13 septembre 2025

 


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LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (5)


ARTICLE DU JOUR: Tekakwitha, la sainte Catherine de Kahnawake


Tekakwitha, la sainte Catherine de Kahnawake

Par Benoit Voyer

13 septembre 2025

En 1656, à Ossernenon, petit hameau qui s’appelle de nos jours Auriesville, dans l’État de New York, nait Tekakwitha. Ce prénom veut dire « celle qui met les choses en ordre ». Cette année-là, son père est chef mohawk.

Sa mère est de la lignée du peuple algonquin. Elle fait partie du clan de la « Tortue » ou de la famille de la longue maison. Elle est baptisée dans la tradition catholique.

À l’âge de quatre ans, Tekakwitha contracte la variole, une maladie européenne. Elle survit à la pandémie, mais son corps en gardera des traces toute sa vie. En revanche, le virus ravage sa communauté, dont ses parents et son frère cadet.

Son visage est marqué par des cicatrices permanentes et elle deviendra quasi aveugle. Toute sa vie, elle devra tendre ses mains devant elle pour naviguer son chemin et se protéger contre les blessures.

À la suite de la pandémie, sa communauté se déplace de l'autre côté de la rivière à Caughnawaga, patelin devenu Fonda. Tekakwitha grandit chez sa tante et son oncle.

Comme les autres filles, elle aide à préparer les repas, cueille des baies dans les bois, confectionne des paniers et enfile des perles et du wampum.

À 11 ans, Tekakwitha rencontre pour la première fois un missionnaire jésuite. Le père James de Lamberville est de passage dans leur maison. Le jésuite deviendra son confident. En bavardant avec lui, elle apprend à connaître la foi chrétienne de sa mère. D’une rencontre à l’autre, elle finit par demander le baptême. Elle portera maintenant le prénom de Catherine.

Sa famille n’est pas en accord avec la christianisation des Amérindiens. Elle lui fera la vie dure.

En 1677, craignant pour sa sécurité, elle embarque à bord d’un canot avec un missionnaire catholique laïc amérindien. Ils font un long voyage. Ils traversent ce qui deviendra le lac Champlain et remontent la rivière Richelieu jusqu’à la mission catholique Saint-François-Xavier, à La Prairie, sur la rive sud du Saint-Laurent. À cet endroit, elle pourra vivre sans contrainte sa foi chrétienne.

Le 25 mars 1679, Catherine fait une promesse de virginité perpétuelle, ce qui signifie qu'elle désire rester célibataire, ne pas avoir de relations sexuelles et se dévouer totalement à son Jésus.

N’ayant pas une grosse santé et pratiquant des exercices de mortification comme c’était la coutume à son époque, elle décède le 17 avril 1680, à l'âge de 24 ans. Ses derniers mots sont : « Jésus, je t'aime ».

Témoins de sa mort, deux jésuites raconteront jusqu’à la fin de leurs jours que, quelques instants après la mort de Catherine Tekakwitha, son visage balafré et défiguré par la vérole est devenu miraculeusement d'une beauté infaillible.

Elle est enterrée dans un cercueil en bois à côté de la croix de bois où elle a prié sur les rives du grand fleuve.

En 1684, Catherine Tekakwitha est exhumée du cimetière et ses restes transférés dans la sacristie. Ses restes humains sont placés à l’intérieur d’un coffre. Elle devient la première autochtone des Amériques à recevoir l’honneur de voir son corps reposer dans une église.

En 1972, les « Filles d’Isabelle » de Kahnawake recueillent de l’argent et paient la confection d’un tombeau de marbre de Carrare qui est installé dans la chapelle de la mission catholique.

Au fil des ans, à cause de la communauté anglophone, Catherine devient Kateri Tekakwitha.

Catherine « Kateri » Tekakwitha est canonisée, au Vatican, le 21 octobre 2012 par le pape Benoît XVI. Sa mémoire liturgique est soulignée le 17 avril de chaque année. Elle repose dans la chapelle de la Mission Saint-François-Xavier, à Kanhawake, à l’ombre du pont Mercier, sur la rive-sud de Montréal, dans la région de la Montérégie. La chapelle s’appelle de nos jours le sanctuaire Kateri Tekakwitha.

Benoit Voyer a la tombe de sainte Kateri Tekakwtha en avril 2025

PAROLE DE René Lévesque


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (9) - En rappel


Le 13 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (9e partie de 10). Sujet: La santé mentale.

POLITIQUE: Le peuple québécois et son avenir politique


Le peuple québécois et son avenir politique

Message de l'Assemblée des évêques du Québec sur l'évolution politique de la société québécoise, le 15 août 1979


1.Parler, sous l'angle de la foi chrétienne, des choix politiques qui se présentent au Québec d'aujourd'hui constitue une entreprise délicate et difficile. Mais une double raison nous pousse à le faire. Comme serviteurs de la communauté catholique québécoise, nous avons à soutenir nos frères dans la recherche d'engagements qui s'éclairent de l’Évangile. Comme serviteurs de la Parole du Seigneur, nous devons la proposer, dans un langage pertinent, en toutes choses et à tout homme de bonne volonté. A l'égard de tous, c'est une attitude de dialogue que nous voulons adopter. La réalité est complexe, et nous attendons beaucoup des réactions que nos propos susciteront peut-être. Ces lignes ne prétendent pas tout dire et ne revêtent aucun caractère absolu.

Volonté d'être présents

2. En tant qu'évêques du Québec, nous nous situons dans une tradition de présence à la vie collective. Cette présence, toujours soutenue par l'action d'un clergé très près des gens, a pris des formes diverses qui font aujourd'hui l'objet d'appréciations contradictoires. Ces jugements ne tiennent pas toujours compte des mentalités d'hier et des besoins du temps. Mais la fidélité de cette présence ne s'est jamais démentie. Là est l'essentiel, et nous ne sommes pas près de rompre avec cet héritage.

3. Au moment où des changements surviennent et que d'autres sont recherchés ou annoncés, nous aimerions être utiles par un service de l'Évangile au cœur des problèmes qui se posent à la conscience collective. Nous ne chercherons pas à imposer l'un ou l'autre des choix politiques qui s'offrent à nous comme aux autres citoyens. Surtout, il doit être clair que nous avons la ferme intention de demeurer au service du peuple de Dieu dans quelque option que ce soit. Toutefois, puisque des changements importants d'ordre politique sont proposés, nous obéirions à une fausse discrétion en ne parlant pas ou à une fausse prudence en attendant trop longtemps.

4. Certains nous répéteront qu'il serait mieux de laisser à César ce qui est à César et que le Royaume du Christ n'est pas de ce monde. Mais c'est précisément parce qu'il y a distinction entre César et Dieu, entre ce monde et le Royaume, que nous avons à rappeler qu'aucune option politique ou constitutionnelle ne saurait être prise comme un absolu. Le croyant se meut nécessairement dans la contingence des options possibles avec toute leur complexité. Des choix différents et même des choix divergents peuvent aller chercher lumière et inspiration dans une même foi. C'est justement pour aider chacun à voir les implications évangéliques des projets qu'on lui proposera et lui permettre de vérifier les assises chrétiennes de ses options que nous croyons opportun de livrer quelques réflexions.

5. A des degrés divers et par-delà les divergences de vue sur les moyens à prendre pour y arriver, les Québécois veulent établir des relations meilleures avec ceux qui les entourent au Canada. La qualité des relations, non seulement entre les personnes mais aussi entre les communautés, intéresse au plus haut point ceux qui veulent s'inspirer et vivre de l'Évangile. Si on est en présence d'un peuple qui cherche des relations meilleures, les chrétiens ont sûrement un service à rendre et des responsabilités à prendre.

Un peuple

6. Les chrétiens ne font pas simplement partie du peuple de Dieu. Leurs vies s'enracinent dans la diversité des peuples du monde. Chaque chrétien fait partie d'un peuple sociologiquement identifiable au sein duquel lui revient sa part de responsabilité. La notion de peuple n'est cependant jamais facile à appliquer, et, dans le cas du Québec, les distinctions à faire sont particulièrement difficiles, nombreuses et délicates. La situation actuelle n'exige-t-elle pas une clarification à ce propos?

7. « Il est impossible de contester le droit de la communauté canadienne-française du Québec à l'existence, à l'épanouissement dans tous les ordres de réalités, à des institutions civiles et politiques, adaptées à son génie et à ses besoins propres, à cette autonomie sans laquelle son existence, sa prospérité, son essor économique et culturel ne seraient pas assurés » (Lettre collective des évêques catholiques du Canada à l'occasion du centenaire de la Confédération, 7 avril 1967, cf. L'Église canadienne, vol. 1, nº 1, janvier 1968, p. 5).

