13 décembre 2025

POLITIQUE: Les élections canadiennes du 14 décembre 2008

Jack Layton, chef du NPD
Les élections canadiennes du 14 décembre 2008

Par Benoit Voyer

13 décembre 2025

À l’été 2008, en pleine campagne électorale au Canada, j’arrive difficilement à me situer sur le plan politique et, surtout, à être à l’aise avec les programmes proposés. Le 4 septembre, j’écris dans les pages du quotidien Le Devoir [1]: « Il y a des jours où je doute de mon choix des derniers mois. »

Mon ambivalence dure depuis quelques années. Dans ma réflexion, j’avoue qu’« il m'est déjà arrivé de voter pour les conservateurs, les libéraux, le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Bloc québécois et le Parti vert (PV) ».

En cette période estivale, je pense que Stéphane Dion ferait le meilleur premier ministre pour le pays, mais ma fidélité reste fragile. « Il n’est pas très charismatique, mais Dion est pour moi un intellectuel de grande valeur » et son « plan vert » est fort intéressant et audacieux.

Durant cette saison estivale, comme bien des Canadiens, l’homme qui trouble mon esprit est le charismatique Jack Layton. Son assurance « me plaît davantage que la timidité de Harper », mais « quelques points du programme de gauche de sa formation politique freinent mon intérêt ».

Depuis des années, le Parti vert du Canada demeure mon second choix de vote. « L'arrivée d'un premier député vert à la Chambre des communes me donne le goût de voter pour la formation dirigée par Elizabeth May. Toutefois, rien n'est acquis. » Comme je dis souvent, tant qu’à voter pour n’importe qui, vaut mieux encourager le parti écologique.

Qu’est-ce que je pense du Bloc québécois : Depuis un moment déjà, « je pense qu'une formation souverainiste n'a plus sa place à Ottawa ».

Enfin, à propos de la droite politique canadienne, j’insiste dans ma réflexion : « Je ne voterai pas pour le Parti conservateur, car son programme est trop à droite, et ses coupes sauvages dans le domaine de la culture, injustifiées. » Dans quelques années, je comprendrai mieux la pensée libertarienne et je sourirai en relisant cette réflexion publiée dans le quotidien montréalais.

Le 14 décembre 2008, jour des élections canadiennes, je me laisserai finalement charmer par Jack Layton.

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[1] Benoit Voyer. « Pour qui voter à la prochaine élection », Le Devoir, 4 septembre 2008, www.ledevoir.com/opinion/lettres/203858/pour-qui-voter-a-la-prochaine-election

EN LIBERTÉ: Le nouveau disque de la flutiste Nadia Labrie 2


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Femmes et pornographie


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 13 (1993)

 


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 13 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre des Psaumes; 
2-Pèlerinage a Denver a l'occasion de la visite du Pape Jean-Paul II. Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est du nombre des pèlerins 1ere partie; 
3-Lorraine Caza: La visiteuse chez Simon 
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Roger Ébacher: L'importance de la pratique dominicale; 
5-Pèlerinage a Denver a l'occasion de la visite du Pape Jean-Paul II. Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est du nombre des pèlerins 2e partie; 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 90; 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des marguillers;
8-René Laprise parle de l'avenir des paroisses dans le diocèse de Gatineau-Hull; 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Quels sont les signes de la Providence dans notre vie? 
10- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres. 
11-Pierre Bélanger livre une réflexion: Médias, races et cultures; 
12- La chanteuse Danièle Oddera lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 13 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby


PENSÉE: René Lévesque




NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

DÉCÈS: Denis Jean, mon cousin


20231213 Décès de mon cousin Denis Jean

LIVRE: Je prie comme je peux


20231213 je prie comme je peux

AU COEUR DE LA PAROLE: 3e dimanche de l'Avent B


20231215 Benoit Voyer Au coeur de la Parole 3e dimanche de l'avent B

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un médecin parle de la mort

Un médecin parle de la mort

La mort fait partie de la vie et il est facile de le constater, nous vivons dans une conjoncture sociale qui fait d'elle un sujet tabou qui rend bien des personnes inconfortables. La mort provoque de vives réactions. Les gens ont peur de vieillir, de se dégrader, de souffrir et d'être l'objet d'un acharnement thérapeutique. La mort donne des remords. Comment réagir face à elle et de quelle façon l'apprivoiser?

Joseph Ayoub, hémano-oncologue médical au Centre d'oncologie médical du Centre hospitalier universitaire de Montréal est clair: sans la foi en Dieu, la mort est cruelle et atroce. Elle n'a point de sens et demande un combat stoïque au malade en phase terminale. Sans un cheminement spirituel, la personne atteinte de cancer vit ses derniers moments dans une souffrance morale effrayante.

Euthanasie
Face à la souffrance des grand malades condamnés à mourir, l'euthanasie est-elle la solution?

En décembre 1994, les résultats d'un sondage Gallup effectué auprès de 1002 Canadiens, indiquent que 50% des personnes interrogées sont d'accord pour mettre fin à la vie d'un enfant s'il souffre d'une maladie incurable, 35% sont contre et 15% n'ont pas d'opinion. 76% sont en faveur du suicide réalisé avec l'assistance d'un médecin, 16% s'y opposent et 8% n'ont pas d'opinion.

L'heure est grave ... Ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral! L'Église demeure totalement contre une telle pratique. Les articles 2276 et 2279 du nouveau Catéchisme de l'Église catholique ne passent pas par quatre chemins: l'euthanasie est un meurtre « toujours à proscrire ». Le Catholique soucieux d'intégrer des valeurs évangéliques à son quotidien est appelé à vivre sa vie jusqu'au bout, malgré les souffrances.

Mais si la personne est condamnée à mourir, quelle est la différence à partir, entre aujourd'hui ou dans deux semaines? « J’ai vu de mes propres yeux – une semaine, un jour, une heure avant sa mort - des choses qui ont été dites par les malades aux êtres qu'ils aiment ou à d'autres personnes qui n'auraient pas profité de ces confidences compte tenu du choix de l'euthanasie. Ces propos ont complètement transformé et changé la vie de ces gens qui, eux, continuent la route de la vie humaine et qui ont besoin d'un tel témoignage pour grandir intérieurement et aller de l’avant », dit Joseph Ayoub.

« Or, en faisant l'euthanasie ou en tuant la personne, tu bloques notre société d'un témoignage et d'un testament spirituel, car ces malades aux abords de la mort reconnaissent des choses dans la vie que nous ne pouvons capter. Nous n'avons pas les antennes nécessaires. Face à la mort, ils voient des choses que nous ne voyons pas. Ils veulent donner ces éléments-là aux êtres qu'ils aiment.

Ils veulent dire à leur enfant où à leurs proches quelle est la chose la plus essentielle pour notre vie. Tu sais ce que vaut cela pour un jeune de savoir par son père ou pour sa mère qu'est-ce qui est le plus important dans la vie?

S'empêcher de voir passer un être cher de la vie à la mort et de la mort à la vie éternelle, c'est priver notre monde d'une grande richesse », poursuit-il.

Pourquoi mourir?
«Personnellement, je suis profondément convaincu que chacun de nous a une mission sur terre et qu'au moment de la mort, nous passons le relais à d’autres », commente le médecin catholique qui a assisté le premier ministre Robert Bourassa dans son combat contre le cancer.

Il pense que la mort est devenue un tabou parce que notre génération a pensé pouvoir, avec la science, le savoir et la modernisation, arrêter la mort, de pouvoir la remettre à l'infini.

« Je dis toujours à mes malades: Écoutez, le Seigneur vous a donné une option. Vous avez touché quelque chose que ceux qui sont en santé ne touchent pas Vous avez réalisé la valeur de la vie. Et si à l'heure actuelle vous êtes en rémission, relevez-vous, témoignez et continuez! Vous êtes mieux que quiconque à savoir la vraie valeur de cette vie que vous vivez. Votre mort va être repoussée et tant mieux pour vous! Vous allez pouvoir mieux vivre avec votre famille, avec vos amis, avec la société, 5 ans, 10 ans, 15 ans ... Tant mieux! Vous allez pouvoir vivre pleinement ».

