Animation d'autrefois - Une entreprise culturelle


Animation d'autrefois

Une entreprise culturelle

Bryan Morin et Louis-Philippe Métail, deux finissants de l'UQTR en histoire et en administration, viennent de lancer, il y a quelques mois, "Animation d'autrefois", une entreprise qui œuvre dans le domaine récréotouristique.
_______________

Benoit Voyer
_______________

"Nous faisons de l'animation historique : reconstitution d'époque, d'événements et de faits, de l'animation de soirées canadiennes et de contes et légendes. On s'adapte aux exigences de nos clients pour répondre à leurs besoins", explique Louis-Philippe Métail.

Les deux comparses ont été vus à plusieurs reprises dans la région depuis quelque temps. Auprès de Michael Rancourt, ils ont travaillé au 125e anniversaire du 12e Régiment blindé à l'occasion du spectacle multimédias présenté au Colisée de Trois-Rivières.

Le 1er juillet, "Animation d'autrefois" était engagée par le Parc national de la Mauricie pour la fête du Canada.

Le 4 juillet, ils recevaient 300 jeunes des parcs pour souligner l'anniversaire de Trois-Rivières.

Il y a quelques jours, la troupe donnait une première soirée de contes et de légendes au Musée des arts et traditions populaires.

Ils ont besogné avec l'équipe technique du film "Marguerite Vollant" qui sera présenté au petit écran à l'automne. La série télévisée met en vedette Marina Orsini, Pascale Bussière et Pierre Curzi.

Enfin, ils lanceront, mercredi prochain à 20h, les contes et légendes de Trois-Rivières. L'activité se déroulera dans la vieille ville. L'animation durera de 60 à 90 minutes et se tiendra quotidiennement. Elle permettra aux visiteurs de vibrer au rythme de la Nouvelle-France. Les gens qui désirent participer n'ont qu'à réserver leur au place bureau d'informations aux touristes de la rue Notre-Dame quelques heures à l'avance.

"Dans l'animation et le théâtre, il y a beaucoup de compétition, mais dans l'animation costumée de qualité, il n'y a rien au Québec. Qu'importe le personnage, nous l'incarnerons avec son costume d'époque et un scénario qui racontera de façon très précise ce qu'il a vécu. De plus, nous avons 1200 pièces de collection." explique-il.

Tassé et Michelin

Édouard Tassé avait un « double estomac », aussi pouvait-il boire à pleine tasse du métal en fusion. Contremaître apprécié des travailleurs des Forges Saint-Maurice, il était l'ennemi voué de Satan qu'il battait aux poings une couple de fois par année.

Alors qu'il dansait à la noce de ses employés, on entendit frapper avec force à la porte. « Ne dérangez rien, dit-il, je sors m'en charger ». C'était le diable, et Tassé se battit avec lui pendant un bon quart d'heure. Lorsqu'il rentra, il avait le corps couvert de sang. Il a manqué à sa parole, dit-il, il s'est servi de ses griffes. Mais je lui ai quand même fait me demander pardon

Edmond Michelin coupait le bois nécessaire à chauffer le haut four des Forges, mais déployait pour cela bien peu d'efforts puisqu'il « ensorcelait ses outils » qui travaillaient sans lui. Assis sur un corps d'arbre, Michelin regardait bûcher sa hache et scier sa scie. Lorsqu'il décidait de se rendre à Québec ou à Montréal, il se plaçait sur la voie ferrée et arrêtait les « chars». Si le conducteur voulait regimber, Michelin empêchait le train de redémarrer.

Mais Michelin était surtout renommé pour ses batailles avec des ours; quand il avait terrassé l'animal, il le chevauchait à travers les rues du village pour épater ses concitoyens.

(L’Hebdo Journal, 18 aout 1996, p.41)

En ce 13 juillet 2025

Les grands orgues no 1

Le vénérable Antoine Kowalczyk

Le vénérable Antoine Kowalczyk

Par Benoit Voyer

13 juillet 2025

Il s’appelle Antoine Kowalczyk. Il est né à Dziersanow, en Pologue, le 4 juin 1866. Il sera baptisé dans le sanctuaire marial de Lutogniew.

Afin d’aider sa famille, il commence à travailler à l’âge de 13 ans.

À 16 ans, il devient apprenti forgeron. Il devient un maître en la matière.

A l’âge de 24 ans, il émigre à Hambourg, en Allemagne. Il y travaille dans la sidérurgie. Il y recevra le sacrement de la confirmation.

Il finira par déménager à Cologne. Il réside en pension chez une dame, une fervente catholique. Ils ont une belle complicité. Chaque matin, il l’accompagne a la messe de 5h30. Elle lui parle de la vie religieuse et lui suggère de se joindre aux Oblats. L’idée lui plait. Il fera son noviciat à Saint-Gerlach, en Hollande.

En 1892, on l’envoie travailler au juniorat de Saint-Charles, en Hollande. Pendant quatre ans, il est homme à tout faire.

À plusieurs reprises, le frère Antoine se porte volontaire pour les missions.

En 1896, le père Cassien Augier, le supérieur général, l’emmène avec lui, à Lac-la-Biche, en Alberta, au Canada. Il y devient mécanicien d’un moulin à scie.

Le 15 juillet 1897, le frère Antoine est victime d’un accident. Il a le bras droit cassé et la main déchiquetée. À son arrivée à l’hôpital général d’Edmonton, après un voyage de six jours, la gangrène oblige les spécialistes à procéder sans tarder à l’amputation.

De 1897 à 1911, il travailler à Saint-Paul-des-Métis. Il y est ingénieur-mécanicien, jardinier et dépanneur universel.

Par la suite, il travaillera au Juniorat Saint-Jean, à Edmonton. Il touche à tous les domaines de l’institution.

De nature simple, humble et joviale, il n’est jamais question pour lui de vacances, ni de retour en Pologne. Il marche toujours les yeux modestement baissés et le chapelet à la main. On le surnomme « Frère Ave ».

Victime d’une paralysie, le frère Antoine Kowalczyk décède à Edmonton, le 10 juillet 1947, à l’âge de 81 ans.

Il a été déclaré vénérable le 27 mars 2013.

John Jones Ross, 7e premier ministre du Québec


Ce samedi 11 juillet 2025, a Sainte-Anne-de-la Pérade, j'ai visité l'église catholique et sa crypte moortuaire. C'est ici qu'on vécu et son inhumés John Jones Ross, le 7e premier ministre du Québec de 1884 a 1887, et le député fédéral Jeffrey Alexandre Rousseau. L'extérieur du temple catholique rappelle Notre-Dame-de-Paris. L'intérieur de l'église semble bien jolie, mais aurait besoin d'une grande restauration pour lui donner son lustre d'autrefois.




Dans la crypte qu'il est possible de visiter, les pierres tombales ne sont pas identifier. Ainsi donc, on sait ou les deux personnages politiques sont inhumés ici, mais pas a quel endroit. L'identification qu'on y offre n'est que symbolique.


La baignade dans le St-Maurice… Ça viendra


Club Radisson

"La baignade dans le St-Maurice… Ça viendra"  -Richard Dober

"C'est agréable parce qu'il commence à y avoir de plus en plus de familles qui viennent au club. Des enfants jouent sur le bord de L'eau. C'est entendu qu'il n'y a pas de baignade pour l'instant parce que la rivière n'est pas encore assez dépolluée. La baignade dans la St-Maurice... ça viendra! C'est une question de temps. Je pense que d'ici quelques années - 5 ans au maximum - on pourra le faire" dit Robert Dober, du Club de canot-kayak Radisson situé sur le boul. des Chenaux entre la rue St-Maurice et l'autoroute.
_______________

Benoit Voyer
_______________

Il le confesse sans remords de conscience: "Plusieurs membres se baignent, s'arrosent et se rincent la bouche dans la rivière. Personne n'a encore été malade ou en est mort!" La seule chose qui pourrait amener des problèmes, c'est de boire de cette eau.