Les francophones du Québec constituent sûrement un peuple par leur langue, leur personnalité, leurs traditions, leur génie propre, leur sentiment de solidarité et leur vouloir-vivre collectif. À l'intérieur de la population canadienne, leur histoire et leur culture se distinguent non seulement de celles des Canadiens de langue anglaise, mais même de celles d'autres concentrations francophones importantes, comme les Acadiens, par exemple. Les francophones du Québec sont, avec raison, fiers du peuple qu'ils forment. Mais ils n'épuisent pas la réalité québécoise.

8. Il faut tenir compte de la présence, dans la province de Québec, d'une importante communauté anglophone, de plusieurs collectivités autochtones et d'autres groupes ethno-culturels. Les Amérindiens et les Inuit vivent sur le territoire québécois depuis des temps immémoriaux. Chez les anglophones, plusieurs ont de très anciennes et profondes racines québécoises. Parmi les immigrants qui ont adopté la langue anglaise, l'attachement au Québec constitue également une réalité concrète et vécue.

9. Même si ces diverses minorités se sentent souvent, comme d'ailleurs de nombreux francophones, insérées d'abord dans la grande mosaïque canadienne, elles font partie de la communauté québécoise et y ont des droits égaux. Par tradition et par conviction, la majorité francophone les a toujours respectées. C'est de concert avec ces groupes que le peuple francophone du Québec se pose aujourd'hui des questions sur son avenir et cherche à y répondre.

10. Ce n'est donc pas seulement la majorité francophone qui décidera de l'avenir du Québec. Ce sont tous ceux qui, à titre de citoyens, vivent sur le territoire québécois, développent son économie, forment une importante communauté humaine, enrichissent la culture et partagent les mêmes institutions juridiques et politiques, héritées d'une histoire vécue ensemble. Dans ce sens et en tenant compte de toutes les nuances nécessaires, on peut parler de « peuple québécois ».

Un peuple qui cherche

11. La province de Québec est, par l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, membre de la confédération canadienne depuis 1867. Dans ce cadre, le peuple québécois conserve son droit à disposer de lui-même et à revoir ou à remettre en question, s'il le veut, les liens qui l'unissent à ses partenaires. Parlant de la vie politique au Québec, les évêques canadiens, en 1972, rappelaient le principe évoqué au Synode tenu à Rome l'année précédente: « Que les peuples ne soient pas empêchés de se développer selon leurs propres caractéristiques culturelles, et que, dans la collaboration mutuelle, chaque peuple puisse être lui-même le propre artisan de son progrès économique et social » (Ottawa, CCC, 21 avril 1972, cf. L'Église canadienne, vol. 5, nº 6, p. 164). En ce sens, il est normal que le peuple québécois cherche à déterminer par lui-même ce qu'il veut être dans l'avenir et comment il veut vivre dans la communauté des peuples, tout particulièrement avec ses partenaires actuels de la confédération canadienne.

12. Le mot autodétermination désigne justement cette action de décider par soi-même ce que l'on veut faire de soi-même. Les Québécois peuvent décider, par autodétermination, d'accepter le cadre fédéral actuel ou un autre, de se proclamer souverains, d'entrer en association ou confédération avec d'autres. L'autodétermination n'est pas un statut constitutionnel, mais la liberté de décider, sans contrainte, de celui qu'on veut se donner.

13. L'Évangile nous invite à l'exercice de la liberté et à la fraternité avec nos semblables. Cette double invitation vaut tout autant pour les peuples que pour les personnes. Le Québec peut choisir, en exerçant son droit à l'autodétermination, de se maintenir dans un cadre de type fédéral qui reconnait concrètement sa spécificité. Il peut, aussi, se déclarer souverain en exerçant ce même droit à l'autodétermination. De toute manière, il devra toujours se rappeler que l'interdépendance est la condition des nations modernes et qu'il ne saurait refuser tout rapport avec ses voisins.

14. Dans un cas comme dans l'autre, les exigences évangéliques de liberté responsable et de fraternité humaine peuvent être pleinement vécues. En attendant le choix libre que fera le peuple, on ne doit cependant pas chercher à l'influencer malhonnêtement en laissant entendre, par exemple, que la souveraineté est toujours rejet des autres ou que l'adhésion à un système fédéral n'est que soumission ou démission. Les relations de ce genre entre les peuples peuvent prendre des formes variées, celles-ci ne sont pas dictées par la foi. À chacun de trouver les formes qu'il juge les meilleures et de les vivre dans l'esprit de l'Évangile.

Un peuple qui cherche des relations meilleures

15. L'unité de tous les humains en Dieu constitue, aux yeux du chrétien, la plus haute aspiration possible pour les peuples de la terre. La grâce de Dieu, qui nous fut donnée en Jésus Christ, répand sur le monde l'Esprit de la Pentecôte pour rassembler dans une même louange les humains de toutes les nations qui sont sous le ciel. Il n'y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus (Ga 3, 28). Cette révélation évangélique n'est pas sans exigence.

16. Si, pour le peuple québécois, l'autodétermination constitue l'exercice d'un droit légitime et que la souveraineté, tout comme un système fédéral, peut être vécue de façon évangélique, la collaboration nécessaire entre les peuples aura toujours ses impératifs.

17. Plusieurs organisations internationales visent aujourd'hui à assurer cette collaboration. Tout en restant fidèles à ce qu'ils sont, les peuples sont appelés à faire tomber les barrières qui les séparent et à promouvoir entre eux les meilleures relations possibles. C'est ainsi que notre siècle, caractérisé par l'avènement de nombreux peuples à la souveraineté et par la naissance de tant de pays nouveaux, constitue également, et sans qu'il y ait là contradiction, le siècle des organismes mondiaux et des grands regroupements continentaux. Les pays qui s'engagent dans ces structures le font librement et s'ils renoncent parfois à une partie de leur souveraineté, c'est de leur plein gré et pour le bien commun.

18. La situation n'est plus la même lorsqu'il s'agit de l'union de deux ou plusieurs peuples au sein d'un même pays ou sous un gouvernement commun doté de vrais pouvoirs. Cette union est habituellement choisie de façon libre. Mais il peut arriver qu'elle ait été dictée par des facteurs étrangers à la volonté d'une partie au moins des partenaires. Les guerres, les conquêtes, l'ancienne présence coloniale, les conditions politiques ou économiques d'une époque où l'initiative de chefs non mandatés ont parfois placé sous une même autorité politique des peuples qui ont ainsi perdu, sans l'avoir librement choisi, une partie importante de leur souveraineté.

19. Qu'ils soient réunis par un libre choix ou par l'histoire, les peuples qui forment une unité politique doivent toujours être disposés à définir ou à redéfinir, à négocier ou à renégocier, les termes de leur cohabitation, sans quoi il faudrait constater qu'ils auraient perdu, en s'unissant, leur dignité de peuples.

20. Dans le cas canadien, les Québécois peuvent légitimement réclamer, dans leurs relations avec les autres, qu’on les considère comme des partenaires ayant les pleins droits d’un peuple. Face aux changements que les Québécois peuvent vouloir dans l’union où ils se trouvent engagés avec le reste du Canada, deux attitudes extrêmes risquent de léser, chacune à sa façon, les bonnes relations désirables.

21. La première attitude vient d’une recherche mal éclairée de l’unité que propose l’Évangile. Elle condamne comme un péché ou comme un crime la remise en question de l’appartenance du Québec au système fédéral actuel. Le concept d’unité canadienne, restreint à l’idée de confédération, est alors intimement lié à l’idée d’unité des peuples et ne laisse la possibilité d’aucune forme substantiellement différente de relations entre le Québec et le reste du Canada. Dans des glissements parfois peu subtils, même s’ils sont bien intentionnés, des chrétiens en arrivent à considérer comme contraires à l’unité voulue par Jésus Christ les propositions des milieux souverainistes. On peut, pour des raisons politiques ou économiques qu'il appartient au peuple québécois d’apprécier, juger discutables ces propositions; mais, si on le fait en pensant qu’elles sont en elles-mêmes contraires à la morale ou à l’Évangile, on démontre une malheureuse confusion et on engendre de profondes équivoques.

22. La seconde attitude reflète un souverainisme étroit. Elle porte à considérer comme une lâcheté l’attachement à l’expérience commune vécue par l’ensemble canadien, surtout depuis 1867. Elle ne voit rien de positif qui soit venu de cette histoire et considère comme accessoire ou superflue toute référence au reste du Canada quand il s’agit de l’avenir du Québec. Les Québécois ont des raisons sérieuses de se montrer insatisfaits des institutions politiques actuelles et du comportement de leurs partenaires. Ils ont déjà fait plus que leur part pour que tienne ensemble le grand tout canadien. Mais ils auraient gravement tort, s'ils se mettaient à ériger en vertu une attitude de refus, de rejet et de revanche à l’endroit du reste du Canada. C’est là qu’ils pécheraient vraiment contre l’idéal évangélique et l’unité des peuples.

