POLITIQUE: Le manque de convictions d’Éric Duhaime

Le manque de convictions d’Éric Duhaime

Par Benoit Voyer

9 janvier 2026

Frédéric Poulin, ancien maire de Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues, ne sera pas candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) lors de l’élection générale de cet automne. En 2022, il était arrivé deuxième avec 23,41 % des voix. Quelle est la raison officielle de son désistement ? Il dit qu’à cause des nouvelles normes sur le bien-être animal, il doit consacrer un nombre d’heures accrues dans son entreprise agricole.

Si on va plus loin, l’ancien maire trouve qu’Éric Duhaime fait trop de compromis. En entrevue, il disait dernièrement : « Si tu veux marquer l’histoire et provoquer un vrai changement, ce n’est pas avec des compromis que tu vas le faire, c’est avec des convictions […] Je pense que je suis peut-être trop conservateur pour le Parti conservateur. »[1] À ses yeux, Éric Duhaime est en train de faire perdre au PCQ son identité propre.

Cette observation de Frédéric Poulin ressemble à des centaines d’autres que j’ai entendues ces trois dernières années chez les membres et anciens membres du PCQ : le Parti conservateur du Québec a bien changé. Ce n’est plus la formation politique que les Québécois ont connue lors du dernier grand scrutin en 2022. Plusieurs aimeraient retrouver à sa tête une personne aux allégeances plus de droite comme Danielle Smith, la dirigeante conservatrice de l’Alberta.

De plus, au fil de ses derniers congrès, les membres du PCQ ont voté des résolutions avec lesquelles Duhaime ne semble vraiment pas à l’aise. Il ne s’en cache même pas. Cela veut concrètement dire qu’il ne travaillera pas très fort pour celles-ci, préférant mettre de l’avant son propre programme.

Ne se reconnaissant plus dans ce qu’est devenu le parti pour qui ils ont voté en 2022, plusieurs dizaines de milliers de membres ont quitté le navire. Il ne reste plus qu’entre 5000 et 6000 membres en règle. La courbe est en continuelle baisse. En 2027, il se pourrait que je sois parmi les prochains à ne pas renouveler ma carte de membre.

Comme bien d’autres, je n’écoute et je ne lis presque plus les déclarations d’Éric Duhaime. Sur X, j’ai souvent l’impression qu’il écrit ses déclarations en direct de son lit, bien étendu sous ses couvertures. On dirait qu’il s’ennuie de son ancien métier de commentateur et qu’il oublie qu’il est le chef d’une formation politique et qu’il est le porte-parole d’une partie importante de l’électorat québécois de droite.

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[1] Cf. José Soucy, « Élection générale 2026 : Frédéric Poulin ne sera pas candidat pour le PCQ », La Pilule rouge, 7 janvier 2026, https://pilulerouge.ca/election-generale-2026-frederic-poulin-ne-sera-pas-candidat-pour-le-pcq/

GÉNÉALOGIE: Anniversaire de décès de mon arrière-arrière-grand-mère

Anniversaire de décès de mon arrière-arrière-grand-mère

Par Benoit Voyer

9 janvier 2026

Le 10 janvier 1897 décède Soulanges Gagné (1820-1897), mon arrière-arrière-grand-mère. Elle est inhumée le 14 janvier 1897, sous son banc dans l’église de Saint-André de Kamouraska, auprès de Rémi Garneau, son défunt époux.

Dans la marge du registre paroissial, il est écrit : « Sept. 1. Marie des Anges Gagné dit Bellavance ». Juste à côté, on déclare : « Le quatorze janvier mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, nous soussigné prêtre, supérieur du collège de Sainte-Anne (..) révérend Ferdinand Garneau, curé de Saint-Roch-des-Aulnaies, fils de la défunte, avons inhumé dans l’église de cette paroisse le corps de dame Marie des Anges Gagné dit Bellavance, veuve de feu Rémi Garneau de cette paroisse, décédée en cette paroisse le dix du courant, âgée de soixante-dix-sept ans. Furent présents : Rémi Garneau, Achille Garneau, Pierre Médéric Garneau, médecin, Félix Garneau, fils de la défunte, les révérends (…) Claude Guy, George (Guy), Charles Bourque, et autres parents et amis dont plusieurs ont signé avec nous. »  Suivent les signatures, souvent illisibles, mais on reconnaît « Curé de Ste-Louise », « Guy, ptre, curé de Ste-Hélène », « Ed. Roy, ptre », « Bourque, ptre, curé de St-Alexandre », « Arthur F. Dumais, diacre », « Achille Garneau », « Pierre Pelletier », « Ferd. Garneau, curé, ptre », « Francois Chénard », « Ludger Massé » et cela se termine avec « D. Pelletier, ptre, supérieur du collège de Ste-Anne ».

Les funérailles sont présidées par l'abbé Ferdinand Garneau, son fils

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

EN LIBERTÉ: L’interventionnisme conduit à un remodelage de la pensée citoyenne


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 9


VISION CATHOLIQUE: Le plus grand est souvent celui qui est près de la porte

Le vénérable Pierre Goursat en prière
Le plus grand est souvent celui qui est près de la porte

Par Benoit Voyer

9 janvier 2025

Jésus ne cesse d’étonner. En parlant de Dieu, il dit : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3,30).

En repensant à ces paroles, il m’est venu celles de Christian Beaulieu. Dans son livre « Du vent plein les voiles », il écrit [1] : « Mais, me ferez-vous remarquer, Dieu est immensément grand ! Bien sûr, mais sa grandeur est celle de l’amour, puisqu’il n’est qu’amour. Parce qu’infiniment grand, il renonce à sa grandeur. […] Il est humble. […] s’effacer. Qui ne sait pas le faire ne sait pas aimer. Jésus ne s’est pas penché sur ses disciples, il s’est mis le plus bas qu’on peut être : à terre, à genoux ! »

On s’attend à ce que la personne la plus importante soit toujours en avant, bien en vue. Jésus enseigne le contraire. Dans les choses de l’âme, le plus grand est souvent celui qui est près de la porte, c’est-à-dire le plus effacé. C’était ainsi dans la plus grande partie de la vie de saint Alfred Bessette et dans celle du vénérable Pierre Goursat.
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[1] Christian Beaulieu, Du vent plein les voiles, Éditions Le Renouveau, 1984, p.54.

EN MUSIQUE: Bambo Twist (Éric Bouvelle)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Gilles Poirier, p.m.é

Expulsé du Soudan par les musulmans

Gilles Poirier, p.m.é

« C'est dégradant d'être manipulé comme ça, comme un criminel! »


Benoît Voyer


Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, de la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l'avion où l'a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l'expulser de son pays. Dans les couloirs de l'aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes les actions de l'Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique, il y a quelques années. Son seul commentaire en descendant de l'avion fut : « C'est dégradant d'être manipulé comme ça, comme un criminel ! »

L'ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l'avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à le foutre à la porte du pays, allant jusqu'à visiter les ministères un par un. Officiellement, il n'a jamais obtenu de réponse.