Il se souvient qu'autrefois, il y avait jusqu'à 3000 personnes qui se rendaient se baigner sur la plage de l'ile St-Quentin. Il en est le témoin privilégié, car il était sauveteur pendant ses vacances d'adolescent.

Ce chiropraticien qui opère son cabinet dans le même quartier est bien fier de ce coin de verdure urbaine mis sous la responsabilité de l'association qu'il s'occupe. Avec ses membres, il espère sauver ce terrain du développement urbain. C'est le seul qui reste à Trois-Rivières.

L'emplacement a ½ km de long et de 300 à 400 pieds de profondeur. Il s'étend de l'autoroute jusqu'aux premières maisons près du pont Duplessis.

L'endroit est de plus en plus fréquenté à cause de ses 3.5 km de piste de vélo de montagne que les joggers et les marcheurs peuvent emprunter. L'hiver, le lieu fait place au ski de fond. Dans ce sentier, Laferté bicycles présentera, dès le premier mercredi du mois d'août, des courses régionales de vélo de montagne catégorie expert et amateur.

A chaque vendredi soir, les courses de kayaks et de "rabaska" remplissent le stationnement de visiteurs. Il est d'ailleurs encore possible d'inscrire son groupe. Enfin, il est possible d'y louer un embarcation pour son propre plaisir.

"Le club est au service de la population. Elle peut venir s'y divertir gratuitement. Il n'y a que pour la location d'équipement ou d'un espace pour y laisser son embarcation personnelle qui nécessite des frais", conclut-il.

(Hebdo journal, 28 juillet 1996, p. 6)

En ce 12 juillet 2025

Des états généraux en santé mentale


ARTICLE DU JOUR: Frère Denis Lévesque, fondateur des Franciscains de l’Emmanuel

Frères Francois Garon et Denis Lévesque au Cameroun

Frère Denis Lévesque,
fondateur des Franciscains de l’Emmanuel

Par Benoit Voyer

12 juillet 2025

Fils d'un mineur de l'Abitibi, Denis Lévesque nait le 12 juillet 1960.

Ses parents sont de « bons catholiques du dimanche », des gens de leur époque, pas plus religieux que les autres.


Il y a de l'exubérance dans ce cœur d'enfant. Denis est un p'tit gars vivant et dynamique. Son cœur est attiré par le sacré.

A cinq ans qu'il reçoit ses premières responsabilités à l'église paroissiale: servir la messe et fermer les lumières après les célébrations.

«Je m'en souviens comme si c'était hier, j'étais seul à l'arrière de l'église de Malartic, en Abitibi. Je me suis aspergé d'eau bénite et couché par terre en donnant ma vie au Seigneur. Je me suis relevé et je suis reparti avec un feu joyeux dans le cœur», me racontait candidement Denis en 1991.

«Cette première expérience de Dieu m'a profondément marqué. Pour moi, Jésus était un être vivant. Je m'en souviens, c'était écrit à l'avant de l'église: « Mon Jésus, je t'aime! » Je ne savais pas tout ce qui se passait à la messe, mais je répétais sans cesse ces paroles ». Il vivait déjà une relation particulière et personnelle avec son Dieu, une sorte d’expérience spirituelle intense qui marquera sa vie.

Au séminaire
À 10 ans, il entre au petit séminaire diocésain de Rouyn, le Séminaire Saint-Michel. Désirant consacrer sa vie au service de l'Éternel, il passe son adolescence dans ce lieu particulier. Parfois, il veut devenir prêtre ou policier. À d'autres moments, pompier ou prêtre. Ou encore, prêtre ou professeur. Son désir d'accéder au sacerdoce demeure cependant toujours présent.

François d'Assise
À 12 ans, il fait la rencontre de saint François d'Assise en regardant le film « François et le chemin du soleil ». A partir de ce jour, plus rien n'est pareil dans son cœur. C'est le coup de foudre! Un véritable choc de l'âme! Sans tarder, il dévore les cinq ouvrages consacrés au personnage qui se trouvent à la bibliothèque scolaire.

«Je me souviens, je pleurais... Ce fut une découverte foudroyante! Au premier livre, je pleurais en lisant chacune des pages. Ce qui m'a touché de François, c'est sa relation avec Jésus. Il était un passionné! C'était tout ou rien ! Je me retrouvais en lui. Moi aussi, je voulais tout donner au Christ!» me racontait-il.

À partir de ce moment, la dimension franciscaine entre en lui. Cela s'est fait discrètement parce qu'il ne savait même pas qu'il existait des Franciscains au Québec. C'est à 15 ans qu'il rencontre des membres d'une fraternité laïque, le Tiers-Ordre franciscain. C'était au séminaire, lors d'un rassemblement d'un groupe de la paroisse, parce que l'église-cathédrale venait d'être détruite par un violent incendie.

«Je voyais des gens entre 40 et 50 ans qui venaient à une réunion. J'ai demandé ce qu'il y avait à cette rencontre. Ils m'ont répondu: Les Franciscains séculiers laïques». J'ai répondu: «Ah oui! Saint François d'Assise! Il me faisait tellement vibrer! Je suis allé à la rencontre et j'ai commencé à fréquenter ce groupe. J'allais aux réunions deux à trois fois par mois. C'est là que j'ai eu ma première formation franciscaine. J'ai fait mon noviciat dans le troisième ordre de François», ajoutait-il.

Le feu de l'Esprit
À l'école secondaire, Denis Lévesque s'implique dans la pastorale. À 15-16 ans, le missionnaire Bob Digman, originaire de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, est de passage en Abitibi pour une tournée où il raconte son expérience de conversion. Une soixantaine de jeunes de l'école viennent l'entendre et prier avec lui, dont Denis. Ils sont touchés par l'expérience. Plusieurs repartent avec un renouvellement de leur vie de foi.

«Les p'tites filles me travaillent»
De 16 à 19 ans, il vit ses expériences amoureuses avec les filles, dont la majorité sont membres du groupe de la pastorale scolaire touchées par l'expérience Digman.

À 19 ans, il a une relation plus sérieuse avec une. Elle lui demande de réfléchir à son avenir et de faire des choix. «C'était une fille extraordinaire! Elle s'appelait Sylvie!». Au début de l’année 1991, en évoquant son souvenir ses yeux bleus brillaient. Il avait encore visiblement une grande tendresse pour elle.

«Est-ce que je veux me marier? Est-ce que je désire avoir des enfants? Qu'est-ce que je veux faire de ma vie? » Il se pose bien des questions.

L'appel de la prêtrise revient encore plus fortement en lui. Il décide de poursuivre sa route seul et d'aller plus loin dans cette voie pour répondre au feu qui brûle en lui.

Un regard de père
Inscrit en sciences humaines au cégep, le jeune Lévesque continue sa recherche. «À 20 ans, mon père m'a amené visiter sa mine. Cela a été un moment qui m'a profondément marqué. Il m'a présenté à ses compagnons de travail. Il était fier de me présenter! Ce regard porté sur moi par papa m'a fait du bien. On a besoin d'être regardé pour pouvoir vivre! Surtout par ce regard de père!» me disait Denis sur le ton du secret.

Montréal
Après ces années au collège public, il arrête ses études. Il déménage à Montréal et travaille à la Banque Nationale durant 18 mois.

Avec son colocataire, l'abbé Pierre Smith, il fonde le groupe de prière charismatique Saint-Louis-de-France : «Ça a été un peu phénoménal! Lorsque nous avons débuté, nous étions trois jeunes. Au bout de trois mois, nous étions 30! Six mois: 80! Huit mois: 200! Chaque semaine! J'ai été responsable du groupe durant un an et demi. Il a fonctionné pendant cinq ans...».

Il fait ensuite un stage dans une communauté franciscaine et part étudier la théologie à Ottawa.

