C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: «Cette intense solitude m'a rapproché de Dieu»
-Jean-Marie Jodoin
«J'ai traversé la plus longue enquête de la Commission de police du Québec. Durant 10 ans, j'ai été très seul. Quand tu vis une situation comme celle-là et que tu es patron, il n'y a personne autour de toi. Tu dois porter le chapeau et marcher avec ça. Cette intense solitude m'a rapproché de Dieu. Cela m'a permis de le voir et de le sentir. Quand tu arrives devant un vide et que tu penses que tu es seul, c'est là que tu commences à découvrir qu'à l'intérieur de toi, il y a quelqu'un qui te parle. Tu as moins peur, car tu n'es plus seul», confie Jean-Marie Jodoin, directeur de la police de Cap-de-la-Madeleine et conseiller spirituel de l'Association des policiers et des pompiers du Québec.
Cette opération policière concernait une série d'abus de pouvoir de l'ex-lieutenant responsable des enquêtes de Cap-de-la-Madeleine. Au moment où ceux-ci se sont produites, monsieur Jodoin ne pouvait pas intervenir, parce que le fautif était son égal au sein de l'organisation. Le lieutenant Jodoin est, finalement, nommé directeur de la boîte. Rapidement, il fait des mises en garde à cet homme devenu son employé.
«Il a fait une erreur et de celle-ci a découlé la divulgation de 75 autres dossiers d'abus de pouvoir. Il a fallu apporter des preuves à chacune des accusations et déposer ça à la Commission. Il a été congédié après 10 ans d'enquêtes et de procédures», indique ce père de garçons de 26 et 30 ans.
Toutes ces années au service de la police madelinoise ont été difficiles pour lui. Plus sa douleur était intense, plus il s'approchait de Dieu.
«Quand un chien se blesse, il s'en va dans sa niche et lèche sa plaie. Quand elle est guérie, il sort. Quand je m'en allais dans ma niche, j'allais vers Dieu pour faire lécher ma plaie. J'allais chercher un peu de compréhension en lui», ajoute l'homme de 53 ans dont l'épouse se prénomme Micheline.
C'est ce chemin de souffrance qui le conduit à l'ordination au diaconat permanent, le 6 décembre 1992. Dans cette grande célébration qui avait lieu à la Basilique Notre-Dame-du-Cap, il se consacre définitivement au service de Dieu, de l'Église et du peuple des rachetés.
Au service
Il considère qu'il a toujours été un gars de service. Il aurait pu opter pour un autre métier, mais il a choisi une carrière au service des gens. Le diaconat lui a simplement permis de confirmer ce choix.
«C'est la motivation de ma foi qui fait la différence. Je me suis dit : " J'ai envie de
me donner à Dieu et d'être capable de faire ça jusqu'à la fin de mes jours», lance-t-il.
Les rapports avec ses collègues de travail sont cordiaux et profonds. Son équipe n'a pas de difficultés à entrer en relation avec lui. Dès le départ, il ne s'est pas montré menaçant pour démontrer qu'il est un gars qui vit en état de service et non en état de domination.
Pour Jean-Marie Jodoin, il n'est pas question d'imposer la prière avant de commencer un quart de travail ou d'évangéliser ses collègues. Il veut simplement essayer d'agir en chrétien. Les agissements parlent plus que les paroles.
«Lorsqu'un fervent des Canadiens a perdu son match de hockey, son quotidien est influencé par cela. Ma première action en me levant le matin est d'ouvrir le "Prions en Église ". L'Évangile me transporte et m'inspire au fil de ma journée», explique ce directeur aux cheveux poivre et sel et aux yeux couleur du ciel.
Puisqu'il est diacre, son travail prend une dimension plus humaine. Il y a quelques jours, la conjointe d'un de ses collègues s'est suicidée. Tard le soir, il a été informé par téléphone du drame. Rapidement, la procédure policière s'est mise en route. Il intervient rarement dans celle-ci, car ses officiers la connaissent bien.
«J'ai mis en marche mon côté chrétien en m'assurant, notamment, qu'il y ait de bonnes personnes - les meilleures - autour de lui dans les prochaines semaines», révèle-t-il.
«Il n'y avait pas que lui, bien des gars au poste m'ont confié ce que ça venait déranger à l'intérieur d'eux. Si j'étais un chef de police comme les autres, ces confidences n'existeraient pas. Le diaconat amène une nouvelle dimension à mes relations avec eux», conclut-il.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, novembre 1996, page 443)
SANTÉ MENTALE: On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques
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| Chambre de l'unité des soins psychiatrique de la Cité-de-la-santé, a Laval |
Par Benoit Voyer
26 novembre 2025
Je suis très inquiet. Plusieurs unités de soins psychiatriques d’hôpitaux québécois sont dangereuses pour leurs patients et les professionnels de la santé. Au nom des droits des usagers, les fouilles sont limitées. La question se pose : qu'en est-il du droit à la sécurité des autres patients et du personnel ?
En ce moment, il y a un grave manquement aux protocoles de sécurité. Sans tarder, on doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques et recommencer à faire des fouilles.
Comme à l’Assemblée nationale du Québec, les visiteurs et les patients devraient passer par des détecteurs de métaux et, dans une zone sécurisée, on s’assure qu’on n’entre pas de drogues et qu’on retire tous les médicaments et qu’on remette tout ça aux professionnels de la santé.
Ma réflexion ne date pas d’aujourd’hui. Il y a déjà une quinzaine d’années que je travaille en santé mentale.
Cependant, les événements survenus il y a peu de temps à l’hôpital de la Cité de la santé, à Laval, démontrent que l’affaire est devenue prioritaire et que les autorités de la santé du Québec doivent bouger.
Je vous rappelle ce qui s’est passé. Selon TVA Nouvelles [1], le 3 novembre 2025, il y a eu une mort suspecte dans l’aile psychiatrique de l’établissement lavallois. Une malade de 49 ans a succombé à une surdose.
Un deuxième drame est survenu le lendemain : un autre patient a été retrouvé inconscient dans un état de coma profond. Il a été transporté aux soins physiques de l’institution de santé. L’intervention aurait permis de stabiliser son état.
Le problème est qu’une patiente aurait donné des médicaments non prescrits aux deux victimes, avec la possible complicité d’un membre de sa famille.
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[1] Kevin Crane-Desmarais. « Mort suspecte à l’aile psychiatrique de la Cité-de-la-Santé, à Laval », TVA Nouvelles, 8 novembre 2025 https://www.tvanouvelles.ca/2025/11/08/mort-suspecte-a-laile-psychiatrique-de-la-cite-de-la-sante-a-laval
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nos frères musulmans
« Les conflits armés qu'il y a autour de globe viennent ternir l'image de l'Islam. Cela m'attriste parce que nous ne sommes pas tous dans le même sac. Il y a des gens qui agissent au nom de la religion, mais ce n'est pas vrai. C'est de la politique déguisée ... Je n'ai jamais vu une phrase dans le Coran qui affirme qu'il faut assassiner quelqu'un parce qu'il ne pense pas comme nous», dit Aziza Blili, une Tunisienne membre de la communauté musulmane de Trois-Rivières.
Les conflits contemporains attribués à la religion sont étonnants parce que les Musulmans, les Juifs et les Catholiques sont des frères dans la foi. Ces 3 grandes religions monothéistes prennent leur racine dans la révélation de Dieu à Abraham. Elles proclament toutes qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Les Juifs l'appellent «Yahweh», les musulmans «Allah» et les Catholiques «Dieu». Plusieurs noms pour parler du même Créateur de toutes choses. Les différences entre ces groupes sont d'ordre doctrinal.
