En ce 11 juillet 2025

La psychodynamique de la personne humaine



Edgar Voyer (1889-1967)

Edgar Voyer (1889-1967)

Par Benoit Voyer

11 juillet 2025

Le 11 juillet 1967, à l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière, décède Edgar Voyer. Il a 78 ans. Il était l’époux d’Alice Chenard et le père de Camille, Gérard, Simone, Madeleine, Germaine, Rachel, Jean-Marie, Gabriel, Isabelle et Roméo.

En bref, voici quelques événements survenus dans sa vie.

Enfance à Saint-Alexandre
Edgar nait le 5 juin 1889, à Saint-Alexandre, près de Rivière-du-Loup, au Bas Saint-Laurent. Il est le fils de Louis Voyer et Dorilda Garneau. Il est le second enfant du couple et leur premier garcon.

Le même jour, il est baptisé dans l’église catholique du village. Il reçoit les prénoms de Louis et Edgar. Son parrain est son oncle Rémi Garneau et sa marraine est sa tante Arthémise Soucy, l’épouse du regretté Michel Garneau. La cérémonie baptismale est célébrée par l’abbé Joseph-Fabien Dumais (1860-), originaire du patelin.

Le 9 octobre 1890 nait son frère Rosario Voyer.

Au recensement de 1891, il a deux ans.

A celui de 1901, l’agent du gouvernement enregistre Louis Voyer (29 ans), cultivateur, Dorilda Garneau (25 ans), Louise Voyer (3 ans), Edgar Voyer (1 an), Rosario Voyer (7 mois), Louis Voyer (66 ans), Célanire Marquis (47 ans), le deuxième épouse de Louis, son grand-père et Ludger Voyer (18 ans) qui se prépare à devenir prêtre catholique.

Le 9 janvier 1892 nait Armand, son frère.

Le 21 mars 1893 nait Ernestine, sa soeur.

Le 19 janvier 1894 nait Alexandrine, sa soeur.

Le 12 septembre 1895 nait Jean-Charles, son frère.

Le 4 janvier 1897 décède Ernestine, sa sœur.

Le 9 janvier 1897 décèdent Alexandrine et Louise, sa sœur ainée. Il devient donc l’ainé de la famille.

Le 28 janvier 1897 nait Louis-Philippe Voyer, son frère.

Le 29 mai 1898 nait Laurier, son frère. Il décédera le 9 février 1900.

Le 30 août 1899 nait Félix-Alfred. Il décédera le 17 avril 1900.

Au recensement de 1901, à Saint-Alexandre, Louis Voyer a 39 ans et Dorilda Garneau a 35 ans. Leur marmaille est composée d’Edgard (11 ans), Rosario (10 ans), Armand (9 ans), Jean-Charles (5 ans) et Louis-Philippe (4 ans).

Le 24 juillet 1902, on autre coup dur survient dans le clan familial. Louis Voyer, le père des p’tits Voyer, décède à l’âge de 41 ans. Dorilda se retrouve seule avec sa marmaille... enceinte de quelques mois. Edgar, 13 ans, qui est l’aîné, est obligé de seconder sa mère sur la ferme familiale.

Le 29 juillet on procède au service funéraire de Louis Voyer dans l’église paroissiale et a l’inhumation dans le cimetière juste en face.

Le 11 janvier 1903, Dorilda Garneau-Voyer donne naissance à Juliette. La petite décédera dix jours plus tard, soit le 21 janvier.

Edgar et Alice
Le 6 juin 1911, Edgar Voyer épouse Alice Chenard, à Saint-Alexandre. Le mariage est présidé par l’abbé Adolphe Michaud (1857-1933). Edgar et Alice ont 22 ans.

Leur Contrat de mariage a été signé le 4 juin 1911 à la greffe de Me Charles Philippe Arthur Beaulieu (1881-1932). Il apparait au numéro 4526 du registre. Le notaire Beaulieu est né le 23 juillet 1853, à Cacouna. Il est le fils de notaire Jean-Baptiste Beaulieu et Virginie Chapais. Il a épousé Henriette Ouellet le 17 février 1896. Elle est la fille de Jules Ouellet et Dormitilde Hermine Pelletier de Saint-Alexandre.

Alice Chenard, est née le 17 mars 1880, à Saint-Alexandre, quelques semaines avant Edgar. La terre ou elle est née appartient toujours à la famille Chenard. L’endroit chevauche la municipalité de Saint-André. Elle est la fille de Rémi Chenard et Lumina Bélanger, que tous surnomment simplement Mina. Elle est baptisée le lendemain à Saint-Alexandre

Après leur mariage, Edgar et Alice habitent une petite maison, propriété de la famille Chenard, à Saint-André-de-Kamouraska. Il s'agit aujourd'hui du 266, 2e rang Est, à Saint-André. Il est possible de voir les vestiges de la maison de l’autoroute 20.

Le 17 juillet 1912 nait leur fils Camille, à Saint-André.

Le 1er juillet 1913 nait leur fils Gérard à Saint-André.

Le 10 novembre 1913, son frère Rosario épouse Anna Dumais, à Saint-Alexandre.

Le 29 octobre 1913 décède Dorilda, sa mère. Elle n’a que 48 ans. Ses funérailles ont lieu à Saint-Alexandre, le 3 novembre. Le même jour elle est inhumée dans le cimetière de la paroisse auprès de son mari.

Le 11 juillet 1914 nait leur fille Simone, à Saint-André.

Le 27 juillet 1915, son frère Armand épouse Camilla Pelletier, à Saint-Alexandre.

Le 1 juin 1916 nait Madeleine, à Saint-André.

Le 3 mars 1918 nait Germaine, à Saint-André.

Le 29 mai 1921 nait Rachel, à Saint-André.

Le 21 mai 1923 nait Jean-Marie, à Saint-André.

Dans la première semaine de juin 1923, sans en parler a personne, son frère Louis-Philippe prend le train vers une destination qu’il ne connait pas lui-même. Il ne reviendra jamais. Edgar n’aura plus jamais de ses nouvelles.

Le 18 novembre 1925, à La Pocatière, nait Gabriel.

Le 16 mai 1927 nait Jeanne-Mance, à Lac de l’Est. Elle décédera le 20 novembre 1927.

Le 3 novembre 1928, nait Isabelle, à Lac de l’Est.

Le 23 décembre 1930 nait Roméo. Il sera baptisé le jour de Noel.

Au recensement de 1931, Edgar (41 ans) et Alice (42 ans) habitent sur le bord du Lac de l’Est dans le canton de Chapais-Painchaud. Il y a bien du monde dans la petite maison en bois rond : Camille (18 ans), Gérard (17 ans), Simone (16 ans), Madeleine (15 ans), Germaine (12 ans), Rachel (10 ans), Jean-Marie (8 ans), Gabriel (5 ans), Isabelle (3 ans) et Roméo (5 mois).

Enceinte du malécite Tancrède Dionne, sans être mariée, Madeleine se marie avec lui le 1 octobre 1934, à Mont Carmel. Elle n’a que 18 ans. Edgar ne sera pas tendre a l’endroit de sa fille.

En 1936, A l'âge de 15 ans, Rachel entreprend deux années d'études comme pensionnaire à l'école d'enseignement ménager des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, à Rivière Ouelle.

Le 29 janvier 1938 leur fille Simone épouse James Frederik Snyder a Mont-Carmel.

Le 14 juillet 1943 Germaine entre chez les Sœurs de la Charité, à Ottawa.

Le 15 janvier 1945 Rachel prend l’habit chez les Sœurs de la Charité, à Ottawa.

Le 25 août 1947, à Saint-Alexandre, décède son frère Rosario Voyer.

Le 18 juin 1949, Jean-Marie épouse Cécile Massé, la voisine.

5 mai 1951, à Mont Carmel, Isabelle épouse René Soucy.

9 août 1952, à Mont Carmel, Gabriel épouse Madeleine Roussel.

Le 17 octobre 1953, Roméo épouse Jeannine Jean, une fille du village de Mont-Carmel qu’il connait depuis quelques années.

Le 2 juillet 1955 a lieu le mariage de Camille avec Noëlla Lavoie, à Saint-Denis de la Bouteillerie.

Les recensements de 1957 et 1958, indiquent que sur le 6e rang de Mont-Carmel (arrondissement rural no 31 de Mont-Carmel) habitent Edgar Voyer (rentier), Alice Chenard, Camille Voyer (cultivateur), Noëlla Lavoie, Jean-Marie Voyer (cultivateur) et Cécile Massé.

En juillet 1964, Edgar Voyer et Alice Chenard, déménage dans la côte à l’entrée de Mont Carmel. Edgar et Alice ont 75 ans.

En juin 1967, ils déménagent au Foyer Thérèse Martin, à Rivière-Ouelle. Ils ont 78 ans.

Le 11 juillet 1967, Edgar Voyer décède à l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière. Ses funérailles sont célébrées dans l’église de Mont Carmel et il est inhumé dans le cimetière de la paroisse.

Référendum le 18 aout


Référendum le 18 aout

Un référendum se tiendra à Pointe-du-Lac, le 18 août de 9h à 19h à la mairie, pour la centaine de résidents de la rue Montour, concernant le règlement 350 décrétant des travaux d'aménagement d'égout, d'aqueduc et de pavage. Chaque résident du secteur reçu une lettre expliquant le processus.
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Benoit Voyer
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"On a fait une assemblée d'informations avec les citoyens du quartier. Il y a 20 ans qu'ils demandent des travaux, car ça ne sent pas très bon dans les fossés et qu'il y a des problèmes dans les sous-sols des maisons", explique Martial Beaudry.

Les élus avaient promis de faire quelque chose, mais attendaient qu'il y ait des infrastructures sur le chemin Ste-Marguerite pour être capable de raccorde les conduites sanitaires de la rue.

Il semble que les opposants trouvent que les coûts sont élevés. Il faut les comprendre: ils ne veulent pas que leurs comptes de taxe augmentent.

La municipalité veut procéder rapidement aux travaux pour profiter de la subvention du programme d'infrastructures Canada-Québec. Le coût de l'opération est estimé à 703 400$. Avec l'aide gouvernementale, les citoyens n'auraient que le tiers de ce montant à payer.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 21)

En ce 10 juillet 2025

Danièle Oderra

 

En bref...


