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En ce 23 juillet 2025, de passage au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, je me suis recueilli a la tombe du vénérable Alfred Pampalon. |
La tombe du vénérable Alfred Pampalon
Autrefois a Sainte-Anne-de-Beaupré
Sur le site du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, on retrouve une vieille chapelle, témoin de la vie paroissiale de la communauté humaine locale. Tout près, se trouve l'ancien cimetière. Sur les murs du bâtiment patrimoniale, des plaques commémoratives rappellent les premiers habitants et leurs familles, pour la majorité a la base de la population francophone du Québec, du Canada et de l'Amérique. On les appelle les "familles souches".
Pierre Boivin et Étiennette Lessard
Claude Poulin, Jeanne Mercier, Jeanne Poulin et Louise Paré
Jean Barrette et Jeanne Bitouset
Louis Gagné, Marie Michel, Pierre Gagné et Marguerite Rosée
Pierre Simard dit Lombrette et Noel Simard
Liste de premiers propriétaires du patelin
René de Lavoye et Anne Godin
Robert Giguère et Aymée Miville
Étienne Lessard
Gabriel-Robert Dufour
Étienne Racine
Catherine Vanier et Georges Pelletier
Au sujet du suicide assisté
Par Benoit Voyer
Télé-Québec (le 18 novembre) et le magazine L'Actualité (dans son édition du 1er décembre) ont diffusé de grands reportages sur le suicide assisté. L'histoire de Manon Brunelle, ex-assistante réalisatrice à Télé-Québec, qui a mis fin à ses jours sous l'oeil de la caméra, a grandement bouleversé les téléspectateurs et les lecteurs.
Manon Brunelle a épuisé ses réserves de foi. En réalité, de quelle foi s'agit-il? De la foi en elle-même, en Dieu ou en l'espérance? Je n'ai pas réussi à répondre à cette question. Son départ médiatisé n'a fait que provoquer en moi une sensation de grand vide. La seule réponse qui est parvenue à mon oreille a été un profond silence.
Tiré de : Benoit Voyer. « Lettres: Au sujet du suicide assisté », Le Devoir, 20 novembre 2004 (page consultée le 2 aout 2024)
ledevoir.com/opinion/idees/69251/lettres-au-sujet-du-suicide-assiste
Télé-Québec (le 18 novembre) et le magazine L'Actualité (dans son édition du 1er décembre) ont diffusé de grands reportages sur le suicide assisté. L'histoire de Manon Brunelle, ex-assistante réalisatrice à Télé-Québec, qui a mis fin à ses jours sous l'oeil de la caméra, a grandement bouleversé les téléspectateurs et les lecteurs.
Manon Brunelle a épuisé ses réserves de foi. En réalité, de quelle foi s'agit-il? De la foi en elle-même, en Dieu ou en l'espérance? Je n'ai pas réussi à répondre à cette question. Son départ médiatisé n'a fait que provoquer en moi une sensation de grand vide. La seule réponse qui est parvenue à mon oreille a été un profond silence.
Tiré de : Benoit Voyer. « Lettres: Au sujet du suicide assisté », Le Devoir, 20 novembre 2004 (page consultée le 2 aout 2024)
ledevoir.com/opinion/idees/69251/lettres-au-sujet-du-suicide-assiste
Des chiffres inquiétants
Des chiffres inquiétants
Par Benoit Voyer
Je suis toujours étonné de lire les données publiques sur la situation de la pauvreté.
En consultant le Rapport annuel de gestion 2009-2010 et comptes publics du ministère de la Santé et des Services sociaux, j’ai appris que le soutien financier de dernier recours occupe moins de 5 % du budget du Québec.
De son côté, un bilan de l’Institut Broadbent montre que le groupe de 1 % des bien nantis accapare actuellement à lui seul 14 % de l’ensemble des revenus au Canada. L’Institut fait état d’une situation inquiétante, qui démontre que les inégalités économiques et sociales au Canada augmentent dangereusement. Le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s’élargir.
Ailleurs, l’OCDE explique que cette montée canadienne de l’inégalité des revenus, depuis le milieu des années 1990, est beaucoup plus marquée que chez la moyenne des pays industrialisés. Elle ajoute que la croissance de l’inégalité est plus grande au Canada que chez notre voisin américain.
Au Québec et au Canada, le problème n’est pas celui de la création de la richesse, mais plutôt celui de sa répartition afin que tous en profitent. À quand un peu plus de justice sociale ?
Tiré de : Benoit Voyer. « Des chiffres inquiétants », Le Devoir, 1er novembre 2012 (page consultée le 2 aout 2024) ledevoir.com/opinion/lettres/362848/des-chiffres-inquietants
L’entrée dans le plan du Père
Saint Paul avoue clairement, dans son épitre aux Éphésiens, c. 3e, que Dieu lui a « accordé par révélation, la connaissance du mystère » (v. 3 et 4). Puis, au verset 5, il ajoute : « Ce mystère n’avait pas été communiqué aux hommes des temps passés comme il vient d’être révélé maintenant à ses apôtres et prophètes, dans l’Esprit : Les païens sont admis au même héritage, membres du Corps bénéficiaires de la même promesse, dans le Christ Jésus, par les moyens de l’évangile ».
C’est donc dire que, dans le plan du Père, c’est l’humanité tout entière qui est appelé au salut par et dans le Christ de sorte que le royaume de Dieu soit, en principe du moins, co-extensif a l’humanité elle-même. Non seulement Dieu veut sauver tous les hommes, mais il veut récapituler toute la création sous un seul chef : Jésus-Christ (Eph. 1,10).
Vatican II rappelle cette vérité fondamentale aussi bien dans la constitution dogmatique « Lumen Gentium » que dans son décret sur l’activité missionnaire « ad gentes ». Citons par exemple deux passages significatifs :
1- « Dans l’ordre actuelle des choses, dont découlent de nouvelles conditions pour l’humanité, l’Église, sel de la terre et lumière du monde (matt. 5 :13-14) est appelée de façon plus pressante à sauver et à rénover toute créature, afin que tout soit restauré dans le Christ et qu’en lui les hommes constituent une seule famille et un seul peuple de Dieu ». (Ad Gentes, Introd. par. 2)
2- « C’est ainsi que l’Église prie et travaille tous ensemble, afin que le monde entier devienne le peuple de Dieu et soit transformé en temple de l’Esprit saint; et que, dans le Christ, chef de tous les êtres, tout honneur et toute gloire soient rendus au créateur et Père de toutes choses. » (Lumen Gentium, no 17)
C’est pourquoi la sainte écriture ne cesse de nous inviter à entrer pleinement dans ce plan salvifique du Père, car il ne veut pas sauver le monde sans nous; bien au contraire, il a daigné nous appeler, dans la miséricorde de sa grâce, à devenir les bâtisseurs et les artisans de son royaume, en nous donnant le « pouvoir de devenir les enfants de Dieu », ses propres fils bien aimés dans son seul et unique vrai fils, Jésus-Christ, une « race choisie, un peuple saint, un peuple de prêtres, de prophètes et de rois (1 Pierre 2 :9). Cette invitation du Père s’exprime très souvent, dans le Nouveau Testament, par l’expression suivante : « Telle est la volonté de Dieu sur nous ».