«Quand le Chrétien dit : " Je crois en un seul Dieu " et que le Musulman dit : " II n'y a pas d'autres Dieu qu'Allah ", ils disent une seule et même chose. Ils traduisent avec un minimum de mots ce qui est le cœur de leur foi, de leur expérience religieuse. Le reste de la profession de foi évoque la façon dont ce Dieu s'est manifesté à eux à travers des contextes historiques et culturels qui eux, peuvent être différents», écrit Jean-René Milot dans son livre «Musulmans et Chrétiens : des frères ennemis ?» publié chez Médiaspaul.
Pour les Catholiques, le Nouveau Testament clôt la révélation. Pour les Musulmans, c'est le message éternel d'Allah donné à Mohamed, le dernier prophète venu dans le monde après Jésus.
Pour l'Islam, Allah est un et unique. Il ne peut donc être Trinité. Puisque c'est ainsi, Jésus n'est pas Dieu. Il est un prophète enfanté par une Vierge. D'ailleurs Myriam (Marie) est la seule femme à avoir son nom inscrit dans le Coran. Les Musulmans croient, comme les Catholiques, à la conception virginale de Jésus. Il faut le reconnaître, les Musulmans ont fait de grandes choses pour la société : les chiffres arabes, l'alchimie, l'alcool, l'hôpital (il vient de l'Iran), la pharmacie et le papier (inventé en Chine et transmis par les Musulmans). Ce qui est à la source de bien des problèmes, c'est que la méthode historico-critique et littéraire acquise par les Chrétiens pour lire la Bible est rejetée en bloc par de nombreuses communautés musulmanes pour une application au Coran. L'intégrisme vécu dans quelques pays vient d'une compréhension littérale (mot à mot) des textes sacrés. Cette problématique n'est pas étrangère à de nombreux groupes chrétiens.
Les Chrétiens et les Musulmans ont intérêt à être solidaires pour faire face à l'athéisme. «Je préfère avoir une discussion avec un Catholique convaincu qu'avec quelqu'un qui ne croit pas du tout en Dieu, ajoute madame Blili. Dans le fond, on croit la même chose. Nous sommes différents dans certaines pratiques sociales. Pour nous, Jésus a été conçu comme les autres hommes.»
Les femmes et le «ouijab»
La majorité des femmes musulmanes d'ici ne portent pas le «ouijab» en société. Azia Blili, propriétaire de Voyages Aziza à Trois-Rivières, le met uniquement pour ces 5 moments de prières quotidiennes : «On le met par croyance. Celle qui le porte, le fait par conviction qu'il faut le faire. C'est une directive du Coran, mais nous choisissons ou pas de nous y conformer. C'est une question de société. Il y a seulement deux pays où il faut obligatoirement l'avoir parce que c'est inscrit dans la loi civile : l'Iran et l'Arabie Saoudite». Elle tient à préciser qu'elle est une femme heureuse qui ne se sent pas inférieure aux hommes. Elle ajoute qu'elle a un bon mari.
Polygamie
Madame Blili explique que la permission pour un homme d'avoir jusqu'à 4 femmes est un phénomène social. À l'époque de Mohamed, il y avait – comme aujourd'hui - plus de femmes que d'hommes dans le monde et les relations sexuelles étaient et sont encore interdites hors du mariage ... «Alors, le seul moyen pour une femme d'avoir une vie sexuelle et d'enfanter, c'est d'être mariée. Il fut un temps où il y avait beaucoup de guerres. Donc, il n'y avait plus assez d'hommes dans le monde.»
Toutefois, elle affirme qu'elle n'a jamais connu d'hommes musulmans avec plusieurs femmes. C'est mal perçu par les ouailles de l'Islam. «C'est déjà difficile de vivre en couple, imaginez les difficultés de la polygamie !» insiste-t-elle
Des mosquées à Trois-Rivières et à Québec
Les mosquées des villes de Québec et de Trois-Rivières sont les seules aménagées à l'extérieur de la région montréalaise. À Trois-Rivières, la communauté musulmane est de 300 personnes. La moyenne d'âge est d'une trentaine d'années.
Dans le monde, ils sont plus d'un milliard. Les Arabes ne représentent que 18 % de ce chiffre. En Chine, il y en a 422 millions ; en Russie, 60 millions ; et, en Amérique du Nord, 5 millions. Au Québec, ils sont près de 80,000. «Comme dans toutes les religions, les Musulmans ne pratiquent pas tous leur foi», conclut la femme.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Novembre 1996, pages 439 et 440)
POLITIQUE: L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »
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| François Legault, premier ministre du Québec |
Par Benoit Voyer
25 novembre 2025
Tout le monde le sait : l’actuel premier ministre du Québec est un interventionniste. Lors d’une rencontre éditoriale à Radio-Canada, François Legault disait : « Moi, j’assume le fait qu’on est un État interventionniste et qu’on en fait beaucoup plus que ce qui se faisait avant ».[1]
En homme de chiffres, il devrait savoir que « l’étatisme » ou l’interventionnisme a des effets pervers. Il conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne » tellement en profondeur que la personne en vient à perdre sa capacité d’imaginer les choses autrement que celles que les gouvernements ont mis en place. C’est ce qui a fait dire à Trévor Burrus : « L’État atrophie notre imagination »[2]. C’est ce qu’il appelle le « Statrix ».
Ce qu’un gouvernement met en place à travers les lois et les programmes laisse une empreinte tellement grande qu’on finit par avoir de la difficulté à imaginer qu’il pourrait en être autrement. Pour reprendre Vincent Geloso : « L'impact de l’intervention étatique "sur notre capacité à concevoir les mondes que l’être humain peut créer par la recherche d’un bien-être supérieur" ».[3]
De quelle manière s’atrophie la matière grise ?
Pour commencer, on lance une loi ou un programme ou un « projet structurant ». Bien entendu, celui-ci entraine des changements dans nos modes de vie. Pensant avoir en main la solution parfaite, ceux qui nous gouvernent s’organisent pour éliminer des solutions ou des initiatives privées ou provenant de la communauté qui existaient ou existent déjà.
Résumant l’idée de Burrus, Geloso écrit : « Une fois l’action gouvernementale pleinement mise en place – qu’il s’agisse d’un métro, d’un cartel légal de taxis ou d’un réseau d’écoles publiques – une coalition d’intérêts composée de syndicats, de bureaucrates, de politiciens et d’acteurs économiques (comme une entreprise d’autobus électriques subventionnées) s’active pour s’assurer que cette intervention, aussi nuisible soit-elle pour la collectivité, ne disparaisse jamais ».
Il ajoute` : « Lorsque la qualité du service se dégrade, les gens se retrouvent coincés à cause de la deuxième étape. De plus, à la suite de la troisième étape, les citoyens ont non seulement perdu les services alternatifs, mais ils ont peut-être même oublié qu’ils existaient déjà. Cependant, si une tentative privée réussit à percer, la sixième étape survient ».
On procède alors à l’interdiction ou à la réglementation de la nouvelle solution privée. Ainsi on s’engouffre dans une sorte de « cycle menstruel » qui se répète et se répète.
On ne cessera de le répéter, il y a trop de règlements, de subventions et de sociétés d’État. Plus les gouvernements tentent d’encadrer, plus ils tuent la créativité et la productivité.
