ARTICLE DU JOUR: L’avenue Voyer, a Rimouski

Ambroise Voyer

Toponymie


L’avenue Voyer

Par Benoit Voyer

11 octobre 2025

C'est en l'honneur d'Ambroise Voyer (1833-1917), un pionnier de l'ancienne municipalité de Sainte-Cécile-du-Bic, qu'est nommée L'« avenue Voyer », à Rimouski. Ce chemin est aussi appelé « côte Voyer ». Jadis on parlait de la « route Voyer ».

Fils d'Éléonore Pelletier (1804-1881) et de Louis Voyer (1804-1886) – et fier descendant de René-Étienne Voyer (1714-1785) et de Magdeleine Dupont (1730-1812) –, Ambroise est né le 11 janvier 1833 à Saint-Pascal, Kamouraska, De tradition catholique, il est baptisé le lendemain dans l'église de l'endroit.
Gracieuse Langis
Le 22 septembre 1856, à l'âge de 23 ans, il épouse Hélène Fournier. À la suite du décès de cette dernière, le 11 février 1861, en l'église Saint-Germain, à Rimouski, il contracte un second mariage avec Gracieuse Langis (1838-1867). Ils donnent la vie à un fils à qui on donne le prénom de son père. Le 25 novembre 1873, à Saint-Alexandre, Kamouraska, en troisièmes noces, il unit sa destinée à Célina Gagné (1851-1940). Ces derniers auront seize enfants. Ils s'établissent pour la plupart dans la région de Rimouski.


Ambroise est un cultivateur prospère. Impliqué dans sa communauté, il fut l’un des cinq syndics élus en 1891 pour mettre à exécution le décret de Mgr Jean Langevin, évêque de Rimouski, permettant la construction d'une nouvelle église et d'une sacristie.



Ambroise Voyer quitte ce monde le 12 octobre 1917. Trois jours plus tard, on lui rend un dernier hommage et on prie pour son repos éternel en l'église Sainte-Cécile du Bic. Après la cérémonie, il est inhumé avec ses parents dans le cimetière de la paroisse.

Ambroise et Gracieuse reposent au cimetière du Bic


PAROLE D'Elvis Gratton

NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (20)


EUTHANASIE


Euthanasie

Les Pays-Bas viennent d'autoriser l'euthanasie sur les enfants âgés de moins de 12 ans. Dans le but de mettre fin à des souffrances intolérables, la décision de ce pays autorise à tuer des personnes humaines sans leur consentement. Un accord vient d'être signé entre les autorités judicaires des Pays-Bas et la clinique universitaire de Groningen. Celui-ci autorise à donner la mort douce à des enfants s'ils sont atteints de maladies incurables et victimes de grandes souffrances.

Aux Pays-Bas, l'euthanasie a été dé pénalisée en 1994. En 2002, une loi qui prévoyait déjà ce type de procédure médicale pour tous les malades incurables à partir de 12 ans, avec l'obligation de l'autorisation des parents jusqu'à 16 ans, a été votée, Selon des études officielles, l'euthanasie sur les adultes est déjà pratiquée dans ce pays même sur des cas curables, comme les patients souffrant de dépression, et dans laquelle elle est réalisée, selon l'avis du médecin, à travers des procédures illégales mais tolérées, même sur des patients non consentants.

Il y a lieu de se questionner sur le type de société que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants. La décision des Pays-Bas pourrait avoir des répercussions partout sur la planète, notamment au Canada.

Benoit Voyer
Sainte-Anne-de-Beaupré


(Le Soleil, 12 septembre 2004, p. B7)

10 octobre 2025

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ARTICLE DU JOUR: Gabriel Garneau est emporté par la pandémie en 1832

Gabriel Garneau repose au cimetière St-Charles sur le bord de l'avenue du Pont Scott

Gabriel Garneau est emporté par la pandémie en 1832

Par Benoit Voyer

10 octobre 2025

Né le 9 mars 1764, à L'Ange-Gardien, sur la Côte de Beaupré. Il est le fils de Pierre Garneau (1740-1815) et de Marguerite Julien (1739-1813). Le lendemain il est baptisé dans la tradition catholique.

Il épousera Marguerite Ouellet. Le 20 novembre 1797, ils signent un contrat de mariage chez le notaire Louis Cazes, à La Pocatière. Le 28 novembre, ils reçoivent le sacrement du mariage dans l’église catholique de Saint-Roch-des-Aulnaies.

Du 8 au 28 juin 1832, il y a une pandémie à Québec. Le choléra contamine la population. Durant cette période, les prêtres de la communauté catholique de Saint-Roch, à Québec, président les funérailles d’environ 195 paroissiens. La plupart des défunts sont inhumés dans le nouveau cimetière de la Pointe. Parmi les victimes figure Gabriel Garneau. Il décède le 16 juin 1832. Au registre, il est inscrit du prénom de Pierre.

En 1857, on ferme ce lieu de sépultures. Ses restes sont exhumés et inhumés à nouveau dans le cimetière Saint-Charles, à Sainte-Foy. Malheureusement, il n’y a aucune pierre tombale sur le site. 
Le terrain est sur le bord de l'avenue du Pont Scott, à quelques pas de la rivière Saint-Charles.

Sa conjointe finira ses jours à Saint-André-de-Kamouraska. Elle quittera ce monde le 28 octobre 1837. 

