NEUROSCIENCES : Douleur chronique et dépression
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
Une équipe de chercheurs de l’Université Fudan, à Shanghai, a identifié un mécanisme biologique qui explique pourquoi les personnes souffrant de douleurs chroniques développent plus fréquemment des troubles dépressifs ou anxieux.
Selon une étude publiée dans la revue Science et rapportée par Le Figaro, le 30 mars 2026, environ 40 % des personnes vivant avec une douleur chronique présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale.
Les chercheurs se sont intéressés à l’hippocampe, une région du cerveau impliquée dans la mémoire et la régulation des émotions. Ils ont découvert qu’une douleur prolongée provoque d’abord une adaptation du cerveau, avec une augmentation de l’activité de certaines cellules. Mais lorsque ce processus devient excessif, il pourrait entraîner une diminution du volume de l’hippocampe et favoriser l’apparition de symptômes dépressifs.
Au cœur de ce mécanisme se trouvent les microglies, des cellules immunitaires du cerveau. Normalement utiles pour soutenir les neurones et maintenir les connexions cérébrales, elles pourraient devenir nuisibles lorsqu’elles sont trop activées par une souffrance prolongée.
Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition. Les chercheurs explorent maintenant la possibilité de cibler ces cellules pour prévenir le passage de la douleur chronique vers la dépression.
Les résultats, obtenus à partir de données humaines et de modèles animaux, demeurent toutefois préliminaires. Les spécialistes rappellent que la dépression associée à la douleur chronique ne repose pas uniquement sur des mécanismes biologiques : la fatigue, l’isolement social et le sentiment d’impuissance jouent également un rôle important.
Cette découverte ouvre une nouvelle piste de recherche pour mieux comprendre le lien entre souffrance physique et souffrance psychique.
FLASH : « La politique est un sport d'équipe »
À l'occasion de l'assermentation des 59 députés du Parti québécois, hier, Paul St-Pierre Plamondon a rappelé à ses collègues l'importance du travail d'équipe.
« Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe. On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes. Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur », a-t-il déclaré.
Évoquant tour à tour le soccer, le football américain et le hockey, le chef péquiste a poursuivi : « La politique est un sport d'équipe », avant d'insister sur l'importance d'une prestation « sans faille et sans bévue ».
« C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut », a-t-il conclu, avant d'ajouter avec humour : « Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport ! » (Benoit Voyer, 16 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le courage de vivre sa foi
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
Jésus invite ses disciples à vivre leur foi avec courage et authenticité. Il les met en garde contre l’hypocrisie et leur demande de ne pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps (Lc 12, 4).
On le sait, il n’est pas toujours facile de vivre ouvertement sa foi. La peur du jugement des autres, du ridicule ou du rejet peut parfois nous conduire à taire nos convictions.
Le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988) avait des paroles particulièrement fortes à ce sujet. Dans une conférence prononcée à Québec, le 10 octobre 1976, il affirmait : « On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. » Il faisait ainsi référence à saint Paul (2 Tm 1, 7).
Dans son livre La Révolution de l’amour (1981), il poursuivait : « Nous sommes appelés, non pas pour être des faibles, des lâches ou des démissionnaires; nous ne devons pas courber l’échine devant les pressions sociales, économiques et politiques qu’on veut nous imposer. Nous sommes faits pour être martyrs, non pas dans le sens sanglant du terme, mais dans celui de témoins. »
Pour Regimbal, la sincérité de notre engagement était également essentielle : « Il n’y a qu’une façon de confondre la haine, c’est par l’amour! Il n’y a aussi qu’une façon de combattre le mensonge, c’est par la vérité! Il n’y a enfin qu’une façon de vaincre l’illusion et l’hypocrisie, c’est par l’authenticité. »
Ainsi donc, vivre courageusement sa foi ne signifie pas l’imposer aux autres, mais avoir le courage de demeurer fidèle à ses convictions, même lorsque celles-ci dérangent.
Jésus nous invite à craindre Dieu plutôt que les hommes (Lc 12, 4-5). Il nous rappelle cependant que nous avons une grande valeur à ses yeux : « Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux » (Lc 12, 7).
C’est dans cette confiance en l’amour de Dieu que nous pouvons trouver le courage de vivre notre foi au quotidien.
