ARTICLE DU JOUR: Au sujet d’une constitution du Québec
Par Benoit Voyer
13 octobre 2025
Plusieurs militants du Parti conservateur du Québec (PCQ) trouvent que leur chef, Éric Duhaime, s’éloigne un peu du programme de leur formation politique et « doit adopter une position claire » dans le débat concernant une constitution du Québec. Plusieurs soutiennent même le chef péquiste, comme Martin Charron, en Outaouais. Il y a quelques jours, il écrivait sur sa page Facebook : « Je partage entièrement le constat de Paul St-Pierre Plamondon : lorsqu’un gouvernement prétend écrire une Constitution sans consulter le peuple, il ne fait pas un acte d’unité nationale — il commet un abus de pouvoir. »
Martin Charron est sans équivoque : « Une Constitution adoptée sans le consentement du peuple n’est pas seulement illégitime, elle est inconstitutionnelle. Une Constitution n’appartient pas au gouvernement. Elle appartient au peuple. Dans tout régime libre, la Constitution tire sa force du consentement populaire. Elle ne se signe pas entre élus, elle se ratifie par la nation. Depuis Sieyès jusqu’à nos propres juristes — Henri Brun, Guy Tremblay, François Chevrette —, un principe est immuable : « Aucun pouvoir constitué ne peut s’arroger le droit de se constituer lui-même. » Autrement dit, ni la CAQ ni aucun gouvernement ne peuvent, à eux seuls, définir la Loi suprême du Québec. Une Constitution votée à majorité parlementaire sans consultation populaire n’est qu’une loi déguisée. »
Pour lui, le gouvernement au pouvoir et tous les chefs politiques, en particulier Éric Duhaime, doivent « parler pour le peuple, pas pour les partis. » Et puis, à ses yeux, « la prochaine élection provinciale doit [être] une élection référendaire sur la démocratie elle-même : celle où le peuple décidera s’il veut, enfin, écrire sa propre Constitution ».
Dans sa réflexion, il invite Éric Duhaime, qu’il souhaite d’ailleurs rencontrer, à s’engager dès le premier jour de son mandat à la tête de l’État québécois « à établir un calendrier public et précis de consultation nationale : un comité citoyen préparatoire ; des audiences régionales ouvertes ; une assemblée constituante représentative ; et, en conclusion, une ratification populaire par référendum ». Il rappelle que « c’est cela, le vrai conservatisme : la souveraineté du citoyen avant celle des appareils politiques. »
Dans son programme, le PCQ souhaite instaurer des référendums d’initiative populaire. C’est d’ailleurs une des principales raisons pour lesquelles je suis devenu membre de la formation. Ainsi donc, je trouve qu’une telle constitution doit être approuvée par référendum par les Québécois.
Les conservateurs du Québec sont des autonomistes. C’est ce qu’ils affirment dans leur plateforme. Pour ma part, cette autonomie pourrait aller jusqu'à l'indépendance du Québec.
D'ailleurs, devant une possible élection du Parti québécois à la direction de la province, il va falloir que le PCQ ait une position claire au sujet du référendum sur l’indépendance du Québec, consultation populaire qui risque d’arriver si la tendance des sondages se réalise. Lors du dernier référendum, l'Action démocratique du Québec (ADQ), dont plusieurs membres du PCQ étaient membres, avait voté en faveur de la souveraineté du Québec afin que le Canada actuel éclate et qu'il devienne une véritable confédération de Nations autonomes. Je pense que cette position demeure pour l'instant la meilleure pour le Québec. D’ailleurs, on me demande souvent pourquoi je ne suis plus membre du PQ qui est le grand parti indépendantiste. Ma réponse est simple : le socialisme est un modèle révolu. Le PQ soutient un modèle économique socialiste.
Enfin, lorsque je regarde les menaces indépendantistes de Danielle Smith, en Alberta, dame que monsieur Duhaime semble vénérer, je me dis qu’il doit se comporter de la même manière qu’elle, c’est-à-dire d’être plus coriace à l’endroit du fédéral. En peu de mots : Le Québec d’abord. En pleine montée de la droite au Québec, si le PCQ affirmait plus fortement ses idées de pleine autonomie du Québec et se mettait à son tour à menacer sérieusement le Canada de quitter la fédération, une partie de l’électorat péquiste, celui qui aux dernières élections a voté pour la CAQ et semble revenir au PQ, se joindrait au PCQ. En fait, ce que veulent les Québécois, c’est un Québec quasi souverain tout en demeurant membre du Conseil de la fédération canadienne.
TROIS-RIVIERES: Le curé Morin quitte Ste-Marie-Madeleine, a Cap-de-la-Madeleine
Le père Gaston Morin quittera la paroisse Ste-Marie-Madeleine à la fin d'août pour une année de ressourcement dans la région d'Ottawa. Il suivra quelques cours d'exégèse à la Faculté de théologie de l'Université Saint-Paul. Il y a 24 ans que le père Morin est chez les oblats.
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Benoit Voyer
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Le nouveau curé sera le père Laval Tremblay, un oblat qui était pasteur à la paroisse Sacré-Coeur de Québec.
