LE PRÉSENT DU PASSÉ : Politique quand tu nous tiens

Politique quand tu nous tiens

L’article de Benoît Voyer dans le numéro d’avril a suscité de nombreuses réactions. Les unes étaient des avertissements alors que d’autres étaient virulentes. De véritables condamnations aux enfers !

La direction de la revue Notre-Dame du Cap n’a voulu en aucun temps prendre position à l’occasion du futur référendum. Cela n’a jamais fait partie de la tradition de la revue et ne le sera pas. Notre désir était de faire connaître la position des évêques à l’occasion de ce débat de société. En ce sens, nous croyons que l’article était légitime puisque les évêques ont toujours tenu des positions non-partisanes faisant appel au respect des personnes au sens de la justice.

La position de M. Beauchamp est personnelle. Nous aurions dû aussi donner la parole à une personne qui aurait émis une opinion différente.

Notre but n’est pas de faire de la politique mais de nous situer dans la ligne proposée par le pape Jean-Paul II : « Une démocratie authentique n’est possible que dans un État de droit et sur la base d’une conception correcte de la personne humaine. (...) L’Église respecte l’autonomie légitime de l’ordre démocratique et elle n’a pas de qualité pour exprimer une préférence de l’une ou l’autre solution institutionnelle ou constitutionnelle. La contribution qu’elle offre à ce titre est justement celle de sa conception de la dignité de la personne qui apparaît en toute plénitude dans le mystère du Verbe incarné. »

Une lecture de la lettre encyclique Centesimus annus du pape Jean-Paul II est d’une grande richesse concernant l’apport de l’Église aux débats sociaux et politiques.

Quant aux condamnations virulentes, la direction de la revue rappelle que nous vivons présentement durant l’année de la tolérance. Nous n’en voulons à personne...

Paul Arsenault, o.m.i., directeur
Jérôme Martineau, rédacteur en chef


(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1995, p. 25)