Rue Bellevue

Une demande a été faite et acceptée au programme d'infrastructures Canada-Québec pour l'obtention d'une subvention pour procéder à des travaux d'aménagement dégoût, d'aqueduc et de pavage sur la rue Bellevue. La municipalité irs prochainement en appel d'offres. Les travaux seront complétés pour l'hiver.

Cueillette des ordures

Le contrat de la cueillette et du transport des déchets domestiques de Pointe-du-Lac se terminera le 31 décembre. La municipalité ira en appel d'offres dans quelques jours.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 21. Textes de Benoit Voyer non signé dans le journal)

En ce 9 juillet 2025

La Sanctuaire de la Réparation


Le Sanctuaire de la Réparation

Par Benoit Voyer

9 juillet 2025

Située au 3650, boulevard de la Rousselière, dans le secteur de Pointe-aux-Trembles, à Montréal, la première chapelle de la Réparation – qu’on appelle officiellement « le Sanctuaire du Sacré-Cœur et du saint Padre Pio » - a été construite en 1896 grâce aux efforts et à la ferveur religieuse de Marie de la Rousselière. Arrivée au Québec quelques années plus tôt, cette Française avait déjà fait parler d’elle en organisant plusieurs manifestations catholiques à Montréal.

La première chapelle est détruite par les flammes en 1905. Cette même année, on construit la Scala Santa, un escalier saint, sur le terrain du Sanctuaire.

En 1946, le sculpteur Armand Filion réalise dans la pierre la représentation du Sacré-Cœur, de saint François d'Assise et de sainte Marguerite-Marie sur le tympan au-dessus de la porte centrale de la chapelle.

Au fil des années, le Sanctuaire se développe de façon considérable.

En 1921, on érige une grande maison pour les frères Capucins.

En 1959, devant l'afflux de fidèles, on entreprend la construction de la grande chapelle Padre Pio de 1500 places, réalisée par André Blouin, un architecte et urbaniste de montréalais.

La Chapelle de la Réparation et son jardin sont des endroits qu’il faut absolument visiter.

Paix

Paix

Un soir d'octobre dernier, dans l'obscurité de ma chambre, je traverse un grand moment de solitude. C'est un peu normal de se retrouver ainsi après une séparation conjugale: Il faut retrouver l'équilibre et réapprendre à vivre avec sa solitude.

Ces instants furent plus pénibles à traverser que je l'avais envisagé, Dans ces jours sombres, j'ai souvent pleuré en secret.

N'en pouvant plus, exténué, je fis une prière: « Seigneur, au cœur de ce désert, je veux te remercier pour ta présence.

Malgré le silence que j'ai à ton égard, j'ai la certitude que tu es là. Je ne te vois pas.

Pourtant, je ne m'inquiète pas car je sais que tu me portes sur tes épaules. Pourquoi je le sais? C'est simple. Seigneur! Dans le sable de ma zone désertique, il n'y a qu'une trace de pas. Ces empreintes de pieds ne sont pas les miennes. La pointure est bien trop grande! Il n'y a que toi qui peut porter des souliers de cette grandeur.

Je veux aussi te demander pardon, depuis plusieurs jours, je suis un peu comme Thomas. Ce soir, comme lui, j'ai l'occasion de te toucher. »

J'ajoutai: « J’ai juste une p'tite chose à te demander: Donne-moi la paix... Pacifie-moi dans mon tourment... guéri-moi par la force de la tendresse. »

De jour en jour, j'ai senti une grande paix m'habiter. N'est-ce pas lui Jésus qui disait: « Je vous laisse ma paix... J'étais prêt pour un nouveau départ.

Cette humble rencontre spirituelle m'a appris qu'il ne faut pas se laisser aller à la dépression et douter comme Thomas.

Il faut plutôt s'arrêter et prendre le temps d'aller sincèrement au fond de soi et dire à Dieu: « Donne-moi la paix, guéri-moi, transforme-moi... et dans la tendresse renouvelle mon être.

Dieu ne peut que nous exaucer. II est un Dieu de paix. Il n'y a rien de magique là-dedans: Il nous aime d'un amour fou

Benoit Voyer

(Chronique Au-delà du visible, Hebdo Granbyen, 19 avril 1995, p. 8)

En ce 8 juillet 2025

En matin du 8 juillet 2025, j'ai fait une belle marche dans le boisé du Sanctuaire de la Réparation, a Montréal.

Messe au Sanctuaire de la Réparation


En ce 8 juillet 2025, j'ai participé a la messe de 8h au Sanctuaire de la Réparation, dans le secteur de Pointe-au-Tremble, a Montréal.

Concours de châteaux de sable


Concours de châteaux de sable

Un concours de châteaux de sable amateur aura lieu sur la plage de l'Île St-Quentin le samedi prochain de 8h à 17h. Il est organisé conjointement par la corporation de l'île et l'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées de la Mauricie. Les gagnants peuvent se mériter des prix de 100$, 75$ et 25$ avec, en plus, des sacs de plage remplis de petits prix comme des serviettes, caméra et crème solaire. Il est possible de s'inscrire en composant le 379-5810 (poste 28).

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 8. Texte de Benoit Voyer non signé dans le journal)

En ce 7 juillet 2025


Les préjugés face à la transsexualité


Les préjugés face à la transsexualité

Par Benoit Voyer

7 juillet 2025

En décembre 1996, on parle de Trois-Rivières partout au Québec. L’histoire est que, à la suite de la pression populaire, le diocèse catholique trifluvien refuse d’unir dans les liens du mariage Denise Levasseur, une « transsexuelle post-op » et Michel Noël. L’affaire Levasseur Noel fait beaucoup jaser dans les médias.

La direction de L’Hebdo journal me demande de commenter le sujet de l’heure. Le 22 décembre [1], j’écris qu’ « il n’y a pas à être offusqué du fait que le diocèse ait refusé de marier les deux tourtereaux. Sur ce point, l’Église a été fidèle à elle-même. Son discours n’a pas changé et n’est pas sur le point de l’être. »

Ce que je trouve triste dans cette cause, c’est l’opinion publique. Les grandes questions sont : « Denise Levasseur est-elle une véritable femme? Est-ce un homme déguisé en femme? Est-ce quelqu’un qui n’est pas bien dans sa peau? ».

Je réponds : « Les spécialistes qu’elle a rencontrés ne sont pas des idiots. Ils n’acceptent pas d’opérer lorsqu’il y a des doutes sur l’identité sexuelle ou à cause de troubles [psychiatriques]. Si l’équipe médicale et [psychiatrique] est unanime sur le fait que Denise Levasseur est une véritable femme, cessons d’en douter ».

Une autre question circule : « Michel Noël est un homosexuel? » Je n’en reviens pas d’entendre cela.

J’affirme que « répondre positivement à cette question, c’est poser un jugement très sévère sur cet homme. Pour lui qui n’a connu sa partenaire qu’au féminin, il n’y a pas de doute qu’il ne l’est pas. Peut-on vraiment dire le contraire? Difficile depuis que le public a pu remarquer le charme de cette femme ».

Et j’ajoute : « Cette histoire révèle une chose : Nous sommes tous un gang de pharisiens. Nous jugeons rapidement d’une situation que nous ne connaissons pas en profondeur. De plus, nous disons à haute voix que nous avons tous des droits égaux, mais nous condamnons comme de vulgaires hors-la-loi ces deux personnes qui veulent vivre un bonheur paisible. Enfin, soyons honnête : si l’histoire de ce couple nous […] fait tant jaser, c’est qu’elle dérange des éléments de notre intériorité. C’est bien plus de cela que nous devrions parler. »

De nos jours, on pense que la société occidentale est plus ouverte qu’a cette époque. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

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[1] Benoit Voyer. « L’affaire Levasseur- Noël – Une vraie histoire de Capitaine Bonhomme », L’Hebdo journal, 22 décembre 1996, p. 5

Des roses pour Fernand Gignac


Saviez-vous que le chanteur et comédien Fernand Gignac repose au Mausolée Saint-Martin, a Laval? Il est toujours possible de s'y arrêter pour lui donner des roses en souvenir de lui. Sa niche est a l'étage 1, Aile Centre, Section SN01-15, Hauteur EE, case 1. Sa conjointe Mariette Gravel est auprès de lui. Le Mausolée est situé au 2159, boul. Saint-Martin Est. J'ai visité monsieur Gignac le 4 juillet.


Je suis bien fier de mon fils Jean-Pascal


En compagnie de mon fils Jean-Pascal et ma conjointe Manon lors du Tour CIBC au profit de la Fondation Charles Bruneau, a Kingsey Falls. Je suis bien fier de JP!



Parole et vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre du prophète Ezéchiel; 
2- Les Compagnons de Montréal - Vincent de Villiers; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Ou sont les signes de Dieu? 
4-Le centre de créativité du Gesu, a Montréal; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 50; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des Frères maristes ; 
7-Robert Sauvageau de l'Office de l'Éducation au diocèse catholique de Montréal - Les mardis de l'éducation; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est-ce que l'évangile est une bonne carte dans son jeu?; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps: Le mariage; 
11- La comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 07 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

La révolution de l'amour (8)


La Révolution de l'amour
Conclusion

Par Jean-Paul Regimbal

L’apothéose de l’amour

C’est le pape Jean-Paul II qui déclarait dans son encyclique Le Rédempteur de l’homme que: « ce dont le monde a le plus besoin c’est l’amour »[1]. Or, cet amour, l’homme ne peut se le donner a lui-même; il doit nécessairement le puiser aux sources intarissables de la Trinité elle-même. C’est « l’amour-agape », jailli de la plénitude des Trois, qui seul est en mesure d’assouvir la soif d’aimer et d’être aimé que connaissent à la fois chaque homme et l’humanité tout entière.

La révolution de l’amour dont nous avons tenté de présenter certains aspects majeurs au cours de cet ouvrage, reste le moyen possible pour les jeunes d’aujourd’hui de bâtir ensemble une société fraternelle plus juste, plus aimante et plus authentique. « Seul l’amour construit, seul l’amour rapproche, seul l’amour fait l’union des hommes dans la diversité »[2].

