ARTICLE DU JOUR: Le spirituel, l’espace caché en soi

Le spirituel, l’espace caché en soi

Par Benoit Voyer

9 aout 2025

Le spirituel est universel et au cœur de chaque personne. Il n'est pas la propriété d'une religion en particulier.

La spiritualité est toute la partie cachée au fond de soi qui n'est pas toujours clairement explicable.

« Tous les êtres humains sont de grands spirituels. On a tous un petit jardin en soi, mais il y a plein de gens qui ne le visitent pas », explique l'explorateur Bernard Voyer [1]. Pour lui, « la spiritualité est le côté inexplicable de la vie. Plusieurs personnes refusent de s'y rendre. Pourquoi? Parce que, dans notre société, on s'est donné comme défi de tout comprendre. C'est normal! C'est le propre de l'intelligence! Si on est intelligent, on veut comprendre ce qui nous entoure, on veut répondre à toutes les questions qui commencent par pourquoi. On se donne des moyens, on informatise, on cherche ... On a besoin de comprendre, mais il y a une partie que l'humain doit accepter de ne jamais comprendre »[2].

Le spirituel réfère à la dimension de l'humain qui est à la recherche d'une réponse aux questions de sa propre identité [3], de ses relations avec les autres [4], de sa relation avec un absolu ou une force supérieure [5].

En d'autres mots, la spiritualité est une force dynamique de l'humain qui l'incite à trouver un sens à sa vie, à chercher à se relier à son être profond, aux autres et à un être supérieur. Aussi, elle l'encourage à avoir un projet de vie qui le met en lien avec lui, les autres et le Tout Autre, Dieu.

De son côté, le religieux est plutôt associé à un système de croyances, pratiques, rituels et symboles et à une communauté de croyants destinés à favoriser le développement de la relation avec le sacré et le transcendant et à développer une meilleure compréhension de la relation et des responsabilités des croyants envers les autres membres de la communauté humaine. Ainsi donc, le religieux est au service du spirituel.

Dimension spirituelle de l'humain
La spiritualité est importante pour l'humain. Elle est même un besoin. Toute personne possède en soi une dimension spirituelle. C'est un « lieu où surgissent les questions existentielles : Qu'est-ce que je fais ici? Y a-t-il quelque chose qui est attendu de moi? Y a-t-il des règles de jeu que je peux découvrir et utiliser pour orienter mes conduites » ?[6]

La journaliste Anne-Marie Lecomte abonde dans le même sens : « Dans la vie humaine la spiritualité n'est pas une option. C'est un besoin. Or, si j'offre le vide à mes enfants, ils vont le remplacer par quoi? [...] J'aime autant la bergerie dans laquelle j'ai été baptisée ! »[7]

Le besoin est tellement vital pour l'humain que, lorsqu'il le chasse de son univers, la spiritualité prend de nouvelles formes en lui.

La journaliste Élias Levy explique qu’ aujourd'hui, sauf exception, c'est moins les religions qui menacent nos libertés que des croyances contemporaines déguisées en savoir. Ainsi, la science, les techniques, la publicité, l'économie, les médias ... sont devenus de véritables idoles. Ces nouveaux cléricalismes tablent désormais sur leurs prêtres et diacres, dont les discours sont assénés et reçus sans aucun esprit critique, comme parole d'Évangile »[8].

Jean-Claude Guillebaud, auteur de La Force de conviction [9], dit que « les croyances, c'est quelque chose d'archaïque; maintenant ce qui compte, c'est le savoir. Le savoir de l'économie, le savoir de la technique, le savoir transgénique ... Le fait de donner à ces secteurs-là le statut de savoir, ça leur permet de toiser avec un brin de condescendance les croyances et de les considérer comme des choses vétustes. Mais ce n'est qu'un mensonge, un subterfuge »[10]

Nous sommes entourés de savoirs qui n'en sont pas réellement. Ceux-ci sont des croyances qui se déguisent en savoir.

Il y a autant de croyances, en d'autres mots de superstitions, dans l'économie et la politique que dans le religieux et le spirituel. On essaie pourtant de nous faire croire que ce sont des sciences, comme c'est le cas des mathématiques. On nous berne!

Ces secteurs, dont le libéralisme fondé par Adam Smith et d'autres penseurs, ne sont rien d'autres que des choix éthiques, voire des philosophies. Ce n'est pas de la mathématique. On choisit une option économique ou politique dans le seul but d'en arriver à un résultat sur l'humain.

Il en va de même pour la technique. Elle n'est pas objective. Elle contient une part de croyances.

Ainsi, face à ces faux savoirs, l'humain ne doit pas sacrifier son sens critique et se soumettre aveuglément. S'il le fait, il devient esclave de systèmes de pensée.

Les principales victimes de cela sont les jeunes. « Nous voyons apparaître une génération de jeunes qui sont à la fois plus libres qu'aucun individu ne l'a jamais été face à toutes les croyances possibles, à toutes les options de vie, explique Jean-Claude Guillebaud. Cette liberté, cette autonomie, c'est une conquête formidable. Je n'ai pas du tout envie de la remettre en question. Mais, en même temps, les jeunes d'aujourd'hui sont littéralement perdus parce qu'on ne leur a pas transmis une culture religieuse, quitte à ce qu'ils se révoltent contre elle, mais qu'ils aient au moins un rapport dialectique avec cette transmission. On ne leur a pas transmis non plus une culture ouvrière, parce que celle-ci a disparu dans nos sociétés, ni une culture régionale ... On ne leur a transmis qu'une espèce d'accumulation du savoir. Et, ils sont aujourd'hui face à leur propre liberté dans un état de désarroi. Ils n'ont plus de repères, ni de mémoire, ni de culture, une culture religieuse par exemple. Dans un tel état de vacuité, ils deviennent alors les proies toutes désignées pour toutes les croyances idolâtres, les plus folles, parce qu'ils n'ont plus de moyens de défense. [...] En chassant le religieux institutionnel on a favorisé le retour des idoles. Moi, je crois que les idoles peuvent être demain encore plus meurtrières que l'était le religieux [11]. »

Dans les endroits où Dieu disparaît, l'humain ne devient pas plus grand. Au contraire, il en vient à perdre sa dignité divine. « A la fin, il n'apparaît plus que le produit d'une évolution aveugle. [...] Ce n'est que si Dieu est grand que l'homme est également grand. [...] Nous ne devons pas nous éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu'il soit grand dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins », disait Benoît XVI, le 15 août 2005.

Une sécularisation de la spiritualité
Les idéologies issues de la modernité ont manifestement contribué à une sécularisation de la spiritualité et de la religion.

Libérée du carcan issu des grandes religions, la spiritualité est maintenant une donnée accessible à tous. Elle est même devenue un sujet à la mode. Chacun a la sienne. On en parle comme d'une donnée philosophique. Nous assistons à une laïcisation de la spiritualité. Ainsi donc, la spiritualité est devenue une forme de discours philosophique. Lorsqu'il s'agira de parler de l'expérience spirituelle concrète, on parlera plutôt de vie spirituelle.

Depuis plusieurs années, plusieurs penseurs d'ici et d'ailleurs en Occident défendent l'idée de cette libération du sacré, c'est-à-dire l'idée d'une spiritualité sans religion. Cela se remarque facilement dans la manière de penser de l'explorateur Bernard Voyer : « Qui a raison dans la spiritualité? C'est bien que personne n'ait raison et que tous aient raison! Chacun a sa couleur. Est-ce que toutes les fleurs ont les mêmes coloris? Est-ce que le vent vient toujours du même sens? Est-ce que tous les lacs ont la même forme? C'est différent! Alors pourquoi toutes la croyance serait la même? »[12]

Au milieu des années 1960, au même moment que se tenait à Rome le Concile Vatican II, plusieurs penseurs, notamment des sociologues, clament la fin de la religion au cœur de la société civile.

A la suite des travaux du théologien Dietrich Bonhoeffer, on disait que la fin de la religion permettrait de retrouver la foi à l'état pur et de la vivre dans un univers séculier adulte et autonome.

Devant le phénomène de la spiritualisation hors des grandes traditions religieuses, il semble devenu essentiel de se poser des questions : Qu'est-ce que la spiritualité? Quels sont les éléments qui la composent?

De plus, depuis quelques années, des spiritualités de diverses religions se sont ajoutées aux spiritualités chrétiennes. Se mêlent à elles des spiritualités sans dieu ou humanistes qui, souvent, font appel à des figures mythologiques anciennes.

Et ce n'est pas tout! Nous faisons face à une nouvelle réalité sociologique importante : les gens ne veulent plus être associés à une religion lorsqu'ils parlent de la spiritualité. En librairies, il est étonnant de constater le grand nombre de livres de spiritualité de tout acabit, surtout à saveur ésotérique, témoin de cette nouvelle tendance.

Il y a lieu de se questionner: est-ce que l'hyperconsommation du phénomène spirituel est bonne et sain?

Le débat va son chemin. Cependant, une chose est maintenant assurée: il est de plus en plus difficile de se mettre à l'abri des autres cultures et spiritualités. Les dernières décennies ont considérablement changé le portrait du phénomène spirituel

Le réveil du religieux
Un événement majeur se joue dans l'histoire religieuse occidentale depuis 1975 environ. Il est d'une portée insoupçonnée. L'Occident connaît un réveil des âmes. Cela peut paraître étonnant, mais c'est une réalité. Nous sommes en train d'assister à quelque chose de nouveau qui a une conséquence positive extraordinaire sur le renouveau des grandes traditions religieuses, surtout le christianisme duquel est issu le catholicisme. Devant ce qui peut paraître un cul-de-sac pour le christianisme, il y a plutôt lieu de se réjouir de ce qui est en train de surgir. Le résultat est encore inconnu, mais l'avenir est à l'espérance.

Ainsi, le terme « spiritualité » a connu une évolution rapide depuis ce temps, évolution qui échappe, en ce moment, aux professionnels de la religion et de la théologie.

Le théologien Normand Provencher, professeur à l'Université Saint-Paul à Ottawa, s'étonne de cette nouvelle réalité : « Ce retour de Dieu est d'autant plus étonnant qu'il se réalise dans un contexte d'indifférence religieuse massive en Occident où la modernité a réussi à s'imposer. Par contre les idéaux de progrès sont fortement ébranlés et on constate que l'avenir de l'humanité est de plus en plus menacé et incertain. La modernité crée ainsi un espace pour des voies ou des recherches de sens, de réalisation de soi et de salut. D'où ces expressions d'un retour du religieux que nous pouvons interpréter comme les derniers soubresauts de la fin de la religion, ou comme des protestations à l'égard de la modernité qui n'a pas réussi à combler les attentes des contemporains et qui a creusé un vide spirituel. Même si le retour du religieux peut être considéré comme une réaction au désenchantement à l'égard de la modernité, il me semble que Dieu continue de s'éloigner et que l'éclipse des religions institutionnelles se fait de plus en plus totale. »[13]

Ce réveil des âmes reste donc fragile.

