LE PRÉSENT DU PASSÉ : Pour un bon choix de films

Pour un bon choix de films

Le télé-horaire constitue une des pièces maîtresses de notre monde télévisuel. Pour faire le choix d’un film à l’écran, nous consultons les cotes inscrites dans le guide. La préparation de ces petits commentaires a, préalablement, demandé un travail de moine.

«Pour bien coter un film, commente le directeur du service cinématographique de l’Office des communications sociales (OCS), Christian Depoorter, on commence par examiner le film soit au cinéma, en visionnement de presse, sur vidéo ou d’une quelconque façon. À partir de ce moment, on se fait déjà une première idée.»

«On a des critères de base comme le scénario, la mise en scène et l’interprétation. C’est la moyenne de ces 3 éléments qui donne la cotation de ce film», poursuit M. Depoorter.

Une production peut donc être très bien interprétée, mais l’histoire très mal racontée. Le film portera la mention «moyen».

Comment bien faire l’analyse de ces trois composantes? Selon l’OCS, il y a d’abord des paramètres évidents: il y a des films qui en rappellent d’autres.

«Puisqu’on s’adresse au grand public, dit l’homme de cinéma, nous ne donnons pas d’appréciation personnelle, en ce sens que nos cotes doivent être soutenues par une littérature. Nous avons beaucoup de documentation. Nous classifions tout ce qui est écrit sur les films d’Europe et d’Amérique. On sort cela et nous faisons une moyenne des appréciations».

Les employés du service cinématographique font un commentaire bien à eux mais celui-ci est tempéré par la moyenne. Dans les cas où les critiques consultés ne s’entendent point, c’est le service qui tranche. Dans ce cas, l’OCS favorise d’abord le scénario.

Les cotations sont diffusées un peu partout: Télé-plus, TV Hebdo, 7 Jours, etc. Dans le monde francophone canadien, il n’y a pas un guide télévisé qui ne les utilise pas.

L’Office publie aussi le bulletin «Film à l’écran». Les abonnés sont surtout des professionnels. Ces feuillets font l’objet d’un répertoire annuel diffusé depuis plus de 40 ans.

L’équipe ne donne aucune appréciation d’ordre moral. Elle indiquera, cependant, une production qui contient des scènes de violence gratuite.

«Autrefois, il y avait des critères artistiques mais c’était secondaire. C’était des prêtres qui jugeaient les films selon les valeurs chrétiennes et la morale de l’époque. Depuis le début des années ’70, la procédure est différente», conclut Christian Depoorter.

(Reportage de Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 24)