SANTÉ : Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Les montres connectées, capteurs et autres dispositifs portables cherchent à faciliter le dépistage de l’apnée du sommeil, une maladie fréquente, mais encore largement sous-diagnostiquée. Alors que l’examen de référence, la polysomnographie, nécessite souvent une nuit à l’hôpital avec de nombreux capteurs, ces nouvelles technologies permettent un suivi plus simple à domicile.

Le magazine Sciences et avenir de février 2026 explique que certains appareils montrent des résultats encourageants, mais les spécialistes rappellent qu’ils ne remplacent pas encore les examens médicaux complets. Leur intérêt principal serait de mieux orienter les patients et de repérer rapidement ceux qui nécessitent une prise en charge. Une nouvelle approche utilisant simplement un téléphone intelligent fixé sur la poitrine pendant le sommeil aurait même montré une forte concordance avec les examens traditionnels.

L’article souligne aussi les limites des traitements actuels : plusieurs patients abandonnent la machine de ventilation nocturne (PPC). De nouvelles solutions, comme des implants de neurostimulation qui maintiennent les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil, sont développées pour certains patients sélectionnés. La tendance générale est claire : la technologie pourrait améliorer le dépistage et personnaliser davantage les traitements de l’apnée du sommeil.

JEAN-JACQUES ROUSSEAU - Pensée


FLASH : Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

Le célèbre spin doctor Kasper Jull dans la télésérie Borgen


Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

En politique, le spin doctor est un spécialiste de la communication. Son travail consiste à influencer la manière dont les médias et la population interprètent les décisions et les déclarations d'un politicien. Il prépare les messages, conseille les élus et intervient lors des controverses. Son objectif est de présenter les événements sous un angle favorable à son parti. Le terme vient de l'anglais et désigne un conseiller en communication stratégique. Le spin doctor ne cherche donc pas nécessairement à changer les faits. Il cherche surtout à influencer la perception qu'on en a. (Benoit Voyer, 18 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : À César, ma salade !

À César, ma salade !
À Dieu, tout l’amour de mon cœur !

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Depuis trois ans maintenant, lorsque j’ouvre la bibliothèque des chrétiens, la Bible, j’ai toujours l’impression que ces textes anciens ont été écrits spécialement pour moi. Je ne suis pas le seul à vivre ce sentiment. Il y a longtemps, le roi David écrivait quelque chose de similaire dans le livre des Psaumes : « Dans le rouleau du livre, il est écrit pour moi – Bimegillat séphèr Katûb ‘alaï. » (Ps 40, 8)

C’est aussi ce qu’écrivait François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’abbaye de Bellefontaine : « Voilà précisément la différence fondamentale entre ce livre-là et tous les autres. Ce livre-là est tout spécialement écrit pour moi, et tout entier ! Il m’est, il t’est adressé à toi en particulier. »

Aujourd’hui, une phrase m’interpelle : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (cf. Mt 22, 15-21)

Dans un récit de Matthieu, un livre au style littéraire dit évangélique, on voit Jésus refuser le piège qu’on lui tend. On voudrait l’obliger à choisir entre l’autorité politique et Dieu. Il répond en faisant des distinctions, mais sans les opposer complètement.

D’abord, Jésus rappelle que nous exerçons des responsabilités dans la société : payer nos impôts, respecter les règles communes et participer à la vie collective.

Puis, il rappelle que tout n’appartient pas à César. Ainsi donc le pouvoir politique n’a pas de droit absolu sur la conscience, la foi ou la relation à Dieu.

Enfin, Jésus invite ainsi à discerner : qu’est-ce que je dois à la société, et qu’est-ce qui, dans ma vie, appartient d’abord à Dieu ?

Aujourd’hui, je me questionne : Est-ce que je donne réellement à Dieu ce qui lui appartient, ou seulement ce qui me reste après avoir donné mon temps, mon énergie et mes préoccupations à tout le reste ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le retour des messianismes

Le retour des messianismes

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Dans un entretien publié le 10 mars 2026 dans La Croix, l’historien et théologien Jean-François Colosimo propose une réflexion sur la montée des courants messianiques dans les conflits contemporains, particulièrement au Moyen-Orient. Pour lui, il faut d’abord distinguer deux notions souvent confondues : l’eschatologie et le messianisme. L’eschatologie concerne les fins dernières, l’accomplissement ultime de l’histoire. Le messianisme, lui, désigne l’attente d’un événement ou d’un personnage qui inaugurera une nouvelle étape de cette histoire.