POINT DE VUE CATHOLIQUE : Foi et médecine
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
MONTRÉAL – La spiritualité aurait des vertus thérapeutiques, raconte une croyance populaire. On dit aussi que la prière a le pouvoir de guérir la maladie et que des pardons non accordés peuvent provoquer des cancers. Qu'en est-il exactement ? Est-ce que la foi peut remplacer la médecine ? Est-ce que la médecine moderne peut se passer de la spiritualité ? Est-ce que la foi en Dieu peut contribuer à une meilleure santé physique ?
En 2004, pour le compte de la Revue Sainte-Anne (cf. édition de septembre 2004, pp. 345 et 350), le Dr François Lehmann, professeur à la Faculté de médecine de l’université de Montréal, me disait : « Depuis longtemps, je suis personnellement convaincu qu'effectivement la foi contribue à une meilleure santé physique. Mes expériences de vie et de médecin me démontrent que les personnes qui ont une foi profonde sont généralement plus détendues, plus en paix avec elles-mêmes et, à cause de cela, leurs problèmes de santé sont abordés de façon plus positive. Cependant, je ne dis pas que c'est parce qu'on a la foi qu'on n'a pas de problèmes de santé ! J'affirme seulement que le croyant vit les siens de manière différente. »
Il m’expliquait : « Il y a une littérature scientifique intéressante qui établit un lien entre la spiritualité, la vie religieuse (c'est-à-dire aller à l'église), la prière personnelle et la santé. Celle-ci provient surtout des États-Unis. Il y a aussi énormément de livres qui ont été écrits depuis environ quinze ans sur la guérison et la prière, la guérison et la spiritualité. La plupart de ces ouvrages ne sont pas scientifiques. Ils se basent sur l'opinion d'un auteur ou sur quelques personnes. Je pense qu'on doit se méfier de ces livres-là. Mais il y a, à travers cela, des articles scientifiques bien documentés qui ont regardé sérieusement le lien possible entre la prière et la bonne santé physique. »
Puis je lui ai demandé ce que la science disait à ce sujet. Il m’a donné quelques exemples : « On remarque que les gens qui ont une vie spirituelle profonde fument moins. Il y a peut-être d'autres raisons qui expliquent ce phénomène. Évidemment, les gens qui fument moins ont moins d'infarctus. Est-ce que c'est parce que les gens qui ont une vie religieuse et qui vont à l'église ont une vie sociale qui les supporte ? C'est peut-être le cas. Ils seraient moins isolés. De cette manière, ils auraient moins besoin de fumer. Ce qui a pour résultat qu'ils auraient moins d'infarctus ! On voit donc qu'il y a un lien, mais on ne peut pas affirmer qu'il y a un lien de cause à effet. »
Il ajoutait : « On a pu aussi démontrer qu'il y a un lien entre le temps de guérison d'une dépression et la vie spirituelle. Aussi que les gens qui ont des problèmes d'alcool s'en sortent mieux s'ils ont une vie intérieure développée. C'est peut-être parce qu'ils sont moins isolés. »
Et encore : « Une étude menée en 1998 à l'université Duke, en Caroline du Nord, auprès de quelque 4 000 personnes, stipule que les gens qui prient chaque jour font moins d'hypertension que les autres. Elles font aussi moins de pneumonies et de crises cardiaques. La prière accompagne habituellement une série de changements physiologiques antistress. »
Alors, est-ce que la prière est une force qui peut aider directement une personne à guérir ? Il sourit et m’expliquait que les études démontrent que ça ne fonctionne pas. En exemple, l'étude de 1998 révèle que le taux de mortalité demeure exactement le même et le temps d'hospitalisation et de soins intensifs n'est pas plus court et pas plus long pour ceux pour qui l’on prie ou pour ceux pour qui l’on ne prie pas. La science n'est pas convaincue que la prière à distance ait un effet bénéfique dans le cas de maladie coronarienne.