Enfin, le vicaire de la paroisse, le père Dominic Levasseur -en poste depuis seulement une année- partira dans quelques jours. Il a été nommé directeur de l'infirmerie des Oblats de Marie Immaculée à Québec. C'est le père Pierre Pépin qui prendra la relève. Il s'agit d'un religieux à la retraite qui a passé plus de trente ans dans le monde de l'enseignement.
(Hebdo journal, 16 juin 1996. Par manque d’espace dans le journal, le texte n’a pas été publié)
ARTICLE DU JOUR: Le vénérable Pierre Goursat
Par Benoit Voyer
12 octobre 2025
Pierre Goursat nait à Paris, le 15 août 1914, à 21 h, dans la « pension de famille » que dirige sa mère, la résidence Saint-Philippe. Ce lieu est situé au 123, rue du Faubourg-Saint-Honoré.[1] De nos jours, il s’agit de l’hôtel Le 123 Élysées de la chaîne Astotel.[2]
Il est le fils de Victor Goursat [3], Victor est né de l’union d’Auguste Goursat et Louise Saint-Martin, ainsi que de Marie Latapie, dont les parents sont Édouard Latapie et Laure Aubert, qui est sa deuxième épouse. Victor et Marie se sont mariés civilement le 27 septembre 1913, à la mairie du VIIIᵉ arrondissement, à Paris [4], et religieusement le 29 septembre, dans l’église catholique Saint-Philippe-du-Roule [5].
C’était quelques semaines après le début de la Première Guerre mondiale. Le 2 août 1913, les hommes de la France étaient mobilisés pour aller combattre les Allemands. Le lendemain, Adolf Hitler déclarait la guerre à la France et à la Belgique.
En France, les jeunes qui s’enrôlent pensaient que cette guerre sera de courte durée et qu’ils entreraient rapidement à la maison. Cependant, elle durera plus de quatre ans.
Le 30 août 1914, quelques jours avant la naissance de Pierre, Paris est le théâtre du premier raid aérien. Un avion du régime nazi largue quatre bombes. Dans les premiers jours de septembre, les Parisiens sont menacés par l’armée allemande qui parvient jusqu’à quelques dizaines de kilomètres de la ville. Devant la menace, le gouvernement français déménage à Bordeaux.
Malgré les troubles, Pierre Goursat est baptisé dans l’église Saint-Philippe-du-Roule, le 6 septembre 1914.
Le 1ᵉʳ août 1915 naitra son frère Bernard. C’est ainsi que débutera pour la famille Goursat et la majorité des citoyens français le long hiver 1915-1916 dans lequel s’installe une guerre interminable.
En 1923, Victor et Marie finissent par se séparer. Marie en a marre de cet homme instable, incapable d’avoir un travail régulier et qui ignore gérer son argent. Plus tard, on découvrira un problème en santé mentale. La tension est vive entre les deux parents. Cour1 juillet 1923, Marie obtient un jugement de la cour favorable à sa demande. Du même coup, elle obtient la garde de ses enfants. À la suite du départ de Victor, il faudra de nombreuses années pour que les enfants revoient leur père. Devenue cheffe d’une famille monoparentale, Marie sera très attentive à ses fils. Sans être riches, ils ne manqueront de rien, surtout pas d’affection.
Rencontre avec Jean-Paul Regimbal
En décembre 1971, Pierre Goursat rencontre à Paris le père Jean-Paul Regimbal qui est de passage en Europe. Le Trinitaire, qui a vécu une expérience spirituelle intense à Phoenix, en Arizona, lui raconte les débuts du renouveau charismatique aux États-Unis et au Québec. Cet entretien va bouleverser la vie de Pierre.
Francis Kohn, dans sa biographie du vénérable Pierre Goursat [6], raconte : « Lorsque Pierre écoute le père Regimbal, il est d’abord dubitatif ; mais au fil de leur discussion, il est convaincu par la foi et le profond attachement à l’Église de ce prêtre qui a bien « les pieds sur terre ». Pierre expliquera : « Quand il a témoigné, je me disais : « Le pentecôtisme, c’est une secte ! » Il m’a répondu : « Oui, mais ils deviennent catholiques. » Alors j’ai vu qu’il était solidement catholique parce qu’il avait fait toute une brochure dans laquelle il parlait de l’Esprit saint, des Actes des Apôtres, des premiers chrétiens, ainsi que du pape et des évêques. C’est ce qui m’a frappé. Alors je me suis dit : « C’est un type solide. Je vais m’intéresser à tout ça. »
Pierre Goursat est enthousiasmé par cette rencontre avec Jean-Paul Regimbal. Francis Kohn ajoute [7] : « Il comprend que le Renouveau charismatique – dont il ignorait l’existence jusque-là – est un don providentiel de Dieu, la réponse à la prière de Jean XXIII qui, quelques mois avant l’ouverture du Concile Vatican II, avait appelé de ses vœux une « nouvelle pentecôte » sur l’Église. (…) Après cette rencontre, Pierre se rend chez Martine [8] pour partager l’espérance qu’a suscitée en lui le témoignage du père Regimbal. C’est la première fois qu’ils échangent longuement. Mais Martine ne comprend pas bien ce qu’il veut dire, car Pierre a parfois du mal à exprimer clairement sa pensée pétillante. À la mi-janvier 1972, Pierre rencontre aussi le père Caffarel pour lui faire part de la discussion qu’il a eue avec le père Regimbal ; il lui raconte cette « nouvelle Pentecôte » qui arrive chez les catholiques ».