Pour arriver à vivre concrètement cet amour, les jeunes ont besoin de modèles qui incarnent cet idéal; ils ont besoin aussi de moyens efficaces qui demeurent accessibles; ils ont encore besoin de soutiens solides qui assurent la persévérance dans l’effort.

Les modèles
L’amour a trouvé son apothéose sur la terre des hommes en la personne adorable de Jésus-Christ. Parfaitement Dieu et parfaitement homme, il a uni dans sa seule personne tout ce que l’amour divin a de plus sublime et tout ce que l’amour humain a de plus parfait. Il a vécu l’amour selon les exigences les plus profondes, car « il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »[3].

En lui s’est manifesté d’une façon visible et sensible l’amour de Dieu le Père pour nous; à cause de lui, l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit saint.[4]

Mais il est allé encore plus loin pour témoigner de son amour d’une façon durable et accessible: la veille de sa mort, il a institué le sacrement de l’eucharistie et nous l’a laissé en héritage par le ministère du sacerdoce de l’Église,

« Ceci est mon corps, prenez et mangez;
Ceci est mon sang, prenez et buvez;
Faites ceci en mémoire de moi jusqu’à ce que je revienne »[5]

Jésus se rend donc présent, accessible et recevable dans la sainte eucharistie tant au cœur de la messe par la communion, qu’au sein du tabernacle par sa présence réelle. C’est pourquoi le concile Vatican II affirme solennellement que « l’eucharistie est le centre et le sommet de toute la vie de l’Église et de sa divine liturgie. »[6]

Jésus est là, Jésus t’attend, Jésus te convie au banquet de l’amour comme source et comme sommet de ta propre vie spirituelle et de toute ton existence humaine. Il se veut présent a tout ton être comme ami, comme frère, comme modèle et comme soutien. Il demeure toujours prêt à te dynamiser de la puissance de sa résurrection ! Quand tu reçois son corps et son sang, tu reçois la plénitude de son amour humano-divin.

En plus du sacrement de l’eucharistie, Jésus nous a témoigné son amour incommensurable en nous donnant comme mère, sa propre mère, Marie. Du sommet de la croix, il exprime sa dernière volonté:

« Voyant sa mère et près d’elle son disciple bien-aimé, Jésus dit à sa mère: “Femme, voici ton fils”. Puis il dit au disciple: “voici ta mère”. A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui »[7]

A travers le disciple qu’il aimait, Jésus s’adressait à tous ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chaque disciple est donc interpellé par le maître d’accueillir sa mère chez soi. Il veut que sa mère devienne notre mère car elle est indissociablement unie à son Fils depuis le moment de l’incarnation jusqu’à l’achèvement complet de la rédemption, donc, jusque dans la gloire et dans la vie éternelle.

« Mère du rédempteur et de tous les rachetés, mère du sauveur et de tous les sauvés, mère de la tête et mère de tous les membres du corps mystique, elle porte à juste titre le nom de mère de l’Église. »[8]

En elle, l’amour rédempteur et sauveur de Jésus-Christ trouve son apothéose la plus parfaite, car de toutes les créatures humaines, elle est la seule qui a correspondu à la perfection au plan salvifique universel conçu par le Père, réalisé par le Fils et actualisé par l’Esprit.

“Le Seigneur a jeté les yeux sur son humble servante et désormais toutes les générations me déclareront bienheureuse. »[9]

Trois mots et quatre attitudes peuvent nous faire comprendre un peu mieux en quel sens Marie nous est révélée comme modèle de l’amour.

ECCE:
L’évangéliste Luc présente Marie comme la jeune vierge qui, tout attentive à Dieu, accueille le message de l’Ange Gabriel dans un esprit de disponibilité totale à la Présence face à l’être aimé. Ecce: me voici! Je suis ta servante. Mon amour pour toi se veut présence d’écoute, présence de communion, présence de service, présence de joyeux abandon a tout ce que ton amour veut opérer en ma personne et en ma vie!

FIAT:
Qu’il me soit fait selon ta Parole, car ta Parole est vérité et vie. Ta Parole est toute-puissance, capable de réaliser en moi, même l’impossible. Tu veux que je devienne mère tout en demeurant vierge? Je ne sais, ni quand ni comment, tu peux opérer une telle merveille en mon corps et en ma personne, mais je consens volontiers, par amour, a tout ce que tu attends de moi, puisque je sais que toi seul peux l’accomplir. Mon amour pour toi est sans condition et sans limite. Je m’abandonne librement aux desseins d’amour que je ne comprends pas mais que je reçois dans la foi.

MAGNIFICAT :
Mon âme exalte ton nom, Seigneur mon Dieu, et je tressaille de joie à la seule pensée que tu veuilles te servir de moi comme instrument de ton amour miséricordieux. Mon amour pour toi me comble d’allégresse car je ne fais que répondre à l’initiative dont tu m’as aimée le premier.

Marie : Modèle de disponibilité,
d’obéissance et de joyeux abandon
Le pape Paul VI présente aussi la vierge Marie comme modèle aux croyants en raison des quatre attitudes fondamentales qui caractérisent sa relation d’amour avec Dieu.[10]

1) Marie est la Virgo audiens, la Vierge qui écoute, qui accueille la Parole de Dieu avec foi : une foi qui fut pour elle l’acte préliminaire et le chemin conduisant à la maternité divine.

2) Marie est la Virgo orans, la Vierge priante, la vierge priante, la vierge priante car c’est au cœur de la prière qu’elle reçoit la visite de l’ange à Nazareth; c’est par la prière qu’elle obtient le premier miracle de Jésus à Cana; c’est en état de fervente prière qu’elle vit l’événement de la pentecôte avec les 120 réunis au Cénacle à Jérusalem. C’est toujours dans la prière qu’elle exerce sa puissance d’intercession pour le salut du monde entier, maintenant qu’elle est élevée dans la gloire auprès de son fils bien-aimé Jésus, Notre Seigneur.

3) Marie est encore la Virgo pariens, la Vierge-Mère, c’est-à-dire celle qui, par sa foi et son obéissance, a engendré sur la terre le Fils du Père, sans connaître d’homme, mais enveloppée par l’Esprit Saint; maternité prodigieuse, établie par Dieu comme type et modèle de la fécondité » de l’Église.

4) « Marie enfin, est la Virgo offerens, la Vierge qui offre. Son fils dans la présentation au Temple et au sommet du Golgotha lors du crucifiement. Marie continue à offrir son fils a tous les hommes de tous les temps car en lui seul est le salut, la rédemption et la vie éternelle.

Marie, modèle de l’Église devient, par le fait même, modèle de tous les membres de l’Église par la qualité de sa fidélité à la Parole, de sa fidélité à la prière, de sa fidélité à donner le Christ au monde et de sa fidélité à l’oblativité, signe de sa maturité totale et de son plein épanouissement dans les voies de l’amour. En Marie éclate l’apothéose de l’amour humain transfiguré par la grâce. En Marie se concrétise le type et le modèle de l’amour qui atteint le sommet!

« Salut, Marie comblée de grâce,
le Seigneur est avec toi;
Béni, le fruit de tes entrailles,
Jésus notre sauveur et notre foi!

Les moyens :
Pour arriver aux sommets de cet « amour-agape », il ne suffit pas de contempler les modèles proposés, ni seulement de les imiter dans leurs attitudes profondes; il faut aussi prendre les moyens efficaces qui s’appellent la prière, les sacrements, l’ascèse et l’engagement.

Les premiers chrétiens ont compris très rapidement qu’ils se devaient d’être « assidus à la prière, a l’enseignement des apôtres, a la communion fraternelle et à la fraction du pain »[11].

La prière :
A relire les Actes des apôtres et les épitres, il est facile de se rendre compte de la nécessité et de l’efficacité et de l’efficacité de la prière sous toutes ses formes; prière personnelle et communautaire, prière d’adoration et de louange, prière d’intercession et d’action de grâce. En toutes occasions, la prière assurait non seulement la communion constante avec Dieu, mais aussi le rayonnement apostolique des communautés priantes à travers le monde. Sans la prière, l’apostolat n’est plus qu’un vain activisme sans fruit durable et sans efficacité pour le salut du monde.

La vie de prière, l’esprit de prière et la persévérance dans la prière deviennent donc des conditions essentielles pour que la révolution de l’amour aboutisse réellement à la civilisation de l’amour. Vouloir négliger la prière pour favoriser le travail et l’action, c’est sombrer dans l’illusion et compromettre certainement l’œuvre d’évangélisation confiée par le Christ à l’Église et à chaque baptisé.

Les sacrements :
Chacun des sacrements est un signe sensible institué par Jésus-Christ pour nous donner la grâce absolument nécessaire à notre croissance vers la pleine maturité de la charité. Parmi les sept sacrements, il y en a deux, qu’il est vital de recevoir avec assiduité et aussi fréquemment que possible : l’eucharistie et le sacrement du pardon.

Le pape Jean-Paul II consacre une partie importante de son encyclique Dieu riche en miséricorde à faire comprendre la puissance de l’amour miséricordieux agissant dans ces deux sacrements et la signification qu’ils prennent dans la vie de l’Église ainsi que dans la vie des fidèles :

« L'Église vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu'elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l'Eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation, ont une grande signification. L'Eucharistie nous rapproche toujours de cet amour plus fort que la mort: « Chaque fois en effet que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement nous annonçons la mort du Rédempteur, mais nous proclamons aussi sa résurrection, « dans l'attente de sa venue » dans la gloire. La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui dans sa mission messianique nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix, atteste l'inépuisable amour en vertu duquel il désire toujours s'unir à nous et ne faire qu'un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C'est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui aplanit la route de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. »[12]

L’Ascèse :
Pour tendre efficacement aux sommets de l’amour, le vrai disciple du Christ est prêt à accepter les trois grands moyens ascétiques recommandés par Jésus-Christ lui-même : le jeune, le renoncement à soi-même et la mort au péché.