Personnellement, je n’étais pas étonné de cela, mais puisqu’un très grand nombre des lecteurs du magazine croyait à cette époque en la force quasi magique de la prière, j’ai joué le jeu : « Est-ce que vous êtes en train d'affirmer qu'il ne sert absolument à rien de prier pour le rétablissement des personnes qui sont malades ? »
Complice, il me dit : « Ce n'est pas ce que je dis ! Je vous explique que scientifiquement on n'a pas pu démontrer l'efficacité de la prière. Quand on prie pour quelqu'un qui est malade, je pense que c'est surtout soi-même que ça aide ! Cette prière nous stimule à être davantage présents auprès du malade, comme individu et comme communauté. Ce qui est efficace auprès du malade, c'est une prière à ses intentions qui s'accompagne d'une carte de bons souhaits et/ou d'une visite à l'hôpital. C'est plutôt cet ensemble qui est le plus bénéfique pour le malade. La prière nous aide à réfléchir à notre propre humanité et à notre relation avec Dieu. Quand on pense à celui qui est malade, on pense surtout à sa propre fragilité. »
Marchant sur des œufs, il me lance : « Est-ce qu'il y a des miracles ? Il doit sûrement y en avoir de temps en temps. Est-ce que j'en ai vus ? Non. Est-ce que j'ai vu des gens aidés par la prière et par la foi ? Oui. Est-ce que j'encourage les gens à prier ? Oui. Est-ce que j'encourage mes patients à remplacer une chimiothérapie par la prière ? Non. Il faut utiliser tout ce que l'on connaît sur le plan médical pour guérir et, si on a la foi, ajouter sa prière aux traitements. De cette manière, la prière peut trouver une grande efficacité et favoriser la guérison physique. »
J’ai reconnu l’habileté de l’omnipraticien. Je poursuis avec ma liste de questions : Est-ce qu'on meurt mieux lorsqu'on a la foi ? Est-ce qu'on décède moins bien lorsqu'on n'a pas la foi ? Est-ce que la foi contribue à une bonne mort ? Est-ce qu'elle n'est là que pour mieux nous aider à réaliser l'ultime passage ?
Il me raconte : « Pendant douze ans, j'ai travaillé dans le domaine des soins palliatifs au Centre hospitalier de Verdun. J'ai vu beaucoup, vraiment beaucoup (!), de gens mourir. J'ai aussi pris soin de ces gens-là et je les ai assistés jusque dans la mort. Une personne qui est intérieurement en paix souffre moins. Et la pire des souffrances est celle du questionnement. Et c'est toujours les mêmes questions qu'on se pose à la veille de la mort : Est-ce que je suis aimé ? Est-ce que je suis pardonné ? Est-ce que j'ai pardonné ? Tout tourne autour de l'amour et du pardon. Lorsqu'on est convaincu qu'on est aimé et pardonné, si on comprend sa relation avec Dieu, on comprend qui est Dieu, de sorte qu'on se sent non seulement aimé, mais pardonné. À ce moment-là on se sent en paix. Et si l'on est capable de recevoir le pardon de Dieu, on est ensuite capable de pardonner aux autres qui nous ont fait du tort. Donc on meurt paisiblement se sachant aimé. »
Et si le malade en phase terminale ne croit pas en Dieu ? « Je connais des gens qui ne semblent pas religieux du tout, ne semblent pas, à ma connaissance, avoir une vie spirituelle, et qui ont, avec leurs proches et leur famille, des relations qui sont joyeuses, paisibles et harmonieuses. Est-ce que sans être religieux et sans avoir la foi on peut aimer et être aimé, pardonner et être pardonné ? Bien entendu ! Et quand on aime et on pardonne, on fait quelque chose de divin ! On ne peut pas mettre l'amour et le pardon en prison en disant qu'ils sont réservés aux chrétiens. »
En plus d’être médecin et d’enseigner la médecine, le Dr François Lehmann était diacre permanent et médecin personnel du cardinal Jean-Claude Turcotte. Je me suis donc permis d’aborder avec lui quelques idées à la mode en cette année 2004 : « On associe souvent le pardon au cancer. On raconte que des pardons non accordés peuvent contribuer au développement de maladies oncologiques. Qu'en pensez-vous ? Puis, est-ce qu'il y a un lien entre malaises psychosomatiques et malaises physiques ? »