Gabriel Garneau est mon arrière-arrière-arrière-grand-père.



PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (19)


JUSTICE: Il tire sur ses agresseurs


Il tire sur ses agresseurs

Menacé de mort et la peur dans l'âme, Jean-Guy Blanchette, 63 ans, de Thetford Mines, a tiré avec son arme à feu enregistrée légalement sur quatre jeunes de 17 à 20 ans qui lui ont infligé sauvagement une série de coups de barre de fer. Il a posé son geste par légitime défense. Il a réellement craint pour sa vie. Heureusement, il ne les a pas tués.

Il n'est pas fier de son acte et il a raison. Son héritage chrétien semble lui avoir rappelé cette parole du commandement: Tu ne commettras pas de meurtre (Ex 20,13). Cependant, avait-il vraiment le choix? Son geste était-il moralement acceptable? Est-il légitime d'attenter à la vie d'autrui par légitime défense?

On sait que la vie humaine est sacrée et que la personne ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent. Cela est une règle de l'éthique chrétienne connue.

Par contre, il est légitime de faire respecter son droit à la vie. Qui défend sa vie n'est pas coupable de meurtre, même s'il est obligé de tuer son agresseur. Même le légendaire Thomas d'Aquin, l'auteur de la célèbre Somme théologique, est en accord avec ce point: (...) on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu'à celle d'autrui».

Ainsi, en tirant sur ses agresseurs. Jean-Guy Blanchette n'était pas seulement en droit, mais il était devant un devoir grave de mettre hors d'état de nuire ses assaillants.

Dans la situation tragique au cœur duquel il s'est retrouvé, et si les faits rapportés par les médias sont véridiques, le Beauceron a fait acte d'une remarquable qualité de juge ment. Maintenant, sera-t-il capable de pardonner?

Benoit Voyer Granby


(Voix de l’Est, 13 novembre 2004, p. 38)

9 octobre 2025


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ARTICLE DU JOUR: Le 10 octobre est la Journée internationale en santé mentale


Le défi de travailler en santé mentale

Par Benoit Voyer
9 octobre 2025

Depuis quelques années, chaque nuit, je travaille en santé mentale dans l’unité de soins psychiatriques d’un hôpital de la région de Lanaudière. Même si la passion est moins présente que jadis, j’aime beaucoup mon travail. La maladie mentale me fascine.

Pourquoi ai-je perdu la passion ? La réponse est simple : La maladie mentale use les intervenants et les infirmiers spécialisés. Ce boulot est demandant. Ce n’est pas tant de la patience qui finit par manquer, mais la compassion. Malgré tout, comme chacun de mes collègues, je garde mon professionnalisme.

Qu’est-ce qui nous use tant ? Bien des choses. Mais, j’ose en nommer deux. Il y a d’abord la violence de plusieurs patients désorganisés que nous devons gérer. À cela s’ajoute l’encadrement disciplinaire que nous devons assumer. Encadrer un patient avec un réel problème en santé mentale, c’est compréhensible. En revanche, la gérance de troubles de comportements, c’est-à-dire du monde simplement « mal élevé », demande bien de l’énergie.

Je pourrais aussi parler de la toxicomanie. Les drogues, même légales, sont une source de problèmes pour de nombreux patients. À mon avis, la légalisation de la marijuana n’a pas été une bonne chose pour les personnes qui ont un problème en santé mentale. Par moment, j’ai l’impression que notre milieu de soins est devenu un centre de désintoxication.

Un jour, il faudra que s’organisent des grands États généraux en santé mentale. Pour le bien des patients et une meilleure performance des milieux de soins, il faut une grande réflexion collective sur les soins que nous donnons au Québec. Le personnel de la santé fait en ce moment des petits miracles, mais il pourrait arriver à de meilleurs résultats en revoyant les protocoles. D’ailleurs, en janvier, j’ai proposé au comité de la conception du programme au Parti conservateur du Québec d’inscrire ces États généraux dans les priorités de la formation politique. L’affaire est restée lettre morte. Je n’ai même pas reçu un accusé de réception.

Ma consolation est que de nombreux patients repartent en meilleure condition qu’à leur arrivée et peuvent poursuivre leur vie quasi normalement grâce à la médication.

De mon côté, j’ai un autre défi quotidien. Le travail la nuit. C’est un choix que j’ai fait, bien entendu. Mais cela n’enlève pas la difficulté. Afin de récupérer, je dors deux fois par jour : le matin et en soirée. À cela s’ajoute très souvent une petite sieste durant ma pause. Durant les congés, je tente de dormir un peu la nuit, mais c’est comme si je dormais une sieste au cœur de l’après-midi. Depuis tant d’années à travailler la nuit, mon corps a changé son rythme de croisière. Je ne sais même pas si je serai capable de revenir à la normalité à ma retraite, dans 4 à 7 ans.  

Bon ! Bon !  Comme l’écrivait le frère Marie-Victorin à Marcelle Gauvreau, le 20 février 1937 : « On soulage ses maux en les racontant. » C’est peut-être un peu ça que j’ai fait aujourd’hui… Mais je voulais surtout que vous ayez une pensée pour ceux et celles qui travaillent auprès des personnes malades en cette Journée internationale de la santé mentale.


