne, il plante une croix près de la petite prière et s’en remet à la Providence divine pour sauver le fort. Il fait la promesse à son Dieu de planter une croix sur le mont Royal si l’emplacement est sauvé des eaux. Quelques heures plus tard, elles se retirèrent.

Au printemps 1643, il réalise l’objet de sa promesse. Dans les environs de l’actuel Grand Séminaire de Montréal, au nord de la rue Sherbrooke, une croix est érigée. Le site est davantage accessible que la cime du mont Royal. Cette croix est renversée et remplacée en 1650.

À partir de 1874, la Société Saint-Jean-Baptiste sème l’idée d’une nouvelle croix. La réalisation du projet se réalisera en 1924.

Initialement, on voulait recouvrir la croix de granite et aménager des observatoires dans chaque bras. Malheureusement, faute de financement, on opta pour une structure plus simple en métal. D’ailleurs, c’est grâce au travail des enfants montréalais que la croix a vu le jour. Dans les écoles, une vente de timbres faite par les élèves des écoles primaires et secondaires a été organisée. Vendus au prix de 5 cents chacun, la campagne de financement a permis d’amasser 15 000 $. Le terrain a été donné par la ville. [2]

La croix a été érigée par la Dominion Bridge Company. La société Montreal Light, Heat and Power, ancêtre d’Hydro-Québec, alimente en électricité les 240 ampoules de 50 watts qui illuminent la structure. D’ailleurs, chaque fois qu'une ampoule brûlait, un technicien devait escalader la structure pour la remplacer. En 1992, on dote la croix d'un système d'alimentation en fibre optique et d'ampoules DEL dont les couleurs peuvent être modifiées à distance en appuyant sur un bouton.

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[1] Wikipedia. Rivière Saint-Pierre (Montréal) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rivi%C3%A8re_Saint-Pierre_(Montr%C3%A9al)
[2] Patrick MacIntyre. Il y a 100 ans, la croix du mont Royal s’illuminait pour la première fois, Ici Radio-Canada, 24 décembre 2024 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2129065/centieme-anniversaire-croix-mont-royal

PAROLE D'Éric Duhaime


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (5) - En rappel


GRANBY: Les Trinitaires ne battent pas en retraite


Les Trinitaires ne battent pas en retraite

Par Benoit Voyer
(Collaboration spéciale)

GRANBY- Le Monastère des Trinitaires lancera, dans quelques jours, sa programmation 1996-1997. Le nouveau "feuillet des retraites" sera tiré à 25 000 exemplaires. Ce moment est très attendu par la clientèle de ce centre de ressourcement spirituel catholique de renommée mondiale.

Au long de la prochaine année, les activités du Renouveau charismatique seront moins importantes que par le passé. La raison est simple: le mouvement a de moins en moins d'adeptes au Québec Pourtant, autour du globe, il ne cesse de faire accourir les foules.

Le lieu de ressourcement intérieur affiche 27 retraites à son programme. Mais ce sont les nouveautés qui attirent l'attention.

Le public sera ravi par les "soirées-conférences du monastère", une série de dix causeries données en collaboration avec le Centre des nouvelles religions de Montréal. Les thèmes s'annoncent intéressants: "Les nouvelles religions, signes des temps" (18 septembre); "L'Église et les nouvelles religions" (2 octobre); "La panique satanique" (16 octobre); "Spiritisme, ses jeux et ses enjeux" (30 octobre); "La spiritualité attire-t-elle les jeunes dans les nouvelles religions?" (13 novembre); "les révélations privées et le channeling" (27 novembre); et quatre autres sujets pour 1997.

Les conférenciers seront de véritables spécialistes. La plupart proviennent du milieu universitaire.

"Le monastère est au service de plusieurs groupes dont les membres sont familiers avec le mode de vie des Douze étapes", explique le nouveau dépliant.

"Des "meeting intensifs" pour les personnes ayant divers problèmes de consommation d'alcool et/ou de drogue et des troubles de comportement reliés aux émotions et autres sont régulièrement donnés dans notre maison de ressourcement."

L'horaire de ces sessions est disponible sur demande.

Un lieu de repos
Plus besoin de chercher une abbaye au loin pour prendre congé de la société. Le monastère offre aux personnes qui sentent un besoin de se reposer, de méditer ou de prier, le chance de se retirer à la Solitude, une section de ce grand bâtiment autrefois destinée au noviciat des Trinitaires.

Pendant leur séjour, les retraitants peuvent rencontrer un prêtre, un religieux, une religieuse ou un sage laïque. Par ailleurs, ils sont invités à participer aux moments de prière de la congrégation fondée par Jean de Matha.

La Christothérapie est une autre nouveauté de la maison du boulevard Robert. Il s'agit d'une démarche de guérison intérieure. Cette expérience de psychothérapie spirituelle qui se réclame de la foi catholique est un chemin proposé pour rencontrer Dieu qui, par la prière, guérit les blessures de l'âme.