Il m’explique : « À ma connaissance, il n'y a aucune preuve de cette théorie. Néanmoins, on voit souvent des gens qui ont des émotions négatives importantes développer, peu après, des cancers. Je prends l'exemple d'un couple très uni. Lorsqu'un des deux éléments meurt, peu après, l'autre, à la suite des émotions négatives qu'il vit, développe une maladie importante. Dans ce cas, il est difficile de croire qu'il n'y ait pas une relation entre les souffrances émotives et le développement d'une maladie. [Ainsi donc] il n'y a pas d'effet direct entre tous les malaises psychosomatiques et ceux physiques. Cette théorie n'est pas prouvée. Les causes des maladies humaines sont multifactorielles. D'abord, il faut être prédisposé génétiquement. Si votre père est mort d'une crise cardiaque à 45 ans et votre mère en a aussi fait une et que les deux avaient le diabète, quelle que soit votre foi ou votre intériorité, vous avez beaucoup plus de risques que d'autres personnes d'avoir les mêmes problèmes. Ensuite viennent les facteurs environnementaux. Si vous demeurez dans une grande ville où il y a plein de pollution, vos poumons vont être affectés quels que soient votre foi et vos gènes. Il y a aussi le stress de nos relations avec nos amis et nos proches… et notre relation avec Dieu ou l'absence de relation avec Dieu. Vous voyez, les causes des maladies humaines sont donc multifactorielles. Lorsque tous les facteurs sont présents, les problèmes physiques apparaissent rapidement. Par exemple, une personne qui est prédisposée à avoir des maladies pulmonaires, qui fume la cigarette et qui demeure dans une ville polluée, en plus, si elle est malheureuse parce qu'elle vit un divorce et que ses enfants ne veulent plus lui parler, tous les facteurs contribuent à faire en sorte qu'une maladie apparaisse chez elle. Les émotions peuvent donc avoir un effet si, et seulement si, des prédispositions physiques et/ou génétiques sont présentes en même temps. »
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Roland Leclerc journaliste du bon Dieu
journaliste du bon Dieu
Roland Leclerc est le présentateur de l’émission « Le Jour du Seigneur » à la télévision de Radio-Canada et animateur de « Parole et vie » diffusée sur le câble. Il y a 22 ans, il choisissait de devenir prêtre au service d’une communauté chrétienne. Un palpitant chemin de vie...
par Benoît Voyer
L’abbé Leclerc a un curriculum vitae imposant : avant de devenir membre du « presbyterium », en 1971, il était nouvelliste à Trois-Rivières et il a animé le jeu questionnaire « Qu’ouïs-je » à la télévision de Radio-Canada.
Devenu prêtre séculier, il est nommé directeur de l’Office des communications sociales du diocèse de Trois-Rivières. C’est à partir de cette fonction qu’il débute une série de projets médiatiques qui le conduiront de la région trifluvienne jusqu’à Montréal. C’est au réseau TVA qu’il se fait le plus connaître grâce aux émissions « 2000 ans après Jésus Christ » et « En toute amitié ».
« Je me souviens que, chez-nous, je repassais mes leçons en lisant à haute voix, comme si je faisais une présentation à un micro », raconte Roland Leclerc, un homme chez qui l’on sent une certaine timidité.
Il poursuit : « Plus tard, je peux dire que j’ai payé une partie de mes études en théologie en faisant la lecture de bulletins de nouvelles à CKTM TV ». Cependant, il a été marqué par l’expérience de l’animation d’un jeu questionnaire à la télévision d’État.
Un jour, Tante Lucille était l’une de ses invitées, ne cessait de le remercier pour ce privilège. Elle lui racontait avec confiance qu’elle n’avait pas beaucoup de contrats et que tous les petits engagements étaient très importants pour gagner sa vie.
« Pour moi, cela a été une révélation. Je comprenais, par cette femme, que les artistes n’étaient pas ceux qui, contrairement à ce que je pouvais penser, avaient une sécurité d’emploi. C’était tout à fait le contraire ! » raconte celui qui passe maintenant sa vie entre Montréal et Trois-Rivières.
Bien plus que cela, il apprenait par cette grande dame qu’il est important, dans ce milieu, de faire attention à ne pas se laisser prendre par la drogue des médias et d’avoir une certaine sagesse. La vedette est souvent un produit. Quand elle est usée, elle est remplacée.
Après la rédaction d’une thèse pour l’obtention de sa maîtrise en théologie portant sur la rencontre de Dieu pour l’homme de l’audiovisuel, il prend une année de réflexion pour discerner son option de vie : devenir un spécialiste laïque du monde des médias ou devenir prêtre au service d’une paroisse.