Dans les mêmes jours, le père Henri Caffarel doit recevoir Xavier Le Pichon [9] et Brigitte Barthélemy qui arrivent d’un séjour aux États-Unis. En 1969, elle y a rejoint son mari et ils ont vécu une expérience similaire à celle racontée par Jean-Paul Regimbal [10]. Le père Caffarel propose à Pierre Goursat de se joindre à la rencontre pour entendre son témoignage. Xavier étant retenu par d’autres obligations, sa conjointe se présente seule au rendez-vous. Pierre est tellement intéressé par ce que le Trinitaire lui a raconté qu’il enregistre le témoignage.
Suite à la rencontre, on décide d’organiser une retraite spirituelle, les 12 et 13 février 1972, à Troussures, et on invite le couple à y donner leur témoignage et à parler de l’Esprit saint.
Durant cette fin de semaine, la vie de Pierre Goursat est profondément renouvelée. Il reçoit les grâces d’une nouvelle pentecôte dans sa vie.
Dans les semaines qui suivront, on organisera un groupe de prière à Paris. L’affaire connaîtra un grand succès et il faudra en créer un deuxième puis un troisième. Les groupes de prière de l’Emmanuel conduiront à la fondation de la communauté de l’Emmanuel dans laquelle sont affiliés des hommes et des femmes catholiques, mariés, célibataires et même des membres du clergé.
Pierre Goursat est décédé le 25 mars 1991. Il a été déclaré vénérable par le pape François, le 18 décembre 2024.
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[1] En 2025, Francis Kohn a écrit une biographie fort intéressante sur Pierre Goursat (Éditions Emmanuel). À moins d’indications contraires, les détails de cet article sont tirés de cet ouvrage.
[2] https://www.astotel.com/hotel/123-elysees/overview
[3] Né le 24 aout 1877.
[4] 11, place Jules-Joffrin, à Paris https://mairie18.paris.fr/
[5] 9, rue de Courcelles, à Paris https://saintphilippeduroule.fr/
[6] Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, 2025, p. 169. La citation de Pierre Goursat est tirée de son témoignage (T1a) donné le 28 avril 1977.
[7] Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, 2025, p. 170.
[8] Dr Martine Laffite - Catta.
[9] Pour plus de détails sur Xavier le Pichon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Le_Pichon
[10] Au sujet du père Jean-Paul Regimbal, en lisant le livre de Francis Kohn sur Pierre Goursat, on reste sur notre faim puisque l’auteur n’y fait référence qu’aux pages 169 et 170. Il manque la date exacte de cette rencontre et on ne sait pas s’ils ont eu d’autres échanges ou rencontres par la suite. De plus, l’auteur donne peu de renseignements au sujet de l’expérience spirituelle que le couple Le Prohon-Barthélémy a vécu aux États-Unis et s’ils y ont rencontré le père Regimbal. Le 9 octobre 2025, j’ai écrit un long courriel à la communauté de l’Emmanuel, par l’intermédiaire de leur site Internet, afin d’en savoir un peu plus. J’attends la réponse.
POLITIQUE: Claude Ryan est mort comme il a vécu
Claude Ryan nous a quittés. Son ange est venu le chercher pour le conduire au royaume des bienheureux, ce grand univers de bonheur éternel auquel il croyait de toute son âme. Il n'est plus là, mais il est encore vivant. C'est bien le mot: vivant! Son œuvre et sa pensée passeront, mais sa contribution à l'avancement de notre société, le petit pas de plus qu'il lui a fait réaliser, le gardera toujours uni à notre présent collectif.
Dans une interview journalistique qu'il m'accordait en 1999, pour la Revue Sainte Anne (diffusée dans l'édition de janvier), il me confiait: «La mort... j'y pense presque à tous les jours. Vous savez à mon âge, on sait que ça viendra. J'aimerais avoir la grâce de mourir comme j'ai vécu, sans tricherie». Et ce qu'il a souhaité est arrivé.
Son départ est une lourde perte pour le Canada et le Québec. Il l'est aussi pour moi. Parmi tous ces personnages qui ont marqué notre époque, il était celui qui m'inspirait le plus. Bien que je n'étais pas toujours en accord avec lui, sa capacité de se mettre au service des autres et de ne pas se laisser envahir par la médiocrité m'a toujours impressionné. De plus, ses élans culturel et cultuel sont une grande source d'inspiration pour ma vie.
Je retiendrai toujours ce qu'il me disait de lui: «Je ne suis pas l'homme pour engager une révolution qui va casser les choses, qui va renverser les murailles. Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. Cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. De plus, toute ma vie j'ai accompli mes devoirs sans effort. Je n'étais pas obligé de me « crinquer » le matin en me disant: aujourd'hui, il faut que tu fasses ton devoir. J'ai été heureux comme ça. Enfin, j'ai toujours aimé les valeurs qu'incarne à mes yeux le christianisme. J'ai essayé d'y demeurer fidèle à travers les engagements que j'ai connus. Je n'ai pas de mérite à avoir agi de la sorte».