Pour bien vivre ce week end, il est proposé de suivre, préalablement, un temps d'Agapethérapie. Les deux démarches se ressemblent, mais celle-ci est plus adaptée aux non-initiés.

Du 27 au 29 septembre,  la salle Jean-Paul Regimbal du monastère sera l'hôte du congrès charismatique du diocèse de Saint-Hyacinthe.

Ce rassemblement fait suite au congrès spécial de l'an dernier qui rassemblait 2000 personnes venues commémorer le 25e anniversaire du renouveau charismatique.

Enfin, le père Emilien Tardif, un leader mondial du renouveau dans l'Esprit saint, sera de passage dans la région granbyenne, le 14 juin 1997. Il animera une journée bien spéciale.

Pour ce missionnaire du Sacré-Coeur qui rassemble des foules de par le monde, rien n'est impossible à Dieu.

(Le Plus de la Voix de l’Est, 16 juin 1996, p. 20-21)

8 septembre 2025



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LE BALADO: Mythologie et spiritualité


ARTICLE DU JOUR: État de ma recherche sur René-Étienne Voyer


État de ma recherche sur René-Étienne Voyer

Par Benoit Voyer

8 septembre 2025

La recherche sur René-Étienne Voyer, mon cinquième arrière-grand-père et premier descendant de cette lignée de la famille Voyer en Amérique est en arrêt depuis plusieurs mois. J’espère pouvoir m’y remettre prochainement.

Comme je vous l’ai déjà raconté, à la fin du mois d’août 2024, ma conjointe Manon et moi avons analysé les registres de la paroisse Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée, devenue un quartier de la municipalité de Beaufort-en-Anjou, dans la région française de Maine-et-Loire, afin d’y retrouver des traces d’Étienne et de sa famille. Mon seul repaire était qu’il serait né “en” ou “vers” 1714. Page par page, nous avons regardé toutes les entrées de 1709 à 1724. Ce travail de moniale a changé la direction de la recherche.

Manon a retrouvé les parents d’Étienne, René Voyer et Marie Bélanger, et les traces de trois de leurs enfants: René (1715), Marie (1717) et Adrien (1721). En revanche, dans la période de recherche, aucune trace d’Étienne.

Il m’est revenu le souvenir de la lecture de la thèse universitaire de Josiane Paul publié sous le titre: “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France 1723-1749" (Septentrion, 2008). L’historienne y explique qu’il arrivait souvent que les petits trafiquants de sel condamnés par la justice royale française à l’extradition dans les colonies changeaient de noms ou de prénoms sur le bateau entre la France et leurs destinations.

Aussi, je me suis souvenu de la recherche du faux-saulnier Pierre Rossignol du May, premier ancêtre d’une famille Dumais en Amérique menée par une équipe de quatre chercheurs: deux en Europe et deux en Amérique. Le Pierre Dumais d’Amérique était en réalité le Pierre Rossignol d’Europe. Le choix de son nouveau nom de famille s’explique par le fait qu’il est de l’ancienne région française du May.

Il est maintenant d’une évidence qu’Étienne Voyer est dans les faits René Voyer, né le 17 décembre 1715, à Beaufort-en-Vallée, l’ainé du couple Voyer-Bélanger. “Étienne” serait une déformation calligraphique de “Et renne” Voyer. En lisant les registres paroissiaux d’autrefois, on constate qu’il est facile de confondre la lettre « r » avec un « i ».

Ainsi donc, à partir d’aujourd’hui jusqu’à preuve du contraire, je parlerai de René Étienne Voyer. René pour sa vie européenne et Étienne pour les citoyens d’Amérique.

Dès que je pourrai, je poursuivrai l’analyse des registres de Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée de 1724 à 1744, année de son arrivée au port de Québec. Les autres registres de l’actuelle municipalité de Beaufort-en-Anjou devront aussi être scrutés afin de confirmer mon hypothèse hors de tout doute. C’est donc une histoire à suivre.

PAROLE D'Elvis Gratton


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (4) - En rappel


TROIS-RIVIERES: 100 000 personnes à la neuvaine


100 000 personnes à la neuvaine

100 000 pèlerins ont pris part à la neuvaine de l'Assomption qui avait lieu du 7 au 15 août. C'est 10 000 individus de moins que L'an dernier.
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Benoit Voyer
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Malgré cette baisse de popularité, la journée de clôture de ce temps de prières attirait une foule record. A la messe de minuit, notamment, les places assisent étaient rares. La plus belle surprise fut la forte participation à la dernière procession aux flambeaux dans les jardins du sanctuaire.

"On a eu affaire à un tout nouveau public, cette année", dit le père Yoland Ouellet.

Il croit que le beau temps, la télédiffusion des prédications de la neuvaine sur l'ensemble du réseau des télévisions communautaires de Vidéotron et le succès de la publicité soient à l’origine de cette manne de nouveaux pèlerins.

(L’Hebdo Journal, 25 aout 1996, p.4)

7 septembre 2025


ARTICLE DU JOUR: 37e anniversaire de décès de Jean-Paul Regimbal


Il y a 37 ans, Jean-Paul Regimbal quittait ce monde

Par Benoit Voyer

7 septembre 2025

Ce 8 septembre est le 37e anniversaire du décès de Jean-Paul Regimbal.