Reconnaissant les nombreux « progrès accomplis dans le domaine technique et scientifique » et « l'importance des "ressources matérielles dont nous pouvons disposer aujourd'hui", le pape Benoit XVI faisait observer, le 25 décembre 2005, à l'occasion de Noël, que "l'homme de l'ère technologique risque cependant d'être victime des succès mêmes de son intelligence et des résultats de ses capacités d'action s'il se laisse prendre par une atrophie spirituelle, par un vide du cœur". » [...] « La lumière de la raison ne suffit pas au cœur de l'homme », soulignait le pape. Pour lui, l’époque moderne est souvent présentée comme une période de réveil du sommeil de la raison, comme la venue de l'humanité à la lumière, émergeant ainsi d'une période obscure. Néanmoins, sans le Christ, la lumière de la raison ne suffit pas à éclairer l'homme et le monde.

Néanmoins, le réveil des âmes n'est pas pour tout le monde. Aujourd'hui, au Québec, un grand nombre des jeunes n'arrivent pas à trouver les mots pour exprimer leur foi chrétienne. « La langue de la foi n'est plus leur langue maternelle, mais bien une langue étrangère », lance le théologien Normand Provencher.[14]

La modernité et l'émergence du spirituel hors de l'univers religieux forcent les grandes religions et les Églises chrétiennes à trouver un langage nouveau pour entrer en relation avec le monde moderne.

La spiritualité chrétienne devant la modernité :
Du Dieu utile au Dieu de la grâce


Dans ce monde de plus en plus déchristianisé, Dieu semble de plus en plus inutile pour l'humain. La question se pose : Dieu est-il nécessaire?

Ebernard Jüngel pense que « Dieu est mondainement non nécessaire »[15]. On doit lui donner raison. On n'a pas besoin de Dieu pour explorer les sciences, faire des transplantations cardiaques ou aller sur la planète Mars ou dans d'autres galaxies.

Le professeur et théologien Normand Provencher lui donne également raison: « Dans la modernité, l'homme prend conscience de son autonomie et il montre qu'il peut vivre humainement sans Dieu. Des hommes et des femmes se tiennent debout sans la foi chrétienne. Ils ne comptent plus sur Dieu pour affronter leur souffrance et leur culpabilité, mais ils ont d'autres recours. La non-nécessité de Dieu pour la réussite de la vie humaine est une dimension de la modernité. »[16]

Cependant, en s'appuyant sur les propos du théologien Edward Schillebeecky [17], il se permet quelques bémols : « Mais il faut préciser aussitôt qu'il s'agit d'un Dieu utile, d'un Dieu garant de l'ordre social, d'un Dieu en compétition avec l'être humain et jaloux de sa liberté et de son autonomie. Mais est-ce le Dieu de l'Évangile? Dans la modernité, la prédication chrétienne est appelée à montrer que la puissance de Dieu est encore plus extraordinaire car elle est celle de l'amour. »[18]

Le Dieu de Jésus Christ semble avoir des affinités avec la modernité. Tout comme l'Évangile, la modernité apporta à l'humain une plus grande autonomie. Ainsi, elle se situe dans la ligne de la vision du Dieu Créateur et de l'Ascension. Lors de la création Dieu se retire et confie la création à l'humain. Il accepte de lui faire confiance. Lors de l'Ascension, au moment où Jésus disparaît de la vue des disciples, il leur donne de la place et les envoie construire un monde inspiré de son enseignement. En faisant confiance à l'humain, Dieu reste discret dans son univers. Il ne s'impose jamais, mais il est toujours présent. Lorsque l'homme et la femme ne savent plus où il se cache, c'est souvent parce qu'ils sont eux-mêmes ailleurs et distraits.

Cependant, la foi ne peut pas être au service du monde, si elle n'est pas avant tout pour Dieu. Normand Provencher explique :

« Quant à la foi chrétienne, elle-même, en voulant d'abord être utile au monde, elle risque de s'abolir finalement. La foi qui tient à être essentiellement pour le monde en vient à écouter le monde plutôt que Dieu. Non pas que la foi qui écoute Dieu n'écoute plus le monde; elle l'écoute autrement. Si la religion écoute d'abord le monde, elle en vient à ramener Dieu au "divin" abstrait qui habite quelque part les faubourgs du monde.

Dans la modernité, nous avons l'occasion de redécouvrir le Dieu de l'Alliance qui propose de se donner à nous de façon gratuite et dans le respect de notre liberté et de notre autonomie. Dieu est non utile et non nécessaire, puisqu'il est l'inconditionné, mais il peut se déterminer à se donner. En Jésus Christ, Dieu se fait infiniment proche de nous tout en restant entièrement mystérieux et discret. C'est le message de la révélation judéo-chrétienne. D'autre part, même si l'être humain peut vivre sans Dieu, cela ne veut pas dire nécessairement qu'il veut être sans Dieu. Dans l'expérience même de le connaître et de l'aimer, nous découvrons une mystérieuse affinité, une sorte de re-connaissance qui nous fait pressentir que notre cœur est fait pour lui et que nos recherches de sens s'orientaient ultimement vers lui. La foi chrétienne n'est pas un article de luxe, ni la simple réponse à un besoin religieux, mais plus profondément la libre réponse à une initiative de Dieu que Jésus nous a révélée et qui dépasse les besoins et les attentes des humains. Elle se rapporte au Dieu de la gratuité, qui étonne et qui surprend. [...]

Le Dieu à faire découvrir aujourd'hui n'est pas le Dieu qui vient agir à notre place, ni le Dieu objet de consommation et d'expérience parmi bien d'autres, ni le Dieu à notre mesure, mais le Dieu de la gratuité, le Dieu de la vérité et de l'amour, le Dieu de la démesure qui nous aime jusqu'à se donner lui-même à nous pour y faire sa demeure. »[19]

Mythologie et spiritualité
La mythologie a les mêmes fondements que la spiritualité. Toutes deux servent à donner un sens à la vie humaine.

L'histoire du Petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry est un exemple de récit mythologique moderne. À travers un récit qui, en apparence, semble simpliste, il cherche à donner un sens à l'amitié.

Il en va de même pour le film 15 février 1839 [20] de Pierre Falardeau qui a pour but de donner du sens à la finitude des luttes libératrices du peuple francophone du Québec.

La mythologie prend habituellement ses racines dans la tradition orale. Il y a le mythe américain. Nos voisins du Sud ont fini par croire que sans eux il n'y a pas de salut pour l'avenir de la planète.

Plus près de nous, au Québec, pensons à toute la légende de René Lévesque. Il est perçu par les souverainistes comme le libérateur de notre peuple.

A quoi sert la spiritualité?

D’abord, un préambule à la question :


a) L'humain, une question :

« L'homme en son unité est dès toujours posé devant soi comme dans une question »[21]. C'est ce qu'enseigne la pensée de Karl Rahner contrairement à l'anthropologie grecque qui transporte l'humain dans un dualisme primitif ou dans de vieilles écoles théologiques qui situent l'âme comme « un élément susceptible d'être immédiatement découvert en lui-même [...] »[22]

L'homme ne peut pas « être expliqué à l'aide du modèle d'un système pluriel en régulation de soi, comme doivent le faire, au fond, toutes les anthropologies particulières, de par leur nature »[23]

b) Le non-déductible :

« L'homme est le non-déductible »[24] parce qu'il est une personne et un sujet. Il « ne peut s'édifier de façon adéquate à partir d'autres éléments [...]; il est celui qui dès toujours est remis à lui-même. Lors donc qu'il rend compte de soi, qu'il s'analyse, qu'il se reconduit à la pluralité de ses origines, il se passe encore une fois comme le sujet qui fait cela, et qui, dans cet acte, s'éprouve lui-même [...] »[25]. Malgré la finitude de son être, « l'homme est dès toujours posé devant lui-même comme un tout. Il peut tout mettre en question [...] »[26] et tout analyser à la lumière de sa singularité : Il est « l'être d'un horizon infini ».[27] « En éprouvant sa finitude de façon radicale, il passe cette finitude, il s'éprouve comme être de transcendance, comme esprit »[28]. Ainsi, l'humain « demeure toujours fondamentalement en chemin »[29]. Tout but qu'il se donne est perçu comme une étape et quelque chose de provisoire. La personne humaine est une possibilité infinie. Elle s'éprouve elle-même, car elle pose question.

L'humain est celui qui est inquiété par le surgissement de son être vers la transcendance et propulsé vers le « toujours PLUS ». Il ne peut comprendre l'appel à « CE PLUS » [30], à un au-delà de lui-même qu'en l'accueillant.

La transcendance se situe en deçà de l'origine humaine, ce qui veut dire qu'elle a précédé la vie de l'homme. Elle est hors d'atteinte concrète de ce que l'humain est, mais dans l'aventure mystique et dans la solitude, il peut toucher à « CE PLUS », cet au-delà de lui-même, ce qui le surpasse.

Avez-vous remarqué que la signe de la croix a la forme d'un plus en mathématique? Nos croix du quotidien seraient-elles des plus pour notre vie?

Alors voici quelques réponses à la question « a quoi sert la spiritualité? »


1- À mieux « jouer à la course au trésor »


La spiritualité permet « de mieux jouer au jeu de la vie » qui ressemble à une grande course au trésor. Ainsi, la spiritualité donne des indices pour trouver le trésor. La mythologie a une mission similaire en le faisant à travers de petites histoires, des petits récits quasi enfantins.

C'est ainsi que se qualifie l'explorateur Bernard Voyer : « Je fais des courses au trésor, comme lorsque j'étais enfant. J'aimais beaucoup ce jeu! J'ai décidé de faire cela toute ma vie. La vie est comme une course au trésor. C'est cela mon véritable sens de l'existence : trouver le fameux trésor ... »[31]

Mais qu'est-ce que le trésor? Il répond sans tarder que « le trésor ... c'est de chercher le trésor. Plus la course est longue, plus nous avons de plaisir. Il faut trouver des indices et ... que les étapes soient réconfortantes ... Les choses les plus importantes dans la vie, ce ne sont pas de naître et mourir! C'est ce que nous faisons entre les deux ... »[32]

2- A « philosopher »

Devant la « laïcisation de la spiritualité », nous devons maintenant faire une distinction entre la spiritualité et la vie spirituelle

Ainsi, la spiritualité fait appel à l'intelligence. Elle constitue une expérience théorique du sacré et des valeurs fondamentales de l'existence. Elle est de l'ordre du discours. Sa structure prend sa source dans les théories philosophiques, mythologiques et théologiques. Il ne faut donc pas confondre la spiritualité avec le terme « vie spirituelle ». Ce dernier est de l'ordre de l'expérience pratique.

