SAINTS ET SAINTES : Le père Pierre Chomonot
Par Benoit Voyer
17 octobre 2026
Pierre Chomonot est né le 9 mars 1611, à Châtillon-sur-Seine, une commune française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté, il est le fils d’un pauvre vigneron et d’une fille de maître d’école.
Après avoir fréquenté l’école de son grand-père, il se rend chez un oncle curé qui souhaite le voir devenir prêtre. Cependant, un compagnon le convainc de partir pour Beaune. Pierre vole alors 100 sols à son oncle et prend la fuite. Craignant de rentrer chez lui, il décide de vagabonder et gagne l’Italie.
À Terni, le « sermon » d’un jésuite changera sa vie. Il entre alors au noviciat de Saint-André, à Rome, le 18 mai 1632, à l’âge de 21 ans. Il poursuit ensuite sa formation à Florence, Fermo et Rome. La lecture de la Relation de 1636 de Jean de Brébeuf lui donne le désir de devenir missionnaire au Canada.
Ordonné prêtre vers la fin de 1637 ou au début de 1638, il prend les prénoms Joseph-Marie en raison de sa dévotion envers Marie et saint Joseph. Le 4 mai 1639, il quitte Dieppe pour la Nouvelle-France. Après une longue traversée, il arrive à Québec à la fin de juillet.
Le 3 août, il repart avec le père Poncet pour « le pays des Hurons » où réside la Nation Wendat. Ils atteignent leur destination le 10 septembre.
Ses premières années de mission sont difficiles. Une épidémie de petite vérole frappe la population et certains tiennent les missionnaires responsables de la maladie.
Chomonot se consacre surtout à l’apprentissage de la langue des Wendat. Chaque jour, il visite des cabanes, demande des mots et les note. Il en acquiert une connaissance remarquable. Il laissera une grammaire et plusieurs ouvrages destinés à faciliter son apprentissage par les autres missionnaires.
Sa vie devient une suite de déplacements. En 1640, il part chez les Neutres avec Jean de Brébeuf. Il œuvre ensuite dans plusieurs « missions huronnes ». À « Saint-Joseph II », nom donné par les Jésuites au village de Téanaostaiaé, le père Antoine Daniel sauve la vie du père Chomonot en arrachant une hache des mains d’un homme qui s’apprête à le frapper.
Lorsque les Iroquois lancent leur offensive contre les Hurons en 1649, Chomonot demeure auprès de ceux-ci. Il les accompagne chez les Pétuns et à l’île Saint-Joseph. Le groupe quitte finalement la région pour Québec en 1650 et s’établit ensuite à l’île d’Orléans.
En 1655, Chomonot part avec le père Claude Dablon chez les Onontagués. Ils établissent la mission Sainte-Marie de Gannentaha en 1656. Les tensions avec les Iroquois obligent toutefois les Français à fuir en mars 1658. Grâce à sa connaissance de la langue et des mœurs autochtones, Chomonot est par la suite envoyé à plusieurs reprises à titre d’ambassadeur.
Vers 1663, à Montréal, il fonde avec l’aide de Mme d’Ailleboust la Confrérie de la Sainte-Famille. Il établit la même congrégation à Québec l’année suivante. Malgré ses autres ministères, il continue de se consacrer aux Wendat.
Son œuvre la plus marquante demeure la fondation de la mission huronne de Notre-Dame-de-Lorette, près de Québec. Depuis son séjour à Lorette, en Italie, il désirait construire en Nouvelle-France une chapelle inspirée de celle qu’il y avait connue. Les premiers habitants s’installent dans le nouveau village le 28 décembre 1673. La chapelle est bénite le 4 novembre 1674.
Près de 300 Autochtones habitent d’abord la mission dirigée par Chomonot. Lorette devient aussi un lieu de pèlerinage pour les Français. L’arrivée de trafiquants d’eau-de-vie inquiète cependant le missionnaire, qui y voit une menace pour la communauté.
Le père Chomonot quitte la direction de la mission en 1691. L’année suivante, malade, il se retire au collège des Jésuites de Québec. Il y décède le 21 février 1693, à l’âge de 82 ans, après avoir consacré un peu plus de 53 années de sa vie à la Nouvelle-France.