En effet, Jésus s’est imposé quarante jours de jeûne avant de commencer son ministère public. Grace a cette ascèse, fortifié aussi par la Parole de Dieu, il a surmonté les trois grandes tentations du malin : la tentation de l’avoir, du savoir et du pouvoir. Or, le disciple n’est pas plus grand que le maître et ne peut compter vaincre l’ennemi sans prendre les mêmes moyens que Jésus. C’est aussi le jeûne que Jésus recommande à ses apôtres lorsque ces derniers lui avouent leur impuissance à chasser un démon d’une personne possédée. « Ce genre de démon ne se chasse que par le jeune et la prière. »[13]

Ajoutons de plus que l’amour véritable ne peut croitre ni s’exprimer qu’après un choix prioritaire; dès lors qu’on pose des priorités, on accepte d’éliminer ou de reléguer au second plan ce qui compromet la réalisation de son choix préférentiel. Voilà ce que Jésus lui-même nous enseigne : « Celui qui veut être mon disciple qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive »[14]. Ailleurs encore, Jésus dit explicitement : « Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mamon »[15]. Des lors, la révolution de l’amour ne peut se poursuivre avec un cœur partagé. La priorité étant clairement établie il faut être prêt même à tout quitter – son père, sa mère, ses champs, ses biens, pour suivre le Christ jusqu’à la cime de l’ « agape ».

Parmi les plus grands obstacles à l’amour, il faut bien reconnaitre l’orgueil, l’égoïsme, la sensualité, la domination. C’est pourquoi l’ « amour-agape » implique deux choses : la mort à soi-même et a tout ce qui constitue le vieil homme en soi. L’ascèse a précisément pour fonction de déraciner les vices, les défauts, et même les racines du péché, qui compromettent le véritable équilibre et le plein épanouissement de sa personne dans toute la liberté des enfants de lumière et des enfants de Dieu. Sur ce point Jésus est aussi explicite que sur les autres : « Si le grain ne meurt, il ne peut porter de fruits »[16].

Ce qu’il est essentiel de comprendre par cette expression, la mort à soi-même, ce n’est pas la destruction de sa personnalité, de ses talents, de ses aptitudes, ni de sa liberté radicale, mais bien l’éradication complète des habitudes de péché qui étouffent et empoisonnent nos capacités profondes d’aimance. Il n’y a pas de grand amour possible sans mort à soi-même; il n’y a pas de saint amour sans souffrance, sans croix et sans ascèse!

L’engagement:
Peut-on parler sérieusement d’amour sans au moins aborder le thème de l’engagement? Trop de gens rêvent en couleurs, se contentent de pieux souhaits ou même aspirent vers un idéal sublime sans jamais consentir à un engagement sérieux, responsable, parfois même, douloureux. L’apothéose de l’amour se situe au cœur même de l’alliance conclue par l’amour entre Dieu et son peuple, entre le Christ et son Église. De par sa nature même, toute alliance implique engagement et plus l’alliance est noble et sainte, plus l’engagement doit se radicaliser dans l’amour

Pas d’engagement sans dégagement!
Pas de dégagement sans dépassement!
Pas de dépassement sans une motivation suffisante, cette motivation trouvant ses raisons dans le cœur, dans l’affectivité, dans l’amour lui-même.

Les soutiens:
La poursuite de l’amour parfait ne peut être envisagée de façon réaliste sans compter sur des soutiens solides, responsables et inébranlables. Jésus-Christ connaissant le cœur de l’homme n’a pas voulu le laisser seul face aux exigences de l’amour, face aux difficultés de la vie. Il a d’abord prévu le don incréé de son Esprit comme soutien, guide, consolateur et défenseur, autant de facettes diverses d’une même réalité qu’il nomme Paraclet.[17]

Mais, de plus, le Christ sait bien que l’homme a besoin d’appui sensible, visible et accessible. C’est pourquoi il a constitué la communauté des croyants en Église qui est à la fois corps mystique et peuple de Dieu. Seul l’ « amour-agape » peut unir dans leurs diversités les membres très divers de ce peuple. Impossible d’aimer vraiment Dieu de tout son cœur sans aimer son prochain du même amour dont il nous a aimé le premier. Voilà ce qui fait l’objet spécifique du commandement nouveau laissé par Jésus a ses disciples la veille de sa mort: “Je vous laisse une loi nouvelle c’est de vous aimer les uns les autres du même amour dont je vous ai aimé le premier”. La communauté des croyants constitue le premier soutien pour pouvoir aimer toujours plus et mieux et gravir ainsi la montagne lumineuse de l’ « amour-agape ».

Mais Jésus a aussi pourvu son Église de pasteurs et de guides dont la sagesse et la prudence assurent un soutien favorable à tous ceux qui recherchent les voies de la perfection. A Pierre et a ses successeurs il a donné l’ordre: “Pais mes agneaux, pais mes brebis”[18]. Il est intéressant de noter que cet impératif pastoral est précédé d’une question directe répétée trois fois: ”Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci?[19]” Il est donc clair que Jésus attend un amour d’une qualité remarquable chez ses pasteurs afin de soutenir et de guider les fidèles en quête de l’amour le plus parfait. Par les ministères variés du pape, des évêques, des prêtres et des diacres, c’est Jésus lui-même, le bon pasteur, qui conduit toute la bergerie et qui se soucie également de celles qui n’en font pas encore partie. Dans notre marche collective vers la civilisation de l’amour c’est sur eux que chacun a le droit de compter pour arriver en toute sécurité au terme tant désiré.

En plus du soutien de la communauté, de ses chefs et de ses pasteurs, chacun peut compter sur le soutien de ceux qui nous ont précédés dans la gloire. En effet, la vie des saints sert non seulement de modèle dans la poursuite de l’amour mais, de plus, leurs exemples nous stimulent à l’héroïsme et leur intercession nous soutien dans nos luttes. N’oublions pas que les saints sont nos frères et nos sœurs et que la communion des saints permet une interaction dynamique entre les membres de l’Église militante et de ceux de l’Église triomphante. Tous unis en Jésus sauveur, nous sommes membres d’un même corps et nul ne peut dire à l’autre: “Je n’ai pas besoin de toi”[20]. Leur assistance nous est acquise, leur intercession nous est bénéfique et leur amour nous interpelle vers les mêmes sommets glorieux.

Pour terminer ce modeste ouvrage qui s’est voulu une mise en marche de la révolution de l’amour, citons le discours de Jean-Paul II aux étudiants à l’Université des Nations unies, à Tokyo:

« L’édification d’une humanité plus juste ou d’une communauté internationale plus unie n’est pas seulement un rêve ou un idéal vain. C’est un impératif moral, un devoir sacré, un devoir que le génie intellectuel et spirituel de l’homme peut affronter, par une mobilisation renouvelée des talents et des énergies de chacun, par la mise en œuvre de toutes les ressources techniques et culturelles de l’homme. »

Une question d’amour…
« La construction d’un nouvel ordre social suppose, en plus des capacités technologiques essentielles, une haute inspiration, une motivation courageuse, la foi en l’avenir de l’homme, en sa dignité, en son destin. C’est au cœur et à l’esprit de l’homme qu’il faut apartenir, au-delà des divisions provoquées par les intérêts individuels, des égoïsmes et des idéologies.

En un mot, il faut aimer l’homme pour lui-même. Voilà la valeur suprême que tous les humanistes sincères, les généreux penseurs et toutes les grandes religions entendent promouvoir. L’amour de l’homme en tant que tel est au centre du message de Jésus-Christ et de son Église : ce rapport est indissoluble. »

« Seul l’amour dure toujours, seul, il construit la forme de l’éternité dans les dimensions terrestres et fugaces de l’histoire de l’homme sur la terre ». (Jean-Paul II)

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »[21]

____________________

Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)

[1] Jean-Paul II, Rédempteur de l’homme, Introduction.
[2] Jean-Paul II, Discours aux jeunes, Palais des Princes, Paris, 1980.
[3] Jean 15,13
[4] Cf. Jean 3,16. 1 Jean 4,9. Romains 5,5
[5] Mathieu 26, 26-27. 1 Corinthiens 11, 24-26
[6] Décret La Sainte liturgie, no.10
[7] Jean 19, 26-27
[8] Paul VI: Décret apostolique, Marie, mère de l’Église
[9] Luc 1,48
[10] Paul VI : Exhortation apostolique, le Culte marial, 1ere partie, section 2, nos 16 à 20.
[11] Actes 2,42
[12] Jean-Paul II : Dieu riche de miséricorde, no 13; toute la septième partie du document élabore cet enseignement. Le pape renvoie les fidèles à sa première encyclique Le Rédempteur de l’homme, 20 au complet.
[13] Cf. Mathieu 17,21; Marc 9,29
[14] Mathieu 10,37-39; Luc 9,23
[15] Mathieu 6, 24-25
[16] Jean 12,24
[17] Jean 16, 4-19
[18] Jean 21,17
[19] Jean 21,15, 16, 17
[20] 1 Corinthiens 12, 20-21
[21] 1 Corinthiens 13,3

En ce 6 juillet 2025

L’autonomie du Québec


L’autonomie du Québec

Par Benoit Voyer

6 juillet 2025

Je ne me cacherai pas, fondamentalement je suis un nationaliste conservateur québécois. En figure poétique, le « Québec est mon pays, le pays de mon cœur ». Mais…

Et je dois être honnête, je suis mal à l’aise avec l’idéologie socialiste des partis politiques de gauche et de centre gauche comme le Parti québécois et Québec solidaire. Je connais trop bien les fondements de ces formations.

Au début de ma vingtaine, j’ai été président de l’aile jeunesse du Parti québécois de la circonscription de Shefford (devenue celle de Granby) et, plus tard, président de l’association de Deux-Montagnes et membre de celle de Groulx pour Québec solidaire.

Pour ce qui est du Parti québécois, en 1988, je m’y joins à la demande du député Roger Paré. Avant de m’engager, je lui dis : « Roger, je peux te donner un coup de pouce parce que me le demandes sincèrement, mais je dois être honnête : je ne suis pas très chaud à l’idée de l’indépendance du Québec… ». Il me répond, le sourire aux lèvres : « On va te convaincre… ». Je lui rétorque pour le berner : « Bonne chance! » Et j’ai travaillé bénévolement à ses côtés quelques années, mais jamais avec une grande conviction lorsque venait le sujet de l’indépendance du Québec. Je me considérais davantage « pariste » que « péquiste ».

