RÉFLEXION SPIRITUELLE : L'expérience monastique a un enseignement riche à révéler
Par Benoit Voyer
26 octobre 2026
En lisant une lettre de Paul, une phrase m’a frappé : « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. » (Ep 5, 1) Bien entendu, je prends la phrase hors contexte, mais je pense que ce ne le sera pas tant que si loin de ce qui suit dans sa missive. Suivez-moi.
Pour un chrétien, la lecture biblique devrait s’inscrire dans une pratique quotidienne. Si on lit bien entre les lignes, c’est ce que souhaitent les pères du concile Vatican II dans la constitution dogmatique Dei Verbum. Cette lecture devrait devenir une nourriture pour l’âme tout comme on le fait pour alimenter son corps.
En septembre, j’ai lu et relu le livre « Quand la Parole prend feu » de François Cassingena-Trévedy, moine catholique de Ligugé. L’ouvrage est publié par l’abbaye de Bellefontaine. Je l’ai acheté, quelques jours avant ma première lecture, à la boutique de l’abbaye Val Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière. Il s’agit d’un intéressant petit traité spirituel sur la lectio divina pratiquée par les moines.
L’auteur écrit : « Chaque matin donc, tu peux te demander : « Ai-je vraiment faim de la Parole de Dieu ? » Si la simple perspective de la lectio divina n’éveille pas en toi l’appétit, c’est que tu es malade ; l’inappétence en effet est un symptôme de maladie. Si tu n’as pas faim, c’est que tu n’as pas encore vraiment réalisé que la lectio divina ne consiste pas dans un luxe de désœuvré ni dans un loisir d’intellectuel, mais qu’il y a là une nécessité vitale, une fonction indispensable de l’organisme spirituel. Celui qui écourte sa lectio divina, qui la bâcle, qui la perd, qui prend le pli de s’en dispenser deviendra vite un sous-alimenté et succombera à la sécheresse, à l’anémie. La lectio divina fait partie de cette phase illuminative, contemplative, tout imminente, de notre journée […], où le Seigneur nous nourrit, nous irrigue comme un jardin. »
Puis il ajoute : « Si nous sentons vraiment cette nécessité vitale de la lectio divina, son absence, sa suspension devraient provoquer en nous une sorte de souffrance. »
Enfin, quelques pages plus loin : « La lecture – et la lectio divina plus que tout autre – est un acte ; c’est un travail, et même un travail agricole ! Si la lectio divina ne t’a pas encore captivé, c’est que tu n’es pas encore devenu un laboureur… »
J’ai partagé avec vous ces quelques lignes de ma lecture parce qu’elles nous rappellent que pour chercher à imiter Dieu, il faut partir à sa rencontre en y consacrant un peu de temps. Il n'est pas nécessaire d'aller en Orient. L'expérience monastique a un enseignement riche à révéler.
« Autrefois, vous étiez ténèbres : maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière » (Ep 5, 8).