Né le 4 juillet 1931, le père Jean-Paul Regimbal a été un véritable phénomène de l’histoire religieuse du Québec, du Canada et du monde catholique. A son époque, il a laissé bien peu de gens indifférents. Les uns étaient favorables à sa cause. Les autres le voyaient comme un illuminé ayant ramené le fondamentalisme en terre québécoise ou encore ils se moquaient de ce qu’on qualifiait d’exagérations ou de sensibleries religieuses.

Au Québec, dans notre mémoire collective, peu de religieux ont laissé une telle trace. Comme Victor Lelièvre, Henri Roy et plusieurs autres, il a laissé la sienne. Il est de cette race de passionnés qui a parlé de Dieu et qui a rejoint directement les attentes intérieures de milliers de personnes.

Jean-Paul Regimbal était un passionné. Il avait la passion des choses divines. Il s’est donné corps, âme et esprit pour ce Jésus qui a séduit son cœur. Il n’a jamais compté les heures. « Reposez-vous donc un peu! », lui disaient des confrères. « Je me reposerai lorsque je serai dans ma tombe! » répondait-il impulsivement, le sourire aux livres, puisque Jean-Paul avait un bon sens de l’humour.

Plusieurs de ceux et celles qui l’ont connu personnellement sont décédés. Néanmoins, il en reste quelques-uns. Je fais partie de ceux-ci.

Lui et moi
Le père Jean-Paul Regimbal est étroitement lié à mon histoire personnelle et familiale.

A partir de janvier 1974, ma mère le suit et s’impliquera à la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires, à Granby.

En 2024, a 90 ans, il lui arrive encore, sporadiquement, d’aller faire acte de présence aux retraites spirituelles du père Michel Vigneau. Michel a connu maman alors qu’il était jeune novice. Ainsi, en 2024, il y a plus de 50 ans que maman fréquente les Trinitaires et leurs retraitants.

De mon côté, j’étais présent la première fois qu’elle a participé à une soirée de prière du lundi animée par le père Jean-Paul Regimbal. J’avais 7 ou 8 ans, si mon souvenir est bon. Bien entendu, je m’en souviens, même si je me suis endormi à ses pieds sur une couverture. C’était une longue soirée pour un jeune garçon.

Plusieurs années plus tard, mon père fera de même. Devenu un visage familier dans le réseau granbyen du père Regimbal, il sera le dernier à le visiter à l’hôpital de Granby le soir de son décès, le 8 septembre 1988.

Une mission particulière
Un jour, en tête à tête, Jean-Paul me dit : « Je me permets une petite confidence. Dans la prière, le Seigneur m’inspire. Souvent, il met dans mon cœur des certitudes. Lui, il est appelé à ceci. Un autre est appelé à ça. Et, étonnamment, grâce à l’Esprit saint, je suis bien aiguillé. Mais depuis quelques années, je n’y arrive pas avec toi. Ma seule certitude est que tu es appelé à une mission particulière, c’est-à-dire a quelque chose que le Seigneur sait et qu’il te révélera lui-même ». Il m’a fallu longtemps pour comprendre cette chose si simple.

A l’automne 2023, en effectuant mon travail de relecture de vie, j’ai pris conscience – Et ça a été comme une révélation pour moi – qu’une grande partie de mon histoire personnelle et familiale est mêlée de près ou de loin au père Jean-Paul Regimbal et à son ordre religieux.

Je l’ai assez bien connu. Je dis assez bien, puisque j’ai reçu, au fil des années, plusieurs confidences de ses frères Trinitaires et de personnes qui l’ont connu.

Jean-Paul était un homme fort intelligent, ayant une grande foi en la Trinité, loyal à son ordre religieux et à l’écoute de ses supérieurs. Et surtout, il avait un grand amour pour les gens qu’il côtoyait, en particulier pour ceux vivant des parcours de vie particulier et, pour reprendre l’expression, « pas toujours catholique ».

Ainsi donc, j’ai baigné dans l’univers de Jean-Paul, particulièrement chez les Trinitaires, à Granby, à partir de mes 14 ans.

Dès 1981, je m’ implique au sein de plusieurs de ses œuvres et j’en ai fréquentées plusieurs autres.

Plus tard, devenu adulte, lorsque je serai un artisan des médias, je poursuivrai ma découverte des suites de son travail apostolique.

Concrètement, j’ai été et je suis un témoin.

Chercher, lire, analyser et écrire
J’écris sur ma vie. Pour l’instant, ma démarche est simple et je souhaite qu’elle le demeure : Mon document autobiographique parle avant tout de mon univers personnel et des rencontres que j’ai eu le privilège de faire à titre de journaliste. En peu de mots : Je relate ce que j’ai vécu, lu et entendu au fil des ans.

Inévitablement, puisque son histoire croise la mienne de 1974 à 1988, j’écris sur le père Jean-Paul Regimbal.