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[1] Véronique Prince. « Analyse, François Legault, l’interventionniste », Radio-Canada, 10 novembre 2025 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2206712/francois-legault-interventionnisme-etat-vision-economique-hydro-quebec
[2] Cf. Trevor Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[3] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.
[1] Véronique Prince. « Analyse, François Legault, l’interventionniste », Radio-Canada, 10 novembre 2025 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2206712/francois-legault-interventionnisme-etat-vision-economique-hydro-quebec
[2] Cf. Trevor Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[3] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Violence faite aux femmes
Vers 1970 à bord d'un autobus conduisant des enfants au terrain de jeux d'une petite municipalité de la Montérégie, des marmots disent en chœur une comptine apprise par cœur : «Les filles les guenilles, les gars les soldats !» Ils répètent et répètent sans cesse cette ritournelle sexiste jusqu'à ce qu'elle soit imprégnée au fond d'eux.
À l'époque, ils n'avaient pas tort de s'exprimer de cette façon. La société tolérait ce genre de slogans. L'histoire était empreinte dans les mœurs. Dans la première partie du siècle, la loi civile permettait au mari de battre sa femme avec un bâton ne dépassant pas un pouce de diamètre. Il ne se sentait jamais coupable, car ces coups étaient normalisés par la société.
Les gamins du temps sont devenus grands. Plusieurs hommes vivent maintenant des instants de confusion. Les mouvements féministes les ont acculés au pied du mur. Ils doivent s'adapter à une nouvelle réalité sociale en cherchant des modèles qui n'existent guère. Exaspérés, plusieurs mâles continuent de perpétuer des comportements sexistes et à dominer la gent féminine. Les femmes ne tolèrent plus cela. Les hommes ripostent, veulent encore dominer et deviennent de plus en plus violents et jouent à la victime.
Les hommes coincés
«Les hommes n'ont pas appris à se prendre en main», dit Robert Ayotte, psychologue et responsable clinique à l'Accord Mauricie de Trois-Rivières, un des 25 centres d'aide pour les hommes à comportements violents et contrôlants du Québec. «Je les entends souvent me dire : "Mon père m'a montré à travailler, mais il ne m'a pas appris à verbaliser et extérioriser ce que je suis vraiment à l'intérieur de moi et à bien vivre avec mes émotions. Je me sens coincé. Tout ce que je suis capable de faire, c'est de travailler et piquer des crises de p'tit gars».
Il n'y a pas longtemps encore, la femme n'avait même pas le droit de répliquer à son mari. Au fil des années, elle a commencé à se lever parce qu'elle n'était plus capable de subir cette violence physique, psychologique et verbale. Elle n'était plus en accord avec ce traitement. La gent féminine s'est prise en main. C'est de cette façon que sont nés des centaines de regroupements d'aide aux femmes.
«L'homme a été obligé de perdre le pouvoir. Il a eu l'air fou! Il a perdu un précieux avantage qu'il ne voulait pas perdre ! Comme de nombreux hommes, il se questionne : "Cette formule fonctionnait pour mon père ! Pourquoi elle ne fonctionne pas pour moi ? Pourquoi ma femme réagit de cette manière ? Pourquoi ? Pourquoi ? L'homme est en déroute ... », dit celui qui rencontre des dizaines de clients par semaine à son bureau ou en thérapie.
La violence à la hausse ?
Il y aurait 300 000 femmes qui subissent la violence, selon le nombre d'admissions dans les centres d'aide aux femmes. Ce qui veut dire autant de conjoints violents.
«À l'accord Mauricie, 10% des épouses des gars que nous aidons sont dans une maison spécialisée. Ce qui veut dire que 90% n'ont pas ce support direct. Je suppose donc que le nombre d'hommes violents est 9 fois plus élevé que les données officielles», tente-t-il d'expliquer
L'accord Mauricie
L'accord ressemble aux 25 autres regroupements qui existent au Québec. Il n'y a rien d'improvisé. Ce sont de véritables spécialistes qui y travaillent : psychologues, travailleurs sociaux, psycho-éducateur, etc. De plus, quelle que soit la nature de la violence (physique, psychologique, verbale, sexuelle, économique ou autres), ils sont qualifiés pour aider les mâles à la dérive. «Quand ton intention est d'amener l'autre dans une soumission, il y a violence», insiste M. Ayotte.
Pour s'en sortir, faut-il vraiment passer par une thérapie? demande le journaliste de la Revue Sainte Anne. Tout de go, il répond : «Tu es tellement pris dans le problème que tu ne peux pas atteindre seul le fond. L'intériorité d'une personne est complexe. Si on ne va pas très, réellement très en profondeur, on ne règle rien. En thérapie, les gars sont confrontés à leurs problèmes. La plus grande erreur à faire est d'excuser leur violence et de chercher des explications à leurs comportements dominants».
Une thérapie à l'Accord Mauricie dure en moyenne 6 mois, au rythme de 2 heures par semaine. Contrairement aux maisons pour les femmes, une contribution est exigée aux hommes. Les femmes n'ont pas à payer pour la violence des mâles. 6% du salaire ou un minimum de 15$ est demandé. La thérapie proposée par cet organisme sans but lucratif subventionné par des dons et par Centraide, est efficace et à prix abordable quand on sait qu'il en coûte 60$ de l'heure chez un spécialiste pour une consultation privée.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Octobre 1996, pages 392 et 393)
POLITIQUE: Pour Éric Zemmour, la France sans le christianisme n’est plus la France
Par Benoit Voyer
24 novembre 2025
Il est minuit moins cinq. Devant les envahisseurs venus de partout, s’il n’y a pas un retour à ses racines judéo-chrétiennes, la France disparaitra. Il en va de même pour plusieurs pays d’Europe et du Québec. « L’Église a fait les rois, qui ont fait la nation, qui a fait la République », écrit Éric Zemmour.
En lisant son livre qui vient de paraître chez Fayard, « La Messe n’est pas dite », le fondateur de Reconquête en 2021, une formation politique de mouvance conservatrice, et candidat à la présidence française, on a l’impression qu’il marche sur les traces de Louis-Philippe Lamartine qui, lors de la Révolution de 1848, écrivait dans « L’Histoire des Girondins » : « Chaque fois qu’une théorie est contraire au salut de la société, c’est que cette théorie est fausse, car la société est la vérité suprême ».
Éric Zemmour explique : « Nous avons depuis trop longtemps cru qu’on défendait la liberté individuelle en oubliant la survie de nos pays et la pérennité de notre identité culturelle. Si celle-ci s’effondre et disparait de nos contrées, c’est justement cette liberté individuelle qui disparaîtra avec elle, car elle en est le produit. »
Puisque « la manière dont est raconté un événement historique est plus déterminante que l’événement lui-même », avant de développer son plaidoyer, il raconte à sa manière l’histoire du christianisme et de sa sœur aînée, le judaïsme, depuis l’époque du livre de Samuel jusqu’aujourd’hui en passant par un certain Jésus, dit le Judéen, originaire de Bethléem et de Nazareth. Son récit est juste et rafraichissant. Il est rare de lire l’histoire des chrétiens racontée par un membre de la prospère communauté juive sépharade d’Algérie. D’ailleurs, Zemmour veut dire en langue berbère « Olivier ».