23. De part et d’autre, il appartient à chacun de respecter l’interlocuteur, voire l’adversaire, et de rechercher sans cesse un climat capable de clarifier, sinon de rapprocher, les positions. Les fins de non-recevoir, les refus de dialoguer et les rejets a priori d’opinions démocratiquement exprimées compromettent au départ la recherche tant désirée de relations meilleures.

24. On sait bien, cependant, que malgré toute la bonne volonté qu'on pourrait y mettre, les réclamations actuelles et les changements éventuels viennent inévitablement troubler une certaine paix et font naitre des conflits. L'Évangile nous incite à nous faire les instruments de la plénitude de bonheur que donne à l'être humain l'accomplissement de ses aspirations les plus profondes. Heureux ceux qui font œuvre de paix: ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5, 9). Chaque chrétien, pour sa part, est appelé à collaborer à la mise en place et au maintien de conditions capables d'instaurer cette paix. Dès lors, dans le débat actuel, plusieurs chrétiens s'inquiètent, au nom de cette même paix évangélique.

25. Mais la paix que Jésus donne au monde ne sera vécue dans sa plénitude qu'avec l'avènement du Règne de Dieu. Ce serait faire preuve d'irréalisme et d'angélisme que de croire à la possibilité en ce monde d'une société sans conflits.

26. Le chrétien fera même plus que se résigner aux conflits. Il s'appliquera à les rendre positifs et féconds, en particulier par un effort soutenu pour qu'ils se vivent dans le respect des autres. Divisés dans des questions temporelles et même dans leurs conceptions théologiques, mais unis dans une même foi en un même Seigneur, les chrétiens peuvent et doivent témoigner de la possibilité de vivre des conflits dans le respect mutuel et une soumission à des valeurs communes. Ils sont appelés, plus que d'autres, à montrer que la dignité des personnes et la recherche de consensus sur l'essentiel peuvent être sauvegardées, même quand divergent les opinions et les intérêts.

27. Les conflits actuels au sein de la confédération canadienne et autour des aspirations québécoises peuvent, si nous savons les vivre sainement, contribuer à créer les conditions d'une société plus juste. L'histoire a prouvé plus d'une fois que les conflits, s'ils sont vécus comme il se doit, peuvent favoriser l'évolution des sociétés et aider à nouer de meilleures relations entre les personnes comme entre les peuples.

Conclusion

28. Nous avons essayé de définir les grandes lignes d'une interprétation et d'une attitude chrétiennes, dans une perspective de service du peuple québécois cherchant des façons nouvelles de s'épanouir et de vivre avec les autres. Pour que cette recherche se fasse dans l'exercice responsable.


(Il est question de cette déclaration des évêques dans La Voix de l'Est, 21 aout 1979, p. 4)

12 septembre 2025



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LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (4)


ARTICLE DU JOUR: Paul-André Comeau (1940-2022)


Paul-André Comeau
(1940-2022)

Par Benoit Voyer

12 septembre 2025

Paul-André Comeau est décédé à Bruxelles, le 12 avril 2022, des suites de la Covid-19.

L’abbé Hectorien Chapdelaine, professeur au Collège Mgr Prince, de Granby, ville où la famille de Paul-André Comeau s’établit lorsqu’il a 10 ans, a fortement influencé sa personnalité. Il n’a que des éloges à son égard. A son sujet, il me confiait en 1999: « Ce bonhomme, qui n’avait pas fait d’études au-delà de son grand séminaire, avait le don de nous provoquer et de nous obliger à être meilleurs. Il y avait chez lui une recherche de l’élitisme intellectuel. Je suis reconnaissant à ce prêtre - lorsque j’avais 13 et 14 ans – de m’avoir profondément marqué et de m’avoir incité à me remettre continuellement en question. »

Sa carrière de journaliste commence à titre de relève d’été à La Voix de l’Est. Par la suite, il est passé à l’information internationale à la télévision francophone de la Société Radio-Canada, d’abord à Paris de 1970 à 1982, et à Londres, de 1982 à 1985.

Par la suite, il a été rédacteur en chef au quotidien Le Devoir, de 1985 à 1990, année où il devient président de la Commission d’accès à l’information du Québec.

Enfin, Paul-André Comeau sera professeur invité à l’École nationale d’administration publique (ENAP), à Montréal.

Pour se préparer à sa carrière internationale, il a complété une maîtrise en science politique à l’Université de Montréal (1965) et une DES de la Fondation nationale des Sciences politiques, de Paris (1967). [1]

Pour se définir, il me disait, en 1999 : « Je suis un chercheur didactique. J’ai que ma recherche profite aux autres. Je ne pourrais pas vivre isolé. J’ai besoin de communiquer et de rencontrer des gens. [...] Depuis toujours, ce qui me fait le mieux vivre est de faire des choses significatives pour la société. J’ai toujours eu la prétention d’être, avec d’autres, un instrument de développement culturel et un éveilleur qui amène les gens à réfléchir ». Comme l’écrivait le pape Jean-Paul II, en 1999: « Toute recherche humaine est, en fin de compte, une recherche de Dieu. »

Ce fils de banquier, né le 9 mars 1940, à Montréal, ne sait pas si c’est à cette recherche honnête et constante de la vérité qu’il doit son excellente réputation. De toute façon, cette question n’a pas grand intérêt pour lui.

Même s’il est flatté que sa renommée l’amène à ce qu’on le consulte publiquement, il importe pour lui qu’on comprenne bien qu’il s’est interrogé sur la pertinence de cette rencontre, qu’il essaie de comprendre et de présenter son état de la situation et ses hypothèses et, surtout, qu’il est à l’écoute.

Le grand amour
Sa tendresse envers sa femme et la fidélité qu’il lui voue ont toujours eu une grande importance pour lui. Ils ont été une quarantaine d’années ensemble. Leur vie de couple s’est faite sur deux continents, à Bruxelles et à Montréal. Elle s’occupait de francisation auprès d’enfants et de réfugiés politiques chez les Sœurs de l’Assomption. C’est lors de ses études à Paris qu’il a rencontré cette complice de vie. Le décès de leur fils unique, a l’âge de 27 ans, un jeune pédiatre voué à un brillant avenir, a grandement marqué leur parcours.

Notes testamentaires
En 1999, en faisant une introspection, Paul-André Comeau me disait : « Je n’ai jamais la certitude d’avoir réussi et je n’ai pas la conviction d’avoir trouvé la réponse définitive à toutes les questions que je pose. La valeur à laquelle je me rattache, sur le plan professionnel et personnel, est la nécessité et le goût de toujours faire mieux la prochaine fois. C’est presque une obsession en moi. Je suis relativement réaliste et, lorsque je viens de faire quelque chose, je sais si cela a bien été ou le contraire et je sais qu’il y a toujours quelque chose à corriger. Je n’ai jamais été totalement satisfait de ce que j’ai fait. Cela m’amène à pouvoir recommencer en me disant que je pourrais faire mieux telle ou telle chose. Dans un sens, je suis probablement en recherche d’absolu. C’est l’héritage que j’ai reçu d’un professeur de l’externat classique ».

____________________

[1] Benoit Voyer. Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 2005.

PAROLE DE Laurence Nerbone


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (8) - En rappel

 

Le 12 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (8e partie de 10). Sujet: L'immigration.

TROIS-RIVIERES: A la découverte de Guido Ninchiri


Cathédrale de Trois-Rivières

A la découverte de Guido Ninchiri

Texte de Benoit Voyer

Guido Ninchiri est le concepteur des vitraux de la cathédrale de Trois-Rivières. Son talent est impressionnant. Derrière chacun d'eux se cachent des secrets bien gardés. L'église-mère du diocèse contient les plus beaux chefs-d’œuvre de cet artiste. Une réalisation estimée à près de 3 750 000$.

"L'histoire de Ninchiri ressemble à celle de saint François d'Assise. Son père était courtier en textile. Celui de François vendait des tissus précieux. Lorsque Guido a décidé de se diriger vers les arts, son paternel l'a rejeté, l'a déshérité - ce fut la même chose pour le petit bonhomme d'Assise -", raconte Jeanne d'Arc Tessier.

Pendant ses deux premières années d'études, le jeune italien couche dans les pares et sous les ponts de Florence parce que son père ne veut plus de lui sous son toit.

A sa troisième année de scolarité, son professeur constate la situation précaire de son brillant élève. Il décide de l'héberger. Peu de temps après, Guido Ninchiri réussi à obtenir une bourse du gouvernement italien pour se perfectionner. Cette année-là, il termine premier (sur 75 élèves) de l'Académie des beaux-arts de Florence, la plus prestigieuse école d'arts en Italie.