En dépouillant le fonds d’archives que j’ai déposé à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska autour de l’an 2000 et à l’aide d’anciennes publications retrouvées aux Archives nationales du Québec (les miennes et bien d’autres), je résume - si possible de manière chronologique – tous les documents que je peux consulter.

A la fin du mois de décembre 2023, j’ai retrouvé un petit opus que j’ai écrit en 1998. Il s’appelle « Nul n’est prophète… - Jean-Paul Regimbal et son œuvre ». A cette époque, j’étais responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby. Ma petite recherche visait à rédiger quelques « trucs » sur le père Trinitaire en vue d’une fête ayant pour but de souligner le 10e anniversaire de son décès. Le texte a servi à la rédaction d’articles qui ont été diffusées dans plusieurs publications et au contenu de l’émission radiophonique « Rencontre spirituelle » a Radio Ville-Marie et a une conférence donnée par Raymond Beaugrand-Champagne, l’animateur de ce rendez-vous quotidien.

Bien entendu, afin d’en faire une analyse sérieuse et y retrouver des inspirations pour ma relecture de vie, je l’ai retranscrit. Durant mes heures de travail devant mon ordinateur – transcrire un long texte est un travail de moine -, j’ai fait de longues intériorisations. Puisque je suis un témoin, j’ai décidé de réécrire le document, d’en tirer les éléments autobiographiques et de poursuivre ce travail de recherche sur Jean-Paul Regimbal en résumant dans le nouveau texte tout ce que j’intercepte en effectuant mon travail autobiographique. En d’autres termes, je garde le focus sur mon premier objectif, mais en parallèle, je traite maintenant les documents en lien avec Jean-Paul en vue de faire une nouvelle petite biographique.

Jean-Paul Regimbal est-il un saint?
Je veux répondre à une question qu’on me pose souvent : Est-ce que Jean-Paul Regimbal est un saint?

Réponse : Je n’en sais rien.

Néanmoins, je me permets quelques commentaires.

Ma première réflexion est que Jean-Paul Regimbal est à regarder avec une pointe d’humour : Sa grande qualité d’émerveillement, son côté émotif (je rappelle que c’est à la base un artiste) et sa tendance à grossir les faits réels me font souvent sourire.

Comme je l’ai écrit, je travaille à résumer ce que j’ai en main à son sujet et à rendre témoignage de ce que j’ai vu, en entendu et vécu auprès de lui, mais j’aimerais bien que des théologiens, des psychologues et d’autres spécialistes scrutent Jean-Paul afin de découvrir d’autres angles de ce qu’il a été et son message humain et spirituel. J’avoue que Jean-Paul Regimbal est un sujet de recherche fort intéressant.

Cependant, sur le plan de religieux, sa grande foi, son intense désir de Dieu, son espérance exemplaire en celui-ci et son grand amour de la Très sainte Trinité et de ses contemporains sont des exemples à imiter.

De plus, les fondements de ses entretiens sur la foi sont d’une grande richesse même si parfois il avance des idées qui ne me plaisent pas ou qui me paraissent farfelues.

Ceux qui comme moi l’ont connu savent ce qui l’animait intérieurement : C’est de vivre totalement de l’esprit biblique, sans tiédeur. Son enseignement a toujours été un appel à faire l’option radicale de Jésus Christ et à entrer dans le mystère trinitaire.

De son côté, le Vatican demande d’être prudents sur le point de l’« officialité » de sa sainteté tant que les démarches d’usage ne seront pas commencées et complétées.

Voici les étapes que Jean-Paul Regimbal aurait à franchir selon la tradition de l’Église catholique :

Dans un premier temps, il faut qu’il y ait une volonté populaire pour que sa cause soit introduite au Vatican et, en second lieu, il y a une somme considérable de renseignements à réunir. Sur ce point, mon travail de recherche-rédaction peut devenir un bon élément de départ.

Enfin, il faut convaincre un des évêques des diocèses ou il a travaillé et habité de reconnaître en Jean-Paul Regimbal une trace de sainteté. Ces évêques sont ceux de Saint-Hyacinthe, de Saint-Jean Longueuil, de Montréal et de Sault Sainte-Marie.

Le diocèse qui présentera sa cause au Vatican devra recueillir toute la documentation possible qui permettra d’écrire une biographie critico-historique pour connaître le religieux dans ses moindres détails, de sa naissance jusqu’à sa mort.

Cette « biographie officielle » sera plus ou moins grosse selon les problèmes rencontrés. Elle aura de 500 à 1000 pages. Peut-être davantage! On appelle cette étude une « positio »

Une fois cette étape franchie, le Vatican s’attardera à la dimension théologique. Ce travail consistera à démontrer que cet homme originaire de l’Ontario a vécu l’Évangile de manière héroïque, c’est-à-dire au-dessus du commun des fidèles.

Quelques années plus tard, des historiens et des théologiens regarderont si le travail a été bien réalisé.

S’il n’y a pas d’obstacles sur la route, un comité de cardinaux scrutera le dossier et le recommandera au pape.