Là où son ange est allé le conduire, il voit maintenant tout le bon grain qu'il a semé. En revoyant sa vie il doit assurément dire: «C'est le doigt de Dieu!» (Ex 8,15).
Benoit Voyer,
Granby
(La Voix de l’Est, 12 avril 2004, p. 18)
ARTICLE DU JOUR: L’avenue Voyer, a Rimouski
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| Ambroise Voyer |
Toponymie
Par Benoit Voyer
11 octobre 2025
C'est en l'honneur d'Ambroise Voyer (1833-1917), un pionnier de l'ancienne municipalité de Sainte-Cécile-du-Bic, qu'est nommée L'« avenue Voyer », à Rimouski. Ce chemin est aussi appelé « côte Voyer ». Jadis on parlait de la « route Voyer ».
Fils d'Éléonore Pelletier (1804-1881) et de Louis Voyer (1804-1886) – et fier descendant de René-Étienne Voyer (1714-1785) et de Magdeleine Dupont (1730-1812) –, Ambroise est né le 11 janvier 1833 à Saint-Pascal, Kamouraska, De tradition catholique, il est baptisé le lendemain dans l'église de l'endroit.
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| Gracieuse Langis |
Ambroise est un cultivateur prospère. Impliqué dans sa communauté, il fut l’un des cinq syndics élus en 1891 pour mettre à exécution le décret de Mgr Jean Langevin, évêque de Rimouski, permettant la construction d'une nouvelle église et d'une sacristie.
Ambroise Voyer quitte ce monde le 12 octobre 1917. Trois jours plus tard, on lui rend un dernier hommage et on prie pour son repos éternel en l'église Sainte-Cécile du Bic. Après la cérémonie, il est inhumé avec ses parents dans le cimetière de la paroisse.
EUTHANASIE
Les Pays-Bas viennent d'autoriser l'euthanasie sur les enfants âgés de moins de 12 ans. Dans le but de mettre fin à des souffrances intolérables, la décision de ce pays autorise à tuer des personnes humaines sans leur consentement. Un accord vient d'être signé entre les autorités judicaires des Pays-Bas et la clinique universitaire de Groningen. Celui-ci autorise à donner la mort douce à des enfants s'ils sont atteints de maladies incurables et victimes de grandes souffrances.
Aux Pays-Bas, l'euthanasie a été dé pénalisée en 1994. En 2002, une loi qui prévoyait déjà ce type de procédure médicale pour tous les malades incurables à partir de 12 ans, avec l'obligation de l'autorisation des parents jusqu'à 16 ans, a été votée, Selon des études officielles, l'euthanasie sur les adultes est déjà pratiquée dans ce pays même sur des cas curables, comme les patients souffrant de dépression, et dans laquelle elle est réalisée, selon l'avis du médecin, à travers des procédures illégales mais tolérées, même sur des patients non consentants.
Il y a lieu de se questionner sur le type de société que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants. La décision des Pays-Bas pourrait avoir des répercussions partout sur la planète, notamment au Canada.
Benoit Voyer
Sainte-Anne-de-Beaupré
(Le Soleil, 12 septembre 2004, p. B7)
ARTICLE DU JOUR: Gabriel Garneau est emporté par la pandémie en 1832
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| Gabriel Garneau repose au cimetière St-Charles sur le bord de l'avenue du Pont Scott |
Gabriel Garneau est emporté par la pandémie en 1832
Par Benoit Voyer
10 octobre 2025
Né le 9 mars 1764, à L'Ange-Gardien, sur la Côte de Beaupré. Il est le fils de Pierre Garneau (1740-1815) et de Marguerite Julien (1739-1813). Le lendemain il est baptisé dans la tradition catholique.
Il épousera Marguerite Ouellet. Le 20 novembre 1797, ils signent un contrat de mariage chez le notaire Louis Cazes, à La Pocatière. Le 28 novembre, ils reçoivent le sacrement du mariage dans l’église catholique de Saint-Roch-des-Aulnaies.
Du 8 au 28 juin 1832, il y a une pandémie à Québec. Le choléra contamine la population. Durant cette période, les prêtres de la communauté catholique de Saint-Roch, à Québec, président les funérailles d’environ 195 paroissiens. La plupart des défunts sont inhumés dans le nouveau cimetière de la Pointe. Parmi les victimes figure Gabriel Garneau. Il décède le 16 juin 1832. Au registre, il est inscrit du prénom de Pierre.
En 1857, on ferme ce lieu de sépultures. Ses restes sont exhumés et inhumés à nouveau dans le cimetière Saint-Charles, à Sainte-Foy. Malheureusement, il n’y a aucune pierre tombale sur le site. Le terrain est sur le bord de l'avenue du Pont Scott, à quelques pas de la rivière Saint-Charles.
Sa conjointe finira ses jours à Saint-André-de-Kamouraska. Elle quittera ce monde le 28 octobre 1837.
Gabriel Garneau est mon arrière-arrière-arrière-grand-père.