Puisqu'elle fait appel à l'intelligence du sujet humain, la spiritualité est différente d'une personne à l'autre. Il en est de même pour l'image de Dieu que chacun se fait au fond de lui-même. Ainsi, une spiritualité ne se traduit pas nécessairement par une théophanie ou une christophanie, c'est-à-dire par une croyance en Dieu ou en Jésus ressuscité et Fils de Dieu. Bien qu'elles soient des réalités voisines, les termes « spiritualité » et « foi » sont différents. La foi implique une adhésion profonde, pas la spiritualité. Cette dernière est un discours sur l'irrationnel auquel on ne croit pas nécessairement. La foi est une croyance en des éléments d'une spiritualité ou d'un récit mythologique.

3-A l'unification de l'être

Ce n'est pas un secret, l'humain est un être déchiré par des paradoxes. En lui, il y a des désirs et des pulsions parfois contradictoires. Il suffit de penser à son dilemme interne entre le bien et le mal et, l'autre, entre la haine et l'amour. Il est aussi partagé entre le don total et désintéressé de sa personne au service des autres et ses désirs hédonistes. Il ne faut pas oublier, aussi, sa recherche constante d'équilibre entre ses devoirs familiaux et sa propre personne. Cette entreprise d'unification implique des choix.

Ainsi, le rôle de la spiritualité est d'unifier l'être divisé entre plusieurs pôles et de l'orienter dans son ensemble vers une valeur ultime et fondamentale, c'est-à-dire vers un pôle assez puissant pour ramasser tout l'être éparpillé. La spiritualité favorise donc l'harmonie en soi. Elle donne les pistes qui conduisent à l'unification de l'être.

4- Répondre au besoin de sens

La quête de sens est l'élément fondamental d'accès à la spiritualité. C'est un critère élémentaire. C'est elle qui permet à l'humain de s'ouvrir à l'expérience du sacré. Le sens donne une cohérence à l'existence.[33]

Il est intéressant de constater que l'humain est le seul être vivant à exiger un sens pour se mouvoir. C'est ce qui lui donne une raison de se mettre en action, d'espérer et de surmonter le difficile pessimisme névrotique qui habite son intelligence et sa sensibilité

« Si la dimension spirituelle est généralement considérée comme une démarche de quête de sens, la santé spirituelle prendra la couleur de découverte de sens. La santé spirituelle sera donc l'aboutissement de cette quête entreprise en vue d'un mieux-être. »[34]

Ainsi, comme on l'expliquait préalablement, la spiritualité [35] aide l'humain à répondre aux « pourquoi? » de l'existence. Pourquoi aimer? Pourquoi vivre? Pourquoi mourir ? Pourquoi travailler? Pourquoi? Ces « pourquoi? » ont pour but de donner du sens parce que sans lui l'humain ne trouve pas de motivation pour agir et pour vivre. De l'autre côté, les sciences humaines et exactes répondent à des questions plus techniques. Comment aimer? Comment vivre heureux ou en santé? Comment bien se préparer à la mort? Comment être efficace au travail? Comment?

Nous pouvons aussi illustrer la spiritualité [36] par une ligne tracée sur une feuille. Nous pourrions dire que cette ligne symbolise la vie. Ainsi, tout ce qu'il y a sur la ligne est de l'ordre du « comment? ».

De ce « comment ? » apparaissent toutes les questions que la vie de chaque jour amène. Comment faire à manger ? Comment travailler ? Comment se laver ? Comment fonctionne tel ou tel appareil ? Comment se construit un ordinateur ? Comment fonctionne Internet ?

Les extrémités de cette ligne, les endroits où le vide apparaît, sont de l'ordre du « pourquoi? ». Tout ce qui était avant et après la ligne ne peut s'expliquer par la raison. Il faut donc en appeler à l'irrationnel pour répondre aux questions que ce vide fait surgir.

Les « pourquoi ? » arrivent lorsqu'il y a un vide dans le questionnement technique. C'est l'irrationnel. Pourquoi la vie et la mort ? La question pourrait se reformuler par « qu'est-ce qu'il y a avant et après la vie ? ». La mystique juive dit qu'avant il y avait la gouve, c'est-à-dire la fontaine des âmes, et qu'après vient la promesse de la résurrection des corps dans la Jérusalem glorieuse. Le christianisme dit qu'après, vient la résurrection de l'âme dans une autre dimension qui est symbolisée par le ciel. D'autres courants religieux disent qu'après la vie l'humain se métamorphose en d'autres formes de vie. C'est la réincarnation avec toutes ses variantes. Ainsi la réponse à « pourquoi la vie et la mort ? » pourrait être « pour bien se préparer à ce qui vient après la vie ».

Pendant longtemps, tout l'inexplicable était expliqué par la mythologie d'où prend sa source la spiritualité. La croyance était au centre de tout questionnement. L'avènement des sciences humaines a provoqué un éclatement. Les « pourquoi? » et les « comment? » se sont séparés.

Nous pourrions comparer l'évolution de la mythologie et des sciences humaines à un grand arbre. Initialement, il y avait le tronc. Celui-ci était formé de tous les savoirs. C'était l'ère où tout était de l'ordre de la mythologie. Et puis sont apparues deux branches. Ainsi se sont séparées en deux les sciences humaines et la mythologie. Les deux ont fait éclore des bourgeons et d'autres branches. Les sciences humaines ont fait surgir les sciences exactes, comme la médecine. La mythologie s'est, quant à elle, développée plus lentement, mais a quand même fait germer des souches, comme le monothéisme.

Avec les années qui avancent, quelques branches de l'arbre commencent à se ressouder ensemble. On voit apparaître de nouveaux champs d'études, comme la neurothéologie.

Le docteur Joseph Ayoub a été le témoin de ce changement qui s'opère : « Il y a une certaine réflexion qui s'établit parmi mes collègues et les autres médecins. Ils arrivent à voir que l'on peut faire une alliance entre la foi et la science. C'est une évolution de la pensée. Dans les années 1970, il fallait choisir entre l'une et l'autre. Tu ne pouvais pas avoir les deux. »[37]

Pour accéder au sacré, il suffit donc à l'humain d'être sensible au mystère et au doute qui vivent en lui et d'admettre l'existence de valeurs qui dépassent ce qu'il est et le moment présent. Il fait donc une prise de contact avec lui-même dans sa réalité la plus profonde. C'est une action primaire chez l'humain, le seul être vivant qui a accès à la conscience.

Normand Provencher clame que chaque personne doit contribuer à la quête de ce sens de la vie : « Nous ne pouvons plus admettre qu'il appartient à la science seule, ni même aux politiciens et aux juristes, de décider de la question de sens de l'existence humaine. »[38]

5- À se questionner davantage
Parler de spiritualité, c'est s'engager dans un débat de fond sur notre façon de vivre et de penser, avec ou non une référence à un être absolu. Ce questionnement permet de voir notre façon de faire une action de réflexion sur ce que nous sommes.

Ce questionnement est grandement associé à la vie intellectuelle. Celle-ci n'est pas à négliger. Josémaria Escriva parle de la « nécessité de faire aussi de l'apostolat avec les intellectuels, car ils sont comme les sommets enneigés lorsque la neige fond, l'eau en descend pour en féconder les vallées »[39].


Une forme de spiritualité
Il existe plusieurs modèles de spiritualité. La spiritualité chrétienne en est une et, à l'intérieur du christianisme, il existe plusieurs autres modèles.

La spiritualité mariale est une façon de vivre sa vie chrétienne. A travers elle, la personne contemple ce qu'a vécu Marie, la mère de Jésus, tout au long de sa vie.

« Je suis la servante du Seigneur » (Lc 2,19). Ce passage de l'Évangile montre à quel point elle accepte dans sa vie la volonté de Dieu en toutes circonstances. Son « oui » authentique devient l'accueil de l'accueil du Souffle (ruah) en elle.

Tout au long de sa vie, Marie « garde tout cela dans sa mémoire et y réfléchit longuement » (Lc 2,19). Ainsi, elle se souvient des événements qui ont eu lieu devant elle et en elle, les repasse dans son esprit.

Célia Chua, docteur en mariologie et Missionnaire de l'Immaculée Conception qui œuvre au village des lépreux dans la province de Sichuan, en Chine, explique :

« L'un des attributs de cette spiritualité vient de son enracinement dans la Parole de Dieu, le Fils incarné. Lorsque nous contemplons Jésus, Parole vivante, l'Esprit saint nous forme et nous transforme comme il l'a fait en Marie. Cette façon de vivre la vie chrétienne nécessite un engagement personnel, car Dieu appelle la personne humaine non seulement à suivre son fils, mais surtout à entrer en communion avec le Dieu Trinité ( ... )

Une spiritualité mariale se caractérise par une attitude de don de soi et de transcendance de soi. ( ... )

Cette spiritualité en est aussi une de communion. La visitation de Marie à sa cousine Élisabeth souligne l'union et la communication entre deux femmes. La communion entre deux femmes. La communion indique une relation entre Dieu et des personnes humaines, relation personnelle et collective, c'est-à-dire qui transforme la notion du JE en celle du NOUS. Cette communion d'amour et de sollicitude s'ouvre et s'agrandit pour atteindre la dimension cosmique de la création tout entière. En réalité, une spiritualité mariale actualise la croissance spirituelle. »[40]

Dans une spiritualité mariale, qui peut devenir un modèle de vie spirituelle (nous reviendrons sur la vie spirituelle dans un prochain module), Marie forme et guide la personne humaine vers une attitude contemplative et la rendre plus conforme à l'esprit de Jésus.