Entre le début et la fin du processus, au moins 15 années se seront écoulées. C’est à ce moment que le pape pourrait donner au père Jean-Paul Regimbal le titre de « vénérable ».

Ainsi nommé, les Catholiques seraient assurés que cet homme de foi est un véritable intercesseur auprès de Dieu. Avec ce titre, le « vénérable Jean-Paul Regimbal » devra tout de même se contenter de la ferveur privée des fidèles.

Pour être considéré comme un « bienheureux », il devra accomplir un miracle certifié par la médecine. Il faut une preuve qui ne laisse aucun doute qu’il est au royaume de Dieu, au paradis. C’est pour cela que l’Église exige un miracle. Le bienheureux Jean-Paul devra en accomplir un second pour être canonisé.

Le titre de « bienheureux » permet à un diocèse ou à une région ou à une congrégation religieuse de vouer un culte public au personnage.

Enfin, la canonisation proposera celui-ci comme un modèle à imiter par l’Église universelle. A ce titre, il aura une place particulière au calendrier liturgique. Habituellement, la fête liturgique coïncide avec la date du décès puisque c’est son entrée dans l’éternité, l’entrée dans la lumière divine.

Ainsi donc, si Jean-Paul Regimbal traverse ce processus, l’Église devrait souligner sa mémoire liturgique le 8 septembre, jour de son « entrée dans la gloire des bienheureux et saints du ciel ».

Autrefois, toute la documentation qui arrivait au Vatican était examinée par l’avocat de la cause qui démontrait l’héroïcité des vertus.

De son côté, le promoteur de la foi (vulgairement appelé « l’avocat du diable ») cherchait dans cette littérature ce qui était négatif. Le candidat était jugé à trois reprises.

Depuis 1983, les règles sont plus souples. Ce sont maintenant des historiens qui font un récit objectif du candidat.

S’il est impossible de répondre à certaines difficultés, a certaines objections, la Congrégation pour la cause des saints peut arrêter ou suspendre la démarche.

Ainsi donc, il est prématuré d’arriver à la conclusion que le père Jean-Paul Regimbal est un saint.

Il est cependant possible, à titre personnel, de croire qu’il est un fidèle intercesseur auprès de Dieu et de l’invoquer dans ses prières intimes. C’est ce qu’on appelle « la communion des saints ».

Pour les croyants, les défunts ne sont jamais morts, ils sont auprès de Dieu. La profession de foi des Catholiques qui est proclamée d’une semaine à l’autre dans les célébrations eucharistiques fait référence à cela.

Ainsi donc, si on a foi au Dieu révélé par Jésus le nazaréen, on peut aussi inscrire la date du 8 septembre dans son agenda personnel afin de perpétuer sa mémoire.

Et en tout temps, on peut aller se recueillir sur sa dépouille au cimetière Saint-Antoine, à Longueuil, situé à quelques pas de la cathédrale du diocèse de Saint-Jean-Longueuil ou repose la bienheureuse Marie-Rose Durocher.

Une note : Le 29 mai 1998, a l’occasion d’une rencontre informelle a son bureau, à Montréal, le supérieur provincial des Trinitaires au Canada de l’époque, le regretté père Sylvio Michaud, m’a demandé d’être très prudent dans ma démarche de recherche, d’analyse et de rédaction parce que la sainteté de Jean-Paul Regimbal n’est pas encore reconnue par le Vatican. Bien entendu, je l’ai assuré être en accord avec lui et que ma démarche est d’ordre historique.

Je le pense vraiment : un Catholique qui veut vivre en communion avec la grande Église, respectera cela et, dans son discours, en fera référence. Élever Regimbal a la gloire des saints avant que la sérieuse enquête soit terminée, pourrait nuire au processus.

A mes yeux, la démarche d’enquête du Vatican est un acte de grande sagesse afin de ne pas présenter au calendrier des saints des personnes qui ne sont pas de vrais modèles.

C’est déjà arrivé qu’on ait dû retirer des saints du calendrier. Rapidement, il me vient à l’esprit les cas de saint Christophe et saint Alexis qui, en réalité, n’ont jamais existés.

En janvier 2024, il y a eu aussi l’histoire de la mystique italienne Luisa Piccaretta dont la béatification a été refusé par le Vatican.

Les difficultés relevées dans ses écrits étaient de nature à la fois…

a) Théologique : une conception de la divine Volonté trop mécanique et obsessionnelle ne semblant pas laisser à l’humain la possibilité d’exercer son libre arbitre;

b) Christologique : une doctrine de la réparation et de la spiritualité « victimale » n’intégrant pas le primat de l’amour miséricordieux, immérité et inconditionnel de Dieu et risquant d’annuler ou relativiser l’offrande libre et gratuite du Rédempteur;

c) Et, anthropologique : une spiritualité marquée par un pessimisme sur la nature humaine avec peu de références à la résurrection du Christ, à l’espérance chrétienne, à la grâce sanctifiante, à la bonté de la création et à la communion ecclésiale.

