SANTÉ MENTALE : Le sommeil de rattrapage de la fin de semaine
Par Benoit Voyer
23 octobre 2026
Permettre aux adolescents de dormir davantage la fin de semaine aurait des effets bénéfiques sur leur santé mentale. Ceux qui compensent une partie de leur manque de sommeil accumulé durant la semaine présentent un risque plus faible de dépression.
Une étude rapportée par Psychologies UK explique que l’adolescence est une période où l’horloge biologique se modifie. Les adolescents ont naturellement tendance à s’endormir plus tard, ce qui rend difficile un sommeil suffisant lorsque les horaires scolaires imposent un réveil matinal. Même si une routine régulière reste importante, le sommeil de récupération durant les jours de congé jouerait un rôle protecteur, surtout pour une génération confrontée à une hausse de l’anxiété et des problèmes de santé mentale.
FLASH : Les habitudes de vie et la fertilité masculine
Le mode de vie peut influencer la fertilité des hommes. Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'obésité figurent parmi les facteurs associés à des difficultés de reproduction. L'activité physique et une alimentation équilibrée contribuent à une meilleure santé générale. Les chercheurs étudient également les effets du cannabis sur la qualité du sperme, mais les résultats demeurent parfois contradictoires. Les spécialistes recommandent donc aux hommes qui souhaitent devenir pères de porter attention à leurs habitudes de vie. La préparation à une grossesse ne concerne pas uniquement les femmes. (Benoit Voyer, 23 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Discerner le temps présent
Par Benoit Voyer
23 octobre 2026
« Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » (cf. Lc 12, 54-57). Cette question de Jésus nous invite à regarder notre temps avec d’autres yeux. Il ne faut pas seulement constater ce qui se passe autour de nous : il faut reconnaître ce que Dieu nous demande aujourd’hui et ne pas remettre à plus tard le changement de notre regard et les gestes de justice réparatrice qui s’imposent.
Dans son encyclique Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV reprend avec force cette invitation. Il affirme que nous devons demander à Dieu « la sagesse nécessaire pour interpréter les grandes tendances de notre époque ». En termes simples, il invite chacun à penser, discerner et agir. Ce n’est pas très loin de la méthode « voir, juger, agir » du cardinal belge Joseph Cardijn, qui l'a formulée et développée au milieu des années 1920 pour guider l'action de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).
Selon lui, le danger serait de vivre d’urgence en urgence sans jamais se demander où nous allons. Léon XIV écrit qu’« il faut engager un discernement commun » car, autrement, « nous risquons de laisser la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre ». Il pose alors trois questions essentielles : « où allons-nous ? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? Quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? »
Ces questions peuvent devenir les nôtres : où vais-je ? Qu’est-ce que Dieu me demande maintenant ? Quelle réconciliation est-ce que je repousse ? Quelle injustice ai-je appris à ne plus voir ? Quel geste puis-je poser aujourd’hui ?
Dans l’exhortation apostolique Dilexi te, Léon XIV nous rappelait la manière dont Dieu réagit devant la souffrance de son peuple : « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». Discerner les signes des temps, c’est donc aussi entendre les cris que nous risquons de ne plus entendre et voir les personnes que notre regard finit parfois par éviter. Comme je le dis souvent : À force de trop voir la souffrance, elle finit par nous endurcir le cœur. Est-ce que notre époque serait en panne d’empathie ?
Pour paraphraser François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé : L’Évangile, comme les autres textes de la Bible, est « écrit pour moi, cela veut dire […] que je suis la matière du livre ; il me raconte ma propre histoire, depuis ma genèse jusqu’à mon apocalypse ».
PORTRAIT : Le frère Alphonse juin
On lui doit le célèbre fromage d’Oka
Par Benoit Voyer
23 octobre 2026
Alphonse Juin est né le 25 mars 1842 à Laval, en Mayenne (France).
Le 26 décembre 1859, il entre au monastère cistercien de Port-du-Salut.
Puisque la situation en France est difficile pour les communautés religieuses, il cherche refuge en Amérique du Nord.
Le 18 février 1893, il s’installe à Oka, où il poursuit sa vie monastique.
Puisqu’il a travaillé pendant 19 ans à la fabrication du célèbre fromage de Port-du-Salut, il reprend ce métier à Oka. Il créera à cet endroit un fromage qui acquerra une réputation internationale. On finira par le surnommer le « frère fromage ».
Il s'occupe de tout… même de faire connaître ses fromages et de trouver des grossistes de Québec à New York.
Avec les progrès de la biochimie, acquis grâce à l'École d'agriculture qui est installée sur la propriété de l’abbaye d’Oka, la fabrication du fromage d’Alphonse se précise.
Le religieux décède le 23 juin 1910, à Oka.
Après sa mort, on poursuit la fabrication du fromage selon les techniques développées par Alphonse Juin.
Dans les années 1920, la qualité du fromage d'Oka s'affine et prend de plus en plus de place sur le marché.
En 1981, la fromagerie d’Oka est vendue à Agropur. En juillet 2026, la coopérative agricole a annoncé la vente de cette activité, incluant la marque et l’usine d’Oka, à Lactalis Canada. La vente de l’entreprise a été soumise à l’approbation du Bureau de la concurrence et aux conditions habituelles de clôture. Une décision est attendue.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Bienvenue à Benoit Voyer
Pendant la période sabbatique de Jérôme Martineau, nous souhaitons la bienvenue au rédacteur en chef par intérim, M. Benoît Voyer. Il nous arrive de Granby avec ses idées, ses couleurs, son enthousiasme. Puisqu’il collabore déjà avec nous depuis quelques années, il se sentira vite chez lui chez nous. Bon séjour à la revue Notre-Dame du Cap ! (Paul Arsenault)
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 29)
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