RÉFLEXION SPIRITUELLE : Annoncer l'Évangile par sa vie

Le pape François à Québec, en 2022
Annoncer l'Évangile par sa vie

Par Benoit Voyer

1er octobre 2026

Jésus dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! […] je vous envoie »

Ainsi, Jésus invite chacun de nous à partir en mission et à annoncer son message de paix et de libération. Dans l'Évangile, il nous montre quelle attitude adopter lorsque nous annonçons la Bonne Nouvelle (cf. Lc 10, 1-12).

On le sait, l'annonce de l'Évangile ne repose pas sur des paroles, mais sur le témoignage d'une vie transformée par l'amour de Dieu.

Le 28 juillet 2022, à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, le pape François rappelait : « Il est nécessaire de proclamer l'Évangile pour donner aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui la joie de la foi. Mais cette annonce ne se fait pas d'abord par des mots, mais par un témoignage débordant d'amour gratuit, comme Dieu le fait avec nous. »

Puis, il proposait à chacun trois grands défis missionnaires : faire connaître Jésus, témoigner et vivre la fraternité.

Dans un monde marqué par l’indifférence et le sécularisme — cette vision du monde selon laquelle la religion ne devrait pas jouer un rôle déterminant dans la vie publique, les institutions ou les décisions politiques —, il en appelait à un retour à l'essentiel : « Il est nécessaire de revenir à la première annonce. Nous ne pouvons pas prétendre communiquer la joie de la foi en présentant des aspects secondaires à ceux qui n'ont pas encore accueilli le Seigneur dans leur vie, ou en répétant seulement certaines pratiques ou en reproduisant des formes pastorales du passé. Il faut trouver de nouvelles voies pour annoncer le cœur de l'Évangile à ceux qui n'ont pas encore rencontré le Christ. »

Selon François, l'Évangile devient crédible uniquement lorsque les chrétiens vivent ce qu'ils annoncent : « L'Évangile est annoncé de manière efficace lorsque c'est la vie qui parle, lorsqu'elle révèle cette liberté qui libère les autres, cette compassion qui ne demande rien en retour, cette miséricorde qui, sans paroles, parle du Christ. »

Il ajoutait : « Vous êtes les protagonistes et les bâtisseurs d'une Église différente : humble, douce, miséricordieuse, une Église qui accompagne les processus, qui travaille avec détermination et sérénité à l'inculturation, qui valorise chacun et chaque diversité culturelle et religieuse. Offrons ce témoignage ! »

Enfin, pour François, la crédibilité du porteur de la bonne nouvelle dépend de la qualité de sa vie communautaire : « L'Église sera un témoin crédible de l'Évangile dans la mesure où ses membres vivront la communion, en créant des occasions et des espaces pour que quiconque s'approche de la foi trouve une communauté accueillante, qui sait écouter, qui sait dialoguer, qui favorise une bonne qualité des relations. »

En citant saint François de Laval, le premier évêque de la Nouvelle-France, un diocèse couvrant alors le territoire de l’Amérique du Nord, le pape rappelait que la mission se joue souvent dans les gestes les plus simples : « Souvent, une parole amère, une impatience, un visage de rejet détruiront en un instant ce qui a été construit en beaucoup de temps. »

En reprenant les mots du père Armand Gagné, j’ajouterais qu’« être missionnaire, c'est accepter de se laisser déranger et de ne pas vivre dans le confort. » (entrevue à la Revue Sainte-Anne, juin 2005). C’est accepter de partir dépouillé et vulnérable. N’est-ce que pas ce que disait Jésus : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales […] Allez ! […] je vous envoie ».