8 octobre 2026


SANTÉ QUÉBEC : Près de 27 000 employés du réseau de la santé du Québec en invalidité

Près de 27 000 employés du réseau de la santé du Québec en invalidité

Par Benoit Voyer

8 octobre 2026

À la fin de l’année 2025, le réseau de la santé et des services sociaux du Québec comptait 26 964 employés en arrêt de travail pour invalidité. Ce nombre représenterait environ 7,8 % des effectifs du réseau.

À titre de comparaison, les données de Statistique Canada indiquent qu’environ 4,3 % de la population active québécoise était absente du travail en raison d’une maladie ou d’une incapacité au cours de la même période. Le taux observé dans le réseau de la santé serait donc nettement supérieur à celui de l’ensemble de l’économie québécoise.

Ces chiffres proviennent d’un tableau du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec du 27 décembre 2025.

PHILIPPE RICARD - Pensée


FLASH : Les idées économiques d’Osons Québec enthousiasment un expert

Philippe Richard Bertrand
Les idées économiques d’Osons Québec enthousiasment un expert

Philippe Richard Bertrand, expert en commercialisation et en technologies, s’enthousiasme pour les propositions économiques d’Osons Québec.

Le 9 septembre, au micro de l’émission de Benoit Dutrizac, sur QUB, il disait : « Moins de subventions, plus de capital remboursable ; moins de fiscalité sur les petites entreprises ; plus d’investissement productif, plus de technologie, puis plus de productivité. […] Tu ne peux pas dire qu’on n’a pas besoin de ça au Québec. » Sa réaction a fait dire à l’animateur : « C’est rare qu’on te voie emballé de même. »

Il apprécie particulièrement le caractère concret des propositions de la nouvelle formation politique : « C’est pratique […] Ce ne sont pas des “il faudrait que…”. C’est : “Voici ce qu’on va faire.” »

Il estime que l’idée de remplacer des subventions par des prêts remboursables ou des participations dans les entreprises est exactement ce que le gouvernement devrait faire : « Les subventions, il faut arrêter. Ça ne permet pas aux entreprises de se battre dans un marché à armes égales. Par contre, prends des participations à la place ! »

De cette manière, l’État québécois deviendrait actionnaire d’entreprises, avec possibilité pour celles-ci de racheter ses actions. Cette forme de participation lui donnerait un droit de regard sur la manière dont sont gérées les sommes investies.

Philippe Richard Bertrand apporte une précision : Est-ce que « c’est du capital de risque déguisé ? Oui, ils mettent de l’argent dans ta business, mais ils te demandent des garanties en retour. Ce n’est plus du capital de risque, là, tu comprends ? »

Le spécialiste est particulièrement intéressé par les mesures fiscales de l’approche d’Osons Québec. À ses yeux, elles faciliteraient le transfert d’entreprises à des repreneurs québécois, notamment aux employés qui contribuent déjà à leur gestion : « Mais imagine s’il y avait une fiscalité avantageuse pour dire : “Je ne la vends pas à l’Américain, à une société étrangère. Je la transfère à des Québécois.” » (Benoit Voyer, 8 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : La pédagogie de Jésus

La pédagogie de Jésus

Par Benoit Voyer

8 octobre 2026

Jésus est un pédagogue unique. À travers plusieurs des récits des textes évangéliques, il nous montre comment prier Dieu. Il nous dit notamment qu’il faut oser demander, persévérer et avoir l’audace de demander des choses particulières.

Bien entendu, Dieu n’accordera pas nécessairement tout ce que nous imaginons. Il donnera ce qui est véritablement bon. Pourquoi ? Parce que la prière chrétienne ne cherche pas uniquement à obtenir des choses. Elle cherche d’abord à recevoir Dieu lui-même, sa présence, sa force et sa lumière.

Prier, c’est avoir suffisamment confiance en Dieu pour demander, suffisamment d’espérance pour continuer à frapper et suffisamment d’ouverture pour accueillir un don qui peut être différent de celui que nous avions imaginé — l’Esprit Saint lui-même.

SAINTS ET SAINTES : Le vénérable Adolphe Chatillon

Le vénérable Adolphe Chatillon

Par Benoit Voyer

8 octobre 2026

Adolphe Chatillon est né à Nicolet, au Québec, le 31 octobre 1871.