En 1914, Ninchiri quitte l'Italie par bateau en direction de l'Argentine. A Buenos Aires vit une importante communauté italienne. C'est dans cette ville qu'il veut tenter sa chance. Malheureusement, la première guerre mondiale éclate. Les passagers du paquebot sont détournés vers New York. Dans la métropole américaine, il décroche un contrat à l'Opéra de Boston pour la création d'un décor.

Il s'ennuie. Pour retrouver l'ambiance européenne, des restaurateurs italiens lui suggèrent d'aller s'établir ä Montréal. Il ne tarde pas à partir.

Il trouve un peu de travail chez Henri Perdriau, un journaliste français qui se consacre à la conception de vitraux. C'est son hobby. Voyant l'imposant talent de Ninchiri, Perdriau décide d'abandonner. Il vend son petit atelier à Ninchiri et émigre aux Etats-Unis.

Ninchri est un véritable génie de l'art. Il est polyvalent. Il touche à tout: peinture, sculpture, vitraux, tapisserie, décoration, etc.

En 1918, les propriétaires du Château Dufresne, lui proposent un grand local pour travailler et loger sa famille au 1832 boul. Pie IX. Du même coup, il obtient un contrat au Château.

Puisqu'il est maintenant citoyen canadien, il retourne en Italie pour régler un certain nombre de détails en lien avec son départ du pays. Ce bref séjour de 1923 lui permet de rencontrer Mgr François-Xavier Clouthier en visite ad limina à Rome. Ce dernier se rend à la rencontre de Ninchiri pour lui demander de concevoir les vitraux de cathédrale à Trois-Rivières. L'artiste accepte.

Vitraux de la cathédrale
"Quand le 3e évêque du diocèse, a rêvé de vitraux pour la cathédrale, on a proposé que ça coûte environ 1500$ par fenêtre. Aujourd'hui, il faut multiplier ce chiffre par 20, soit approximativement 30 000$. Il y en a 125. Les vitraux de la cathédrale sont estimés à près de 3 750 000$", explique Jeanne d'Arc Tessier qui accueille les groupes de passage à Trois-Rivières et organise une session de découverte à chaque premier dimanche du mois à 14h.

Pour décider de la thématique des vitraux - construits à partir de 1925 -, les conseillers de Mgr Clouthier se documentent pour connaître ce qui a marqué l'histoire de la ville. Ils constatent que les habitants de Trois-Rivières ont survécu à la colonisation par détermination et, surtout, à cause de leur foi. De plus, ils découvrent que les Récollets et les Jésuites ont consacré cette terre à Marie dès les origines de la municipalité.

Les litanies de Lorette (1) que tous connaissaient par cœur à l'époque, étaient dites après la grand-messe à chaque fois que la population se sentait en danger. On dit qu'elles ont sauvé la ville à trois reprises contre l'envahissement des Américains et des Iroquois (1617, 1662 et 1776). C'est ce qui a décidé Mgr Clouthier à consacrer les vitraux à ces litanies qui ont marqué les origines de ce coin de la Nouvelle-France. L'artiste a illustré chaque vocable.

Jeanne d'Arc Trudel poursuit: "Derrière la constante réflexion de Guido Ninchiri se cachait une grande souffrance parce qu'il était immigrant et à cause du rejet de son père. Dans son vitrail "Consolatrice des affligés" sa souffrance se fait sentir. Ce vocable était tellement proche de sa peinte intérieure qu'il y a même illustré son visage". Les couleurs du vitrail sont sombres et intenses (bleu, vert et mauve).

Elle ajoute: "Quand il était trop angoissé, il priait et se remettait à son travail. Il se dépassait toujours de cette manière. Je dis que c'est un saint. Il est allé jusqu'à la source pour s'inspirer."

Chaque visage des personnages des vitraux a réellement existé. Il s'agit de membres de sa famille ou de la colonie italienne de Montréal. Ninchiri ne faisait jamais de visages fictifs. Dans la rosace du portique (entrée de la rue Bonaventure), ce se sont des enfants de la cour d’école du quartier. La Vierge a le vrai visage de sa femme. Gabriel, le fils du concepteur décédé il y a quelque temps à l'âge de 62 ans, est immortalisé à quelques endroits. Plusieurs personnes ne sont connues que par Guido Ninchiri.

Dans le vitrail "La Tour de David", il y a un magnifique soleil couchant. En réalité, c'est celui que l'artiste a capté au lac Echo dans le Nord de Montréal.

"Il y a maintenant 4 ans que je connais Georges, le seul enfant vivant de Ninchiri. Il a actuellement 75 ans. Quand il est venu ici, il s'est reconnu et a réussi à identifier plusieurs membres de sa famille", se souvient madame Tessier.

Mettre son visage dans la composition de ses œuvres était une manière de signer ses créations. Cette technique était également utilisée par Michel-Ange. Ce dernier a même mis celui du pape Jules II dans une scène du jugement dernier qui est peinte à la chapelle Sixteene.

Ce qui est malheureux des vitraux de la cathédrale, c'est le silence sur les véritables noms des figurants. Il n'y a rien d'écrit sur le sujet dans les archives.

L'art du vitrail fait partie du monde des symboles. Un bel exemple est la scène de la Mère du Créateur. Dans la main droite de la Vierge, il y a le soleil et dans la main gauche, la lune. C'est le symbole de la création du jour et de la nuit. Les cercles concentriques signifient l'ordre de la création dans l'univers. Ces cercles désignent également la séparation de la terre et du firmament, de la terre et de l'eau, des poissons et des animaux. Les anges s'envolent dans toutes les directions signifiant également cette séparation. Marie est naturellement au premier plan et par son gestuel de bras ouverts, elle accueille tous les croyants.

Litanies de Lorette
Lorette est une ville d'Italie, située sur le bord de la Mer Adriatique, près d'Ancône. On raconte qu'à cet endroit se trouve la maison de Marie, transportée miraculeusement. Une immense basilique couvre la maison et accueille les pèlerins du monde entier.

Les Litanies de Lorette est une prière considérée comme étant le plus beau poème de la prière du XIIe siècle, un chef-d'oeuvre de piété populaire.

(1) Litanie: Prière liturgique où toutes les invocations sont suivies d'une formule brève récitée ou chantée par les assistants. (Nouveau Petit Robert, Paris, 1993)


Œuvres de Ninchiri dans la région

Voici la liste des endroits où il est possible d'admirer des œuvres de Guido Ninchiri dans la région:

TROIS-RIVIERES

-Cathédrale de l'Assomption
362, rue Bonaventure
*Litanies de Lorette (42 des 63 titres)
*125 vitraux

-Paroisse Notre-Dame-des-sept-allégresses
1285, rue Saint-François-Xavier
*4 vitraux

-Séminaire Saint-Joseph
858, rue Laviolette
*Peinture

-Archives des Filles de Jésus
1193, boul. St-Louis
*Peinture

SHAWINIGAN

-Paroisse Saint-Pierre
792, rue Hemlock
*26 vitraux

Église Unie
1491, avenue Georges
*1 vitrail

GRAND-MERE

-Église Saint-Paul
499, 6e avenue
*Peinture

POINTE-DU-LAC

-Maison Saint-Joseph
4 vitraux

(Image de la Mauricie, Juillet-aout 1996, p.20-21)

11 septembre 2025


LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (3)


ARTICLE DU JOUR: Mes premiers ministres


Mes premiers ministres

Par Benoit Voyer

11 septembre 2025

Depuis l’an dernier, d’un mois à l’autre, je visite les lieux de sépultures des premiers ministres du Québec et du Canada.

Au moment d’écrire ces lignes, j’ai terminé ma tournée de tous ceux qui ont dirigé le Québec depuis 1867. Il y en eu 32, incluant l’actuel premier ministre François Legault. De ce nombre, sept sont toujours en vie.

Ma liste des visites des lieux où reposent les premiers ministres du Canada depuis la Confédération ne fait que commencer. Il y en eu 24 jusqu’à maintenant, dont sept (incluant le premier ministre Mark Carney) sont toujours en vie. Jusqu’à maintenant j’en ai visité trois sur les 17 qui ont trépassé : le libéral Louis Saint-Laurent qui repose dans le Cimetière Saint-Thomas-d’Aquin, à Compton; le libéral Pierre Elliot-Trudeau qui est dans le cimetière de Saint-Rémi de Napierville; et, le progressiste-conservateur Brian Mulroney au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

Au fil des prochains mois et possiblement deux ou trois ans, je poursuivrai mes visites de ces lieux méconnus et de plusieurs de ces leaders que nous avons souvent oubliés, mais dont le devoir de mémoire s’avère tellement important en ces années de cynisme politique.

PAROLE DE Josémaria Escriva


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (7) - En rappel

 

Le 11 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (7e partie de 10). Sujet: La famille.