« Le motif, ils ne me l'ont jamais dit. J'ai été au ministère de l'Immigration et ils m'ont exigé de quitter le pays. J'ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m'ont dit : « Nous, on est sous des ordres que nous accomplissons. Nous ne savons pas les raisons. J'ai demandé où je pourrais aller m'informer. Ils m'ont envoyé à la Sécurité d'État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C'est à ce moment qu'a commencé mon pèlerinage d'un bureau à l'autre. Cela n'a pas donné de résultats », a-t-il confié à la Revue Sainte Anne.

Le 7 août, il doit quitter sous peine d'emprisonnement.

Comme convenu, il se rend à l'immigration. Ce sont les fonctionnaires soudanais qui l'amènent à l'aéroport pour s'assurer qu'il est bien parti. Ce n'est qu'une fois à bord de l'avion qu'ils lui remettent son passeport.

« On ne m'a jamais dit les motifs, sauf que nous les savons à la longue ! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements… », ajoute le missionnaire qui aimerait bien retourner là-bas.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques ont des petits projets de développement. Les femmes y font notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison parce que les salaires des maris ne sont pas suffisants pour les besoins de leurs familles.

Il poursuit : « Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l'Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d'avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l'Église locale ne payait pas ses engagements. Il n'amenait rien ! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m'a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes. »

Les gens du village connaissent cette histoire. C'est d'eux que les vraies raisons sont venues.

Habituellement, c'est le silence sur les situations d'expulsion dans ce pays, mais cette fois-ci ce ne fut pas le cas à cause des pressions de l'Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l'affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu'il a fait de la corruption en donnant beaucoup d'argent – surtout aux étudiants afin d'alimenter la haine – et qu'il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration : « Nous n'avons pas dit cela ! »

« On m'a confirmé, lors des derniers échanges, que je serais réintégré. Cependant, je ne projette pas retourner immédiatement parce qu'il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse où j'étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose pour l'instant» , explique-t-il. Au moment de l'entrevue, il lorgnait du côté du Kenya où il y a beaucoup de déplacés de guerre qui viennent du Soudan. C'est là qu'il risque de se retrouver en septembre.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé 16 ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan. Son expulsion du 7 août 1999 restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne se guérit pas.


(Revue Sainte Anne, Juillet-août 2000, page 295)

8 janvier 2026

EN LIBERTÉ: Pour Éric Zemmour, la France sans le christianisme n’est plus la France


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 8


EN MUSIQUE: Capri c'est fini (Serge Laprade)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Rhéaume Fortin, directeur général de Centraide Richelieu-Yamaska

Rhéaume Fortin, directeur général de Centraide Richelieu-Yamaska

Benoît Voyer


« Après une carrière très fructueuse dans le monde des affaires, j'ai eu le privilège, il y a huit ans, de prendre une année sabbatique pour réfléchir sur ce que je ferai du reste de ma vie. À 45 ans, j'en suis venu à cette conclusion: travailler au service des autres et les rassembler pour répondre à des questions que je me pose avec la société sur la misère humaine », raconte Rhéaume Fortin, directeur général de Centraide Richelieu-Yamaska, dont le bureau est situé à Saint-Hyacinthe, en Montérégie.

Il ne compte pas les heures. Centraide est pour lui bien plus qu'un travail, c'est sa mission. Mettre activement la main à la pâte est sa façon d'exercer son leadership au sein de cet important organisme qui finance -dans cette partie du Canada- un peu plus de 60 organismes sociaux.

Enfance

Fils de Lucille et Denis Fortin, Rhéaume Fortin est né en 1947 dans la paroisse Saint-Joseph (aujourd'hui Saint-Luc) de Granby.

Enfants du début du siècle, ceux qui lui ont donné la vie n'ont pas eu l'existence facile. Les deux grandes guerres mondiales et la grande dépression économique des années 1930 ont façonné les parents qu'ils sont devenus.

Natifs de Granby, les parents de sa mère quittent Granby pour les États-Unis afin de travailler dans le domaine du textile. Ils reviendront quelques années plus tard dans la région granbyenne avec Lucille, leur fille de sept ans. Du côté paternel, les enfants de Denis Fortin sont originaires de l'Abitibi. Le manque d'emplois dans ce coin du pays les a forcés à émigrer à Granby. C'est là qu'est né leur fils Denis.

Membre d'une famille de neuf enfants, Rhéaume Fortin est fier des valeurs qu'il a reçues de ses parents. Il n'a que des éloges à faire. Membres actifs de la JOC (Jeunesse ouvrière catholique), ils unissent leur vie lors de la célébration des 100 mariages en 1939.

« On a eu des parents qui ne vivaient que pour la famille. Mon père était un homme exemplaire, d'une patience extraordinaire, il avait un don pour communiquer et était très tolérant. Il a su s'adapter au renouveau social qui a marqué les années 50. Il avait toujours du temps pour nous. Enfin, il nous a initié à des valeurs pour nous bâtir un coffre à outils », raconte-t-il.

Rhéaume ajoute de nombreuses autres valeurs qu'il a reçues: le respect de la famille, le partage, l'entraide sur une base quotidienne sans que cela soit une charge, le respect de la société, l'écoute des gens sans préjugés, prendre le temps de vivre et amener ses enfants à prendre des décisions en offrant des possibilités.

Souffrance
« Foncièrement, je suis plein d'espoir. C'est très rare que je suis pessimiste devant une situation difficile. Je suis impulsif. Si j'ai mal à l'intérieur de moi, j'éclate: je le dis, je le crie, je pleure, après c'est fini! Je reprends vite confiance » dit M. Fortin, catholique pratiquant, marié depuis 31 ans à Diane et père de Pascal, 25 ans et paléontologue, sa fierté.

Ce qui le fait le plus souffrir est l'intolérance qu'il y a dans la société. Il n'aime vraiment pas l'exclusion. « Juste d'initier un peu d'espoir me rend heureux. »

Pour retrouver l'équilibre nécessaire à une saine santé intérieure, il se retire trois ou quatre fois par année chez les moines de l'Abbaye Saint-Benoît-du-Lac ou de Rougemont. Les religieux qu'il rencontre au fil de ses convalescences l'inspirent. Ils lui donnent des pistes pour aller plus loin, un peu comme son père faisait. La cinquantaine amène chez lui une sagesse qu'il n'avait pas il y a quelques années. Il y a des situations de la vie où l'être humain est impuissant et celui-ci doit accepter d'être vulnérable.

Centraide
La besogne qu'il réalise à Centraide Richelieu-Yamaska lui est entrée « sous la peau », pour reprendre son expression.

Il croit que ses petites actions quotidiennes au sein de cet organisme peuvent faire toute la différence. « Je ne peux pas déplacer la montagne seul, mais je crois que si nous sommes plusieurs à y enlever une petite cuillère, elle finira par disparaître! » commente-t-il.