Appel à l’aide

Vous avez en main des documents à mon sujet ou au sujet du père Jean-Paul Regimbal (enregistrements audio et vidéo, correspondance, articles journalistiques, photographies, etc.) ? J’aimerais beaucoup en prendre connaissance. Tous documents que vous me donnerez (ou les copies) seront déposés à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska afin que les futures générations se souviennent de l’homme qu’il a été. Ces documents seront conservés dans les meilleures conditions archivistique qui soit et resteront disponible aux chercheurs.

ARTICLE DU JOUR: Jean-Paul Regimbal, celui qui a été un passionné de Dieu

Jean-Paul Regimbal


« Celui qui a été un passionné de Dieu »
Par Benoit Voyer

7 septembre 2025

Pendant quatre ans, c’est-à-dire à partir depuis juin 1984, année où il est opéré à « cœur ouvert » de toute urgence, Jean-Paul Regimbal en arrache avec sa santé. Il a des hauts et des bas, mais il n’est jamais assez bien pour reprendre le rythme de ses activités de la précédente décennie. C’est un vrai purgatoire pour lui. Les vieux catholiques diraient que c’est un temps de mortification qu’il traverse.

Bien entendu, à Rome, il travaille comme il peut, avec le père Armand Gagné, à la cause des chrétiens persécutés, mais étant souvent hospitalisé pour son asthme et divers petits bobos, c’est bien plus dans l’offrande de sa maladie à son Dieu qu’il lutte contre les persécutions religieuses.

Je l’entends encore dire, lors d’une conférence donnée entre 1981 et 1984 : « un jour, le renouveau charismatique passera et fera place à un renouveau mystique ». N’est-ce pas ce qu’il est en train lui-même d’expérimenter?

A l’été 1988, Jean-Paul est hospitalisé à nouveau. Cette fois-ci, il fait un séjour dans le milieu hospitalier sherbrookois.

C’est par l’intermédiaire de ses confrères qu’il sera informé de la canonisation de Simon de Rojas, un prêtre trinitaire espagnol, né le 28 octobre 1552 et mort le 29 septembre 1624, dont il a tant parlé depuis son entrée dans l’Ordre religieux, en 1949. La grande célébration a lieu le 3 juillet 1988, sur la Place Saint-Pierre.

Au Stade olympique de Montréal en 1977
Regain d’énergie

A la fin de l’été 1988, le père Jean-Paul Regimbal se sent bien. Il reprend quelques activités dans le but de reprendre son ministère comme il le faisait avant l’épreuve de la maladie. Il souhaite recommencer à animer des ressourcements spirituels.

Les mardis 30 aout et 6 septembre 1988, en soirée, il anime l’heure de prière devant le saint-sacrement dans la chapelle de la maison des Trinitaires, à Granby.

Entre temps, le 5 septembre 1988, il se joint au groupe de prière charismatique qu’il a fondé en 1970, afin de prier avec les gens. Il préside la messe du jour.

Mes parents sont présents. Ils sont très heureux de le revoir. Ils me reparleront souvent de cette joie. C’est comme si leur frère de sang était revenu pour un repas de famille ou pour veiller au salon avec eux.

Malheureusement, Jean-Paul n’est pas encore vraiment prêt physiquement au rythme de travail qu’il veut s’imposer. Il s’épuise rapidement. D’ailleurs, le père Claude Choquet, son supérieur, l’invite à ralentir un peu ses activités. Jean-Paul lui répond par une boutade : « Quand je serai mort, je ne travaillerai plus ».

Le 7 septembre 1988, Jean-Paul se rend au Centre hospitalier de Granby pour un léger malaise. Les médecins le garde sous observation pour quelques heures.

En cette matinée du 8 septembre 1988, Jean-Paul Regimbal se sent mieux et croit qu’il pourra sortir du Centre hospitalier de Granby en après-midi ou le lendemain afin de poursuivre son ministère sacerdotal.

Vers 11h, Léon-Pierre Étier le visite. « Je vais sortir cet après-midi », lui dit-il.

Finalement, il passe la soirée de ce jeudi dans sa chambre avec quelques proches et amis.

Le père Choquet est du nombre. Jean-Paul lui paraît calme et heureux. Il lui dit qu’il sera à la maison de retraites spirituelles pour célébrer la messe du dimanche.

Mon père est son dernier visiteur. Ils échangent. Jean-Paul donne un conseil de vie spirituelle à papa : « Roméo, continues de croire et d’aimer l’Eucharistie! ». Ce seront ses dernières paroles avant les salutations d’usage.

A ce moment, personne ne sait ce que prépare la Vierge de la Nativité. « La visite partie », Jean-Paul Regimbal reçoit fort probablement la visite du personnel infirmier, prie, se couche pour la nuit, s’endort et son âme quitte son corps. Il passe des ténèbres a la lumière. Par la main, Marie le conduit à son Fils. Il a 57 ans.