« C’est important, pour moi, de te dire que j’ai fait ce choix, précise-t-il. Être prêtre, c’était, à mes yeux, être engagé auprès d’une communauté chrétienne et être en lien avec mon évêque. » Il est ordonné le 3 septembre 1973.
Rapidement, l’évêque de Trois-Rivières lui demande de s’occuper de l’Office diocésain des communications sociales. Cette affectation voulait dire qu’il travaillerait encore dans les médias. Il en a été bien heureux.
Celui qui ne porte pas de col romain a toujours, malgré ses engagements à la télé, été engagé en paroisse. Il a travaillé aux paroisses Jean XXIII de Trois-Rivières Ouest, Ste-Thérèse de Trois-Rivières, Ste-Bernadette du Cap-de-la-Madeleine, Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud et, actuellement, à St-Jean-Baptiste-de-Lasalle à Trois-Rivières.
Église et médias
Pour lui, être présent dans le milieu des médias cela implique que l’Église dégage non seulement des personnes, mais que l’on forme des laïques, des religieux, des religieuses ou des prêtres à devenir un peu plus capables de porter une présence efficace dans ce milieu.
Roland Leclerc commente : « Il faut une véritable volonté politique et là, il y a une constatation que je fais : le monde d’aujourd’hui reçoit son influence par le milieu des médias et de ses vedettes. »
Il déplore, en ce moment, 80% de la population du Québec n’est pas rejointe par l’Église. Cette dernière n’a pas pris le tournant des communications, n’est pas partie prenante des décideurs. Elle n’est pas de ceux qui fabriquent l’agenda des points importants de notre société québécoise. L’Église catholique n’est pas là où sont les vrais décideurs.
Il convient, néanmoins, qu’il y a de petits efforts qui se font. Il cite, notamment, les rapports « Risquer l’avenir » et « Sortons le Québec de l’appauvrissement » de l’Assemblée des évêques du Québec.
« Il y a eu des échos de ces documents dans les médias, mais il y a bien peu de gens qui s’en souviennent », confie-t-il tristement.
Les artistes
Une de ses découvertes, c’est que les artistes sont des hommes et des femmes qui arrivent à leur travail avec de nombreuses préoccupations.
« Je me rappelle très bien de Guy Mongrain qui devait travailler au Téléthon de la paralysie cérébrale. Pour animer le spectacle, il a quitté l’hôpital Ste-Justine où son enfant était soigné pour une méningite. Il n’avait pas beaucoup dormi depuis plusieurs jours et, malgré cela, s’est rendu au téléthon pour y faire 24 heures d’animation », se souvient-il.
Il souligne que Guy Mongrain a mis de côté sa réalité de père de famille pour devenir l’animateur qui doit avoir un certain style, une forme de communication où il ne montrera pas sa fatigue et ses inquiétudes.
Le prêtre parle aussi, avec un grand respect, de la foi de Gilles Proulx qui anime l’émission « Le journal du midi » sur les ondes de Radiomédia (cf. La revue Notre-Dame du Cap d’octobre 1994).
Il ajoute encore : « On n’a pas à avoir peur ! Ces gens-là sont bien intentionnés. Il y a des personnes d’Église qui partent avec des préjugés. Il faut découvrir que par leurs qualités artistiques ces individus sont amenés à réfléchir sur le sens de leur vie. Plusieurs d’entre eux aimeraient bien parler de leurs valeurs spirituelles sans être jugés. Ils sont presque toujours laissés à eux-mêmes pour vérifier quel lendemain donner à leur foi ».
Pour lui, une autre négligence de l’Église c’est de ne pas avoir développé des réseaux de personnes ressources pour répondre à des attentes de recherchistes du monde médiatique. Ils ne savent pas où frapper. Quand ils connaissent quelqu’un dans le milieu c’est la plupart du temps par cette personne-là qu’ils vont entrer chez nous.
« Je pense que je suis un journaliste de Dieu au quotidien pour le rendre présent au monde. Je suis sûr que Dieu est incarné en Jésus Christ et que le Christ est vivant dans notre monde. » (Revue Notre-Dame du Cap, mars 1995, pp. 19 et 20)
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