C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les évêques se préoccupent de l'environnement
Suite aux déclarations de plusieurs épiscopats du monde, la commission des Affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) vient de publier le document « Crise de l'environnement et représentations de la place de l'être humain dans le cosmos ».
La CECC a fait appel à André Beauchamp, un théologien versé dans tout ce qui touche à l'environnement et qui possède une grande expérience dans le domaine de l'éducation puisqu'il a été, notamment, responsable de l'éducation de la foi des adultes à l'Office de la catéchèse du Québec et spécialiste en science de l'éducation au ministère de l'Environnement du Québec.
« J'ai déconseillé aux évêques canadiens la publication d'une lettre pastorale sur la question de l'environnement parce que c'est un travail gigantesque. Ils ne voulaient pas dire que des généralités, raconte l'abbé Beauchamp. Ils ont renoncé, pour l'instant, à faire ceci et ont opté pour quelques fiches, destinées aux gens dans le milieu de l'éducation, pour identifier quelques concepts clés et démontrer qu'il y a un problème de représentation de l'être humain dans l'univers et que cela remet en question les visions traditionnelles que nous avons. »
Ce document veut permettre aux lecteurs de comprendre le langage et les images qui sont véhiculés dans le milieu écologique, afin de dénouer certaines confusions du discours. La CECC n'a pas décidé de prendre le chemin de la technique.
Le prêtre, rencontré à son bureau de la rue Jarry à Montréal, explique que l'écologie est une science et que l'écologisme est un courant philosophique et social qui veut un changement radical de notre manière de nous insérer dans l'environnement, de concevoir le développement et les rapports sociaux. Au fond, c'est de la philosophie mêlée de mysticisme et de politique.
Le principal intervenant de la rédaction de ce document se considère comme un environnementaliste, c'est-à-dire qu'il est moins radical que les écologistes. Il préfère parler de transformation et d'adaptation.
« Je pense qu'on doit se sortir de l'idéal scientifique et technologique bête et méchant qui pense qu'on peut faire n'importe quoi et de n'importe quelle manière du moment que nous avons l'argent et la technologie. Cela ne tient plus. Le développement pour le développement, c'est de la bêtise », rétorque l'homme à la barbe poivre et sel.
Par cette publication, les évêques se situent dans le courant de « l'appartenance communionelle ». Sans abandonner l'idée d'une rupture radicale entre l'être humain et l'animal, il n'est pas question de réduire l'homme et la femme à être de simples animaux comme les autres. Ils ont une destinée. Sans avoir honte d'y intervenir, l'individu doit prendre conscience de manière profonde de son lien à la nature et de la comprendre comme un prolongement de sa vie et se sentir uni à une « communauté créationelle ». En détruisant son environnement, l'humain se détruit lui-même
« Il y a une véritable crise de l'environnement. Toutefois, une partie de celle-ci est fantasmée. Les gens mêlent les choses. Dire que la nature va mourir, c'est faux ! Elle va reconstruire d'autres équilibres. Le danger c'est plutôt de nous tuer nous- mêmes ! On ne tuera jamais la nature ! Il y a des possibilités que notre espèce contracte des maladies nouvelles à cause de la pollution. Cela pourrait mener à une diminution remarquable de la démographie. Il n'y a qu'une guerre nucléaire qui pourrait faire disparaître l'humanité »
Il conclut : « Tu ne fais pas avancer les choses en faisant peur aux gens ». Il faut plutôt entrer en dialogue et se renseigner.
Commission épiscopale des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada, « Crise de l'environnement et représentation de la place de l'être humain dans le cosmos », Concacan, 1995, 5$
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, mars 1996, page 102)
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les évêques en retraite
CAP-DE-LA-MADELEINE - Les évêques du Québec se sont rassemblés à la Maison de la Madone, située à l'ombre du Sanctuaire-Notre-Dame-du-Cap, du 2 au 6 janvier, pour leur retraite annuelle. Le Père Denis Gagnon, un prédicateur, dominicain, a profité de l'occasion pour amener les pasteurs diocésains sur les pas du bienheureux François de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France.
« Je crois à l'actualité de Mgr de Laval à cause de ses intuitions pastorales et de son sens de la mission, expliquait le Père Gagnon en interview. Il voulait vraiment être missionnaire. Quand il a été demandé pour venir ici afin d'occuper le poste de vicaire apostolique, il n'a pas hésité à répondre positivement. »
Selon le religieux, François de Laval a répandu la Bonne Nouvelle par sa présence auprès du peuple, particulièrement des autochtones. Il a mis en application les droits de la personne avant la création de ce concept. Denis Gagnon donnait l'exemple de la querelle qu'il y a eu à propos de l'eau-de-vie. Le bienheureux s'est opposé parce qu'il voulait protéger les gens.
En plus de cette dimension, les évêques ont pu découvrir le côté contemplatif du saint homme qui priait à chaque matin de 3 à 9 heures et qui ne manquait jamais une célébration à la cathédrale.
« C'était une personne d'ascèse, profondément ascétique, peut-être de façon exagérée pour nos contemporains. Il voulait si passionnément faire la volonté de Dieu qu'il en devenait intransigeant et "cassant " quand il considérait qu'elle était en jeu. C'était un homme de l'absolu, un passionné », disait le Dominicain.