PAROLE DE René Lévesque

 


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (18)


POLITIQUE: Drôle de démocratie


Drôle de démocratie

Lundi, à peine le tiers des électeurs se sont rendus aux urnes pour élire André Boisclair et sa collègue Marie Malavoy. C'est triste pour un pays démocratique que si peu d'électeurs se fassent entendre. Pourquoi les gens ne se sentent-ils pas plus intéressés à exercer leur droit de vote ? Pourtant, lorsque les programmes des formations politiques traditionnelles, comme le PQ et le PLQ, ne plaisent pas, il est possible de donner son vote à un parti moins populaire, comme le Parti vert, ou un candidat indépendant, afin de s'exprimer. Drôle de démocratie.

Benoît Voyer

(La Presse, 16 aout 2006, p. A-21)

8 octobre 2025

 

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ARTICLE DU JOUR: Multiculturalisme, islamisme et immigration


Multiculturalisme, islamisme et immigration

Par Benoit Voyer
8 octobre 2025

La montée de l’islamisme au Canada indique que la philosophie multiculturelle et les politiques d’ouverture et de tolérance qui ont été adoptées par la classe politique depuis l’époque du premier ministre Pierre Elliott-Trudeau et continuées par son fils Justin, sont un échec. Elles conduisent aux mêmes troubles sociaux vécus en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l’Europe et pourraient même nous conduire à une dictature islamique d’ici 50 ans.

Le multiculturalisme propose une vision de la personne qui est déracinée de toute appartenance politique, religieuse, nationale, culturelle et historique. Il va même jusqu’à une décomposition de la civilisation occidentale. Volontairement, il cherche à déconstruire le monde ancien pour implanter de nouveaux modèles.

Dans le domaine de l’immigration, il implique une ouverture totale aux demandes des immigrants. Cela conduit à un déni de son identité nationale propre afin d’accueillir sans restriction celle de la personne qui est accueillie.

Sur ce point, Mathieu Bock-Côté écrivait dans son livre “Le nouveau régime : essais sur les enjeux démocratiques” (Boréal, 2017) : « Ce que les idéologues du multiculturalisme rejettent essentiellement, c’est l’idée qu’un “nous” historique et cohérent sur le plan culturel soit fondateur d’une communauté politique et que les nouveaux arrivants doivent en prendre le pli pour s’y intégrer. »

Avec l’immigration massive, on contribue à l'effacement culturel et à la chute des sociétés occidentales.

Comme Mathieu Bock-Côté et plusieurs autres observateurs et penseurs, je suis très préoccupé par l’islamisme. Ce courant radical d’origine chiite profite de cette ouverture multiculturelle pour s’incruster de manière permanente dans notre société.

On le voit, l’islamisme est un système politique et religieux impérialiste. Il parle de colonisation de l’Occident par leur nombre et par leur influence sur la pensée de chaque Occidental ou, en termes plus simples, de « coloniser les esprits ».

On le voit avec évidence en Europe, l’islam fait ouvertement une guerre aux institutions. La femme, le voile et la burqa sont, notamment, parmi les armes utilisées.

Mathieu Bock-Côté ajoute : « Ce qui heurte autant le commun des mortels dans le voile intégral, c’est qu’il représente un symbole agressif et militant du refus de l’intégration au monde occidental par une frange de l’islam qui ne doute pas de son droit de conquête. »

Il en va de même avec la prière en public, une autre de leurs armes.

L’islam politique est une théocratie avec son propre ensemble de lois. Cela amène plusieurs fondamentalistes musulmans à résister à l’intégration aux lois canadiennes, car ils veulent maintenir leur propre système juridique.

Un proche m’accusait, il y a quelques jours, de devenir intolérant. Pourtant, je ne suis pas le seul à parler de « l’invasion islamiste du Canada ».

En exemple, en 2024, si mon souvenir est bon, l’écrivain algérien Boualem Sansal disait à l’émission « L’Invité » sur TV5 Monde : « C'est idiot de séparer islam et islamisme. Au temps du prophète, des gens demandaient déjà l'application stricte de l'islam. De là à penser qu'il y a un islam modéré, c'est une analyse fausse. L'islam est conquérant, prosélyte. »

En 2024, dans plusieurs villes du pays, on a assisté à de grandes manifestations en faveur du Hamas. La rhétorique antisémite, accompagnée de vandalisme, de harcèlement et de perturbation de l’ordre public, est un comportement courant dans ces groupes extrémistes. Celui-ci est intolérable au Canada.

Au Canada, on doit freiner sans tarder l’immigration et arrêter d’accueillir les immigrés qui ne veulent pas s’intégrer aux valeurs de notre pays et qui veulent nous envahir et prendre le contrôle de nos institutions et de notre pays. Il faut une diminution de beaucoup plus que 20 % du nombre d’immigrants. Soyons plus fermes sur le nombre afin d’envoyer un message clair.

En matière d’immigration, notre priorité devrait être d’accueillir des immigrants économiques et des réfugiés appartenant à des groupes persécutés qui n’ont nulle part où aller dans les pays voisins. Je pense ici aux chrétiens, aux yézidis et aux membres de religions minoritaires dans les pays à majorité musulmane ou aux personnes qui sont persécutées parce qu'elles rejettent l'islam politique et adhèrent aux valeurs occidentales.

Et puis, comme l’a fait en 2024 la République du Tadjikistan, en Asie, où 97 % de la population est musulmane, le gouvernement canadien doit officiellement interdire le hijab islamique. Qu’attendons-nous pour dire avec fermeté comme le gouvernement du Tadjikistan que le hijab est une culture étrangère, une invasion culturelle et qu’ici, les femmes ne se couvrent pas les cheveux ?