Pour ce qui est de Québec solidaire : Je me suis laissé simplement endormir par les beaux discours de Françoise David au début de la formation politique. Elle disait que dans QS on peut se parler ouvertement et qu’il y a de la place pour tout le monde. Foutaise! Dès que je me suis retrouvé dans les « instances officielles », mes idées de centre-droit social, économique et politique n’étaient guère appréciées. Rapidement, on m’a fait comprendre que chez les « orange » on est socialistes et communistes. J’ai rapidement déchanté.

Lors du référendum de 1980, je n’avais que 13 ans. Je m’en souviens bien entendu, mais je n’avais pas encore vraiment d’opinion sur le sujet, bien que mes parents, de fervents fédéralistes, aient voté contre le projet de René Lévesque.

Et puis, est venu celui de 1995, dirigé par Jacques Parizeau. J’ai voté en faveur, mais dans le but de forcer une révision du fédéralisme canadien afin qu’il devienne un ensemble d’États souverains au sein d’une véritable confédération, un peu a l’image de la Communauté économique européenne. Cette idée était celle véhiculée par l’Action démocratique du Québec (ADQ) dirigée par le chef Mario Dumont et c’est toujours la seule raison pour laquelle je pense que j’accepterais de voter en faveur de l’autonomie totale de la province. Comme on dit : « Le Québec d’abord ».

En revanche, en ce moment, c’est d’une évidence : la majorité des Québécois ne sont pas chauds à l’idée d’un autre référendum sur l’indépendance du Québec. Soyons honnêtes, ce rêve appartient au passé. L’obsession de Paul Saint-Pierre-Plamondon de vouloir à tout prix tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat est la position la plus radicale qu’un chef du Parti québécois eu depuis 1970. Tous ceux qui vont réellement voter, n’en veulent pas.

Tout comme moi, les Québécois sont nationalistes. Au sein de la confédération canadienne, ils veulent que le Québec soit fort et autonome. Les citoyens du Québec sont autonomistes et désirent continuer de cheminer au sein d’un Canada moins centralisateur.

Parole et vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993)



Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993) 

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le Deutéronome; 
2- Les Catholiques de rite syriac; 
3- Lorraine Caza: La femme adultère; 
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean Longueuil; 
5-Le COPAM (le Comité de partage et d'amitié); 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent l'hymne de la Visitation; 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la bonne sainte Anne; 
8-La troupe de théâtre Émotion dans le diocèse de Joliette; 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Le pardon; 
10- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
11- Les enfants et la télé - Une réflexion de Pierre Bélanger; 
12- La comédien Paul Buissoneau lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 06 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

La révolution de l'amour (7)



La Révolution de l'amour
chapitre 6

Par Jean-Paul Regimbal

La révolution de l’amour et son impact sur la société

Lorsque Jésus est venu sur la terre des hommes, son plan d’amour ne visait pas seulement le salut individuel de chaque personne humaine. Bien sûr, il est venu sauver tout homme, tout dans l’homme et tous les hommes. Mais, son dessein de miséricorde incluait le salut des communautés humaines : peuples, races et nations. C’est le royaume qu’il est venu fonder : « un royaume de vie et vérité, un royaume de grâce et de sainteté, un royaume de justice, d’amour et de paix ».[1] Or, il s’il n’est pas de ce monde, ce royaume est quand même conçu pour ce monde. En d’autres termes, il a été institué dans le but de transformer les relations inter-humaines sur la terre des hommes, de sorte que la pensée, la parole et la vérité de Jésus inspirent la rénovation radicale des divers secteurs d’activité humaine qui concerne la cité, la nation et l’humanité tout entière.

Ce qui assure la stabilité d’une société humaine, c’est l’ensemble des institutions politiques, économiques, culturelles et sociales. Un évangile qui ne vise pas la rechristianisation de ces diverses institutions ne mérite pas le nom d’évangile de Jésus-Christ. Comprenons-nous bien, l’évangile n’est pas un manuel de politique. Il s’adresse au cœur des hommes qui sont engagés dans la vie politique, pour que ceux-ci deviennent des signes et des témoins du royaume, au sein même de l’arène politique, capables d’élaborer des formes de systèmes politiques qui reflètent vraiment l’évangile et la pensée du cœur de Jésus-Christ.

L’évangile n’est pas un manuel d’économie, mais son but est de toucher le cœur des économistes afin que, inspirés par l’évangile, ceux-ci puissent élaborer une conception de l’économie qui respecte intégralement la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles, la dignité et les droits inaliénables de l’homme, la possibilité d’atteindre un plus-être et un mieux-être humain par et dans leur façon d’assumer leurs responsabilités économiques au sein d’une société juste, honnête et humanisante.

L’évangile de Jésus-Christ n’est pas un manuel socio-culturel, mais il s’adresse au cœur des responsables de la vie culturelle des nations et des peuples. Grace a l’évangélisation de ses agents socio-culturels, il devient possible de transmettre les valeurs, les normes, les messages et les bienfaits du vrai, du beau, du bien et du bon, par et a travers leurs activités culturelles.

La finalité de l’évangélisation est précisément de faire passer les sociétés humaines du paganisme au christianisme, des ténèbres a la lumière, de l’idolâtrie a l’adoration du vrai Dieu, de la violence a la paix, de l’injustice a la justice, de l’immortalité a la sainteté.

Bien chers jeunes, vous devez bien vous demander ce que ces réflexions viennent faire dans un enseignement qui vise principalement les 18-25? Que vous le vouliez ou non, vous êtes a la fois des citoyens du royaume de Dieu et des citoyens à part entière des pays dans lesquels vous vivez. Votre responsabilité chrétienne consiste donc à transformer votre milieu social par la puissance de la révolution de l’amour.

La révolution de l’amour et l’économie
Votre rôle est beaucoup plus important que vous ne le pensez. Bien sûr, vous n’occupez pas dans la société des postes de décision, et vous ne possédez pas des comptes de banque qui vous classent parmi les puissants de ce monde. Toutefois, les jeunes accaparent ensemble 25 p. cent du marché mondial des loisirs, 49 p. cent du marché mondial des disques et autres équipements reliés à la musique. Ils représentent 100 p. cent des usagers des institutions scolaires dont les budgets annuels, à l’échelle nationale, dépassent le milliard. Je ne dis rien de la place que vous occupez dans l’industrie de l’automobile, des motocyclettes et autres véhicules motorisés. En somme, dans le simple secteur économique, votre seule présence modifie les indices du produit national brut et les cotes des bourses financières de nos grandes institutions mondiales. Concrètement, cela signifie qu’un changement de comportement, de demande et de pouvoir d’achat peut modifier radicalement les cours des activités économiques du pays. Vous avez donc en main un instrument inconnu, mais d’une puissance inouïe pour influencer la marche globale de la vie économique non seulement de la province, mais aussi de la nation et du monde.

Laissez-moi vous donner trois exemples :

1.la monde
2.les imprimés
3.les loisirs

La mode
Dans le monde de la mode seulement, l’avènement du jean a révolutionné entièrement l’industrie vestimentaire. Aujourd’hui, les « blue jeans » ne sont plus le signe de l’attribution du prolétariat ouvrier; la mode du jean a forcé les grands fabricants de vêtements à mettre sur le marché de jeans de haute qualité et de haute couture, aux noms prestigieux. A cause de ce seul article, on a investi des milliards de dollars et l’on a transformé des usines complètes pour passer du prêt-à-porter square au complet jean-jacket.

La mode capillaire, c’est-à-dire la coupe des cheveux, a été bousculée depuis l’époque d’Elvis Presley. Chaque nouvel artiste a introduit une nouvelle coupe de cheveux et chaque starlette, une coiffure originale et imprévisible (pensez seulement à la mode Bo Déreck!). Cette révolution a obligé tous les coiffeurs et coiffeuses à se recycler de fond en comble, les salons de coiffures à s’équiper de A à Z et les institutions financières a bailler des fonds pour garantir ces modifications imposées par les jeunes. Ici encore, c’est par milliards que se chiffrent les investissements réalisés pour répondre aux besoins de la mode-jeunesse. Je vous laisse le soin de multiplier par autant d’exemples que vous le voulez l’impact économique partout créé par la révolution de la mode sur les marchés mondiaux.

Imaginez ce qui pourrait se produire dans le domaine de la mode si la jeunesse chrétienne du monde entreprenait d’exiger tel style de vêtements décents, tel style de coupe de cheveux, telle façon de porter des emblèmes chrétiens comme complément vestimentaires! Au lieu de breloques représentant les signes du zodiaque, les symboles de fertilité et les « gadgets » à message, les jeunes pourraient bien se mettre à porter des croix en or 14 carats, des symboles chrétiens et des logos a message évangélique : cela révolutionnerait l’industrie et le commerce par le simple jeu de l’offre et de la demande à cause du volume que les jeunes représentent sur le marché mondial!

2.Les imprimés
Il existe actuellement sur le marché, dans toutes les langues, plus de 5000 revues et périodiques adressés spécifiquement aux jeunes : revues sportives, musicales et cinématographiques, romans-feuilletons, magazines sur la mode, les loisirs, etc. On dépense annuellement des milliards de dollars dans le domaine de l’édition pour satisfaire les besoins et les exigences de la clientèle-jeunesse. En outre, des sommes fabuleuses sont dépensées pour des journaux, des hebdos et des mensuels qui n’ont d’autre but que de séduire les jeunes. Si j’ajoute à cela l’industrie énorme de la pornographie, il faudrait ajouter un autre quatre milliards par année, car il n’y a rien qui intéresse autant les jeunes que les livres et les revues pour adulte seulement. Il faut bien le dire, a la décharge des jeunes, que les magnats de la pornographie sont tous des gens de 50 ans et plus, donc des exploiteurs éhontés de la curiosité bien naturelle qu’ont les jeunes pour tout ce qui a trait à l’activité sexuelle. Il n’en reste pas moins que, dans le seul domaine des imprimés, votre pouvoir d’achat constitue un moyen de pression sur la quantité et la qualité des publications mondiales.