« Ce qu’il y a de commun au judaïsme, au christianisme et à l’islam, explique-t-il, c’est que l’histoire a un sens. » Ces traditions religieuses partagent l’idée que l’histoire humaine n’est pas absurde, mais orientée vers un accomplissement. Le problème apparaît lorsque certains groupes cherchent non seulement à attendre cet accomplissement, mais à « précipiter » la fin des temps par l’action politique ou militaire.

Selon Colosimo, le conflit au Moyen-Orient ne peut pas être expliqué uniquement par la religion. Cependant, sa radicalisation devient difficile à comprendre sans tenir compte du retour des discours eschatologiques dans l’espace politique. « Dans l’Apocalypse, il y a évidemment la promesse de la destruction de l’ennemi, mais il y a aussi la promesse de l’avènement d’un règne juste, vrai et bon », rappelle-t-il.

L’historien situe un tournant à la fin des années 1970. « Ce qu’on a souvent appelé à tort le “retour du religieux” se produit en fait en 1979, et non en 1989. » Cette période voit simultanément la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeyni, la montée des mouvements religieux en Israël et le retour de l’influence politique des évangéliques aux États-Unis. Depuis, estime-t-il, une impatience nouvelle s’est développée : l’idée que l’histoire doit être accélérée pour provoquer l’accomplissement attendu.

C’est là que se trouve, selon Colosimo, le danger du messianisme politique : « Le messianisme, le millénarisme et l’eschatologisme apportent le feu de Dieu à cette apologie de la force. » L’attente religieuse d’un monde nouveau peut alors être détournée pour justifier la domination, la violence ou la destruction de l’adversaire.

Mais l’entretien ne se limite pas à une critique des dérives religieuses. Jean-François Colosimo rappelle aussi que les grandes traditions spirituelles portent en elles des ressources de paix. « Dans toutes les grandes religions, il y a ce qu’on pourrait appeler un Christ qui dort », affirme-t-il, évoquant l’idée d’une présence divine qui transforme l’être humain plutôt que de conquérir le monde par la force.

Sa réflexion se termine par une lecture profondément chrétienne du messianisme : « La couronne du roi du monde, c’est une couronne d’épines. Il n’y a que l’innocent absolu qui puisse la porter. » Pour lui, le message du Christ introduit une rupture radicale avec les logiques de puissance : le règne de Dieu ne s’impose pas par la violence, mais par le don de soi.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La prière de Chantal Pary

La prière de Chantal Pary

Dans sa résidence de Longueuil où elle habite en compagnie de Jacques, son mari, Chantal Pary a accepté de faire le point et de nous livrer ce qui habite son âme.

Par Benoit Voyer

« La prière c’est tellement grand ! dit-elle avec enthousiasme. Cela pourrait changer la planète si les gens commençaient à prier parce que quand on le fait nous devenons très inspirés ».

Pour elle, la prière ce sont des rencontres, comme si Marie et Jésus étaient là auprès d’elle. « Ils ne m’endormiront jamais. Sur la terre, un jour c’est ami, l’autre c’est ennemi. Tu ne peux jamais te fier... un jour les gens t’aiment, le lendemain ils ne t’aiment plus. Avec Dieu, Marie et Jésus c’est différent ! » raconte Chantal Pary.

Mais quand on est éloigné de l’Église et de la spiritualité depuis longtemps ce n’est pas facile de prier. Comment faire ? Pour l’artiste qui a connu la gloire à la fin des années 60, c’est très simple.

« Je commence toujours par remercier Dieu pour le monde et la vie qu’il me donne : Merci, mon Dieu, tu m’as donné la vie. Merci de me donner la foi... Par la suite, j’ouvre la Parole de Dieu et je médite sur un texte. La Parole vient se graver dans mon cœur : “Tu as du prix à mes yeux et je t’aime”. À la suite de cela, il y a toujours des lumières nouvelles. C’est comme un réconfort », explique-t-elle les yeux pétillants. Le passage de la Bible qu’elle a lu, finit toujours par refaire surface au long de sa journée lorsque surgit une épreuve ou une rencontre difficile. Cela lui donne de la force. La Bible c’est sa vitamine.

Enfin, elle offre sa journée et ce qu’elle voudrait faire pour le Bon Dieu. Néanmoins, elle ne demande jamais de changer les autres. Elle préfère demander que la conversion se fasse dans sa vie car elle croit que le changement des autres survient quand nous l’avons nous même fait. C’est clair, plus on reçoit dans la prière, plus on peut donner.