Explorons ensemble maintenant quelques passages ou apparait cette expression manifeste de la « volonté » de Dieu :
1- « La volonté de Dieu : C’est votre sanctification » (1 Thess. 4 :3)
Déjà dans le sermon sur la montagne, Jésus nous a tracé l’idéal de sainteté auquel nous sommes conviés par le Père : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait » (Matt. 4 :48).
Saint Paul indique également le sens profond de notre vocation chrétienne : « C’est ainsi que Dieu le Père nous a élus en Jésus-Christ, dès avant la création du monde, pour être saints, immaculés et sans tache en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, a la louange de gloire de sa gloire ». (Eph. 1,4-6).
Saint Pierre n’est pas moins explicite sur ce point lors que dans la première épitre aux croyants de la diaspora, il les exhorte à la sainteté : « Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux caprices de jadis, du temps de votre ignorance.
Mais, de même que celui qui vous a appelé est saint, devenez saints vous aussi, dans toute votre conduite, selon qu’.il est écrit : « Vous serez saints, parce que moi je suis saint » (1 Pierre 1 14-16).
Or, la sainteté à laquelle nous sommes appelés n’est pas le résultat de nos efforts personnels, de notre vertu propre ou de notre volonté. C’est essentiellement l’œuvre de Dieu en nous, l’œuvre de sa grâce et de sa miséricorde. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu d’abord, mais c’est lui qui nous a aimé le premier. Alors même que nous étions ses ennemis par le péché, il nous a fait le « don gratuit », le cadeau précieux, sans mérite de notre part, de devenir ses fils adoptifs en Jésus-Christ, notre sauveur et rédempteur.
II – « La volonté de Dieu, c’est que vous soyez conformes à l’image de son Fils » (Rm 8, 29)
Saint Paul continue à nous donner plus de détails sur le plan de salut initié par le Père et réalisé en la personne de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ. « Car ceux que le Père a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères; et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; Ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »
Cela ne veut certes pas dire que nous sommes purement passifs et que nous n’avons rien à faire : Dieu qui nous a créés sans nous, ne veut pas nous sauver sans nous. Ce qu’il demande, c’est la foi en son Fils Jésus-Christ : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, a ceux qui croient en son nom… » (Jn 1, 12). Nous avons donc à prononcer le oui de la foi, puis à vivre de la foi en acceptant de mourir au « vieil homme » pour qu’apparaisse « l’homme nouveau » regénéré dans le sang de l’agneau. (Romains 6 :2-4)
Le Seigneur nous demande d’acquiescer à sa volonté par amour et d’accepter de se laisser interpeller par sa Parole afin que germe en nous la semence de vie divine. Mais il désire par-dessus tout que nous nous laissions envahir par son Fils jusqu’à ce que nous puissions parler comme lui, penser comme lui, agir comme lui et sentir comme lui : « Ayez en vous les mêmes sentiments que le Seigneur Jésus » (Phil. 2 :5)
Or, d’après le plan du Père, comment cela doit-il se faire? Déjà Jean-Baptiste nous indique comment ce plan doit se réaliser : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3 :30). Et saint Paul mène cette pensée a sa conclusion ultime : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus qui vit en moi » (Gal 2 :20). Il s’agit donc de se laisser saisir, par le Christ, posséder par le Christ, pénétrer par le Christ, transformer par le Christ, par un oui total, par un accueil inconditionnel du Christ qu’on a intronisé dans son cœur, dans sa volonté, dans tout son être, bref : dans sa vie.
Voilà bien ce que saint Paul nous apprend d’une façon claire et précise dans sa première épitre aux Corinthiens : « Car c’est par la volonté du Père que vous êtes dans le Christ Jésus qui, de par Dieu, est devenu pour nous notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption (1 Cor. 1 :30). Puis il nous en donne la raison profonde : « Afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur » (1 Cor. 1 :31).
III – « La volonté du Père, c’est que vous soyez remplis de l’Esprit saint » (Éphésiens 5 : 17-19)
La volonté salvifique du Père ne peut être que trinitaire puisqu’elle nous convie à participer à la vie même des trois personnes divines. Jésus nous l’avait déjà enseigné avant que Paul ne l’explique de façon plus élaborée : « Celui qui fait la volonté de mon Père, celui-là mon Père l’aimera, et nous viendrons en lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14-23). Ce que Paul nous apprend dans son épitre aux Éphésiens, c’est la manière concrète et pratique d’entrer pleinement dans la volonté du Père :
« Ne soyez pas inconsidéré, mais sachez voir quelle est la volonté de Dieu sur vous. Ne vous enivrez pas de bon vin : On n’y trouve que libertinage. Soyez plutôt remplis de l’Esprit saint. »
On se souviendra que les apôtres, au jour de la pentecôte, donnèrent à tous l’impression d’être ivres après qu’ils furent remplis de l’Esprit saint.
On se souviendra que les apôtres, au jour de la pentecôte, donnèrent à tous l’impression d’être ivres après qu’ils furent remplis de l’Esprit saint.
La réponse de Pierre fut immédiate : Impossible d’être saoul à si bonne heure le matin. Puis il procéda à expliquer à la foule ce qui leur était arrivé : Voici que le petit groupe timide des disciples du Seigneur avait fait l’expérience fantastique du baptême dans l’Esprit saint dont Jésus leur avait parlé plusieurs fois, mais plus spécialement le jour de son ascension (voir Acte 1 :14-18). Ils n’avaient rien compris alors; mais voici qu’en ce jour inoubliable se réalisaient à la fois la promesse du Christ et la prophétie de Joel (3 : 1-5). Sous l’onction de l’Esprit saint, Pierre parla avec tant de conviction et de puissance que 3000 se convertirent au Christ Jésus de Nazareth (Acte 2 au complet).