Il loue le travail réalisé par les bénévoles de l'organisation. La région qu'il dessert est la seule qui fait encore la collecte porte à porte. Cela représente 20% du montant recueilli annuellement par l'organisme. Il insiste pour dire que 87% des montants recueillis vont directement aux 60 organismes aidés sur son territoire.

L'Engagement
Ce qui est de plus en plus difficile pour des regroupements comme Centraide est le désengagement des personnes. La manière d'être bénévole a bien changé au fil des ans.

« Les gens ne veulent plus s'engager à long terme. Les valeurs que véhicule la société sont très égoïstes. Elles commencent par soi: je me nourris le premier, je m'éduque le premier, je me sers le premier ... Il n'y a pas de don de soi. C'est malheureux! Nous devons vivre avec cette réalité » dit le sympathique directeur général.

Il remet en question les valeurs contemporaines: Il y a trop peu de gens qui osent être marginaux dans le sens positif du mot. Pour être heureux, il n'est pas nécessaire d'avoir une luxueuse résidence, deux automobiles, une piscine ou aller en Floride chaque hiver.

Il ne s'en cache pas. Les gens manquent de modèles; on se désengage partout. L'État providence est une utopie. « On se dit: il faut qu'il y ait un retour du balancier, mais quand tu as perdu le mode d'emploi depuis 30 ans, qu'est-ce que tu fais? » questionne-t-il.

Visage de Dieu
Sa relation à Dieu ressemble à celle qu'il a vécue avec son père. Pour lui, Dieu est justice. Il est aussi tolérant et bon; il fait tout pour que l'humain soit heureux. Dans son dialogue intérieur avec Dieu, il utilise la familiarité, comme s'il s'entretenait avec un ami.

« Je n'hésite pas à dire que je suis croyant! C'est ce que je suis au plus profond de moi », lance-t-il.

Depuis qu'il travaille pour Centraide, il ne porte plus le même regard sur la société. Il peut aussi répondre à une aspiration profonde qu'il porte en lui depuis toujours: se donner au service des plus démunis.

(Revue Sainte Anne, mai 2000, page 199)

7 janvier 2026

ICI ET LA

POLITIQUE : Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a commencé à présenter au public les 125 candidats de sa formation en vue de l’élection québécoise d’octobre. Aujourd’hui, il a confirmé que l’avocat Jonathan Poulin représentera la circonscription de Beauce-Sud. En 2022, il avait obtenu le meilleur résultat du PCQ avec plus de 43,4 % des votes. Il était arrivé second derrière le caquiste Samuel Poulin qui avait obtenu 428 votes de plus pour une représentation de 44,55 % des bulletins. Le 8 décembre, le PCQ avait annoncé que la femme d’affaires Catherine Morissette représenterait la circonscription de Chicoutimi-Nord.

MUSIQUE : À 19 h 30, les Petits Chanteurs du Mont-Royal chanteront durant la messe spéciale à la mémoire de saint Alfred Bessette qui aura lieu dans la crypte de l’oratoire Saint-Joseph, à Montréal.


POLITIQUE : les prochaines élections générales du Québec doivent avoir lieu le 5 octobre 2026.

POLITIQUE : les 31 janvier et 1ᵉʳ février 2025, à Lac-Delage, a lieu le congrès national du Parti conservateur du Québec.

SANTÉ MENTALE : À partir de maintenant, des médecins résidents en psychiatrie de l’université de Montréal accompagneront des policiers sur le terrain pendant quelques jours, dans le but de changer la pratique en psychiatrie afin qu’elle soit plus axée sur le terrain. À ce sujet, il faut lire l'article fort intéressant publié dans La Presse de ce matin. https://www.lapresse.ca/actualites/2026-01-07/sans-abri-affectes-par-des-troubles-mentaux/de-futurs-psychiatres-dans-la-rue-pour-susciter-des-vocations.php?utm_source=dlvr.it&utm_medium=threads&utm_campaign=accueil

POLITIQUE : hier, Charles Milliard a annoncé qu’il tentera de devenir chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Favori dans la course, on ne lui connait pas encore d’adversaires. Plusieurs observateurs pensent qu’il pourrait être tout simplement couronné faute d’autres choix.

Par Benoit Voyer
7 janvier 2026

EN LIBERTÉ: Les origines de la fête de la saint Jean-Baptiste

 


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 7


VISION CATHOLIQUE: Sœur Marielle Lemire (1932-2020)

Soeur Marielle Lemire
Sœur Marielle Lemire (1932-2020)

Par Benoit Voyer
7 janvier 2026

Le dimanche 17 janvier 1932, à Martinville, à quinze kilomètres de Sherbrooke, une petite municipalité devenue un secteur de Compton, naît Marielle, fille d'Yvonne Roy et Félix Lemire. Le lendemain, elle est baptisée dans la tradition catholique à l’église Saint-Martin par l’abbé Agénor Turcotte, curé de la paroisse. Elle reçoit les prénoms de Marielle, Noëlla et Cécile. Elle est la troisième d’une famille de quatre marmots. Ses sœurs et son frère portent les prénoms de Félicienne, Benjamine et Gabriel.[1]

Elle vit une enfance normale et heureuse.

Elle devient une jeune femme autonome. À l’usine, elle gagne 25$ par semaine. Sans rechigner, elle remet le montant à son père et, en échange, lui donne 25 cents pour aller voir des films au cinéma une fois par semaine[2].

Un goût pour la vie religieuse se fait sentir en elle.

Au début de l’an 2000, âgée de 67 ans, elle me raconte [3] : « Mon père ne voulait pas que j’entre en communauté. Il m’a dit : « Si tu me demandes la permission, je vais te dire non. Mais je te dis, si tu veux y aller, vas-y, ça va faire plaisir à ta mère ! Cependant, je suis sûr que tu ne resteras pas là ! Il m’appelait « ma petite guidoune ! » J’étais un peu « flyée » ! Il disait : « Elle est assez têtue ! » Si elle se met dans la tête qu’elle va y rester, elle va y rester ! Ça ne l’intéressait pas que j’entre en communauté parce qu’il fallait donner 300 piastres ! Nous étions assez pauvres ! »

Au grand bonheur de sa mère, le 7 septembre 1949, Marielle Lemire entre chez les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus, à Sherbrooke.

Pendant plus de 22 ans, elle travaillera dans la cuisine de la communauté religieuse.

Une rencontre spirituelle intense
Au début des années 1970, grâce au père Jean-Paul Regimbal, initiateur du renouveau charismatique chez les catholiques francophones d’Amérique du Nord et d’Europe, elle vit une rencontre spirituelle intense. Sa vie ne sera plus jamais la même.

« J’ai été touchée par tous ces miracles et ces guérisons. Ça m’a épatée, un Dieu agissant, une Parole qui peut s’actualiser aujourd’hui. J’en ai tellement vu ! Comment est-ce que je pourrais nier cela ? Quand je témoigne de cette époque, je dis toujours : c’est le Dieu des miracles ! J’ai moi-même été guérie des intestins ! J’étais tellement convaincue que je ne pouvais pas me taire ! »[4].