À la suite de la mort de sa mère, alors qu'il avait neuf ans, il devient pensionnaire chez les Frères des Écoles Chrétiennes de la Baie-du-Febvre et de Yamachiche.

À 13 ans, le 6 février 1884, il se présente au Petit-Noviciat de Montréal pour y devenir Frère des Écoles chrétiennes de saint Jean-Baptiste de La Salle.

Le 26 juillet 1887, il entreprend son noviciat sous le nom de Frère Théophanius-Léo.

Professeur
Les talents et le dévouement du jeune professeur ne tardent pas à attirer l’attention de ses Supérieurs. Il s’ingénie à rendre son enseignement le plus vivant possible. Il s’attarde davantage aux élèves en difficulté et travaille fort pour rendre l’enseignement du catéchisme plus intéressant.

À Lachine, en 1904, l'année scolaire étant déjà commencée depuis quatre mois, Frère Théophanius est appelé à remplacer le directeur.

En 1907, il reçoit une autre obédience pour diriger l'école Sainte-Cunégonde, à Montréal.

Trois mois après son arrivée, la maladie le terrasse. Autour de lui on pense qu'il va mourir.

Heureusement, il revint peu à peu à la santé et dut se soumettre à une longue convalescence.

Il occupe son temps à donner quelques leçons de chant et de liturgie aux novices. Au fil du temps, il devient maître des novices.

Il dira : « Ma mission auprès de ces jeunes est de les aider à se former ; je suis ici pour leur montrer comment faire ; mon rôle est de les amener à agir par eux-mêmes et sans aide, aussitôt que possible. […] Au cours de votre noviciat, une idée forte, chargée de toutes les énergies de votre âme, doit vous dominer ; la voici : je veux être l'ami de Jésus, l'enfant de Marie et le héros des âmes. »

En 1923, on lui demande de visiter les maisons de formation de l’Amérique du Nord, un travail alourdi par la longueur des voyages.

En novembre 1928, Adolphe assiste en Belgique au Chapitre général de sa communauté comme président de la commission chargée d'étudier l'observance des Règles.

En raison d'un cancer de l'intestin, il éprouve une grande fatigue. On le conduit à Paris pour y subir une sérieuse intervention qui n'obtient pas le résultat espéré.

Au début de mars 1929, il se sent assez bien pour entreprendre la traversée de l'océan afin de revenir au Canada.

Il s’endort pour toujours, le dimanche 28 avril 1929.

Il repose dans l'église catholique Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, à quelques pas du Stade olympique.

Il a été déclaré vénérable le 2 avril 2011.

Église catholique Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, à Montréal

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Robert Jolicoeur un prêtre qui attire les foules

Robert Jolicoeur un prêtre qui attire les foules

Comment un prêtre peut-il semaine après semaine remplir son église alors que celles du voisinage se vident? Nous sommes allés recueillir le témoignage de l’abbé Robert Jolicoeur de la paroisse St-Charles-Garnier de Sherbrooke. Ce prêtre ne laisse pas indifférent tant par ses propos que par ses cheveux longs.

par Benoit Voyer

Robert Morin, le Sherbrookois le plus riche et l’un des hommes d’affaires les plus fortunés du Québec, selon le journal Les Affaires, a rencontré l’abbé Robert Jolicoeur, curé de la paroisse St-Charles-Garnier de Sherbrooke, par l’intermédiaire de sa mère. « Elle venait à la messe ici, raconte-t-il, elle me parlait beaucoup du curé Jolicoeur. Une fois, elle m’a demandé d’aller la chercher pour la reconduire à l’église. J’ai décidé d’assister à la messe. J’ai été touché! À partir de ce jour, Robert Morin, un homme à l’allure timide, a décidé de redonner aux autres ce que la vie lui avait donné.

« Si un couple n’était pas venu me chercher à la crèche quand j’avais 11 mois, poursuit le millionnaire, je ne serais probablement pas devenu ce que je suis aujourd’hui. » Ses parents adoptifs n’étaient pas riches. Ainsi, il a grandi au 3e étage d’un bâtiment du centre-ville de Sherbrooke.