TROIS-RIVIERES: Fête-Dieu


Fête-Dieu

Environ 125 personnes (pour la plupart des aînés) ont participé à la procession de la Fête-Dieu de la paroisse Ste-Marie-Madeleine à l'occasion de la fête liturgique du saint sacrement. En ce beau dimanche ensoleillé, les croyants rassemblés pour exprimer leur foi ont emprunté les rues De Blois, Loranger et Rocheleau pour se rendre au reposoir installé à l'arrière du couvent des Filles de Jésus sur la rue Notre-Dame, près du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Cette manifestation religieuse était présidée par Gaston Morin, curé de la paroisse.

(Article de Benoit Voyer, Hebdo journal, 16 juin 1996. Par manque d’espace dans le journal, le texte n’a pas été publié)

10 septembre 2025


LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (2)


LE BALADO: A quoi sert la spiritualité? (2)


ARTICLE DU JOUR: L’immaculée Conception

L’immaculée Conception

Par Benoit Voyer

10 septembre 2025

Le 8 décembre 1854, paraissait la Constitution apostolique Ineffabilis Deus du pape Pie IX. Dans cette déclaration, le chef des catholiques instituait le dogme de l’Immaculée Conception. Il écrivait : « Nous déclarons, prononçons et définissons : la doctrine qui tient que la Très Sainte Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège singulier de Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur du genre humain, a été préservée libre de toute tache du péché originel, a été révélée par Dieu et doit donc être fermement et inviolablement crue par tous les fidèles. »[1]

Dans sa déclaration, le souverain pontife affirme que Marie est la nouvelle Ève et qu’elle est sans souillure, « toujours absolument exempte de toute tache de péché, toute belle et parfaite, elle possède une telle plénitude d'innocence et de sainteté que, après Dieu, rien de plus grand ne peut être conçu, et dont aucun esprit, en dehors de Dieu, ne peut parvenir à saisir les profondeurs ». Elle est revêtue de « l’innocence originelle ».

Cette doctrine, qui existe depuis l'Antiquité, prend sa source dans les textes bibliques, particulièrement lors de l’apparition de l’Ange annonciateur à Marie et de la salutation qu’elle a reçue de la part d’Élisabeth, sa cousine. Pie IX écrit dans son décret : Puisqu’ils « considéraient que l'ange Gabriel, en annonçant à la Très Sainte Vierge la dignité exaltée de la Mère de Dieu, l'avait, par l'ordre de Dieu lui-même, appelée pleine de grâce, [ils] enseignèrent que par cette salutation singulière et solennelle, jamais entendue auparavant, il était démontré que la Mère de Dieu était le siège de toutes les grâces de Dieu, ornée de tous les dons de l'Esprit divin ; elle était en effet un trésor presque infini et un abîme inépuisable de ces mêmes dons ; de sorte que, non seulement elle ne fut jamais soumise à une malédiction, mais encore, avec son Fils, elle participa à une bénédiction perpétuelle : digne d'être appelée par Élisabeth, mue par l'Esprit de Dieu : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1, 42). » »

Les articles 490 et 491 du Catéchisme de l’Église catholique reprennent en quelques mots ce décret : « L’ange Gabriel, au moment de l’Annonciation, la salue comme "pleine de grâce" (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu. Au long des siècles, l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX ».[2]

Et Pie IX ajoutait : « La Très Glorieuse Vierge, par qui le Tout-Puissant a fait de grandes choses, a brillé d'une telle abondance de dons célestes, d'une telle plénitude de grâce et d'une telle innocence qu'elle est devenue, pour ainsi dire, le miracle de Dieu par excellence, le sommet de tous ses miracles, et une digne Mère de Dieu ; de sorte que, placée, autant qu'une créature le peut, au plus près de Dieu, elle a surpassé toutes les louanges des hommes et des anges. Aussi, pour démontrer l'innocence et la justice originelle de la Mère de Dieu, non seulement ils la comparaient très souvent à Ève, encore vierge, encore innocente, encore incorruptible, et non encore trompée par les pièges mortels du serpent menteur, mais ils la préféraient aussi par une merveilleuse variété de paroles et d'expressions. Car Ève, malheureusement, ayant écouté le serpent, est tombée de son innocence originelle et est devenue son esclave ; au contraire, la Très Sainte Vierge augmenta continuellement le don qu'elle avait reçu à son origine, et, loin d'écouter le serpent, avec l'aide divine, elle détruisit complètement sa violence et sa puissance. »

Fête de l’Immaculée Conception
En décembre 2024, sur Zenit, Anne Van Messis expliquait que « la fête de l’Immaculée Conception se situe dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent. Elle invite les fidèles à rendre grâce pour la mission exceptionnelle reçue par la Mère de Dieu. Elle rappelle que Marie a été préservée du péché originel dès sa conception, et a été choisie pour porter en son sein le Sauveur du monde. »[3]

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[1] Pie IX. Constitution apostolique « INEFFABILIS DEUS ». Définition dogmatique de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, 8 décembre 1854 https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/18541208-costituzione-apostolica-ineffabilis-deus.html
[2] Catéchisme de l’Église catholique, nos 490 et 491 https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1H.HTM
[3] Anne Van Merris. L’Église célèbre bientôt l’Immaculée-Conception, Zenit, 3 décembre 2024 https://fr.zenit.org/2024/12/03/leglise-celebre-bientot-limmaculee-conception/


PAROLE DE Josémaria Escriva


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (6) - En rappel

 


Le 10 mars 2025, Benoit Voyer, président de l'Association de Rousseau du Parti conservateur du Québec, s'entretien avec Ange-Claude Bigilimana, candidat Conservateur a l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu dans la circonscription de Terrebonne le 17 mars 2025 (6e partie de 10). Sujet: Le pouvoir d'achat des contribuables.

TROIS-RIVIERES: Chambre de commerce de Trois-Rivières


Une couleur plus maternelle

Fernande Boisvert a 52 ans. Cette charmante dame vient d'être nommée, le 29 mai dernier, présidente de la Chambre de commerce du district de Trois-Rivières. La première femme en 115 ans d'histoire. Dans sa grands simplicité, elle ne cache pas qu'elle n'a rien perdu de sa naïveté d'enfant. Joviale à sa façon, elle a une fraîcheur d'âme qui ne laisse guère indifférent. Une simple rencontre suffit pour attraper son contagieux virus de l'optimisme.
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Benoit Voyer
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"A la Chambre, j'aimerais enrichir les plus jeunes de mon expérience et apporter une couleur plus maternelle au regroupement. J'adore les gens, je ne vis que pour l'humain. J'ai un tempérament qui aime aller chercher les valeurs profondes des gens", confiait-elle au journaliste de L'Hebdo Journal.

Elle veut faire sa part pour l'association en donnant un peu plus d'elle-même. Depuis 13 ans, elle participe aux activités de la Chambre de commerce pour se faire des contacts utiles au développement de son entreprise, le groupe SFP (Secrétariat plus). Elle le dit sans honte. Sa nouvelle implication est une façon de dire merci pour les bons services rendus à sa business.

Fernande Boisvert n'hésite point à s’engager bénévolement au service de la collectivité. Elle a particulièrement aidé le FAR à Cap-de-la-Madeleine (une maison pour les femmes en difficultés) et à la Chambre de commerce du district de Trois-Rivières.

Les téléspectateurs de RDI l'ont vu à l'émission "Au travail". De plus, elle signe une chronique dans un journal local. Enfin, dans son entreprise, elle reste souvent après les heures d'ouverture pour se mettre à l'écoute de ses employés qui traversent des instants plus pénibles.

C’est donc une femme qui n'a pas peur de s'investir. "Je ne suis pas Mère Thérèsa" tenait-elle à préciser.

Situation de l'emploi
Les statistiques disent que la situation de l'emploi est difficile dans la région de Trois-Rivières... "Je ne crois pas à cela, rétorquait tout-de-go cette mère d'une jeune fille de 22 ans. Mon travail est de trouver des employés aux employeurs. Je comble 82% des postes. 18% ne le sont pas. Je perds souvent des contrats parce que je ne trouve pas de personnel qualifié!"

Sur le marché de l'emploi, il manque des candidats bilingues et prêts à travailler 6 mois par année. Une difficulté... les individus ont peur d'essayer un nouveau travail pour un ou deux mois. Pour besogner aujourd'hui, il faut savoir être flexible et poursuivre sa formation.

Un travail d'équipe
"Je ne serai pas seule sur la place publique. Je veux en faire un travail d'équipe. Chaque membre de l'exécutif a sa force! De plus, je ne suis pas une revendicatrice. Pour avancer dans la vie, il n'est pas nécessaire de crier. J'aime mieux être que paraître", concluait Fernande Boisvert.