A la suite de son expérience, elle introduit le Renouveau charismatique dans la région de Sherbrooke : « Ce qui m’a épatée aussi, c’est la Parole de Dieu et Vatican II qui venait de sortir. J’y ai appris que la Parole de Dieu est vérifiable ; elle dit d’imposer les mains aux malades et ils guériront ! C’est écrit ! Puisque c’est noir sur blanc, je me disais : on va faire comme la Parole demande ! Dieu répondait à nos prières ! »

Par la suite, elle consacrera son existence aux jeunes adultes, surtout aux plus « poqués de la vie ».

Les jeunes
Le regard enjoué, elle me lance : « Tu sais, les jeunes veulent tous croire ! Le problème est dans la manière dont on leur présente Dieu ! Il n’y en a pas un qui accroche sur la même affaire ! » [5].

En 1979, a Granby, dans La Voix de l'Est
Elle les connaît bien les jeunes adultes. Elle a consacré plus de trente ans à les écouter et à tenter de leur faire découvrir la foi chrétienne à travers les « cafés chrétiens » qu’elle a fondés, dont ceux de Sherbrooke, Trois-Rivières, Granby et Saint-Hyacinthe. C’est à celui de Granby que j’ai entendu parler d’elle pour la première fois. C’était en mai 1981. Quelques années plus tard, j’aurai la chance de mieux la connaître et de la voir travailler auprès des jeunes aux cafés de Saint-Hyacinthe et Sherbrooke.


La méthode pastorale de sœur Marielle Lemire est assez simple. Premièrement, laisser agir l’Esprit Saint et ne pas tenter de tout encadrer. Et puis, être elle-même, sans artifice.

La religieuse a toujours eu un langage franc et direct. Elle dit sans détour ce qu’elle pense. Ce trait l’a toujours aidé auprès des jeunes.

Et puis, oui c’est vrai, elle est un peu « flyée » et comme le disait son père : « elle est assez têtue ! Si elle se met dans la tête… » Elle n’est pas du genre à abandonner facilement, surtout lorsqu’elle sent que le courant passe. Elle me le dira souvent, il n’y a pas un jeune adulte qui découvre Dieu de la même manière.

Au fil des ans, elle est devenue plus tendre et à l’écoute, comme une mère et une grand-mère. Au fil des confidences, elle amène les jeunes à faire l’expérience d’un Dieu agissant qui seul peut guérir en profondeur les blessures de l’âme. Ce qu’elle réalise est un véritable miracle quotidien.

Plusieurs jeunes ont trouvé auprès de sœur Marielle Lemire une présence guérissante et un sens à la vie. Elle a toujours su se faire proche de leur misère. Auprès d’elle, chacun et chacune se sent unique et important.

Marielle n’a jamais aimé les honneurs et, selon elle, en a trop reçus au fil de ces années avec les jeunes. Elle a toujours préféré la vie humble et simple de sa cuisine de la communauté ou celle sur le trottoir.

Sœur Marielle Lemire est décédée le 8 janvier 2020, à l’âge de 87 ans. Ses cendres reposent dans le cimetière Saint-Michel, à Sherbrooke.[6]

Le cimetière Saint-Michel, a Sherbrooke

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[1] Renseignements tirés de l’extrait du registre des baptêmes de la paroisse Saint-Martin, à Martinville. Inscription du 18 janvier 1932.
[2] Benoit Voyer, « Les jeunes veulent tous croire ! », sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108.
[3] Benoit Voyer, « Les jeunes veulent tous croire ! », sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108.
[4] Benoit Voyer, « Les jeunes veulent tous croire ! », sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108.
[5] Benoit Voyer, « Les jeunes veulent tous croire ! », sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108.
[6] Avis de décès de sœur Marielle Lemire : www.steveelkas.com/avisdeces/sr-marielle-lemire-f-c-s-c-j/

EN MUSIQUE: Automne (Alexandra Strelinsky)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Ça jubile au Sanctuaire!

Ça jubile au Sanctuaire!

Le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a été désigné, par le diocèse de Trois-Rivières, comme lieu privilégié pour recevoir les grâces spirituelles du Jubilé de l'an 2000. L'évêque, Mgr Martin Veillette, encourage tous les Québécois et Québécoises, catholiques ou non, à s'y rendre pour se recueillir quelques minutes durant cette année qui marque le 2000e anniversaire de la naissance de Jésus. Au sanctuaire marial, le Jubilé a été officiellement lancé, le jour de Noel, par l'ouverture solennelle de la grande porte de la Basilique.

« Cette démarche consistait à entrer dans l'esprit du Jubilé qui sera surtout marqué par la réconciliation avec Dieu, avec les autres et avec soi-même », explique le père Yoland Ouellet, directeur de la liturgie et assistant directeur des pèlerinages, responsable du secteur anglophone et multi-ethnique.

Fête de la lumière
Pour le Jubilé, le diocèse trifluvien mise sur trois volets: la culture, la liturgie et la justice sociale.

« Au plan culturel, la première fête diocésaine a eu lieu chez nous, le 5 février. C'était une fête de la lumière. Il y avait 2000 personnes de toutes les zones pastorales de notre diocèse qui ont reçu un billet d'invitation qui leur réservait une place à l'intérieur de la basilique pour cette célébration spéciale», dit le père Ouellet.

« Et dans les ténèbres, on a accueilli la lumière avec musique et chants. Chaque paroisse recevait une flamme - un gros cierge - qui a été allumée durant ce rassemblement et qui le sera de nouveau dans chaque église du diocèse durant le reste de l'année », ajoute-t-il.

La fête au Sanctuaire
Cette année, l'équipe du Sanctuaire développera une nouvelle sensibilité: être plus proche des souffrances intérieures des pèlerins de passage. Des temps de recueillement seront aménagés pour prier pour les maux d'aujourd'hui: suicide, pauvreté, chômage, violence, etc.

En plus d'une célébration mensuelle pour les malades, il y aura des rendez-vous bien spéciaux qui actualiseront la nouvelle approche. Pour la première fois, il y aura une montée pascale au sanctuaire, à l'occasion de la semaine sainte. Cette retraite un peu spéciale sera animée par les pères Yoland Ouellet et Noel Poisson.

La neuvaine de l'Assomption qui attire jusqu'à 90 000 personnes en août reviendra également en force.

Ça jubile au sanctuaire à l'occasion de l'an 2000! « À Cap-de-la-Madeleine chaque jour sera une grande fête! » conclut l'Oblat de Marie-Immaculée

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, avril 2000, page 164)

6 janvier 2026

EN LIBERTÉ: Les besoins affectifs des hommes

 


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 6


VISION CATHOLIQUE: Les fiançailles et le mariage de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi

Les fiançailles et le mariage de
la bienheureuse Anna-Maria Taïgi

Par Benoit Voyer
6 janvier 2026

Anna Gianetti est à l’âge des choix de vie. L’idée de devenir religieuse occupe ses idées pendant un certain temps. Cependant, après avoir demandé conseil à son accompagnateur spirituel, elle finit par laisser s’évanouir cette possibilité.