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (17)


POLITIQUE: Layton: un défi ambitieux


Layton: un défi ambitieux

Jack Layton, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), a un défi ambitieux. Il espère remporter au minimum 43 sièges lors des prochaines élections canadiennes. Il rêve, mais de manière éveillée puisque son désir pourrait se réaliser. Tous les observateurs de la scène politique canadienne le savent, Layton dirige le seul parti politique fédéral qui arrive devant l'électorat avec des idées valables, nouvelles et audacieuses. Malheureusement, la force du Bloc québécois au Québec freine l'expansion de sa formation dans la province. Pourtant, les Québécois ne devraient pas craindre de voter pour sa formation. Bien au contraire, le NPD semble mieux placé que le Bloc pour défendre les intérêts nationalistes d'ici puisqu'il désire décentraliser le pouvoir vers les régions. Le projet néodémocrate favorisera de meilleures relations entre les gouvernements provinciaux et territoriaux et celui d'Ottawa et leur donnera davantage d'autonomie et de pouvoir. Ainsi, la montée nationaliste qui prend de plus en plus d'importance dans les régions canadiennes aura plus d'atouts pour se développer. Au Québec, cela ne peut qu'aider le peuple à se constituer en nation à part entière et cesser d'exister que dans les chansons.

Benoît Voyer Montréal

(La Presse, 18 mai 2004, p. A-20)

7 octobre 2025

 

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ARTICLE DU JOUR: Le prélude de la société catholique québécoise


Le prélude de la société catholique québécoise

Par Benoit Voyer

7 octobre 2025

Pendant environ 125 ans, l’Église catholique a été très présente dans la société québécoise. On pense de nos jours qu’il en a toujours été ainsi depuis l’époque de la colonisation française. Ce n’est pourtant pas la réalité. Dans la première partie des années 1800, le catholicisme est en sévère perte de vitesse. Les religieux, religieuses et membres du clergé sont de moins en moins présents dans la société. Et puis, dans l’ensemble, les catholiques sont de moins en moins catéchisés et mélangent leurs croyances avec d’autres. Le catholicisme se dirigeait droit dans un mur vers sa disparition.

Le 3 septembre 1840, l’évêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, reçoit de la grande visite. Venant à peine de débarquer du British America au port de Québec, après avoir parcouru une partie des États-Unis, Mgr Charles-Auguste de Fourbin-Janson, évêque de Nancy, en France, et fondateur de la congrégation des missionnaires de France, en 1814, répond à la demande de l’épiscopat de donner une série de sermons au Canada.

L’invité a la réputation d’être un grand orateur. « Il possède à un degré éminent la triple puissance du pathétique, de la logique et de l’enthousiasme, ce qui, joint à une phraséologie naturelle et intarissable », indique les Prémices des « Mélanges religieux »[1].

Sans tarder, le dimanche 6 septembre, il donne un premier grand entretien dans la cathédrale de Québec. Ne possédant pas d’organisme de loisirs culturels, les citoyens de Québec aiment se régaler de beaux discours. À entendre cet homme venu de loin, ils sont comblés.

Le lendemain, le journal Le Canadien [2] fait les éloges de l’évêque et annonce une grande retraite spirituelle : « Le sermon de Monseigneur l’évêque de Nancy, hier, dans la cathédrale de cette ville, a produit une impression des plus vives dans son auditoire, et il est devenu le sujet de toutes les conversations : en un mot on en est revenu tout enthousiasmé. Aussi est-ce une bonne nouvelle que l’on va recevoir avec infiniment de plaisir, lorsque nous dirons que ce vénérable prélat se propose de faire en cette ville une retraite de quelques jours, où chacun pourra aller se nourrir avec abondance de la parole de Dieu prêchée par une bouche éloquente. De Québec, Mgr de Nancy doit se rendre, dit-on, à Montréal et dans le Haut-Canada, puis au Détroit et à New York, et dans diverses autres parties des États-Unis, semant partout les fruits de son admirable prédication. Il fait espérer une nouvelle visite à Québec dans le cours de l’été prochain. »

La retraite spirituelle débute le 13 septembre. Elle ne devait durer qu’une semaine, mais devant l’affluence, elle sera prolongée. Le 28 septembre, le journal Le Canadien [3] écrit : « Hier s’est terminée la retraite, commencée il y avait deux semaines, à la cathédrale de cette ville, sous la direction de Monseigneur de Nancy. Cette retraite ne devait durer qu’une semaine, mais l’affluence des fidèles auprès des directeurs de leurs consciences a été telle, tant de monde a voulu profiter des avantages spirituels qu’offrait cette retraite, qu’on a dû doubler le temps qu’on lui avait d’abord destiné. Tel est l’effet du cours de prédications de ce prélat distingué ; il en dit plus que tout ce que nous pourrions rapporter, dans le cas où un pareil sujet tomberait dans les attributions du journalisme. Monseigneur de Nancy a prêché deux fois par jour la première semaine, et une fois la seconde, et chacune de ses improvisations durait une heure et demie à peu près. On avait réuni dans cette retraite les fidèles des deux paroisses de Québec et de St-Roch, la matinée pour les femmes, le soir pour les hommes, et chaque fois la cathédrale était encombrée de monde. On a calculé qu’il ne pouvait pas y avoir moins de 5 à 6000 personnes à chaque instruction.