« La foi ça ne s’impose pas, ajoute la chanteuse. On ne peut pas forcer la porte, l’ouvrir... C’est ce que je trouve difficile. J’ai tellement de choses que j’aimerais faire découvrir aux gens. Pourtant, je ne me sens pas meilleure qu’une autre personne », avoue-t-elle tout simplement.

Ce qui la fait vivre au jour le jour, c’est sa participation à l’eucharistie. Pour elle, c’est un besoin vital comme le geste de manger. Elle croit à la présence réelle de Jésus dans l’hostie. « Ce qui m’attriste c’est que Jésus est là, vivant, et personne ne va le chercher » confie-t-elle.

Celle qui porte le véritable nom de Lucie Bernier prie trois heures par jour. Le matin une demi-heure pour offrir sa journée ; l’après-midi, c’est le chapelet et la messe à la paroisse de son enfance ; et, une autre heure, le soir, à la maison. Il s’agit d’un second chapelet.

« C’est entendu qu’il y a des journées que j’ai moins le goût de prier. C’est juste l’idée que, parfois, je pourrais écouter une bonne émission à la télévision. Mais pour moi, le Bon Dieu est plus important que la t.v. » révèle Chantal Pary maintenant âgée de 44 ans.

Est-elle charismatique ? Elle n’aime pas les gestes trop extérieurs et elle demeure prudente face à certains groupes où l’émotivité pourrait prendre le dessus. La foi, la prière ça se passe en-dedans. Elle admet, tout de même, qu’il y a plein de bonnes choses dans ces groupes du renouveau spirituel, mais ceux-ci ne l’attirent guère.

Medjugorje
« J’aime beaucoup Medjugorje, rétorque Chantal Pary. J’y suis allée trois fois. Là-bas, j’ai appris que Medjugorje c’est dans chacune de nos paroisses. »

En ex-Yougoslavie, où apparaît la Vierge, semble-t-il, ça sent la paix. Elle le dit avec un tel engouement dans sa voix : « C’est vraiment un coin de ciel sur la terre ! ».

Mais, selon les mariologues, il y aurait au-delà de 600 apparitions de la Vierge dans le monde actuellement. N’est-ce pas un peu exagéré ?

« Je ne savais pas, pense-t-elle à haute voix. Je crois qu’elle peut apparaître à différents endroits, mais autant... je suis réservée. Je trouve que c’est beaucoup, mais rien n’est impossible à Dieu ! Cela demande beaucoup de prudence ».

Les premières fois qu’elle a entendu parler de Medjugorje, ce fut l’étonnement. Elle est allée en Europe de l’Est par un concours de circonstance.

Celle qui a chanté auprès de Mère Teresa raconte son aventure providentielle : « Je ne voulais pas y aller parce que c’était trop cher. Imagine, nous sommes trois ! À un moment donné, j’ai reçu un chèque à la suite de la rediffusion d’une émission télévisée, quelques jours avant le départ, au montant exact du prix des billets. On avait demandé un signe pour y aller... Nous l’avions devant nos yeux ! C’était évident qu’il fallait y aller ».

Elle a aimé l’expérience. Ce qui l’intéressait plus particulièrement c’était de vivre avec le peuple yougoslave. Elle a découvert que pour ces gens, leur oxygène quotidien c’est la prière.

« Je suis convaincue que Marie apparaît vraiment là-bas, même si l’Église ne s’est pas encore prononcée. Elle se doit d’être prudente, très prudente. C’est vraiment un endroit de grâce ! Il y a beaucoup de conversions et les gens retrouvent, à Medjugorje, la simplicité de la prière ».

Un livre
Elle a rencontré les voyants. Il y a quelques mois, Ivan est même allé chez elle à Longueuil pour un repas. Elle se souvient de lui comme un gars qui aime avoir du plaisir. Un être équilibré. Il a même longuement taquiné son mari, Jacques.

Elle n’a pas écrit pour parler d’elle. L’histoire de sa vie est un prétexte pour parler des merveilles de Dieu dans son quotidien. « Je voulais dire qu’il y a toujours quelque chose de bien à tirer d’une épreuve, des souffrances qu’on a vécues... Je dis que la souffrance a été une bénédiction pour moi parce qu’elle m’a fait chercher Dieu », poursuit Chantal Pary.

Roland Leclerc, un ami de longue date, a écrit la préface du livre. Il dit que Chantal Pary n’est pas une écrivaine, qu’elle n’a aucune ambition littéraire, qu’elle veut simplement livrer son témoignage et sa pensée comme s’il s’agissait d’un journal intime.

(Revue Notre-Dame du Cap, mai 1995, pp. 11 et 12)