Dans sa prière, Anna finit par demander au bon Dieu de mettre sur sa route le jeune homme de ses rêves. Elle le veut honnête, chrétien, convaincu et de modeste condition. Au fond, elle veut un homme de cœur capable de la protéger.

Anne travaille au palais Maccarani pour une certaine dame Marini, la maitresse de la maison. À chaque jour, on y reçoit la visite de Domenico Taïgi qui, de la part du prince Chigi, son maître, apporte à la dame Marini des messages ou de quoi manger. Leurs fréquentes rencontres finissent par créer des liens cordiaux entre elle et lui.

Chacun s’intéresse à l’autre au point de chercher à mieux le connaître. De son côté, Anna s’informe de l’homme auprès du curé de la paroisse, de dame Marini et de quelques amies.

Le Milanais Domenico Taïgi est un homme de figure franche et gaie, aux cheveux noirs crépus, robuste de santé, que les nobles aiment à garder à leur service. Anna n’est pas insensible à ses charmes, sans toutefois s’aveugler par ses défauts. Elle le sait, Domenico n’a pas l’art de dissimuler son caractère grossier, son obstination résolue et sa vulgarité plébéienne. En revanche, la bonté de son cœur, son honnêteté instinctive, sa réputation morale et sa conviction religieuse compensent pour ses lacunes.

Domenico finit par demander aux parents Gianetti la main de leur fille, après avoir obtenu d’Anna l’assurance qu’elle l’épouserait.

Les fiançailles sont conclues à la fin de novembre 1789. On se hâte de confectionner le trousseau de la mariée.

Le 7 janvier 1790, Anna, toute radieuse dans la fraicheur de ses 20 ans, s’engage auprès de Domenico devant l’autel de l’église catholique Saint-Marcel, à Rome.

Un jour, sa fille Sofia racontera : « Ma mère me disait que si elle avait ainsi tout réglé en 40 jours, c’est qu’elle ne voulait pas « rester à réchauffer la chaise » en s’éternisant à la maison. Trainer en longueur, après s’être assurée de la piété et de l’honnêteté de son futur, ne pouvait que lui amener ennuis et danger. Elle fut toujours heureuse de ce qu’elle avait fait en épousant mon père… »[1]

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[1] Cf. Frère Jean-Paul de Jésus (Jean-Paul Regimbal). Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte, Trinitas, Vol. 1 No 3, avril, mai et juin 1954, pp. 10 et 11.

EN MUSIQUE: Beyond Life (François Cousineau)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un cœur qui bat toujours

300e anniversaire du décès de sainte Marguerite Bourgeoys


Un cœur qui bat toujours

Durant la nuit du 31 décembre 1699 au 1er janvier 1700, les sœurs de la Congrégation Notre-Dame de Montréal sont brusquement réveillées pour réciter les prières des agonisants au chevet de sœur Catherine Charly, leur jeune maîtresse des novices, gravement malade depuis quelques temps.

La fondatrice de la communauté religieuse, Maguerite Bourgeoys, bien portante malgré ses 79 ans avancés, lance spontanément en apprenant la nouvelle : « Ah! Mon Dieu, que ne me prenez-vous, moi qui suis inutile à tout dans cette maison plutôt que cette pauvre sœur qui peut y rendre encore de grands services » Surprise! En quelques heures, sœur Catherine reprend du mieux. Elle est sauvée de la mort.

Le soir du 1er janvier 1700, Marguerite Bourgeoys commence une fièvre accompagnée de souffrances aiguës. Pendant douze jours, elle souffre effroyablement.

Voyant la maladie s'aggraver, une désolation envahit les religieuses. Malgré son purgatoire, la sainte vit dans l'allégresse. Elle le sait : l'heure de Dieu est arrivée, l'heure de son passage de vie à trépas.

Autour du lit, ses compagnes veillent. Rapidement, elle leur demande des cantiques (prières chantées). Dans la petite cellule glacée, les voix s'élèvent tremblantes pour chanter le ciel et Marie. Marguerite s'unit à ses filles malgré ses douleurs et son épuisement. Auprès d'elle, qui pleure à chaudes larmes, Catherine Charly revenue à la santé, comme par miracle.

La fête des rois se passe dans la tristesse. Le mardi 12 janvier 1700, peu après minuit, Marguerite Bourgeoys entre en agonie. Elle décède paisiblement vers 3h, les deux mains croisées sur sa poitrine.

Parcours
L'amie de Jeanne Mance, la fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal, morte également en odeur de sainteté, est née à Troyes (France), le vendredi saint 17 avril 1620.

À 33 ans, elle quitte sa patrie à l'invitation de monsieur Paul Chomedey sieur de Maisonneuve pour se rendre instruire les enfants de Ville-Marie, en Nouvelle-France.

En 1658, elle ouvre une première école de Ville-Marie (Montréal) et, plus tard, fonde la Congrégation Notre-Dame. Tout en faisant l'école, elle reçoit et accompagne les Filles du Roy, venues en Nouvelle-France pour y épouser colons. Elle les prépare au mariage et les soutient dans la fondation des premières familles du pays.

À 73 ans, Mgr de Saint-Vallier accepte sa démission comme supérieure de la Congrégation. A 77 ans, elle écrit ses mémoires qui demeurent un témoignage historique et son testament spirituel. Le 31 octobre 1982, elle est canonisée par le pape Jean-Paul II.

Hommages
À l'occasion du 300e anniversaire de son entrée dans la gloire du ciel, le Jeune opéra de Montréal lui rendra hommage, le 9 avril 2000, à l'occasion d'un concert qui aura lieu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours de Montréal. Le 17 juin 2000, une fête multiculturelle se tiendra à la Maison Saint-Gabriel de Montréal, pour souligner l'anniversaire.

Benoît Voyer


(Revue sainte Anne, mars 2000, page 109 et 110)

5 janvier 2026

EN LIBERTÉ: La messe rythmée (4)


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 5


VISION CATHOLIQUE: Saint Alfred Bessette

Le frère André
Saint Alfred Bessette

Par Benoit Voyer

5 janvier 2026

En 1832, une année après leur mariage, Isaac Bessette et Clothilde Foisy s’installent sur ce qui est devenu l’intersection de la montée et du rang du Grand-Bois, du 3ᵉ et du 4ᵉ Rang Nord, à Mont-Saint-Grégoire. Il s’agit d’une pointe de terre située à 3,22 km du village.

Il est facile de s’y rendre. On emprunte la sortie 37 de l’autoroute 10, on prend la route 227 en direction sud et Google Maps indique le reste du chemin à suivre.

Lieu de naissance d'Alfred a Mont-Saint-Grégoire
De nos jours, sur le terrain se trouvent une immense croix en pierre, bien évidemment une statue de saint Joseph, un monument nous rappelant la maison natale d’Alfred et un tas de pierres, vestiges du solage de la cabane de la famille Bessette. Elle est faite en bois et ne contient qu’une pièce de 20 pieds par 17.