Monseigneur de Nancy a su profiter de l’impulsion qu’il a imprimée à la population catholique de cette ville, pour encourager la formation d'une société de tempérance, sous les auspices des autorités ecclésiastiques, et avec des avantages et exercices spirituels, sur le modèle des sociétés recommandées par les évêques catholiques d’Irlande et des États-Unis. Ainsi le passage de ce prélat serait marqué par l’accomplissement d’une œuvre qui ne peut manquer d’influer beaucoup et d’une manière permanente sur le bien-être social de notre population. […]

Cet après-midi, il a dû être présenté à Monseigneur de Nancy une adresse signée par un grand nombre de notabilités catholiques de cette ville, le remerciant des efforts qu’il a bien voulu taire en faveur des fidèles des deux paroisses. »

Le 30 septembre, l’évêque de Nancy quitte Québec pour Montréal [4], mais la visite est compromise à cause du décès de l’évêque montréalais.

____________________

[1] Prémices des Mélanges religieux, 14 décembre 1840 au 20 janvier 1841, p. 12. Cité dans : Germaine Duval. Par le Chemin du roi une femme est venue, Bellarmin, 1982, p. 111.
[2] Le Canadien, 7 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455239
[3] Le Canadien, 28 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455248
[4] Le Canadien, 30 septembre 1840, p. 2 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455249

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier

 


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (16)


POLITIQUE: Protégeons nos archives


Protégeons nos archives

Monsieur Paul Martin,

Dans un reportage diffusé sur les ondes de Radio-Canada, le 22 février, il est désolant de découvrir que les archives nationales du Canada sont dans un état lamentable et que près de 30 000 pièces de la collection sont perdues. Elles sont rongées par l'eau, les moisissures et la lumière des néons. Parmi ces documents figurent les originaux des Mémoires de Champlain, fondateur de Québec, et les Relations des Jésuites. Ce sont des documents historiques d'une valeur inestimable.

Qu'est-ce que compte faire votre gouvernement pour remédier à la situation et sauver la richesse de notre histoire ? Il est urgent que le gouvernement augmente le budget des Archives nationales du Canada et qu'il donne à l'organisme des locaux adéquats. Est-ce que le gouvernement du Canada pourrait envisager la construction d'une grande bibliothèque canadienne, comme c'est le cas sur le plan provincial avec le projet en chantier de la Grande Bibliothèque du Québec, qui regrouperait les collections des Archives nationales du Canada et de la Bibliothèque nationale de Canada ?

Benoît Voyer
Montréal



(La Presse, 26 février 2004, p. A 22)

6 octobre 2025


Le 6 octobre est la fête de la bienheureuse Marie-Rose Durocher

LE BALADO: Alicia Keys


UN PEU DE MOI: Le drame de Laurent Jean

Le drame de Laurent Jean

Par Benoit Voyer

6 octobre 2025

Le samedi 7 octobre 1967, au petit matin, vers 7 h, près du lac de la Côte-Jaune, dans la réserve faunique de La Vérendrye, à environ 107 kilomètres au nord de Maniwaki, « alors qu’ils se promenaient dans le bois et que d’autres chasseurs étaient dans les mêmes parages, l’un de ces derniers, croyant avoir entendu passer un animal, tira »[1]. Mon oncle Laurent Jean [2], 31 ans, est tué sur le coup. Mon autre oncle, Maurice Jean, 29 ans, est blessé à un bras. Il sera soigné à l’hôpital de Maniwaki.

Le journal Le Canada français écrira : « Les deux chasseurs auraient été trouvés par les gardes forestiers de l’International Paper vers les 19 heures. Apparemment, un fort contingent de chasseurs sillonnait la région où l’accident est survenu »[3].

La nouvelle sera reçue comme un drame, particulièrement pour maman qui était particulièrement proche de Laurent. On s’imagine le drame vécu au 929, de la rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Tante Margo [4] se retrouve veuve avec deux enfants en bas âge, soit ma cousine Diane et mes deux cousins Michel et Luc, dont mes parents sont la marraine et le parrain.

Le corps de Laurent rentrera à Saint-Jean-sur-Richelieu dans une ambulance de l’entreprise Oligny qui est allée le chercher à Maniwaki.

La police de la Sûreté provinciale, détachement de Maniwaki, mènera une enquête afin de connaître les circonstances exactes de l’accident et d'établir les responsabilités. Les archives de la police provinciale n’existant plus, il est impossible de revoir les dossiers des enquêteurs.

De son côté, le rapport du coroner Jean Lécuyer [5] nous donne ses conclusions. Il y a eu négligence criminelle. Il écrit : « André Croteau et Lionel Croteau naviguaient sur La Côte Jaune à la recherche du gibier – ils allaient accoster sur la petite île flottante, ils ont vu « une ou deux taches qui bougeaient à environ 50 pieds du rivage ». Ils croyaient que ce pouvait être un ou deux orignaux. Ils ont immédiatement fait feu sans plus. Ils auraient dû regarder plus longuement, s’approcher afin d’être certains qu’ils ne faisaient pas feu sur des êtres humains. De faits. Les deux taches mentionnées, c’étaient deux autres chasseurs, Laurent Jean et Maurice Jean. Ils ont tué Laurent Jean. »[6] Les Croteau étaient domiciliés au 27, rue Blais, à Laprairie. Les frères Jean habitaient le 929, rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Cela est la version officielle du drame qu’écriront La Presse [7] et La Voix de l’Est [8].