JUSTICE: Il tire sur ses agresseurs
Il n'est pas fier de son acte et il a raison. Son héritage chrétien semble lui avoir rappelé cette parole du commandement: Tu ne commettras pas de meurtre (Ex 20,13). Cependant, avait-il vraiment le choix? Son geste était-il moralement acceptable? Est-il légitime d'attenter à la vie d'autrui par légitime défense?
On sait que la vie humaine est sacrée et que la personne ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent. Cela est une règle de l'éthique chrétienne connue.
Par contre, il est légitime de faire respecter son droit à la vie. Qui défend sa vie n'est pas coupable de meurtre, même s'il est obligé de tuer son agresseur. Même le légendaire Thomas d'Aquin, l'auteur de la célèbre Somme théologique, est en accord avec ce point: (...) on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu'à celle d'autrui».
Ainsi, en tirant sur ses agresseurs. Jean-Guy Blanchette n'était pas seulement en droit, mais il était devant un devoir grave de mettre hors d'état de nuire ses assaillants.
Dans la situation tragique au cœur duquel il s'est retrouvé, et si les faits rapportés par les médias sont véridiques, le Beauceron a fait acte d'une remarquable qualité de juge ment. Maintenant, sera-t-il capable de pardonner?
Benoit Voyer Granby
(Voix de l’Est, 13 novembre 2004, p. 38)
ARTICLE DU JOUR: Le 10 octobre est la Journée internationale en santé mentale
Par Benoit Voyer
9 octobre 2025
Depuis quelques années, chaque
nuit, je travaille en santé mentale dans l’unité de soins psychiatriques d’un
hôpital de la région de Lanaudière. Même si la passion est moins présente que
jadis, j’aime beaucoup mon travail. La maladie mentale me fascine.
Pourquoi ai-je perdu la passion
? La réponse est simple : La maladie mentale use les intervenants et les
infirmiers spécialisés. Ce boulot est demandant. Ce n’est pas tant de la
patience qui finit par manquer, mais la compassion. Malgré tout, comme chacun
de mes collègues, je garde mon professionnalisme.
Qu’est-ce qui nous use tant ?
Bien des choses. Mais, j’ose en nommer deux. Il y a d’abord la violence de
plusieurs patients désorganisés que nous devons gérer. À cela s’ajoute
l’encadrement disciplinaire que nous devons assumer. Encadrer un patient avec un
réel problème en santé mentale, c’est compréhensible. En revanche, la gérance
de troubles de comportements, c’est-à-dire du monde simplement « mal
élevé », demande bien de l’énergie.
Je pourrais aussi parler de la
toxicomanie. Les drogues, même légales, sont une source de problèmes pour de
nombreux patients. À mon avis, la légalisation de la marijuana n’a pas été une
bonne chose pour les personnes qui ont un problème en santé mentale. Par
moment, j’ai l’impression que notre milieu de soins est devenu un centre de
désintoxication.
Un jour, il faudra que
s’organisent des grands États généraux en santé mentale. Pour le bien des
patients et une meilleure performance des milieux de soins, il faut une grande
réflexion collective sur les soins que nous donnons au Québec. Le personnel de
la santé fait en ce moment des petits miracles, mais il pourrait arriver à de
meilleurs résultats en revoyant les protocoles. D’ailleurs, en janvier, j’ai
proposé au comité de la conception du programme au Parti conservateur du Québec
d’inscrire ces États généraux dans les priorités de la formation politique.
L’affaire est restée lettre morte. Je n’ai même pas reçu un accusé de
réception.
Ma consolation est que de
nombreux patients repartent en meilleure condition qu’à leur arrivée et peuvent
poursuivre leur vie quasi normalement grâce à la médication.
De mon côté, j’ai un autre défi
quotidien. Le travail la nuit. C’est un choix que j’ai fait, bien entendu. Mais
cela n’enlève pas la difficulté. Afin de récupérer, je dors deux fois par
jour : le matin et en soirée. À cela s’ajoute très souvent une petite
sieste durant ma pause. Durant les congés, je tente de dormir un peu la nuit,
mais c’est comme si je dormais une sieste au cœur de l’après-midi. Depuis tant
d’années à travailler la nuit, mon corps a changé son rythme de croisière. Je
ne sais même pas si je serai capable de revenir à la normalité à ma retraite,
dans 4 à 7 ans.
Bon ! Bon ! Comme
l’écrivait le frère Marie-Victorin à Marcelle Gauvreau, le 20 février
1937 : « On soulage ses maux en les racontant. » C’est peut-être un peu ça
que j’ai fait aujourd’hui… Mais je voulais surtout que vous ayez une pensée
pour ceux et celles qui travaillent auprès des personnes malades en cette
Journée internationale de la santé mentale.
POLITIQUE: Drôle de démocratie
Lundi, à peine le tiers des électeurs se sont rendus aux urnes pour élire André Boisclair et sa collègue Marie Malavoy. C'est triste pour un pays démocratique que si peu d'électeurs se fassent entendre. Pourquoi les gens ne se sentent-ils pas plus intéressés à exercer leur droit de vote ? Pourtant, lorsque les programmes des formations politiques traditionnelles, comme le PQ et le PLQ, ne plaisent pas, il est possible de donner son vote à un parti moins populaire, comme le Parti vert, ou un candidat indépendant, afin de s'exprimer. Drôle de démocratie.