(L’Hebdo Journal, 9 juin 1996, p.3)

9 septembre 2025


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LE BALADO: A quoi sert la spiritualité (1)


ARTICLE DU JOUR: La Croix du Mont Royal

La Croix du Mont Royal

Par Benoit Voyer

9 septembre 2025

La veille de Noël 1642, quelques mois après la fondation de Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Pierre débordent.

À l’époque, la rivière Saint-Pierre prenait sa source dans les petits ruisseaux du mont Royal. Une branche se dirigeait dans le fleuve pas très loin de l’aqueduc montréalais, dans l’actuel arrondissement de Verdun. L’autre branche se terminait à la Pointe-à-Calière. Pas très loin de la falaise Saint-Jacques, elle remplissait le lac à la Loutre, qui était situé sur le site de l'actuel échangeur Turcot. L’île était jadis une grande forêt. De nos jours, avec l’urbanisation massive, la petite rivière a été canalisée.[1]

Paul Chomedey de Maisonneuve est inquiet. Il craint que des inondations envahissent le fort de Ville-Marie.

Homme de profonde foi chrétienne, il plante une croix près de la petite prière et s’en remet à la Providence divine pour sauver le fort. Il fait la promesse à son Dieu de planter une croix sur le mont Royal si l’emplacement est sauvé des eaux. Quelques heures plus tard, elles se retirèrent.

Au printemps 1643, il réalise l’objet de sa promesse. Dans les environs de l’actuel Grand Séminaire de Montréal, au nord de la rue Sherbrooke, une croix est érigée. Le site est davantage accessible que la cime du mont Royal. Cette croix est renversée et remplacée en 1650.

À partir de 1874, la Société Saint-Jean-Baptiste sème l’idée d’une nouvelle croix. La réalisation du projet se réalisera en 1924.

Initialement, on voulait recouvrir la croix de granite et aménager des observatoires dans chaque bras. Malheureusement, faute de financement, on opta pour une structure plus simple en métal. D’ailleurs, c’est grâce au travail des enfants montréalais que la croix a vu le jour. Dans les écoles, une vente de timbres faite par les élèves des écoles primaires et secondaires a été organisée. Vendus au prix de 5 cents chacun, la campagne de financement a permis d’amasser 15 000 $. Le terrain a été donné par la ville. [2]

La croix a été érigée par la Dominion Bridge Company. La société Montreal Light, Heat and Power, ancêtre d’Hydro-Québec, alimente en électricité les 240 ampoules de 50 watts qui illuminent la structure. D’ailleurs, chaque fois qu'une ampoule brûlait, un technicien devait escalader la structure pour la remplacer. En 1992, on dote la croix d'un système d'alimentation en fibre optique et d'ampoules DEL dont les couleurs peuvent être modifiées à distance en appuyant sur un bouton.

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[1] Wikipedia. Rivière Saint-Pierre (Montréal) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rivi%C3%A8re_Saint-Pierre_(Montr%C3%A9al)
[2] Patrick MacIntyre. Il y a 100 ans, la croix du mont Royal s’illuminait pour la première fois, Ici Radio-Canada, 24 décembre 2024 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2129065/centieme-anniversaire-croix-mont-royal

PAROLE D'Éric Duhaime


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (5) - En rappel


GRANBY: Les Trinitaires ne battent pas en retraite


Les Trinitaires ne battent pas en retraite

Par Benoit Voyer
(Collaboration spéciale)

GRANBY- Le Monastère des Trinitaires lancera, dans quelques jours, sa programmation 1996-1997. Le nouveau "feuillet des retraites" sera tiré à 25 000 exemplaires. Ce moment est très attendu par la clientèle de ce centre de ressourcement spirituel catholique de renommée mondiale.

Au long de la prochaine année, les activités du Renouveau charismatique seront moins importantes que par le passé. La raison est simple: le mouvement a de moins en moins d'adeptes au Québec Pourtant, autour du globe, il ne cesse de faire accourir les foules.

Le lieu de ressourcement intérieur affiche 27 retraites à son programme. Mais ce sont les nouveautés qui attirent l'attention.

Le public sera ravi par les "soirées-conférences du monastère", une série de dix causeries données en collaboration avec le Centre des nouvelles religions de Montréal. Les thèmes s'annoncent intéressants: "Les nouvelles religions, signes des temps" (18 septembre); "L'Église et les nouvelles religions" (2 octobre); "La panique satanique" (16 octobre); "Spiritisme, ses jeux et ses enjeux" (30 octobre); "La spiritualité attire-t-elle les jeunes dans les nouvelles religions?" (13 novembre); "les révélations privées et le channeling" (27 novembre); et quatre autres sujets pour 1997.

Les conférenciers seront de véritables spécialistes. La plupart proviennent du milieu universitaire.

"Le monastère est au service de plusieurs groupes dont les membres sont familiers avec le mode de vie des Douze étapes", explique le nouveau dépliant.

"Des "meeting intensifs" pour les personnes ayant divers problèmes de consommation d'alcool et/ou de drogue et des troubles de comportement reliés aux émotions et autres sont régulièrement donnés dans notre maison de ressourcement."

L'horaire de ces sessions est disponible sur demande.

Un lieu de repos
Plus besoin de chercher une abbaye au loin pour prendre congé de la société. Le monastère offre aux personnes qui sentent un besoin de se reposer, de méditer ou de prier, le chance de se retirer à la Solitude, une section de ce grand bâtiment autrefois destinée au noviciat des Trinitaires.

Pendant leur séjour, les retraitants peuvent rencontrer un prêtre, un religieux, une religieuse ou un sage laïque. Par ailleurs, ils sont invités à participer aux moments de prière de la congrégation fondée par Jean de Matha.

La Christothérapie est une autre nouveauté de la maison du boulevard Robert. Il s'agit d'une démarche de guérison intérieure. Cette expérience de psychothérapie spirituelle qui se réclame de la foi catholique est un chemin proposé pour rencontrer Dieu qui, par la prière, guérit les blessures de l'âme.

Pour bien vivre ce week end, il est proposé de suivre, préalablement, un temps d'Agapethérapie. Les deux démarches se ressemblent, mais celle-ci est plus adaptée aux non-initiés.

Du 27 au 29 septembre,  la salle Jean-Paul Regimbal du monastère sera l'hôte du congrès charismatique du diocèse de Saint-Hyacinthe.

Ce rassemblement fait suite au congrès spécial de l'an dernier qui rassemblait 2000 personnes venues commémorer le 25e anniversaire du renouveau charismatique.

Enfin, le père Emilien Tardif, un leader mondial du renouveau dans l'Esprit saint, sera de passage dans la région granbyenne, le 14 juin 1997. Il animera une journée bien spéciale.

Pour ce missionnaire du Sacré-Coeur qui rassemble des foules de par le monde, rien n'est impossible à Dieu.

(Le Plus de la Voix de l’Est, 16 juin 1996, p. 20-21)

8 septembre 2025



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LE BALADO: Mythologie et spiritualité


ARTICLE DU JOUR: État de ma recherche sur René-Étienne Voyer


État de ma recherche sur René-Étienne Voyer

Par Benoit Voyer

8 septembre 2025

La recherche sur René-Étienne Voyer, mon cinquième arrière-grand-père et premier descendant de cette lignée de la famille Voyer en Amérique est en arrêt depuis plusieurs mois. J’espère pouvoir m’y remettre prochainement.

Comme je vous l’ai déjà raconté, à la fin du mois d’août 2024, ma conjointe Manon et moi avons analysé les registres de la paroisse Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée, devenue un quartier de la municipalité de Beaufort-en-Anjou, dans la région française de Maine-et-Loire, afin d’y retrouver des traces d’Étienne et de sa famille. Mon seul repaire était qu’il serait né “en” ou “vers” 1714. Page par page, nous avons regardé toutes les entrées de 1709 à 1724. Ce travail de moniale a changé la direction de la recherche.

Manon a retrouvé les parents d’Étienne, René Voyer et Marie Bélanger, et les traces de trois de leurs enfants: René (1715), Marie (1717) et Adrien (1721). En revanche, dans la période de recherche, aucune trace d’Étienne.

Il m’est revenu le souvenir de la lecture de la thèse universitaire de Josiane Paul publié sous le titre: “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France 1723-1749" (Septentrion, 2008). L’historienne y explique qu’il arrivait souvent que les petits trafiquants de sel condamnés par la justice royale française à l’extradition dans les colonies changeaient de noms ou de prénoms sur le bateau entre la France et leurs destinations.

Aussi, je me suis souvenu de la recherche du faux-saulnier Pierre Rossignol du May, premier ancêtre d’une famille Dumais en Amérique menée par une équipe de quatre chercheurs: deux en Europe et deux en Amérique. Le Pierre Dumais d’Amérique était en réalité le Pierre Rossignol d’Europe. Le choix de son nouveau nom de famille s’explique par le fait qu’il est de l’ancienne région française du May.