Il ne passe pas par quatre chemins : « Comme souvent, notre avenir est écrit dans le passé. Soit le christianisme occidental continue d’imiter, mille ans après le christianisme oriental, et il tombera sous le joug islamique, quelle que soit la forme politique que prendra cette tutelle. Soit, au contraire, il s’inspirera des leçons qu’ont tirées ces pays d’Europe centrale de leur passé sous domination ottomane ainsi que de leur existence précaire de « petite nation », et ils se réveilleront enfin de leur mauvaise conscience et de leur sentiment de culpabilité », parce qu’à ses yeux la gauche woke qui se montre ouvertement en faveur de l’islamisation de l’Occident en propageant l’idéologie du multiculturalisme, contribue à faire se sentir constamment coupable de tout la majorité de culture chrétienne.
D’ailleurs, il explique que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales et que les islamistes sont des conquérants qui veulent établir sur la planète des États islamiques en chassant de leurs terres les infidèles. L’islam a des visées politiques et use de tous les moyens afin de parvenir à ses fins. La colonisation des esprits est un moyen. S’en prendre à des églises chrétiennes et des synagogues en les pillant et en y mettant le feu en est un autre.
Zemmour le rappelle : « Dans la tradition islamique, toute terre sur laquelle est édifiée une mosquée est considérée aussitôt comme « terre d’Islam ». Acquise au culte et donc à la civilisation musulmane. Occupée. Colonisée ».
Parlant de colonisé, il est bon de se rappeler la célèbre citation de l’ancien président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, à ses compatriotes qui se plaignaient du colonisateur français : « Pour être colonisé, il faut être colonisable ».
Pour Éric Zemmour, « la seule solution est d’appliquer la laïcité dans toute sa rigueur […], celle qui prévoit un devoir de discrétion dans l’espace public et qui doit donc interdire tout signe religieux, comme le voile, non seulement à l’école, mais aussi à l’université, au travail, dans la rue elle-même ». Et il faut qu’on revienne au judéo-christianisme et, surtout, qu’on cesse de craindre de s’afficher ainsi, car, reprenant André Suarès, « les Français, qu’ils aillent ou non à l’église, ont les Évangiles dans le sang ». La phrase pourrait s’appliquer au Québec et à l’Amérique.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un centenaire aux Carmels
L'année 1996 marque le centenaire du décès de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. La relève est minime chez les religieuses carmélites déchaussées du Québec, un ordre regroupant environ 75 soeurs cloîtrées. Dans cinq monastères québécois - situés à Montréal, Tewkesbury, Trois-Rivières, Dolbeau et Danville - il y a six femmes en formation. Les illusions tombent quand l'expérience démontre que trois recrues sur quatre quitteront avant d'avoir prononcé leurs voeux perpétuels. L'année du centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus qui débutera le 30 septembre, sera pour cette communauté de parler de la grandeur de la vie monastique et du mode de vie de Thérèse Martin qui est un modèle d'inspiration pour le monde d'aujourd'hui.
La plus grande difficulté rencontrée par la relève, selon soeur Marise Langevin du Carmel de Trois-Rivières, est le dépouillement de la foi et de la prière de toutes sensibleries, sentiments et émotions. «C'est dans la réalité du mystère qu'il faut vivre sa foi», dit la prieure du Carmel trifluvien. La place des rites est donc importante pour vivre ce dépouillement: contemplation silencieuse, vie sacramentelle, lecture des psaumes, etc. Il faut en venir à avoir la conviction que Dieu est présent au coeur de son quotidien sans le sentir par ses émotions.
La peur de l'engagement définitif semble être le deuxième point de la désertification de ce choix de vie. «Les femmes qui viennent en formation au Carmel veulent rester, mais retardent l'échéance de l'engagement», explique celle qui demeure au Carmel depuis 42 ans. Ce n'est pas que dans la vie monastique que cette peur de s'engager se fait sentir, c'est dans toute la société. Cette caractéristique prend sa source dans la psychologie des adolescents. Les générations de cette partie du XXe ont de la difficulté à entrer dans l'âge de la maturité. L'adulte n'hésite pas à se donner. Lui seul est capable d'assumer ses choix et de vivre les renoncements que ceux-ci impliquent.
Néanmoins, soeur Marise Langevin demeure dans l'espérance, car la mentalité québécoise change: le mouvement féministe devient moins radical, les jeunes - brisés par les problèmes des parents - veulent vivre de façon différente, la peur du SIDA fait croître en popularité le dossier de la chasteté ...
«Quand les jeunes viennent nous visiter, ils nous interrogent sur notre façon de vivre. Ils se posent bien des questions! Comment vivre sans télévision, sans radio, sans liberté, sans relations sexuelles ...? Dans leurs confidences, je constate qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes d'autrefois, malgré l'évidence que leurs problèmes sont différents. Ils désirent vivre l'amour vrai», dit-elle d'une voix optimiste.
Thérèse
Le véritable nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus est Thérèse Martin, la fille de Zélie et de Louis Martin décédés, comme leur fille, en odeur de sainteté. L'Église étudie la possibilité de les béatifier. Thérèse est également connue sous le vocable de Thérèse de Lisieux, ville où elle a passé sa vie. Trois noms pour désigner une même personne. Il y a de quoi s'y perdre quand on ne connaît pas cette sainte religieuse carmélite qui est la plus invoquée dans les prières des croyants autour du globe.
Son message demeure actuel. «Thérèse était pleinement femme», lance sœur Langevin alias soeur Marise du Saint-Esprit. «Elle a développé à plein ses facultés de tendresse - un peu comme une fiancée - et de délicatesse. Elle nous montre comment aimer.»
Son acte d'offrande à l'amour miséricordieux en est la preuve: « ... Je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre coeur sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement ... Afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant dérober en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont enfermés en vous et qu'aussi je devienne martyre de votre Amour, ô mon Dleu !... »
Des activités pour le centenaire
De nombreuses activités marqueront le centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une petite revue baptisée «Carmel en fête» paraîtra dès le mois prochain. Les religieuses ne publieront que 13 numéros spéciaux en collaboration avec quelques laïcs engagés dans la fraternité séculière. La préparation en est assurée par les Pères Carmes de Montréal. Chaque édition comprendra 24 pages sur la vie de Thérèse Martin et sa spiritualité. Il y aura quelques jeux et de beaux poèmes écrits par Thérèse. Soeur Jeanne Sauriol du Carmel de Trois-Rivières écrira une série de 7 articles sur le thème «L'infini du désir dans la totale impuissance». Enfin, chaque numéro aura un thème dominant en lien avec la vie de sainte Thérèse et l'année du centenaire. L'abonnement aux 13 numéros est de 15$
Un dossier d'animation a été conçu pour le monde scolaire. Violaine Couture, une animatrice à la pastorale scolaire de la Mauricie a écrit un chant pour les enfants - «Mon nom est écrit dans le ciel» - qui est édité chez Novalis. La cassette comprend également une pièce composée par soeur Huguette Boutin, une carmélite.
Les 12 paroisses du Canada portant le vocable de Thérèse de l'Enfant-Jésus -particulièrement regroupées au Québec - s'impliqueront à leur façon. Un document de réflexion leur est destiné.
En avril 1997, le père Marie-Michel, un Carme qui a fondé, en France, avec le père Daniel-Ange, Jeunesse-Lumière, une école de la foi pour les jeunes, fera une petite tournée de deux semaines au Québec en compagnie de deux religieuses de la communauté Élie Thérèse.
De plus, chaque Carmel aura ses activités. Le Carmel trifluvien, par exemple, commencera l'année du centenaire le 29 septembre en après-midi par une grande célébration eucharistique présidée par l'évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Laurent Noël.