Vaincre la peur de la mort
La peur de la mort est due à deux raisons: la grande solitude des personnes aînées (l'isolement) et l'absence d'une foi profonde. Il est donc important d'accompagner les malades en donnant les soins appropriés et en étant simplement présent en les touchant. La plus grande chose dont la personne en phase terminale a besoin, c'est de la présence humaine; juste quelqu'un qui est là, auprès d'elle, pour la rassurer (pas besoin de tenir des conversations à ne plus finir).

Le docteur Ayoub essaie toujours de faire un cheminement spirituel avec eux. Parce que mourir en présence de Dieu est plus facile. Parfois, ils ont des peurs. Des victimes du cancer et condamnées à trépas disent: « Toute ma vie, je me suis dissocié du Bon Dieu. Ce n'est pas possible que Dieu à une semaine de ma mort ... » - « Il faut leur parler de la grande miséricorde de Dieu, de son grand amour et de sa grande compassion », insiste-t-il.

Le cheminement spirituel va atténuer et dissiper la souffrance morale. Donner de la dignité à la personne au dernier instant de son existence, c'est justement faire l'effort de passer quelques heures avec elle.

Dieu et la maladie
Est-ce que Dieu veut la maladie? Est-ce que Dieu veut la souffrance? « Dieu ne veut pas la maladie et ne veut pas la mort. Jésus a voulu vivre et partager avec nous la souffrance de la maladie. Tout au long de sa vie nous voyons son amour merveilleux pour ceux qui souffrent. À chaque fois, il essaie de compatir à la souffrance. Celle-ci fait partie de notre monde. Jésus est venu pour dire: je partage avec vous cette souffrance. Il a voulu souffrir comme nous. Il a voulu mourir comme nous. Il est venu humain pour ne pas être un Dieu théorique et pour dire qu'il a partagé et vécu nos joies, nos joies, nos grandeurs et nos misères. Si nous voulons voir et contempler sa lumière divine... Si nous voulons rencontrer le Seigneur... Nous devons accepter ce passage vers la vie éternelle par la mort », expose Joseph Ayoub.

Ses propos correspondent à la pensée de l'Église. Les articles 1009 et 1010 du nouveau Catéchisme indiquent: « La mort est transformée par le Christ. Jésus, le Fils de Dieu, a souffert lui aussi la mort, propre de la condition humaine. Mais, malgré son effroi face à elle, Il l'assuma dans un acte de soumission totale et libre à la volonté de son Père. L'obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction ». [...] «Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. »

Apprivoiser la mort en accompagnant des malades en phase terminale est le chemin qu'emprunte des centaines de personnes membres de diverses associations comme Albatros qui a son siège social à Trois-Rivières. Visiter les malades, c'est un peu être disciple de Jésus. Face à la mort, le Christ a souffert, mais n'a pas eu peur.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, Novembre 1998, page 446)

12 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Le nouveau disque de la flutiste Nadia Labrie 1


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Qu'est-ce qu'un dépendant?


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 12 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 12 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre d'Amos; 
2-Suzane Cousineau, responsable de paroisse dans le diocèse de Saint-Jérôme; 
3- Le courrier de l'évêque: Mgr Maurice Couture: La résignation chrétienne devant le mal; 
4-Pèlerinage a l'Oratoire Saint-Joseph, a Montréal, par la communauté italienne; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du servant de messe; 
7-Johanne Boisvert du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe parle d'un guide produit pour l'Année internationale de la famille; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce que les jeunes ont du coeur? 
9- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres. 
10-Thérèse Miron livre une réflexion: Dieu et l'argent; 
11- Le comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 12 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 12 décembre 2023


20231212 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le plus fort c'est mon père

Rachel et Jérôme Saint-Pierre


Le plus fort c'est mon père

Jérome Saint-Pierre et Rachel Saint-Pierre (née Rainville) ont bien fait marcher la machine à rumeurs depuis 5 ans : une coquette fille de 25 ans fréquente un beau prêtre moustachu à l'aube de la cinquantaine ... Ils ne cachent point leur tendresse et l'amour qu'ils se portent l'un pour l'autre. Lorsqu'ils se retrouvent ensemble, leurs yeux brillent d'une joie sans faille. Il l'a confirmée dans sa féminité. Elle lui a permis d'être l'homme profondément humain et le religieux qu'il est devenu. Ce qu'ils vivent est très touchant.

Il n'est pas son amant. Elle n'est pas sa maîtresse. En réalité, il est son père. Il l'est devenu, il y a quelques mois, après plusieurs années de rencontres et de démarches personnelles, religieuses et civiles. Chez les Oblats de Marie-Immaculée, il est un pionnier au chapitre de l'adoption pour cause psychologique. Il y a bien eu quelques cas pour des motifs humanitaires, mais jamais pour aider une personne à guérir de certaines difficultés affectives, émotives et intérieures. Ils sont également des défricheurs sur le plan légal puisque les lois ne disent rien à ce sujet. C'est le vide. Pour leur avocate, Louise Richard de Montréal, puisque la loi ne dit rien, elle le permet. Leur expérience est unique

Un beau soir de novembre 1993, Rachel Rainville rencontre le père Jérome Saint-Pierre au Café Chrétien Centre-Sud où elle s'implique depuis 2 ans et où il travaille depuis 15 ans. Elle lui demande carrément : « Veux-tu être mon père ? » Il répond tout de go « non ». Il prétexte être trop occupé, ne pas avoir le temps à consacrer à développer une telle relation et en avoir trop à faire au « café ».

Cependant, il en parle à son directeur de conscience et à des confrères de sa communauté. Il finit par réviser sa position auprès de la jeune femme.

« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. S'avançant vers le premier, il lui dit : " Mon enfant, va donc aujourd'hui travailler à la vigne ". Celui-ci lui répondit : " Je ne veux pas ". Un peu plus tard, s'étant repenti, il y alla. S'avançant vers le second, il lui dit la même chose. Celui-ci répondit : " J'y vais, Seigneur "; mais il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté de mon Père? » (Mt 21, 28-30)

Le père Saint-Pierre explique sa réaction : « C'était très compliqué à cause de mon fonctionnement au Café Chrétien. J'étais totalement donné à l'œuvre. Je travaillais de 100 à 110 heures par semaine ! Ce n'était donc pas facile de prendre une partie de mon attention juste pour elle. Pendant de nombreux mois, j'ai été obligé de la rencontrer à la maison des Oblats (Saint-Pierre-Apôtre), en secret, une heure par semaine, le jeudi de 16 à 17 heures. Cela a causé de nombreuses tensions. J'avais de la difficulté à faire faire la besogne, car j'avais de la misère à m'imposer ».

C'est de 18 à 25 ans que Rachel Rainville prend conscience du grand vide affectif laissé par l'absence de son père parti alors qu'elle était en bas âge et qui s'est fait peu présent au fil des années. Cette paternité absente a créé en elle de graves problèmes d'anxiété, des périodes de dépression et une recherche permanente de confirmation de sa féminité (par l'admiration, le réconfort, l'affection, l'intérêt pour elle, etc.). Depuis un an, Rachel Saint-Pierre ne fait plus de crises d'anxiété. Sa relation avec son père adoptif a grandement contribué à sa guérison

Adoption
Les démarches d'adoption se sont réalisées sur un an et demi. Le plus gros problème à surmonter a été l'acceptation de la démarche par les supérieurs du père Jérôme Saint-Pierre qui - au moment de son adhésion à la congrégation religieuse - a fait le vœu d'obéissance.

De rencontre en rencontre (une dizaine), la direction de la communauté n'arrivait pas à dire un « non » définitif à la demande. Les Oblats de Marie-Immaculée étaient devant une patate chaude. Les expériences vécues par sa communauté n'ont jamais été très positives : Des Vietnamiens, un Amérindien et bien des histoires d'immigration. Mais le « cas Saint-Pierre » était bien différent puisqu'il invoquait une raison encore jamais invoquée

Après de long mois de démarches, le supérieur provincial finit par informer le père Jérôme de sa décision. Le religieux ne tarde pas à téléphoner à Rachel pour l'informer : « J'espère que tu ne seras pas trop déçue, il n'y a rien à faire c'est non ». Sans tarder et sans lui demander la permission, elle téléphone au supérieur et demande une rencontre le même jour.