La volonté de Dieu est toujours la même pour nous aujourd’hui au XXe siècle. N’est-ce pas d’ailleurs l’objet premier de la prière de Jean XXIII que toute l’Église adressa à Dieu le Père pendant la durée entière du concile : « Renouvelles-en notre temps les merveilles de la Pentecôte »
Il ne peut y avoir de renouveau spirituel en profondeur dans l’Église du Christ que si l’Esprit de Jésus-Christ ne la ravive, ne la revitalise de son souffle puissant et vivificateur. Il n’est donc pas étonnant de constater que si tôt après le concile (soit en 1967), ce souffle de pentecôte n’ait commencé à se faire manifeste à travers le monde. De plus en plus de catholiques sont en train de faire l’expérience de baptême dans l’Esprit saint (ce que j’expliquerai dans un futur article) donnant ainsi naissance à un authentique renouveau charismatique tout comme au temps de l’Église primitive. J’ai eu moi-même l’occasion de voir ces manifestations de l’Esprit saint[2] au Danemark, en Hollande, en Espagne, en Italie, à travers les États-Unis et d’un bout à l’autre du Canada, de l’Île-du-Prince-Édouard jusqu’à Vancouver. C’est un nouveau printemps dans l’Église et la promesse de fleurs nous annonce une riche moisson de fruits spirituels dans le monde entier.
IV – « La joie et la prière d’action de grâce, c’est la volonté de Dieu » (1 Thess. 5 : 16-20)
Le cadre de cet article est trop restreint pour pouvoir explorer complètement tous les passages d’écriture nous parlant de la volonté du Père. Mais je ne voudrais pas conclure avant d’avoir dit clairement que la volonté du Père, c’est que notre « joie soit parfaite » et que nous jouissions « de la plénitude de la vie, et de la vie surabondante » (Jean 10 :10; et 16 :24).
Le Père nous appelle à la joie et à la vie débordante en nous abreuvant aux sources vives qui jaillissent du cœur de son Fils bien-aimé Jésus-Christ. Et c’est dans le dialogue d’amour qu’est l’authentique prière chrétienne qu’on peut se renouveler sans cesse dans la joie et la vie.
« Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition, soyez dans l’action de grâce. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit saint, ne dépréciez pas la prophétie, mais vérifiez tout : Ce qui est bon retenez-le; Gardez-le de toute espèce de mal ». (1 Thess. 5 : 16-22)
La principale source de joie pour le chrétien, c’est la pensée du glorieux avènement de Jésus-Christ : « Nous attendons sa venue dans la gloire » disons-nous dans l’acclamation de foi qui suit la consécration.
Oui, Jésus reviendra et son retour est prochain. Notre joie et notre consolation, c’est de savoir que nous sommes appelés à bâtir son royaume et à travailler comme signes et témoins du Christ afin que son règne social arrive enfin sur la terre comme au ciel.
Voilà le sens de notre baptême; Voilà le sens de notre confirmation; Voilà le sens de notre engagement apostolique. Mais notre bouclier c’est la foi, notre épée c’est la parole de Dieu et notre puissance c’est l’Esprit saint qui « prie en nous par des gémissements ineffables » (Romains 8 : 26-28). La prière du cœur et de l’Esprit, voilà bien qui est l’âme de tout apostolat; La force contre laquelle rien ne peut s’opposer. Et non pas la prière du quémandeur importunant sans cesse le ciel pour des petits riens qui visent ses intérêts mesquins et individuels. Mais bien la prière d’action de grâces, la prière de louange et de gloire, la prière de foi et de joie qui se sait déjà exaucée avant même qu’elle se réalise. C’est la prière de contemplation qui jaillit du cœur en cascades de merci plutôt qu’en bouillonnement de « Si » … Tout comme Jésus l’enseignait a ses apôtres : « Quand vous priez, priez comme si vous l’aviez déjà reçu et cela vous sera certainement donné », (Marc 11 :24).
Conclusion :
Comme on s’en rend vite compte, la volonté du Père n’est pas celle d’un tyran ou d’un gendarme, d’un colonel d’armée ou d’un dictateur insatiable. Non : Car le Père est amour et il ne veut rien de plus que nous vivions de l’amour, dans l’amour et pour l’amour.
Cette volonté du Père est savoureuse à connaître, mystérieuse à comprendre, merveilleuse à découvrir et facile à exécuter. Jamais le Père ne nous demande quelque chose au-dessus de nos forces. C’est pourquoi le chrétien qui se plaint sans cesse du fardeau des dix commandements et du caractère contraignant de la volonté de Dieu, devrait se demander sincèrement si ce n’est pas lui-même qu’il faut gronder plutôt que le Père tout aimant qui nous a aimés le premier…
Je suis persuadé que le chrétien triste, morose, dégonflé et plaignard, n’a tout simplement pas fait l’expérience authentique et personnelle avec le Christ, et très certainement n’a pas encore fait la découverte sensationnelle du baptême dans l’Esprit saint.
Pourtant, c’est là, tout prêt à recevoir, tel que promis par le Père : « Si vous, tout méchants que vous êtes, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père du ciel donnera-t-il l’Esprit saint à celui qui l’en demande » (Luc 11 :13).
Terminons cet article sur la merveilleuse prière de saint Paul (Eph. 3 :14-19) :
« C’est pourquoi je fléchis le genou en présence du Père de toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. Qu’il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. Ainsi vous recevrez la force de comprendre la largeur, la longueur et la profondeur de l’amour du Christ. »
Jean-Paul Regimbal
Tiré de: Trinité Liberté, Vol.4 No 4, juillet-août 1971, pp.17 à 21. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ-PER120)
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 8 (1993)
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 8 (1993).
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: L'évangile de Marc;
2- Marcel Morin, peintre;
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Les cataclysmes de la fin des temps;
4-Enseignement religieux: La méthode symbolique;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 15;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du médecin de campagne;
7- Marthe Lamothe: L'éducation de la foi au Diocèse de Nicolet;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les abus sexuels;
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres.