En revoyant en un éclair le fil de sa vie dans la l’intense lumière du dernier souffle, il a dû se souvenir de ce qu’il écrivait en 1958 : « Nous sommes tous en marche vers l’éternelle patrie et notre court passage sur la terre n’a d’autre fin que de nous préparer le plus parfaitement possible à notre occupation céleste : connaitre, aimer et servir Dieu à jamais. »

Humainement parlant, vers 22h45, Jean-Paul Regimbal décède, en douceur, d’une défaillance cardiaque.

Durant ce temps à la télévision française de Radio-Canada, « Le Point » présente la deuxième partie d’un reportage baptisé « Les Palestiniens » qui témoignent de leurs vies, de leurs aspirations et du sens de leurs luttes dans les territoires occupés où se multiplient les affrontements quotidiens avec l’armée israélienne ». Voilà un dossier qu’aurait apprécié Jean-Paul, lui qui était préoccupé par cette question d’actualité.

Derniers hommages

La nouvelle de son décès circule rapidement dans les chaumières granbyennes et puis partout au Canada francophone. Je suis très affecté par son départ. En secret, je verse des larmes. J’espérais tant le revoir pour avoir quelques conseils. Papa et maman sont sans mots. Je les ai rarement vus si tristes.

Sa dépouille est exposée les samedi et dimanche, 10 et 11 septembre 1988, dans la grande salle des retraites spirituelles de la maison des Trinitaires, à Granby, salle qu’il a fait construite dix ans plus tôt. Les visites sont de 10h à 22h. C’est la Maison funéraire Girardot et Ménard qui s’occupe de la direction des funérailles.

Plusieurs centaines de personnes viennent lui rendre un dernier hommage. Bien entendu, je suis du nombre. J’y passe quelques heures. Mes parents font de même.

Plusieurs congrégations religieuses envoient un représentant afin de remettre un message de condoléances à sa famille et à ses confrères.

Sur la photographie publiée dans le quotidien La Voix de l’Est du 12 septembre 1988, il est possible de reconnaître le père trinitaire Yvon Samson, Sœur Jacqueline Lacroix, Jocelyne et Yves L’Étoile. J’étais à quelques pas lors du passage du journaliste.

Funérailles

Le 12 septembre 1988, à 14h, on célèbre les funérailles de Jean-Paul Regimbal. En cette superbe journée ensoleillée, l’église Sainte-Famille, rue la rue Principale, à Granby, est pleine à craquer. Bien entendu, je suis présent. Je suis debout à l’arrière de l’église, car je ne peux pas rester jusqu’à la fin puisque je suis attendu à 16h à l’usine de tapis Peeters pour une soirée de boulot.

La messe funéraire est présidée par Mgr Louis Langevin, évêque de Saint-Hyacinthe. Dans son homélie qui m’ennuie, il commente les lectures bibliques de la messe, résume en très peu de mots la vie de Jean-Paul Regimbal et lui adresse quelques humbles éloges :

« Le père Jean-Paul […] Conscient que Jésus Christ s’identifie à celui qui souffre, a celui qui est malade, dépouillé, prisonnier, détenu, il […] a eu le souci d’aider ces blessés de la vie. Il a été l’apôtre de la miséricorde.

Combien de personnes il a reçu et qui sont ressorties encouragées, stimulées et converties par l’Esprit saint qui agit en nous, qui habite en nous? […]

[Et puis, il] a lancé ce grand mouvement du renouveau charismatique au Canada. Il en fut un apôtre donné, avec ses limites, bien sûr, comme tout le monde, mais ses limites ne doivent pas nous empêcher de voir le bien qu’il a fait. Il a mis toutes ses énergies à faire connaitre ce mouvement et faire prendre conscience du rôle central de l’Esprit saint dans la vie de l’Église. […]

Le père Jean-Paul a été aussi l’apôtre de la Parole de Dieu, c’est-à-dire un évangélisateur. Il avait cette passion de faire connaitre la Parole de Dieu pour que les baptisés en vivent vraiment. Sa voix chaude et claire a retenti un peu partout et nous lui en sommes reconnaissants profondément. […]

C’est son amour de l’Église qui a poussé le père Jean-Paul à dépenser beaucoup d’énergies pour le renouveau charismatique. Le père Jean-Paul a aimé l’Église. Il a aimé le pape et les évêques. Je peux l’affirmer l’ayant connu et l’ayant vu travailler dans le diocèse et ailleurs. […]

Le père Jean-Paul a été un bon religieux trinitaire; il aimait sa communauté et ses confrères, il a été un bon prêtre, fidèle à son sacerdoce et a ses engagements.

Le père Jean-Paul est parti avec la conviction que ce fut pour lui une grande grâce d’avoir été appelé au sacerdoce et que cette grâce lui a apporté beaucoup de bonheur. […]

Que le Seigneur ressuscité daigne accueillir celui qui a été un passionné de Dieu. […] Nous ne verrons plus le père Jean-Paul! Nous n’allons plus l’entendre! Il vient de nous devancer pour rejoindre ceux et celles qui nous ont quittés. »

Le journaliste Daniel Paquette de la Voix de l’Est écrira le lendemain dans les pages du journal :

« Étonnamment, la messe s’est déroulée sobrement. Pas de bras levés vers le ciel, pas de prière spontanée, pas de chants en langue, pas d’imposition des mains, toutes ces manifestations extérieures habituelles aux charismatiques ont fait place à des larmes discrètes et a une participation intense aux chants et à la liturgie mortuaire ».

