RÉFLEXION SPIRITUELLE : Rester éveillé et disponible pour Dieu
Par Benoit Voyer
20 octobre 2026
Au jour le jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « Il faut absolument acquérir et entretenir en nous […] une mentalité de destinataire, c’est-à-dire être bien persuadé que l’Écriture nous est personnellement adressée ».
Il ajoute un peu plus loin, en faisant référence à l’évangile de Jean (Jn 4, 26; 9, 37) : la lecture biblique est le lieu d’une rencontre personnelle avec « Celui-qui-te-parle » : « À la lecture livresque, superficielle, doit alors se substituer une lecture-contact, une lecture-rencontre. »
Les textes de la Bible sont comme une lettre d’amour de Dieu écrite pour moi ou pour chacun de nous, personnellement.
Ainsi donc, dans la lettre d’amour de Dieu que je reçois aujourd’hui (cf. Lc 12, 35-38), Jésus emploie trois images très concrètes : la tenue de service, la lampe allumée et l’attente du maître. Il ne s’agit pas de vivre dans la peur de son retour, mais de ne pas s’endormir spirituellement. La personne qui marche à sa suite doit demeurer prête à accueillir Dieu lorsqu’il se présente, parfois au moment où elle s’y attend le moins. Veiller, ce n’est pas attendre sans rien faire; c’est vivre aujourd’hui de manière à être prêt à accueillir Dieu lorsqu’il passe.
Quelque chose frappe en lisant ce texte : lorsque le maître revient et trouve ses serviteurs en train de veiller, les rôles s’inversent. Il les fait s’asseoir à table et vient les servir. En d’autres mots, la fidélité de celui ou celle qui tente de marcher à sa suite débouche sur une communion avec Dieu qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer.
Je me questionne : est-ce que ma lampe est encore allumée ? Est-ce que, dans ma vie quotidienne, je demeure attentif à Dieu, disponible à sa présence et prêt à répondre lorsqu’il frappe à ma porte ?
Je fais mienne cette petite prière tirée du livre « Le Pâtre blessé » de Daniel-Ange, un livre qui a marqué mon adolescence : « De tes mains, Père, nous recevons tout, et ce que nous mangerons demain, tu veilles la nuit, pour le préparer. »