Le 1er octobre, Pierre Francoeur, un Clerc de Saint-Viateur qui se spécialise en histoire thérésienne, célébrera une messe et prononcera une conférence.
Les aînés auront leur célébration spéciale, le 16 novembre, et les groupes de vie mariale sont invités, le 8 décembre en après-midi, pour un chapelet médité introduit par des pensées de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Cogéco captera l'événement qui sera retransmis, via la télévision câblée, dans la région trifluvienne. Soeur Loraine Caza sera également sur place pour une conférence. Enfin, une exposition est offerte aux groupes qui désirent se familiariser avec la vie de Thérèse de Lisieux.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Septembre 1996, page 344) [1]
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[1] Voici la transcription du texte original conserve dans le fonds P049 de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska :
Centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus
Les recrues sont rares au Carmel
La relève est minime chez les religieuses carmélites déchaussées du Québec, une congrégation regroupant environ 75 religieuse carmélites sœurs cloitrées. Dans les cinq monastères québécois - situés à Montréal, Tewkesbury, Trois-Rivières, Dolbeau et Danville – il y a six femmes en formation. Les illusions tombent quand l'expérience démontre que trois recrues sur quatre quitteront avant d'avoir prononcé leurs voeux perpétuels. L’année du centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus qui débutera le 30 septembre prochain, sera l'occasion pour cette communauté de parler de la grandeur de la vie monastique et du mode de vie de Thérèse Martin qui est un modèle d'inspiration pour le monde d'aujourd'hui.
La plus grande difficulté rencontrée par la relève, selon sœur Marise Langevin du Carmel de Trois-Rivières, est le dépouillement de la foi et de la prière de toutes sensibleries, sentiments et émotions. "C'est dans la réalité du mystère qu'il faut vivre sa foi", dit la prieure du Carmel trifluvien. La place des rites est donc importante pour vivre ce dépouillement : contemplation silencieuse, vie sacramentelle, lecture des Psaumes, etc. Il faut en venir à avoir la conviction que Dieu est présent au cœur de son quotidien sans le sentir par ses émotions.
La peur de l'engagement définitif semble être le deuxième point de la désertification de ce choix de vie. "Les femmes qui viennent en formation au Carmel veulent rester, mais retardent l'échéance de l'engagement", explique celle qui demeure au Carmel depuis 42 ans. Ce n'est pas que dans la vie monastique que cette peur de s'engager se fait sentir, c'est dans toute la société. Cette caractéristique prend sa source dans la psychologie des adolescents. Les générations de cette partie du XXe siècle ont de la difficulté à entrer dans l'âge de la maturité. L'adulte n'hésite pas à se donner. Lui seul est capable d'assumer ses choix et de vivre les renoncements que ceux-ci impliquent.
Néanmoins, sœur Marise Langevin demeure dans l'espérance, car la mentalité québécoise change: le mouvement féministe devient moins radical, les jeunes - brisés par les problèmes des parents - veulent vivre de façon différente, La peur du SIDA fait croître en popularité le dossier de la chasteté...
"Quand les jeunes viennent nous visiter, ils nous interrogent sur notre façon de vivre. Ils se posent bien des questions! Comment vivre sans télévision, sans radio, sans liberté, sans relations sexuelles...? Dans leurs confidences, je constate qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes d'autrefois, malgré l'évidence que leurs problèmes sont différents. désirent vivre l'amour vrai", dit-elle d'une voix optimiste.
Thérèse
Le véritable nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus est Thérèse Martin, la fille de Zélie et Louis Martin décédés, comme leur fille, en odeur de sainteté. L'Église étudie la possibilité de les béatifier. Thérèse est également connue sous le vocable de Thérèse de Lisieux, ville où elle a passé sa vie. Trois noms pour désigner une même personne. Il y a de quoi s'y perdre quand on ne connait pas cette sainte religieuse carmélite qui est la plus invoquée dans les prières des croyants autour du globe.
Son message demeure actuel. "Thérèse était pleinement femme", lance sœur Langevin alias sœur Marise du Saint-Esprit. "Elle a développé à plein ses facultés de tendresse - un peu comme une fiancée - et de délicatesse. Elle nous montre comment aimer."
Son acte d'offrande à l'amour miséricordieux on est la preuve : " … Je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre cœur sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement... afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me comme consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu'aussi je devienne martyre de votre Amour, ô mon Dieu".
Des activités pour le centenaire
De nombreuses activités marqueront le centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une petite revue baptisée "Carmel en fête" paraitra dès le mois prochain. Les religieuses ne publieront que 13 numéros spéciaux en collaboration avec quelques laïcs engagés dans la fraternité séculière. La préparation est assurée par les pères carmes de Montréal. Chaque édition comprendra 24 pages sur la vie de Thérèse Martin et sa spiritualité. Il y aura quelques jeux et de beaux poèmes écrits par Thérèse. Sœur Jeanne Sauriol du Carmel de Trois-Rivières écrira une série de 7 articles sur le thème "L'infini du désir dans la totale impuissance". Enfin, chaque numéro aura un thème dominant en lien avec la vie de sainte Thérèse et l'année du centenaire. L'abonnement aux 13 numéros est de 15$.
Un dossier d'animation a été conçu pour le monde scolaire. Violaine Couture, une animatrice à la pastorale scolaire de la Mauricie, a écrit un chant pour les enfants - "Mon nom est écrit dans le ciel" - qui est édité chez Novalis. La cassette comprend également une pièce composée par sœur Huguette Boutin, une carmélite.
Les 12 paroisses du Canada portant le vocable de Thérèse de l'Enfant-Jésus -particulièrement regroupées au Québec - s‘impliqueront à leur façon. Un document de réflexion leur est destiné.
En avril 1997. le père Marie-Michel, un Carme qui a fondé, en France, avec le père Daniel-Ange, Jeunesse-Lumière, une école de la foi pour les jeunes, fera une petite tournée de deux semaines au Québec en compagnie de deux religieuses de la communauté Elie Thérèse.
De plus, chaque Carmel aura ses activités. Le Carmel trifluvien. par exemple, débutera l'année du centenaire, le 29 septembre en après-midi, par une grande célébration eucharistique présidée par l’évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Laurent Noël.
Le 1er octobre. Pierre Francoeur, un Clerc de St-Viateur qui se spécialise en histoire thérésienne, célébrera une messe et prononcera une conférence.
Les ainés auront leur célébration spéciale, le 16 novembre, et les groupes de vie mariale sont invités, le 8 décembre en après-midi, pour un chapelet médité introduit par des pensées de Thérèse de l'Enfant-Jésus. Cogéco captera l'événement qui sera retransmis, via la télévision câblée, dans la région trifluvienne. Sœur Loraine Caza sera également sur place pour une conférence. Enfin, une exposition est offerte aux groupes qui désirent se familiariser avec la vie de Thérèse de Lisieux.
Benoit Voyer
___________________________________
Le Carmel de Trois-Rivières
1785, boul. du Carmel
Trois-Rivières, Québec, Canada G82 3R8
(819) 374-5303
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les chrétiens persécutés dans le monde
Armand Gagné sait de quoi il parle. En 1989, il revenait d'une mission internationale au service de la cause des chrétiens persécutés pour leur foi au Christ. À Rome, il était l'assistant du Père général des Trinitaires.
Régulièrement, il devait divulguer, par l'intermédiaire du général, des informations au pape Jean-Paul II sur la situation difficile de ces personnes emprisonnées ou en liberté surveillée.