Durant toute ma vie, j’entendrai parler de ce drame, chacun y allant de ses hypothèses ou petits bouts de vérité, allant même jusqu’à affirmer que l’enquête de la police n’est pas allée assez loin dans son enquête.

Au salon funéraire, l’émotion sera à son comble.

Laurent sera inhumé dans le lot 307D du cimetière de Saint-Jean-sur-Richelieu, situé sur la rue Saint-Jacques.

____________________

[1] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
[2] Avis de décès. Le Richelieu, 19 octobre 1967, p. 6.
[3] Cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[4] Marguerite Dumesnil, de son vrai nom.
[5] Cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[6] Cf. le rapport du coroner Jean Lécuyer.
[7] La Presse, 10 octobre 1967, p. 6.
[8] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.

DANS L'ACTUALITÉ : Si la tendance se maintient…


PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (15)


POLITIQUE: Qui paie ses dettes s'enrichit


Qui paie ses dettes s'enrichit

Je suis inquiet de l'endettement du Québec. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important. Avec une dette d'environ 122 milliards de dollars et un déficit qui devrait atteindre de 5 à 6 milliards pour le présent exercice financier, nous n'avons plus le choix d'agir. Le problème qui nous paralyse est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence: «Qui paie ses dettes s'enrichit!» Ils avaient raison. C'est pourquoi il faut saluer la série de propositions du dernier congrès du Parti libéral: rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée. Ces mesures devront, tôt ou tard, être mises de l'avant.

Benoit Voyer, Montréal


(La Presse, 14 octobre 2009, p. A28)

5 octobre 2025


LE BALADO: Bouge Don Karnage


ARTICLE DU JOUR: La bienheureuse Marie-Rose du Durocher


La bienheureuse Marie-Rose du Durocher

Par Benoit Voyer

5 octobre 2025

La bienheureuse Marie-Rose Durocher est née dans la maison familiale, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le 6 octobre 1811. La résidence a été bâtie par Jacques Courtemanche, son arrière-grand-père, en 1725, soit une année avant l’ouverture de la concession. Il s’était établi à cet endroit avec quatre des descendants de Jacques Archambault. Ces derniers s’établirent sur la terre voisine.

À sa naissance, ses parents, Olivier Durocher (1771-1859) et Geneviève Durocher (1768-1830), lui donnent le prénom d’Eulalie. Elle est leur dixième enfant.

Lors du baptême, dans le registre paroissial, le curé, Bonaventure Alinotte, la prénomme « Mélanie ». Il écrit dans le registre paroissial : « Le six octobre mil huit cent onze, par nous curé de St-Antoine, a été baptisée Mélanie, née ce jour du légitime mariage d’Olivier Durocher et de Geneviève Durocher. Parrain Joseph Dufresne qui n’a pu signer, marraine Magdeleine Roy qui a signé avec le père. »

En cette année 1811, Ignace Bourget entre au séminaire de Québec en vue de devenir prêtre et saint Eugène de Mazenod est ordonné prêtre à Amiens, en France.

 Église Notre-Dame-des-Anges, a Québec
Généalogie

L’arbre généalogique d’Eulalie Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.

D’abord, on retrouve de nombreux marchands influents et assez fortunés. 

Du côté de sa mère, Benjamin Durocher et Geneviève Marchesseau, ses grands-parents, se sont mariés a l'église Notre-Dame-des-Anges, a Québec. Par la suite, ils migreront a Saint-Antoine-sur-Richelieu. D'ailleurs, Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.

L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Marie-Rose est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.

Le Manoir Mauvide Genest
Geneviève Durocher, la mère d’Eulalie, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse de René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.


Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821) était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm à Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jours le nom de Fort Tigonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque postée sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguillier à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils. Il apprendra à sa petite-fille Eulalie, la future sœur Marie-Rose, à lire, à écrire et l’histoire de la Nouvelle-France.

Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.

Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternels, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749) sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.

Lieu de mémoire de ses parents a Saint-Antoine-sur-Richelieu
Sa famille

La petite histoire du père d’Eulalie et de sa famille mérite une attention spéciale. Ses origines expliquent en grande partie sa sainteté et l’exemplarité de vie chrétienne de plusieurs de ses frères et sœurs.

Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.

Le père d’Olivier s’objecte sur le choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre ! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établira à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner ? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu à ses enfants.

Séraphine (1809-1852), la sœur d’Eulalie, entrera dans la congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.

Théophile Durocher (1805-1852) sera notamment curé à Beloeil. À 20 ans, Eulalie Durocher y devient gouvernante au presbytère de Beloeil auprès de son frère Théophile. Elle sera l’hôtesse des lieux pendant douze ans, c’est-à-dire jusqu’en 1843. Elle y accueille les prêtres en repos, s’engage dans la paroisse, visite les démunis, soutient les familles en difficulté, enseigne le catéchisme aux enfants et organise les célébrations liturgiques, comme une agente de pastorale avant la lettre. Ce séjour à Beloeil lui ouvre cependant les yeux sur la pauvreté de l’instruction religieuse et le manque d’écoles, en particulier, pour les filles des campagnes.

Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.

