HISTOIRE : Ambroise Voyer (1833-1917)
Par Benoit Voyer
11 octobre 2026
C'est en l'honneur d'Ambroise Voyer (1833-1917), un pionnier de l'ancienne municipalité de Sainte-Cécile-du-Bic, qu'est nommée l'avenue Voyer, à Rimouski. Ce chemin est aussi appelé « côte Voyer ». Jadis, on parlait de la « route Voyer ».
Fils d'Éléonore Pelletier (1804-1881) et de Louis Voyer (1804-1886) – et fier descendant de René-Étienne Voyer (1714-1785) et de Magdeleine Dupont (1730-1812) –, Ambroise est né le 11 janvier 1833 à Saint-Pascal, Kamouraska. De tradition catholique, il est baptisé le lendemain dans l'église de l'endroit.
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| Ambroise Voyer |
Ambroise est un cultivateur prospère. Engagé dans sa communauté, il est l’un des cinq syndics élus en 1891 pour mettre à exécution le décret de Mgr Jean Langevin, évêque de Rimouski, permettant la construction d'une nouvelle église et d'une sacristie.
Ambroise Voyer quitte ce monde le 12 octobre 1917. Trois jours plus tard, on lui rend un dernier hommage et on prie pour son repos éternel en l'église Sainte-Cécile du Bic. Après la cérémonie, il est inhumé avec ses parents dans le cimetière de la paroisse.
FLASH : Souper de retrouvailles d’Osons Québec à Mascouche
Afin de fraterniser, d’échanger et de mieux se connaître, plusieurs membres d’Osons Québec se sont retrouvés au Buffet des Continents, à Mascouche, le samedi 10 octobre. Créer des liens entre les membres est l’une des valeurs fondamentales de la nouvelle formation politique.
Privilégiant la vie communautaire et la participation citoyenne, Osons Québec mise sur les idées de ses membres. Son leader et porte-parole, l’entrepreneur Martin Charron, invite d’ailleurs les « Oquistes » à proposer des solutions nouvelles pour bâtir un programme électoral qui répond aux besoins des Québécois.
Reconnue par le Directeur général des élections du Québec le 2 septembre, en pleine campagne électorale, Osons Québec a présenté des candidats dans les circonscriptions de Mille-Îles et d’Argenteuil, conformément aux exigences de la Loi électorale. (Benoit Voyer, 11 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une petite note au sujet du royaume de Dieu
Une petite note au sujet du royaume de Dieu
Par Benoit Voyer
11 octobre 2026
Dieu est un peu spécial. Il prépare la table du banquet avant même que nous répondions à son invitation. Et lorsque certains refusent de venir, il ne ferme pas la salle. Au contraire, il ouvre davantage les portes.
Ainsi donc, le Royaume de Dieu commence là où l’on accepte simplement de se laisser inviter. Puis, ceux qui seront présents à la fête ne seront peut-être pas ceux qu’on pensait, car « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (cf. Mt 22, 1-10)
JEAN-PAUL REGIMBAL : Au congrès marial d'Ottawa de 1947
Au congrès marial d’Ottawa de 1947, Jean-Paul Regimbal fait une rencontre providentielle qui changera sa vie
Par Benoit Voyer
11 octobre 2026
Du 18 au 22 juin 1947, au parc Lansdowne, Ottawa accueille un événement qui marque profondément la vie catholique canadienne : le Congrès marial international, organisé à l’occasion du centenaire de l’archidiocèse d’Ottawa.
Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, et tout le gratin religieux catholique du pays sont présents [1]. Le Congrès réunit également presque tous les évêques du pays, des religieux et des milliers de fidèles.
Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les dignitaires et les activités. Parmi celles-ci, on retrouve des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.
Cette grande manifestation religieuse témoigne alors de la vitalité d’une Église profondément enracinée dans la société canadienne, capable de rassembler les fidèles autour de la dévotion mariale et de la mission apostolique.
Avant même le rassemblement d’Ottawa, la préparation du Congrès avait suscité un vaste mouvement religieux, notamment par le pèlerinage de Notre-Dame du Cap. La présence de la statue mariale, qui a parcouru plusieurs régions du Canada, contribue à bien préparer spirituellement les participants en rappelant la place centrale de Marie dans la vie chrétienne.
