RÉFLEXION SPIRITUELLE : En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

Par Benoit Voyer

19 octobre 2026

Saint Grégoire définissait les textes de la Bible comme étant une « lettre envoyée par le Dieu tout-puissant à sa créature ».[1]

De son côté, François Cassingena-Trévedy, moine catholique de Ligugé, écrit dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’Abbaye de Bellefontaine, livre que j’ai lu en septembre : « Si tu attends depuis longtemps une lettre en provenance d’un ami très cher, tu guettes, avec une certaine anxiété, l’arrivée du courrier, et si la lettre est arrivée, tu t’empresses de la décacheter et de la lire. Dieu t’a écrit une lettre d’amour, une longue lettre, il t’en renouvelle quotidiennement l’envoi, et tu n’aurais pas hâte de la recevoir, tu ne t’empresserais pas de la lire, de la relire, de l’apprendre par cœur ? »

Søren Kierkegaard (1813-1855), philosophe et théologien danois, un chrétien de tradition luthérienne, écrivait à son époque : « Comme un fiancé lit une lettre de sa bien-aimée, c’est ainsi que tu dois te mettre à lire l’Écriture ».

Dans sa lettre du jour (cf. Lc 12, 13-21), une phrase m’a grandement interpellé : « cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

Jésus dit aussi : « La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »

Soyons clairs : Jésus ne condamne pas le fait d’avoir des biens ou d’avoir une bonne récolte. Le problème est qu’on finit par faire de ses possessions le fondement de sa sécurité et le but de son existence.

Aujourd’hui, dans sa lettre d’amour, Jésus me questionne : Qu'est-ce qui me donne réellement le sentiment d'être en sécurité : ce que j'ai accumulé ou Celui en qui j'ai placé ma confiance ?

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[1] Grégoire le Grand. Epist. V, 46, « À Théodose, médecin de l’empereur » (CCSL 140), p. 339.