Comprenez-vous maintenant ce que pourrait signifier la révolution de l’amour si la jeunesse chrétienne du monde entier se solidarisait pour dire « non » a toute une gamme de publications et dire « oui » a la création d’un secteur privilégié pour revues, hebdos et autres imprimés capables de répondre à l’attente et à la soif des jeunes, tout en leur procurant le message rafraichissant et stimulant de l’évangile? Sans le savoir, vous pouvez influencer des milliards d’investissements par le seul changement de vos habitudes et vos exigences de lecture, Qu’attendez-vous pour changer la face du monde?

3.Les loisirs
Les exigences de la jeunesse et le gout plus éduqué des jeunes dans le domaine sportif a complètement modifié. La structure de l’industrie sportive, la qualité des équipements sportifs proprement dits, la variété et la souplesse des vêtements propres à chaque sport, la construction de nouveaux complexes sportifs de caractère olympique, dans tous les pays du monde : voilà autant de résolutions économiques qu’a déclenchées la pression des jeunes impliqués dans le domaine particulier du sport. Depuis 25 ans, plus personne ne s’y reconnait : même les champions des années soixante avouent candidement que, s’ils avaient eu à leur disposition les facilités sportives dont jouissent les jeunes de 1981, ils auraient augmenté de beaucoup leur performance et leurs records. Ils s’étaient habitués à un équipement de moindre qualité, a des terrains d’exercice dans les cours d’école ou dans les ruelles. Aujourd’hui, plus un seul jeune ne consentirait à pratiquer quelque sport que ce soit dans de si minables conditions et avec de tels moyens de fortune.

Dans le domaine récréatif, la même constatation s’impose. Plus question d’aller danser dans la salle paroissiale ou dans le gymnase de l’école, non jamais! Aujourd’hui, la jeunesse exige des salles discos, des salles à gogo, des salles rétros, des salles aussi variées que les gouts capricieux des jeunes qui veulent s’amuser à tout prix. L’industrie des loisirs a connu cinq réajustements depuis l’époque d’Elvis Presley. Ce qui faisait l’affaire des amateurs du rock-and-roll, dans les années cinquante, ne satisfait plus le gout ni les exigences des jeunes de l’ère spatiale : il faut des rayons lasers, des boules de cristal pivotantes, des jeux de lumières éblouissants, des pistes de danse à l’épreuve de tous les chocs inventés par les styles de danse des jeunes contemporains.

Des milliards sont investis chaque année non seulement dans les clubs et les salles de danse, mais encore dans les cinémas, les salles de spectacles, les « pleasure-dromes » construits tout a neuf pour la clientèle jeunesse dont les revenus sont assez imposants pour rembourser l’investissement initiale en moins de cinq ans. Cette prodigieuse révolution des loisirs a donc forcé les propriétaires de salles à faire des emprunts importants auprès des banques, lesquelles ont dû se protéger par des investissements énormes par la voie des trusts, des bourses et des autres secteurs clé de la finance.

Si la jeunesse peut ainsi conditionner le monde économique au point de provoquer des investissements financiers jugés rentables par les exploiteurs, imaginez un peu ce que la révolution de l’amour pourrait produire si la jeunesse chrétienne se mettait à exiger solidairement des cinémas chrétiens, des cafés chrétiens, des centres athlétiques chrétiens, etc.

Les milliards qui se dépensent actuellement pour endormir et envouter la jeunesse qui a soif de loisirs pourraient tout aussi bien être investis en faveur de la même jeunesse, mais cette fois pour l’édifier, l’éduquer et lui faire rechercher l’excellence, la beauté, l’harmonie, la joie et le plein épanouissement. L’offre correspond toujours à la demande : c’est un principe fondamental de l’économie. Que la demande des jeunes chrétiens se fasse sentir à la grandeur du monde, et l’offre augmentera. Voyez donc comment vous, les jeunes, pouvez transformer tout le domaine des loisirs par une révolution de l’amour qui soit efficace, radicale et exigeante.

La révolution de l’amour
et la politique

Les hommes politiques sont parfaitement conscients du rôle capital que pourrait et devrait jouer la jeunesse dans la vie de la province et du pays. Depuis longtemps, chaque parti politique a mis sur pied un comité jeunesse dans le but de sensibiliser les 18-25 aux grands débats qui concernent le présent et l’avenir de la nation et du pays. Toutefois, ce n’est que tout récemment qu’ils ont promulgué une loi accordant le droit de vote a tous les jeunes âgés de 18 à 21 ans. Pourquoi pensez-vous qu’une telle loi a été conçue et adoptée? Tout simplement parce que la jeunesse 18-25 représente une force dynamique capable de renouveler radicalement le vieil establishment de chaque parti et les programmes d’action périmés.

Ce que veulent les hommes politiques c’est du sang neuf, des idées neuves, des bouffées de fraicheur et, en dernière analyse, la possibilité de former un nouveau leadership politique a même un bassin plus vaste de la population votante. Le simple nombre de votes accrus a changé le rapport de forces entre les anciens et les nouveaux partis. Les partis politiques qui semblaient immuables dans les années quarante et soixante ont été détrônés pour ne pas dire engloutis par la vague jeunesse résultant des votre des 18 à 21 ans.

Ce nouveau phénomène a même eu une conséquence immédiate qu’il était facile de prévoir : l’élection comme députés à la Chambre des Communes et a l’Assemblée nationale de jeunes candidats de moins de 30 ans. En effet, le député fédéral du comté de Shefford, M. Jean Lapierre est âgé de 25 ans seulement; au gouvernement provincial, nous retrouvons un jeune député de 24 ans, M. Gilles Baril.

L’autre phénomène parallèle est l’importance que prennent les conseils de jeunes au sein de chaque parti politique. Encore tout récemment, le comité des jeunes libéraux du Québec contestait vigoureusement le leadership de M. Claude Ryan et menaçait de saborder le comité lui-même si M. Ryan était réélu à la chefferie. Ce qui se manifeste au sein des partis se répercute également sur les autres corps intermédiaires comme la jeune chambre de commerce, dont l’impact politique ne cesse de croitre tant sur le plan municipal et provincial que fédéral. Eux aussi veulent se donner des leaders jeunes et dynamiques, âgés de 30 à 35 ans. La plupart des organismes parapolitiques, des organismes de pression intermédiaires et des lobbyistes gouvernementaux se recrutent parmi les jeunes dont l’âge varie entre 30 et 35 ans. Autant de conséquences qui résultent du droit de vote accordé a 18 ans plutôt qu’a 21 ans.

A ce point particulier de notre histoire politique nationale, la jeunesse n’a donc pas seulement son mot à dire : elle exerce aussi une telle pression qu’elle est en train de modifier la physionomie et le profil sociopolitique de la plupart de nos institutions publiques. Autrefois, les jeunes n’avaient qu’a se taire et à écouter; aujourd’hui, ils parlent beaucoup sans toujours savoir écouter, mais constituent néanmoins un capital jeunesse qu’on valorise, utilise et apprécie enfin.

Le temps est donc mur, bien chers jeunes, pour que la révolution de l’amour produise son impact original et innovateur dans le monde de la politique municipale, provinciale et fédérale. Le temps est venu pour les jeunes chrétiens de faire valoir leurs convictions et d’intervenir dans les grands débats qui secouent la place publique et déterminent, en 1981, les grandes orientations politiques des vingt prochaines années. Si les jeunes chrétiens d’aujourd’hui veulent vraiment qu’une civilisation de l’amour advienne dans notre société d’ici l’an 2000, c’est aujourd’hui même qu’ils doivent s’engager à faire rayonner les valeurs de l’évangile et à promouvoir le plus-être et le mieux -être de l’homme proposés par le Christ et par l’Église. Depuis trop longtemps, la jeunesse chrétienne fait partie de la majorité silencieuse. Le moment est venu pour elle de faire entendre sa voix et sa fois sur la place publique afin de passer ensuite de la Parole aux actes et de changer ainsi les rapports de forces existants. Éventuellement, toute la législation peut en être modifiée si les jeunes chrétiens savent seulement se solidariser en un front commun d’action politique inspiré par l’évangile et la doctrine sociale de l’Église. Plus rien ne peut y faire obstacle, sinon votre propre refus de vous engager socio-politiquement en tant que citoyens baptisés, confirmés et députés à l’apostolat.

Pour illustrer ma pensée, je vous donne trois exemples concrets :
1. Le mariage ;
2. La famille;
3. La moralité.

1.Le mariage
Depuis quelques années, la législation sur le mariage a connu des changements si profonds qu’on a peine à croire qu’une même société ait pu changer aussi rapidement en moins de 15 ans. Dans la législation canadienne et québécoise, le mariage a toujours été considéré comme une institution indissoluble, stable, de caractère monogamique. Or, depuis quinze ans, les diverses législations concernant la séparation et le divorce ont rendu cette institution fragile, vulnérable et quasiment imprévisible. Mais ce n’est rien encore : déjà, on entend parles de « couples ouverts », ou admettant la possibilité de plusieurs partenaires conjugaux; de « contrats de mariage à terme », c’est-à-dire de « contrats de mariage à terme », c’est-à-dire de contrat renouvelable après deux, cinq ou dix ans par consentement mutuel, et de « couples homosexuels » ayant les mêmes droits, les mêmes privilèges et les mêmes devoirs que tous les couples hétérosexuels. Certains milieux plus avant-gardistes conçoivent facilement l’abolition pure et simple, par voie législative, de la notion même de couple et de famille.

Devant des mutations aussi profondes et radicales, dont les conséquences sont extrêmement graves pour le pays et la nation, qu’est-ce que les jeunes chrétiens ont à dire? Ce que la révolution sexuelle a détruit, ne faudrait-il pas une révolution de l’amour le rétablisse? Il semble que les seuls qui aient quelque chose de valable à dire dans ce domaine soient les sexologues, les sociologues, les démographes et les futurologues (Alvin Toffler).