Parmi les éléments marquants du Congrès figurent 117 kiosques tenus par différentes communautés religieuses, qui permettent aux participants de mieux connaître leurs œuvres, leur spiritualité et leur mission, particulièrement leurs liens avec la Vierge Marie. L’exposition couvre une superficie de plus de 133 000 pieds carrés.
Parmi ces kiosques se retrouve celui des Trinitaires. Ils présentent leur spiritualité à travers un kiosque consacré à Notre-Dame du Rachat. Cette dévotion mariale, propre à l’Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des Captifs, met en lumière leur vocation particulière : participer à l’œuvre de libération et de rédemption voulue par le Christ.
Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury. Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée.
Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre ! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers ! »
Sans tarder, il en parle à son guide spirituel, le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable ?
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[1] Dans mes précédents articles, je parlais de la présence du cardinal Léger. Cela a entraîné une erreur importante. Paul-Émile Léger deviendra archevêque de Montréal en 1950 et cardinal en 1953. L’erreur a été causée par une lecture difficile du quotidien Le Droit qui, en réalité, parlait du « cardinal légat ».
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Gilles Proulx
-Gilles Proulx
À chaque jour de la semaine, l’animateur vedette du réseau Radiomutuel, Gilles Proulx, anime, en direct des studios de CJMS à Montréal, « Le journal du Midi ». Ses entretiens avec les gens qui font l’actualité et ses opinions ne laissent personne indifférent; on l’aime ou on ne l’aime pas. Surpris de la demande du magazine, il a accepté de rencontrer notre journaliste.
par Benoit Voyer
Il avoue qu’à la radio, il fait beaucoup de dérisions et de caricatures, mais, pour lui, derrière celles-ci, il y a toujours un fond de vérité. Quand il ridiculise une situation à l’émission, c’est qu’elle a atteint un niveau d’absurdité qui est inacceptable pour une collectivité. Il croit vraiment en ce qu’il affirme.
Gilles Proulx n’est pas comme les autres intervenants du monde radiophonique, il le sait : « Je ne veux pas être un excellent animateur ordinaire, dit-il, tout le monde est un excellent animateur ordinaire… Un excellent animateur ordinaire ça se limite… »
La vedette du boulevard René-Lévesque confie qu’il possède une rapidité de réaction assez étonnante et que, parfois, le public le trouve excessif, mais il se rend compte que le temps lui donne raison.
Gilles Proulx raconte : « C’est évident! Je ne peux pas plaire à mon père et à ma mère à la fois… Monsieur Vallerand m’aimait bien à l’époque où il était ministre du Tourisme. Aujourd’hui, il est devenu ministre du Revenu. Il ne me téléphone plus. Un beau jour, je l’appelle et il ne me répond plus comme il répondait à l’époque où il était au Tourisme. Il me boude sous prétexte que maintenant je ne joue plus la même joute avec lui. Le ministère du Tourisme, c’est facile et c’est du bonbon. Il n’y a pas de place pour la contestation, ça fait l’unanimité. Le ministre du Revenu doit faire face à la contestation parce qu’il y a des iniquités dans le système fiscal. Monsieur Vallerand n’aime plus Gilles Proulx. C’est son problème à lui!
C’est la même chose avec d’autres ministres, qui jadis me parlaient. Il m’arrive de les pincer au moment où ils annoncent des investissements ou une réforme quelconque. Je leur pose alors des questions sur d’autres sujets plus compromettants. Ils me disent : “Ben là Proulx, t’es cochon, j’te parle plus!” C’est de l’infantilisme! »
Ce qui touche le plus Gilles Proulx dans son analyse quotidienne de l’actualité, c’est la régression collective des Québécois, cette descente aux enfers du peuple canadien-français.