10-Thérèse Miron: Apprendre a perdre;
11- La chanteuse Daniele Oderra lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 08 (Fonds Benoit Voyer) Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
Témoignage d'un homme d'affaires touché par la grâce
Témoignage de l'homme d'affaires Bernard Provencher
Le 2 juin 1979, dans le cadre de l’atelier 6 du congrès national du renouveau charismatique qui a lieu au Parc olympique, à Montréal, l’homme d’affaires Bernard Provencher, de Waterloo, en Estrie, lance ce vibrant témoignage :
Vous savez, le père Jean-Paul Regimbal est toujours très court dans ses préambules. Il y a deux mois, nous étions avec M. Montreuil, à Chambly, pour une réunion préparatoire au congrès. S’adressant à M. Montreuil, le père Jean-Paul lui dit, parlant de moi : « Ben va témoigner durant le congrès ». Et la conversation continue. Je n’avais pas trop porté attention. Mais on m’avertit par courrier qu’effectivement, je devais témoigner aux congres. Inutile de vous dire que j’ai été pris de panique. J’étais à l’Eau vive, à ce moment-là, et je lisais un peu la Parole de Dieu, mais je n’ouvrais pas la bible au hasard : je continuais là où j’avais quitté la fois précédente. Et voici qu’en ouvrant la bible, ce jour-là, je lis ce texte que j’offre aujourd’hui en prière avant de témoigner : « Mais lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire. Ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous ». (Mt 10, 19-20). Est-ce que ce n’est pas extraordinaire d’être capable d’aller puiser des paroles comme celles-là qui vous réconfortent au plus haut point!
Je dois vous dire que c’est au congrès de 1977 qu’a débuté mon rapprochement avec le Seigneur. A travers toutes sortes de sentiments extraordinaires, je ressentis deux choses saillantes pour moi. C’était le vendredi soir d’ouverture, durant le chant-thème « Jésus est vivant ». On y parle de nos frères opprimés, prisonniers, délaissés. Personnellement, je n’ai qu’un frère encore vivant, l’autre est décédé. Pour la première fois de ma vie, je me sentais réellement comme faisant partie de cette immense foule qui était au Stade. Mes paroles ne me permettent pas d’exprimer les sentiments que je ressentais. Un peu plus tard, nous avons chanté le Notre Père. Encore là, c’était la première fois de ma vie que je m’adressais au Père d’une façon réellement filiale. Et ce que j’oublie de vous dire, c’est que je pleurais à chaudes larmes, au point où je ne pouvais que balbutier.
L’après-congres, je l’ai vécu par la messe et l’eucharistie quotidiennes, m’entretenant du mieux que je pouvais. Le Seigneur a mis sur mon passage des gens du renouveau qui m’invitaient à tout bout de champs à une veillée de prière et puis il a voulu me mener à l’Eau vive, au centre de formation charismatique de Granby dont les membres du bureau de direction, une fois par mois, font une nuit d’adoration pour demander au Seigneur de conseiller les personnes qui sont responsables du fonctionnement de cette entreprise. Je n’ai pas choisi l’heure : une personne m’a appelé pour me demander : « viens-tu adorer cette nuit? » Je lui dis : Oui, je viendrai vers onze heures ou minuit. – « Non, Ben, ton heure, c’est de deux à quatre heures. » C’est donc vous dire qu’on ne choisit même pas le temps où l’on va adorer!
A l’heure fixée, j’entre donc avec mon épouse dans la chapelle de l’Eau vive. Il y a a peine une trentaine de secondes que nous sommes en contemplation que l’animateur de la nuit d’adoration dit, dans un profond recueillement : « Je te remercie, Seigneur, de tracer pour une personne ici présente, une nouvelle voie ». A ce moment-là, je me suis senti enveloppé d’une chaleur du haut de la tête au bout des pieds. J’étais content, très content : je me disais : Enfin, Seigneur, tu vas me dire ce que je vais faire. Vous savez, cela se passe en un instant. Il faut que je vous dise également que nous n’étions que quatre – j’avais donc le droit de me dire que c’était dirigé vers moi, parce qu’il y avait parmi nous mon épouse, et je ne pensais pas qu’elle devait changer de carrière, elle. Je n’avais pas aussitôt pensé cela que quelqu’un ajoute : « Oui, Seigneur, je te remercie de me tracer une nouvelle voie, etc. » Je me suis dit : Bon, ce n’est pas encore pour moi! Et puis, j’ai oublié cela.
Un peu plus tard, au mois de janvier, on m’a demandé pour venir rencontrer, a l’Eau vive toujours, le père Jean-Paul Regimbal. Je m’y suis rendu et le père Jean-Paul a expliqué en quelques mots, ce qu’avait été l’Eau vive. Il y avait déjà plus de quatre ans que ce centre était fondé et tout ce temps-là, il avait, il avait été financé à 100% par la Providence, ce « Dieu de midi moins cinq » que vous connaissez sans doute. Alors, le père Jean-Paul a pensé que le temps qui est mis sur la partie matérielle empiète nécessairement sur le spirituel. On m’a demandé d’être administrateur à plein temps. Il n’en était pas question, mais j’ai offert avec joie mes services à temps partiel.
Nous voilà rendus en mars. A ce moment, je travaillais à Montréal et voyageais matin et soir. Je devais m’engager très sérieusement, au point de vue de mise de fonds, dans une entreprise très florissante. Avec raisonnement, preuves à l’appui, cela devait garantir mes jours. Mais mon épouse était absolument obstinée à ne pas me laisser faire., à ne pas me laisser poser ce geste. Un jeudi soir, nous avons eu une réunion à l’Eau vive pour planifier la campagne de financement. Le père Jean-Paul avait donné un cours, ce soir-là, et cela se termine toujours par un café, pour échanger. Tout à coup, j’ai senti le besoin d’avoir une entrevue avec lui. Alors je lui ai demandé s’il pouvait me recevoir dans un temps aussi rapproché que possible. Vous vous imaginez bien qu’il est extrêmement difficile de voir le père Jean-Paul, non pas qu’il ne soit pas disponible, mais il y a beaucoup de gens qui veulent le voir. Il y avait, dans la pièce, une personne qui m’a dit : « Écoute, Ben, j’ai un rendez-vous pour demain soir, a 6h30. Si tu veux, prends mon rendez-vous, parce que moi, a vrai dire, j’ai oublié ce que j’avais à lui dire ». Je m’amène donc le lendemain.
Je vous dis tout de suite que le père Jean-Paul, cela ne lui prend pas grand temps pour dire ce qu’il a à dire. Je lui dis tout simplement ceci : il y a « une couple » de semaines, j’ai lu la revue « Je crois ». L’article en primeur de ce mois de mars traitait sur la faim a travers le monde. Nous avons tous entendus parler du tiers du monde qui meurt de faim tous les jours, mais ça ne s’enregistre tout simplement pas. Mais cette fois-là, au fur et a mesure que je lisais, j’ai senti quelque chose de profond et je me disais en moi-même : peut-être que tu peux faire quelque chose pour cela.
Le père Jean-Paul me répond tout simplement ceci : « Voici. Les sentiments qui t’animent sont sincères, je le vois. Il y a trois choses que tu peux faire : Premièrement, tu peux aller sur place, dans un de ces pays qui souffrent de la faim et offrir ce que tu as à offrir pour alléger le problème. C’est une façon d’agir.