Est-ce concevable que des jeunes chrétiens se désintéressent tellement de la chose politique qu’ils ne se sentent pas appelés a un engagement personnel et communautaire face au défi lancé par une société pratiquement paganisée et certainement en voie de dissolution. C’est une véritable armée de jeunes croyants qu’il faudrait voir a l’avant-garde de l’action politique et sociale pour redonner à la famille son vrai sens, sa vraie valeur, son vrai rôle et sa vocation spécifique. Ou se trouvent donc ces jeunes militants chrétiens dans les ailes politiques des divers partis? J’ai beau chercher, mais je ne vois pas de groupes actifs qui font valoir les exigences de la foi chrétienne et de la loi naturelle dans ce débat pourtant vital et stratégique!

2.La famille
La famille elle-même est également atteinte par la remise en question du droit a la vie, du droit a la confidentialité, du droit à la liberté et du droit à la dignité. En effet, notre société semble vouloir se défaire de tout ce qui garantit à la famille sa mission, son rôle et sa valeur intrinsèque. Bien que la loi sur l’avortement n’ait même pas encore été approuvée par le corps législatif, on constate qu’elle est de plus en plus appliquée dans les faits. C’est le droit même a la vie qui est contesté par ceux qui affirment le droit de disposer de leur propre corps comme ils l’entendent, et de terminer leur grossesse a volonté. Les politique du ministère fédéral de la Santé favorisent de diverses manières la libération la plus effarante de cette pratique meurtrière.

Même la confidentialité de la vie de famille est violée impunément par la multiplicité des enquêtes qui, sous des apparences bénignes, exposent publiquement la vie intime des parents et des enfants. Le moindre prétexte suffit pour mettre sur pied des enquêtes sociologiques en vue de rapports auprès des tribunaux, à partir du moment ou quelqu’un, a tort ou a raison, porte plainte contre les parents ou les enfants. Les enfants peuvent même intenter des poursuites contre leurs parents, au moment ou ils traversent leur crise d’adolescence faite de révolte et de violence. A plainte déposée, enquête obligatoire. C’est ainsi qu’on s’infiltre dans le sanctuaire de la famille, espérant trouver quelque scandale juteux pour discréditer les époux et l’institution familiale elle-même. Et que dire encore des indiscrétions commises par les institutions financières sous prétexte de connaître la solvabilité et la crédibilité d’une famille qui veut faire un emprunt important ou acheter à crédit: maison, meubles ou automobile! Tout est permis pour faire enquête, même la mise a jour de situations familiales pénibles et humiliantes!

Avec la poursuite d’un objectif politique qui s’appelle la croissance de population zéro, les parents se voient menacés dans leur liberté d’avoir plus que deux enfants. Toutes sortes de pression sont exercées sur les couples pour réduire la natalité : la popularisation des moyens contraceptifs, la ligature des trompes, la vasectomie, l’eugénisme et même l’euthanasie passive. Il est clair que si cette tendance continue a croitre, des législations seront éventuellement votées pour justifier et légitimer cette dénatalité nocive. On parle même, dans certains milieux intellectuels, de restreindre par voie législative la liberté des couples d’avoir plus de deux enfants. Le troisième enfant entrainerait certaines pénalités sociales, et le quatrième serait irrévocablement châtié par la stérilisation des parents. A l’heure actuelle, nous n’en sommes pas encore rendus la, mais vous admettrez comme moi que les lois sur l’habitation et le logement ne prévoient plus de maisons familiales et des appartements capables de loger cinq personnes et plus. En contraignant la liberté de la famille par le biais de l’habitation, on prépare déjà le climat permettant de priver la famille de la liberté de s’accroitre selon la volonté de parents responsables.

Quant a la dignité de la famille, la conjoncture économique et politique est en train de réduire au chômage les pères et les mères de famille déjà intégrés au marché du travail. En plus de chômage et de l’inflation, existe le phénomène de la pauvreté chronique, qui tient des familles entières en-dessous du seuil de la pauvreté. Comment donc assumer ses responsabilités premières? Comment ne pas dénoncer les absurdités résultant de certaines législations qui empêchent les membres d’une famille de trouver des appoints financiers pour subvenir aux besoins légitimes de la dignité familiale? Ceux qui reçoivent des prestations du Bien-être social ne peuvent occuper des emplois sous peine de perdre leur maigre revenu. Ceux qui reçoivent des allocations ou des subsides se voient ensuite pénalisés par l’impôt sur le revenu et d’autres moyens qui les privent des menus avantages que leur offrait ce supplément provisoire. Que dire maintenant des personnes âgées qui se voient contraintes, pour continuer à recevoir leur pension de vieillesse, de vivre en concubinage et de se priver de la visite de leurs enfants tout simplement parce qu’elles n’en ont pas les moyens? Voila autant d’exemples qui démontrent combien la société contemporaine a perdu le sens de la dignité familiale, alors que la famille est la cellule première et indispensable de la société elle-même!

Devant tous ces dilemmes, ces absurdités, cette grossière inconséquence, qu’est-ce que les jeunes ont à dire? Quels moyens les jeunes chrétiens ont-ils pris pour défendre les droits, le caractère sacré et l’inviolabilité de la famille? Vous, qui me lisez présentement, ne sentez-vous pas au fond de vous-même un appel irrésistible a la vocation politique ou, de moins, a la nécessité de former des groupes de jeunes militants chrétiens pour rétablir dans la vie politique de la nation les conditions essentielles et indispensables permettant de redonner à la famille sa dignité, sa liberté, son intimité et sa fécondité?

Ce que je vous propose, c’est de vous engager dans la révolution de l’amour afin de changer ce qui doit être changé, d’améliorer ce qui doit être amélioré, et d’éliminer carrément ce qui doit être éliminé. Si vous, les jeunes, n’avez ni le courage ni la force de parler au nom du Christ et de l’évangile, alors que nous sommes encore en pleine démocratie, comment espérez-vous empêcher que notre société ne sombre dans un chaos politique qui appellera, par sa nature, le despotisme et la tyrannie? Oui, je le répète, l’heure est à l’engagement, et l’un des secteurs qui souffrent le plus de l’absence d’un témoignage chrétien significatif, c’est bien celui de la politique! Vous serez alors présence d’Église au sein même de la société, et conscience de la société au sein même de l’Église. Voila, me semble-t-il, votre double vocation!

La révolution de l’amour et la culture

Un des domaines qui fascinent et forment la jeunesse est, sans aucun doute, celui de la culture. C’est par les arts, en effet, que s’établit la communion des âmes et des esprits, que se transmet l’âme d’une nation et l’esprit d’un peuple. Il suffit de constater comment les jeunes écoutent avec intensité les paroles des divers chansonniers – surtout les chansonniers à message – pour constater à quel point ils s’identifient à la mystique des mots et a l’envoutement des mélodies. Il est même étrange de voir avec quelle facilité les jeunes retiennent les paroles anglaises, italiennes ou espagnoles! Oui, la culture demeure le lieu privilégié de la communion des hommes, au-delà de toutes les frontières politiques, économiques ou sociales.

Les sept grands arts s’efforcent de traduire en formes, en couleurs, en sons, en images, en rythmes, en gestes et en mimes les émotions, les sentiments, les états d’âme qui correspondent le mieux a la richesse incommensurable accumulée par l’expérience d’un peuple au cours de son histoire, de ses tragédies et de ses moments de gloire. A mon avis, la culture constitue la plus grande richesse nationale et spirituelle d’un peuple, d’une race ou d’une tribu. Voila pourquoi nul ne peut rester indifférent à la culture, même la personne la moins cultivée. La culture exprime l’âme d’une communauté nationale, mais, veut veut pas, elle en transforme aussi le style de vie et les coutumes.

Les jeunes sont tellement sensibles à la culture, même inconsciemment, que leur façon de protester contre n’importe quelle société consiste à former rapidement leur propre sous-culture ou contre-culture, conscients que c’est le moyen le plus apte a exprimer fortement leurs valeurs, leurs normes, leur vision de l’homme, leur vision du monde et leur interprétation de l’univers.

Cet attrait des jeunes pour la culture (ou pour la contre-culture) se manifeste par leur soif insatiable de musique, de cinéma, de télévision, de littérature, de danse, d’expression corporelle et d’expression littéraire qui va de la poésie la plus sublime aux graffitis les plus révoltants. Ce qui se passe au plus intime de l’être, ce qui se vit de plus intense chez l’homme doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre par le moyen de la culture, fut-elle celle de la violence, du crime et du terrorisme. Tout le mystère de l’homme passe à travers la culture pour rendre visible l’invisible qui hante son cœur et son esprit. C’est pourquoi les jeunes se laissent happer d’instinct par les courants culturels ou sous-culturels de leurs milieux de vie : le quartier, la cité, la province, le pays.

Étant donné l’importance de la réalité culturelle, tous les révolutionnaires sans exception ont cherché à traduire leur inspiration et leur vision des choses par les moyens artistiques de la communication : théâtre, cinéma, happening, discours, manifestations avec chants et slogans, pour être surs que leur message passe et soit bien compris.

La révolution de l’amour, bien chers jeunes, doit parvenir tôt ou tard à s’exprimer selon un mode culturel qui lui est propre. J’irais même plus loin, et j’affirmerai que la révolution de l’amour doit engendrer les éléments culturels nécessaires à la civilisation de l’amour, qui doit surgir dans les années et les siècles qui viennent : si l’on veut que la culture de la civilisation du XXIe siècle soit pleinement imprégnée des valeurs chrétiennes et des richesses évangéliques, il faut commencer tout de suite à inventer un théâtre chrétien, un cinéma chrétien, une littérature chrétienne, une chorégraphie chrétienne, un art pictural chrétien, en somme, tout un univers artistique et culturel qui soit a la hauteur du Christ, de son évangile et de son Église. Comme le disait Chesterton : « On ne peut pas dire que le christianisme est un échec, pour la simple raison qu’il n’a jamais été essayé pour de vrai ».