«Le pape était très au courant de la situation», confie le sympathique Trinitaire. «Prenons l'exemple du Mur de Berlin qui est tombé. Personne ne met en doute que c'est grâce à l'intervention du Souverain Pontife. Il l'a fait en faisant connaître la situation des gens et du pays.»
Il n'a pas que regardé ce qui se passe à la lumière des fonctionnaires: le Père Gagné est, notamment, allé constater la situation en U.R.S.S. - avant la chute du Parti communiste -, au Vietnam et en Chine.
«Ce que je fais au nom de ma communauté, c'est de créer des liens avec ceux qui souffrent», explique-t-il.
Il a aimé cette mission. De retour au Canada, il a continué la besogne dans ses temps libres. C'est sa façon à lui de participer au retour aux sources de sa communauté fondée par Jean de Matha, il y a plus de 800 ans.
Au Liban
Au début de septembre 1994, le père Armand Gagné revenait d'une petite mission d'une semaine au Liban. Le but était fort simple: nouer des liens plus intimes avec des évêques, prêtres et laïcs engagés qui vivent des instants difficiles.
«C'est entendu qu'en une semaine, je n'ai pas connu toute la situation», raconte le supérieur du Monastère des Trinitaires de Granby, «Toutefois, j'étais accompagné d'un Libanais fort compétent; ça m'a aidé à comprendre ... »
Pour lui, les informations que nous recevons sur ce pays par le mass média sont souvent incomplètes et manipulées. C'est ce qu'il appelle de la désinformation.
«Les gens ont de la difficulté à saisir le fond du problème: ils veulent chasser les Catholiques du Moyen Orient. On veut le faire par l'intermédiaire des Musulmans fanatiques», poursuit-il.
Pourquoi? Par souci économique. C'est un pays extrêmement riche au niveau touristique, car il est situé sur le bord de la mer Méditerranée. De plus, le Liban est considéré comme la Suisse du Moyen Orient, la plaque tournante de l'Afrique et des pays arabes.
«Ils veulent enlever l'influence chrétienne de cette région où il y a des Catholiques qui parlent la langue arabe. C'est une société où se retrouvent environ 17 entités religieuses différentes», explique l'homme à la soutane blanche.
Selon ses sources, la dernière guerre libanais avait pour objectif de persécuter les Chrétiens. «Une guerre artificielle: on a visé les églises, les monastères ... », insiste-t-il.
Pour ces Catholiques, une chose est primordiale: l'espérance chrétienne. Il s'agit de ne jamais désespérer et de se reprendre en main dès que passe l'épreuve
Retour au pays
Ce ministère un peu particulier était l'aboutissement de 15 années à l'extérieur du Canada, dont 72 mois au Guatemala comme missionnaire.
Après quelques temps à titre d'aumônier à la prison à sécurité maximum de Donnacona, il était nommé directeur, curé et économe du monastère des Trinitaires de Granby.
Curriculum Vitae
Le père Armand Gagné a un impressionnant curriculum vitae. Il est né le 28 août 1931 à Bagotville (ville de La Baie). Il est le fils de Joseph Gagné et Marie-Anne Lavoie. Il est baptisé la même journée à la paroisse Saint-Alphonse de Ville de La Baie
Il entre dans la communauté des Trinitaires en août 1955 et il prononce ses voeux perpétuels le 8 septembre 1959 à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il est finalement ordonné prêtre le 20 septembre 1959 à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il célèbre sa première messe à la paroisse Saint-Alphonse de Bagotville le lendemain. De 1959 à 1960, il termine sa quatrième année de théologie.
De 1960 à 1963, il est assistant surveillant des élèves du Collège des Trinitaires à Saint-Bruno-de-Montarville et est professeur de religion. Pendant ce temps, il est aumônier en milieu hospitalier à l'Hôpital Mayfair, à l'Hôpital Shriner's et à l'Hôpital Cedar. De 1960 à 1966, il devient procureur des missions pour sa congrégation.
De 1963 à 1967, il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal. Il sera aussi curé de cette dernière de 1969 à 1975 et président de la zone pastorale de ce coin du diocèse.
Entre temps, de 1967 à 1969, il est aumônier à la prison des femmes (Tanguay) et à la prison des hommes (Craig) de Montréal.
En 1975, il devient missionnaire au Guatemala et, en 1983, il est élu conseiller général de sa communauté à Rome. Il est le 21e canadien à accéder à ce poste. Pendant ces années, il se consacre à la cause des chrétiens persécutés pour leur foi. Il rédige de nombreux rapports qu'il remet, par la suite, au pape Jean-Paul II. Il revient au Canada en 1989.
De 1990 à 1993, il est aumônier à la prison à sécurité maximum pour hommes de Donnacona, près de Québec.
Depuis 1993, il est supérieur du monastère des Trinitaires de Granby. Il poursuit sa croisade pour venir en aide aux chrétiens persécutés à cause de leur foi au Christ. Il est responsable du dossier pour la communauté. Enfin, il est directeur du bulletin «La Voix de Jésus Nazaréen» et de la Fondation des amis du père Armand gagné qui œuvre à ramasser des fonds pour les missions et à la sensibilisation à la cause des chrétiens persécutés.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Juillet-août 1996, pages 308 et 309)
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Une paroisse catholique chez les protestants
GRANBY- Depuis 26 ans, le temple de l'Église Unie de Granby accueille sous son toit la communauté catholique anglophone de cette ville. Il s'agit d'une première dans l'histoire religieuse du Québec. Depuis 10 ans, le révérend Tom Edmond's, le pasteur protestant, et l'abbé Gérald Ouellette, le curé catholique, vivent une relation particulière. L'année dernière, ils soulignaient leur 25e anniversaire de vie commune. À cette occasion, un grand banquet regroupait 150 personnes des deux communautés dans un hôtel de la région
Les relations œcuméniques entre ces deux Églises officielles sont à imiter. Ce genre d'unité pourrait être un modèle à suivre au long des années difficiles qui sont à venir pour l'Église québécoise.
À l'époque, les Catholiques anglophones cherchaient un endroit pour se rassembler. La tradition populaire locale raconte qu'ils voulaient garder leur autonomie linguistique et que les francophones voulaient les assimiler, les intégrer à leur structure.
«Ils sont finalement allés chez les anglicans qui n'étaient pas très chauds à l'idée de les recevoir. L'Église Unie a été plus ouverte», dit Gérard Ouellette de la paroisse catholique.
Ce temple est le lieu indiqué pour une communauté chrétienne de cette importance : 250 membres sont inscrits au registre paroissial. À la messe du dimanche, il y a une moyenne de 85 personnes.
Chez le groupe protestant, il y a 136 familles (218 fidèles). Environ 70 paroissiens vont à l'eucharistie mensuelle et les autres dimanches, c'est plus bas. «La population anglophone de la région est démographiquement à la baisse», précise Tom Edmond's.
À chaque dimanche, il y a des célébrations pour les ouailles des deux Églises. À 9h30, les catholiques ont la messe et, à 11 heures, c'est le rassemblement de la communauté protestante. «Un jour je ferai un vidéo parce que c'est très drôle ! Après la messe de 9h30, les statues de Marie et de Joseph, le crucifix ... les ornements des catholiques sont enlevés et sortent du lieu de prière. Pendant ce temps, les membres de ma communauté installent les nôtres. Cela se fait en 10 minutes!», raconte en riant le sympathique Tom Edmond's.