Ce choix de réflexion correspond aussi au thème de l'année proposé par l'Organisation des nations unies (ONU) pour 1996 « éliminer la pauvreté ». Mgr de Laval a cherché, en ce temps de la colonisation, à faire sa part
« C'était le bonhomme qui allait régulièrement à l'Hôtel-Dieu. Il veillait les malades, changeait leurs lits et les aidait à manger. Souvent, le soir, il arrivait et disait à l'infirmière : " Vous pouvez aller dormir, je vais veiller ... ". Et puis, quand il a pris sa retraite, il s'est consacré à aider les pauvres. À bout d'argent, il allait en demander au Séminaire de Québec. Un jour, ils ont commencé à refuser.
Le Père Denis Gagnon connaît bien son sujet. À l'époque où il était président de la Corporation du tourisme religieux de Québec, il a travaillé à médiatiser et vulgariser l'œuvre de François de Laval. Il a même besogné à mettre en place un centre d'animation pour le public.
En plus des deux prédications quotidiennes, les évêques ont profité de l'occasion pour prier ensemble, prendre du temps de solitude et discuter entre eux.
Cette période de l'année a été choisie parce que les bergers diocésains ont moins d'activités.
« C'était la première fois que je prêchais à des évêques. Cela m'importe peu le poste qu'ils occupent. C'était de rencontrer des frères dans la foi qui m'intéressait. Je n'avais pas de message particulier à passer. J'ai donné un bagage et l'Esprit saint fera le reste. J'ai apporté une réflexion et ils en font ce qu'ils veulent. Au fond, j'ai été un déclencheur. Mon but était de faire connaître Jésus Christ par l'intermédiaire de François de Laval afin de les aider à aller plus loin dans leur spiritualité personnelle », concluait Denis Gagnon.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, février 1996, page 57)
EN BREF
MON HISTOIRE: Refaire l’histoire d’une photographie
Par Benoit
Voyer
13 novembre 2025
Hier, j’écrivais un souvenir
vécu dans ma classe de 3ᵉ année à l’école élémentaire Sainte-Marie, à Granby,
devenue le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix.
Pour illustrer ce billet, j’ai
fouillé dans mes archives personnelles et j’ai retrouvé ma photo de classe. Que
de souvenirs !
Sous la photographie, j’ai
ajouté : « Si tu te reconnais, écris-moi ! ». Je n’ai pas encore
eu de réponses, mais j’ai décidé d’en faire un bout par moi-même, à l’aide de
ma mémoire qui est encore pas mal bonne.
Je me lance et je serais
heureux qu’on m’aide un peu… Je peux me tromper un peu et il se peut que les
connexions dans mon esprit ne se fassent pas toutes du premier jet.
1-
2- ? Lacasse
3- Daniel Tétreault
4- Pierre Imbeault
5- Steeve Caron
6-
7- Sylvain
Patenaude
8- Guy Robert
9- François
Forand
10-
11-
12- Maryse
Gagnon
13-
14-
15-
16-
17- Nathalie
Laforest
18- France Carrière
19-Solange
Lemoyne
20- Lucille
Beaudry, enseignante
21- Benoit
Voyer
22-
23- Annie
Rodrigue
24- Joel
Desmarais
25- Isabelle
Duquette
26- Richard
Lamoureux
27- Jean Breton
28- William
Sabatier
29- Gérard
Allard, directeur
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Gagné lutte contre l'esclavage
De Granby, le père Gagné lutte contre l'esclavage
Karim Benessaieh
Voix de l’Est
«L’ esclavage, c'est le scandale du XXe siècle… mais ce n'est pas un sujet à la mode.»
Difficile de contredire le père trinitaire Armand Gagné. L'organisme humanitaire au sein duquel milite le Granbyen a libéré 1050 esclaves au Soudan la semaine dernière. Tout ce qu'on a pu en lire, c'est une brève nouvelle dans quelques quotidiens.
«Ça semble inconcevable en 1999, poursuit le père trinitaire. Mais c'est par notre silence que ces choses-là sont encore possibles. Plus notre silence est grand, plus ça continue.»
Pour libérer ces esclaves, l'organisme Solidarité chrétienne internationale a versé l'équivalent de 76 $ canadiens par personne. Une partie des fonds provenaient de la section canadienne, dont le père Gagné est le vice-président.
Les esclaves étaient surtout des femmes et des enfants chrétiens et animistes dont on a détruit le village dans le sud du Soudan, puis qui ont été revendus dans le nord du pays.
Le père Gagné a récemment rencontré en Espagne les responsables de cette «Opération Liberté». Il ne s'agissait pas de la première du genre, SCI affirmant avoir racheté puis libéré plus de 5000 esclaves depuis 1996.
Tortures
Les témoignages recueillis auprès des esclaves font frémir: tous ont subi des tortures physiques ou psychologiques, certains ont été violés, mutilés, d'autres ont été filmés pour l'industrie pornographique.
Tout cela dans le cadre d'une guerre religieuse, le Nord intégriste tentant, d'islamiser le Sud. «C'est clairement de la persécution religieuse, précise le père Gagné. On va même jusqu'à endoctriner les enfants dans le Nord, qui retournent ensuite combattre leur propre peuple dans le Sud.»
