RÉFLEXION SPIRITUELLE : Un Dieu pas si abstrait que ça

Un Dieu pas si abstrait que ça

Benoit Voyer

3 novembre 2026

Quelque chose de divin se manifeste ici-bas chaque fois que nous choisissons d’aimer.

Cette affirmation me rappelle ce qu’écrivait Christian Lépine dans son livre « Créés pour êtres aimés » (Médiaspaul, 2012) : « Il pourrait descendre dans le monde sans passer par notre amour, mais il veut avoir besoin de notre don. Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que notre amour, si humble, si fragile, Dieu veut bien s’en servir comme matériau pour construire son Royaume éternel qui est déjà commencé dans l’histoire. Avoir la foi, c’est aussi croire que nous sommes appelés à une vocation d’amour, que Dieu nous rend capables d’aimer et que par l’amour, nous transformons le monde. »

À cette « vocation d’amour », chacun est convié. Mais nous sommes absorbés par le quotidien de la vie. On se saoule de 1001 activités jusqu’à ne plus entendre. On fait la sourde oreille.

Pourtant, à travers le quotidien de la vie, Dieu invite encore et toujours. Il attend patiemment notre réponse.

Hier, il est passé par un collègue de travail : « Ça serait cool qu’on aille prendre un café ».

Avant-hier, dans notre unité de psychiatrie, lorsque j’ai demandé à cette vieille dame « Pourquoi criez-vous comme ça ?» c’était probablement lui qui répondait tristement « parce que j’ai besoin d’amour… »

Il y a une trentaine de minutes, une image m’est revenue… C’était probablement encore lui qui, à travers le souvenir de ma mère qui prenait le temps de m’apprendre à prier lorsque j’étais un bambin, me rappelait à quel point ces instants de prière m’apaisaient et combien lui et moi étions bien ensemble.

L’amour chrétien ne reste pas abstrait. Il prend chair dans la manière dont nous accueillons les autres et dont nous accueillons Dieu.

Le Royaume, qui semble un peu abstrait, n’est peut-être pas si loin de moi ; il commence chaque fois que je choisis d’aimer.

Savons-nous encore reconnaître l’invitation que Dieu nous fait ?