Benoît Voyer
(La Presse, 16 aout 2006, p. A-21)
ARTICLE DU JOUR: Multiculturalisme, islamisme et immigration
8 octobre 2025
La montée de l’islamisme au Canada indique que la philosophie multiculturelle et les politiques d’ouverture et de tolérance qui ont été adoptées par la classe politique depuis l’époque du premier ministre Pierre Elliott-Trudeau et continuées par son fils Justin, sont un échec. Elles conduisent aux mêmes troubles sociaux vécus en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l’Europe et pourraient même nous conduire à une dictature islamique d’ici 50 ans.
Le multiculturalisme propose une vision de la personne qui est déracinée de toute appartenance politique, religieuse, nationale, culturelle et historique. Il va même jusqu’à une décomposition de la civilisation occidentale. Volontairement, il cherche à déconstruire le monde ancien pour implanter de nouveaux modèles.
Dans le domaine de l’immigration, il implique une ouverture totale aux demandes des immigrants. Cela conduit à un déni de son identité nationale propre afin d’accueillir sans restriction celle de la personne qui est accueillie.
Sur ce point, Mathieu Bock-Côté écrivait dans son livre “Le nouveau régime : essais sur les enjeux démocratiques” (Boréal, 2017) : « Ce que les idéologues du multiculturalisme rejettent essentiellement, c’est l’idée qu’un “nous” historique et cohérent sur le plan culturel soit fondateur d’une communauté politique et que les nouveaux arrivants doivent en prendre le pli pour s’y intégrer. »
Avec l’immigration massive, on contribue à l'effacement culturel et à la chute des sociétés occidentales.
Comme Mathieu Bock-Côté et plusieurs autres observateurs et penseurs, je suis très préoccupé par l’islamisme. Ce courant radical d’origine chiite profite de cette ouverture multiculturelle pour s’incruster de manière permanente dans notre société.
On le voit, l’islamisme est un système politique et religieux impérialiste. Il parle de colonisation de l’Occident par leur nombre et par leur influence sur la pensée de chaque Occidental ou, en termes plus simples, de « coloniser les esprits ».
On le voit avec évidence en Europe, l’islam fait ouvertement une guerre aux institutions. La femme, le voile et la burqa sont, notamment, parmi les armes utilisées.
Mathieu Bock-Côté ajoute : « Ce qui heurte autant le commun des mortels dans le voile intégral, c’est qu’il représente un symbole agressif et militant du refus de l’intégration au monde occidental par une frange de l’islam qui ne doute pas de son droit de conquête. »
Il en va de même avec la prière en public, une autre de leurs armes.
L’islam politique est une théocratie avec son propre ensemble de lois. Cela amène plusieurs fondamentalistes musulmans à résister à l’intégration aux lois canadiennes, car ils veulent maintenir leur propre système juridique.
Un proche m’accusait, il y a quelques jours, de devenir intolérant. Pourtant, je ne suis pas le seul à parler de « l’invasion islamiste du Canada ».
En exemple, en 2024, si mon souvenir est bon, l’écrivain algérien Boualem Sansal disait à l’émission « L’Invité » sur TV5 Monde : « C'est idiot de séparer islam et islamisme. Au temps du prophète, des gens demandaient déjà l'application stricte de l'islam. De là à penser qu'il y a un islam modéré, c'est une analyse fausse. L'islam est conquérant, prosélyte. »
En 2024, dans plusieurs villes du pays, on a assisté à de grandes manifestations en faveur du Hamas. La rhétorique antisémite, accompagnée de vandalisme, de harcèlement et de perturbation de l’ordre public, est un comportement courant dans ces groupes extrémistes. Celui-ci est intolérable au Canada.
Au Canada, on doit freiner sans tarder l’immigration et arrêter d’accueillir les immigrés qui ne veulent pas s’intégrer aux valeurs de notre pays et qui veulent nous envahir et prendre le contrôle de nos institutions et de notre pays. Il faut une diminution de beaucoup plus que 20 % du nombre d’immigrants. Soyons plus fermes sur le nombre afin d’envoyer un message clair.
En matière d’immigration, notre priorité devrait être d’accueillir des immigrants économiques et des réfugiés appartenant à des groupes persécutés qui n’ont nulle part où aller dans les pays voisins. Je pense ici aux chrétiens, aux yézidis et aux membres de religions minoritaires dans les pays à majorité musulmane ou aux personnes qui sont persécutées parce qu'elles rejettent l'islam politique et adhèrent aux valeurs occidentales.
Et puis, comme l’a fait en 2024 la République du Tadjikistan, en Asie, où 97 % de la population est musulmane, le gouvernement canadien doit officiellement interdire le hijab islamique. Qu’attendons-nous pour dire avec fermeté comme le gouvernement du Tadjikistan que le hijab est une culture étrangère, une invasion culturelle et qu’ici, les femmes ne se couvrent pas les cheveux ?