Dix des douze enfants Bessette naissent dans cette très modeste maison. Alfred est le huitième bambin. Il nait le 9 août 1845.

Craignant pour sa vie, parce qu’il est très maigre, le bébé est baptisé le lendemain. Le curé Pierre-Albert Sylvestre procède au rituel.



De Saint-Grégoire à Farnham
Le 25 aout 1849, Isaac Bessette vend sa propriété de Mont-Saint-Grégoire à Louis Gauthier, cultivateur de Nicolet. L’acte notarié dit que l’acquéreur ne doit pas prendre possession du lieu avant le 1ᵉʳ juin 1850. Cela était pour lui permettre de relocaliser sa famille.

Le 3 octobre 1849, Édouard Chatelle cède à Isaac Bessette une étendue de son terrain au 5ᵉ rang de Farnham. Ce lieu est aujourd’hui reconnu comme étant le 182, rue Yamaska Est. La maison d’origine a disparu dans les flammes en 1998.

L’histoire dit qu’Isaac Bessette est pauvre. Comment a-t-il pu s’offrir un terrain et la construction d’une nouvelle maison en payant comptant s’il était si pauvre ? C’est un fait rare en ces temps-là ! Il a une grosse marmaille et n’a aucune dette.

Le frère André
Isaac Bessette n’est pas qu’un bucheron et un menuisier. Un acte notarié dit qu’il est aussi charpentier. Il gagne donc relativement bien sa vie dans la construction. D’ailleurs, il n’y a pas qu’Isaac qui aime travailler le bois. Ses frères avaient la même passion. Ils ont d’ailleurs contribué à la construction de quelques églises, dont celle de Saint-Athanase, près d’Iberville.


Alfred Bessette a grandi dans cette atmosphère un peu spéciale. Son rêve de bâtir un oratoire consacré à Saint Joseph est fort probablement né dans ces années à Farnham, où il a participé à quelques projets de construction avec sa famille.

La maison construite par Isaac Bessette ressemblait à l’autre située juste à côté, à l’ouest. Également construite de ses mains, il a utilisé le même plan. C’est dans ce lieu qu’Alfred Bessette – alias le frère André – vivra de 4 à 11 ans et demi, soit la plus longue période de sa vie avant d’entrer en communauté chez les Pères de Sainte-Croix. Farnham est donc le lieu où il aurait fait ses apprentissages d’enfant et même reçu les premiers sacrements. C’est ce petit coin de pays qui formera le saint homme qu’il deviendra.

Le 19 février 1855, Isaac Bessette et son fils aîné, Isaïe, s’affairent à abattre un arbre face à sa maisonnette sur la propriété d’Eusèbe Martel. L’arbre dérive et lui tombe sur la poitrine. Le choc est fatal pour le père. Il en meurt. Le choc est également fatal pour sa femme qui s’épuisera à élever seule sa trâlée de dix enfants, dont le benjamin, Alfred, n’a que 9 ans. Touchée par la tuberculose, elle décède en 1857.

C’est à Farnham qu’elle décède ! Pas à Saint-Césaire ! Les actes notariés sont clairs sur ce point et ajoutent que ses funérailles ont eu lieu dans la petite église catholique de Farnham et qu’elle a été inhumée auprès de son mari dans le petit cimetière, situé à proximité du temple, juste à l’est. Cette chapelle était un lieu significatif pour Isaac Bessette puisqu’il a travaillé à son agrandissement.

De nos jours, les époux Bessette se retrouvent inhumés sous l’asphalte d’un petit stationnement [1] situé à l’ouest de l’église Saint-Romuald, entre la rue et l’église.

Lorsqu’on a déménagé le cimetière, en 1890, plus d’une cinquantaine de cercueils ont été déterrés et relocalisés dans le nouveau. Les autres personnes qui reposent en ce lieu sont tombées dans le plus grand anonymat. C’est probablement parce que les familles étaient pauvres que les corps sont restés là.

Ainsi donc, Alfred Bessette, 12 ans, quittera Farnham au décès de sa mère pour aller demeurer chez son oncle Timothée Nadeau, à Saint-Césaire.

Intelligent, mais de santé délicate, il fréquente très peu l'école. Il apprend à lire, mais pas à écrire. Et il peut à peine signer son nom.

Le frère André
Une vocation religieuse particulière

Alfred est un bon travailleur. Il sera boulanger, cordonnier, homme de ferme.

Comme plusieurs Canadiens, il œuvre dans les usines de textile de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis. Il revient au Canada en 1867.

Optimiste de nature, malgré sa faible santé et des difficultés qu’il traverse, il ne se plaint jamais.

Sa foi et sa confiance en Dieu donnent du sens à sa vie. Celles-ci viennent de sa mère. Elle lui a inculqué une grande confiance en saint Joseph, l'artisan discret de Nazareth. Il s’abandonne à son intercession.

L'abbé André Provençal, curé de la paroisse catholique de Saint-Césaire, remarque sa piété et son esprit de service. Il lui recommande d'entrer dans la communauté de Sainte-Croix. Ils viennent de fonder un collège pour les garçons au village.

À 25 ans, Alfred est homme à tout faire, quasi analphabète et de santé fragile, on hésite à l'accepter en communauté. On finira par le garder parce qu'il « prie très bien ».

Chez les Pères de Sainte-Croix, il portera le prénom du curé de Saint-Césaire : « le frère André ».

Ces hommes instruits, tous des instituteurs, un peu bourgeois dans l’âme, le regardent souvent de haut, mais Alfred c’est l’humble gars de la communauté. Il effectue ses travaux – ceux que personne ne veut faire – avec entrain, humour et sans jamais se plaindre. Il devient portier, jardinier, commissionnaire, coiffeur, repasse le linge des religieux… Il mène une vie en apparence banale, une existence qui, pense-t-on, ne laisse pas de trace. Mais un feu l'habite.

En coupant les cheveux aux élèves, il leur parle de la prière et de l'importance de la communion fréquente.

Tous connaissent sa dévotion à saint Joseph.

Le frère André
Les débuts de l’Oratoire Saint-Joseph

Des rumeurs commencent à circuler : le frère André aurait guéri un élève à l'infirmerie. Au fil des ans, les « guérisons » se multiplient.

Homme d’écoute et de bons conseils, les gens se présentent au collège afin de se confier au « bon frère ». Il devient le confident d’un grand nombre de personnes.

Le frère André
C’est vers l’âge de 60 ans qu’il devient peu à peu un personnage public.


Après avoir longuement hésité, les autorités du Collège Notre-Dame achètent le terrain situé de l'autre côté de la rue.

En 1904, on y érige une petite chapelle. C’est la naissance de l'Oratoire Saint-Joseph.

Chaque matin, le frère André y monte pour accueillir les pèlerins qui sont de plus en plus nombreux.