Deuxièmement, tu peux moins te déplacer. Tout autour de Granby et de Waterloo, il y a beaucoup de bonnes œuvres auxquelles tu pourrais te donner. Troisièmement enfin, ce que tu peux faire, - et c’est ce que je voudrais te demande, - c’est aider un gars comme moi à être plus prêtre. » Je ne me sentais pas gros, imaginez, quand le père Regimbal qui proclame le Seigneur aux quatre coins du monde me fit cette demande. Je n’osais penser qu’avec le peu de connaissance que j’avais, je pouvais lui aider à être plus prêtre. J’ai dit oui, mais il n’a pas accepté mon oui. Il y avait une période d’adoration deux jours plus tard. Il m’a donné une prière une prière d’intercession, prière qui est structurée de façon à contempler davantage et à voir si la réponse du Seigneur est réellement ce qu’on croit qu’elle est. Nous nous sommes mis d’accord qu’après la période d’adoration, j’irais lui rendre une réponse. Effectivement, la nuit d’adoration n’a fait que confirmer ce que je ressentais déjà. Le lendemain, j’ai donné ma réponse au père Jean-Paul.
Ma première tâche, ce fut cette campagne de financement. Je me rendais compte que c’était ma campagne. Nous avons pensé à notre affaire, nous avions prié avant, bien sûr, mais nous avons surtout pensé notre affaire comme il faut. Au point de vue publicité, nous avons envoyé une très belle lettre. Nous nous sommes servis du Seigneur : nous l’avions élu président de la campagne. Mais après cela, mon moi recommençait toujours à faire des siennes. On faisait ceci, on faisait cela, et je vous épargne tout ce qui est naturel et matériel.
Le premier appel fut lancé le 1er avril. Durant le mois d’avril ça répondait très bien. Tous les matins, a l’Eau vive, - nous avions un thermomètre placé a coté de la salle à manger pour que tout le monde voie bien le progrès de la campagne jours après jour – on s’inquiétait à savoir combien nous avions reçu d’argent. Six prêtres sont résidence a l’Eau vive. L’un d’eux me dit, un jour : « Ben, combien le Seigneur nous a-t-il envoyé aujourd’hui? ». Cette question fut pour moi une leçon.
Dans un deuxième temps, le Seigneur a fait autre chose, toujours pour augmenter ma foi. Nous étions à deux semaines de la fin. Tout allait très bien. Tous les jours, des montants nous parvenaient. Ce jour-là en particulier, a 5h, nous n’avions encore rien reçu de nos trois sources de fonds. Les dons nous parvenaient soit par le casier postal, soit par le facteur a l’Eau vive même, soit par des personnes qui venaient elles-mêmes porter leur don. Je ne pouvais croire que nous ne recevions rien ce jour-là. Avant de partir, je dis à sœur Alice qui était en charge des registres : si nous recevons la moindre contribution, peu importe l’heure, appelez-moi. A sept heure moins vingt précisément, le téléphones sonne et je m’empresse d’y répondre parce que je pressentais que c’était sœur Alice. Elle me dit : « Ben, vous ne devinerez jamais ni le montant, ni le donateur. Ça été la plus grosse journée de notre campagne et c’est venu d’une façon qui sort de la normale parce que c’était un deuxième don, huit fois plus grand que le premier que la même personne avait donné. » Donc, ce ne sont surement pas les communications, ni la beauté de l’impression, ni l’effort qu’on y met qui garantissent le succès d’une entreprise, je suis absolument sûr que c’est le Seigneur. Il nous a donné une campagne formidable et je l’en remercie.
Avant de terminer, je voudrais vous donner un autre exemple, je vous dis ceci parce que le père Jean-Paul m’a mis en garde contre certaines choses : « Tu vas vivre des choses merveilleuses, me disait-il, mais tu vas aussi rencontrer de grandes difficultés. » Je dois vous dire que le merveilleux primer sur les difficultés. Nous parlions tout a l’heure du Dieu de midi moins cinq : c’est le Seigneur préféré du père Jean-Paul : il l’a tellement vu en action qu’il le connait très bien… Voici. Nous avions un problème d’immeuble. Nous avions obtenu un délai de trente jours et ce délai expirait dans trois jours. Si nous ne respections pas ce délai, nous perdions une somme de 10 000$. Inutile de vous dire toutes nos démarches. Trois jours auparavant, un homme d’affaires qui avait rendez-vous avec le père Jean-Paul s’amène à son bureau. Le père Jean-Paul, tout en parlant, le met au courant du problème et dans l’espace de 30 secondes, il dit : « Père, ne vous inquiétez pas, je le prends en charge, j’y mets les fonds. ». C’était un cadeau extraordinaire du Seigneur au père Jean-Paul a l’occasion de son 22eanniversaire de sacerdoce.
Ce dont je vous ai témoigné, ce n’est que le commencement des merveilles du Seigneur. Je suis sûr qu’au fur et à mesure, il va me montrer le chemin pour continuer à œuvrer dans sa vigne.
Témoignage publié dans : Jean-Paul Regimbal. « Les charismes », conférence prononcée au Congrès national de juin 1979, Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique, 1980, pp19-24. Témoignage donné le 2 juin 1979. Document conservé a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (P049)
Michel Quoist
Propos recueillis par Benoit Voyer (1995)
La prière, un dialogue d’amoureux Vous savez, ça me barde d’aller faire des courses. Je demande au Seigneur, « Viens-tu avec moi? ». C’est une prière ça! En faisant des courses, je lui dis : « Regarde la dame, elle a une drôle de tête! » (rire) Élie Maréchal vient de publier le livre « Dieu n’a que des désirs » aux Éditions Sciences et culture. Il s’agit d’entretiens avec Michel Quoist.
Né le 18 juin 1921, au Havre (France), l’abbé Michel Quoist est un véritable auteur à succès. Près de huit millions d’exemplaires de ses livres ont été vendus autour de la planète. Son bouquin « Prières » a été traduit en 26 langues. Il s’agit d’un phénomène jamais rencontré en littérature religieuse. Même le pape Jean-Paul II a lu ses bouquins pour nourrir sa vie intérieure. Michel Quoist y voit une énorme responsabilité.
Malgré sa popularité, il demeure un prêtre simple, proche des gens qu’il rencontre. Pour demeurer ainsi, il a longtemps opté pour l’humble apostolat en paroisse, n’accumulant pas ses honoraires d’écrivain. Ceux-ci ont été donnés a des associations catholiques de jeunes français.
BENOIT VOYER - Vous-êtes un spécialiste de la prière?