Il est maintenant d’une évidence qu’Étienne Voyer est dans les faits René Voyer, né le 17 décembre 1715, à Beaufort-en-Vallée, l’ainé du couple Voyer-Bélanger. “Étienne” serait une déformation calligraphique de “Et renne” Voyer. En lisant les registres paroissiaux d’autrefois, on constate qu’il est facile de confondre la lettre « r » avec un « i ».

Ainsi donc, à partir d’aujourd’hui jusqu’à preuve du contraire, je parlerai de René Étienne Voyer. René pour sa vie européenne et Étienne pour les citoyens d’Amérique.

Dès que je pourrai, je poursuivrai l’analyse des registres de Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée de 1724 à 1744, année de son arrivée au port de Québec. Les autres registres de l’actuelle municipalité de Beaufort-en-Anjou devront aussi être scrutés afin de confirmer mon hypothèse hors de tout doute. C’est donc une histoire à suivre.

PAROLE D'Elvis Gratton


ESCAPADE: La réserve naturelle Marie-France-Pelletier, à Joliette


La Réserve naturelle Marie-France-Pelletier, a Joliette

PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Entretien avec Ange Claude Bigilimana (4) - En rappel


TROIS-RIVIERES: 100 000 personnes à la neuvaine


100 000 personnes à la neuvaine

100 000 pèlerins ont pris part à la neuvaine de l'Assomption qui avait lieu du 7 au 15 août. C'est 10 000 individus de moins que L'an dernier.
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Benoit Voyer
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Malgré cette baisse de popularité, la journée de clôture de ce temps de prières attirait une foule record. A la messe de minuit, notamment, les places assisent étaient rares. La plus belle surprise fut la forte participation à la dernière procession aux flambeaux dans les jardins du sanctuaire.

"On a eu affaire à un tout nouveau public, cette année", dit le père Yoland Ouellet.

Il croit que le beau temps, la télédiffusion des prédications de la neuvaine sur l'ensemble du réseau des télévisions communautaires de Vidéotron et le succès de la publicité soient à l’origine de cette manne de nouveaux pèlerins.

(L’Hebdo Journal, 25 aout 1996, p.4)

7 septembre 2025


ARTICLE DU JOUR: 37e anniversaire de décès de Jean-Paul Regimbal


Il y a 37 ans, Jean-Paul Regimbal quittait ce monde

Par Benoit Voyer

7 septembre 2025

Ce 8 septembre est le 37e anniversaire du décès de Jean-Paul Regimbal.

Né le 4 juillet 1931, le père Jean-Paul Regimbal a été un véritable phénomène de l’histoire religieuse du Québec, du Canada et du monde catholique. A son époque, il a laissé bien peu de gens indifférents. Les uns étaient favorables à sa cause. Les autres le voyaient comme un illuminé ayant ramené le fondamentalisme en terre québécoise ou encore ils se moquaient de ce qu’on qualifiait d’exagérations ou de sensibleries religieuses.

Au Québec, dans notre mémoire collective, peu de religieux ont laissé une telle trace. Comme Victor Lelièvre, Henri Roy et plusieurs autres, il a laissé la sienne. Il est de cette race de passionnés qui a parlé de Dieu et qui a rejoint directement les attentes intérieures de milliers de personnes.

Jean-Paul Regimbal était un passionné. Il avait la passion des choses divines. Il s’est donné corps, âme et esprit pour ce Jésus qui a séduit son cœur. Il n’a jamais compté les heures. « Reposez-vous donc un peu! », lui disaient des confrères. « Je me reposerai lorsque je serai dans ma tombe! » répondait-il impulsivement, le sourire aux livres, puisque Jean-Paul avait un bon sens de l’humour.

Plusieurs de ceux et celles qui l’ont connu personnellement sont décédés. Néanmoins, il en reste quelques-uns. Je fais partie de ceux-ci.

Lui et moi
Le père Jean-Paul Regimbal est étroitement lié à mon histoire personnelle et familiale.

A partir de janvier 1974, ma mère le suit et s’impliquera à la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires, à Granby.

En 2024, a 90 ans, il lui arrive encore, sporadiquement, d’aller faire acte de présence aux retraites spirituelles du père Michel Vigneau. Michel a connu maman alors qu’il était jeune novice. Ainsi, en 2024, il y a plus de 50 ans que maman fréquente les Trinitaires et leurs retraitants.

De mon côté, j’étais présent la première fois qu’elle a participé à une soirée de prière du lundi animée par le père Jean-Paul Regimbal. J’avais 7 ou 8 ans, si mon souvenir est bon. Bien entendu, je m’en souviens, même si je me suis endormi à ses pieds sur une couverture. C’était une longue soirée pour un jeune garçon.

Plusieurs années plus tard, mon père fera de même. Devenu un visage familier dans le réseau granbyen du père Regimbal, il sera le dernier à le visiter à l’hôpital de Granby le soir de son décès, le 8 septembre 1988.

Une mission particulière
Un jour, en tête à tête, Jean-Paul me dit : « Je me permets une petite confidence. Dans la prière, le Seigneur m’inspire. Souvent, il met dans mon cœur des certitudes. Lui, il est appelé à ceci. Un autre est appelé à ça. Et, étonnamment, grâce à l’Esprit saint, je suis bien aiguillé. Mais depuis quelques années, je n’y arrive pas avec toi. Ma seule certitude est que tu es appelé à une mission particulière, c’est-à-dire a quelque chose que le Seigneur sait et qu’il te révélera lui-même ». Il m’a fallu longtemps pour comprendre cette chose si simple.

A l’automne 2023, en effectuant mon travail de relecture de vie, j’ai pris conscience – Et ça a été comme une révélation pour moi – qu’une grande partie de mon histoire personnelle et familiale est mêlée de près ou de loin au père Jean-Paul Regimbal et à son ordre religieux.

Je l’ai assez bien connu. Je dis assez bien, puisque j’ai reçu, au fil des années, plusieurs confidences de ses frères Trinitaires et de personnes qui l’ont connu.

Jean-Paul était un homme fort intelligent, ayant une grande foi en la Trinité, loyal à son ordre religieux et à l’écoute de ses supérieurs. Et surtout, il avait un grand amour pour les gens qu’il côtoyait, en particulier pour ceux vivant des parcours de vie particulier et, pour reprendre l’expression, « pas toujours catholique ».

Ainsi donc, j’ai baigné dans l’univers de Jean-Paul, particulièrement chez les Trinitaires, à Granby, à partir de mes 14 ans.

Dès 1981, je m’ implique au sein de plusieurs de ses œuvres et j’en ai fréquentées plusieurs autres.

Plus tard, devenu adulte, lorsque je serai un artisan des médias, je poursuivrai ma découverte des suites de son travail apostolique.

Concrètement, j’ai été et je suis un témoin.

Chercher, lire, analyser et écrire
J’écris sur ma vie. Pour l’instant, ma démarche est simple et je souhaite qu’elle le demeure : Mon document autobiographique parle avant tout de mon univers personnel et des rencontres que j’ai eu le privilège de faire à titre de journaliste. En peu de mots : Je relate ce que j’ai vécu, lu et entendu au fil des ans.

Inévitablement, puisque son histoire croise la mienne de 1974 à 1988, j’écris sur le père Jean-Paul Regimbal.

En dépouillant le fonds d’archives que j’ai déposé à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska autour de l’an 2000 et à l’aide d’anciennes publications retrouvées aux Archives nationales du Québec (les miennes et bien d’autres), je résume - si possible de manière chronologique – tous les documents que je peux consulter.

A la fin du mois de décembre 2023, j’ai retrouvé un petit opus que j’ai écrit en 1998. Il s’appelle « Nul n’est prophète… - Jean-Paul Regimbal et son œuvre ». A cette époque, j’étais responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby. Ma petite recherche visait à rédiger quelques « trucs » sur le père Trinitaire en vue d’une fête ayant pour but de souligner le 10e anniversaire de son décès. Le texte a servi à la rédaction d’articles qui ont été diffusées dans plusieurs publications et au contenu de l’émission radiophonique « Rencontre spirituelle » a Radio Ville-Marie et a une conférence donnée par Raymond Beaugrand-Champagne, l’animateur de ce rendez-vous quotidien.

Bien entendu, afin d’en faire une analyse sérieuse et y retrouver des inspirations pour ma relecture de vie, je l’ai retranscrit. Durant mes heures de travail devant mon ordinateur – transcrire un long texte est un travail de moine -, j’ai fait de longues intériorisations. Puisque je suis un témoin, j’ai décidé de réécrire le document, d’en tirer les éléments autobiographiques et de poursuivre ce travail de recherche sur Jean-Paul Regimbal en résumant dans le nouveau texte tout ce que j’intercepte en effectuant mon travail autobiographique. En d’autres termes, je garde le focus sur mon premier objectif, mais en parallèle, je traite maintenant les documents en lien avec Jean-Paul en vue de faire une nouvelle petite biographique.