Bronze de Flavien Durocher dans le Parc Durocher a Québec
Flavien Durocher (1800-1876) sera prêtre séculier et puis se joindra aux Prêtres de Saint-Sulpice et, en bout de course, aux Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod. Il sera longtemps curé de la communauté des Innus de Betsiamites, devenue Pessamit, avant de fonder la paroisse Saint-Sauveur, à Québec. De nos jours, le parc Durocher, situé aux coins des rues Durocher, Saint-Vallier et de Carillon, à Québec, rappelle sa mémoire. Au centre du lieu se dresse un immense monument érigé en 1912 où les paroissiens de jadis y ont souligné qu’il a été un « prêtre zélé, religieux, parfait » et un « pasteur charitable ». Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite, est au loin pour son travail ecclésiastique, il connaîtra peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs, dont Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811. Lorsque la bienheureuse Marie-Rose Durocher sera déclarée sainte, faudra-t-il penser à élever sur les autels le père Flavien Durocher ?


Enfance
Eulalie grandit comme tous les autres enfants. Ses proches diront de la petite fille qu’elle était attachante, doucement impérative, très ardente, volontaire, vive, sensible, tenace, affectueuse, tendre de cœur, d’une franchise à toute épreuve, et très gaie, mais sans légèreté.

La gamine déborde d’ardeur. Cela se manifeste au jeu avec, dit-on, « une sorte de trop-plein de vie ». Son père en dira : « Quand elle était petite, elle était bien dissipée, Jargaude ; ses habits étaient toujours déchirés, de travers, elle était pleine de jeux, au point que sa mère en était désolée et disait quelquefois : mais que ferons-nous d’Eulalie quand elle sera grande ? »[2]

Germaine Duval, dans son livre « Par le chemin du roi une femme est venue » [3], une biographie sur la bienheureuse Marie-Rose Durocher souligne la grande intelligence de la jeune fille : « Enfant intelligente, toute jeune, elle laisse déjà voir le sens droit d’une Durocher et elle en a déjà la prudence et le sens du respect. Après sa mort, l’examen de son crâne révélera qu’il était celui d’une femme très bien douée, sous le rapport de l’intelligence, car le développement de la région frontale indique que la partie antérieure du cerveau était très développée."

Le 26 juin 1823, à Saint-Denis-sur-Richelieu, Eulalie Durocher fait sa première communion et reçoit le sacrement de la confirmation. La célébration est présidée par Mgr Jean-Jacques Lartigue, évêque de Montréal.

Devenir religieuse
En mars 1827, Séraphine, la sœur d’Eulalie, décide de se faire religieuse en entrant au noviciat de la congrégation Notre-Dame. Eulalie décide de l’imiter.

À 16 ans, elle est en âge de décider sérieusement de son avenir. Sans tarder, elle demande à son père la permission de remplacer Séraphine au pensionnat. « Eh bien, lui dit son père, sois prête demain, je te conduirai à Montréal. Le lendemain […] elle remplaçait sa sœur au pensionnat pour la suivre ensuite au noviciat, lorsque son cours d’études serait terminé. Voulant appartenir à une congrégation dont l’œuvre maitresse est l’enseignement, elle ne pouvait se contenter de ce qu’elle avait appris au couvent de St-Denis. ».[4]

Au pensionnat, elle se fait rapidement remarquer comme étant une personne digne de confiance, pour ses bons résultats scolaires et sa profondeur d’âme. « Elle seule ignorait son mérite […] elle reportait toute gloire au Seigneur, ne s’attribuant à elle-même que faiblesse et misère ; elle était docile, affable et d’une modestie qui ne se démentit jamais. Attentive à la voix de ses maitresses, elle l’était bien plus encore à la voix de Dieu qui lui parlait au cœur. »[5]

Malheureusement, comme il est souligné dans les comptes des élèves 1821-1829 du pensionnat de Montréal de la congrégation Notre-Dame entre 1827 et 1829 [6], elle doit s’absenter du pensionnat à cause de la maladie. Sur ses deux ans d’études, elle ne passe que six à sept ans au pensionnat.

En juin 1829, Eulalie reconnait qu’elle n’a pas l’énergie physique pour devenir enseignante. Elle quitte le couvent. « Elle croit alors que, maladive comme elle est, elle comprendrait mieux les besoins des malades et que Dieu pourrait bien la vouloir à leur service. Elle se dispose à demander son admission chez les Hospitalières de la Miséricorde qui dirigent l’Hôpital général de Québec. Avant que ne se réalise le projet, une grave maladie retient au lit, durant trois mois, la jeune Eulalie », raconte Germaine Duval.

Faire des tâches de relève
Dans les premiers jours de 1830, Geneviève Durocher, sa mère, est atteinte d’une grave maladie. Tout espoir de guérison s’évanouit. Il ne faudra que deux semaines pour que son dernier souffle arrive.

En 1895, dans Fidelis (chapitre 1, note 64, p. 94), une œuvre sur la vie de Marie-Rose Durocher, l’auteur écrit : « Au dernier moment, la famille, à l’exception de la religieuse, entoura le lit de la mourante. Le curé de la paroisse la confesse ; puis Flavien qui était prêtre lui administra les sacrements d’eucharistie et d’extrême-onction. » La religieuse absente, c’est Séraphine.

Le départ sera difficile pour tous ses enfants, particulièrement pour Eulalie qui vit épreuve sur épreuve depuis un bout de temps.