Rome
À 22 ans, il entre au noviciat des Oblats de la Vierge Marie, à Rome : « Dans cette ville d'Italie, il y a des Franciscains et des Capucins à chaque coin de rue. Chaque fois que j'en voyais un, c'était comme si je recevais un coup de poignard en pleine poitrine. Par la suite, je suis souvent allé prier à Assise. Dans ce pays, j'ai renoué ma relation avec saint François ».

Il décide donc de quitter le postulat, de revenir terminer ses deux années de théologie à l'Université Laval, à Sainte-Foy, et poursuivre sa réflexion concernant son avenir.

Naissance des Franciscains de l'Emmanuel

Le 5 janvier 1985, avec quatre autres hommes, il fonde les Franciscains de l'Emmanuel, une famille religieuse dont les membres veulent vivre de la radicalité de l’Évangile, à la manière de saint François d’Assise. Le groupe prend naissance avec la permission de l'archevêque de Montréal.

Les membres de la fraternité ne doivent rien posséder, se sauver du confort et de la vie facile et être matériellement les plus pauvres parmi les pauvres. La mission des Franciscains de l’Emmanuel est l’évangélisation des jeunes, des pauvres, des gens en difficulté ou carrément dans la rue.

Ses quatre compagnons du début finiront par décider de quitter la communauté. En 1986 se joint à lui François Garon.

De 1990 à 1995, Denis et Francois résident à Roxton Pond, à quelques kilomètres de Granby. Malheureusement, aucune nouvelle recrue se joint à la fraternité.

De 1995 à 1997, ils vivent une expérience avec les Franciscains du Renouveau dans le Bronx, en pleine jungle new-yorkaise. Ils songent sérieusement à se joindre à cette nouvelle fraternité franciscaine prospère. Ils reviennent finalement au Canada et décident, après un passage à Granby, de s'établir à Montréal.

Mère Teresa: une amie
«Å New York, on rencontrait souvent Mère Teresa parce que ses religieuses habitent à 10 minutes de marche de chez les Franciscains du Renouveau. Les frères prêtres vont souvent célébrer la messe dans leur maison. Il y a beaucoup d'échanges entre les deux communautés. Quand elle venait à New York, elle habitait toujours à cet endroit. Nous allions souvent prier avec elle», me racontait le frère Denis.

«En juin 1997, avant qu'elle parte pour Calcutta, deux mois avant qu'elle décède, je lui donne une petite lettre lui expliquant que François et moi étions en réflexion pour savoir si nous revenions au Québec. Si nous restions à New York, il n'y avait pas de retour possible au Canada avant une quinzaine d'années. Je lui demandais donc conseil. Elle prend la lettre, elle l'amène à Calcutta et elle décède le 6 septembre 1997. Une semaine plus tard, nous recevions sa réponse. C'est donc une des dernières lettres écrites avant son départ.» Mère Teresa écrivait: «Dieu vous a sûrement amenés à New York afin de pouvoir mieux aimer et apprécier le don de votre communauté au Québec.»

Pourquoi persévérer?
S'il a persévéré, c'est qu'il est convaincu d'être dans sa vocation. Les deux franciscains se disaient entre eux que même si la communauté ne comptait pas plus de deux ou trois membres, ils persévéreront et mourront en Frères franciscains de l'Emmanuel : « C'est un peu fou! Humainement, ce que nous avons vécu semble un échec, mais je sens que je fais vraiment la volonté de Dieu dans cet état de vie. Cela correspond à ce que je veux vivre », insistait-il lors d’une de nos rencontres en janvier 1991.

La relation à Dieu
Pour le frère Denis Lévesque, la prière et la vie spirituelle ne sont pas « des affaires de feeling ». A son avis, « sentir émotivement » la présence de Dieu est une grâce qu’il ne faut point rechercher. Le maître du temps et de l’histoire la donne à qui il veut et quand il veut…

« Il y a des gens qui disent : « Il y a des années que je prie Dieu pour obtenir telle ou telle faveur et il ne m’exauce pas ! » Pourtant, Jésus dit dans l’évangile : « demandez et vous recevrez! » Jésus n’est pas un menteur ! La question à se poser n’est guère : « Pourquoi il ne m’exauce pas? » mais plutôt « Est-ce que, moi, j’exauce Dieu dans ma vie? » me disait-il à l’été 1997.[1]

Il m’expliquait que Dieu fait aussi des prières a l’humain : « Dans la mesure où nous allons exaucer Dieu, de la même manière il va nous prendre au sérieux et va se donner à nous. »

Le fondateur des Franciscains de l’Emmanuel, m’indiquait que la prière est un dialogue et c’est Dieu qui a parlé le premier. La bible contient des centaines de ses prières : Les commandements, « Écoute mon peuple… », « Aimez-vous les uns les autres… », « Partagez… », « Pardonnez pour être pardonnés… », « Libérez les esclaves », etc.

Alors, selon lui, il n’y a donc pas à être inquiet de ne pas sentir la présence de Dieu ou d’avoir vécu une expérience sensible, et que, tout à coup, c'est la panne sèche : « C’est normal! Plus la relation à Dieu est stable, moins il y a des hauts et des bas dans la vie intérieure. Le cheminement spirituel est une pente qui se monte tranquillement – sauf pour les débutants ou ça ressemble à des montagnes russes ».

En Afrique
Denis et François finiront par fonder une maison de formation franciscaine dans le diocèse de Nhongsamba, au Cameroun, en Afrique. Ils le font à la demande de l’évêque du lieu qui constate que l’expérience des deux religieux est solide et inspirante. Là-bas, on s’en rend compte rapidement, les Franciscains de l’Emmanuel répondent à un besoin pastoral réel. De nombreux camerounais décident de marcher à leur suite.

En novembre 2003, le cardinal Jean-Claude Turcotte, l’archevêque de Montréal, donne une reconnaissance canonique aux Franciscains de l'Emmanuel, à titre d'association de fidèles.

Né le 27 décembre 1958, François Garon, son fidèle compagnon, décède le 12 janvier 2002 au Cameroun ou il dirige l’aile africaine des Franciscains de l’Emmanuel. Ceux qui l’ont bien connu disent que c’est un saint.

____________________

[1] Benoit Voyer. L’homme prie Dieu, Dieu prie l’homme, bulletin Trinité, septembre 1997, p. 1


Les nouveaux compagnons au Parc portuaire


Les nouveaux compagnons au Parc portuaire

La troupe des Nouveaux compagnons et la Corporation du tourisme et des congrès de Trois-Rivières présentent à chaque lundi at vendredi en soirée, jusqu'au 2 septembre, la pièce "François Hertel et fille" de l'auteur trifluvien François Poisson. La première de cette production historique a lieu demain sur la place d'animation au 2e pallier.
_______________

Benoit Voyer
_______________

Cette initiative est une autre façon d'animer le port de Trois-Rivières et de faire revivre l’époque de la Nouvelle-France.

« C'est l'histoire de François Hertel. Son père Jacques est l'un des premiers à s'établir ici. Il a laissé à son fils les terres qu'il a accumulé en récompense pour ses bons services rendus au roi. Le scénario traite surtout de lui et de sa fille Marie-Françoise qui était une Ursuline », dit François Poisson.

La présentation comporte 3 tableaux de 8 à 10 minutes chacun. Au premier acte, l'homme se retrouve entouré de colons et d'amérindiens en route pour attaquer un fort en Nouvelle-Angleterre dans le but de sécuriser la colonie contre les futures invasions des Anglais. Le coup militaire était demandé par Frontenac. « On les voit autour d'un feu de camp, la veille de la bataille, et se racontent des anecdotes », ajoute le créateur.