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[1] Bernard Voyer est mon petit cousin et le cousin propre de mon père Roméo Voyer. Le père de Bernard était le frère de mon grand-père paternel, Edgar Voyer. Cf. www.bernardvoyer.com
[2] Benoit Voyer, « Bernard Voyer, explorateur : "Nous ne sommes pas grand-chose !" », Revue Sainte Anne (novembre 2000), p. 439 et 478.
[3] Qui suis-je? Y-a-t-il une vie après la mort? Comment puis-je me connaître et me réaliser dans toute la profondeur de mon être?
[4] Qu'est-ce qui m'unit aux autres ? A quoi suis-je utile pour les autres ? Quelles sont les valeurs transmises ?
[5] Quelle place occupe le sacré, le transcendant ou l'absolu dans ma vie ? Comment développer cette relation ?
[6] Jean-Luc Hétu, Psychologie de l'expérience spirituelle, Montréal, Éditions du Méridien, 1997
[7] Anne-Marie Lecomte, « Je crois en toi, maman », Châtelaine (février 2006), p. 42
[8] Elias Levy, « Chassez le religieux et les fantômes reviennent », La Presse, 8 janvier 2006, cahier « Lectures », p. 11.
[9] Jean-Claude Guillebaud, La Force de conviction, Paris, Seuil, 2005.
[10] Elias Levy, op. cit.
[11] Elias Levy, op. cit.
[12] Benoit Voyer, « Bernard Voyer, explorateur : « "Nous ne sommes pas grand-chose !" », op. cit.
[13] Normand Provencher, La foi une étrangère dans le monde moderne? Montréal, Fides, 1998, p. 22-23.
[14] Normand Provencher, op. cit., p. 8.
[15] Ebernard Jüngel, Dieu mystère du monde, tome 1, Paris, Cerf, 1983, p. 23
[16] Normand Provencher, op. cit., p. 29.
[17] Edward Schillebeecky, L'Histoire des hommes, récit de Dieu, Paris, Cerf, 1982, p. 16
[18] Normand Provencher, op. cit., p. 29-30.
[19] Normand Provencher, op. cit., p. 31-32.
[20] Cf. Benoit Voyer, « 15 février 1839, maintenant sur vidéocassette : Évangile de De Lorimier selon saint Falardeau », Revue Sainte Anne (juin 2001), p. 274-275.
[21] Karl Rahner, Traité fondamental de la foi. Introduction au concept de christianisme. Paris, Le Centurion, 1983 (1976), 517 pages; p.37 à 55
[22] Ibid.
[23] Ibid.
[24] Ibid.
[25] Ibid.
[26] Ibid.
[27] Ibid.
[28] Ibid.
[29] Ibid.
[30] L'expression « CE PLUS » est de Eric Nicolai : « Je prenais conscience que ce n'est pas juste moi qui planifie ma vie. Dieu est toujours là pour me demander quelque chose de PLUS. Ce PLUS était pour moi une invitation au célibat apostolique et la possibilité de travailler avec plusieurs personnes, surtout pour faire connaître l'enseignement du Chris et de l'Église. L'idée m'a fait un peu peur, mais, en même temps, elle m'attirait. » Extrait d'un article sur Eric Nicolai écrit par l'auteur de ce travail, publié dans la Revue Sainte Anne, novembre 2003, pages 441 et 446.
[31] Benoit Voyer, « Bernard Voyer, explorateur : "Nous ne sommes pas grand-chose !" », op. cit.
[32] Ibid.
[33] Ainsi la spiritualité joue le même rôle que la mythologie. Ce n'est pas étonnant puisqu'elle y a pris naissance tout comme la religiosité.
[34] Comité santé, Document de consultation - Document no 3, Diocèse de Montréal, 17 novembre 2005.
[35] La mythologie joue le même rôle.
[36] L'exemple qui suit est également valable pour la mythologie.
[37] Benoit Voyer, Les Témoins de l'essentiel, Montréal, Éditions Logiques, Montréal, 2005, p. 31.
[38] Normand Provencher, op. cit., p. 35.
[39] Propos de Fidel Gomez Colomo, tirés du livre d'Andrés Vazquez de Prada, Le Fondateur de l'Opus Dei : vie de Josémaria Escriva, vol. 1, Montréal, Le Laurier, Paris, Wilson et Lafleur, 2001, p. 266.
[40] Celia Chua, « Une spiritualité mariale. Façon de vivre la vie chrétienne », Le Précurseur (automne 2006), p.4-5

ESCAPADE: Parc national de la Yamaska


Sentier La Rivière du Parc national de la Yamaska

EN MUSIQUE: Comme je t'aime - France Robert (1991)


TROIS-RIVIÈRES: Services funéraires africains - De Cap-de-la-Madeleine à Kinshasa


Services funéraires africains

De Cap-de-la-Madeleine à Kinshasa

Les Services funéraires africains sont de plus en plus en demande à Kinshasa, la capitale du Zaïre. Cette nouvelle entreprise, exploitée par Pierre Garneau de la maison J.D. Garneau a Cap-de-la-Madeleine, André Lépine du Collège Rosemont à Montréal et Hector Dianzenza N'Défi du Zaïre, s'occupe, actuellement, des arrangements d'une moyenne d'une à deux funérailles par jour au pays. La demande croît d'une semaine à l'autre. Pourtant, il n'y a que quelques mois que la business est en opération dans ce pays.
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Benoit Voyer
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Il n'est pas question pour l'instant de recevoir des profits de ce service de pompes funèbres. Cependant, il n'est plus nécessaire, pour le duo Garneau-Lépine, d'investir dans ce pays pour le développement de la firme. Elle couvre ses frais d'opération et les salaires de ses employés dont Hector Dianzenza N'Défi qui dirige les affaires.

Il est projeté de pratiquer la thanatopraxie, c'est-à-dire l'embaumement des corps, dès l'an prochain, dans un local qui sera aménagé près de l'hôpital de cette ville de près de 5 millions d'habitants. Les pratiques d'ici ne sont pas encore pratiquées là-bas. C'est un marché sans compétitions qui est ouvert à ce nouveau cabinet de thanatologie.

"Nous prévoyons nous rendre à Kinshasa en juin 1997 pour former des personnes à la thanatopraxie. Il y des médecins du pays qui ont manifesté leur intérêt à travailler pour nous" dit Pierre Garneau qui tient à spécifier qu'il s'agit d'un investissement personnel qui n'a pas de liens avec l'entreprise familiale solidement implantée en Mauricie.

"Quand le laboratoire et la boutique seront ouverts, nous pourrons commencer à tirer de petits profits", ajoute-t-il. Cependant, les premiers serviront à envoyer de nouveaux équipements en Afrique. Ce n'est qu'après cela que ceux-ci rapporteront aux deux investisseurs canadiens.

L'entrepreneur raconte que les Zaïrois sont très fiers du corbillard envoyé par bateau l'an dernier. Ils n'ont jamais vu ce genre de véhicule qui permet de sortir et d'entrer le cercueil par le côté.

"C'est quelque chose d'exceptionnel et ça fait plus solennel pour eux. C'est comme si ça apporte l'image d'un plus grand respect pour les défunts", conclut monsieur Garneau.

(L’Hebdo Journal, 18 aout 1996, p.50 ET La Cité (Kinshasa), 22 au 28 octobre 1996, p.4)

En ce 8 aout 2025


LE BALADO: Le bienheureux Frédéric Janssoone No 2


ARTICLE DU JOUR: Le 9 aout 1845 naît Alfred Bessette,

Lieu de naissance d'Alfred Bessette a Mont Saint-Gqrégoire

Le 9 aout 1845 naît Alfred Bessette,
le saint Frère André de l’Oratoire Saint-Joseph

Par Benoit Voyer

8 août 2025

En 1832, une année après leur mariage, Isaac Bessette et Clothilde Foisy s’installent sur ce qu’est devenu le rang Grand-Bois, a Mont Saint-Grégoire. Il s’agit d’une pointe de terre située à 3,22 km du village.

Leur maison est faite en bois et ne contient qu’une pièce de 20 pieds par 17.

Dix de leurs douze enfants naissent dans cette très modeste maison. Alfred est leur huitième bambin. Il nait le 9 août 1845.

Craignant pour sa vie, parce qu’il est très maigre, le bébé est baptisé le lendemain. Le curé Pierre-Albert Sylvestre procède au rituel.

La famille Bessette quittera cette maison en 1850. Alfred a 4 ans. Ils s’établiront à Farnham.

PAROLE DU frère Marie-Victorin

TROIS-RIVIÈRES: Jour de référendum à Pointe-du-Lac


Jour de référendum à Pointe-du-Lac

C’est aujourd'hui, de 9h à 19h, que les résidents de la rue Montour à Pointe-du-Lac se rendent aux urnes pour se prononcer pour ou contre des travaux d'infrastructures sur leur rue. Les opposants s'objectent à des travaux d'aménagement d'égout, d'aqueduc et de pavage. Le coût de l'opération sera divisé par le nombre de propriétaires de l'artère. Ce qui représentera une facture de 11 302$ par terrain de 100 pieds de façades.

(Hebdo Journal, 18 aout 1996, p. 4. Texte de Benoit Voyer non signé dans le journal)

ESCAPADE: Le Parc national de la Yamaska


Sentier La Rivière du Parc national de la Yamaska

Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 10 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 10 (1993)

Au programme: 

1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: L'institution de l'eucharistie; 
2- SOCABI - Des cours par correspondance 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Faut-il croire les apparitions? 
4-Un colloque sur l'avenir du travail; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du maître chantre de sa paroisse; 
7-Un coopérative d'habitation a ville Saint-Laurent. Invitée: Rosanne Desmarais; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce qu'on a des objectifs concrets et précis dans la vie? 
9- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps livre une réflexion sur la mort; 
11- Le comédienne Monique Chabot lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 10 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska

ARTICLE DU JOUR: Une affaire rock n’roll

Une affaire rock n’roll

Par Benoit Voyer

7 aout 2025

Dans les pages du magazine populaire Québec Rock de mai 1984, le journaliste Richard Sirois [1] n’est pas tendre à l’endroit du père Jean-Paul Regimbal et la campagne qu’il a initiée au Québec concernant les messages inversés dans la musique rock.

Dans l’article, on tente d’expliquer aux lecteurs de quoi il s’agit. Bien entendu, tout au long du texte on sent un certain scepticisme et du sarcasme chez le reporter qui, on ne s’en cache pas, s’adresse à un jeune auditoire adepte du genre musical dont il est question.

Il rapporte les propos du Dr Normand Rainville, de Granby, d’Urbain Blanchette, musicologue à l’Université Laval, à Québec, d’Alain Lamothe qui a écrit un livre sur le sujet, d’une certaine sœur Dolores qui habite l’Abitibi et de Maryse Azzaria de l’Association des Consommateurs du Québec (ACQ).

Ainsi donc, a mots à peine voilés, il insinue qu’on mène une nouvelle chasse aux sorcières. Selon lui, la campagne serait partie chez une certaine droite religieuse américaine dont il nomme quelques artisans et que celle-ci s’est rendue jusqu’au Québec, particulièrement par l’intermédiaire du religieux de Granby.