« La misère, confie Robert Morin, c’est une réalité que j’avais perdue de vue. J’en suis venu à ne plus savoir ce que peut représenter 20 $ ou 50 $ pour une personne qui n’en a pas. Quand tu es toujours au milieu des Mercedes, des BMW, des Jaguar, tu ne vois plus cela. Le curé Jolicoeur m’a appris à voir un peu plus clair... »

Il est une de ces personnes qui ont changé leur vie après avoir rencontré ce curé pas comme les autres âgé de 45 ans.

D’hier à aujourd’hui
Robert Jolicoeur est né le 28 septembre 1948 à Montréal, « sur l’asphalte », d’une famille heureuse. Son père était plombier et sa mère s’occupait de la maison. Enfin, il a une sœur qu’il affectionne et qui se nomme Claudette.

« Je demeurais dans une paroisse animée par les Rédemptoristes. Je trouve ça important parce que saint Alphonse, le fondateur des Rédemptoristes, m’a appris l’amour des pauvres. C’est d’ailleurs l’un de mes trois maîtres à penser. Ma mère qui s’occupait des pauvres de la Société St-Vincent-de-Paul, nous amenait souvent, ma sœur et moi, l’aider le samedi matin », dit-il en se confiant au journaliste de la revue Notre-Dame du Cap.

Il se rappelle un événement de sa jeunesse. Il désirait avoir un tee-shirt de son idole Mickey Mouse. Tous ses amis d’école en avaient un. Cet achat était trop coûteux pour son père. « Alors, explique celui que ses paroissiens appellent simplement par son prénom, mon père m’a dit : “Si tu en veux un, c’est pas compliqué : tu vas travailler et tu vas le gagner.” Alors, je passais “The Gazette” aux anglophones de Montréal. Enfin, j’ai pu acheter mon tee-shirt. Mais, le samedi d’après, j’arrive au Grenier des pauvres (nom qui était donné au local de la Société St-Vincent-de-Paul) puis là, un p’tit gars, plus pauvre que moi, voulait avoir mon tee-shirt. Ma mère m’a dit : “Enlève-le et donne-le lui, il y en a d’autres dans le Grenier des pauvres.” Sans le savoir, elle préparait mon cœur de prêtre à être quelqu’un qui est beaucoup plus heureux quand il donne que lorsqu’il attend qu’on lui donne tout. »

Robert Jolicoeur a poursuivi ses études chez les Rédemptoristes au Séminaire St-Augustin à Cap-Rouge. Il s’envole vers l’Europe à l’âge de dix-sept ans grâce à l’Union générale des étudiants. Il se familiarise alors durant quatre mois avec la culture anglaise. Peu de temps après, il se rend à Paris étudier la littérature dans le but de devenir enseignant. « J’en mangeais, relate Robert Jolicoeur. Je me suis assis sur la tombe d’Alfred de Musset et je lisais des poésies. J’allais, le soir, voir jouer du Racine, du Molière et du Corneille à la Comédie française. Je désirais devenir un bon professeur de littérature française. »

Les filles? « Je me souviens que j’avais plusieurs amies lorsque j’étais au secondaire. De vraies “blondes”... La première qu’on peut dire que j’ai vraiment aimée, c’est une Française que j’avais connue sur le bateau en Grèce. Quand je suis revenu ici, j’ai égaré son adresse!

En 1971, il entre chez les moines de St-Benoît-du-Lac afin de chercher un sens à son existence. Le silence lui parle. D’ailleurs Dieu ne parle-t-il pas dans le silence? Un bon matin, au bout de deux ans, à la chapelle, un bénédictin lit un texte biblique qui le touche profondément : « Si tu veux être heureux, vends tout, quitte tout, suis-moi et tu seras heureux. » Robert avait l’impression que ce texte s’adressait directement à lui. Il se sent invité comme il ne le fut jamais auparavant à devenir prêtre.

Saint Benoît est la deuxième grande influence de sa vie. Encore aujourd’hui, il retourne faire silence à l’abbaye. « Parce qu’on ne peut pas donner aux autres ce qu’on a soi-même rencontré. » En plus de séjours d’intériorité, il se rend, chaque dimanche soir chez les moines pour l’office des complies.

Les jeunes
Robert Jolicoeur est ordonné prêtre le 25 avril 1976 par Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke. Il est nommé vicaire à la paroisse St-Esprit et c’est là qu’il exerce son premier ministère. Son curé lui confie alors la mission de rejoindre les jeunes.