« J'y suis allée aussi, pour qu'il me connaisse, me présenter. Le supérieur comprenait mon point de vue, mais sur le plan légal, il ne voyait pas l'utilité. Je lui ai expliqué que nous vivons en société et qu'il est important de reconnaître les liens entre les personnes, au même titre qu'un homme et une femme qui se marient », se souvient la femme aux yeux bleus.

Elle a provoqué le supérieur en disant : « Vous dites que vous vous engagez, mais êtes-vous vraiment prêt à prendre un engagement ? » Finalement, la décision a été renversée.

« J'ai appelé le barreau de Montréal pour être référée à une avocate. Louise Richard m'a dit : " Je vérifie dans mes livres et si rien ne l'interdit, tout est possible ". Elle a finalement fait une bonne requête en 25 points. Ma mère m'a appuyée à cette étape du processus puisque jusqu'à ce moment, elle croyait plus ou moins au sérieux de ma démarche », dit-elle.

Le père adoptif rencontre le père biologique
Un beau jour, il emmène Rachel rencontrer son père biologique à Saint-Thomas-d'Aquin où il demeure. C'était sa façon bien à lui d'avoir une autre version des propos de sa future fille au sujet du père à remplacer.

« Je l'ai emmenée de force ! Elle ne voulait pas venir ! J'ai vraiment vu qu'il n'y avait aucune relation entre les deux. Il ne lui a même pas demandé si elle allait bien. Il y avait 4 ans qu'il ne l'avait pas vue ! Il lui a simplement dit "bonjour " !

Au long de notre rencontre, il a surtout parlé avec moi. Elle séchait dans son coin. J'ai essayé de détourner un peu l'attention, mais il ne s'intéressait vraiment pas à elle. Je voyais bien que les liens étaient coupés. Il l'a invitée à rester pour la nuit. Le lendemain, il est venu la conduire à Montréal. Sans tarder, elle m'a téléphoné. Elle pleurait à chaudes larmes : " C'est toi mon papa ! C'est toi mon papa ! " Pour moi, ça a été important cet événement-là. C'est ce jour -à que je me suis "branché "», raconte Jérôme Saint-Pierre, la voix pleine d'émotions comme si ce souvenir venait à peine de se produire.

« J'ai réalisé que cet homme n'avait pas été présent et que je ne le voulais pas dans ma vie. Notre rencontre ne s'est pas mal déroulée, mais notre relation ne voulait plus rien dire pour moi », insiste-t-elle.

Lorsque son père biologique a reçu la requête de la cour, il n'a même pas bronché. Il avait 20 jours pour réagir et contrer le projet d'adoption en disant : « C'est moi son père et je refuse qu'elle soit adoptée ! » Il n'a jamais donné de nouvelles.

« J'ai un frère plus jeune que moi qui est encore en lien avec lui. Il a voulu lui en parler. Il lui a simplement répondu sur le ton de la fermeture : " Je ne veux plus entendre parler de ça ! " »

Depuis 2 ans, Rachel Rainville porte légalement le nom de Rachel Saint-Pierre. Elle a été obligée de changer son nom parce qu'elle n'a plus de liens légaux avec son père biologique. Cependant, elle aurait pu porter un nom composé de celui du religieux et de sa mère, mais le résultat fait un peu trop humoriste à son goût : « Rachel Paradis-Saint-Pierre ». L'idée a vite été oubliée.

Un prêtre transformé
Se sentant un peu au-dessus des choses parce qu'il est prêtre, il a fait – au départ - la démarche pour lui venir en aide. Il trouvait que ses raisons étaient sérieuses et réfléchies. Il se donnait un peu la mission d'un sauveur. Il a vite constaté que ses partages avec Rachel étaient enrichissants pour lui-même.

Au fil des rencontres, il a reçu une véritable « grâce de révélation ». Il a rapidement constaté que sa manière de faire son travail apostolique « n'avait pas d'allure ». La présence de cette femme lui a permis de s'objectiver face à son vécu. « Sans le savoir, elle m'a forcé à prendre un recul face à ce que je faisais au "café " et à me resituer. Il faut que je l'avoue, elle m'a grandement aidé sur le plan affectif », confesse le prêtre de la rue

L'évangélisateur a vite été évangélisé. Elle lui a fait comprendre - par ses multiples propos - le grand désengagement des membres du clergé face aux personnes. Lorsqu'elles commencent à s'attacher, ils partent pour d'autres missions. De plus, le discours du monde clérical est souvent anti-évangélique : « On appartient au Christ, donc il ne faut pas trop s'attacher aux personnes et aux choses ». « Ha ! Telle personne est collante, je ne veux plus la voir ! Telle autre personne me fatigue ! » et « Ça fait deux fois qu'elle me téléphone aujourd'hui ! » C'est du désengagement pur et simple. Pour faire une véritable pastorale d'évangélisation, il faut savoir se donner entièrement aux autres, aux personnes.

Le Père et le père
L'enfant dit de son Père : « Est-ce que je vaux quelque chose ? " Pour moi, la question élémentaire c'est la valeur de la personne. La mère ne peut pas pleinement répondre à cette question. Seul le père peut le faire. C'est pour cela que le phénomène des pères qui abandonnent leurs enfants est très problématique. L'abandon dit à l'enfant : Je ne veux rien savoir de toi. L'exemple de l'expérience de Rachel est frappant : à deux ans et demi, elle se retrouve à l'hôpital, car elle ne veut plus vivre. À trois ans et demi, elle repousse les gens. C'est sa façon de rejeter l'amour, car elle ne se sent rien au fond d'elle. Le père confirme comme Dieu le Père confirme. D'ailleurs Jésus parle en ces mots : il dit toujours que le Père confirme ce qu'il dit et ce qu'il fait. Le père donne la vie de façon bien différente de la mère. Sa façon de faire est vitale, surtout pour la petite fille », explique Jérôme Saint-Pierre.

« Un père c'est quelqu'un qui m'appuie et qui m'aime comme je suis inconditionnellement. Je me sens moins enfant qu'avant. Je me sentais toujours comme une petite fille en moi. Je ne me sentais jamais adulte. Depuis que j'ai un père, je sens que je peux devenir adulte. Je me sens plus sécurisée et plus femme. Je remarque que les femmes qui ont eu des pères très présents, sont des femmes fortes et savent où elles vont dans la vie », conclut Rachel Saint-Pierre.

Les rumeurs ne courent plus. Tout est maintenant clarifié sur leur vie intime et émotive. Son amour pour elle est d'ordre filial. Rachel Saint-Pierre est la fille du père Jérôme Saint-Pierre. Il est très fier d'elle. Lorsqu'il parle de « sa » Rachel, une flamme de tendresse allume son visage. De son côté, elle voue une admiration sans limite à son nouveau papa. C'est lui qui l'a vraiment fait naître à la vie. Elle est heureuse de dire à tous, comme une gamine : Le plus fort c'est mon père!

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, octobre 1998, pages 396 à 398)

11 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Gabriel Garneau, emporté par la pandémie de 1832


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Chaque femme a une odeur vaginale différente


VISION CATHOLIQUE: Léon-Pierre Éthier, mon ami le “bum”

Ghislain Robert et Léon-Pierre Éthier

Léon-Pierre Éthier, mon ami le “bum”

Par Benoit Voyer

11 décembre 2025

Un certain jour de 1982, nous recevons à la table familiale Léon-Pierre Éthier. Léon est membre de l’équipe de soutien de la maison des Trinaires à laquelle appartiennent mes parents. Il fréquente aussi le groupe R3 de mon frère Clément.

Mon père apprécie cet homme au langage de la rue. Comme lui, il ne fait pas dans la dentelle avec un vocabulaire « politiquement correct ». Il dit tout haut ce qu’il pense avec des expressions de basse-cour.

De plus, notre invité a des opinions franches et bien arrêtées. On ne philosophe pas sur les virgules avec lui.

Il me faudra quelques rencontres pour apprivoiser le style de Léon-Pierre, mais ça viendra. Il deviendra même un ami.

Léon est né à Montréal, le 28 mars 1936. C'est le fils de Marie-Ange Lajeunesse et Éloi Éthier. Sa famille compte treize enfants.

L’enfance du bambin sera difficile. Son père est un homme intransigeant qui a un sérieux problème avec l’alcool. Sa mère pleurera souvent devant ses enfants.