Dans « son bureau », comme il dit, le confident reçoit de 200 à 300 personnes par jour. Pour lui ces longues heures d'écoute sont souvent pénibles.

saint Alfred et le bienheureux Frédéric
Le frère André n'est pas un magicien, ni un charlatan. C’est un homme qui parle avec son cœur de son expérience personnelle : prière, confiance en Dieu, dévotion à saint Joseph…


Parmi ses amis figure le bienheureux père Frédéric Janssoone, un franciscain.

Le frère André meurt le 6 janvier 1937, à l'âge de 91 ans. L’humble oratoire est en voie de devenir une basilique. Le toit et le dôme seront complétés l'année suivante.

La semaine qui suit son entrée dans la gloire éternelle, un million de personnes, dit-on, passent lui rendre hommage. Ils viennent de partout en Amérique du Nord.

Montréal a connu un grand saint. Il est l’exemple parfait de ce que doit être un cheminement spirituel authentique : « Devenir grand en se faisant petit. » [2].

La fête liturgique de saint Alfred Bessette, alias « le bon frère André », est le 6 janvier.


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[1] Cf. Benoit Voyer. « Les parents du Frère André enterrés sous l’asphalte », Revue Sainte-Anne, mars 2000, p. 108. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/03/les-parents-du-saint-frere-andre.html 
[2] Dans sa chanson « Te ressembler », Patrice Vallée illustre bien qu’aurait pu chanter Alfred Bessette : « Te ressembler chaque jour un peu plus. Te continuer dans nos maisons nos rue. Être ton corps qui revit aujourd’hui à chaque endroit ou servent tes amis. Devenir grand en se faisant petit, en s’abaissant pour mieux donner sa vie, en se penchant sur un malade ami, sur un enfant qui pleure dans la nuit. Être un servant à l’autel de la vie. Donner son sang comme toi tu le fis. En s’oubliant pour celui qui gémit, pour le souffrant ou celle qu’on oublie. Donner son temps comme on donne le pain, en oubliant le geste de la main, en s’arrêtant à celui qui le tient, reconnaissant les traits de Dieu qui vient. » https://www.chantonseneglise.fr/chant/18301/te-ressembler


EN MUSIQUE: Amazing Grace (Alan Jackson)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Tout commence par un regard

Tout commence par un regard

Le Café d'accueil Chrétien, situé sur la rue Saint-Antoine Nord, à Granby, est en pleine relance. Pour la survie de ce service fondé en 1979 à la demande du défunt père Jean-Paul Regimbal, un second souffle était nécessaire et urgent. Les réalités sociaux-religieuses ont changé en 20 ans. Il faut maintenant s'adapter à une nouvelle façon de faire de l'animation pastorale. Le nouveau président, Serge Champagne, entend bien démontrer que tout commence par un regard.

Tout est nouveau : approche pastorale, membres, invités, conseil d'administration ... même la décoration a été changée.

Souvent confondu avec le réseau des cafés chrétiens des divers groupes chrétiens qui ne vivent pas en communion avec le Vatican, cet homme dans la quarantaine - et son équipe- fait tout ce qu'il peut pour afficher que son centre d'accueil est bel et bien catholique. Il pourrait même proposer à ses membres de changer le nom de la corporation sans but lucratif si cela est nécessaire.

Objectifs
Qu'est-ce que le Café d'accueil chrétien catholique? « C'est un lieu où le jeune se retrouve chez lui pour placoter de ce qui le préoccupe. Avec le temps, nous tentons de lui faire découvrir que Jésus est présent dans son quotidien », explique le responsable moustachu.

« Nous voulons porter une présence de foi aux jeunes pour redonner de l'espérance. Notre démarche se fait à partir de ce qu'ils vivent! », ajoute-t-il. Cette façon de porter le message de l'Évangile est unique. Il n'y a pas mieux qu'un jeune pour parler de foi à un autre jeune. N'est-ce pas le grand désir du pape Jean-Paul II qu'il y ait en cette fin de millénaire une nouvelle évangélisation en Amérique!

Jésus et Juana Carrascosa ont dit, il y a quelques jours, au Synode pour l'Europe : Il faut « redécouvrir la simplicité absolue de la méthode du Christ, de Dieu, avec nous: Jésus est une présence humaine qui touche toute la vie et la change » [...] « Nous avons besoin de chrétiens conscients et convaincus, qui soient capables de rendre l'Église présente dans leurs communautés ». C'est ce que la petite équipe de Granby veut faire.

Le petit café fait un peu penser à la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) que toute une génération a connue, à la différence qu'il s'ajoute en ce lieu une proposition d'expérience spirituelle intense.

Expérience personnelle
Père d'adolescents, Serge Champagne sait de quoi il parle. Les forces et les faiblesses de jeunes, il connaît ça!

Il n'y a pas juste son expérience de parent qui inspire son action. Toute sa jeunesse il l'a passée en foyer d'accueil. « Pour moi, l'amour était irréalisable! », lance-t-il. Tout a changé à partir d'une expérience spirituelle intense qu'il a faite avec un petit groupe de catholiques. Après, rien n'a jamais été pareil : Il a trouvé un sens à sa vie, un sens à l'amour. Il sait maintenant que tout commence par un regard. Il veut donner ce qu'il a reçu.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, février 2000, page 62)

4 janvier 2026

INTERMEDE: La chapelle Notre-Dame de Lourde, a Montréal


EN LIBERTÉ: La messe rythmée (3)


IL FAIT TOUJOURS BEAU : Paolo Noël no 4


VISION CATHOLIQUE: Les Franciscains de l’Emmanuel

Les Franciscains de l’Emmanuel

Par Benoit Voyer

4 janvier 2026

Le 5 janvier 1985, avec un groupe d'amis, Denis Lévesque fonde les Franciscains de l'Emmanuel, une fraternité communautaire dans l'esprit du saint d'Assise. Le groupe prend naissance avec la permission de l'archevêque de Montréal. La mission des Franciscains de l’Emmanuel est l’évangélisation des jeunes, des pauvres, des gens en difficulté ou carrément dans la rue.

Être un religieux au sein de cette fraternité n’est pas de tout repos. Les membres de la fraternité ne doivent rien posséder, se sauver du confort et de la vie facile et être matériellement les plus pauvres parmi les pauvres. Ainsi donc, les quatre des cinq premiers compagnons du début décideront finalement de quitter la communauté après quelques mois.

En 1986, François Garon se joint à Denis Lévesque.

De 1990 à 1995, ils résident à Roxton-Pond, situé à quelques kilomètres de Granby, mais aucune nouvelle recrue à la fraternité. C’est à cet endroit que je les ai connus.

De 1995 à 1997, ils vivent une expérience avec les Franciscains du Renouveau dans le Bronx, en pleine jungle new-yorkaise. Ils songent à se joindre à cette nouvelle fraternité franciscaine prospère. Ils reviennent finalement au Canada et décident de s'établir à Montréal.

