NEUROSCIENCES : Le microbiote intestinal, un nouvel acteur de la santé mentale
Par Benoit Voyer
27 octobre 2026
Notre ventre serait-il aussi un acteur de notre équilibre psychologique ? La question est en ce moment d’une grande actualité.
Depuis quelques années, des chercheurs étudient le lien entre le fonctionnement du cerveau et le microbiote intestinal humain, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries présentes dans notre système digestif.
Surnommé le « deuxième cerveau » en raison de ses nombreuses connexions nerveuses, l’intestin communique en permanence avec le système nerveux central. Un nouveau champ de recherche, appelé « psychomicrobiotique », tente de mieux comprendre comment les perturbations du microbiote pourraient être associées à certains troubles comme l’anxiété, l’irritabilité ou la dépression.
Dans l’édition du 20 mai 2026 de Santé Magazine, le psychiatre Guillaume Fond explique que « lorsque les bactéries de l’intestin sont perturbées, elles vont déclencher différents systèmes d’alarme qui peuvent provoquer de l’anxiété, de l’irritabilité, voire de la dépression ».
Ainsi donc, l’alimentation joue un rôle important : une consommation élevée de sucres raffinés et de graisses saturées favoriserait l’inflammation de l’organisme, alors qu’une alimentation riche en fibres, en légumes, en légumineuses et en protéines contribuerait à maintenir un microbiote plus diversifié.
Certains aliments font l’objet d’un intérêt particulier, notamment les aliments fermentés comme la choucroute, les cornichons, les pickles ou les yogourts, qui apportent des bactéries bénéfiques.
Les aliments riches en tryptophane, comme les amandes, la banane, le chocolat ou certains poissons, sont également étudiés pour leur rôle dans la production de sérotonine, un neurotransmetteur associé à la régulation de l’humeur.
La prudence est tout de même de mise. Dans Santé Magazine, le psychiatre Michel Lejoyeux disait : « Aucun aliment n’a d’effet psychotrope. Le changement d’alimentation peut améliorer l’état de santé mentale, mais pas remplacer les autres traitements ».