Jean-Paul Regimbal est-il un saint?
Je veux répondre à une question qu’on me pose souvent : Est-ce que Jean-Paul Regimbal est un saint?

Réponse : Je n’en sais rien.

Néanmoins, je me permets quelques commentaires.

Ma première réflexion est que Jean-Paul Regimbal est à regarder avec une pointe d’humour : Sa grande qualité d’émerveillement, son côté émotif (je rappelle que c’est à la base un artiste) et sa tendance à grossir les faits réels me font souvent sourire.

Comme je l’ai écrit, je travaille à résumer ce que j’ai en main à son sujet et à rendre témoignage de ce que j’ai vu, en entendu et vécu auprès de lui, mais j’aimerais bien que des théologiens, des psychologues et d’autres spécialistes scrutent Jean-Paul afin de découvrir d’autres angles de ce qu’il a été et son message humain et spirituel. J’avoue que Jean-Paul Regimbal est un sujet de recherche fort intéressant.

Cependant, sur le plan de religieux, sa grande foi, son intense désir de Dieu, son espérance exemplaire en celui-ci et son grand amour de la Très sainte Trinité et de ses contemporains sont des exemples à imiter.

De plus, les fondements de ses entretiens sur la foi sont d’une grande richesse même si parfois il avance des idées qui ne me plaisent pas ou qui me paraissent farfelues.

Ceux qui comme moi l’ont connu savent ce qui l’animait intérieurement : C’est de vivre totalement de l’esprit biblique, sans tiédeur. Son enseignement a toujours été un appel à faire l’option radicale de Jésus Christ et à entrer dans le mystère trinitaire.

De son côté, le Vatican demande d’être prudents sur le point de l’« officialité » de sa sainteté tant que les démarches d’usage ne seront pas commencées et complétées.

Voici les étapes que Jean-Paul Regimbal aurait à franchir selon la tradition de l’Église catholique :

Dans un premier temps, il faut qu’il y ait une volonté populaire pour que sa cause soit introduite au Vatican et, en second lieu, il y a une somme considérable de renseignements à réunir. Sur ce point, mon travail de recherche-rédaction peut devenir un bon élément de départ.

Enfin, il faut convaincre un des évêques des diocèses ou il a travaillé et habité de reconnaître en Jean-Paul Regimbal une trace de sainteté. Ces évêques sont ceux de Saint-Hyacinthe, de Saint-Jean Longueuil, de Montréal et de Sault Sainte-Marie.

Le diocèse qui présentera sa cause au Vatican devra recueillir toute la documentation possible qui permettra d’écrire une biographie critico-historique pour connaître le religieux dans ses moindres détails, de sa naissance jusqu’à sa mort.

Cette « biographie officielle » sera plus ou moins grosse selon les problèmes rencontrés. Elle aura de 500 à 1000 pages. Peut-être davantage! On appelle cette étude une « positio »

Une fois cette étape franchie, le Vatican s’attardera à la dimension théologique. Ce travail consistera à démontrer que cet homme originaire de l’Ontario a vécu l’Évangile de manière héroïque, c’est-à-dire au-dessus du commun des fidèles.

Quelques années plus tard, des historiens et des théologiens regarderont si le travail a été bien réalisé.

S’il n’y a pas d’obstacles sur la route, un comité de cardinaux scrutera le dossier et le recommandera au pape.

Entre le début et la fin du processus, au moins 15 années se seront écoulées. C’est à ce moment que le pape pourrait donner au père Jean-Paul Regimbal le titre de « vénérable ».

Ainsi nommé, les Catholiques seraient assurés que cet homme de foi est un véritable intercesseur auprès de Dieu. Avec ce titre, le « vénérable Jean-Paul Regimbal » devra tout de même se contenter de la ferveur privée des fidèles.

Pour être considéré comme un « bienheureux », il devra accomplir un miracle certifié par la médecine. Il faut une preuve qui ne laisse aucun doute qu’il est au royaume de Dieu, au paradis. C’est pour cela que l’Église exige un miracle. Le bienheureux Jean-Paul devra en accomplir un second pour être canonisé.

Le titre de « bienheureux » permet à un diocèse ou à une région ou à une congrégation religieuse de vouer un culte public au personnage.

Enfin, la canonisation proposera celui-ci comme un modèle à imiter par l’Église universelle. A ce titre, il aura une place particulière au calendrier liturgique. Habituellement, la fête liturgique coïncide avec la date du décès puisque c’est son entrée dans l’éternité, l’entrée dans la lumière divine.

Ainsi donc, si Jean-Paul Regimbal traverse ce processus, l’Église devrait souligner sa mémoire liturgique le 8 septembre, jour de son « entrée dans la gloire des bienheureux et saints du ciel ».

Autrefois, toute la documentation qui arrivait au Vatican était examinée par l’avocat de la cause qui démontrait l’héroïcité des vertus.

De son côté, le promoteur de la foi (vulgairement appelé « l’avocat du diable ») cherchait dans cette littérature ce qui était négatif. Le candidat était jugé à trois reprises.

Depuis 1983, les règles sont plus souples. Ce sont maintenant des historiens qui font un récit objectif du candidat.

S’il est impossible de répondre à certaines difficultés, a certaines objections, la Congrégation pour la cause des saints peut arrêter ou suspendre la démarche.

Ainsi donc, il est prématuré d’arriver à la conclusion que le père Jean-Paul Regimbal est un saint.

Il est cependant possible, à titre personnel, de croire qu’il est un fidèle intercesseur auprès de Dieu et de l’invoquer dans ses prières intimes. C’est ce qu’on appelle « la communion des saints ».

Pour les croyants, les défunts ne sont jamais morts, ils sont auprès de Dieu. La profession de foi des Catholiques qui est proclamée d’une semaine à l’autre dans les célébrations eucharistiques fait référence à cela.

Ainsi donc, si on a foi au Dieu révélé par Jésus le nazaréen, on peut aussi inscrire la date du 8 septembre dans son agenda personnel afin de perpétuer sa mémoire.

Et en tout temps, on peut aller se recueillir sur sa dépouille au cimetière Saint-Antoine, à Longueuil, situé à quelques pas de la cathédrale du diocèse de Saint-Jean-Longueuil ou repose la bienheureuse Marie-Rose Durocher.

Une note : Le 29 mai 1998, a l’occasion d’une rencontre informelle a son bureau, à Montréal, le supérieur provincial des Trinitaires au Canada de l’époque, le regretté père Sylvio Michaud, m’a demandé d’être très prudent dans ma démarche de recherche, d’analyse et de rédaction parce que la sainteté de Jean-Paul Regimbal n’est pas encore reconnue par le Vatican. Bien entendu, je l’ai assuré être en accord avec lui et que ma démarche est d’ordre historique.

Je le pense vraiment : un Catholique qui veut vivre en communion avec la grande Église, respectera cela et, dans son discours, en fera référence. Élever Regimbal a la gloire des saints avant que la sérieuse enquête soit terminée, pourrait nuire au processus.

A mes yeux, la démarche d’enquête du Vatican est un acte de grande sagesse afin de ne pas présenter au calendrier des saints des personnes qui ne sont pas de vrais modèles.

C’est déjà arrivé qu’on ait dû retirer des saints du calendrier. Rapidement, il me vient à l’esprit les cas de saint Christophe et saint Alexis qui, en réalité, n’ont jamais existés.

En janvier 2024, il y a eu aussi l’histoire de la mystique italienne Luisa Piccaretta dont la béatification a été refusé par le Vatican.

Les difficultés relevées dans ses écrits étaient de nature à la fois…

a) Théologique : une conception de la divine Volonté trop mécanique et obsessionnelle ne semblant pas laisser à l’humain la possibilité d’exercer son libre arbitre;

b) Christologique : une doctrine de la réparation et de la spiritualité « victimale » n’intégrant pas le primat de l’amour miséricordieux, immérité et inconditionnel de Dieu et risquant d’annuler ou relativiser l’offrande libre et gratuite du Rédempteur;

c) Et, anthropologique : une spiritualité marquée par un pessimisme sur la nature humaine avec peu de références à la résurrection du Christ, à l’espérance chrétienne, à la grâce sanctifiante, à la bonté de la création et à la communion ecclésiale.

Appel à l’aide

Vous avez en main des documents à mon sujet ou au sujet du père Jean-Paul Regimbal (enregistrements audio et vidéo, correspondance, articles journalistiques, photographies, etc.) ? J’aimerais beaucoup en prendre connaissance. Tous documents que vous me donnerez (ou les copies) seront déposés à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska afin que les futures générations se souviennent de l’homme qu’il a été. Ces documents seront conservés dans les meilleures conditions archivistique qui soit et resteront disponible aux chercheurs.