MICHEL QUOIST - Je suis un chrétien et un prêtre comme les autres qui essaie de prier. J’ai surtout cherché à le faire à partir de toute la vie.
Je me suis dégagé très tôt des textes de prières tout faits. Ce qui est important, c’est de rencontrer le Seigneur dans toutes circonstances et avec nos goûts. Il faut prier avec nos mots à nous.
Je me suis dégagé très tôt des textes de prières tout faits. Ce qui est important, c’est de rencontrer le Seigneur dans toutes circonstances et avec nos goûts. Il faut prier avec nos mots à nous.
B.V. - Qu’est-ce que la prière?
M.Q. - Ho! Il faudrait un chapitre entier de bouquin… (après un long silence, il poursuit) C’est de parler à Dieu comme à un ami, c’est exprimer son amour par la parole, par des gestes, en chantant, en offrant quelque chose à celui que l’on aime, avec des gestes… Il y a bien des formes possibles et inimaginables de prières.
Prier c’est, aussi, s’exprimer par le silence, c’est-à-dire être là à côté de quelqu’un par amour.
Prier c’est aimer. Il y a de nombreuses façons d’exprimer son amour.
A quoi sert la prière?
Elle sert à répondre à l’amour infini de Dieu. Il est venu au-devant de nous pour nous le déclarer. On peut s’ouvrir à celui-ci ou bien lui dire « Je n’en ai rien à faire de ton amour! » Si on s’ouvre à un amour, on est transformé par lui.
B.V. - Comment prier?
M.Q. - A ceux qui me disent « Je ne suis pas capable de prier! » Je dis toujours « Est-ce que tu es capable de dire Bonjour? Bonsoir? Je t’aime? J’ai fait ceci? J’ai fait cela? » Ils disent « bien oui ». Alors, je rétorque à ces gens « C’est cela aimer ».
Il s’agit de le dire à Dieu. C’est simple! Pas besoin d’apprendre à prier… Ça m’agace un peu les histoires d’écoles de prière. On n’apprend pas à dire « je t’aime! »
B.V. - Comment dire « Je t’aime » à quelqu’un que je ne connais pas?
M.Q. - C’est comme dans l’amour humain : quand une fille se présente à un gars et vice-versa, ils ne se connaissent pas au début et, pourtant, ils dialoguent dès la première rencontre. Ensuite, au fil du temps, la relation s’approfondit.
B.V. - Y a-t-il une position corporelle, une façon de respirer qui favorise davantage le dialogue avec Dieu?
M.Q. - Ce sont des préfaces a la prière. Ce n’est pas la rencontre.
Les techniques de respiration, je ne suis pas contre, mais je n’aime pas beaucoup cela, parce qu’au fond on mélange la méthode avec la prière. Ces longues préparations engendrent beaucoup d’illusions.
Les techniques de respiration, je ne suis pas contre, mais je n’aime pas beaucoup cela, parce qu’au fond on mélange la méthode avec la prière. Ces longues préparations engendrent beaucoup d’illusions.
Quand on fait de longs exercices de préparation, on se retrouve en face de soi. La prière c’est se trouver en face de Dieu.
B.V. - La prière se fait donc au cœur du quotidien…
M.Q. - Bien oui, bien oui… Vous savez, ça me barde d’aller faire des courses. Je demande au Seigneur, « Viens-tu avec moi? » C’est une prière ça! En faisant des courses, je lui dis : « Regarde la dame, elle a une drôle de tête! (rire)
B.V. - Que pensez-vous des formules de prières?
M.Q. - Eh bien, il faut s’en servir quand on n’a pas les mots à sa disposition… Encore une fois, quand un garçon aime une fille, il n’a pas une liste de formules. L’amour c’est l’expression d’une vie.
B.V. - Donc, ce n’est guère nécessaire…
M.Q. - Bien non! Quand on est pauvre, quand on ne sait pas quoi dire au Seigneur, il faut les utiliser. Quand on prie en commun, il y a la belle formule du « Notre Père ». Cependant, on n’utilise pas une formule pour exprimer son amour; on parle avec ses mots a soi. Cela dépend du cheminement de chaque personne. Il y en a qui ont besoin de beaucoup de mots pour s’exprimer et d’autres qui n’en ont pas besoin. C’est la présence qui compte.
B.V. - Et quand on n’a plus rien à dire…
M.Q. - Il suffit d’être là, l’un à côté de l’autre… Il suffit de se regarder et de se mirer par nos regards.
B.V. - C’est comme la prière au St- Sacrement!
M.Q. - L’adoration c’est ça! C’est d’être là pour celui qui est là, gratuitement.
B.V. - Combien de temps devrait-on prier chaque jour?
M.Q. - Combien? (rire)… Avec une parade (rire)… Je ne sais pas! C’est comme si vous me demandiez « Combien de temps dois-je embrasser ma femme? » Je ne sais pas. Ça dépend de vous! Ça dépend d’elle! Ça dépend si elle a besoin de sentir votre amour!
B.V. - Est-ce que Dieu écoute vraiment? Est-ce qu’il nous répond?
M.Q. - C’est lui qui a parlé le premier… par l’Écriture. On y croit ou il n’y croit pas! C’est sûr! Sa Parole c’est une lettre d’amour qu’on a reçue. C’est lui qui a parlé le premier et c’est nous qui ne répondons pas. Il répond par les Écritures, les événements, les personnes que nous rencontrons, etc. Pour le voir et l’entendre, il faut la foi.
B.V. - Est-ce qu’il y a des mots et des gestes que Dieu aime plus que d’autres?
M.Q. - Ben non !!! Il connait tous ses enfants et il sait qu’ils sont différents. Chaque enfant a une façon différente de dire « papa, je t’aime bien ! » Dieu accueille les différentes façons. Ce n’est pas la façon extérieure qui importe, c’est le contenu.
B.V. - Dieu veut que je me révèle tel que je suis…
M.Q. - On n’a pas à copier l’autre dans sa prière. C’est quelque chose de personnel. C’est pour cela qu’il est difficile d’en parler d’une façon générale. C’est tellement différent pour chacun comme est différent l’amour vécu par telle ou telle personne.
B.V. - Comment est votre prière?
M.Q. - Elle est pleine de silences. C’est plus contemplatif… Au début d’une relation amoureuse, les mots et les gestes sont importants. Au fil des années, il y en a de moins en moins.