Les décors sont réduits au strict minimum pour laisser ressortir les éléments naturels du paysage du fleuve et de la vieille ville.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 7)

En ce 11 juillet 2025

La psychodynamique de la personne humaine



Edgar Voyer (1889-1967)

Edgar Voyer (1889-1967)

Par Benoit Voyer

11 juillet 2025

Le 11 juillet 1967, à l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière, décède Edgar Voyer. Il a 78 ans. Il était l’époux d’Alice Chenard et le père de Camille, Gérard, Simone, Madeleine, Germaine, Rachel, Jean-Marie, Gabriel, Isabelle et Roméo.

En bref, voici quelques événements survenus dans sa vie.

Enfance à Saint-Alexandre
Edgar nait le 5 juin 1889, à Saint-Alexandre, près de Rivière-du-Loup, au Bas Saint-Laurent. Il est le fils de Louis Voyer et Dorilda Garneau. Il est le second enfant du couple et leur premier garcon.

Le même jour, il est baptisé dans l’église catholique du village. Il reçoit les prénoms de Louis et Edgar. Son parrain est son oncle Rémi Garneau et sa marraine est sa tante Arthémise Soucy, l’épouse du regretté Michel Garneau. La cérémonie baptismale est célébrée par l’abbé Joseph-Fabien Dumais (1860-), originaire du patelin.

Le 9 octobre 1890 nait son frère Rosario Voyer.

Au recensement de 1891, il a deux ans.

A celui de 1901, l’agent du gouvernement enregistre Louis Voyer (29 ans), cultivateur, Dorilda Garneau (25 ans), Louise Voyer (3 ans), Edgar Voyer (1 an), Rosario Voyer (7 mois), Louis Voyer (66 ans), Célanire Marquis (47 ans), le deuxième épouse de Louis, son grand-père et Ludger Voyer (18 ans) qui se prépare à devenir prêtre catholique.

Le 9 janvier 1892 nait Armand, son frère.

Le 21 mars 1893 nait Ernestine, sa soeur.

Le 19 janvier 1894 nait Alexandrine, sa soeur.

Le 12 septembre 1895 nait Jean-Charles, son frère.

Le 4 janvier 1897 décède Ernestine, sa sœur.

Le 9 janvier 1897 décèdent Alexandrine et Louise, sa sœur ainée. Il devient donc l’ainé de la famille.

Le 28 janvier 1897 nait Louis-Philippe Voyer, son frère.

Le 29 mai 1898 nait Laurier, son frère. Il décédera le 9 février 1900.

Le 30 août 1899 nait Félix-Alfred. Il décédera le 17 avril 1900.

Au recensement de 1901, à Saint-Alexandre, Louis Voyer a 39 ans et Dorilda Garneau a 35 ans. Leur marmaille est composée d’Edgard (11 ans), Rosario (10 ans), Armand (9 ans), Jean-Charles (5 ans) et Louis-Philippe (4 ans).

Le 24 juillet 1902, on autre coup dur survient dans le clan familial. Louis Voyer, le père des p’tits Voyer, décède à l’âge de 41 ans. Dorilda se retrouve seule avec sa marmaille... enceinte de quelques mois. Edgar, 13 ans, qui est l’aîné, est obligé de seconder sa mère sur la ferme familiale.

Le 29 juillet on procède au service funéraire de Louis Voyer dans l’église paroissiale et a l’inhumation dans le cimetière juste en face.

Le 11 janvier 1903, Dorilda Garneau-Voyer donne naissance à Juliette. La petite décédera dix jours plus tard, soit le 21 janvier.

Edgar et Alice
Le 6 juin 1911, Edgar Voyer épouse Alice Chenard, à Saint-Alexandre. Le mariage est présidé par l’abbé Adolphe Michaud (1857-1933). Edgar et Alice ont 22 ans.

Leur Contrat de mariage a été signé le 4 juin 1911 à la greffe de Me Charles Philippe Arthur Beaulieu (1881-1932). Il apparait au numéro 4526 du registre. Le notaire Beaulieu est né le 23 juillet 1853, à Cacouna. Il est le fils de notaire Jean-Baptiste Beaulieu et Virginie Chapais. Il a épousé Henriette Ouellet le 17 février 1896. Elle est la fille de Jules Ouellet et Dormitilde Hermine Pelletier de Saint-Alexandre.

Alice Chenard, est née le 17 mars 1880, à Saint-Alexandre, quelques semaines avant Edgar. La terre ou elle est née appartient toujours à la famille Chenard. L’endroit chevauche la municipalité de Saint-André. Elle est la fille de Rémi Chenard et Lumina Bélanger, que tous surnomment simplement Mina. Elle est baptisée le lendemain à Saint-Alexandre

Après leur mariage, Edgar et Alice habitent une petite maison, propriété de la famille Chenard, à Saint-André-de-Kamouraska. Il s'agit aujourd'hui du 266, 2e rang Est, à Saint-André. Il est possible de voir les vestiges de la maison de l’autoroute 20.

Le 17 juillet 1912 nait leur fils Camille, à Saint-André.

Le 1er juillet 1913 nait leur fils Gérard à Saint-André.

Le 10 novembre 1913, son frère Rosario épouse Anna Dumais, à Saint-Alexandre.

Le 29 octobre 1913 décède Dorilda, sa mère. Elle n’a que 48 ans. Ses funérailles ont lieu à Saint-Alexandre, le 3 novembre. Le même jour elle est inhumée dans le cimetière de la paroisse auprès de son mari.

Le 11 juillet 1914 nait leur fille Simone, à Saint-André.

Le 27 juillet 1915, son frère Armand épouse Camilla Pelletier, à Saint-Alexandre.

Le 1 juin 1916 nait Madeleine, à Saint-André.

Le 3 mars 1918 nait Germaine, à Saint-André.

Le 29 mai 1921 nait Rachel, à Saint-André.

Le 21 mai 1923 nait Jean-Marie, à Saint-André.

Dans la première semaine de juin 1923, sans en parler a personne, son frère Louis-Philippe prend le train vers une destination qu’il ne connait pas lui-même. Il ne reviendra jamais. Edgar n’aura plus jamais de ses nouvelles.

Le 18 novembre 1925, à La Pocatière, nait Gabriel.

Le 16 mai 1927 nait Jeanne-Mance, à Lac de l’Est. Elle décédera le 20 novembre 1927.

Le 3 novembre 1928, nait Isabelle, à Lac de l’Est.

Le 23 décembre 1930 nait Roméo. Il sera baptisé le jour de Noel.

Au recensement de 1931, Edgar (41 ans) et Alice (42 ans) habitent sur le bord du Lac de l’Est dans le canton de Chapais-Painchaud. Il y a bien du monde dans la petite maison en bois rond : Camille (18 ans), Gérard (17 ans), Simone (16 ans), Madeleine (15 ans), Germaine (12 ans), Rachel (10 ans), Jean-Marie (8 ans), Gabriel (5 ans), Isabelle (3 ans) et Roméo (5 mois).

Enceinte du malécite Tancrède Dionne, sans être mariée, Madeleine se marie avec lui le 1 octobre 1934, à Mont Carmel. Elle n’a que 18 ans. Edgar ne sera pas tendre a l’endroit de sa fille.

En 1936, A l'âge de 15 ans, Rachel entreprend deux années d'études comme pensionnaire à l'école d'enseignement ménager des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, à Rivière Ouelle.

Le 29 janvier 1938 leur fille Simone épouse James Frederik Snyder a Mont-Carmel.

Le 14 juillet 1943 Germaine entre chez les Sœurs de la Charité, à Ottawa.

Le 15 janvier 1945 Rachel prend l’habit chez les Sœurs de la Charité, à Ottawa.

Le 25 août 1947, à Saint-Alexandre, décède son frère Rosario Voyer.

Le 18 juin 1949, Jean-Marie épouse Cécile Massé, la voisine.

5 mai 1951, à Mont Carmel, Isabelle épouse René Soucy.

9 août 1952, à Mont Carmel, Gabriel épouse Madeleine Roussel.

Le 17 octobre 1953, Roméo épouse Jeannine Jean, une fille du village de Mont-Carmel qu’il connait depuis quelques années.