À quinze ans, comme tous les membres de sa famille, il vagabonde dans les rues de Montréal. Pendant trois ans, il mène une vraie vie de clochard, sans domicile fixe.

D’ailleurs, toute sa vie il se définira comme "un bum" : « Je suis un vrai bum ! Bummer est une vocation spéciale ! On a la liberté ! On n’a pas un dollar dans les poches, mais on a tout ! », me disait-il en 1998 en me racontant des bribes de son existence.

Il me disait : « Lorsqu’on bummait, on avait pitié de nous autres : c’est un mendiant, un petit de la rue, c’est un pauvre ! Alors on nous accueillait, on nous gardait dans une modeste chambre pour dormir l’hiver. L’été nous couchions dehors. J’aimais bien fouiner d’un bord à l’autre, me déniaiser… C’est comme ça que j’ai visité une partie de la province de 15 à 18 ans. J’étais un clochard, un bum… Pis j’aimais ça ! J’étais bien dans ça ! »

À 17 ans, il vit sa première peine d’amour. C’était une étudiante en soins infirmiers. Ses parents s’opposent à cette relation. Pour éviter qu’ils se voient « en cachette », ils la placent chez une tante à Québec. Comme dit le dicton, « loin des yeux, loin du cœur ».

Heureusement, le cas de Léon-Pierre n’est pas désespéré. En 1954, il entre en communauté. Il a 18 ans.

Huit ans plus tard, juste avant de prononcer ses vœux, il quitte la congrégation. Il a 26 ans. En apprenant la nouvelle, son père le renie : « En arrivant chez moi, mon père m’a dit : « Tu es défroqué ! Tu es le déshonneur de la famille ! Retourne donc dans la rue ! » Léon-Pierre vagabondera un autre six mois, sans domicile fixe.

Durant ses premières semaines hors de la communauté, pour la deuxième fois de sa vie, il rencontre une femme. Il en est follement amoureux. Son père est avocat. Malheureusement, pour une affaire de classe sociale, Léon-Pierre n’est pas le bienvenu dans le clan familial de l’homme de droit. L’histoire de cœur prend fin. Il n’aura jamais plus de nouvelles de la jeune femme. En 1998, en parlant d’elle avec lui, ses yeux et sa voix s’emplissent d’émotions. Visiblement, sa « blessure d’amour » était encore très vive.

En novembre 1962, une idéation suicidaire le poursuit. Il élabore un plan. Il fixe une date pour l’exécution de celui-ci. Léon-Pierre a fait le choix de mourir.

La Providence changera son plan : « J’entre dans une église. Il y avait là un prêtre qui prêchait. Il m’a touché. Après la cérémonie, je suis allé le rencontrer. Il m’a fait entrer dans son groupe religieux. Mais… Je trouvais ça trop riche. Alors il m’a dit : « Je vais t’envoyer dans une communauté qui ramasse n’importe quoi. » Si au moins il m’avait dit… n’importe qui ! J’y suis entré et demeuré pendant 14 ans. C’était une congrégation semi-contemplative. »

Après des années, il finit par la quitter. Cette fois-ci, ce n’est pas par fuite, mais dans le but de devenir diacre permanent. Un évêque désire ses services. Ce dernier l’aide à être relevé de ses vœux perpétuels.

Après quelques mois de formation universitaire, l’évêque décède. Le projet diaconal tombe à l’eau. Néanmoins, il devient agent de pastorale. Pendant huit ans, il s’occupera des clochards, des pauvres de la Saint-Vincent-de-Paul et des jeunes de la rue. Durant ces années, il passe six mois en France, à l’Arche.

En 1980, à la mort de la deuxième épouse de son père (sa mère est décédée en 1974), il décide volontairement de retourner vivre dans la rue. Il se donne douze mois à temps plein pour toucher du doigt les souffrances morales des jeunes de la rue. Mais la vie d’itinérant n’offre plus le même confort ni la même joie de vivre que dans sa jeunesse. Les problèmes sociaux ne sont plus les mêmes.

En 1981, il commence une série d’expériences : trois mois à la Famille Myriam Bethléem à Baie-Comeau, trois mois à Hauterive au service de la prévention du suicide, trois mois à la Trappe de Mistassini, trois mois à Sutton avec les alcooliques et un séjour un peu plus prolongé à la maison des Trinitaires, à Granby, où il travaille auprès du père Jean-Paul Regimbal.

Finalement, il retournera s’installer à Montréal pour s’occuper des jeunes de la rue, jusqu’au jour où il fonde la Fraternité Éric.

Fraternité Éric
En 1998, Léon-Pierre me raconte : « C’était un soir, il y avait des funérailles pour un sidéen. Les cendres étaient sur la table. Au baiser de paix, il y avait là un bonhomme qui avait l’air d’un cure-dent. Je me suis senti attiré par lui, alors que nous étions plus de 80 dans cette grande salle. Au moins 50 étaient porteurs du virus. J’ai été vers lui. Je l’ai pris dans mes bras. Je lui ai souhaité la paix de Jésus. Je l’ai embrassé et j’ai entendu à l’arrière de moi : « Attention, tu vas attraper le sida ! » Comme je venais de l’embrasser sur les deux joues – il avait plein d’herpès et de sang dans la figure –, je l’ai embrassé encore une fois sur la joue. Je lui ai dit : « Je t’aime et Jésus t’aime encore plus que moi. » Il m’a fait un beau sourire… Lorsque je suis dans la tristesse, je pense à lui et tout disparait. Ce jour-là, j’ai vu en lui la sainte face de Jésus. » À partir de ce moment, il ne craint plus cette maladie.

Pendant une dizaine d’années, en plein centre-ville de Montréal, il s’occupera de sidéens à l’approche de la mort.

Alors que la recherche médicale commence à s’activer afin de trouver un traitement efficace pour améliorer l’état physique des malades atteints, la maladie n’est pas la principale préoccupation de Léon-Pierre. Il s’intéresse à ce qu’ils sont. La personne d’abord.

À travers les rencontres, il s’adresse à leur âme. Il leur présente « Jésus modèle de la route à suivre » et les accompagne spirituellement de la vie à la mort physique, et, parce qu’il est chrétien, de la mort physique à la vie après la vie, au royaume des bienheureux du ciel.

Durant ses années de dévouement, il accompagnera 610 malades. Une vingtaine d’entre eux meurent dans ses bras. Cela peut sembler héroïque, mais il ne faut pas croire que cela a été facile à vivre.

Daniel, qui a rendu l’âme le 4 décembre 1988, est de ce nombre. Léon-Pierre Éthier se souviendra longtemps de lui. Il hantera ses rêves. Il lui faudra de nombreuses années pour en arriver à avoir la certitude qu’il est en paix sur l’autre rive de la vie.

Il y a eu également Denis. Son histoire est unique. Léon-Pierre me racontait : « Le père de Denis n’acceptait pas que son fils soit homosexuel. » [...] « Il est venu le visiter quatre fois avant sa mort. Après son décès, il m’a dit : « Je veux mourir comme mon gars. » « Tu veux mourir comme une tapette !? », lui ai-je demandé. Il m’a répondu : « Oui ! » Cet homme a été rejoint par les attitudes de son fils. Au moment de sa mort, Denis disait : « Je tiens la main de mon chum. Il est tellement beau, mon Jésus… » Lorsque son père venait le voir, il répétait les mêmes paroles : « Tais-toi papa, je tiens la main de mon chum… qu’il est beau !… Qu’il est beau… » Deux semaines avant de mourir, Denis s’est confessé et a assisté à la messe. »

Ghislain Robert a profondément marqué sa vie. Il en parle comme un père parle de son fils : « J’ai vécu avec lui une profondeur spirituelle que je n’ai jamais vécue avec un autre sidéen ».

Je me souviens de lui. Léon-Pierre me l’avait présenté. Nous étions allés lui rendre visite dans son petit logement. Ghislain était un homme doux et tendre. Malheureusement, à 9 ans, il a été la victime d’un pédophile. Comme cela arrive souvent, c’était un ami de la famille. Les abus marqueront à jamais sa vie.

Ghislain a souvent accompagné Léon-Pierre dans ses tournées d’un bout à l’autre du Québec. Il parlait de sa maladie, de sa vie et de la foi en Dieu qui l’habitait.