POLITIQUE: Layton: un défi ambitieux
Benoît Voyer Montréal
(La Presse, 18 mai 2004, p. A-20)
ARTICLE DU JOUR: Le prélude de la société catholique québécoise
Par Benoit Voyer
7 octobre 2025
Pendant environ 125 ans, l’Église catholique a été très présente dans la société québécoise. On pense de nos jours qu’il en a toujours été ainsi depuis l’époque de la colonisation française. Ce n’est pourtant pas la réalité. Dans la première partie des années 1800, le catholicisme est en sévère perte de vitesse. Les religieux, religieuses et membres du clergé sont de moins en moins présents dans la société. Et puis, dans l’ensemble, les catholiques sont de moins en moins catéchisés et mélangent leurs croyances avec d’autres. Le catholicisme se dirigeait droit dans un mur vers sa disparition.
Le 3 septembre 1840, l’évêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, reçoit de la grande visite. Venant à peine de débarquer du British America au port de Québec, après avoir parcouru une partie des États-Unis, Mgr Charles-Auguste de Fourbin-Janson, évêque de Nancy, en France, et fondateur de la congrégation des missionnaires de France, en 1814, répond à la demande de l’épiscopat de donner une série de sermons au Canada.
L’invité a la réputation d’être un grand orateur. « Il possède à un degré éminent la triple puissance du pathétique, de la logique et de l’enthousiasme, ce qui, joint à une phraséologie naturelle et intarissable », indique les Prémices des « Mélanges religieux »[1].
Sans tarder, le dimanche 6 septembre, il donne un premier grand entretien dans la cathédrale de Québec. Ne possédant pas d’organisme de loisirs culturels, les citoyens de Québec aiment se régaler de beaux discours. À entendre cet homme venu de loin, ils sont comblés.
Le lendemain, le journal Le Canadien [2] fait les éloges de l’évêque et annonce une grande retraite spirituelle : « Le sermon de Monseigneur l’évêque de Nancy, hier, dans la cathédrale de cette ville, a produit une impression des plus vives dans son auditoire, et il est devenu le sujet de toutes les conversations : en un mot on en est revenu tout enthousiasmé. Aussi est-ce une bonne nouvelle que l’on va recevoir avec infiniment de plaisir, lorsque nous dirons que ce vénérable prélat se propose de faire en cette ville une retraite de quelques jours, où chacun pourra aller se nourrir avec abondance de la parole de Dieu prêchée par une bouche éloquente. De Québec, Mgr de Nancy doit se rendre, dit-on, à Montréal et dans le Haut-Canada, puis au Détroit et à New York, et dans diverses autres parties des États-Unis, semant partout les fruits de son admirable prédication. Il fait espérer une nouvelle visite à Québec dans le cours de l’été prochain. »
La retraite spirituelle débute le 13 septembre. Elle ne devait durer qu’une semaine, mais devant l’affluence, elle sera prolongée. Le 28 septembre, le journal Le Canadien [3] écrit : « Hier s’est terminée la retraite, commencée il y avait deux semaines, à la cathédrale de cette ville, sous la direction de Monseigneur de Nancy. Cette retraite ne devait durer qu’une semaine, mais l’affluence des fidèles auprès des directeurs de leurs consciences a été telle, tant de monde a voulu profiter des avantages spirituels qu’offrait cette retraite, qu’on a dû doubler le temps qu’on lui avait d’abord destiné. Tel est l’effet du cours de prédications de ce prélat distingué ; il en dit plus que tout ce que nous pourrions rapporter, dans le cas où un pareil sujet tomberait dans les attributions du journalisme. Monseigneur de Nancy a prêché deux fois par jour la première semaine, et une fois la seconde, et chacune de ses improvisations durait une heure et demie à peu près. On avait réuni dans cette retraite les fidèles des deux paroisses de Québec et de St-Roch, la matinée pour les femmes, le soir pour les hommes, et chaque fois la cathédrale était encombrée de monde. On a calculé qu’il ne pouvait pas y avoir moins de 5 à 6000 personnes à chaque instruction.
Monseigneur de Nancy a su profiter de l’impulsion qu’il a imprimée à la population catholique de cette ville, pour encourager la formation d'une société de tempérance, sous les auspices des autorités ecclésiastiques, et avec des avantages et exercices spirituels, sur le modèle des sociétés recommandées par les évêques catholiques d’Irlande et des États-Unis. Ainsi le passage de ce prélat serait marqué par l’accomplissement d’une œuvre qui ne peut manquer d’influer beaucoup et d’une manière permanente sur le bien-être social de notre population. […]
Cet après-midi, il a dû être présenté à Monseigneur de Nancy une adresse signée par un grand nombre de notabilités catholiques de cette ville, le remerciant des efforts qu’il a bien voulu taire en faveur des fidèles des deux paroisses. »
Le 30 septembre, l’évêque de Nancy quitte Québec pour Montréal [4], mais la visite est compromise à cause du décès de l’évêque montréalais.
[1] Prémices des Mélanges religieux, 14 décembre 1840 au 20 janvier 1841, p. 12. Cité dans : Germaine Duval. Par le Chemin du roi une femme est venue, Bellarmin, 1982, p. 111.
