Dans sa résidence de Longueuil où elle habite en compagnie de Jacques, son mari, Chantal Pary a accepté de faire le point et de nous livrer ce qui habite son âme.
Par Benoit Voyer
« La prière c’est tellement grand ! dit-elle avec enthousiasme. Cela pourrait changer la planète si les gens commençaient à prier parce que quand on le fait nous devenons très inspirés ».
Pour elle, la prière ce sont des rencontres, comme si Marie et Jésus étaient là auprès d’elle. « Ils ne m’endormiront jamais. Sur la terre, un jour c’est ami, l’autre c’est ennemi. Tu ne peux jamais te fier... un jour les gens t’aiment, le lendemain ils ne t’aiment plus. Avec Dieu, Marie et Jésus c’est différent ! » raconte Chantal Pary.
Mais quand on est éloigné de l’Église et de la spiritualité depuis longtemps ce n’est pas facile de prier. Comment faire ? Pour l’artiste qui a connu la gloire à la fin des années 60, c’est très simple.
« Je commence toujours par remercier Dieu pour le monde et la vie qu’il me donne : Merci, mon Dieu, tu m’as donné la vie. Merci de me donner la foi... Par la suite, j’ouvre la Parole de Dieu et je médite sur un texte. La Parole vient se graver dans mon cœur : “Tu as du prix à mes yeux et je t’aime”. À la suite de cela, il y a toujours des lumières nouvelles. C’est comme un réconfort », explique-t-elle les yeux pétillants. Le passage de la Bible qu’elle a lu, finit toujours par refaire surface au long de sa journée lorsque surgit une épreuve ou une rencontre difficile. Cela lui donne de la force. La Bible c’est sa vitamine.
Enfin, elle offre sa journée et ce qu’elle voudrait faire pour le Bon Dieu. Néanmoins, elle ne demande jamais de changer les autres. Elle préfère demander que la conversion se fasse dans sa vie car elle croit que le changement des autres survient quand nous l’avons nous même fait. C’est clair, plus on reçoit dans la prière, plus on peut donner.
« La foi ça ne s’impose pas, ajoute la chanteuse. On ne peut pas forcer la porte, l’ouvrir... C’est ce que je trouve difficile. J’ai tellement de choses que j’aimerais faire découvrir aux gens. Pourtant, je ne me sens pas meilleure qu’une autre personne », avoue-t-elle tout simplement.
Ce qui la fait vivre au jour le jour, c’est sa participation à l’eucharistie. Pour elle, c’est un besoin vital comme le geste de manger. Elle croit à la présence réelle de Jésus dans l’hostie. « Ce qui m’attriste c’est que Jésus est là, vivant, et personne ne va le chercher » confie-t-elle.
Celle qui porte le véritable nom de Lucie Bernier prie trois heures par jour. Le matin une demi-heure pour offrir sa journée ; l’après-midi, c’est le chapelet et la messe à la paroisse de son enfance ; et, une autre heure, le soir, à la maison. Il s’agit d’un second chapelet.
« C’est entendu qu’il y a des journées que j’ai moins le goût de prier. C’est juste l’idée que, parfois, je pourrais écouter une bonne émission à la télévision. Mais pour moi, le Bon Dieu est plus important que la t.v. » révèle Chantal Pary maintenant âgée de 44 ans.
Est-elle charismatique ? Elle n’aime pas les gestes trop extérieurs et elle demeure prudente face à certains groupes où l’émotivité pourrait prendre le dessus. La foi, la prière ça se passe en-dedans. Elle admet, tout de même, qu’il y a plein de bonnes choses dans ces groupes du renouveau spirituel, mais ceux-ci ne l’attirent guère.
Medjugorje
« J’aime beaucoup Medjugorje, rétorque Chantal Pary. J’y suis allée trois fois. Là-bas, j’ai appris que Medjugorje c’est dans chacune de nos paroisses. »
En ex-Yougoslavie, où apparaît la Vierge, semble-t-il, ça sent la paix. Elle le dit avec un tel engouement dans sa voix : « C’est vraiment un coin de ciel sur la terre ! ».
Mais, selon les mariologues, il y aurait au-delà de 600 apparitions de la Vierge dans le monde actuellement. N’est-ce pas un peu exagéré ?
« Je ne savais pas, pense-t-elle à haute voix. Je crois qu’elle peut apparaître à différents endroits, mais autant... je suis réservée. Je trouve que c’est beaucoup, mais rien n’est impossible à Dieu ! Cela demande beaucoup de prudence ».
Les premières fois qu’elle a entendu parler de Medjugorje, ce fut l’étonnement. Elle est allée en Europe de l’Est par un concours de circonstance.
Celle qui a chanté auprès de Mère Teresa raconte son aventure providentielle : « Je ne voulais pas y aller parce que c’était trop cher. Imagine, nous sommes trois ! À un moment donné, j’ai reçu un chèque à la suite de la rediffusion d’une émission télévisée, quelques jours avant le départ, au montant exact du prix des billets. On avait demandé un signe pour y aller... Nous l’avions devant nos yeux ! C’était évident qu’il fallait y aller ».
Elle a aimé l’expérience. Ce qui l’intéressait plus particulièrement c’était de vivre avec le peuple yougoslave. Elle a découvert que pour ces gens, leur oxygène quotidien c’est la prière.
« Je suis convaincue que Marie apparaît vraiment là-bas, même si l’Église ne s’est pas encore prononcée. Elle se doit d’être prudente, très prudente. C’est vraiment un endroit de grâce ! Il y a beaucoup de conversions et les gens retrouvent, à Medjugorje, la simplicité de la prière ».
Un livre
Elle a rencontré les voyants. Il y a quelques mois, Ivan est même allé chez elle à Longueuil pour un repas. Elle se souvient de lui comme un gars qui aime avoir du plaisir. Un être équilibré. Il a même longuement taquiné son mari, Jacques.
Elle n’a pas écrit pour parler d’elle. L’histoire de sa vie est un prétexte pour parler des merveilles de Dieu dans son quotidien. « Je voulais dire qu’il y a toujours quelque chose de bien à tirer d’une épreuve, des souffrances qu’on a vécues... Je dis que la souffrance a été une bénédiction pour moi parce qu’elle m’a fait chercher Dieu », poursuit Chantal Pary.
Roland Leclerc, un ami de longue date, a écrit la préface du livre. Il dit que Chantal Pary n’est pas une écrivaine, qu’elle n’a aucune ambition littéraire, qu’elle veut simplement livrer son témoignage et sa pensée comme s’il s’agissait d’un journal intime.
(Revue Notre-Dame du Cap, mai 1995, pp. 11 et 12)