Huit siècles
La persécution religieuse, c'est justement ce qui a amené la fondation de la congrégation des Pères trinitaires, il y a 800 ans. Et c'est ce qui fait encore voyager le père Armand Gagné, 67 ans, tout autour du globe.
Il a rencontré des chrétiens persécutés au Liban, en Chine et au Viêt-Nam. Il a aussi contribué à mettre sur pied une petite fabrique au Guatemala. «J'ai demandé à aller au Soudan mais le pays est maintenant fermé, avec la dernière action de SCI ... », dit-il.
Après des années à côtoyer l'exploitation et la persécution, le père trinitaire ne fait guère un bilan réjouissant: «C'est pire, affirme-t-il. Ceux qui ont la liberté et le pouvoir exploitent encore plus les autres. Les inégalités grandissent, même ici. Le manque de liberté, de respect, la pauvreté qui augmente…tout ça en 1999 »
Les seules armes dont disposent petite section québécoise de SCI, c'est l'information et la collecte de fonds. «Dès que tu fais connaître une situation ça peut aider », estime le père Gagné. Des laïcs ont créé la Fondation du Père Armand Gagné qui produit un petit dépliant et reçoit les dons pour libérer les esclaves – On peut la joindre au 514-695-3864. L’argent peut être également acheminé à SCI-Canada (418-656-0917).
Les fonds récoltés sont maigres, de l’ordre de quelques dizaines de milliers de dollars chaque année. « On en fait très peu au Québec », déplore le Père Gagné.
« Mais on a des petites joies, poursuit-il. Dans les pays où je suis allé, j’ai pu amener un peu de réconfort, leur dire qu’on était avec eux. Ces petites joies… jamais je n’oublierai ça. »
(La Voix de l’Est, 8 février 1999)
MON HISTOIRE: L’intériorisation d’un garçon de 9 ans
Par Benoit Voyer
12 novembre 2025
Le 22 novembre 1975, on fête mon 9e anniversaire de naissance. Je suis en 3ᵉ année. Je fréquente l’école élémentaire Sainte-Marie, à Granby. Ce lieu est devenu le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix.
Durant l’année scolaire, Lucille Beaudry, ma jeune enseignante, réalise avec nous une activité.
D’abord, une intériorisation. Puis, par le biais de notre imagination, elle nous fait nous transporter dans notre vie d’adulte afin de visualiser notre métier d’avenir. Enfin, dans notre cahier d’exercices, elle nous fait dessiner celui-ci.
Le petit gars de 9 ans était bien embêté. Dans ma tête, je voyais double. Alors, Lucille me dit de séparer ma feuille en deux et de faire deux dessins. Ben oui ! J’aurais dû y penser.
D’un côté, je dessine un écrivain. De l’autre, le chœur de l’église catholique que je fréquente à chaque dimanche : l’église Saint-Eugène. Je me voyais devenir écrivain et prêtre catholique. Bien entendu, je ne deviendrai ni l'un ni l’autre, mais pas loin…
À 57 ans, lorsque je débuterai ma relecture de vie, ce sera le premier grand souvenir qui surgira de ma mémoire. Je prends alors conscience que toute ma vie j’ai été préoccupé par les choses spirituelles et que mon principal moyen pour m’exprimer et bien résumer mes idées l’acte d’écrire a toujours été d’une importance capitale. À partir de ce moment, il devenait clair que pour retrouver mes racines afin de mieux aller de l’avant et être en harmonie avec ma ligne de vie, je devrais inévitablement passer par l’écriture et me réconcilier avec ma foi chrétienne de tradition catholique.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mon ami Jean-Claude
«La mort n'est qu'un passage. Elle n'est pas la fin de la vie. C'est une étape vers une autre dimension qui s'appelle l'espace, l'endroit où nous étions avant notre passage sur la terre et où nous irons après celle-ci. Ce n'est pas compliqué : à la mort, nous retournerons à la maison. Mon ami Jean-Claude prépare ses bagages afin de retrouver son vrai pays. Le chanceux! À la fontaine, près de la gouve, il redécouvrira ce qu'il a perdu en acceptant de venir jouer au grand jeu de l’existence humaine.
Par Benoît Voyer, journaliste
GRANBY - Bip! « Vous avez un nouveau message », dit la chaleureuse voix féminine du service téléphonique auquel je suis abonné. Quel contraste avec le message glacial qui m'attend ...
« Bonjour Benoit, c’est le père Bruno. Rappelle-moi rapidement! C’est important! Tu te souviens de Jean-Claude Synette? Il a un cancer. Il n'y a plus rien à faire pour lui. Il est condamné par la médecine. Il lui reste entre trois mois et trois ans à vivre. Avant de mourir, il désire se marier avec sa Josée. Il m'a demandé de présider la célébration, le 9 mars, et il souhaite que tu chantes quelques-unes des chansons que tu as écrites (...) », dit le père Bruno Godin, qui n'a même pas 40 ans, curé de la paroisse Très-Sainte-Trinité-de-Montplaisant de Granby et membre de l'Ordre des Trinitaires, en ce matin de février. Je retiens mon souffle. Je suis bouche bée.
La mort, une bombe
Cette nouvelle est une bombe qui tombe sur ma vie. Mon Israël intérieur est ravagé par une attaque palestinienne. Mon Word Trade Center est touché par al Quaïda. Un missile s'attaque à ce qu'il y a de plus vulnérable en moi. Mon vieil ami arrive au bout du sentier, il va passer de vie à trépas. Des larmes de douleur envahissent mes yeux. Mes joues deviennent des lacs d'eau salée.