Rapidement, elle se ressaisit. La mort de sa mère signifie qu’elle devient la maitresse de la maison. Prenant son courage à deux mains, elle s’accroche un sourire au visage et fait tout son possible pour créer de la joie autour d’elle, tentant d’imiter le plus possible les manières de sa mère. Malgré le deuil, grâce à elle, la maisonnée reprend sa vie normale.

Le 9 mars 1828, son frère, Théophile, est ordonné prêtre. Quelques mois après avoir reçu le sacrement de l’ordre, il est nommé vicaire à Saint-Benoit-des-Deux-Montagnes, devenu de nos jours un secteur de la ville de Mirabel.

À la suite du décès du curé, sa ménagère quitte le presbytère. Par délicatesse et par respect et reconnaissance pour son prédécesseur, Théophile offre à une jeune nièce du défunt qui habite au presbytère de rester avec lui. Rapidement, il se rend compte de la situation délicate dans laquelle il s’est mis, lui qui a fait vœu de chasteté. Pour ne pas s’exposer aux tentations de la chair et éviter la critique, il prie son père de lui envoyer sans tarder Eulalie afin qu’elle dirige le personnel du presbytère. Ce dernier accepte et sa fille Geneviève et son mari Pierre Allaire iront habiter avec lui.

À l’été 1831, Eulalie retourne vivre chez son père parce que Théophile est nommé curé à Beloeil.

À peine installé, Théophile propose à son père de déménager avec Eulalie dans son presbytère. Il lui explique que son âge qui avance et qu’à trois il leur serait possible de vivre une saine vie de famille. Le projet prend forme à la fin de 1831. À Belœil, Eulalie prend la direction du quotidien au presbytère.

Dans son nouveau patelin, Théophile présente à Eulalie « Demoiselle » Mélodie Dufresne afin de l’aider au presbytère. Elles deviendront de grandes amies.

Fonder une communauté religieuse
À la demande de l’évêque catholique de Montréal, Mgr Ignace Bourget (1799-1885), elle fonde la congrégation des Sœurs de Jésus-Marie, destinées à l’éducation. Comme l’usage le veut à cette époque, puisqu’il s’agit d’une nouvelle naissance, dit-on, elle devient sœur Marie-Rose.

Tombe de la bienheureuse Marie-Rose Durocher dans la cathédrale de Longueuil
Décès, inhumation et mémoire

Marie-Rose Durocher décède le 6 octobre 1849, jour de son anniversaire de naissance.

De nos jours, la bienheureuse Marie-Rose Durocher repose dans la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil.

Sa mémoire liturgique est le 6 octobre.

____________________

[1] C'est en lisant le livre "Par le chemin du Roi, une femme est venue", consacré à la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher (1768-1830), que j'ai découvert ce site historique tout à fait exceptionnel. C'est ici que sa mère, Geneviève Durocher, a passé son enfance, bénéficiant de l'éducation que lui offrait sa tante Anne Mauvide (1736-1799), la seigneuresse du lieu et épouse de René-Amable Durocher (1737-1786). L'actuel nom du manoir fait référence aux parents de sa tante, Jean Mauvide (1701-1782) et Marie-Anne Genest dit Labarre (1707-1781). En plus d'être seigneur de la partie sud-ouest de l'île de 1752 à 1779, Jean Mauvide était chirurgien du roi et marchand.
C'est dans cette maison que le contrat de mariage entre Geneviève Durocher et Olivier Durocher (1771-1859) a été signé. Ils se marieront le 20 janvier 1794, dans l'église catholique du patelin qu'il est également possible de visiter.
Ainsi donc, le Manoir Mauvide-Genest est un ancien manoir seigneurial situé à Saint-Jean, sur l'Île-d 'Orléans. Il a été construit en 1734 par Jean Mauvide et agrandi en 1738 et avant 1755. La chapelle date de 1929. Il s'agit d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux qui existent au Québec. Il a été classé immeuble patrimonial en 1971 et désigné lieu historique national du Canada en 1993.
www.manoirmauvidegenest.com
[2] Témoignage de sœur Marie-Ignace (Onésime Lemieux), 25 mars 1885, ASNJM, G 1.1/41,2.
[3] Éditions Bellarmin, 1982, p. 48
[4] Fidelis, (pseud. De Jules-Henrio Prétot, o.m.i..), Mère Marie-Rose, Montréal, Desbarats et Cie, 1895, p.86-87
[5] Notes des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, ASNJM, G 1.1/37.7
[6] Cf. p.183, ASNJM, G 1.1/38,8

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (14)


POLITIQUE: Un bon choix des verts


Un bon choix des verts

Samedi, Elizabeth May, la chef du Parti vert (PV) du Canada, a remporté l'investiture dans sa nouvelle circonscription de Saanich-Gulf-Islands, en Colombie-Britannique. Aux dernières élections fédérales, elle était candidate pour une circonscription de la Nouvelle-Ecosse. Elle a fait un sage choix. En se présentant dans cette circonscription, elle augmente considérablement ses chances d'être élue à la Chambre des communes aux prochaines élections fédérales, qui finiront bien par être déclenchées.

Le programme du PV et la direction de Mme May pourraient continuer de nous surprendre à l'avenir. A la longue, le PV de viendra une voix forte au Parlement canadien, car les Canadiens espèrent du changement à Ottawa.

Benoît Voyer Montréal, le 21 septembre 2009