Le 2 juillet 1955 a lieu le mariage de Camille avec Noëlla Lavoie, à Saint-Denis de la Bouteillerie.

Les recensements de 1957 et 1958, indiquent que sur le 6e rang de Mont-Carmel (arrondissement rural no 31 de Mont-Carmel) habitent Edgar Voyer (rentier), Alice Chenard, Camille Voyer (cultivateur), Noëlla Lavoie, Jean-Marie Voyer (cultivateur) et Cécile Massé.

En juillet 1964, Edgar Voyer et Alice Chenard, déménage dans la côte à l’entrée de Mont Carmel. Edgar et Alice ont 75 ans.

En juin 1967, ils déménagent au Foyer Thérèse Martin, à Rivière-Ouelle. Ils ont 78 ans.

Le 11 juillet 1967, Edgar Voyer décède à l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière. Ses funérailles sont célébrées dans l’église de Mont Carmel et il est inhumé dans le cimetière de la paroisse.

Référendum le 18 aout


Référendum le 18 aout

Un référendum se tiendra à Pointe-du-Lac, le 18 août de 9h à 19h à la mairie, pour la centaine de résidents de la rue Montour, concernant le règlement 350 décrétant des travaux d'aménagement d'égout, d'aqueduc et de pavage. Chaque résident du secteur reçu une lettre expliquant le processus.
_______________

Benoit Voyer
_______________

"On a fait une assemblée d'informations avec les citoyens du quartier. Il y a 20 ans qu'ils demandent des travaux, car ça ne sent pas très bon dans les fossés et qu'il y a des problèmes dans les sous-sols des maisons", explique Martial Beaudry.

Les élus avaient promis de faire quelque chose, mais attendaient qu'il y ait des infrastructures sur le chemin Ste-Marguerite pour être capable de raccorde les conduites sanitaires de la rue.

Il semble que les opposants trouvent que les coûts sont élevés. Il faut les comprendre: ils ne veulent pas que leurs comptes de taxe augmentent.

La municipalité veut procéder rapidement aux travaux pour profiter de la subvention du programme d'infrastructures Canada-Québec. Le coût de l'opération est estimé à 703 400$. Avec l'aide gouvernementale, les citoyens n'auraient que le tiers de ce montant à payer.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 21)

En ce 10 juillet 2025

Danièle Oderra

 

En bref...


Rue Bellevue

Une demande a été faite et acceptée au programme d'infrastructures Canada-Québec pour l'obtention d'une subvention pour procéder à des travaux d'aménagement dégoût, d'aqueduc et de pavage sur la rue Bellevue. La municipalité irs prochainement en appel d'offres. Les travaux seront complétés pour l'hiver.

Cueillette des ordures

Le contrat de la cueillette et du transport des déchets domestiques de Pointe-du-Lac se terminera le 31 décembre. La municipalité ira en appel d'offres dans quelques jours.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 21. Textes de Benoit Voyer non signé dans le journal)

En ce 9 juillet 2025

La Sanctuaire de la Réparation


Le Sanctuaire de la Réparation

Par Benoit Voyer

9 juillet 2025

Située au 3650, boulevard de la Rousselière, dans le secteur de Pointe-aux-Trembles, à Montréal, la première chapelle de la Réparation – qu’on appelle officiellement « le Sanctuaire du Sacré-Cœur et du saint Padre Pio » - a été construite en 1896 grâce aux efforts et à la ferveur religieuse de Marie de la Rousselière. Arrivée au Québec quelques années plus tôt, cette Française avait déjà fait parler d’elle en organisant plusieurs manifestations catholiques à Montréal.

La première chapelle est détruite par les flammes en 1905. Cette même année, on construit la Scala Santa, un escalier saint, sur le terrain du Sanctuaire.

En 1946, le sculpteur Armand Filion réalise dans la pierre la représentation du Sacré-Cœur, de saint François d'Assise et de sainte Marguerite-Marie sur le tympan au-dessus de la porte centrale de la chapelle.

Au fil des années, le Sanctuaire se développe de façon considérable.

En 1921, on érige une grande maison pour les frères Capucins.

En 1959, devant l'afflux de fidèles, on entreprend la construction de la grande chapelle Padre Pio de 1500 places, réalisée par André Blouin, un architecte et urbaniste de montréalais.

La Chapelle de la Réparation et son jardin sont des endroits qu’il faut absolument visiter.

Paix

Paix

Un soir d'octobre dernier, dans l'obscurité de ma chambre, je traverse un grand moment de solitude. C'est un peu normal de se retrouver ainsi après une séparation conjugale: Il faut retrouver l'équilibre et réapprendre à vivre avec sa solitude.

Ces instants furent plus pénibles à traverser que je l'avais envisagé, Dans ces jours sombres, j'ai souvent pleuré en secret.

N'en pouvant plus, exténué, je fis une prière: « Seigneur, au cœur de ce désert, je veux te remercier pour ta présence.

Malgré le silence que j'ai à ton égard, j'ai la certitude que tu es là. Je ne te vois pas.

Pourtant, je ne m'inquiète pas car je sais que tu me portes sur tes épaules. Pourquoi je le sais? C'est simple. Seigneur! Dans le sable de ma zone désertique, il n'y a qu'une trace de pas. Ces empreintes de pieds ne sont pas les miennes. La pointure est bien trop grande! Il n'y a que toi qui peut porter des souliers de cette grandeur.

Je veux aussi te demander pardon, depuis plusieurs jours, je suis un peu comme Thomas. Ce soir, comme lui, j'ai l'occasion de te toucher. »

J'ajoutai: « J’ai juste une p'tite chose à te demander: Donne-moi la paix... Pacifie-moi dans mon tourment... guéri-moi par la force de la tendresse. »

De jour en jour, j'ai senti une grande paix m'habiter. N'est-ce pas lui Jésus qui disait: « Je vous laisse ma paix... J'étais prêt pour un nouveau départ.

Cette humble rencontre spirituelle m'a appris qu'il ne faut pas se laisser aller à la dépression et douter comme Thomas.

Il faut plutôt s'arrêter et prendre le temps d'aller sincèrement au fond de soi et dire à Dieu: « Donne-moi la paix, guéri-moi, transforme-moi... et dans la tendresse renouvelle mon être.

Dieu ne peut que nous exaucer. II est un Dieu de paix. Il n'y a rien de magique là-dedans: Il nous aime d'un amour fou

Benoit Voyer

(Chronique Au-delà du visible, Hebdo Granbyen, 19 avril 1995, p. 8)

En ce 8 juillet 2025

En matin du 8 juillet 2025, j'ai fait une belle marche dans le boisé du Sanctuaire de la Réparation, a Montréal.

Messe au Sanctuaire de la Réparation


En ce 8 juillet 2025, j'ai participé a la messe de 8h au Sanctuaire de la Réparation, dans le secteur de Pointe-au-Tremble, a Montréal.

Concours de châteaux de sable


Concours de châteaux de sable

Un concours de châteaux de sable amateur aura lieu sur la plage de l'Île St-Quentin le samedi prochain de 8h à 17h. Il est organisé conjointement par la corporation de l'île et l'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées de la Mauricie. Les gagnants peuvent se mériter des prix de 100$, 75$ et 25$ avec, en plus, des sacs de plage remplis de petits prix comme des serviettes, caméra et crème solaire. Il est possible de s'inscrire en composant le 379-5810 (poste 28).

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 8. Texte de Benoit Voyer non signé dans le journal)

En ce 7 juillet 2025


Les préjugés face à la transsexualité


Les préjugés face à la transsexualité

Par Benoit Voyer

7 juillet 2025

En décembre 1996, on parle de Trois-Rivières partout au Québec. L’histoire est que, à la suite de la pression populaire, le diocèse catholique trifluvien refuse d’unir dans les liens du mariage Denise Levasseur, une « transsexuelle post-op » et Michel Noël. L’affaire Levasseur Noel fait beaucoup jaser dans les médias.