« A la sortie du cercueil de l’église, la foule a applaudi, quoique brièvement, le père Regimbal en hommage.

Une bonne centaine de disciples sont venus toucher de la main le cercueil pour y prier et se recueillir avant que celui-ci soit poussé à l’intérieur du corbillard. Pendant ce temps, au loin, les cloches de l’église Notre-Dame, la paroisse voisine, volaient dans le ciel de Granby.

La famille du défunt occupait quatre rangées derrière les pères trinitaires et plusieurs curés de paroisses de la région avaient revêtu l’aube. De plus, de nombreuses personnalités assistaient à la messe funéraire dont MM. Jean Lapierre et Roger Paré députés fédéral et provincial de Shefford, et MM. Mario Girard et Horace Boivin, respectivement maire et directeur des relations publiques de Granby ».

Après la célébration, la dépouille de Jean-Paul Regimbal est conduite au cimetière des Trinitaires, a Saint-Bruno-de-Montarville. Plusieurs années plus tard, sa dépouille , comme celles de ses confrères et consœurs, déménagera dans une section du Cimetière Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil. Dans la dernière rangée du cimetière, un petit et humble obélisque ou figure son nom est déposé par-dessus les quelques mètres qui le sépare de notre existence. Il est au royaume des morts, mais il demeure un éternel vivant dans le cœur de Dieu.

Lieu d'inhumation du père Jean-Paul Regimbal dans le Cimetière Saint-Antoine-de-Padoue, a Longueuil

ARTICLE DU JOUR: L’avenir du renouveau charismatique


L’avenir du renouveau charismatique

Par Benoit Voyer

7 septembre 2025

Pour Jean-Paul Regimbal, les œuvres tout comme les communautés religieuses sont des organisations temporaires qui répondent à un besoin du moment. Lorsque le besoin n’est plus présent, il ne faut pas s’attarder à les maintenir en vie. Il faut passer à autre chose. En fait, il faut répondre aux besoins de son temps. Il faut être à l’écoute des signes de l’Esprit saint.

Il pensait un peu la même chose du renouveau charismatique. D’ailleurs, il n’aimait pas lorsqu’on parlait du mouvement charismatique, comme si c’était un autre regroupement pastoral de l’Église. Pour lui, le renouveau en question, s’inscrit dans la réponse à la prière du pape Jean XXIII pour le Concile Vatican II, à l’automne 1962 : « Renouvelle tes merveilles en notre temps, comme par une nouvelle Pentecôte. Accorde à ton Église d’être, d’un même cœur, assidue à la prière de Marie, mère de Jésus, et sous la conduite du bienheureux Pierre, afin que puisse advenir le règne de notre Divin Sauveur, règne de vérité et de justice, règne d’amour et de paix. »

En 1979, dans ‘Selon la parole”, il discerne quelques grandes tendances qui se préciseront dans l'avenir [1]:

1-Tendance communautaire de plus en plus marquée selon des formes non prévues par le droit canon de l'Église et nos normes classiques d'évaluation.

2-Une grande vague mystique suivra la vague charismatique que nous connaissons présentement.

3- L'œcuménisme va franchir des bonds plus prodigieux dans les 25 prochaines années que durant les 75 dernières.

4- Des formes nouvelles d'engagement sacerdotal et de ministères pastoraux vont surgir dans l'Église, notamment au cœur de la masse ouvrière et au sein du mois insolite de ce que plusieurs appellent ‘les marginaux”.

En 1981 ou 1982, dans une conférence qu’il donnait à la maison de ressourcements spirituels des Trinitaires, à Granby, a laquelle j’assistais, le père Jean-Paul disait que le renouveau charismatique allait éventuellement céder sa place à un renouveau mystique au sein de l’Église. Il entrevoyait l’émergence d’une nouvelle génération de saints et saintes.

Alors, le renouveau charismatique initiée pat Jean-Paul Regimbal n’était pas là pour rester. Il répondait à un besoin de son époque et s’inscrivait dans la suite du Concile Vatican II. Mais comme on dit : l’Esprit saint souffle ou il veut et comme il veut. L’expérience spirituelle intense qui a déferlée à l’époque du Trinitaire pourrait ressurgir a tout instant.

____________________

[1] Cité dans : La Presse canadienne. Le renouveau charismatique promis à un avenir? Le Quotidien, 7 février 1979, p. D1

LONGUEUIL: Visite au lieu de sépulture du père Jean-Paul Regimbal


Benoit Voyer en visite a la tombe du père Jean Paul Regimbal, au Cimetière Saint-Antoine-de-Padoue, a Longueuil, le 6 septembre 2025, a l'occasion de son 37e anniversaire de décès survenu le 8 septembre 1988, a Granby.

PAROLE DE Jean-Paul Regimbal