Celui que les femmes trouvent fort joli, possède 32 ans de métier. Gilles Proulx observe que le nouveau ministère de l’Éducation nous avait promis il y a trente ans que la nation québécoise allait être réformée. Elle était à ce moment en pleine croissance. Maintenant que tout cela est passé, il voit combien les gens ne se sont guère sensibilisés aux vertus de l’environnement, de l’amélioration de la langue, de la fierté et de la productivité.
Ce nivellement par le bas a amené une facilité, une protection derrière un bouclier syndical où des entreprises et des syndicalistes ne veulent rien savoir d’une baisse de salaire et ils vont préférer fermer l’usine plutôt que de céder. Les Québécois ne semblent pas comprendre qu’une menace les guette. Nous sommes un tout petit peuple dans cette grande Amérique du Nord. Nous nous devons d’être doublement compétents si nous voulons réussir.
Gilles Proulx ne croit pas que la souveraineté sera bénéfique pour le Québec. Toutefois, elle peut se faire collectivement dans un geste spontané et émotif, mais de là à assumer ses conséquences par la suite, il en doute, car, à son avis, les gens du Québec n’ont pas de bons leaders pour les diriger et dire au peuple : « Désormais, vous allez travailler 40 heures par semaine, désormais nous allons vous condamner à vous instruire à l’intérieur d’un tel système d’éducation où il va y avoir des matières, de la morale, de la réflexion, de l’histoire et de la compréhension linguistique. »
« Je doute beaucoup que nous ayons des chefs qui soient capables de transmettre cette espèce de fierté, ce goût de la compétence! » ajoute-t-il.
Supposons que le référendum passe, que le peuple vote sur un coup de tête pour l’indépendance et qu’il n’est point capable de s’assumer, comment se passera son avenir?
« Le Canada va probablement se faire annexer en dedans de 15 à 20 ans et le Québec le sera à son tour dans 30 à 50 ans. On va devenir un satellite des États-Unis. Je suis persuadé que si demain il y avait une élection où on disait : “Est-ce que nous devrions nous annexer aux États-Unis? Vos ‘Chevrolets’ vont coûter 2000$ de moins, votre régime d’impôt va être à 32% au lieu de 50% ou 52%,” Vous seriez étonnés du score! Pour le matériel, nous serions intéressés à nous annexer. Bref, le ventre compte avant toute chose! » déclare Gilles Proulx.
Il l’a répété plusieurs fois : il faut des leaders charismatiques et forts pour le peuple canadien-français. Malheureusement, il ne voit guère, actuellement, de Duplessis moderne ou de René Lévesque.
L’Église
Malgré son ton parfois arrogant, Gilles Proulx est un homme respectueux, particulièrement de l’Église. Il continue : « Je dis toujours qu’il ne reste plus rien de vrai dans cette société, sauf deux corps. Ces corps-là ont leurs faiblesses parce qu’il y a des scandales!
Il n’y a plus rien de vrai : “Le professeur n’est plus comparable à celui d’hier parce qu’il n’a pas le sens de la mission, l’infirmière n’a plus le sens de sa mission. Elle a un sens syndical dit professionnel de revendication. Les parents n’ont plus le sens de la mission qui était de fonder un foyer. Bref, le monde a abdiqué sa tâche face au grand loup de l’économie que nous admirons. Aujourd’hui, on s’aperçoit que les administrateurs pigent dans la caisse. C’est la même chose pour l’avocat et pour le notaire.
Il ne reste plus que deux corps qui sont vrais. Les congrégations religieuses sont encore des lieux où les personnes vivent à l’abri de la bêtise, où on ne se jalouse pas et où on ne discute pas de bombe à neutron ou encore de haine et de guerres éventuelles. Il y a aussi le corps militaire où on inculque aux jeunes la discipline.”
Agressions sexuelles
Au chapitre des agressions sexuelles commis par des religieux, il dit : “Ne touchez pas au clergé!” Les religieux ne sont peut-être pas sans failles. Mais au regard global du travail réalisé, c’est autre chose!
L’animateur aux cheveux poivre et sel croit que l’Église a su protéger les Québécois. Le patrimoine architectural, l’éducation qu’elle a longtemps assumée, les soins hospitaliers, la protection de la langue font partie de notre héritage.