La direction de L’Hebdo journal me demande de commenter le sujet de l’heure. Le 22 décembre [1], j’écris qu’ « il n’y a pas à être offusqué du fait que le diocèse ait refusé de marier les deux tourtereaux. Sur ce point, l’Église a été fidèle à elle-même. Son discours n’a pas changé et n’est pas sur le point de l’être. »

Ce que je trouve triste dans cette cause, c’est l’opinion publique. Les grandes questions sont : « Denise Levasseur est-elle une véritable femme? Est-ce un homme déguisé en femme? Est-ce quelqu’un qui n’est pas bien dans sa peau? ».

Je réponds : « Les spécialistes qu’elle a rencontrés ne sont pas des idiots. Ils n’acceptent pas d’opérer lorsqu’il y a des doutes sur l’identité sexuelle ou à cause de troubles [psychiatriques]. Si l’équipe médicale et [psychiatrique] est unanime sur le fait que Denise Levasseur est une véritable femme, cessons d’en douter ».

Une autre question circule : « Michel Noël est un homosexuel? » Je n’en reviens pas d’entendre cela.

J’affirme que « répondre positivement à cette question, c’est poser un jugement très sévère sur cet homme. Pour lui qui n’a connu sa partenaire qu’au féminin, il n’y a pas de doute qu’il ne l’est pas. Peut-on vraiment dire le contraire? Difficile depuis que le public a pu remarquer le charme de cette femme ».

Et j’ajoute : « Cette histoire révèle une chose : Nous sommes tous un gang de pharisiens. Nous jugeons rapidement d’une situation que nous ne connaissons pas en profondeur. De plus, nous disons à haute voix que nous avons tous des droits égaux, mais nous condamnons comme de vulgaires hors-la-loi ces deux personnes qui veulent vivre un bonheur paisible. Enfin, soyons honnête : si l’histoire de ce couple nous […] fait tant jaser, c’est qu’elle dérange des éléments de notre intériorité. C’est bien plus de cela que nous devrions parler. »

De nos jours, on pense que la société occidentale est plus ouverte qu’a cette époque. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

____________________

[1] Benoit Voyer. « L’affaire Levasseur- Noël – Une vraie histoire de Capitaine Bonhomme », L’Hebdo journal, 22 décembre 1996, p. 5

Des roses pour Fernand Gignac


Saviez-vous que le chanteur et comédien Fernand Gignac repose au Mausolée Saint-Martin, a Laval? Il est toujours possible de s'y arrêter pour lui donner des roses en souvenir de lui. Sa niche est a l'étage 1, Aile Centre, Section SN01-15, Hauteur EE, case 1. Sa conjointe Mariette Gravel est auprès de lui. Le Mausolée est situé au 2159, boul. Saint-Martin Est. J'ai visité monsieur Gignac le 4 juillet.


Je suis bien fier de mon fils Jean-Pascal


En compagnie de mon fils Jean-Pascal et ma conjointe Manon lors du Tour CIBC au profit de la Fondation Charles Bruneau, a Kingsey Falls. Je suis bien fier de JP!



Parole et vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre du prophète Ezéchiel; 
2- Les Compagnons de Montréal - Vincent de Villiers; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Ou sont les signes de Dieu? 
4-Le centre de créativité du Gesu, a Montréal; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 50; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des Frères maristes ; 
7-Robert Sauvageau de l'Office de l'Éducation au diocèse catholique de Montréal - Les mardis de l'éducation; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est-ce que l'évangile est une bonne carte dans son jeu?; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps: Le mariage; 
11- La comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

______________________________________________ 
Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 07 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

La révolution de l'amour (8)


La Révolution de l'amour
Conclusion

Par Jean-Paul Regimbal

L’apothéose de l’amour

C’est le pape Jean-Paul II qui déclarait dans son encyclique Le Rédempteur de l’homme que: « ce dont le monde a le plus besoin c’est l’amour »[1]. Or, cet amour, l’homme ne peut se le donner a lui-même; il doit nécessairement le puiser aux sources intarissables de la Trinité elle-même. C’est « l’amour-agape », jailli de la plénitude des Trois, qui seul est en mesure d’assouvir la soif d’aimer et d’être aimé que connaissent à la fois chaque homme et l’humanité tout entière.

La révolution de l’amour dont nous avons tenté de présenter certains aspects majeurs au cours de cet ouvrage, reste le moyen possible pour les jeunes d’aujourd’hui de bâtir ensemble une société fraternelle plus juste, plus aimante et plus authentique. « Seul l’amour construit, seul l’amour rapproche, seul l’amour fait l’union des hommes dans la diversité »[2].

Pour arriver à vivre concrètement cet amour, les jeunes ont besoin de modèles qui incarnent cet idéal; ils ont besoin aussi de moyens efficaces qui demeurent accessibles; ils ont encore besoin de soutiens solides qui assurent la persévérance dans l’effort.

Les modèles
L’amour a trouvé son apothéose sur la terre des hommes en la personne adorable de Jésus-Christ. Parfaitement Dieu et parfaitement homme, il a uni dans sa seule personne tout ce que l’amour divin a de plus sublime et tout ce que l’amour humain a de plus parfait. Il a vécu l’amour selon les exigences les plus profondes, car « il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »[3].

En lui s’est manifesté d’une façon visible et sensible l’amour de Dieu le Père pour nous; à cause de lui, l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit saint.[4]

Mais il est allé encore plus loin pour témoigner de son amour d’une façon durable et accessible: la veille de sa mort, il a institué le sacrement de l’eucharistie et nous l’a laissé en héritage par le ministère du sacerdoce de l’Église,

« Ceci est mon corps, prenez et mangez;
Ceci est mon sang, prenez et buvez;
Faites ceci en mémoire de moi jusqu’à ce que je revienne »[5]

Jésus se rend donc présent, accessible et recevable dans la sainte eucharistie tant au cœur de la messe par la communion, qu’au sein du tabernacle par sa présence réelle. C’est pourquoi le concile Vatican II affirme solennellement que « l’eucharistie est le centre et le sommet de toute la vie de l’Église et de sa divine liturgie. »[6]

Jésus est là, Jésus t’attend, Jésus te convie au banquet de l’amour comme source et comme sommet de ta propre vie spirituelle et de toute ton existence humaine. Il se veut présent a tout ton être comme ami, comme frère, comme modèle et comme soutien. Il demeure toujours prêt à te dynamiser de la puissance de sa résurrection ! Quand tu reçois son corps et son sang, tu reçois la plénitude de son amour humano-divin.

En plus du sacrement de l’eucharistie, Jésus nous a témoigné son amour incommensurable en nous donnant comme mère, sa propre mère, Marie. Du sommet de la croix, il exprime sa dernière volonté:

« Voyant sa mère et près d’elle son disciple bien-aimé, Jésus dit à sa mère: “Femme, voici ton fils”. Puis il dit au disciple: “voici ta mère”. A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui »[7]

A travers le disciple qu’il aimait, Jésus s’adressait à tous ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chaque disciple est donc interpellé par le maître d’accueillir sa mère chez soi. Il veut que sa mère devienne notre mère car elle est indissociablement unie à son Fils depuis le moment de l’incarnation jusqu’à l’achèvement complet de la rédemption, donc, jusque dans la gloire et dans la vie éternelle.

« Mère du rédempteur et de tous les rachetés, mère du sauveur et de tous les sauvés, mère de la tête et mère de tous les membres du corps mystique, elle porte à juste titre le nom de mère de l’Église. »[8]

En elle, l’amour rédempteur et sauveur de Jésus-Christ trouve son apothéose la plus parfaite, car de toutes les créatures humaines, elle est la seule qui a correspondu à la perfection au plan salvifique universel conçu par le Père, réalisé par le Fils et actualisé par l’Esprit.