Gestes œcuméniques
Oecuméniquement, les deux leaders spirituels s'échangent sporadiquement des prédications. L'abbé Ouellette fait le commentaire évangélique chez les protestants et le révérend Edmond's l'homélie chez les catholiques.
Le secteur des affaires sociales est le meilleur point de ralliement entre les deux groupes. Au mois de février dernier, Pierre Horan, un diacre catholique, l'abbé Gérard Ouellette, le révérend Tom Edmond's, Jean Leroux, le député fédéral du comté de Shefford et la modératrice de l'Église Unie du Canada ont pris un repas ensemble. La modératrice qui habite la province de la Colombie-Britannique était de passage au Québec pour visiter les communautés de l'Église Unie du Québec. Tom Edmond's se dit préoccupé par les relations entre francophones et anglophones. Le but de ce rendez-vous était de créer un lieu de partage entre groupes linguistiques «Il y a des contacts entre anglophones et francophones, mais il n'y a jamais de rencontres officielles entre les deux communautés linguistiques», précise-t-il.
Lors de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, il y a toujours une célébration conjointe entre les Église anglicanes, catholiques et Unies de cette municipalité. Un moment de choix pour prier ensemble.
Depuis quelques années, l'abbé Ouellette organise un pèlerinage œcuménique en collaboration avec le Comité foi et culture Granby et région. La visite de temples de différents dénominations religieuses ouvre des perspectives nouvelles chez les pèlerins.
Enfin, ils ont un groupe commun de réflexion sur les relations entre parents et enfants.
Les mariages
Le secteur des mariages pose un problème entre l'Église Unie et le catholicisme. De nombreux couples catholiques, particulièrement des divorcés, tentent de se marier auprès de pasteurs de l'Église Unie.
«La conception du mariage n'est pas la même dans les deux Églises», explique le révérend Edmond's. «Pour les catholiques, l'union est indéfectible. Le mariage est un sacrement qui engage jusqu'à la mort. Pour l'Église Unie, l'union des époux est une façon d'entrer dans le mystère de Dieu qui est présent en soi. C'est une célébration du mystère. Il faut la vivre et non la comprendre».
Contrairement à plusieurs pasteurs de son Église, il refuse de marier des Catholiques par respect œcuménique et parce que le mariage est pour lui un événement communautaire. Il accepte sans hésiter de coprésider avec un prêtre catholique des unions entre membres des deux groupes religieux.
Benoît Voyer
Les relations œcuméniques entre ces deux Églises officielles sont à imiter. Ce genre d'unité pourrait être un modèle à suivre au long des années difficiles qui sont à venir pour l'Église québécoise.
À l'époque, les Catholiques anglophones cherchaient un endroit pour se rassembler. La tradition populaire locale raconte qu'ils voulaient garder leur autonomie linguistique et que les francophones voulaient les assimiler, les intégrer à leur structure.
«Ils sont finalement allés chez les anglicans qui n'étaient pas très chauds à l'idée de les recevoir. L'Église Unie a été plus ouverte», dit Gérard Ouellette de la paroisse catholique.
Ce temple est le lieu indiqué pour une communauté chrétienne de cette importance : 250 membres sont inscrits au registre paroissial. À la messe du dimanche, il y a une moyenne de 85 personnes.
Chez le groupe protestant, il y a 136 familles (218 fidèles). Environ 70 paroissiens vont à l'eucharistie mensuelle et les autres dimanches, c'est plus bas. «La population anglophone de la région est démographiquement à la baisse», précise Tom Edmond's.
À chaque dimanche, il y a des célébrations pour les ouailles des deux Églises. À 9h30, les catholiques ont la messe et, à 11 heures, c'est le rassemblement de la communauté protestante. «Un jour je ferai un vidéo parce que c'est très drôle ! Après la messe de 9h30, les statues de Marie et de Joseph, le crucifix ... les ornements des catholiques sont enlevés et sortent du lieu de prière. Pendant ce temps, les membres de ma communauté installent les nôtres. Cela se fait en 10 minutes!», raconte en riant le sympathique Tom Edmond's.
Gestes œcuméniques
Oecuméniquement, les deux leaders spirituels s'échangent sporadiquement des prédications. L'abbé Ouellette fait le commentaire évangélique chez les protestants et le révérend Edmond's l'homélie chez les catholiques.
Le secteur des affaires sociales est le meilleur point de ralliement entre les deux groupes. Au mois de février dernier, Pierre Horan, un diacre catholique, l'abbé Gérard Ouellette, le révérend Tom Edmond's, Jean Leroux, le député fédéral du comté de Shefford et la modératrice de l'Église Unie du Canada ont pris un repas ensemble. La modératrice qui habite la province de la Colombie-Britannique était de passage au Québec pour visiter les communautés de l'Église Unie du Québec. Tom Edmond's se dit préoccupé par les relations entre francophones et anglophones. Le but de ce rendez-vous était de créer un lieu de partage entre groupes linguistiques «Il y a des contacts entre anglophones et francophones, mais il n'y a jamais de rencontres officielles entre les deux communautés linguistiques», précise-t-il.
Lors de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, il y a toujours une célébration conjointe entre les Église anglicanes, catholiques et Unies de cette municipalité. Un moment de choix pour prier ensemble.
Depuis quelques années, l'abbé Ouellette organise un pèlerinage œcuménique en collaboration avec le Comité foi et culture Granby et région. La visite de temples de différents dénominations religieuses ouvre des perspectives nouvelles chez les pèlerins.
Enfin, ils ont un groupe commun de réflexion sur les relations entre parents et enfants.
Les mariages
Le secteur des mariages pose un problème entre l'Église Unie et le catholicisme. De nombreux couples catholiques, particulièrement des divorcés, tentent de se marier auprès de pasteurs de l'Église Unie.
«La conception du mariage n'est pas la même dans les deux Églises», explique le révérend Edmond's. «Pour les catholiques, l'union est indéfectible. Le mariage est un sacrement qui engage jusqu'à la mort. Pour l'Église Unie, l'union des époux est une façon d'entrer dans le mystère de Dieu qui est présent en soi. C'est une célébration du mystère. Il faut la vivre et non la comprendre».
Contrairement à plusieurs pasteurs de son Église, il refuse de marier des Catholiques par respect œcuménique et parce que le mariage est pour lui un événement communautaire. Il accepte sans hésiter de coprésider avec un prêtre catholique des unions entre membres des deux groupes religieux.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juillet-août 1996, pages 294 et 295)
EN BREF
VITRAUX: L’œuvre de Ninchiri m’a toujours impressionné. Dans la bibliothèque du Parlement, sur la colline parlementaire, à Québec, il est possible d’admirer le vitrail « Je puise mais n'épuise », installé à cet endroit en 1916. Il a été réalisé par le peintre Guido Nincheri et le maître verrier Henri Perdriau, selon une maquette de Charles Huot. L’oeuvre montre une femme qui revient puiser de l'eau, devant la chute Ouiatchouan, à Val-Jalbert (devenu Chambord), au Lac-Saint-Jean. La femme symbolise l’étude et l’eau la science. (BV)
HISTOIRE: Un 22 novembre qui changera la vie d’Éric Duhaime
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| Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec |
Un 22 novembre qui changera la vie d’Éric Duhaime
Par Benoit Voyer
21 novembre 2025
Le 22 novembre 2020, l’animateur et commentateur Éric Duhaime, bien connu à la radio de Québec, annonce qu’il se présentera à la chefferie du Parti conservateur du Québec, en vue de succéder à Adrien Pouliot.