Dans ses confidences de 1998, Léon-Pierre me disait : « Il faut faire cheminer les âmes vers Dieu. Le Seigneur a mis dans mon cœur que ces malades ont plus besoin de la lumière éternelle que de simples soins du corps. C’est vrai qu’il faut les soigner physiquement, mais le soutien moral est très important pour ces personnes qui bien souvent ont été délaissées, mises de côté à 15-18 ans et qui ont dû cheminer dans une voie qui n’était pas celle qu’elles désiraient pour gagner un repas ou un coucher le soir ».

Et il ajoutait : « À travers tous mes amis, les malades du sida, je découvre Jésus. Je découvre un Jésus à l’agonie quand ils apprennent qu’ils sont porteurs du virus du sida ; je découvre un Jésus crucifié lorsqu’ils avancent dans leur maladie ; et je découvre un Jésus ressuscité au moment de leur départ vers le Père et qu’ils me disent : « Tu sais, j’embrasserai Jésus pour toi ! » Ce qu’ils attendent de nous, c’est un regard de tendresse et d’amour. »

Pour Léon-Pierre, le sida n’est pas seulement l’affaire des homosexuels et des plus pauvres de la société. Toutes les classes sociales sont touchées. Mais les gens ont honte de cette maladie et les décès sont souvent annoncés sous le couvert du cancer ou d’autres maladies.

Pour lui, le condom protège un peu des infections, mais n’empêche pas toujours la contamination des partenaires sexuels. Le latex contient de très petits trous : trop petits pour laisser passer les spermatozoïdes, mais assez grands pour laisser passer le virus du sida.

Léon-Pierre me l’a souvent répété : le meilleur moyen de ne pas attraper le virus est l’abstinence. Cela est une évidence ! « Beaucoup prônent aussi une meilleure éducation sexuelle comme protection, mais on se trompe : ce n’est pas d’une éducation sexuelle que les jeunes ont besoin, mais d’une éducation à l’amour. Aimer, c’est savoir attendre l’autre. Néanmoins, pour les aventures compulsives, deux épaisseurs de latex valent encore mieux que rien.

Au printemps 1998, à la demande de son médecin, Léon-Pierre Éthier se retire de son implication auprès des sidéens en phase terminale. Lorsqu'il m’a informé de ses problèmes de santé, je n’ai pas tardé à le visiter.

Ce jour-là, malgré la tristesse de devoir se retirer de son implication, il était fier du travail réalisé : « Pendant 3 ans [sur les dix ans de dévouement], j’ai visité 45 000 jeunes dans les écoles secondaires. 4000 m’ont écrit à peu près la même chose : si tu es venu juste pour moi, tu m’as sauvé… Je vais suivre tes conseils. » À regret, à cause de la maladie, il me confiait avoir dû refuser l’invitation de 51 écoles.

Léon-Pierre Éthier décède le 12 décembre 2001, à l’hôpital Saint-Luc, à Montréal. Il sera inhumé dans le lot 04463 (section L) du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

____________________
Sources :
Benoit Voyer. Les témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 2005.
Benoit Voyer. Revue Sainte Anne, 1998

PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 11 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 11 (1993)

SPÉCIAL NOEL 

Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: La visite des mages a Bethléem; 
2- Les Œuvres du Toit de Bethléem, a Montréal; 
3- La crèche du Vieux Port de Montréal; 
4-La Maison du Père, a Montréal. Invités: Père Sylvio Michaud et frère Denis Gilbert, Trinitaires; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de l'étable de Noel; 
7-Le Père Noel du Complexe Desjardins; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: La préparation a Noel; 
9- Le comédien Paul Buissonneau lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 11 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 11 décembre 2023


20231211 Benoit Voyer sur médias sociaux

LECTURE: Le bienheureux Frédéric Janssoone en Terre Sainte


20231211 Lecture - Oeuvre de Terre Sainte du bienheureux Frédéric Janssoone

LE PASSÉ DU PRÉSENT: Un médecin de l'âme qui ressemble au Capitaine Haddock

Jean Montbourquette


Un médecin de l'âme qui ressemble au Capitaine Haddock

«Mille sabords, mais c'est le capitaine Haddock !», me suis-je dit lorsque j'ai entrevu le visage du père Jean Monbourquette, o.m.i., pour la première fois. Il suffit de lui enlever ses lunettes qui lui donnent un petit air sérieux et de le vêtir d'une casquette de matelot et du costume d'usage noir et bleu pour qu'il en devienne la réplique vivante. Un verre de whisky et je me serais vraiment cru au pays de Tintin, Milou et du professeur Tournesol.

Sa voix est basse à la Georges Moustaki. Son apparence ? Rien des «starlettes» que je vois chaque jour à la télévision ! Pourtant, il est un grand auteur à succès ... Le jour de l'interview - comme à l'habitude, j'imagine ! -, il était habillé d'une chemise à carreaux et d'un pantalon très ordinaire.

Son tempérament n'a rien de celui du colérique capitaine Haddock. Il est d'une belle douceur et d'une très grande simplicité intérieure. Il ne se prend pas pour un autre le «vieux prof» de l'Université Saint-Paul d'Ottawa, originaire de la paroisse Saint-Athanase d'Iberville, dans le diocèse de Saint-Hyacinthe

Vieux ? Ce sont ses patrons de l'Université qui viennent de lui rappeler son âge ! Il aura 65 ans, l'an prochain, et il devra prendre sa retraite de l'enseignement. Il se demande bien ce qu'il fera, car c'est son monde, sa passion.

Son dernier ouvrage, «Sortir de l'ombre», a été écrit dans le but d'apprendre à s'apprivoiser en cette grande période de changements dans sa vie. En aidant les autres, il s'aide lui-même. C'est très brillant comme démarche !

D'ailleurs, chaque livre qu'il rédige devient un "succès story ". Les titres sont évocateurs de ses préoccupations et de son cheminement intime, car chacun prend sa source d'un élément de son existence qu'il veut approfondir : «Comment pardonner ?», «Aimer, perdre et grandir : l'art de transformer une perte en gain», «Dans l'épreuve ... grandir», «Je suis aimable, je suis capable : parcours sur l'estime et l'affirmation de soi», «Mourir en vie ! Le temps précieux de la vie», etc. ou d'une problématique commune qu'il rencontre souvent lors de consultations : «L'ABC de la communication familiale», «Groupe d'entraide pour personne en deuil : comment l'organiser et le diriger», etc.

«Vendre jusqu'à 40,000, 50,000, 100,000 exemplaires d'un petit traité, ça doit être payant ?» Elle est bien personnelle cette question de l'argent et des redevances, mais j'ai osé ... avec un brin d'hésitation. Je croyais bien qu'il s'objecterait à répondre. «Des années, j'ai remis - avec mon salaire de l'université et les profits des livres - jusqu'à 45 000 $ à ma communauté», lance-t-il pour m'épater. «Vous devez être très fier ?», lui ai-je lancé pour le provoquer. «Pas mal !» m'a-t-il répondu sur le même ton, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

La modestie l'a vite rattrapé. Il n'aime pas se flatter d'orgueil avec cela. Son salaire est remis à sa communauté, les Oblats de Marie Immaculée. Il se contente de peu pour vivre.

Il insiste pour dire que son succès, il le doit à sa congrégation, car elle lui permet de se libérer pour être entièrement au service des autres : pas de linge à laver, pas de ménage à faire, pas de repas à préparer, pas de comptes à gérer, etc. De plus, ses coûteuses études universitaires (BAC en éducation, licence en théologie et doctorat en psychologie), ce sont les Oblats de Marie Immaculée qui ont payé pour cela. Son succès est donc l'affaire d'une équipe.

«Je sais que si je n'avais pas eu Proteau, je ne serais pas là !» lance-t-il. Ce confrère prête oblat, 78 ans, est son directeur spirituel. Celui-ci corrige et apporte la clarté aux livres.

Une communauté riche ? Il ne s'en cache pas. Cependant, il explique que le groupe religieux donne de grosses contributions financières aux œuvres de charité et pour soutenir les missions un peu partout dans le monde, dont celles des diocèses du Nord canadien. On parle de plusieurs millions de dollars. La richesse est partagée.

Prête ou psychologue ?
Se considère-t-il prête ou psychologue ?