« Les frères des Écoles chrétiennes ne sont pas que des homosexuels comme tentent de le démontrer les Enfants de Duplessis. Ils ne passaient pas leur temps à toucher les fesses des p’tits joueurs de hockey derrière le banc! commente-t-il. J’ai été au collège, pensionnaire des frères des Écoles chrétiennes et des frères du Sacré-Coeur, et jamais un religieux m’a touché! Néanmoins, il ajoute qu’il ne faut pas cacher les cas isolés de crimes en matière sexuelle. Il faut une même justice pour tous.
Savoir communiquer
L’Église du Québec a besoin de véritables communicateurs. L’intellectuel populiste s’exprime : « Il manque des abbés Pierre! Il manque de communicateurs de ce type qui vont nous faire voir que Dieu a une chair et qu’il y a quelque chose d’intéressant dans l’oeuvre de saint Paul comme sa détermination et les découragements qui auraient pu l’emporter. La Bonne Nouvelle devrait être proclamée de façon à sensibiliser les cordes de ceux et celles qui écoutent… »
Pour lui, les clercs font plutôt une animation monocorde qui n’est plus significative en terme de livraison du message, qui fait que le jeune et ses parents trouvent ça monotone.
Comment changer la façon de livrer le message? La réponse à cette question est difficile. Mais en réfléchissant à haute voix, il pense que la formule réside peut-être dans une forme de prêtres politiciens ou éditorialistes.
« Ceux qui restent dans les Séminaires, s’ils ne pensaient vraiment à orienter leur force de persuasion par le verbe, je pense qu’ils réussiraient à rendre attrayante l’idée d’adhésion à l’Église », ajoute l’animateur.
Quant au message des évêques dans les médias, il passe mal! Il ne s’en cache pas. Il pense qu’ils devront avoir, dans l’avenir, une implication plus choquante qu’actuellement. À titre d’exemple, il se rappelle du moment où le clergé a dénoncé le ministre Bourbeau qui serait la vis des prestataires de la Sécurité du revenu.
« L’Église du Québec a besoin de véritables communicateurs. Il manque des abbés Pierre. Il manque de communicateurs qui vont nous faire voir que Dieu a une chair. (…) La Bonne Nouvelle devrait être proclamée de façon à sensibiliser les cordes de ceux et celles qui écoutent… »
Gilles Proulx explique : « Les statistiques nous indiquent qu’il y a 30% de tricherie dans le système de l’aide sociale. On est devenu un peuple tricheur, un peuple de braconnier. L’Église s’est associée avec ce peuple de complaisance et de médiocrité, de tricheries, de paresseux qui passe pour exploité face au méchant Bourbeau. Tout cela sans penser à ceux et celles qui travaillent encore et qui paient 5 milliards par année pour entretenir ce système vicié! Voilà, selon moi, un mauvais geste de la part du clergé sur la place publique. »
Il pense que les évêques devraient penser à la classe moyenne, celle qui est encore là, et qui se débat, qui se sort le nez de l’eau pour survivre et qui a de la misère.
Gilles Proulx souhaite également que l’Église s’implique dans la crise que traverse le Québec. Comme il y a 200 ans, avant l’arrivée des Anglais, elle était là et elle a fait croître la nation francophone. Elle a continué à soutenir le peuple après la conquête de 1760. Elle se doit d’intervenir en donnant à cette race en train de disparaître un second souffle par un chemin qui serait celui de Jésus-Christ. « Toute nation sans religion, commente-t-il, toute nation païenne, est vouée à la disparition! »
Pour ce faire, il voit des prêtres sur “le ring” à côté des politiciens. Est-ce que ça va nous prendre des pères Aristide? lui ai-je rétorqué sans hésiter. Gilles Proulx n’a pu s’empêcher de lâcher un grand éclat de rire, comme s’il venait d’être déboussolé. Après avoir retrouvé le fil de sa réflexion il conclut en disant : « Oui, le père Aristide est un bon exemple. S’il était resté au pouvoir en Haïti, il aurait ramené les gens à l’Église et, par son influence politique, aurait pu diminuer celle du vaudouisme ».
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1994, pp. 22 à 24)
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