L'écho du désastre émotif résonne en moi.
La main sur la poitrine, je sens que la vie est toujours présente, même si mon cœur et mon esprit chantent à l'unisson « Mort-Mort. Mort-Mort. Mort-Mort.» Je prends conscience que la mort existe parce qu'il y a la vie et que la vie existe parce qu'il y a la mort. Vie et mort sont des cousins.
La mort n'est qu'un passage. Elle n'est pas la fin de la vie. C'est une étape vers une autre dimension qui s'appelle l'espace, l'endroit où nous étions avant notre passage sur la terre et où nous irons après celle-ci. Ce n'est pas compliqué : à la
mort, nous retournerons à la maison. Mon ami Jean-Claude prépare ses bagages afin de retrouver son vrai pays. Le chanceux! À la fontaine, près de la gouve, il redécouvrira ce qu'il a perdu en acceptant de venir jouer au grand jeu de l'existence humaine.
Un chercheur de justice
Dans mes souvenirs, Jean-Claude ne sera jamais mort. À chaque jour, je me rappellerai de son combat pour la justice et de plusieurs de ses petits secrets.
Il ne lésine pas au chapitre des droits et des devoirs. Il y a quelques années, insatisfait de la protection syndicale au sein de l'usine de meubles où il travaille sur le boulevard Industriel granbyen, il prend en main le dossier syndical, en catimini, sans se laisser décourager par ses collègues de travail. Il rencontre une autre centrale syndicale, lui procure son accréditation et réussit à convaincre les employés de changer d'association. Depuis ce temps, il veille aux droits des 92 employés de l'entreprise. Même dans sa maladie, il reste en poste.
Peu de temps après son entrée en fonction, il démarre une longue négociation avec l'employeur. Il fait grimper considérablement les salaires et fait augmenter les droits des travailleurs.
À l'image de Michel Chartrand, un homme pour qui il a une profonde admiration, rien ne l'arrête. Lorsque ses patrons font acte d'injustice, il monte le ton et fait de saintes colères. Il les regarde droit dans les yeux et les confronte. Il perd rarement ses causes et les griefs qu'il dépose coûtent cher à l'employeur. Il est dur avec eux. Pas question d'abus.
Cependant, il ne fait pas que gueuler. Il gronde parfois certains collègues qui ne respectent pas les objectifs minimals qu'exigent le travail.
En février, lorsque Jean-Claude a appris son triste sort, il se préparait à faire le saut au service permanent de sa centrale syndicale.
Toxicomanie et itinérance
Sa vie n'a pas toujours été facile. De 13 à 33 ans, il vit une existence de bohémien. Il devient toxicomane et itinérant au centre-ville de Montréal. Il s'engouffre. Il n'est pas heureux ...
Né au sein d'une famille de six enfants, son père alcoolique quitte tôt le domicile familial, incapable d'en assumer les responsabilités. Assistée sociale avec une marmaille à s'occuper, sa mère doit se battre pour joindre les deux bouts. « Je pense même que maman faisait de petits extras ... Il y avait souvent des hommes à toutes heures du jour et du soir à la maison », m'a-t-il déjà lancé, en parlant de cette femme pour qui il a un profond respect.
À l'école, il fait partie des groupes en cheminement particulier. Il éprouve de sérieux problèmes d'apprentissage. Il laisse le monde scolaire au début de l'adolescence.
Il y a quelques mois, il m'a confié : « Un jour de mes seize ans, je suis arrivé à la maison et mes bagages étaient dans des sacs verts sur le trottoir. Ma mère ma mis dehors. Elle disait souvent : Toi, tu ressembles à ton père! Et ton père, c'est un pourri! »
C'est sa sœur qui lui ouvre sa porte. Il va habiter chez elle. Il se trouve quelques petits boulots, mais « la coke et l'alcool coûtaient cher! »
À 19 ans, débute sa vie d'itinérance sur la rue Saint-Laurent.
Le frère Roger de Montréal
À 33 ans, il rencontre le frère Roger Harvey, un travailleur de milieu membre de l'Ordre des Trinitaires qui dirige la Piaule, un petit organisme qui s'occupe des jeunes de la rue et, surtout, des prostituées du centre-ville montréalais.
Ce bonhomme à la barbe longue, qui ressemblait à un gitan et, comme il le décrivait en 1992 à des toxicomanes au Café chrétien de Sherbrooke, dirigé par sœur Marielle Lemire, « qui avait toujours une jupe sur le dos » (une longue veste), l'intrigue.
Le frère Roger fréquente de jour en jour un restaurant au coin des rues Sainte- Catherine et Saint-Laurent. Il boit et boit du café en bavardant avec les gens, surtout des femmes faciles.
« Un soir, j'entre dans le restaurant et je m'arrête devant lui et je lui dis : Qu'est- ce que tu fais ici? Vous êtes pas comme les autres personnes qui viennent ici! Il m'explique son travail et me parle de sa maison où les gens vont se ressourcer », me dit Jean-Claude.
Peu de temps après cette rencontre du frère Roger qui travaille maintenant dans la région de Québec, il visite la Piaule pour la première fois. Il se sent bien en ce lieu. Il découvre le petit oratoire du religieux. Il ne tarde pas à s'y réfugier.
Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie
Plusieurs fois, il m'a raconté cette anecdote : « Une journée, je m'écrase au pied de l'autel de la chapelle et je commence à revoir ma vie. Je n'en peux plus. Pendant trois semaines, je reviens à cet endroit de jour en jour. Je cherche une lumière, une idée d'avenir pour me sortir de cette situation ... Je me sens tellement bien dans cette chapelle ... »
À chaque fois qu'il parle de cette aventure intérieure, ses yeux s'emplissent de larmes. Il est ému. Pour lui, c'est Dieu qui était présent à cet endroit. En Dieu, il a trouvé un père d'adoption.
Son expérience spirituelle, il arrive difficilement à y mettre des mots. De toute toute manière, cela n’est pas nécessaire. À chaque fois qu'il essaie d'en parler, il suffit de le voir s’essuyer les yeux pour comprendre qu’il a vécu une expérience très particulière.
Il finit par demander au frère Roger de l'aider. Celui-ci l'envoie habiter et travailler à la Maison du Père. Quelques mois plus tard, il demande à un autre Trinitaire de l’amener travailler et habiter à leur maison de Granby afin de lui permettte de changer de milieu de vie. Rester à Montréal aurait contribué à une rechute dans l'univers de la drogue. Partir voulait dire « le début d'une nouvelle vie ».
Sans tarder, il commence à fréquenter le Café d'accueil chrétien sur la rue Saint- Antoine à Granby. Un soir, je l'ai accueilli. En bavardant avec lui, j'ai décidé d’en faire mon ami. Il y a près de 20 ans que nos chemins se croisent.
Bip! Après le timbre sonore, veuillez enregistrer votre message : « Père Bruno, ici Benoît. J'ai bien reçu ton message. Je serai présent le 9 mars si tel est le désir de Jean-Claude. Cependant, j'aimerais que tu me téléphones avant de l'appeler ... » lui dis-je encore troublé par l'annonce du départ de mon ami.
Les battements du cœur humain finissent par s'arrêter, mais l'âme vit éternellement. Un jour, comme Jean-Claude, je traverserai l'arc-en-ciel qui conduit à l'espace. À Édenville, nous habiterons sur la même rue. Jusqu'à ce jour, il sera toujours présent dans mes meilleurs souvenirs.
(Revue sainte Anne, juin 2002, pages 249 et 254)
EN BREF
PANNES ÉLECTRIQUES : À 22 h 30, près de 100 000 abonnés d'Hydro-Québec étaient sans électricité. Ils seront dans la pénombre pour une 2e nuit consécutive avec des températures autour de zéro degré. Je suis de tout cœur avec vous.
MASCULINITÉ: Les besoins affectifs des hommes
Par Benoit Voyer
11 novembre 2025
Tous les humains ont des besoins affectifs. En revanche, ceux-ci diffèrent quelque peu selon qu’il est ou qu’elle est un homme ou une femme. Deux verbes pourraient caractériser chacun des genres. « Être » pour la gent féminine et « faire » pour son vis-à-vis masculin.
Pour se sentir aimée, la femme a notamment besoin de conversations, d’écoute, de temps pris ensemble et de petites attentions. Elle conjugue les temps du verbe « être ».
Puisque l’homme décline le verbe “faire”, sa compétence a besoin d’être reconnue.
Ainsi donc, il a besoin de se sentir admiré, salué au passage, complimenté, admiré pour ce qu’il est et respecté dans ses valeurs profondes. En lui, le respect est associé à un haut niveau de compétence et de reconnaissance de la part de l’autre.
Puis, en couple, il a besoin de sentir qu’il a sa place au sein de la relation. Il aime être inclus dans tous les aspects de sa vie à deux et être présenté aux autres. Il déteste se sentir comme étant un filet de sécurité matériel pour sa partenaire.
Sur le plan physique, il a un grand besoin d’être touché. Il sent l’amour à travers l’affection physique. À travers ses relations sexuelles, il comble son besoin d’être en connexion émotive et de se sentir désiré. Et s’il satisfait sa partenaire, cela augmentera son besoin d’être compétent.
Enfin, l’homme apprécie l’honnêteté et se sentir soutenu dans ce qu’il fait et réalise.
Et, bien entendu, comme la femme, il aime beaucoup les moments de qualité en tête-à-tête.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un Noël plus heureux pour Benoît, Danielle et Jean-Pascal
GRANBY
Françoise Boutin
Toc toc toc! "En voilà une surprise," s'exclame Benoit en ouvrant la porte. Danielle, déjà cachée derrière son mari, s'efface rapidement pour laisser passer les quatre pères Noël en civil. Jean-Pascal, heureux dans son innocence, se laisse porter par sa curiosité d'enfant. Son regard est attiré par les deux paniers de provisions déposés sur la table.
Une visite éclair mais combien appréciée. L’émotion se lit sur le visage de Benoit Voyer et de Danielle Gingras. Ils font partie des 150 familles visitées par les Chevaliers de Colomb de Granby, dimanche après-midi. Jean-Pascal, petit bout de chou âge de 16 mois, n'a qu'une préоccupation, se faufiler jusqu'aux paniers de Noël, un terrain de jeu en puissance.