Il n'en fait pas de distinction : «Si tu apportes ton salut, tu fais comme Jésus-Christ ! Tu affirmes par ta présence, par ta petite présence, tes petits moyens, que le Royaume de Dieu est arrivé».

Il poursuit : «Lorsque j'ai demandé à mon supérieur de retourner à l'Université pour étudier en psychologie, à la suite de l'incendie de l'église Notre-Dame de Hull où j'exerçais mon ministère, il a eu l'impression que je voulais sortir de la communauté, parce que tous les Oblats qui ont étudié la psycho sont sortis ! Je lui ai répondu à la blague : "Je n'y avais pas pensé, c'est une bonne idée ! Ce que je voulais, c'est de prendre soin des gens. D'ailleurs, être prêtre, n'est-ce pas être médecin des âmes ? Je voulais être avec les gens, les aider. Je voulais apporter le salut. Est-ce que tu sais que la racine hébraïque de ce mot veut dire "guérison" ? Je voulais donc apporter une guérison aux gens comme signe du royaume ».

Il admet qu'il y a un danger pour la foi chrétienne dans l'étude de la psychologie. Il explique que celle-ci s'est développée à l'encontre de la religion. Freud affirmait que la religion est la projection d'un esprit infantile qui a un besoin de retrouver son père. Pour bien des psychologues qui partagent cette école de pensée, il n'est pas possible d'avoir une bonne santé mentale et être religieux au fond de soi.

«Pour moi, c'est l'inverse : Tu ne peux pas avoir une vie spirituelle équilibrée si ta psychologie est toute de travers ! Si tu es trop complexé ! À ce moment, tu tombes dans l'illusion spirituelle. Pour moi, l'ethnologie de la psychologie est l'étude du psychisme de l'âme humaine. Alors, le vrai sens de la science psychologique est l'étude de l'âme humaine et comment on l'aide à guérir. Je ne peux pas traiter un problème psychologique quand je sens qu'à l'arrière, il y a des échos d'une spiritualité qui est impure», explique le «prof auteur».

Sa souffrance
Qu'est-ce qui peut bien faire souffrir un prêtre psychologue ? Il doit bien porter un mal quotidien ? Il me semble que ce n'est pas parce qu'on est «médecin de l'âme» qu'on soit nécessairement parfait ! «Mes grandes souffrances, je les ai étudiées et j'en ai fait des volumes ... », a-t-il commencé par répondre, un peu embêté par une telle question.

Après quelques secondes de silence, il tente une autre réponse : «Je ne suis pas un type qui s'apitoie sur sa souffrance. Je suis plutôt porté à me sortir du pétrin que de tolérer une situation de souffrances parce que pour moi, il y a tellement de belles choses dans la vie. J'aime la vie !»

En constatant que sa réponse ne me satisfaisait pas, il finit par confesser : «Ne pas avoir d'enfant ... Ne pas avoir de femme ... Ne pas avoir quelqu'un pour me recevoir après mes journées de travail ... La solitude ... »

Projets pour la retraite
Pour sa retraite qu'il prendra l'an prochain, il a des idées. Il songe, notamment, à fonder un institut du pardon, c'est à dire un endroit pour apprendre à pardonner, spécialement destiné aux couples.

Il se pourrait aussi qu'il donne un cours ou deux à l'Université Saint-Paul. «Il faudrait que j'apprenne à aller à la pêche plus souvent, à prendre des journées ... J'ai de la difficulté à arrêter ... », conclut-il

«Pêcher ... » ça ressemble vraiment au capitaine Haddock. Qu'importe ... Jean Monbourquette est un prêtre formidable. Le reste, je m'en "fish " !

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, octobre 1998, page 391)

10 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Le défi de travailler en santé mentale


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 10 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 10 (1993) 

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: L'institution de l'eucharistie; 
2- SOCABI - Des cours par correspondance 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Faut-il croire les apparitions? 
4-Un colloque sur l'avenir du travail; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du maître chantre de sa paroisse; 
7-Un coopérative d'habitation a ville Saint-Laurent. Invitée: Rosanne Desmarais; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce qu'on a des objectifs concrets et précis dans la vie? 
9- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps livre une réflexion sur la mort; 
11- Le comédienne Monique Chabot lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 10 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PENSÉE: Nicole Fournier

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: Mon plein d'essence


20231210 Mon plein d'essence du jour

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Émilien Tardif de passage à Granby

Le père Émilien Tardif de passage à Granby

Malgré ses 70 ans, le père Émilien Tardif continue sa croisade autour du monde. Il était de passage au monastère des Trinitaires de Granby - une maison de retraites spirituelles -, le 4 juillet, pour une journée de ressourcement qui a regroupé autour de 500 personnes.

Son discours n'a pas beaucoup changé. Il a répété aux participants l'importance de demeurer attentif à l'action de l'Esprit Saint et de l'invoquer afin qu'il se révèle à eux - particulièrement en cette année qui lui est consacrée

«Nous avons besoin de la puissance de l'Esprit Saint pour atteindre les coeurs. En fait, Jésus ne nous a jamais demandé d'aller convertir les gens. On n'a pas la capacité de convertir les personnes. Seul l'Esprit Saint de Dieu peut transformer les coeurs. Ce que Jésus nous demande c'est d'aller annoncer la Bonne Nouvelle du Salut», a dit l'ancien membre du Conseil mondial du renouveau charismatique dans sa première conférence de la journée

Ses retraites et rassemblements continuent d'attirer de grandes foules. En juin, notamment, ils étaient 3000 participants à l'aréna de Boston (États-Unis) et 50 000 à Guadalajara au Mexique. D'ailleurs, il retournera dans cette ville les 8 et 9 décembre 2000. Il risque d'y avoir encore plus de fidèles. Il y a déjà plusieurs mois, à la suite de la mauvaise presse des médias québécois, il a donné des conférences dans une ville de Pologne devant 200 000 Catholiques venus l'entendre. L'an dernier, il a aussi prêché à Djakarta en Indonésie

Sa visite coïncidait avec le 67e anniversaire de naissance de Jean-Paul Regimbal, Trinitaire décédé en 1998 à qui il doit son initiation au renouveau dans l'Esprit Saint. En 1973-74, il a travaillé pendant une année avec le célèbre religieux. C'est à la fin de juillet de cette année-là, qu'il a été miraculeusement guéri d'une tuberculose pulmonaire aiguë à la suite d'un ministère d'imposition des mains d'adeptes de ce courant spirituel (dont Rose Catudal). Il était alors hospitalisé à l'Hôpital Laval de Québec

Le Renouveau charismatique catholique ne cesse de connaître de la popularité au sein du catholicisme, malgré qu'il soit en décroissance au Canada. Il y aurait 72 millions de «charismatiques» dans 140 pays. Le mouvement a débuté chez les Catholiques, le 18 février 1967, à l'Université Duquesne aux États-Unis, mais c'est surtout à partir de l'expérience Regimbal à Phoenix en Arizona, en septembre 1969, qu'il a pris de l'expansion.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, septembre 1998, page 370)

9 décembre 2025

POLITIQUE: Lettre au Premier ministre du Québec

Lettre au Premier ministre du Québec

Par Benoit Voyer
9 décembre 2025

Monsieur le Premier ministre,

Bien que cela puisse rapidement changer, les sondages des derniers mois nous disent que le Parti québécois (PQ) formera le prochain gouvernement. Si cela se réalise, nous entrerons en processus référendaire. L’option fondamentale du PQ est toujours la même depuis la fin des années 1960 : tout faire pour que le Québec devienne un pays.

Comme vous, je ne suis pas chaud à l’idée d’un troisième référendum. Je ne suis pas contre l’accession à l’indépendance, mais l’idée qu’il soit perdant refroidit mon enthousiasme et ravive mes inquiétudes.

Néanmoins, il faudra tôt ou tard régler la question.

J’avoue qu’un référendum gagnant ou avec un fort score pourrait être un objet de négociation redoutable avec le Canada. Vous vous en souvenez, « lors du dernier référendum, l’Action démocratique du Québec (ADQ), dirigée par Mario Dumont, avait appuyé le camp du Oui. De mémoire, l’ADQ souhaitait un vote favorable afin de renégocier une entente constitutionnelle avec le Canada. Le modèle proposé favorisait la pleine autonomie des provinces au sein d’une véritable confédération d’États membres. L’idée demeure d’actualité et demeure à mes yeux la meilleure voie d’avenir pour le Canada. C’est pour cette raison que je demeure en faveur du référendum proposé par le PQ. » [1]

Mais il pourrait aussi être perdant. Si la population dit non à ce projet de société, la question sera réglée une fois pour toutes. Et la raison d’être du Parti de René Lévesque n’existera plus. Il n’y aura jamais plus de référendums sur cette question. Et le PQ pourra enfin disparaitre avec les derniers baby-boomers.

