SANTÉ MENTALE : La génération Z en crise de sens

La génération Z en crise de sens

Par Benoit Voyer

24 septembre 2026

La crise actuelle de la santé mentale chez les jeunes ne peut pas être expliquée uniquement par une augmentation des troubles psychologiques ou par un manque de ressources médicales. Elle serait aussi liée à une crise culturelle et morale, marquée par une perte de repères, un affaiblissement du sentiment d’appartenance collective et une difficulté à donner un sens à l’avenir.

C’est ce que soutient Pierre Valentin dans son livre « Malaise dans la génération Z » . Le 18 mai 2026, Le Figaro lui consacrait un article fort intéressant.

Ainsi donc, Pierre Valentin propose une analyse globale du mal-être qui touche une partie importante des jeunes nés entre 1995 et 2013.

Il identifie plusieurs facteurs qui contribueraient à cette situation. Le premier est la place prise par le numérique dans la vie des jeunes : l’omniprésence des réseaux sociaux, la comparaison permanente avec les autres et la fragmentation de l’attention auraient renforcé un sentiment de dépendance et d’absence de contrôle sur sa propre vie.

Pour Valentin, le téléphone intelligent et les contenus rapides réduisent la capacité à soutenir un effort dans la durée, alors que l’accomplissement personnel repose souvent sur l’apprentissage, la discipline et la persévérance.

Un autre élément central de son analyse concerne le rapport à l’avenir. La génération Z évoluerait dans un contexte où le futur apparaît plus incertain et difficile à construire : crise économique, changements sociaux, préoccupations environnementales et transformations du monde du travail alimenteraient une forme d’anxiété permanente. Il estime que cette difficulté à se projeter dans l’avenir fragilise la construction personnelle, car la personne peine à inscrire son existence dans une trajectoire durable.

Enfin, Pierre Valentin pense que la crise de santé mentale est aussi liée à une montée de l’individualisation et à ce qu’il appelle une « culture thérapeutique ». À ses yeux, une société centrée davantage sur l’individu, ses émotions et son bien-être immédiat pourrait paradoxalement accroître le sentiment d’isolement. Il avance que la santé mentale ne dépend pas seulement du rapport à soi-même, mais aussi de la capacité à appartenir à une communauté, à exercer des responsabilités, à construire des liens durables et à trouver un sens dépassant la seule recherche du confort personnel.