Richard Sirois raconte notamment un événement qui a eu lieu à Fort-Coulonge, municipalité située à 100 km au nord d’Ottawa, près de Pembrooke, du côté québécois : « En novembre 1983, une religieuse fut invitée par la gérante de la station communautaire de l’endroit (CH1P-FM) à « éliminer » les disques contenant des messages soi-disant « sataniques ». Une douzaine d'albums furent fracassés avant que les autres employés de la station aient pu intervenir. Sœur Dolorès (la religieuse en question) affirme avoir fait « son choix de disques » à partir de deux livres écrits sur le sujet: « Le rock'n’roll: viol de la conscience par les messages subliminaux », du père Jean-Paul Regimbal, et « La musique rock: divertissement ou medium...? » d’Alain Lamothe. L’incident a fait beaucoup de bruit, entraînant même la démission de la gérante. Actuellement, un groupe de pression veut empêcher la diffusion sur les ondes de certains albums rock. John Evans, gérant « par intérim » croit que cela créerait un dangereux précédent. Il me confirme cependant que « le conseil d’administration est disposé à entendre des objections publiques concernant la diffusion de musique rock si quelqu’un organise une rencontre. »

Plus loin, il ajoute : « Au Québec, le phénomène prend de l'ampleur depuis la parution du livre « Le rock’n’roll, viol de la conscience par les messages subliminaux » du Père Jean-Paul Regimbal. Ce petit bouquin de 62 pages est rempli d’interprétations douteuses, d’exagérations et de faussetés. On y apprend, entre autres, que « l’étude de 18 cas de suicides survenus dans la région de Montréal-Granby-Québec en moins d’un an chez des jeunes de 15 à 21 ans, a démontré que la seule constante repérable en tous ces cas était le facteur musical du rock’n’roll ». (…)

Et dans son conclusion, il remet en doute toute cette histoire : « Tout ne tient donc qu’à un fil, et il est bien mince, car encore aujourd’hui « il n’existe aucune preuve scientifique démontrant que le backward masking process ou messages subliminaux inversés puissent avoir une portée quelconque. Imaginez-vous qu’en plus d’être imperceptibles... ils sont à l’envers! »

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[1] Richard Sirois, en collaboration avec Chantal Francke. Rock possédé du démon, Québec Rock, mai 1984, pp. 42 à 45


Le bienheureux Frédéric Janssoone No 1


L'autre nom du Lac St-Pierre


L'autre nom du Lac St-Pierre

« Angoulême » est le nom que Jacques Cartier donnait au lac St-pierre lors de son passage sur le fleuve, à bord de l'Émerillon, en direction d'Hochelaga (Montréal) entre le 19 septembre et le 2 octobre 1535.
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Benoit Voyer
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Ce nom rendait hommage à un fils du roi François 1er. Durant cette exploration, Cartier fut étonné par les rives couvertes de vignes et « des plus beaux arbres du monde ». Le nom actuel du lac St-Pierre fut donné par Samuel de Champlain, plusieurs années plus tard.

(L’Hebdo Journal, 11 aout 1996, p.4)

En ce 6 aout 2025


Josémaria Excriva


ARTICLE DU JOUR: Expulsé du Soudan par les islamistes


Expulsé du Soudan par les islamistes

Par Benoit Voyer

6 août 2025

Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, missionnaire a la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l’avion ou l’a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l’expulser de son pays. Dans les couloirs de l’aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes actions de l’Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique. Son seul commentaire en descendant de l’avion est: “C’est dégradant d’être manipulé comme ça, comme un criminel!”[1]

L’ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l’avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à l’expulser. Il va jusqu’à visiter les ministères un a un, sans jamais officiellement recevoir de réponse.

“Le motif, ils ne me l’ont jamais dit. J’ai été au ministère de l’immigration et ils ont exigé que je quitte le pays. J’ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m’ont dit: “Nous, on est sous des ordres que nous exécutons. Nous ne savons pas les raisons”. J’ai demandé ou je pourrais aller m’informer. Ils m’ont envoyé à la Sécurité d’État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C’est à ce moment qu’a commencé mon pèlerinage d’un bureau à l’autre. Cela n’a pas donné de résultats”, a-t-il confié.

Le 7 aout, il doit quitter le pays sous peine d’emprisonnement. Comme convenu, il se rend à l’Immigration. Des fonctionnaires soudanais l’escortent à l’aéroport pour s’assurer de son départ. Ce n’est qu’une fois à bord de l’avion qu’ils lui remettent son passeport.

“On ne m’a jamais dit les motifs, sauf que nous savons à la longue! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements...”, ajoute le missionnaire.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques s’occupent de petits projets de développement. Les femmes y tiennent notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison, le salaire des maris ne suffisant pas aux besoins de leurs familles.

Il poursuit: “Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l’Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d’avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l’Église locale ne payait pas ses engagements. Il n’apportait rien! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m’a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes.”

Les gens du village connaissent cette histoire. C’est d’eux que les vraies raisons sont venues. Habituellement, c’est le silence sur les situations d’expulsion dans ce pays, mais cette fois, ce ne fut pas le cas à cause de la pression de l’Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l’affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu’il a fait de la corruption en donnant beaucoup d’argent - surtout aux étudiants afin d’alimenter la haine – et qu’il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration: “Nous n’avons pas dit cela!”

On finira par lui confirmer, lors d'échanges, qu’il pourrait être réintégré: « Je ne projette pas retourner [...] parce qu’il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse ou j’étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose ”.

Son expulsion, le 7 aout 1999, restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne guérit pas.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé seize ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan.

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[1] Une première version de ce récit a été publiée dans l’édition de juillet 2000 de la Revue Sainte Anne et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Éditions Logiques, 2005).

ESCAPADE: Parc national de la Yamaska


Sentier La Rivière du Parc national de la Yamaska

Frère Michel, missionnaire-sourcier


Frère Michel, missionnaire-sourcier

Pour que jaillisse l’eau vive dans les cœurs et… pour les corps

Par Benoit Voyer


"Ventre affamé n'a pas d'oreilles", affirme le dicton. Ce n'est pas la peine de crier que Jésus est la source d'eau vive quand des personnes n'ont même pas d'eau dans leur puits. L'événement du creusage du premier puits dans la colline de Toma au Burkina Faso a été l'occasion pour ses habitants de recevoir une catéchèse sur ce thème.

"Notre conviction est qu'un missionnaire ne peut évangéliser sans humaniser", lance tout-de-go Michel Allaire, frère du Sacré-Cœur depuis 1965. Depuis un an et demi, ce prêtre canadien travaille à Toma, une petite ville de 5000 habitants, située à 190 km de la capitale Ouagadougou.

Le frère Allaire est le fondateur de cette mission au nom de sa congrégation religieuse. L'œuvre, démarrée tout récemment, est un centre d'animation et de formation pour les jeunes.

"Notre action se situe auprès de ceux qui ne peuvent pas poursuivre leurs études dans les écoles officielles, raconte le religieux-missionnaire. Souvent, ils ont commencé trop tard ou ils ont échoué année; Alors, ils ne répondent plus aux normes d’âge. Étant donné qu'il n'y a pas d'institutions scolaires, ils sont exclus du système. C’est à cette catégorie de jeunes que nous voulons offrir d’autre possibilités"

La communauté des Frères du Sacré-Sœurs vient de bâtir des classes pour que ces jeunes puissent continuer leurs études. S’ils ont de bons résultats, ils sont réintégrés dans les écoles publiques pour le niveau collégial. Depuis un an, c’est 250 élèves qui s’y rendent régulièrement.

"Nous avons également lancé un volet de promotion féminine pour les femmes et filles de Toma, poursuit le frère. Il y a une religieuse africaine qui s’occupe d’elles. Pour cette première année d’activités, une trentaine de femmes étaient au rendez-vous. A la fin de la 2e année, elles recevront un diplôme d’enseignement ménager". De plus, les vieilles machines à écrire qui proviennent des pays du Nord - données à cause de l’avancement technologique – sont des outils précieux qui leur permettent d’apprendre l’art de la dactylographie.

Enfin, un vieux dispensaire désaffecté qui appartenait aux Sœurs blanches d’Afrique, a permis d’introduire un volet culturel et sportif. Une bibliothèque et un terrain de volley-ball sont maintenant au service des citoyens.

Puisqu’il n’y a pas d’électricité dans la région, des génératrices à l’énergie solaire permettent à une soixantaine de jeunes d’étudier et de lire après la tombée du jour.

« On a remarqué qu’avec la bibliothèque et les études en soirée, les élèves réussissent mieux les concours du gouvernement », précise le frère Allaire

Autour du puits
A Toma, la mission catholique est installée sur la colline donnée aux religieux à leur arrivée. Personne ne voulait de ce lieu, parce qu'il n'y avait pas d'eau. Avec l'aide financière des gens de St-Pie-de-Bagot, une municipalité du Québec située près de St-Hyacinthe, les missionnaires ont procédé au forage d'un puits.

Puisque je suis sourcier, affirme le plus simplement du monde le frère Michel, j'ai trouvé de l'eau! Nous avons creusé en plein dans le croisement des veines d'eau. La source nous donne 3500 litres d'eau à l'heure. On a mis une pompe solaire que le soleil fait tourner. De plus, on a aménagé une réserve d'eau et ensemencé des poissons qui ne cessent de se multiplier".

Au début, les gens de Toma croyaient que les religieux étaient un peu fous de s'installer à cet endroit. Ils disaient: "Nous n'avons même pas d'eau en bas et vous croyez en trouver sur la colline!" Après le forage, la source est devenue l'attraction du village. Il y a maintenant quatre puits. Un de ceux-ci est spécialement destiné aux gens de la ville.

La foi
La pratique religieuse est excellente dans de pays francophone et les séminaires sont pleins.

"Le clergé du Burkina Faso est plutôt radical et quelque peu moralisateur, note cependant le missionnaire sans amertume. Alors parfois, on comprend difficilement que j'aille chercher des sources… alors que je pourrais employer ce temps a administrer des sacrement. Mais je me dis que lorsqu’ils auront de l’eau, ils pourront boire et se laver… même de leurs péchés", lance-t-il le sourire aux lèvres.

Voir le Christ dans l’autre
La spiritualité du frère Michel Allaire fait penser à celle de Mète Therons. Lorsqu'il quitte sa chapelle, le matin, il s’efforce de voir le Christ dans chacune de ses rencontres quotidiennes.

Sa devise s'appuie sur trois "A", explique le missionnaire : adorer. aimer et aider. "Adorer: à chaque matin, je me lève à 5h30 et je prie et médite jusqu'à 7h: Aimer: Nous sommes créés pour aimer et être aimés. Je dis souvent aux gens: je suis ici et je reste ici parce que je vous aime et Dieu vous aime. Aider: je me dépense dans la journée en cherchant des puits, en donnant des cours, en surveillant des travaux, en construisant des cases pour accueillir les enfants qui viennent de villages situés à 30 ou 40 kilomètres d'ci"

Le soir avant de se coucher, il revoit ses trois "A": "Est-ce que j'ai assez adorer? Aimer? Aider?" Cette devise, confie-t-il, l'a considérablement aidé à retrouver l'esprit de la mission aux moments difficiles de sa vie.

(La personne qui aimerait correspondre avec le frère Allaire peuvent écrire a Mission catholique, Β.Ρ. 163, Toma (Province de Nayala) Burkina Faso)

Un peu d’histoire

Le 4 août 1984, Tomas Sankara faisait prendre un virage majeur à Haute-Volta, un pays de l'Afrique de l'Ouest où vivent 9 millions d'habitants. Cet homme à la tête de la Révolution démocratique et populaire, changeait le nom du pays, l'hymne national et le drapeau. A partir de ce moment, ce coin du monde devenait le Burkina Faso, un nom qui signifie le pays des hommes intègres".

Les grands thèmes exploités par Sankara ont été: l'autonomie alimentaire, l'agriculture, l'indépendance nationale et la solidarité. Il a également accordé une grande place à la femme.

"Les femmes portent la moitié du ciel », disait-il. Un pays n'a pas le droit d'exclure de toute construction, la moitié de ses bras, de ses intelligences et de ses sensibilités. La vraie émancipation des femmes, c'est celle qui la responsabilise, qui l'associe aux activités productives, aux différents combats auxquels sont confrontés le peuple".