Tout ce préambule pour vous demander, dès la rentrée parlementaire de l’hiver, de lancer vous-même ce référendum. Imaginez l’effet de surprise chez les péquistes qui s’imaginent diriger le prochain scrutin référendaire. Vous aurez une longueur d’avance sur eux et la forte possibilité d’être réélu à la tête du Québec à l’automne 2026.

Je termine avec le discours que j’aimerais vous entendre prononcer à l’Assemblée nationale. On peut bien rêver un peu et, on ne sait jamais, cela pourrait vous inspirer:

« Madame la présidente,

Si les sondages disent vrai – et je vais tout faire pour les faire mentir –, le prochain gouvernement serait formé par le Parti québécois. Cela voudrait dire la tenue d’un troisième référendum sur l’indépendance du Québec et l’utilisation des ressources gouvernementales pour y parvenir. Et on le sait depuis toujours, un gouvernement socialiste coûte cher aux contribuables.

Je ne suis pas chaud à l’idée d’un autre référendum. Je me suis souvent exprimé à ce propos.

Mais, pour reprendre René Lévesque, « l’indépendance est possible économiquement, politiquement et humainement. Il faut être aveugle, ou avoir une carrière ou des intérêts à défendre, pour ne pas en être convaincu. » [2]

Puis, comme disait Robert Bourassa dans cette assemblée : « Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. » [3]

De son côté, Jean Charest a admis que « oui, nous avons les moyens. Personne ne remet en question la capacité du Québec financièrement […] [mais] la vraie question est la suivante : qu'est-ce qui est dans notre intérêt, à nous? ». [4]

La question est importante : Qu’est-ce qui est dans l’intérêt des Québécois et des Québécoises ?

En ce moment, bien que je ne sois pas toujours en accord avec le fédéral, je pense qu’il serait mieux de rester au sein du Canada.

Au-delà de cette opinion personnelle, je suis depuis toujours un démocrate. C’est pour cette raison que je veux régler une fois pour toutes la question de l’indépendance du Québec en invitant le peuple du Québec de toutes origines à répondre à la question : Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant ? Oui ou Non. »


Merci d’avoir pris le temps de me lire. En espérant une réponse, Monsieur le Premier ministre, recevez l’expression de ma considération respectueuse.

_________________

[1] Benoit Voyer. « A l’aube du 3e référendum? » https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/politique-laube-du-troisieme-referendum.html
[2] Jean Sisto, « Le Québec deviendra un État associé doté d’un statut spécial au sein de la Confédération ou bien le Québec sera indépendant », René Lévesque, La Presse, 11 mai 1964, p. 17, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2758617
[3] Robert Bourassa, Discours à l’Assemblée nationale du Québec lors du rejet de l’accord du lac Meech, 22 juin 1990, https://www.sqrc.gouv.qc.ca/documents/positions-historiques/positions-du-qc/partie2/RobertBourassa1990-1.pdf
[4] « « Oui, nous avons les moyens », Jean Charest, Radio-Canada, 7 juillet 2006, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/313678/charest-diouf

EN LIBERTÉ: Multiculturalisme, islamisme et immigration


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Serge Bélair et Louise Cliche animent en direct la veillée du jour de l'an No 2


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 9 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 9 (1993)

 Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: David contre Goliath; 
2- Georges-Henri Lévesque; 
3-Marie de Magdala (avec soeur Lorraine Caza); 
4- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - L'incroyance; 
5-La communauté des Filles de Saint-Paul; 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le chant des morts; 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des bonnes soeurs; 
8- L'abbé Réginald Savard parle de la Roue de fortune dans la paroisse Saint-Charles-Garnier, a Shawinigan; 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce que la religion est un casse tête? 
10- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres. 11-Chronique médias avec Pierre Bélanger: La sexualité; 
11- Le comédien Jean-Louis Roux lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 09 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE Karim Elayoubi

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: Messe a l'église de Saint-Esprit


20231210 J'ai participé a la messe de 9h a l'église de Saint Esprit

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Depuis 20 ans, la force de Jésus sur la Sainte-Catherine

Depuis 20 ans, la force de Jésus sur la Sainte-Catherine

«Ton Jésus doit être assez fort pour être sur la rue Sainte-Catherine ... », lance un jeune au père Jérôme Saint-Pierre, Oblat de Marie-Immaculée de Montréal, à l'automne 1978. Cette simple phrase touche directement son orgueil de prêtre et vise son manque de foi chrétienne. Le religieux n'a pas mis les pieds sur les freins à ce petit message plein de sagesse. «Pourquoi pas ... », s'est-il dit. Le 23 novembre 1978, le Café Chrétien centre-sud ouvre ses portes au 1471 est Sainte-Catherine, de cette rue, la plus célèbre du Québec, au coeur de ce qui allait devenir, quelques années plus tard, le quartier «gai».

Aujourd'hui âgé de 54 ans, Jérôme Saint-Pierre poursuit la même mission, même si, par moments, il a envie de tout lâcher à cause des exigences physiques, intérieures et matérielles qu'un tel apostolat demande. Ce n'est pas facile de porter la Bonne Nouvelle de l'Évangile au coeur du trafic de la grande ville.

Pourquoi continuer? Il donne toutes sortes de réponses: «Parce que c'est une porte ouverte privilégiée sur le public», «Parce qu'il faut évangéliser», «Parce que je ne suis pas seul», «Parce que si l'Église n'évangélise pas, elle est morte», «parce que c'est unique» ( ... ) Réponses faciles ... À force d'insister pour trouver un «pourquoi» valable, il se laisse aller:

«En 1996, on a fêté mon 25e anniversaire d'ordination. Il y avait 3 autres confrères avec moi. On n'a pas eu un mot à dire à nulle part ... Ça ne me faisait rien de ne pas parler, mais ... durant le repas, je me suis levé, je suis allé à l'avant et j'ai pris le micro: «Je veux vous dire une affaire! Je veux remercier le Seigneur ... Pas parce que je suis un Oblat ... Pas parce que je suis un curé ... Pas parce que je suis un prêtre ... Mais parce que depuis que je lui ai donné ma vie, j'en ai ramené une maudite gang au Seigneur! Pis, j'ai sauvé leurs vies! Ils sont heureux aujourd'hui!» J'avais l'air fou, mais c'était ça la raison de la fête! Y en avait pas d'autres! Si j'ai le coeur en fête, c'est parce que j'en ai ramené une maudite gang! Ils ont des noms! Je les connais!»

Il a été un instrument de Dieu, car, comme il l'explique, il n'y a que Lui qui peut donner la grâce de la conversion. Voilà sa seule vraie et unique motivation: amener des âmes au bon Dieu.

Au Café Chrétien centre-sud, son moyen d'action est de faire vivre une expérience intérieure de rencontre personnelle avec Jésus, d'accueillir les jeunes - pour la majorité des pauvres - et de les aimer comme ils sont: «On part de leurs besoins et, plus tard, on parle de Jésus Christ.»

Père adoptif
Il veut tellement être un père pour ces gens, qu'il a même adopté civilement une fille. Elle se nomme Rachel Saint-Pierre (la Revue Sainte Anne publiera bientôt un article sur son expérience). Depuis son adoption, elle porte fièrement et légalement le nom de famille du religieux.

Les démarches d'adoption n'ont pas été faciles, puisque le Père Jérôme a fait voeu d'obéissance. Civilement, rien de compliqué. Religieusement, il faut se plier à la décision de sa communauté.

«( ... ) ça a pris un an à la congrégation. Ils disaient toujours non, mais ils n'étaient pas capables de totalement fermer la porte», raconte le moustachu. «Ils ont rencontré ma fille. Le provincial qui ne voulait pas prendre la décision m'a même conseillé de le faire sans sa permission ... Ils ont finalement répondu positivement à ma demande.»