"L'an passé, nous avions présenté une demande écrite. On nous avait répondu par l'affirmative. Cette année, la boite de Noël est un cadeau surprise.
Danielle, plus expressive, se demande pourquoi ils ont été choisis. "Un grand sentiment de joie nous envahit, explique-t-elle. Benoît s'extériorise moins, il cache un peu plus ses émotions. A 21 ans, l'expérience a remplacé l'innocence.
Le choc passé, les langues se délient. "Ça fait plaisir, c'est un cadeau du ciel. Toutes les fois qu'on a dû affronter une baisse financière, une aide nous est tombée du ciel. On a un bon Dieu pour nous," expliquent Danielle et Benoit tout en déballant et en plaçant fébrilement les provisions dans les armoires et le réfrigérateur.
Pendant ce temps, Jean-Pascal, prend ses aises. Il s'installe confortablement dans un des paniers. Les délicieux baisers d'enfant qu'il distribuait à profusion sont devenus de juteux baisers. Pommes, yaourts, petits gâteaux, bonbons, tout l'attire.
"Noël est pour nous une fête spirituelle, une fête pour les enfants, la magie de Noel." Jean Pascal, complice, approuve doucement. Il croque à pleines dents dans une pomme, se fruit qu'il adore, mais qu'il n'a pas l'occasion de savourer souvent.
Pas d'argent pour s'offrir des cadeaux cette année. Malgré tout, Noël sera plus heureux, plus facile. C'est que la boite de Noël comble certains besoins primaires. Elle leur permettra de cuisiner plusieurs petits plats, et de recevoir quelques amis, "puisque l'homme est un être social, qui a besoin de communiquer, commente Benoit.
Modeste, très propre, l'appartement où vit le jeune couple ne reflète pas le Noël commercial véhiculé par les magasins. Seulement quelques lumières entourent la fenêtre du sous-sol et scintillent dans la nuit. Pas de sapin de Noel. Pourtant, ils sont heureux, c'est évident.
Finalement, Noel est mal placée. Les fins de mois sont dures. Les 200$ prévus dans le budget mensuel pour l'achat de la nourriture ne sont pas suffisants. "Toutes les personnes qui reçoivent des paniers de Noel en ont besoin," souligne Danielle.
Jean-Pascal joue, se promène, essaie de communiquer. Il s'approche très près des visiteurs. "Nous remontons la pente," relate Benoit. L'an passé, il est tombé gravement malade. Alité à la suite d'une mononucléose infectieuse, dégénérée en paralysie faciale du côté gauche, il a dû subir deux opérations, dont une de sept heures. Sa convalescence a duré plusieurs mois.
"Un passage, de dire Benoit. Leurs difficultés financières découlent d'une trop grande accumulation d'événements, mariage, naissance d'un enfant, surmenage, maladie.
Toutes les familles visées par les Chevaliers de Colomb vivent sous le seuil de la pauvreté. Leur salaire, c'est l’aide sociale. Les paniers de Noël contribuent temporairement à alléger le poids d'un Noel s'annonçant parfois trop creux. "Le courant de notre société serait peut-être différent si les privilégiés étaient un peu plus confrontés à la pauvreté", conclut Benoit Voyer.
(Voix de l’Est, 24 décembre 1987, p. 3)
MES POEMES ET MOTS D'AMOUR: Une petite fiction érotique
Par Benoit Voyer
10 novembre 2025
Il y a longtemps qu’ils attendent de se voir. Ils clavardent régulièrement ensemble, mais il n’y a pas encore eu de rencontres dans le quotidien de la vie réelle. Ces derniers jours, ils ont convenu de quitter le monde virtuel et de passer à la vie réelle.
Ils ne savent guère comment évoluera leur relation, mais ils sont conscients qu’ils devront passer par quelques étapes avant qu’elle s’enracine. Une amitié entre une femme et un homme peut parfois comporter une part de séduction et d’érotisme. Aujourd’hui, ils sautent dans le vide.
Tel que convenu, ils se sont donné rendez-vous dans un café pas très loin de chez elle. Dès qu’ils se sont vus, la chimie qui opère en virtuel s’est installée. Ils se plaisent mutuellement. Entre eux, il y a une force tranquille comme on en retrouve chez les adultes d’âge mûr.
— Ce n’est pas très confortable ici, lui dit-elle. Qu’est-ce que tu dirais de me rejoindre chez moi dans une dizaine de minutes ? Je n’habite pas très loin. Chez moi, on pourra bavarder et, du même coup, tu pourras m’aider pour un truc.
Il ne s’attendait pas à une telle invitation. Après avoir accepté, elle lui laisse son adresse, boit sa dernière gorgée de café et quitte le sourire aux lèvres.
***
En arrivant chez elle, il remarque sur son visage un air inquiet.
— Comment ça va ?
Elle le regarde droit dans les yeux…
— Je ne voulais pas en parler au café, mais je ne suis pas à mon meilleur en ce moment.
— Qu'est-ce qu’il y a ?
Elle rougit. Elle est gênée. Après une brève hésitation, elle ose lui en parler. Elle a confiance en lui.
— Je suis dans la phase de mon cycle menstruel où j’ai mal dans le bas du corps. Ça ne me lâche pas depuis quelques jours.
— Tu penses consulter ton médecin ?
