RÉFLEXION SPIRITUELLE : À César, ma salade !

À César, ma salade !
À Dieu, tout l’amour de mon cœur !

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Depuis trois ans maintenant, lorsque j’ouvre la bibliothèque des chrétiens, la Bible, j’ai toujours l’impression que ces textes anciens ont été écrits spécialement pour moi. Je ne suis pas le seul à vivre ce sentiment. Il y a longtemps, le roi David écrivait quelque chose de similaire dans le livre des Psaumes : « Dans le rouleau du livre, il est écrit pour moi – Bimegillat séphèr Katûb ‘alaï. » (Ps 40, 8)

C’est aussi ce qu’écrivait François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’abbaye de Bellefontaine : « Voilà précisément la différence fondamentale entre ce livre-là et tous les autres. Ce livre-là est tout spécialement écrit pour moi, et tout entier ! Il m’est, il t’est adressé à toi en particulier. »

Aujourd’hui, une phrase m’interpelle : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (cf. Mt 22, 15-21)

Dans un récit de Matthieu, un livre au style littéraire dit évangélique, on voit Jésus refuser le piège qu’on lui tend. On voudrait l’obliger à choisir entre l’autorité politique et Dieu. Il répond en faisant des distinctions, mais sans les opposer complètement.

D’abord, Jésus rappelle que nous exerçons des responsabilités dans la société : payer nos impôts, respecter les règles communes et participer à la vie collective.

Puis, il rappelle que tout n’appartient pas à César. Ainsi donc le pouvoir politique n’a pas de droit absolu sur la conscience, la foi ou la relation à Dieu.

Enfin, Jésus invite ainsi à discerner : qu’est-ce que je dois à la société, et qu’est-ce qui, dans ma vie, appartient d’abord à Dieu ?

Aujourd’hui, je me questionne : Est-ce que je donne réellement à Dieu ce qui lui appartient, ou seulement ce qui me reste après avoir donné mon temps, mon énergie et mes préoccupations à tout le reste ?