Une idée surgit : créer une discothèque pour adolescents seulement. De là, on a pu rapprocher bien des jeunes qui se sont, par la suite, impliqués dans la communauté chrétienne, se remémore-t-il. Saint Jean Bosco disait : « Si tu veux être l’ami d’un jeune, intéresse-toi à ce qui l’intéresse. » Je pense que la musique a toujours été au milieu des rencontres de jeunes. Je me disais : Robert, si tu t’intéresses à ces jeunes-là et à ce qui les fait vivre, tu vas devenir intéressant pour eux. » De cette façon, à toutes les soirées du vendredi, la salle paroissiale était transformée en un lieu pour les jeunes. On commençait par faire de l’humanisation et après ça, on pouvait parler d’autres choses. »

Les mois passent et Robert Jolicoeur est nommé curé d’une petite paroisse. Cet emploi lui laisse du temps de sorte qu’il devient professeur au Séminaire salésien de Sherbrooke.

« Je me souviens. J’avais des élèves pas mal “rockers”. Nous allions voir des spectacles à Montréal. Ces jeunes sont devenus mes éléments les plus dynamiques car j’étais devenu pour eux beaucoup plus qu’un professeur de religion. »

« Si les parents qui ont de la difficulté avec leurs jeunes se souvenaient juste de ça, ils pourraient réussir à établir des contacts incroyables avec eux. Le problème, c’est que les adultes veulent que les jeunes s’intéressent à ce qui les préoccupe. Il est rare que les parents prennent le temps de s’intéresser à ce qui fait vivre les jeunes. »

Mort-Résurrection
Robert Jolicoeur prend charge en 1986 de la paroisse Saint-Charles-Garnier à Sherbrooke. Au début, cinq messes, d’une assistance moyenne de 30 personnes, meublaient la vie dominicale de cette communauté chrétienne. Six mois après son arrivée, il n’y avait plus assez de bancs.

On décide alors la construction d’une nouvelle église parce que cela aurait été trop coûteux de réparer l’église devenue trop petite. Robert Jolicoeur raconte : « La construction a été pour la ville de Sherbrooke, une question qui aujourd’hui porte ses fruits. Beaucoup de gens se sont posé des questions sur la présence de Dieu dans leur vie. Cette église a été édifiée pour un peu moins d’un million de dollars et il ne reste que 40 000$ à rembourser.

Quels phénomènes font qu’un prêtre attire les foules semaine après semaine? L’abbé Jolicoeur répond : « C’est une question que je ne me pose moi-même. Il me semble qu’il y a rien de si extraordinaire qui se passe ici. Si je laisse aller mon imagination, j’ai comme l’impression que l’Église vit une crise de langage; on a de la difficulté à vraiment parler aux gens un langage qui va les rejoindre. » Un sondage réalisé auprès d’une trentaine de paroissiens avant une célébration révèle cette conclusion qui donne sens à ses propos : « Avec Robert, on comprend mieux l’Évangile. »

À fleur de peau? Chut! Ne le dites pas trop fort car vous ferez des ennemis en ce lieu. « Ils comprennent le langage du cœur, pas celui du cerveau, rétorque-t-il avec franchise. Je pense qu’un être entier est aussi fait de sentiments, d’affectivité et de raison. C’est un ensemble de choses. Je pense que l’Église s’adresse un peu trop par le cerveau. C’est trop cérébral. À l’église, on lit toujours. »

Il n’a pas d’automobile. L’abbé Jolicoeur s’est constitué, au fil des ans une équipe d’individus qui se font un plaisir de le conduire. Si personne n’est disponible, il prend l’autobus ou marche.

Si vous lui parlez de golf, il vous dira que son tournoi « sous les palmiers » pour venir en aide aux défavorisés de sa communauté a rapporté l’an dernier 60 000$. Si vous l’abordez au sujet « de ses Expos de Montréal », il sera ravi. C’est son passe-temps. Non! Sa passion... Quand il se rend à des matches, il ne passe guère inaperçu depuis qu’il est l’ami de l’as lanceur Denis Martinez...

(Revue Notre-Dame du Cap, avril 1994, pp, 10 à 12)