Tiré de: Benoit Voyer. « LA PRIÈRE : Un dialogue d’amoureux », Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 8 et 9. Revue conservée dans la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Tiré de: Benoit Voyer. « LA PRIÈRE : Un dialogue d’amoureux », Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 8 et 9. Revue conservée dans la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
ARTICLE DU JOUR: Ma consécration a la Trinité
Par Benoit Voyer
19 juillet 2025
C’était le 20 juillet 1998. Ce jour-là, je me consacre à la Trinité durant une messe célébrée par le père Théodule Richard au Colisée (Coliseum) du Sanctuaire d’Auriesville (Our Lady of Martyr’s Shrine, Aurisville) aux États-Unis a l’occasion d’un pèlerinage du Comité foi et culture. J’écris mon acte de consécration le 17 juillet et je la signe le 21 juillet. Le texte se lit ainsi [1] :
Le site du sanctuaire d’Auriesville est le lieu de l’ancienne communauté amérindienne nomade ou est née sainte Kateri Tekakwitha et l’endroit où ont été tués quelques-uns des saints martyrs d’Amérique. Ayant une grande admiration envers Tekakwitha, je voulais que ma consécration se fasse en ce lieu.
« Très sainte Trinité, Père, Fils et Esprit, je me consacre à vous afin de vivre dans votre intimité jusqu’à la fin de ma vie terrestre et dans l’éternité ou vous nous conviez.
En ce jour ou notre amitié se scelle, je m’engage à marcher dans la lumière de votre grâce.
Que chaque pas, que chaque geste que je ferai soit un témoignage vivant de votre amour incarné dans notre monde.
Que chaque pas, que chaque geste serve à édifier une société plus humaine selon le plan divin révélé par nos pères dans la foi.
Que chaque pas, que chaque geste soit un appel pour chaque personne à se rapprocher de votre cœur rempli d’une infinie tendresse.
Que je sois pleinement fils de Dieu, frère de Jésus et temple de l’Esprit saint par ma relation a vous et par mes simples gestes du quotidien.
Qu’il n’y ait plus de mystère entre vous et moi. Je veux vivre dans votre amour.
Père, j’accepte de me laisser aimer par toi. Jésus, je veux t’imiter en rendant au Père l’amour que je reçois de lui. Esprit saint, je m’unie a ton souffle de vie, a ton souffle d’amour. »
____________________
[1] Pour les notes préalables : Cf. SHHY P049. Pour le texte final : Cf. Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte-Anne, 2004, pp.9 et 10 (BANQ 242.802 V975j204. SHHY P049)
A la découverte de Jésus le Fils
A la découverte de Jésus le Fils
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler dès le commencement de cet article, un principe fondamental déjà énoncé au tout début de cette série sur la spiritualité trinitaire. On peut formuler ce principe comme ceci :
« La qualité et l’efficacité de notre action apostolique est en rapport direct avec l’intimité et la vitalité de nos relations interpersonnelles avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit ».
En effet, la religion chrétienne n’est pas avant tout une doctrine, un système dogmatique de croyances, ni même un culte rituel : C’est d’abord et avant tout l’amour et le service de trois personnes distinctes parfaitement unies dans une seule et même nature divine.
Puisque nous avons parlé de nos relations avec le Père, traitons aujourd’hui de son Fils, Jésus Christ qui ne s’est pas prévalu de son égalité avec le Père, mais s’est anéanti lui-même pour prendre la condition d’esclave et devenir semblable aux hommes. « C’est par amour, et par amour, seulement et gratuitement, « il s’est humilié plus encore en se faisant obéissant jusqu’à la mort, et a la mort de la croix… » C’est pourquoi Dieu, son Père l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom… afin que toute langue proclame de Jésus-Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2, 6-11).
I-Jésus connu
Jésus l’a dit clairement, durant le sermon après la cène : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, o Père, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ (Jean 17,3).
Mais, il y a diverses manières de connaître Jésus-Christ, et toutes ne conduisent pas à la vie éternelle. Il y a cette connaissance intellectuelle de Jésus, comme personnage historique qu’aucun homme cultivé, à travers le monde, ne peut ignorer. Connaître Jésus de Nazareth de cette manière, ne conduit guère plus au salut que la connaissance d’autres personnages tels Aristote, Platon, César, Néron, Napoléon ou Hitler…
Il s’agit bien plutôt de la connaissance de la foi qui nous permet de non seulement croire en son existence historique, mais bien davantage à sa mort et sa résurrection, croire en sa personne et en son enseignement de lumière et de vie.
Beaucoup de chrétiens, catholiques et non-catholiques, croient ainsi à Jésus de cette connaissance de foi, mais leur connaissance au sujet de Jésus, de son Église, de son enseignement, plutôt qu’a une rencontre personnelle et intime avec Jésus, le Christ vivant et ressuscité, « Celui qui est le même aujourd’hui, qu’hier et à jamais. (Hébreux 13,3)
Cette connaissance « expérimentale et existentielle avec le Christ Vivant » n’est guère une connaissance de tête, mais bien plutôt une connaissance du cœur dans le sens ou en parle saint Paul en trois endroits :
a) Éphésien 1,18 : « Daigne le Dieu de N.S.J.C., le Père de gloire, vous donner un esprit de sagesse et de révélation qu’il vous le fasse vraiment connaitre. Puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur pour vous faire voir quelle espérance vous offre son appel… »
b) Éphésiens 3,17 : « Que le Christ habite vos cœurs par la foi… »
c) II Corinthiens 4,7 : « En effet, le Dieu qui a dit : Que du sein des ténèbres brille la lumière, est celui qui brille dans nos cœurs, pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ. »
Connaître le Christ en esprit et en vérité, c’est non seulement savoir qui il est, c’est-à-dire, le Fils unique du Père, vrai Dieu est vrai Homme, incarné par amour pour sauver tous les hommes, mort sur la croix pour la rémission de tous les péchés, et ressuscité d’entre les morts, le troisième jour, comme il l’avait annoncé, monté à la droite du Père en attendant le Jour de son Glorieux retour ou il viendra juger les vivants et les morts ; mais d’abord et avant tout l’inviter en sa vie et en son cœur, pour qu’il soit Roi et Maître de tout son être, de son avenir, de sa volonté, de son activité, de sa famille, de sa profession, de son lieu de travail, de sa ville, de son pays et du monde entier. « Je me tiens à la porte de ton cœur et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » (Apocalypse 3,20).