Malheureusement, un coup d'État devait conduire à son assassinat. C'est à ce moment que Blaise Compaoré, le leader actuel de la nation, prend le pouvoir avec l'armée. Le rêve du pays des hommes intègres n'est plus que de l'histoire ancienne.

(Informateur Catholique 18 aout au 7 septembre 1996, p.11)

En ce 5 aout 2025

ARTICLE DU JOUR: Le frère Marie-Victorin

Marcelle Gauvreau et le frère Marie-Victorin

Les lettres du frère Marie-Victorin

« Ne vous indignez pas quand votre sexe parle son millénaire langage, et n’accusez pas le diable...”
                                                                                             -
Par Benoit Voyer
5 aout 2025

J’ai lu avec un grand intérêt le livre « Lettres biologiques – Recherche sur la sexualité humaine » paru chez Boréal, en 2018. Il s’agit de lettres personnelles que le frère Marie-Victorin adressait à Marcelle Gauvreau. Ce religieux de tradition catholique qui a pour véritable nom Conrad Kirouac, est professeur et fondateur du célèbre Jardin botanique de Montréal. Marcelle est la fille du Dr Joseph Gauvreau de Rimouski. Elle deviendra la précieuse collaboratrice du professeur et scientifique et une amie qu’on peut qualifier d’intime.

Dans ce bouquin, c’est Conrad qui s’exprime. Dans un autre ouvrage tout aussi intéressant, on retrouve les lettres que Marcelle lui adresse en échange.

Avec Marcelle Gauvreau, Marie-Victorin est toujours resté dans la sphère des échanges privés pour des raisons de convention sociale. Il faut le rappeler, c’était il y a plus de 75 ans. A cette époque, les amitiés entre un homme et une femme étaient rares. Celles entre un religieux masculin et une femme célibataire l’étaient davantage.

Le frère Marie-Victorin le dira souvent: Les échanges entre les femmes et les hommes sont nécessaires à la santé psychologique. Il affirme même que « c’est le grand handicap des couvents et monastères entièrement cloitrés. Il s’y développe des maladies mentales, des déséquilibres qui n’ont pas d’autre causes ».

En 1941, il affirme dans une lettre : « Je suis d'ailleurs parfaitement sûr que, vivant à l’Institut au milieu de femmes jeunes, mon état général est meilleur que si je ne voyais que des hommes. Vous savez bien vous même que c’est vrai : la présence des hommes stimule inconsciemment vos glandes, et vous fait vivre plus vite ».

Le 20 février 1937, il expliquait à Marcelle Gauvreau son idée sur le sujet: « Quand je dis qu’une certaine activité sexuelle est nécessaire à la vie de l’esprit, je ne veux pas dire que le vice soit nécessaire. Je veux dire qu’un certain fonctionnement sexuel automatique, provoqué par les stimulations naturelles du milieu, est nécessaire. Il est normal, et il est hygiénique qu’une femme vive en compagnie d’hommes. La seule présence du sexe opposé, les légères stimulations que cette présence engendre sans que l’on s’en rende compte, font circuler les hormones génitales nécessaires à la santé. Il en est ainsi des hommes. ».

Pour le frère Marie Victorin, l’amitié est supérieure à l’amour. Il écrivait à Marcelle Gauvrea, le 1er septembre 1936: « Mais vous avez assez d’expérience pour savoir combien l’amitié pure est difficile ou rare entre personnes de sexes différents ».

Sur les traces de Kinsey
A travers ses échanges écrites avec Marcelle Gauvreau, on constate que le regard du frère Marie-Victorin porte sur la sexualité est comparable à celui de Kinsey.

Marie-Victorin est un scientifique de son temps. Au milieu des années 1930, il suit les débats sur la méthode de contraception naturelle Ogino-Knaus, fondée sur le cycle d’ovulation des femmes. C’est son collègue Ceslas Forest, un dominicain, doyen de la Faculté de philosophie de l’université de Montréal, qui l’oriente et lui conseille la lecture du texte du jésuite Charles Chaput « Méthode Ogino-Knaus devant la morale catholique » publié en 1935 dans le Journal de l’Hôtel-Dieu. Il lui recommande aussi le livre « La limitation des naissances » du Dr Raoul de Guchteneere, paru en 1931.

Comme l’écrivait Marie-Victorin à Marcelle Gauvreau: « Rien de ce qui est humain n’est interdit à la curiosité scientifique ». Alors, il ne se gêne pas pour se laisser à sa curiosité. Au fil des ans, il en est même devenu un peu voyeur, mais… c’est pour la science.


De chair et d’esprit

Dans la présentation du livre, Yves Gingras explique que pour le frère Marie-Victorin la sexualité est une œuvre divine, l’homme et la femme ayant non seulement une âme mais aussi un corps.

A ce sujet, le frère Marie-Victorin écrit à Marcelle Gauvreau : « Ma chère enfant, vous avez beau mener une belle vie d’âme et d’esprit, vous restez la femme commandée jusqu’à un certain point par la zone charnelle, par le mystère glandulaire. […] Malgré le respect que vous me prodiguez, rien ne doit vous empêcher de me considérer comme un homme de chair et d’os… »

Quant à son désir de rester chaste, dans sa lettre du 1er septembre 1936, il invite Marcelle à demeurer en équilibre avec la réalité de sa condition humaine: « Si la Providence vous assigne le célibat comme condition de vie, il vaut mieux le garder intégralement et ne pas jouer avec le feu. Avec votre caractère enjoué et exubérant à ses heures, vous deviendrez vite provocante, consciemment ou non. Cela ne veut pas dire – et je ne me lasse pas de vous le répéter, car mon expérience me dit que c’est un grand danger pour le bonheur et le succès de la vie – que vous devez vous replier sur vous-mêmes et refouler brutalement en vous-même tout ce qui est sexuel, tout ce qui est amour. Non! Vous connaissez mes idées là-dessus, appuyés sur une certaine expérience de la vie. Vivez naturellement. »

Et puis, dans sa missive du 25 novembre 1941, Marie-Victorin ajoute: « Mon enfant, quand le désir vous prend, le désir qui est la voix de la vie, quand le désir vous prend et crispe votre petit corps, dites toujours en vous-mêmes : Mon Dieu, je vous faits le sacrifice de ces légitimes joies que j’aperçois dans le trouble miroir de ce qui aurai pu être. Au lieu de serre dans mes petits bras un homme, un seul homme, je veux aimer tous les hommes, toute l’humanité, faire du bien, éclairer, semer la joie et le dévouement autour de moi, durant les années que vous me laisserez sur cette terre. »

En bon scientifique, Marie Victorin avait lu Freud. Il connaissait bien les dangers du refoulement et l’importance de la sublimation du désir dans des projets concrets. Puisqu’il sait que Marcelle Gauvreau est célibataire et n’a jamais eu de rapports sexuels avec un homme, il lui écrit : « Ne vous indignez pas quand votre sexe parle son millénaire langage, et n’accusez pas le diable. Reportez sur des objets dignes de vous ce grand besoin d’aimer, de vous dévouer qui fait le fond de votre saine nature. Vous m’entendez, petite Marcelle! Votre famille, la Science, l’Éveil, l’Institut botanique, vos Amis, les pauvres et les affligés, les petits enfants, et par-dessus tout Dieu dans les bras de qui nous serons bientôt! Voilà de quoi aimer, voilà de quoi sublimer vos ardeurs les plus vives. N’est-ce pas? »

En lui parlant, dans une autre lettre, du rythme du désir sexuel dans le cycle menstruel chez la femme, il lui redira : « Vous voyez que le diable n’a rien à voir là-dedans ».

N’est-ce pas ce qu’écrivait en d’autres mots le psychanalyste André Lussier: « L’instinct laisse l’individu à l’abri des déviations quand il est suffisamment assumé par en haut, c’est-à-dire assumé par une orientation d’amour authentique, sublimé dans les voies de la générosité. Et de la charité. Pour arriver à cette sublimation, il faut un degré suffisant de maturation, d’épanouissement dans nos grandes composantes instinctuelles, la sexualité et l’agressivité »

Le 8 aout 1940, le frère Marie Victorin insiste auprès de Marcelle Gauvreau: « Ne cherchez pas à oublier les hommes. Vivez honnêtement en leur compagnie, laissez vos hormones circuler et vos glandes secréter à leur compagnie. Il n’y a là que de très normal. Mais que cela ne vous empêche pas d’ouvrir les yeux aux réalités plus hautes. N’oublions pas que nous sommes corps, avec tout ce que cela comporte. »

Le frère Marie-Victorin visite la classe
de mademoiselle Marcelle Gauvreau
La libido du frère Marie Victorin

Marie Victorin a un tempérament passionné. Il avouera à Marcelle Gauvreau, dans sa lettre du 10 juillet 1934, qu’il doit lui-même combattre de façon récurrente une forte libido. Rapidement, il lui lance qu’il porte sa virginité « dans un vase d’argile, dans un corps avide de jouissances, prêt à se jeter dans toutes les fanges »

Marcelle Gauvreau exerce un certain attrait sexuel sur le religieux. D’ailleurs, dans sa lettre du 1er janvier 1937, il ne passe pas par quatre chemins pour lui confier son secret : « Vous voulez que je vous donne des exemples de provocation inconsciente de votre part? Je ne puis m’étendre là-dessus, mais écoutez ceci […] Non, vous n’êtes pas dangereuse, loin de là. Mais vous avez un certain charme particulier qui vient de votre gaieté, de votre naturel, de votre bonté, peut-être de votre vertu! Or, vous n’ignorez pas que tout cela est aphrodisiaque. »

Le 29 avril 1939, Marie-Victorin finit par lui avouer tout le bien qu’elle lui fait: « Je remercie chaque jour Dieu de vous avoir mise sur mon chemin. J’avais besoin, a l’heure du midi de la vie, d’une grande tendresse féminine, mais d’une tendresse qui ne fut pas un piège. J’avais besoin de quelqu’un à qui je puisse tout dire, qui puisse entendre mes vues, mes idées sur Dieu, sur la nature, sur le christianisme, lesquelles vues ne sont pas celles de tout le monde. J’aime Dieu infiniment, il me semble que je suis un chrétien d’évangile, mais je rejette cette masse de préjugés sous laquelle on ensevelit le livre sacré […] Vous m’avez dit un jour qu’une amitié comme la nôtre, entre un religieux et une femme, n’est pas souvent possible sans catastrophe. Combien vous aviez raison! Elle n’est possible que par le respect. Et ce respect profond, je pense que nous n’y avons jamais manqué. Nous garderons toujours cette distance entre les corps – car il n’y en aura pas entre les cœurs. Et je suis sûr que ce sera le meilleur garant, le meilleur moyen de garder cette grande amitié, sainte et éternelle ».

L’éducation sexuelle
Dans sa lettre du 24 février 1913 adressée à Marcelle Gauvreau, le frère Marie-Victorin déplore avec tristesse le fait que « de pauvres enfants traversent la crise sexuelle sans appui ».