[2] Le Canadien, 7 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455239
[3] Le Canadien, 28 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455248
[4] Le Canadien, 30 septembre 1840, p. 2 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455249
POLITIQUE: Protégeons nos archives
Dans un reportage diffusé sur les ondes de Radio-Canada, le 22 février, il est désolant de découvrir que les archives nationales du Canada sont dans un état lamentable et que près de 30 000 pièces de la collection sont perdues. Elles sont rongées par l'eau, les moisissures et la lumière des néons. Parmi ces documents figurent les originaux des Mémoires de Champlain, fondateur de Québec, et les Relations des Jésuites. Ce sont des documents historiques d'une valeur inestimable.
Qu'est-ce que compte faire votre gouvernement pour remédier à la situation et sauver la richesse de notre histoire ? Il est urgent que le gouvernement augmente le budget des Archives nationales du Canada et qu'il donne à l'organisme des locaux adéquats. Est-ce que le gouvernement du Canada pourrait envisager la construction d'une grande bibliothèque canadienne, comme c'est le cas sur le plan provincial avec le projet en chantier de la Grande Bibliothèque du Québec, qui regrouperait les collections des Archives nationales du Canada et de la Bibliothèque nationale de Canada ?
Benoît Voyer
Montréal
(La Presse, 26 février 2004, p. A 22)
UN PEU DE MOI: Le drame de Laurent Jean
Par Benoit Voyer
6 octobre 2025
Le samedi 7 octobre 1967, au petit matin, vers 7 h, près du lac de la Côte-Jaune, dans la réserve faunique de La Vérendrye, à environ 107 kilomètres au nord de Maniwaki, « alors qu’ils se promenaient dans le bois et que d’autres chasseurs étaient dans les mêmes parages, l’un de ces derniers, croyant avoir entendu passer un animal, tira »[1]. Mon oncle Laurent Jean [2], 31 ans, est tué sur le coup. Mon autre oncle, Maurice Jean, 29 ans, est blessé à un bras. Il sera soigné à l’hôpital de Maniwaki.
Le journal Le Canada français écrira : « Les deux chasseurs auraient été trouvés par les gardes forestiers de l’International Paper vers les 19 heures. Apparemment, un fort contingent de chasseurs sillonnait la région où l’accident est survenu »[3].
La nouvelle sera reçue comme un drame, particulièrement pour maman qui était particulièrement proche de Laurent. On s’imagine le drame vécu au 929, de la rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Tante Margo [4] se retrouve veuve avec deux enfants en bas âge, soit ma cousine Diane et mes deux cousins Michel et Luc, dont mes parents sont la marraine et le parrain.
Le corps de Laurent rentrera à Saint-Jean-sur-Richelieu dans une ambulance de l’entreprise Oligny qui est allée le chercher à Maniwaki.
La police de la Sûreté provinciale, détachement de Maniwaki, mènera une enquête afin de connaître les circonstances exactes de l’accident et d'établir les responsabilités. Les archives de la police provinciale n’existant plus, il est impossible de revoir les dossiers des enquêteurs.
De son côté, le rapport du coroner Jean Lécuyer [5] nous donne ses conclusions. Il y a eu négligence criminelle. Il écrit : « André Croteau et Lionel Croteau naviguaient sur La Côte Jaune à la recherche du gibier – ils allaient accoster sur la petite île flottante, ils ont vu « une ou deux taches qui bougeaient à environ 50 pieds du rivage ». Ils croyaient que ce pouvait être un ou deux orignaux. Ils ont immédiatement fait feu sans plus. Ils auraient dû regarder plus longuement, s’approcher afin d’être certains qu’ils ne faisaient pas feu sur des êtres humains. De faits. Les deux taches mentionnées, c’étaient deux autres chasseurs, Laurent Jean et Maurice Jean. Ils ont tué Laurent Jean. »[6] Les Croteau étaient domiciliés au 27, rue Blais, à Laprairie. Les frères Jean habitaient le 929, rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Cela est la version officielle du drame qu’écriront La Presse [7] et La Voix de l’Est [8].
Durant toute ma vie, j’entendrai parler de ce drame, chacun y allant de ses hypothèses ou petits bouts de vérité, allant même jusqu’à affirmer que l’enquête de la police n’est pas allée assez loin dans son enquête.
Au salon funéraire, l’émotion sera à son comble.
Laurent sera inhumé dans le lot 307D du cimetière de Saint-Jean-sur-Richelieu, situé sur la rue Saint-Jacques.
____________________
[1] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
[2] Avis de décès. Le Richelieu, 19 octobre 1967, p. 6.
[4] Marguerite Dumesnil, de son vrai nom.
[5] Cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[6] Cf. le rapport du coroner Jean Lécuyer.
[7] La Presse, 10 octobre 1967, p. 6.
[8] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
POLITIQUE: Qui paie ses dettes s'enrichit
Je suis inquiet de l'endettement du Québec. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important. Avec une dette d'environ 122 milliards de dollars et un déficit qui devrait atteindre de 5 à 6 milliards pour le présent exercice financier, nous n'avons plus le choix d'agir. Le problème qui nous paralyse est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence: «Qui paie ses dettes s'enrichit!» Ils avaient raison. C'est pourquoi il faut saluer la série de propositions du dernier congrès du Parti libéral: rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée. Ces mesures devront, tôt ou tard, être mises de l'avant.
Benoit Voyer, Montréal
(La Presse, 14 octobre 2009, p. A28)




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