Connaître Jésus, c’est en vivre, c’est le suivre pas à pas, c’est se nourrir de sa Parole, d son Pardon, de son Corps et de son Sang ;
Connaître Jésus, c’est en faire l’expérience personnelle jour après jour, dans le dialogue palpitant de la prière et de l’oraison ; C’est d’en expérimenter la puissance à l’œuvre dans les personnes et les événements ; C’est d’en entendre la voix au fond de soi-même, nous demander l’impossible en nous donnant la calme assurance que cela se fera ; C’est par-dessus tout en savourer la délicieuse présence, le précieux enseignement et le puissant amour. Oui, vraiment, Jésus est bien le Dieu des vivants et non des morts. Les théologiens qui ont décrété la mort de Dieu, ne l’ont certes pas connu. Non seulement, il n’est pas mort, mais il n’a jamais été si vigoureux, ni si plein de santé…
Connaître Jésus de la connaissance du cœur par la foi, comme sauveur et comme Dieu : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, a ceux qui croient en son nom… » (Jean 1,12). Connaître Jésus c’est co-naître par lui, avec lui et en lui, a la vie même de la Trinité, en devenant Fils dans le vrai et l’unique vrai-Fils ; C’est naître à la vie de l’Esprit ; C’est naître par la régénération en son sang à la Vie de la grâce et à la vie éternelle…
II-Jésus re-connu
Il est tout à fait intéressant de constater qu’après la résurrection de Jésus-Christ, tous ceux qui l’avaient connu avant sa mort, ne le re-connurent pas instantanément dès qu’il se montrait à eux. Marie-Madeleine l’a pris pour le jardinier, les disciples d’Emmaüs firent une longue journée de marche avec lui et ne l’ont re-connu qu’a la fraction du pain (l’eucharistie) ; Pierre et Jean ont mis un bon moment avant de re-connaître celui qui leur parlait de la berge ; quant à Thomas, il n’a voulu re-connaître Jésus qu’à la condition explicite de mettre ses doigts dans la plaie de ses mains et la main dans la plaie de son côté. Mais après l’avoir re-connu, ils se sont prosternés en disant, chacun a sa manière : « C’est le maître » ou « Mon Seigneur et mo Dieu ».
A) Reconnaissance personnelle : Chacun, dans sa vie de chrétien, doit en venir un jour a re-connaître Jésus dans une expérience vivante et inoubliable : re-connaître sa Seigneurie sur sa vie ; re-connaître que, sans lui, on ne peut rien faire ; re-connaître que c’est vraiment lui qui nous donne l’être, le mouvement et l’agir ; re-connaître qu’on peut tout en celui qui nous fortifie ; re-connaître que chacun a la responsabilité d’être un signe efficace et un témoin convaincu du Christ ressuscité ; que chacun a le devoir de bâtir et d’étendre le règne social de Jésus-Christ : le royaume de Dieu sur la terre des hommes. Cette re-connaissance, si elle est authentique et vécue, se reflétera dans une conversion totale des attitudes, de la mentalité, du comportement et de la vie, de sorte que chacun pourra dire comme Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2,20).
De la jaillira une gratitude profonde, une reconnaissance affective, un amen de gloire et un alléluia de jubilation de se savoir tant aimé par Dieu au point qu’il nous a donné son propre Fils comme sauveur et rédempteur. « Nous avons re-connu l’amour que le Père a pour nous et nous y avons cru » (1 Jean 4,16).
B) Reconnaissance ecclésiale : La grande tragédie de nos temps troublés, c’est qu’il y a trop de catholiques et pas assez de chrétiens… Je m’explique : un trop grand nombre de catholiques s’imaginent que c’est leur appartenance à l’Église qui est garantie de salut. Or, l’Église n’est pas un club social, une agence d’assurance-vie éternelle, un genre de fan-club qui a pour idole le Christ-super-vedette… Non, l’Église c’est le Corps du Christ, c’est le peuple de Dieu qui suit le Christ, connu et re-connu, depuis le calvaire jusqu’à la Parousie.
C’est parce que trop de catholiques sont convertis à l’Église plutôt qu’a Jésus-Christ que l’on voit tant et tant de « pratiquants » rejeter ou abandonner la « pratique religieuse » parce que, disent-ils, l’Église a changé trop de choses depuis le concile.
C’est non seulement à chaque croyant à se convertir au Christ Jésus, mais c’est à l’Église tout entière, au peuple de Dieu, communautairement, a re-connaître que Jésus est le chef de l’Église, le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes. L’Église est certainement le sacrement du Christ, et le lieu normal du salut, mais l’Église n’est pas la cause du salut.
Si l’Église est l’épouse du Christ, elle n’est certes pas le Christ en personne ! Enfin, si l’Église est le signe et le témoin de la lumière, l’Église n’est pas, par elle-même, la lumière puisque c’est le Christ qui est la seule voie, la seule vérité, la seule vie et la seule lumière substantielle qui luit dans les ténèbres.
Ce qui est urgent pour chaque chrétien en particulier et pour l’Église en général, c’est une rénovation spirituelle en profondeur, non seulement pour découvrir les mystères du Christ, mais surtout pour en vivre quotidiennement. La Volonté du Père, c’est que nous devenions conformes à l’image du Christ, que nous revêtions le Christ, que nous nous enracinions dans le Christ, que nous proclamions le Christ et que nous ayons, en nous et entre nous, les mêmes sentiments dans le Christ Jésus.
Conclusion :
Renouvelons-nous, selon la pensée de Paul et à la demande expresse du concile, par une véritable révolution spirituelle de notre jugement et revêtons l’Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité (Eph. 4, 23-24).
1) Laissons-nous attirer par le Christ : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (Jean 12,32) ;
2) Laissons-nous posséder par le Christ : « Tout vous appartient, mais vous appartenez au Christ et le Christ appartient à Dieu » (1 Cor 3,23) ;
3) Laissons-nous habiter par le Christ : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Ephésiens 3,17) ;
4) Laissons-nous transformer par le Christ : « De par la volonté du Père le Christ est devenu notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption… » (1 Cor 1,30).
Terminons avec la prière de saint Paul dans le chapitre 3eaux Éphésiens :
D’abord la connaissance :
« Je fléchis le genou en présence du Père, de qui toute paternité, au ciel est sur terre, tire son nom. Qu’il daigne, selon la sagesse de sa gloire, vous armer de puisse par son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur, que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. Ainsi, vous recevez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur, vous comprendrez et connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse toute puissance et vous entrerez par notre plénitude, dans toute la plénitude de Dieu » (Ep. 3, 14-19).
Puis la reconnaissance :
« A celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà de tout ce que nous pouvons, demander ou concevoir, a lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles ». Amen. (Ep 3, 20-21)
Jean-Paul Regimbal
____________________
Tiré de: Trinité Liberté, Vol.4 No 5, septembre-octobre 1971, pp.4 à 7. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (BANQ-PER120)
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