NEUROSCIENCES : Le cerveau, un réseau routier en constante évolution

Le cerveau, un réseau routier en constante évolution

Par Benoit Voyer

2 novembre 2026

Dans le cerveau humain se trouve tout un réseau de circuits neuronaux. Pour faire une image simple, c’est comme s’il existait en soi un complexe réseau routier. Les neurones sont un peu comme des villes et les fibres de la substance blanche comme des routes qui permettent de voyager d’une municipalité à l’autre. Au fil des ans, ce réseau routier change. Des chemins deviennent moins importants ou moins efficaces, d’autres se renforcent au point de devenir de véritables autoroutes, c’est-à-dire deviennent plus efficaces.

Ainsi l’organisation des connexions cérébrales traverse quatre phases de « recâblage » et de « recalibrage » au cours de l’existence. Cela survient autour de 9, 32, 66 et 83 ans. Bien entendu, ce sont des moyennes et cela ne veut pas dire qu’on perd de l’intelligence en vieillissant. C’est juste que le cerveau fonctionne différemment selon les âges de la vie.

Ce phénomène a été mesuré pour la première fois dans une étude réalisée par des neu­ros­cientifiques de l’uni­ver­sité de Cam­bridge (Royau­me-Uni). Les résultats ont été publiés dans Nature Communications et repris dans le magazine Sciences et Avenir du 22 janvier 2026.

Les chercheurs ont analysé les données d’IRM de plus de 3 800 personnes. Par la suite, ils ont généré des cartes multicolores représentant les faisceaux de connexions entre les neurones constituant la substance blanche. C’est ainsi que sont apparus des points de bascule.

On a observé que, vers l’âge de neuf ans, passée la première phase de croissance et de stabilisation du cerveau, les réseaux neuronaux entrent dans une période où leur efficacité augmente progressivement. Cette efficacité atteint un sommet au début de la trentaine. Puis, de 32 à 66 ans, le cerveau connaît une longue phase de stabilisation de son architecture avec une plus grande spécialisation de ses différentes zones.

Enfin, les deux dernières phases sont marquées par une diminution de la plasticité des réseaux cérébraux et par un déclin plus marqué de la connectivité à partir de 83 ans.