D’ailleurs, le 8 juillet 1910, il lui écrivait que lorsque « s’éveille en l’enfant la vie sexuelle, lorsque tout étonné il se sent des énergies nouvelles, des pouvoirs nouveaux, le plus souvent, hélas, il n’a personne d’autorisé pour lui dire franchement ce qui se passe en lui, pour l’initier au mystère de la procréation et lui définir clairement ses devoirs à l’égard de ses organes créateurs ».

Frère Marie-Victorin
Échange sur la sexualité

La correspondance privée entre le frère Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau vaut en soi bien des cours d’éducation à la sexualité. A travers les considérations biologiques, on croise de petites leçons de morale. Bien entendu, il s’agit de la morale d’une autre époque, mais parfois on a l’impression qu’elle s’adresse à aujourd’hui.

D’une page à l’autre, les observations se multiplient. Parfois, celles-ci nous arrachent un sourire. Voici quelques exemples de ce que le frère Marie-Victorin écrit à Marcelle Gauvreau :

1- « Vous le savez peut-être, rien n’est aussi flasque, désabusé, triste qu’un homme qui vient d’éjaculer. On dirait que son âme est sortie par la! La jouissance est intense, plus intense que chez vous, les femmes, mais c’est l’affaire de quelques instants, le temps que dure l’éjaculation elle-même ». (11 février 1940);

2- « Un homme et une femme qui coïtent tous les soirs peuvent être chastes, et sont éminemment chastes s’ils sont fidèles l’un a l’autre (c’est justice!), si dans l’acte du plaisir ils recherchent le plaisir de l’autre (c’est charité!) et si, dans leurs étreintes, quels qu’en soient les modes, ils tendent à l’amour et à la procréation. […] Elle est chaste si dans son cœur et dans son corps elle se limite à son mari, envers qui elle s’est engagée » (8 aout 1940);

3- « Dieu, du haut de son ciel, juge les âmes plus d’après leurs intentions, leur amour de la justice et de la charité que par leur conformisme externe. La souillure physique est peu de chose, une convention presque. […] L’évangile nous le dit : ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui souille l’homme… Ce qui compte, ce qui est horrible, c’est la souillure de l’âme, la méchanceté de l’âme, la brutalité de l’âme. » (8 aout 1940)

4- Le frère Marie-Victorin écrit à Marcelle Gauvreau : « Vous savez que l’amour atteint son sommet par une compénétration totale des êtres qui s’exprime par la pénétration des corps qui n’en font plus qu’un pour, à ce moment, allumer à nouveau le flambeau de la vie pour une nouvelle génération. Mais il y a entre certains humains des unions qui consistent uniquement en une compénétration totale des âmes, en sorte qu’ils n’ont plus qu’une même pensée, qu’ils ont une attitude commune vis-à-vis des grands problèmes de la vie charnelle et de la vie spirituelles, qu’ils n’ont pas de secret l’un pour l’autre ». (29 avril 1939)

5- « Ici, je dois vous dire une chose. Parallèlement à l’évolution de la puberté, il y a aussi une évolution de la conscience qui parait être la même pour tout le monde. On est peu instruit, mal éclairé, effrayé par tout ce que l’on a entendu de la bouche des prédicateurs et des éducateurs. La venue des érections cause de la surprise, de la gêne morale. Arrive la première éjaculation : autre trouble. Généralement, je pense, l’adolescent arrive à comprendre vaguement que les érections sont naturelles, et il arrive aussi à mettre la limite du bien et du mal à l’éjaculation. De là, des efforts (impossibles) pour se retenir au bord de l’éjaculation. Se retenir d’éjaculer, passé un certain seuil, c’est comme se retenir de vomir quand on en a envie : les deux phénomènes sont des phénomènes violents.” (25 novembre 1941)

6- "Pour revenir à la question de conscience, ceux qui n’arrivent pas à s’en faire une sur ce sujet sont bien malheureux, car, entre 16 et 40 ans, le sperme, hautement activé, frappe toujours à la porte la nuit et parfois le jour. » (25 novembre 1941);

7- « Chacun a sa formule érotique, vous le savez. Pour moi, les seins ne m’émeuvent guère. Je les manipule pour observer les réactions du sujet, mais cette manipulation n’a pas d’effet sur moi. Je n’en puis dire autant des examens et des toucher dans la région vulvaire. Il parait qu’il y a des hommes que le « temple de l’amour » n’intéresse pas. Ce ne sont pas des hommes. Je ne crois pas qu’un homme normal puisse manipuler un clitoris, chez une jeune femme, même objectivement, sans ressentir quelque chose dans son organe homologue; d’autant plus qu’il s’y ajoute le charme total de la nudité offerte.” (25 novembre 1941);

8- “Mais cela reste toujours un mystère pour moi que cet intérêt que nous autres, hommes, portons à ce coin de chair sans beauté qu’est le pli sexuel de la femme. L’intérêt intellectuel se comprend. Il s’agit d’un objet complexe dans sa morphologie et dans sa physiologie, ou passent sans cesse des phénomènes importants et mystérieux. Mais il y a cet autre intérêt, instinctif, profond, irraisonné, qui nous attire et nous méduse. Nous aimons à voir ce coin de chair, ce con, puisqu’il faut l’appeler par son petit nom, parce que c’est un con, et voilà tout! » (25 novembre 1941).

Un livre qu’il faut absolument lire.

Jeanne Mance


ESCAPADE: Parc national de la Yamaska


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Le retour de la neuvaine de l’Assomption


Le retour de la neuvaine de l’Assomption

La traditionnelle neuvaine de l'Assomption revient au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap du 7 au 15 août 1996. Le thème "un cœur nouveau" amènera les pèlerins dans une réflexion sur le thème de la conversion intérieure.
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Benoit Voyer
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Les prédications spéciales de 14h et 19h30 seront des moments remplis d'intensité avec Gabriel Gingras (le 7), Lucie Lépine (le 8). Paul Arsenault (le 10), Jacques Letarte (le 11), Claude Lacaille (le 12), Yoland Ouellet (le 13), Georges Madore (le 14) et Jean-Claude Gilbert (le 15).

Au fil des jours, il y aura de nombreuses activités: pièce de théâtre, récitals de chants, célébrations mariales, processions aux flambeaux et de nombreuses messes.

André Dumont
Le 9 août, le père André Dumont sera le conférencier. Sa présence - après quelques années d'absence - sera un moment important de ces 9 jours. En plus de sa prédication, il offrira quelques nouvelles chansons spirituelles au public.

Le père Dumont, originaire de Cap-de-la-Madeleine, a travaillé pendant 1/4 de siècle à l'animation spirituelle du sanctuaire et a marqué l'histoire de la musique religieuse francophone. Il travaille actuellement à l'Exode de Montréal, une maison de réinsertion sociale pour hommes et femmes qui ont eu des problèmes avec l'alcool ou la drogue.

15 août
La conclusion de ce temps de prières et de réflexion se terminera le 15 août par une journée spéciale qui débutera la veille à 23h30 par une grande célébration à la Vierge suivie de la messe de minuit présidée par Jacques Letarte.

Le jour de la grande fête, il y aura de nombreuses messes en matinée dont une à 10h30 présidée par Mgr Jean-Guy Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda, avec la participation de la Maitrise du Cap.

A 14h, la prédication quotidienne cède sa place à une célébration pour les malades présidée par le père Noël Poisson qui sera accompagné de l'équipe du ministère d'intercession du sanctuaire.

Radio-télévision
Pour ceux qui ne peuvent point se rendre à la basilique, la neuvaine sera radiodiffusée sur les ondes de CHLN 550 à 23h.

De plus, à 19h, elle est télédiffusée à l'antenne des télévisions communautaires de la région (Cogéco et Vidéotron). Enfin, pour la première fois, elle le sera au même moment sur l'ensemble du réseau câblé de Vidéotron. Les téléspectateurs de Montréal et de Québec seront à leur 1er rendez-vous avec Notre-Dame du Cap.

(L’Hebdo journal, 4 aout 1996, p.7)

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Les saisons de la vie intérieure


ARTICLE DU JOUR: Le bienheureux Frédéric Janssoone

Le bienheureux Frédéric Janssoone

Par Benoit Voyer

4 aout 2025

Frédéric Janssoone nait le 19 novembre 1838, dans le nord de la France, a Ghyvelde. Il évolue au sein d’une famille profondément chrétienne qu’il qualifie d’« école de sainteté ». Il en est le cadet.

Son père est un cultivateur dont les affaires vont bien. Malheureusement, en 1847, il décède. Frédéric a 9 ans. Jouissant d’une situation enviable, sa mère se tire bien d’affaires malgré qu’elle se retrouve seule.

Malheureusement, à cause de mauvais placements d'argent, sa situation change du tout au tout.

Afin d'aider sa mère devenue veuve, il quitte ses études dont il excelle à cause de son intelligence au-dessus de la moyenne et devient commis voyageur.

Peu après le décès de sa mère, le 5 mai 1861, Frédéric se remet aux études.

Grâce à la dame chez qui il loue une chambre, il découvre saint François d'Assise. Il est fasciné par le personnage. Il veut marcher à la suite du troubadour d’Assise.

Chez les Franciscains
Après deux ans de cheminement vocationnel, le 26 juin 1864, il revêt le costume des Franciscains d'Amiens. Toute sa vie, Frédéric gardera la ferveur de cette première étape de sa formation à la vie franciscaine.

Ses études théologiques à peine terminées, on devance son ordination sacerdotale, qui a lieu le 17 août 1870. Ainsi donc, il devient prêtre franciscain a l’âge de 31 ans.

Sa première nomination est dans un hôpital militaire. Ce passage sera tout un défi pour lui. Les soldats, sur le ton du sarcasme, l’appelle: « Notre bon petit aumônier ».

Malgré tout, le jeune père Frédéric ressort enrichi de l’expérience. Au contact de la souffrance et de l'angoisse humaines, il apprend « la compassion » pour les blessés de la vie.

Missionnaire en Terre sainte
En secret, il a un grand rêve. Il aimerait travailler en Terre sainte, au pays de Jésus. Il aura le privilège d’y travailler de 1876 à 1888.

Dès son arrivée, il fait une première tournée de prédications dans les communautés religieuses. Rapidement, la réputation de sa sainteté commence à circuler. On chuchote: « C’est est un saint! »

Conciliateur-né, il codifie les règlements et ententes faites au cours des derniers siècles entre les diverses dénominations religieuses ayant des droits dans les basiliques du Saint-Sépulcre et de Bethléem. Cette codification est encore en vigueur aujourd'hui.

Pendant son séjour de douze ans à Jérusalem, Frédéric s'initie à la spiritualité du pèlerinage et parvient à reprendre, dans les rues de Jérusalem, l’exercice du « Chemin de Croix » abandonnée depuis trois siècles.

Au Canada
En 1881, Frédéric Janssoone fait un premier séjour au Québec. En 1888, il revient s’établir définitivement à Trois-Rivières.

