Elisabeth Bergeron est une «vénérable» Québécoise. L’Église reconnaît qu’elle a vécu sa foi de façon exemplaire. Aujourd’hui encore, son humilité interpelle les croyants.
Elisabeth Bergeron (Mère Saint-Joseph) naquit à La Présentation, village de la région de Saint-Hyacinthe, le 25 mai 1851. Elle était la quatrième enfant de Théophile Bergeron et de Basiliste Petit. Elle vécut ses premières années à la campagne. Cependant, une crise économique força la famille à immigrer aux États-Unis en 1865. C’est là qu’Elisabeth se découvre des talents de catéchiste. Elle enseignera les rudiments de la foi catholique à ses compatriotes en exil.
En mars 1870, la famille Bergeron est de retour au pays avec quelques économies qui lui permettent un peu de sécurité. Au cœur d’Élisabeth, l’appel à la vie religieuse se fait de plus en plus pressant. Elle rêve de fonder une communauté religieuse vouée à la contemplation. L’évêque du lieu, Mgr Louis Zéphirin Moreau, lui suggère plutôt d’entrer chez les moniales établies à Saint-Hyacinthe: Les religieuses du Précieux-Sang. Elisabeth se dirige donc vers le monastère mais pour y apprendre, quelques mois plus tard, qu’on lui refuse son entrée définitive dans la congrégation. Elisabeth est inconsolable.
Mgr Moreau, pour sa part, désire fonder une communauté enseignante pour les enfants pauvres de son diocèse. Se souvenant d’Elisabeth, il la fait venir pour lui demander si elle accepte d’être la pierre d’angle d’une nouvelle communauté. Elisabeth allègue qu’elle ne sait pas écrire.
«Notre Seigneur a établi son Église avec des ignorants… d’ailleurs le Bon Dieu n’a pas besoin de nous. Plus l’instrument dont il se sert est faible, plus il en retire de gloire» lui répondit Mgr Louis-Zéphirin Moreau. Après 8 jours de réflexion, elle donna sa réponse à l’évêque.
Le 12 septembre 1877, Elisabeth Bergeron fondait avec Malvina Blanchette, Eloïse Saint-Germain et Valérie Langevin la communauté des sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Mgr Moreau lui donne le nom de Mère St-Joseph et la fait supérieure.
Le 17 août 1878, il la désiste de sa fonction. Elle demeurera assistante-générale jusqu’en 1925. À ses filles attristées par la nouvelle, elle répond: «C’est Dieu qui a décidé ce changement; nous n’avons pas à lui demander raison de ses volontés».
Depuis, cette communauté n’a jamais cessé d’étendre son action. Elle compte aujourd’hui quelque 500 religieuses réparties dans le monde entier notamment au Canada: Québec et Manitoba; en Afrique: Lesotho et Tchad; en Amérique latine: Brésil et dans les Antilles: Haïti. Au moment du décès d’Elisabeth Bergeron le 29 avril 1936, elles étaient 540.
«Il ne peut se concevoir rien d’aussi petit que ces commencements: c’était le véritable grain de sénevé de l’évangile qui se déposait en terre», dira Mgr Moreau en se rappelant les humbles origines de la communauté.
(Texte de Benoit Voyer)
Centre Elisabeth Bergeron
805, rue Raymond
St-Hyacinthe, Québec, Canada
J2S 5T9
(514) 773-6067
(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 28)