“Le Seigneur a jeté les yeux sur son humble servante et désormais toutes les générations me déclareront bienheureuse. »[9]

Trois mots et quatre attitudes peuvent nous faire comprendre un peu mieux en quel sens Marie nous est révélée comme modèle de l’amour.

ECCE:
L’évangéliste Luc présente Marie comme la jeune vierge qui, tout attentive à Dieu, accueille le message de l’Ange Gabriel dans un esprit de disponibilité totale à la Présence face à l’être aimé. Ecce: me voici! Je suis ta servante. Mon amour pour toi se veut présence d’écoute, présence de communion, présence de service, présence de joyeux abandon a tout ce que ton amour veut opérer en ma personne et en ma vie!

FIAT:
Qu’il me soit fait selon ta Parole, car ta Parole est vérité et vie. Ta Parole est toute-puissance, capable de réaliser en moi, même l’impossible. Tu veux que je devienne mère tout en demeurant vierge? Je ne sais, ni quand ni comment, tu peux opérer une telle merveille en mon corps et en ma personne, mais je consens volontiers, par amour, a tout ce que tu attends de moi, puisque je sais que toi seul peux l’accomplir. Mon amour pour toi est sans condition et sans limite. Je m’abandonne librement aux desseins d’amour que je ne comprends pas mais que je reçois dans la foi.

MAGNIFICAT :
Mon âme exalte ton nom, Seigneur mon Dieu, et je tressaille de joie à la seule pensée que tu veuilles te servir de moi comme instrument de ton amour miséricordieux. Mon amour pour toi me comble d’allégresse car je ne fais que répondre à l’initiative dont tu m’as aimée le premier.

Marie : Modèle de disponibilité,
d’obéissance et de joyeux abandon
Le pape Paul VI présente aussi la vierge Marie comme modèle aux croyants en raison des quatre attitudes fondamentales qui caractérisent sa relation d’amour avec Dieu.[10]

1) Marie est la Virgo audiens, la Vierge qui écoute, qui accueille la Parole de Dieu avec foi : une foi qui fut pour elle l’acte préliminaire et le chemin conduisant à la maternité divine.

2) Marie est la Virgo orans, la Vierge priante, la vierge priante, la vierge priante car c’est au cœur de la prière qu’elle reçoit la visite de l’ange à Nazareth; c’est par la prière qu’elle obtient le premier miracle de Jésus à Cana; c’est en état de fervente prière qu’elle vit l’événement de la pentecôte avec les 120 réunis au Cénacle à Jérusalem. C’est toujours dans la prière qu’elle exerce sa puissance d’intercession pour le salut du monde entier, maintenant qu’elle est élevée dans la gloire auprès de son fils bien-aimé Jésus, Notre Seigneur.

3) Marie est encore la Virgo pariens, la Vierge-Mère, c’est-à-dire celle qui, par sa foi et son obéissance, a engendré sur la terre le Fils du Père, sans connaître d’homme, mais enveloppée par l’Esprit Saint; maternité prodigieuse, établie par Dieu comme type et modèle de la fécondité » de l’Église.

4) « Marie enfin, est la Virgo offerens, la Vierge qui offre. Son fils dans la présentation au Temple et au sommet du Golgotha lors du crucifiement. Marie continue à offrir son fils a tous les hommes de tous les temps car en lui seul est le salut, la rédemption et la vie éternelle.

Marie, modèle de l’Église devient, par le fait même, modèle de tous les membres de l’Église par la qualité de sa fidélité à la Parole, de sa fidélité à la prière, de sa fidélité à donner le Christ au monde et de sa fidélité à l’oblativité, signe de sa maturité totale et de son plein épanouissement dans les voies de l’amour. En Marie éclate l’apothéose de l’amour humain transfiguré par la grâce. En Marie se concrétise le type et le modèle de l’amour qui atteint le sommet!

« Salut, Marie comblée de grâce,
le Seigneur est avec toi;
Béni, le fruit de tes entrailles,
Jésus notre sauveur et notre foi!

Les moyens :
Pour arriver aux sommets de cet « amour-agape », il ne suffit pas de contempler les modèles proposés, ni seulement de les imiter dans leurs attitudes profondes; il faut aussi prendre les moyens efficaces qui s’appellent la prière, les sacrements, l’ascèse et l’engagement.

Les premiers chrétiens ont compris très rapidement qu’ils se devaient d’être « assidus à la prière, a l’enseignement des apôtres, a la communion fraternelle et à la fraction du pain »[11].

La prière :
A relire les Actes des apôtres et les épitres, il est facile de se rendre compte de la nécessité et de l’efficacité et de l’efficacité de la prière sous toutes ses formes; prière personnelle et communautaire, prière d’adoration et de louange, prière d’intercession et d’action de grâce. En toutes occasions, la prière assurait non seulement la communion constante avec Dieu, mais aussi le rayonnement apostolique des communautés priantes à travers le monde. Sans la prière, l’apostolat n’est plus qu’un vain activisme sans fruit durable et sans efficacité pour le salut du monde.

La vie de prière, l’esprit de prière et la persévérance dans la prière deviennent donc des conditions essentielles pour que la révolution de l’amour aboutisse réellement à la civilisation de l’amour. Vouloir négliger la prière pour favoriser le travail et l’action, c’est sombrer dans l’illusion et compromettre certainement l’œuvre d’évangélisation confiée par le Christ à l’Église et à chaque baptisé.

Les sacrements :
Chacun des sacrements est un signe sensible institué par Jésus-Christ pour nous donner la grâce absolument nécessaire à notre croissance vers la pleine maturité de la charité. Parmi les sept sacrements, il y en a deux, qu’il est vital de recevoir avec assiduité et aussi fréquemment que possible : l’eucharistie et le sacrement du pardon.

Le pape Jean-Paul II consacre une partie importante de son encyclique Dieu riche en miséricorde à faire comprendre la puissance de l’amour miséricordieux agissant dans ces deux sacrements et la signification qu’ils prennent dans la vie de l’Église ainsi que dans la vie des fidèles :

« L'Église vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu'elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l'Eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation, ont une grande signification. L'Eucharistie nous rapproche toujours de cet amour plus fort que la mort: « Chaque fois en effet que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement nous annonçons la mort du Rédempteur, mais nous proclamons aussi sa résurrection, « dans l'attente de sa venue » dans la gloire. La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui dans sa mission messianique nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix, atteste l'inépuisable amour en vertu duquel il désire toujours s'unir à nous et ne faire qu'un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C'est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui aplanit la route de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. »[12]

L’Ascèse :
Pour tendre efficacement aux sommets de l’amour, le vrai disciple du Christ est prêt à accepter les trois grands moyens ascétiques recommandés par Jésus-Christ lui-même : le jeune, le renoncement à soi-même et la mort au péché.

En effet, Jésus s’est imposé quarante jours de jeûne avant de commencer son ministère public. Grace a cette ascèse, fortifié aussi par la Parole de Dieu, il a surmonté les trois grandes tentations du malin : la tentation de l’avoir, du savoir et du pouvoir. Or, le disciple n’est pas plus grand que le maître et ne peut compter vaincre l’ennemi sans prendre les mêmes moyens que Jésus. C’est aussi le jeûne que Jésus recommande à ses apôtres lorsque ces derniers lui avouent leur impuissance à chasser un démon d’une personne possédée. « Ce genre de démon ne se chasse que par le jeune et la prière. »[13]

Ajoutons de plus que l’amour véritable ne peut croitre ni s’exprimer qu’après un choix prioritaire; dès lors qu’on pose des priorités, on accepte d’éliminer ou de reléguer au second plan ce qui compromet la réalisation de son choix préférentiel. Voilà ce que Jésus lui-même nous enseigne : « Celui qui veut être mon disciple qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive »[14]. Ailleurs encore, Jésus dit explicitement : « Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mamon »[15]. Des lors, la révolution de l’amour ne peut se poursuivre avec un cœur partagé. La priorité étant clairement établie il faut être prêt même à tout quitter – son père, sa mère, ses champs, ses biens, pour suivre le Christ jusqu’à la cime de l’ « agape ».