Une histoire de foi
L'aventure du Café Chrétien centre-sud prend sa source dans l'expérience du groupe de prière du renouveau charismatique de la paroisse montréalaise Saint-Pierre-Apôtre, un renouveau initié dans le catholicisme au monastère des Trinitaires de Granby, par le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988), qui a pour but de redécouvrir l'action de l'Esprit Saint dans la grande aventure de l'Église et de découvrir son action dans sa propre vie.

«Ce qui était spécial, c'est que les pauvres du quartier s'y exprimaient. Il y avait beaucoup de guérisons et de merveilles du Seigneur. Il y avait, de semaine en semaine, une centaine de personnes», se souvient-il.

De 1976 à 1978, il emmène régulièrement de 10 à 15 jeunes au Café Chrétien de la rue Saint-Hubert qui fonctionne à plein régime. Une religieuse l'accompagne

Il ajoute: «Ils me disaient: On est capable d'en faire un! Je n'étais pas très intéressé parce que j'étais déjà débordé avec mon travail à la paroisse finalement ... Il y avait un local de libre sur la rue Panet; ça coûtait juste trois cents piastres par mois. Je pouvais facilement trouver le budget!»

Il a rapidement été mis devant son manque de foi par un jeune: «Ton Jésus doit être assez fort pour être sur la rue Sainte-Catherine!»

Il trouve enfin un local sur la Sainte-Catherine et les 40 000$ nécessaires pour procéder au démarrage et aux rénovations, puisque l'ancien local de la «Chemiserie de Dominique Michel» n'avait même pas l'eau courante et l'ambiance de boutique ne convenait pas au nouveau locataire.

En septembre 1978, le père Jérôme Saint-Pierre rassemble deux équipes: une d’adulte pour veiller à la gestion et une autre de jeunes pour constituer l'équipe des animateurs. À chaque semaine, ils se réunissent pour prier. Les adultes prolongent leur démarche par une rencontre d'organisation. En 2 mois, tout est en place pour débuter avec les rénovations du local.

«En 3 semaines, on a ouvert le café. Il a fallu tout défaire et refaire puisqu'il y avait des rampes d'aciers partout et de grands fluorescents ... Je continuais – en même temps - à la paroisse. Je finissais souvent à 4h30 du matin. À 7h30, je devais célébrer la messe à la paroisse et faire ma journée. Je ne sais pas comment j'ai fait! J'étais «toffe» dans c'temps-là quand je repense à ça!» raconte l'homme qui parle le langage du peuple. Le 25 novembre, l'oeuvre ouvre ses portes.

Il attend jusqu'en juin 1979 avant de quitter définitivement son travail à Saint- Pierre-Apôtre (la belle église paroissiale est située juste en face de la tour de la Société Radio-Canada) parce qu'il n'est pas assuré de l'avenir du p'tit café.

Il n'est pas seul dans cette expérience de providence. Dès le début, Claire Cyr, une travailleuse sociale, quitte tout et se lance dans l'aventure pour se donner entièrement au service des jeunes. Elle est encore fidèle au poste.

Activités
L'ensemble de la programmation du Café Chrétien centre-sud est faite en fonction des 15 à 35 ans. «Si nous voulons garder nos jeunes, il faut demander aux plus âgés de laisser la place», insiste le religieux consacré à Marie.

Les mercredis sont réservés à la prière et aux réunions.

Les jeudis soir: témoignage (un par mois), enseignement du père Saint-Pierre (une fois par mois) et partage (2 fois par mois).

Les vendredis: soirée des 15-18 ans (partage, détente, engagement, sortie, ateliers, etc.).

Les samedis: soirée des chansonniers. À 17h30, heure de prière devant le Saint-Sacrement afin de bien se préparer à l'accueil. Le premier samedi du mois est consacré à une journée mariale.

Les dimanches: de 14 heures à 19 heures, chants, prières, messe et souper-partage (gratuit).

L'origine des Cafés Chrétiens
En décembre 1975, Michel Giard, 19 ans, rencontre Soeur Martine Tardif, une psycho-éducatrice qui travaille auprès des mères célibataires. Il lui raconte son expérience avec le mouvement Témoignage-Jeunesse à Granby, un regroupement catholique fondé par le père Jean-Paul Regimbal - secondé par Marcel Paquin - qui a pour objectif de porter l'Évangile aux jeunes par les jeunes. Michel Giard compte sur la religieuse du Bon Pasteur. Elle a peu de temps. Elle lui demande de trouver un prêtre pour collaborer avec elle à ce projet.

Trois semaines plus tard, le moustachu à l'aube de la vingtaine lui donne le numéro de téléphone de l'abbé Robert Lapointe et quelques noms de jeunes qui pourraient devenir animateurs.

Le 23 février 1976, des jeunes provenant de groupes de prière de soeur Tardif et l'abbé Lapopinte sont réunis autour de Michel Giard. Il raconte son expérience de foi et explique les objectifs et les moyens d'action de Témoignage-Jeunesse.

Le groupe progresse rapidement. En 6 mois, il passe de 20 à 300 jeunes de 18 à 25 ans. Les principales activités sont la prière, la fraternité et l'organisation de grands ralliements de masse qui ont regroupé jusqu'à 3000 jeunes dans la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph.

En mai 1976, les 300 jeunes désirent un local ayant un accès plus facile en tout temps pour «l'évangélisation». Les prières du groupe prennent forme.

Un après-midi, Martine Tardif reçoit le coup de fil d'une dame: «J'ai entendu parler des jeunes dans un restaurant et ils disaient qu'ils cherchent un local pour se réunir et pour s'évangéliser ensemble. J'ai été très intriguée de leur conversation et je me suis permis d'aller leur poser des questions. Ils m'ont donné votre nom ... » La dame lui offre le local d'un bar salon abandonné au 8627, rue Saint-Laurent, qui appartient à un restaurant qui a mis l'édifice en vente. Par son intermédiaire, il accepte de le prêter pour 2 mois.

«À la réunion suivante, Martine et Robert annoncent la nouvelle aux jeunes qui voient là une réponse claire du Seigneur aux prières du groupe», est-il raconté dans le livre Le Café Chrétien, paru en 1980.

Le 1er juin 1976, le Café Chrétien ouvre ses portes. Soeur Martine Tardif devient directrice générale, à temps complet, puisque sa communauté religieuse accepte de la libérer de son travail. Le petit café s'ouvre juste au bon moment pour organiser des activités pastorales spéciales à l'occasion des Jeux Olympiques Pendant 2 semaines, il sera ouvert 24 heures sur 24 pour accueillir les jeunes de toutes nationalités.

«Est-ce qu'il n'est pas temps qu'on sorte de notre mutisme? Malheur à la majorité silencieuse! Eh bien! Si les écoles nous sont fermées, on ne peut pas nous fermer les discothèques, on ne peut pas nous fermer les cafés. Fondons les Cafés Chrétiens dans tous les secteurs pour rejoindre la jeunesse! N'ayons pas peur! Ayons l'audace d'évangéliser!», lançait le père Jean-Paul Regimbal, fondateur de Témoignage-Jeunesse et initiateur du renouveau charismatique catholique, le 10 octobre 1976, au Congrès charismatique du diocèse de Québec.

Les Cafés Chrétiens aujourd'hui
Aujourd'hui, chaque Café Chrétien est différent et autonome. Chacun essaie de répondre à sa façon au besoin du milieu.

Il n'y a plus de fédération - comme autrefois - qui permet de certifier qu'un Café Chrétien est bel et bien catholique (ce regroupement a permis de rassembler jusqu'à une quarantaine d'établissements). Plusieurs groupes protestants ont également repris l'idée. À Granby, par exemple, il y a le Café d'accueil chrétien pour les Catholiques et le Café Le Rocher pour les Protestants.

Enfin, le concept a fait le tour du monde et porte des noms très différents. En France, il y en a un qui s'appelle le «Bistro du Curé».

Dans tous les Cafés Chrétiens (sauf à Granby), il n'y a plus de liens avec Témoignage-Jeunesse et, dans plusieurs lieux, il y a un refus de s'identifier au courant spirituel du renouveau charismatique qui, pourtant, a donné naissance à cette manière ecclésiale de diffuser la Parole de Dieu, avec ses forces et ses faiblesses.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, septembre 1998, pages 348 à 350)