Là-bas, le duo a souvent rencontré sainte Térésa de Calcutta. Elle jouera un rôle déterminant dans la décision de revenir au Québec. Un jour, Denis Lévesque me racontait : « À New York, on rencontrait souvent Mère Teresa parce que ses religieuses habitent à 10 minutes de marche de chez les Franciscains du Renouveau. Les frères prêtres vont souvent célébrer la messe dans leur maison. Il y a beaucoup d'échanges entre les deux communautés. Quand elle venait à New York, elle habitait toujours à cet endroit. Nous allions souvent prier avec elle. […] « En juin 1997, avant qu'elle parte pour Calcutta, deux mois avant qu'elle décède, je lui donne une petite lettre lui expliquant que François et moi étions en réflexion pour savoir si nous revenions au Québec. Si nous restions à New York, il n'y avait pas de retour possible au Canada avant une quinzaine d'années. Je lui demandais donc conseil. Elle prend la lettre, elle l'amène à Calcutta et elle décède le 6 septembre 1997. Une semaine plus tard, nous recevions sa réponse. C'est donc une des dernières lettres écrites avant son départ. » Mère Teresa écrivait : « Dieu vous a sûrement amenés à New York afin de pouvoir mieux aimer et apprécier le don de votre communauté au Québec. »

Après quelques années difficiles, d’autres hommes se joindront à eux. De plus, un évêque camerounais, en plein cœur de l’Afrique, invite les membres de la fraternité à s’établir dans son diocèse. Percevant cela comme un clin d’œil du bon Dieu, ils acceptent. De nombreux Africains décident de les suivre.

En novembre 2003, le cardinal Jean-Claude Turcotte, l’archevêque de Montréal, donne une reconnaissance canonique aux Franciscains de l'Emmanuel, à titre d'association de fidèles.

EN MUSIQUE: Babe (Nathalie Simard)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Année jubilaire à Saint-Hyacinthe

Année jubilaire à Saint-Hyacinthe

On ne fête pas une date de l'histoire, on célèbre le fait que Dieu est venu parmi nous.

Le 25 décembre, au petit matin, Jésus a eu 2000 ans! C'est tout un événement pour l'Église catholique qui ne manquera pas de souligner l'événement durant la prochaine année. La date est symbolique. Les chercheurs stipulent qu'il serait né il y a 2006 ans, donc six ans plus tôt. « ça fait tout un prématuré! » lance à la blague l'abbé André Godbout, responsable du service de la liturgie aux catéchumènes du diocèse de Saint-Hyacinthe.

« On ne fête pas une date de l'histoire! On célèbre le fait que Dieu est venu parmi nous. C'est 2000 ans d'une nouvelle présence de Dieu dans le monde à travers Jésus, le fils de Marie de Nazareth », dit le prêtre aux cheveux poivre et sel.

Ce sera donc une année d'action de grâce pour remercier le Créateur pour son action aujourd'hui. Cette présence de Dieu se manifeste de façon différente pour chaque personne puisque chacun n'a pas la même relation avec lui.

Pèlerinage diocésain

Dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, c'est par un grand pèlerinage en douze étapes que l'événement sera souligné. « Mgr François Lapierre a voulu qu'à chaque mois, il y ait un dimanche de rassemblement dans le diocèse. Il veut faire dans la méthode du pèlerinage. C'est une façon originale de se rencontrer, de partager et, surtout, de visiter le diocèse », explique André Godbout.

Bien entendu, une messe sera au programme à chaque fois. Cependant, il y aura d'autres activités. Chaque région est responsable du contenu de sa journée.

Le périple de douze mois débutera à Granby, le 16 janvier, à 14 heures. Pour répondre à un appel de Jean-Paul II, ce sera dans un esprit œcuménique qu'aura lieu cette journée. Tous « les frères séparés », comme dit souvent le souverain pontife, seront de la fête. C'est un autre pas du long processus de réconciliation entre les groupes chrétiens débuté au Concile Vatican II. D'ailleurs, le premier dimanche du carême 2000, le pape demandera pardon au monde entier pour les erreurs des fils de l'Église au fil de l'histoire.

« Nous sommes en train de finaliser les préparatifs de l'événement. Si tout va bien, il y aura un grand feu de joie sur la rue Principale qui sera fermée pour l'occasion. La célébration se déroulera dans l'église catholique Sainte-Famille, l'église anglicane Saint-Georges et l'Église Unie où se regroupent, d'un dimanche à l'autre, les paroissiens anglophones de la région qui sont membres de la communauté chrétienne Saint-Patrick. Elles sont situées toutes proches l'une de l'autre. Une partie de la célébration aura également lieu près du feu de joie », expliquait l'abbé Gérald Ouellette, l'un des organisateurs de l'événement dans la ville de Granby, au moment de mettre sous presse.

La célébration qui devrait se terminer en fête populaire, aura en esprit le pardon mutuel et l'unité « pour continuer à notre façon de créer un monde plus uni. » « Autour du feu de joie, symbole du Christ, les responsables régionaux des différentes Églises recevront un grand cierge qu'ils seront invités à allumer tout au long de l'année durant leurs rassemblements. Les paroisses des diverses confessions religieuses recevront un cierge plus petit. Les fidèles seront invités à acheter la chandelle du millénaire proposée par le diocèse de Saint-Hyacinthe.

L'idée de ces cierges est de prier Jésus pour qu'il ramène son Église qui est divisée dans l'unité de la foi », ajoutait le responsable du dossier de l'œcuménisme au sein de son diocèse.

Ce premier rassemblement diocésain devrait se terminer par un grand « brunch partage » où chaque paroisse de chaque église fournira un plat.

Chaque région aura sa couleur! Le 20 février, à Saint-Hyacinthe, le monde de la santé sera à l'honneur. Le 19 mars, à Sorel, ce seront les travailleurs et sans emplois de l'être. À d'autres occasions, le rassemblement coïncidera avec un festival ou un événement dont l'Exposition agricole de Saint-Hyacinthe. Le plus grand rassemblement aura lieu en plein air, le 11 juin, à Saint-Hyacinthe.

Toutes les régions du diocèse seront visitées : Granby, Saint-Hyacinthe, Sorel Iberville, Waterloo, Marieville, Acton Vale, Cowansville et Beloeil.

Chandelle du millénaire
Des chandelles du millénaire ont été mises en vente à la mi-novembre dans tout le diocèse maskoutain. La belle pièce de collection affichera le logo du jubilé et le thème choisi par l'Assemblée des évêques du Québec pour l'occasion "2000 ans de Bonne Nouvelle"

« On a repris le logo international et on l'a personnalisé en respectant la même dynamique », dit Johanne Boisvert, responsable de l'initiative.

Chaque chandelle est vendue au prix de 2$. Les profits seront donnés pour la création d'un fonds pour venir en aide aux initiatives sociales dans les paroisses du diocèse.

« Tout un prématuré! » lançait à la blague l'abbé André Godbout. Même si c'est le cas, la date officielle n'a pas d'importance pour se préparer à souligner le plus grand événement (selon les chrétiens) de l'histoire de l'humanité. 2000 ans, ça se fête!

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, janvier 2000, page 34)