Par Benoit Voyer
29 octobre 2026
Le 4 septembre 1856, à Liège, en Belgique, naît Alexis-Louis Mangin. Quelques mois plus tard, sa famille s’établira à Rambervillers, en France.
Enfant espiègle et agité, il manifeste assez tôt un intérêt pour la vie religieuse. Il rêve être missionnaire. Il n’a que huit ans lorsque son père décède.
Élève doué, il obtient à 19 ans un baccalauréat ès lettres et un baccalauréat ès sciences.
Il entre au Séminaire de Saint-Dié.
Le 16 avril 1881, il est ordonné prêtre dans la chapelle des Carmélites de Velletri, près de Rome. Par la suite, il devient professeur au collège de Metz, puis à celui de Rambervillers, où il fonde un cercle destiné à la jeunesse.
En 1885, à la suite d’un appel téléphonique de l’abbé Antoine Labelle (le célèbre curé Labelle), il quitte la France pour le Canada. Il travaille à Chénéville pendant trois ans et, en 1889, il devient curé fondateur de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges, à Masson, devenu de nos jours un secteur de Gatineau.
À cet endroit, il consacre son temps à la prière. Il cherche à renouveler la vie spirituelle de ses paroissiens. Éléonore Potvin, sa ménagère, devient sa précieuse collaboratrice. Ensemble, ils développent le projet d’une nouvelle communauté religieuse consacrée, notamment, à l’adoration eucharistique et à la prière pour les prêtres. Le 23 mai 1895, la Congrégation des Servantes de Jésus-Marie voit le jour.
L’année suivante, Alexis-Louis Mangin quitte sa paroisse afin de se consacrer entièrement à la nouvelle communauté. Au couvent, il choisit de vivre pauvrement. Il laisse derrière lui ses biens personnels, jusqu’au calice reçu à son ordination sacerdotale.
Homme cultivé, il s’intéresse à la physique, à la chimie, à la menuiserie, à la sculpture et à la photographie. Habile de ses mains, il conçoit plusieurs outils pour favoriser le travail des religieuses.
Alexis-Louis Mangin est avant tout un intellectuel. Il écrit de la poésie et des textes dans le domaine de la théologie chrétienne. Il laisse une centaine de cahiers d’instructions, de sermons, de lettres et d’opuscules. On lui doit la première publication canadienne du Traité de la vraie dévotion à Marie, de saint Louis-Marie de Montfort.
Il a une santé fragile. Il deviendra totalement sourd.
En janvier 1914, il rencontre le pape Pie X, à Rome, afin de solliciter l’approbation des Constitutions des Servantes de Jésus-Marie. En 1918, une nouvelle fondation de la communauté voit le jour à Rimouski.
En janvier 1920, la grippe frappe plusieurs religieuses. Il contracte la maladie. Malgré tout, il poursuit son travail auprès de ses sœurs.
La veille de sa mort, il affirme n’avoir « pas perdu un seul instant la présence de Dieu pendant cette maladie ».
Alexis-Louis Mangin décède le 26 février 1920, à 1 h 10 du matin. Peu avant sa mort, il résume ainsi l'enseignement qu’il estime avoir transmis à sa communauté : « Maintenant, j’ai fini d’expliquer le règne du Saint-Esprit dans les âmes, son action quotidienne par Marie, sous l’influence de la sainte Liturgie. »