— Je ne veux pas le déranger juste pour ça… Mais, peut-être que toi tu peux m’aider.
— Tu penses ?
— Nous ne sommes plus des enfants du lycée. Tu as vu neiger toi aussi.
— Effectivement.
— Je suis un peu pudique. C’est dans mon intimité. J’espère que tu le seras moins que moi.
— Tu m’inquiètes… J’espère que ce n’est pas trop grave.
Elle lui fait signe de le suivre. Elle le conduit jusque dans sa chambre, en silence.
— Je peux avoir confiance en toi ?
D’un geste de la tête, il répond affirmativement.
En le regardant dans les yeux, elle enlève son pantalon et son sous-vêtement. Elle s’étend sur son lit.
— Avance ! Viens…
Il s’assoit sur le bord de son lit.
Elle insiste.
— C'est entre mes jambes. Tu me diras si tu constates quelque chose d’anormal.
Intrigué, il ne dit rien. Il fait ce qu’elle demande.
Elle ouvre pudiquement les jambes, lui montre sa vulve et lui indique où regarder.
— C'est là. Il va falloir que tu approches ta tête, je pense.
Il la scrute. Sa respiration s’accélère. Il sait qu’il ne peut plus faire marche arrière.
Elle met doucement ses mains sur sa tête et fait une pression pour le forcer à mettre sa bouche et sa langue sur son sexe.
-C’est la! Juste là ! Aide-moi, je t’en prie ! Il n’y a que toi qui puisse le faire…
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le sommet de l’œuvre de Ninchiri a la cathédrale
Les vitraux de la cathédrale de Trois-Rivières sont les plus beaux de l'artiste Guido Ninchiri. Ses vitraux se retrouvent dans plus de 60 églises du Québec. Ce canadien d'origine Italienne est un véritable génie de l'art.
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Benoit Voyer
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La conception des 125 vitraux du temple de la rue Bonaventure a coûté près de 187 500$, en 1925. Aujourd'hui, ces chefs-d’œuvre qui représentent les litanies de Lorette, sont évalués à près de 3 750 000$. C'est 20 fois le prix d'origine.
Depuis 12 ans, Jeanne d'Arc Tessier travaille à faire découvrir le talent de Ninchiri. A chaque premier dimanche du mois, à 14h, elle invite les visiteurs pour une visite commentée gratuite de l'église-mère du diocèse.
"J'ai visité de nombreux lieux de piété en Europe. On pense que c'est plus beau ailleurs! Je vous avoue qu'il n'y a rien pour concurrencer la beauté de notre cathédrale", disait-elle au journaliste de L'HEBDO JOURNAL.
(Hebdo journal, 16 juin 1996. Par manque d’espace dans le journal, le texte n’a pas été publié)
POLITIQUE: Je lance un défi a François Legault et Christian Dubé
Je lance un défi a François Legault et Christian Dubé
Par Benoit Voyer
9 novembre 2025
Au Nouveau-Brunswick, le ministre de la Santé accepte de relever le défi de passer 24 h à attendre dans une salle d’urgence. Bien entendu, on préviendra l'hôpital en question à l'avance. On sait déjà que ce seront une salle d'attente et une équipe de soins exemplaires.
Je lance ce même défi au ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, et au premier ministre, François Legault. Pour faire mieux que dans les Maritimes, les équipes de soins et l'hôpital où ils se présenteront ne devront rien savoir à l'avance de la visite du duo afin qu’ils puissent vivre pleinement la réalité hospitalière. Dans le cadre de ce défi, lors de la consultation, l'urgentologue devra les garder en observation pour une nuit en psychiatrie. On les fera passer, d’heures en heures, de l’urgence psychiatrique aux soins intensifs en psy et à l'unité d’observation. Au matin, ils rencontreront un psychiatre. Bien entendu, on les déclarera en bonne santé mentale.
Le but de l’expérience proposée est qu'ils connaissent la réalité des soins hospitaliers. Bien entendu, ils pourront recevoir lors de leur hospitalisation leurs amis journalistes, ministres et députés.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Dieu le Saint-Esprit dans ma vie
Sanctificateur :
Il n’y a de vraie sainteté que dans l’amour-charité. “Celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu demeure en lui” nous enseigne saint Jean. Mais il ne saurait y avoir de véritable amour surnaturel en nos âmes si Dieu lui-même ne déverse en elles le trop-plein de son propre amour. Or, on sait que l’amour en Dieu n’est autre que l’Esprit saint, la troisième personne de la très sainte Trinité qui procède des deux premières personnes par voie de spiration, par voie d’amour réciproque.
Vivificateur :
La sainteté que l’Esprit saint que l’Esprit nous communique n’est que l’épanouissement normal de la vie divine qu’il infuse en notre être. Tous les dimanches nous disons avec le prêtre : “Je crois au Saint-Esprit vivificateur”. Mais y croyons-nous pour le vrai ?
En fait si nous y croyions sincèrement, nous comprendrions beaucoup mieux comment l’Esprit saint est en réalité l’âme de notre âme. Nous savons tous que le baptême a effectué notre incorporation au corps mystique Mystici Corporis que l’Esprit saint est véritablement l’âme du corps mystique puisqu’il l’anime de la vie divine et qu’il est à la fois tout entier dans le corps et tout entier dans chacun des membres de ce corps. C’est dire que la vie de la très sainte Trinité nous est transmise en définitive par le Saint-Esprit.