Sa première mission est de fonder un Commissariat de Terre Sainte et de visiter les fraternités du Tiers-Ordre de saint François. En parallèle, il prêche, anime les pèlerinages au Sanctuaire de Cap-de-la-Madeleine et fait du porte-à-porte dans quatre diocèses.

Parler de Jésus, c'est toute la vie de Frédéric. Il visite presque toutes les municipalités du Québec. Il fait aussi des visites dans les États de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis.

Un 22 juin pas comme les autres
Le 22 juin 1888, en soirée, le père Frédéric Jansoone vit une expérience intense qui marquera le reste de son existence.

Suite a la première journée de pèlerinage au nouveau sanctuaire Notre-Dame du Cap, il se retrouve en prière devant la statut représentant la mère de Jésus. Il est en compagnie de Pierre Lacroix, une personne handicapée et de l’abbé Luc Désilets, curé de la paroisse.

A un moment, les trois hommes prétendent avoir vu les yeux de la Vierge Marie s’ouvrir et porter son regard sur eux.

Le Franciscain comprend que Marie veut que la petite église de 1714 devienne un sanctuaire marial et qu'elle l'appelle à être le premier à prendre charge des pèlerinages en ce lieu.

Ses dons d'organisateur et sa ferveur religieuse contribuent a de ce petit lieu tout à fait inconnu, un lieu de pèlerinage national à la Vierge du Très Saint Rosaire. En plus de ses autres obligations, il travaille à cette mission pendant quatorze ans, soit jusqu’à l’arrivée des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, le 7 mai 1902, une congrégation religieuse fondée par saint Eugène de Mazenod, l’évêque de Marseille, en France.

A partir de ce jour, Frédéric, 65 ans, devient « commis voyageur du bon Dieu » afin de promouvoir de grandes fondations comme le Sanctuaire de l'Adoration perpétuelle à Québec, le Monastère des Clarisses à Valleyfield, le Monastère du Précieux-Sang à Joliette et la Chapelle Saint-Antoine à Trois-Rivières.

Il marchera jusqu'à dix heures par jour. De maison en maison, tentant de vendre un des livres qu'il a écrits.

Mais il fait bien plus cela. Les témoignages qui circulent sont unanimes. Il apporte à chacun réconfort et consolation. On le compare au saint frère André de l’Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, un ami. On colporte qu’il guérit les coeurs brisés et les infirmités physiques.

Frédéric vit avec intensité sur le pas de François d’Assise. Il prie beaucoup, il mène une vie austère. Il veut être un pauvre parmi les pauvres.

Caractériellement, c’est un homme patient qui demeure en paix devant les défis qu’il doit surmonter.

La Chapelle de la Réparation
En 1896, le père Frédéric Janssoone aide Marie de la Rousselière a l’érection de la Chapelle de la Réparation, un nouveau sanctuaire consacré au Sacré-Cœur de Jésus.

Selon le témoignage de la dame, c’est le père Frédéric qui a suggéré la construction du chemin de croix a proximité du lieu de prière. En 1897, il bénira le site et reviendra souvent animer l’exercice spirituel sur le site.

A l’aide de son petit calepin noir, Frédéric s’est assuré des distances entre chacune des stations afin que son chemin de croix soit le plus conforme a celles entre les lieux ou Jésus a vécu sa passion à Jérusalem.

Les derniers temps
Même très malade, le père Frédéric Jansoone est présent au traditionnel pèlerinage en train qui conduisait les pèlerins de Montréal à Ste-Anne-de-Beaupré en ce beau 10 juin 1916. Il avait fait le voyage depuis Trois-Rivières pour venir les rejoindre.

A bord du train, il eut un grand malaise qui aurait pu l'emporter si Eugène Virolle, un médecin, avait été absent du périple.

À la suite de l'incident, le religieux de 78 ans disait aux gens: « C'est mon dernier pèlerinage avec vous. Je me sens mourir. Je n'en puis plus. »

De retour à Montréal, il se présente au cabinet du docteur Virolle pour un examen médical complet. L'omnipraticien découvre chez le septuagénaire un néoplasme de l'estomac, une forme de cancer. Le médecin ne tarde pas d'informer le supérieur des Franciscains qu'il était impossible de sauver le bon Frédéric.

En toute hâte, le père Janssoone se rend à Trois-Rivières - le temps d'une journée - pour régler des affaires urgentes. Le 15 juin 1916 sera la dernière fois qu'il mettra les pieds dans sa cité d'adoption avant de rendre l'âme. Il en était conscient. Le lendemain, il revenait à Montréal pour débuter ses traitements intensifs à l'infirmerie du couvent Saint-Joseph.

« Ne demandez pas ma guérison. Laissez faire le bon Dieu », disait-il aux individus qui venaient lui souhaiter un prompt rétablissement. Enfin, arrivait pour lui ce jour de la grande rencontre avec le Dieu qu'il désirait tant rencontrer.

Son ami, Alfred Bessette, le célèbre frère André de L'Oratoire St-Joseph, vient à sa rencontre afin de le réconforter. L'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, le fait également à deux reprises. Son plus grand soulagement sera l'arrivée d'un confrère, le père Augustin. Il l'accompagnera de la vie à trépas. Ce 12 juillet fut mémorable.

« Que le bon Dieu vous récompense de la peine que vous vous êtes donnée pour venir consoler un vieillard expirant qui désirait ardemment vous voir avant de fermer les yeux à la lumière », lui lance du fond du cœur Frédéric Janssoone.

Départ pour le ciel
Le 4 août 1916 à 4h, à l’infirmerie des Franciscains, à Montréal, il a une sérieuse crise. Tous croient que c'est la fin. Cependant, il faudra attendre jusqu'à 16h pour que celle-ci arrive.

Le provincial des Franciscains lui administre les derniers sacrements. Le mourant répond aux prières. Dès qu'il commence à sombrer, le père Augustin s'approche de son compagnon et, pour répondre à une demande faite quelques jours plus tôt par Frédéric, dit doucement à l'oreille du défunt. Sans s’arrêter: "Veni, domine Jesu..." (Viens, Seigneur Jésus). Et Frédéric, embarquant dans ce mouvement invocatoire s’éteint paisiblement. Il était 16h55. Frédéric a 77 ans.

Après se funérailles, son corps est transporté à Trois-Rivières et est inhumé dans la chapelle Saint-Antoine. Dès cet instant, la population se met à la vénérer comme « un saint »

Un saint
Le père Frédéric Janssoone a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 25 septembre 1988. Le Vatican étudie en ce moment le dossier du diocèse qui contient toutes les preuves nécessaires pour sa canonisation. Le miracle attendu a été déposé au Vatican par l’évêque de Trois-Rivières. La réponse finale tarde à venir…

Au Canada, à chaque 5 août, tous les catholiques soulignent sa mémoire dans le cadre des célébrations du jour. Frédéric repose dans le Sanctuaire des Franciscains, à Trois-Rivières, lieu de prière qui porte maintenant son nom.

La tombe du bienheureux Frédéric Janssoone au Sanctuaire qui porte son nom a Trois-Rivières


Local


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Lise Marchand
JOLIETTE- Lise Marchand, la célèbre "Lison" que tant d'enfants ont aimée à la SRC, il y a quelques années est devenue animatrice de pastorale. Elle travaille ai Cégep de Joliette-de-Lanaudière (2 jours par semaine), dans une polyvalente de Repentigny et à l'école primaire de St-Zénon. Sa plus belle réussite est sans nul doute le projet "cigogne" qui a pour mission de sensibiliser les étudiants du secondaire aux conséquences d'une grossesse.

Curé d'un jour
MONTMAGNY- Le 4 mai dernier, 3 jeunes de 4e, Se et 6e année de la paroisse St-Thomas ont été nommés "curé d'un jour". De 10h à 17h, ils ont suivi le curé Jacques Simard et le vicaire Christian Bourgault. Le programme de la journée consistait à visiter l'église, la sacristie et le presbytère. Par la suite, ils ont assisté à des funérailles, à un baptême, à un mariage et à la lecture du bréviaire des deux clercs. Une bible illustrée et une plaquette souvenir ont été données aux jeunes pour clôturer leur expérience. Le but de l'activité était de démystifier le rôle du curé et du vicaire et d'expliquer leur travail. L'expérience se répétera l'an prochain.

100 ans de contemplation
NICOLET- Les Adoratrices du Précieux-Sang de Nicolet célèbreront leur 100e anniversaire de fondation le 25 août.

Recyclage
ALEMBERT (LAC DUFAULT) - Henri Harrison a pris l'initiative de récupérer les métaux destinés au dépotoir: laveuse, sécheuse, réfrigérateur, automobile, etc. Les profits sont versés à la fabrique St-Christophe érigée canoniquement en 1939.

Imposition des mains
METABETCHOUAN - "Dans le contexte actuel où différents groupes s'approprient l'imposition des mains comme geste thérapeutique et le confondent à une inacceptable magie qui relèverait du strict pouvoir psychique, il faut redonner à ce geste sa dignité et son sens", explique Jean Brassard dans le bulletin "En Église" du diocèse de Chicoutimi en faisant le retour d'une journée organisée par le Comité diocésain du Renouveau charismatique sur le thème de l'imposition des mains dans les groupes de prière. Les 200 participants se sont arrêtés sur le sens de la main dans la Parole de Dieu, symbole de la puissance et de l'Esprit de Dieu. "Imposer les mains c'est toucher réellement l'autre et lui communiquer quelque chose de soi-même. Exprimée dans un contexte de prière, elle laisse à l'Esprit l'initiative de produire ses fruits", explique-t-il.

Victor Lelièvre, bienheureux?
QUEBEC-Le père Victor Lelièvre, o.m.i. pourrait être introduit la Congrégation pour les causes des saints au Vatican. Mgr Maurice Couture a accepté qu'un dossier soit préparé afin de demander au pape de le béatifier. Décédé il y a 40 ans, ce prêtre fondateur de la Maison de retraites Jésus-Ouvrier a joué un rôle important dans l'histoire religieuse du Québec. Son zèle apostolique serait à l'origine de 150 vocations religieuses.

Mgr Langevin démissionne
ST-HYACINTHE- Mgr Louis-de-Gonzague Langevin enverra sa lettre de démission au Vatican, le 31 octobre, à l'occasion de son 75e anniversaire de naissance. Pendant les mois qui suivront, il attendra la nomination d'un successeur et l'acceptation de son départ par le cardinal Bernardo Gantin, responsable de la Congrégation des évêques.

Neuvaine de l'Assomption
CAP-DE-LA-MADELEINE- Le 15 août se terminait la traditionnelle neuvaine de l'Assomption au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Sur le thème "Un cœur nouveau", les milliers de pèlerins ont médité sur l'importance de la conversion du cœur. Ce rendez-vous a été marqué par le retour du père André Dumont, o.m.i. - le compositeur du célèbre chant "Jésus est vivant" à la brochette des homélistes.

Benoit Voyer

(Informateur Catholique 18 aout au 7 septembre 1996, p.11)