Parmi les plus grands obstacles à l’amour, il faut bien reconnaitre l’orgueil, l’égoïsme, la sensualité, la domination. C’est pourquoi l’ « amour-agape » implique deux choses : la mort à soi-même et a tout ce qui constitue le vieil homme en soi. L’ascèse a précisément pour fonction de déraciner les vices, les défauts, et même les racines du péché, qui compromettent le véritable équilibre et le plein épanouissement de sa personne dans toute la liberté des enfants de lumière et des enfants de Dieu. Sur ce point Jésus est aussi explicite que sur les autres : « Si le grain ne meurt, il ne peut porter de fruits »[16].

Ce qu’il est essentiel de comprendre par cette expression, la mort à soi-même, ce n’est pas la destruction de sa personnalité, de ses talents, de ses aptitudes, ni de sa liberté radicale, mais bien l’éradication complète des habitudes de péché qui étouffent et empoisonnent nos capacités profondes d’aimance. Il n’y a pas de grand amour possible sans mort à soi-même; il n’y a pas de saint amour sans souffrance, sans croix et sans ascèse!

L’engagement:
Peut-on parler sérieusement d’amour sans au moins aborder le thème de l’engagement? Trop de gens rêvent en couleurs, se contentent de pieux souhaits ou même aspirent vers un idéal sublime sans jamais consentir à un engagement sérieux, responsable, parfois même, douloureux. L’apothéose de l’amour se situe au cœur même de l’alliance conclue par l’amour entre Dieu et son peuple, entre le Christ et son Église. De par sa nature même, toute alliance implique engagement et plus l’alliance est noble et sainte, plus l’engagement doit se radicaliser dans l’amour

Pas d’engagement sans dégagement!
Pas de dégagement sans dépassement!
Pas de dépassement sans une motivation suffisante, cette motivation trouvant ses raisons dans le cœur, dans l’affectivité, dans l’amour lui-même.

Les soutiens:
La poursuite de l’amour parfait ne peut être envisagée de façon réaliste sans compter sur des soutiens solides, responsables et inébranlables. Jésus-Christ connaissant le cœur de l’homme n’a pas voulu le laisser seul face aux exigences de l’amour, face aux difficultés de la vie. Il a d’abord prévu le don incréé de son Esprit comme soutien, guide, consolateur et défenseur, autant de facettes diverses d’une même réalité qu’il nomme Paraclet.[17]

Mais, de plus, le Christ sait bien que l’homme a besoin d’appui sensible, visible et accessible. C’est pourquoi il a constitué la communauté des croyants en Église qui est à la fois corps mystique et peuple de Dieu. Seul l’ « amour-agape » peut unir dans leurs diversités les membres très divers de ce peuple. Impossible d’aimer vraiment Dieu de tout son cœur sans aimer son prochain du même amour dont il nous a aimé le premier. Voilà ce qui fait l’objet spécifique du commandement nouveau laissé par Jésus a ses disciples la veille de sa mort: “Je vous laisse une loi nouvelle c’est de vous aimer les uns les autres du même amour dont je vous ai aimé le premier”. La communauté des croyants constitue le premier soutien pour pouvoir aimer toujours plus et mieux et gravir ainsi la montagne lumineuse de l’ « amour-agape ».

Mais Jésus a aussi pourvu son Église de pasteurs et de guides dont la sagesse et la prudence assurent un soutien favorable à tous ceux qui recherchent les voies de la perfection. A Pierre et a ses successeurs il a donné l’ordre: “Pais mes agneaux, pais mes brebis”[18]. Il est intéressant de noter que cet impératif pastoral est précédé d’une question directe répétée trois fois: ”Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci?[19]” Il est donc clair que Jésus attend un amour d’une qualité remarquable chez ses pasteurs afin de soutenir et de guider les fidèles en quête de l’amour le plus parfait. Par les ministères variés du pape, des évêques, des prêtres et des diacres, c’est Jésus lui-même, le bon pasteur, qui conduit toute la bergerie et qui se soucie également de celles qui n’en font pas encore partie. Dans notre marche collective vers la civilisation de l’amour c’est sur eux que chacun a le droit de compter pour arriver en toute sécurité au terme tant désiré.

En plus du soutien de la communauté, de ses chefs et de ses pasteurs, chacun peut compter sur le soutien de ceux qui nous ont précédés dans la gloire. En effet, la vie des saints sert non seulement de modèle dans la poursuite de l’amour mais, de plus, leurs exemples nous stimulent à l’héroïsme et leur intercession nous soutien dans nos luttes. N’oublions pas que les saints sont nos frères et nos sœurs et que la communion des saints permet une interaction dynamique entre les membres de l’Église militante et de ceux de l’Église triomphante. Tous unis en Jésus sauveur, nous sommes membres d’un même corps et nul ne peut dire à l’autre: “Je n’ai pas besoin de toi”[20]. Leur assistance nous est acquise, leur intercession nous est bénéfique et leur amour nous interpelle vers les mêmes sommets glorieux.

Pour terminer ce modeste ouvrage qui s’est voulu une mise en marche de la révolution de l’amour, citons le discours de Jean-Paul II aux étudiants à l’Université des Nations unies, à Tokyo:

« L’édification d’une humanité plus juste ou d’une communauté internationale plus unie n’est pas seulement un rêve ou un idéal vain. C’est un impératif moral, un devoir sacré, un devoir que le génie intellectuel et spirituel de l’homme peut affronter, par une mobilisation renouvelée des talents et des énergies de chacun, par la mise en œuvre de toutes les ressources techniques et culturelles de l’homme. »

Une question d’amour…
« La construction d’un nouvel ordre social suppose, en plus des capacités technologiques essentielles, une haute inspiration, une motivation courageuse, la foi en l’avenir de l’homme, en sa dignité, en son destin. C’est au cœur et à l’esprit de l’homme qu’il faut apartenir, au-delà des divisions provoquées par les intérêts individuels, des égoïsmes et des idéologies.

En un mot, il faut aimer l’homme pour lui-même. Voilà la valeur suprême que tous les humanistes sincères, les généreux penseurs et toutes les grandes religions entendent promouvoir. L’amour de l’homme en tant que tel est au centre du message de Jésus-Christ et de son Église : ce rapport est indissoluble. »

« Seul l’amour dure toujours, seul, il construit la forme de l’éternité dans les dimensions terrestres et fugaces de l’histoire de l’homme sur la terre ». (Jean-Paul II)

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »[21]

____________________

Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)

[1] Jean-Paul II, Rédempteur de l’homme, Introduction.
[2] Jean-Paul II, Discours aux jeunes, Palais des Princes, Paris, 1980.
[3] Jean 15,13
[4] Cf. Jean 3,16. 1 Jean 4,9. Romains 5,5
[5] Mathieu 26, 26-27. 1 Corinthiens 11, 24-26
[6] Décret La Sainte liturgie, no.10
[7] Jean 19, 26-27
[8] Paul VI: Décret apostolique, Marie, mère de l’Église
[9] Luc 1,48
[10] Paul VI : Exhortation apostolique, le Culte marial, 1ere partie, section 2, nos 16 à 20.
[11] Actes 2,42
[12] Jean-Paul II : Dieu riche de miséricorde, no 13; toute la septième partie du document élabore cet enseignement. Le pape renvoie les fidèles à sa première encyclique Le Rédempteur de l’homme, 20 au complet.
[13] Cf. Mathieu 17,21; Marc 9,29
[14] Mathieu 10,37-39; Luc 9,23
[15] Mathieu 6, 24-25
[16] Jean 12,24
[17] Jean 16, 4-19
[18] Jean 21,17
[19] Jean 21,15, 16, 17
[20] 1 Corinthiens 12, 20-21
[21] 1 Corinthiens 13,3