C’est cette vérité qui a poussé saint Irénée à écrire cette pensée sublime : de même, dit-il, qu’en la Trinité sainte, la vie divine procède du Père au Fils et ensuite du Père au Fils au Saint Esprit, de même recevons-nous la vie de Dieu en nos âmes, quoique de façon contraire : les baptisés reçoivent l’esprit de Dieu qui les donne au verbe, c’est-à-dire au Fils, et le Fils les présente au Père lequel leur communique l’incorruptibilité.
Transformateur :
“L’action de l’Esprit saint dans nos âmes est si profonde que saint Paul l’appelle une “régénération”, une naissance nouvelle, une renaissance puisqu’une vie nouvelle et supérieure nous est communiquée.
Intercesseur :
Cependant le Saint-Esprit ne se contente pas de nous sanctifier, de nous vivifier et de nous transformer à l’image de Jésus ; Il joue un rôle bien particulier en notre faveur auprès du trône de Dieu : celui de paraclet, d’intercesseur. Ce divin intercesseur doit faire éclater la gloire de Dieu en témoignant de la vérité au plus intime des consciences. Il doit nous conduire tous vers la vérité totale pour la gloire de Jésus, l’envoyé du Père.
Et saint Paul nous assure que “l’Esprit saint vient aussi en aide a note faiblesse, car nous ne savons pas ce que dans nos prières nous devons demander ; l’Esprit saint lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables.” Après l’appui d’un tel intercesseur, nous pouvons avoir la certitude morale que Dieu notre Père nous entendra favorablement.
Conclusion : Puisque l’Esprit saint accomplit tant de travail dans nos âmes, n’est-ce pas honteux de voir combien peu nous pensons à lui, combien peu nous l’aimons ? Le temps est venu de prendre une résolution efficace pour restaurer en notre cœur l’autel de ce Dieu méconnu !
Le meilleur moyen de lui prouver notre dévotion envers lui serai de l’invoquer souvent au cœur de la journée pour implorer sa lumière et son secours, de lui demander avec insistance ses dons divins et ses fruits savoureux (surtout ceux de la sagesse et de la charité), enfin de le remercier pour l’œuvre secrète qu’il opère en nos âmes malgré notre ingratitude, notre insouciance et notre oubli !
“Venez Esprit saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour !”
EN BREF
https://mountroyalcem.com/fr/obituary/24113-jacques-tremblay/#/
SOCIÉTÉ: Nous travaillons de moins en moins
Par Benoît Voyer
8 novembre 2025
Le travail, au sens traditionnel du mot, tend à disparaître. Nous besognons de moins en moins. «Pourquoi continuer à appeler de ce nom cette occupation qui demande de nous une présence régulière, bientôt facultative d'ailleurs, en un lieu collectif où se tiennent des réunions et des échanges de messages et où s'accumulent des papiers qu'il faut remplir sous peine de fautes juridiques ou d'exclusion sociale?» questionne le philosophe Michel Serres, ancien membre de l'Académie française, un des responsables de l'acceptation des nouveaux mots de la langue française
Son interrogation se fonde sur les critères qui, selon lui, donnent du sens au mot travail.
Cinq sens du mot travail
Le travail est d'abord une force en déplacement. Traditionnellement, travailler voulait dire: creuser, hisser et frapper.
Il implique une lutte contre l'entropie, contre l'absence de l'espoir, c'est-à-dire qu'il va à l'encontre de la nature humaine.
Il produit des outils qui ont une fin. Il y a des lunes, l'homme taillait du silex pour chasser. Tailler avait une finalité comme le reste des gestes qu'il accomplissait.
«Le travail demande un emploi du temps défini pour déplacer des forces, lutter contre l'entropie croissante, l'absence de l'effort, et, quelquefois, pour façonner des objets. Il demande donc une certaine souffrance», dit Michel Serres.
Enfin, il suppose d'être à l'œuvre.
Suivant la logique de ces cinq sens, jadis l'humain travaillait. La majorité des métiers qui impliquent ces éléments sont disparus ou sont sur le point de ne plus faire partie du paysage.
Qui aurait cru! Des femmes au volant ...
«Je me souviens, […] combien conduire un poids lourd demandait de la force et du courage, car l'inertie de la cargaison l'emportait quelquefois sur les capacités de la machine au freinage et à l'entraînement sur des chemins en relief. Aujourd'hui, les commandes assistées demandent beaucoup moins de puissance. Il faut juste de l'habilité. Qui aurait cru, lorsque j'étais jeune, que des femmes piloteraient des monstres de plus de cinquante tonnes!», raconte l'homme aux longs sourcils blancs.
Aujourd'hui, les grues et les outillages mécaniques effectuent le travail à leur place. Quelle force déplace le journalier contemporain? Il produit toujours «autant d'énergie, mais seulement en salle de conditionnement physique!», blanguait-t-l.
Jadis et naguère, l'humain définissait sa fierté et son honneur en travaillant. Si le travail disparaît, en quels lieux l'humain retrouvera-t-il un sens à ce qu'il réalise au fil des jours?
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Cet article est une mise a jour de : Benoit Voyer. « Nous travaillons de moins en moins », Revue Sainte Anne, Septembre 2001, page 358


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