Cependant, il est important que je vous mette en garde contre une équivoque qui laisserait croire qu’évangélisation et culture se situent sur le même plan. Cela, le pape Paul VI l’a exprimé d’une façon claire et précise dans son exhortation apostolique Évangelii Nuntiandi :

« Nous pourrions exprimer tout cela en disant : il importe d’évangéliser — non pas de façon décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur et jusque dans leurs racines — la culture et les cultures de l’homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et spes [50], partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu.

L’Évangile, et donc l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont indépendants à l’égard de toutes les cultures. Et pourtant le Règne que l’Évangile annonce est vécu par des hommes profondément liés à une culture, et la construction du Royaume ne peut pas ne pas emprunter des éléments de la culture et des cultures humaines. Indépendants à l’égard des cultures, Évangile et évangélisation ne sont pas nécessairement incompatibles avec elles, mais capables de les imprégner toutes sans s’asservir à aucune.

La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée. »[2]

Cet enseignement de Paul VI nous fait comprendre que l’évangile ne peut pas se substituer à la culture ni se mettre à sa remorque. Bien au contraire, le rôle de l’évangile est de permettre a la culture d’atteindre a un niveau de dépassement, d’excellence et de beauté qu’elle ne saurait atteindre par elle-même, ni par ses propres moyens. De même que la personne de Jésus-Christ révèle à l’homme toute la plénitude et la richesse de son être, ainsi l’évangile révèle à la culture toutes les ressources et les trésors de son héritage. Ce que le souffle évangélique a inspiré à la Renaissance, la révolution de l’amour doit l’insuffler a la régénérescence.

Quel univers de créativité s’ouvre donc à vous, bien chers jeunes que j’aime tant! Tout vous est possible, même l’impossible, car vous êtes en face d’une toile vierge que vous pouvez peindre en toute liberté, en toute spontanéité et en toute authenticité. Comme le disait saint Paul avec tant de justesse : « Tout vous appartient, vous appartenez au Christ et le Christ appartient au Père »[3]. Il ne reste plus qu’a « tout instaurer dans le Christ Jésus », dont la seigneurie universelle peut être célébrée par tous les arts que les cultures pourront jamais concevoir.

La révolution de l’amour et la société
Le plus grand drame de la société contemporaine réside dans la perte du vrai sens de l’amour tant sur le plan humain que sur le plan chrétien. Tous les drames étudiés par les sciences humaines, depuis la psychologie jusqu’à la criminologie en passant par l’anthropologie, résultent des carences de l’amour au cours de l’évolution des individus, des nations et des peuples. Les grands hôpitaux psychiatriques et les grands pénitenciers démontrent en termes déchirants ce qui arrive quand l’homme ne sait ni aimer, ni être aimé. Et, notre époque, sur ce plan, est plus révélatrice que les autres, puisque le terrorisme est devenu un phénomène international si exaspérant qu’il ose même attenter à la vie d’un Martin Luther King, d’un John Kennedy, d’un Ronald Reagan aussi bien que d’un Jean-Paul II.

Jusqu’à maintenant, la violence, même terroriste, se voulait au service des aspirations de l’homme vers la liberté : liberté politique, liberté sociale, liberté économique, liberté culturelle. Cependant, depuis peu, cette violence se déchaine aveuglément, sans même pouvoir se justifier par la noblesse de la cause défendue. Ce qu’on recherche, c’est l’établissement d’un climat de terreur, la création d’un chaos qui, après tout, n’est pas pire que la menace nucléaire qui pèse sur la tête de l’humanité entière. La société est malade, le monde est malade, et la civilisation elle-même est sur le point d’expirer. Les fracas du terrorisme de la guerre ne sont en somme que ses derniers râlements.

Dans ce climat de tension extrême et de panique existentielle, plus rient n’est stable, plus rien n’est sécurisant, plus rien n’est immuable. L’économie mondiale tremble de fièvre, la politique est en déséquilibre instable, non seulement dans son axe Est-ouest habituel, mais encore dans son axe Nord-sud qui est encore plus effrayant! La culture est en train de vomir ses poisons les plus nocifs, et la société, en général, connait ses tragédies les plus horribles : pensez deux minutes aux meurtres d’Atlanta, au commerce du sexe et de la drogue, au taux de plus en plus élevé de suicides et aux enfers des grandes métropoles du monde. Tout semble justifier un vaste désespoir! Tout semble conduire à un nouvel holocauste! Tout revêt des couleurs apocalyptiques ou l’homme et l’humanité sont, à la fois, victimes et criminels.

Que faire devant une situation aussi désespérante que désespérée? Il nous reste l’amour, l’amour, l’amour!

La solution des vastes problèmes qui affligent les nations et les peuples ne se trouvera jamais dans les principes de la sociologie, de la psychologie, de la psychiatrie, de la démographie et de l’anthropologie. Toutes ces sciences humaines, si exactes quelles puissent être, ne sont en mesure de nous dire qu’une seule chose : Voila l’image exacte du monde tel qu’il est! Jamais elles ne pourront dire : Voila l’image du monde tel qu’il pourrait être s’il s’ouvrait à l’amour, a la miséricorde et a la réconciliation! Toute la science des hommes combinée ne parviendra jamais à sécréter une once de sagesse surnaturelle, alors qu’une seule parole d’évangile peur inspirer une tonne de sagesse a tous les hommes de science qui œuvrent dans tout l’univers.

C’est pourquoi, bien chers jeunes, je sens le besoin irrépressible de vous exhorter, de vous convier, de vous précipiter à entreprendre le plus vite possible la révolution de l’amour, seule capable de redonner à l’homme et a l’humanité leur vrai sens, leur vraie finalité et leur vraie dignité. Or, c’est à vous, jeunes du monde, que revient la responsabilité de semer partout l’amour ou il y a de la haine, et a déclarer l’amour partout ou l’on veut déclarer la guerre. Ce n’est pas en « faisant l’amour » que vous changerez la face de la terre, mais plutôt « en faisant connaitre l’Amour », car l’amour n’est pas aimé.

Trois exemples récents vous permettront peut-être de comprendre la puissance transformante de l’amour dans des situations jugées irréversibles.

Le premier cas qui me vient à l’esprit est celui d’un Noir américain, chef universellement reconnu des Panthères Noires, Eldridge Cleaver. Cet homme avait rejeté la société dans son ensemble et tous les moyens pacifiques de changer la condition des peuples noirs, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le reste du monde. Voué a la haine par conviction et par vocation, il n’a rien épargné pour semer la terreur et promouvoir la révolte haineuse des populations sous-développées, exploitées et humiliées. Il est devenu le symbole de la révolte noire jusqu’au jour du triomphe de l’amour. C’est sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ qui a changé radicalement le cœur de cet homme et la nature de son action révolutionnaire. Il est passé du leadership terroriste au leadership évangélique. Aujourd’hui, cet homme ne sème plus la terreur : il sème a pleines mains dans les cœurs la parole libératrice du Verbe de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ. Conclusion : l’amour est plus fort que la haine, la croix plus puissante que le poignard et la révolution de l’amour plus efficace que la révolution de la terreur.

Le deuxième cas a été révélé au monde lors de la béatification du grand apôtre Maximilien Kolbe. On se souviendra que cet homme mourut dans un camp de concentration nazi après avoir consenti, par amour, à s’offrir comme remplaçant d’un père de famille condamné a mort. Savez-vous, bien chers jeunes, quel fut le témoignage décisif qui conduisit le pape à béatifier ce saint prêtre? Ce fut le témoignage personnel et la conversion radicale de l’officier nazi qui lui avait donné l’injection de cyanure qui devait mettre fin a ses jours. Le témoin dont je parle était reconnu comme l’un des officiers nazis les plus cruels et les plus antireligieux, mais c’est l’amour manifesté par le père Kolbe qui réussit à transformer son cœur de pierre en cœur de chair, sa cruauté en tendresse et son incroyance en foi vivante et militante. Conclusion : rien ne résiste à l’amour, car l’amour est plus fort que la mort!

Le troisième cas est arrivé tout dernièrement, lors de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II par un jeune terroriste turc, dont le rôle et la participation a un complot international sont difficiles à préciser avec exactitude. Quoi qu’il en soit, ce geste criminel, qui a soulevé la consternation et l’horreur de toutes les nations de la terre, n’a su provoquer qu’une seule réaction dans le cœur de la victime lorsqu’il a pu retrouver l’usage de la parole et la lucidité post-opératoire : « Je pardonne à cet homme et a ceux qui l’ont incité! » Sans aucun doute, le plus grave attentat du siècle fut l’occasion du plus beau geste de miséricorde que l’amour puisse inspirer au cœur de l’homme!

Voila en peu de mots quelles sont les possibilités que vous offre, a vous, bien chers jeunes, la révolution de l’amour! De telles transformations ne pourront jamais être provoquées par la science ou la technologie. Seule la grâce est capable de telles prodiges, car la grâce est la mise en œuvre de l’amour rédempteur et libérateur, qui jaillit sans cesse du cœur de Dieu.

Voila ce que révèle l’évangile!
Voila ce que confirme la vie!

Un dernier exemple me vient à l’esprit pour terminer ce chapitre. Il prouve que la révolution de l’amour est la révolution la plus définitive que connaitra le genre humain.

Lorsque la Russie soviétique menaçait d’envahir la Pologne par ces chars d’assauts et ses troupes de choc, le grand Jean-Paul II adressa un message de feu a son cher peuple polonais :

« Si jamais l’armée soviétique mettait en œuvre son offensive contre le peuple polonais, je me rendrais moi-même en Pologne et j’inviterais 100 000 polonais avec moi sur les frontières menacées. Je vous assure qu’il suffirait d’élever 100 000 icones de la Vierge devant la puissance des troupes soviétiques pour mettre un terme à cette invasion! »[4]

Qu’avons-nous donc à craindre si nous avons la foi? Qu’avons-nous donc à redouter si nous croyons inconditionnellement à la puissance irréversible de l’amour?

Chers jeunes, je déclare ouverte aujourd’hui même la révolution de l’amour!

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Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981, pp. 139 a 162. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)

[1] Préface spéciale de la fête du Christ-Roi.
[2] Paul VI, Evangelii Nuntiandi, no 20
[3] 1 Corinthiens 3,22-23
[4] Bulletin de nouvelles, Radio-Vatican, le 22 mars 1981