Avec des amis, réunis presque clandestinement dans son sous-sol, avec quelques organisateurs et quelques bouteilles de vin, ils décident de partir à l’aventure. Cette décision changera ma vie.
Le 22 novembre 2024, sur X, Éric Duhaime raconte : « C’était une époque folle, où je ne pouvais pas me rendre dans un studio de télé ou de radio pour en faire l’annonce, encore moins nous rassembler dans une salle avec quelques centaines de partisans. Nous étions néanmoins fiers de nous tenir debout pour défendre la démocratie, nos droits civiques et nos libertés individuelles, alors que le gouvernement Legault brimait tous nos droits et libertés, après avoir mis la démocratie sur pause. On n’avait aucune espèce d’idée combien de Québécois partagent nos valeurs. Ça n’avait pas tant d’importance. On offrait une alternative politique et démocratique à tous ».
Le 17 avril 2021, il devient chef du Parti conservateur du Québec.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: On lui confie un poste à l'Assemblée des Évêques du Québec
Il voulait travailler auprès des marginaux
On lui confie un poste à l'Assemblée des Évêques du Québec
MONTRÉAL - «je voulais, en sortant du milieu où je besognais, aller travailler auprès des marginaux, car j'avais accumulé plusieurs années d'expérience auprès de ces personnes», dit Guy Saint-Onge, le nouveau secrétaire général de l'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ).
Lors de sa nomination, il n'a pas hésité à lancer à la blague aux bergers diocésains : «Ce n'est pas avec cette sorte de marginaux que je voulais aller travailler!» Une façon de dire aux évêques qu'ils le sont parfois.
Il ne s'attendait pas à cette offre. Un certain soir, il reçoit un appel téléphonique d'un membre du comité de sélection de l'AÉQ : «Vu que tu es en année sabbatique et que nous cherchons un secrétaire général ... Nous faisons appel à tes services. Il faudrait y penser ... »
Il n'a jamais postulé pour ce travail. Étant déjà connu des évêques, la proposition est venue d'elle-même.
Guy Saint-Onge est membre des Frères de Saint-Gabriel depuis 1951. En 1970, il devenait prêtre. Il fut supérieur de sa congrégation durant quinze ans. Sa fonction le conduisit à la présidence de la Conférence religieuse canadienne (CRC) pendant quatre ans et de la section québécoise de la CRC au long de quatre autres années
«La CRC m'a amené à participer aux réunions plénières de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et à des comités d'évêques et de religieux. C'est là que j'ai eu l'occasion de connaître presque tous les évêques», raconte-t-il.
Son travail
La majorité des dossiers de l'AÉQ passent entre ses mains. Il coordonne plus d'une douzaine de comités où la cueillette d'informations et de commentaires se fait. Ces tables thématiques regroupent des évêques et des spécialistes laïques qui réfléchissent ensemble à différents dossiers d'actualité. La plupart des événements de la société québécoise trouvent un écho à l'Assemblée. Il est aussi secrétaire de groupes comme le Conseil exécutif de l'AÉQ., la Fondation de l'AÉQ et de l'Office de la catéchèse du Québec. Il passe la moitié de son temps en réunions.
«L'AÉQ est un lieu d'échanges permanent», explique le religieux. «Si tu voyais le monde qui passe ici ! C'est presque le Gare Windsor! Il y a régulièrement des rencontres»
Il n'a pas peur de souffrir de «réunionnite» (la maladie des réunions). Il connaît ce genre d'emploi. Pendant 20 ans, son travail en communauté lui a imposé des centaines de réunions. Est-ce qu'il y a un danger à trop en faire? «L'inertie est à surveiller !» insiste-t-il.
Il poursuit : «Cela nous ramène au problème de la communication. Si les évêques se réussissent autant, c'est qu'ils sont soucieux de bien communiquer entre eux pour trouver ensemble des solutions et, aussi, pour être capable de communiquer avec le public. Ils veulent que leur parole soit nuancée.»
Communication
Est-ce que l'Église sait vraiment communiquer avec le monde d'aujourd'hui ? «Elle est en train d'apprendre. Plus on est proche de la base, mieux ça va. Pour un curé ou un animateur de pastorale dans un petit milieu, c'est relativement facile. Quand on travaille au Vatican et qu'on s'adresse à l'univers, la pédagogie est très difficile à trouver et souvent on a l'impression de ne pas la trouver. Des fois, ce n'est pas le message qui fait défaut, mais la façon de le présenter», explique Guy Saint-Onge.
Il trouve que les évêques du Québec s'améliorent, car ils se donnent des moyens. Ils se font régulièrement conseiller par des spécialistes. Cependant, il remarque que dans l'écrit, il reste beaucoup à faire. Pour lui, la façon de livrer le message est souvent trop magistrale.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juin 1996, page 251)
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le Synode de Montréal - On lance une commission consultative
Le Synode de Montréal
On lance une commission consultative
MONTRÉAL - Au long du mois de mai, le Synode de Montréal tiendra une Commission consultative dans les différentes zones pastorales du diocèse. L'Église de Montréal souhaite connaître l'avis des regroupements du milieu quant à la manière d'améliorer sa façon d'être et d'agir pour mieux jouer son rôle dans la société.
C'est aussi pour créer des liens étroits entre les préoccupations de ses partenaires et l'idéal de l'Évangile qu'elle cherche, et pour cerner les véritables besoins des associations, des individus et des communautés chrétiennes. Une manière de poser un regard sur les pratiques pastorales actuelles et les réaménagements pastoraux à apporter.
«La Commission consultative invite la population à venir approfondir avec nous sa foi et partager ce à quoi elle s'attend de l'Église, au sens qu'elle donne à son enseignement et aux valeurs qui soustendent et comment elle va donner d'elle-même, participer, aider à la recherche d'un chemin vers l'avenir où toutes les générations sentirons leur capacité de croire», disait Louise Brais-Vaillancourt lors d'un point de presse.
L'opération sera dirigée par les deux coprésidents de l'Assemblée synodale, Joseph Giguère du Centre Saint-Pierre et Louise Brais-Vaillancourt, une gestionnaire. Une vingtaine de commissaires provenant de divers secteurs d'activités et des zones pastorales de l'archidioèse les accompagneront dans leur démarche.
Les audiences publiques débuteront le 1er mai au Jardin botanique et devraient se terminer le 26 mai. Il n'est plus possible de s'inscrire pour faire entendre ses opinions, mais jusqu'au 10 juin, le public peut envoyer des mémoires. Tous peuvent assister aux audiences.
Les thèmes présentés seront développés, analysés et discutés l'an prochain par les équipes synodales. Ce travail préparera l'étape finale du Synode. Il s'agira de soumettre des propositions concrètes à la réflexion de l'Assemblée synodale qui sera présidée par l'archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Ce dernier est heureux du résultat de la première étape du Synode. Le questionnaire lancé en octobre 1995 et traduit en douze langues a été utilisé et envoyé au secrétariat par plus de 35 000 personnes. L'âge moyen des répondants est de 53 ans. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne de la clientèle qui fréquente les liturgies dominicales. Actuellement, un peu plus de 15 000 réponses personnelles ont été traitées.
De son côté, la ligne téléphonique spéciale enregistre déjà plus de 600 appels. C'est l'état d'insécurité, d'isolement, de détresse psychologique et les problèmes des jeunes qui n'ont plus d'horizons et qui n'ont plus de sens à leur vie qui impressionnent les coprésidents.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, mai 1996, pages 200 et 201)
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