FLASH : Les habitudes de vie et la fertilité masculine
Le mode de vie peut influencer la fertilité des hommes. Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'obésité figurent parmi les facteurs associés à des difficultés de reproduction. L'activité physique et une alimentation équilibrée contribuent à une meilleure santé générale. Les chercheurs étudient également les effets du cannabis sur la qualité du sperme, mais les résultats demeurent parfois contradictoires. Les spécialistes recommandent donc aux hommes qui souhaitent devenir pères de porter attention à leurs habitudes de vie. La préparation à une grossesse ne concerne pas uniquement les femmes. (Benoit Voyer, 23 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Discerner le temps présent
Par Benoit Voyer
23 octobre 2026
« Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » (cf. Lc 12, 54-57). Cette question de Jésus nous invite à regarder notre temps avec d’autres yeux. Il ne faut pas seulement constater ce qui se passe autour de nous : il faut reconnaître ce que Dieu nous demande aujourd’hui et ne pas remettre à plus tard le changement de notre regard et les gestes de justice réparatrice qui s’imposent.
Dans son encyclique Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV reprend avec force cette invitation. Il affirme que nous devons demander à Dieu « la sagesse nécessaire pour interpréter les grandes tendances de notre époque ». En termes simples, il invite chacun à penser, discerner et agir. Ce n’est pas très loin de la méthode « voir, juger, agir » du cardinal belge Joseph Cardijn, qui l'a formulée et développée au milieu des années 1920 pour guider l'action de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).
Selon lui, le danger serait de vivre d’urgence en urgence sans jamais se demander où nous allons. Léon XIV écrit qu’« il faut engager un discernement commun » car, autrement, « nous risquons de laisser la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre ». Il pose alors trois questions essentielles : « où allons-nous ? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? Quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? »
Ces questions peuvent devenir les nôtres : où vais-je ? Qu’est-ce que Dieu me demande maintenant ? Quelle réconciliation est-ce que je repousse ? Quelle injustice ai-je appris à ne plus voir ? Quel geste puis-je poser aujourd’hui ?
Dans l’exhortation apostolique Dilexi te, Léon XIV nous rappelait la manière dont Dieu réagit devant la souffrance de son peuple : « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». Discerner les signes des temps, c’est donc aussi entendre les cris que nous risquons de ne plus entendre et voir les personnes que notre regard finit parfois par éviter. Comme je le dis souvent : À force de trop voir la souffrance, elle finit par nous endurcir le cœur. Est-ce que notre époque serait en panne d’empathie ?
Pour paraphraser François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé : L’Évangile, comme les autres textes de la Bible, est « écrit pour moi, cela veut dire […] que je suis la matière du livre ; il me raconte ma propre histoire, depuis ma genèse jusqu’à mon apocalypse ».
PORTRAIT : Le frère Alphonse juin
On lui doit le célèbre fromage d’Oka
Par Benoit Voyer
23 octobre 2026
Alphonse Juin est né le 25 mars 1842 à Laval, en Mayenne (France).
Le 26 décembre 1859, il entre au monastère cistercien de Port-du-Salut.
Puisque la situation en France est difficile pour les communautés religieuses, il cherche refuge en Amérique du Nord.
Le 18 février 1893, il s’installe à Oka, où il poursuit sa vie monastique.
Puisqu’il a travaillé pendant 19 ans à la fabrication du célèbre fromage de Port-du-Salut, il reprend ce métier à Oka. Il créera à cet endroit un fromage qui acquerra une réputation internationale. On finira par le surnommer le « frère fromage ».
Il s'occupe de tout… même de faire connaître ses fromages et de trouver des grossistes de Québec à New York.
Avec les progrès de la biochimie, acquis grâce à l'École d'agriculture qui est installée sur la propriété de l’abbaye d’Oka, la fabrication du fromage d’Alphonse se précise.
Le religieux décède le 23 juin 1910, à Oka.
Après sa mort, on poursuit la fabrication du fromage selon les techniques développées par Alphonse Juin.
Dans les années 1920, la qualité du fromage d'Oka s'affine et prend de plus en plus de place sur le marché.
En 1981, la fromagerie d’Oka est vendue à Agropur. En juillet 2026, la coopérative agricole a annoncé la vente de cette activité, incluant la marque et l’usine d’Oka, à Lactalis Canada. La vente de l’entreprise a été soumise à l’approbation du Bureau de la concurrence et aux conditions habituelles de clôture. Une décision est attendue.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Bienvenue à Benoit Voyer
Pendant la période sabbatique de Jérôme Martineau, nous souhaitons la bienvenue au rédacteur en chef par intérim, M. Benoît Voyer. Il nous arrive de Granby avec ses idées, ses couleurs, son enthousiasme. Puisqu’il collabore déjà avec nous depuis quelques années, il se sentira vite chez lui chez nous. Bon séjour à la revue Notre-Dame du Cap ! (Paul Arsenault)
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 29)
POLITIQUE : Osons Québec réclame une réforme du mode de scrutin
Martin Charron, leader d’Osons Québec, réclame une réforme du mode de scrutin québécois. À cette fin, la nouvelle formation politique autorisée par le Directeur général des élections le 2 septembre tend la main à la nouvelle ministre responsable des Institutions démocratiques, Camille Pellerin-Forget.
« Le 5 octobre, une fois de plus, les résultats des élections ont démontré les limites de notre mode de scrutin. Encore une fois, le nombre de sièges obtenus par les formations politiques ne reflète pas réellement les votes exprimés par les Québécois. Il est plus que jamais temps de corriger cette lacune de notre système démocratique », écrit-il dans une lettre envoyée à Mme Pellerin-Forget. (Benoit Voyer, 22 octobre 2026)
MUSIQUE : GiedRé
Par Benoit Voyer
22 octobre 2026
GiedRé est son prénom. Il s’agit d’une artiste qui est connue dans plusieurs régions de la France. Elle est autrice, compositrice, interprète et humoriste. On l’a entendue sur France Inter. Elle collabore maintenant à la programmation de Radio Nova.
On pourrait la classer dans la catégorie de l'« humour trash ». Elle nous offre avec sa voix naïve des chansons aux mélodies simples, mais aux textes qui dérangent les oreilles chastes.
Giedré est née le 23 octobre 1985 à Vilnius, la capitale de la Lituanie, qui fait alors partie de l'URSS.
Au décès de son père, sa mère émigre en France et s'établit en banlieue parisienne avec Giedré, sa fille de 7 ans.
Après un aller-retour en Lituanie, Giedrė s'installe à Strasbourg. À 15 ans, elle apprend à jouer de la guitare et compose ses premières chansons.
Après l’obtention de son bac, elle étudie l'art dramatique au Cours Florent puis à l'ENSATT de Lyon et tient de petits rôles à la télévision, au théâtre et dans des spots publicitaires.
De septembre 2021 à juin 2024, GiedRé anime la chronique « La chanson de GiedRé » dans l'émission « C'est encore nous ! » sur France Inter. Elle y interprète une chanson d'environ deux minutes. Elle annonce sa démission le 11 juin 2024 à la suite du licenciement pour faute grave de Guillaume Meurice.
Elle rejoint Meurice en septembre 2024 dans l’émission « La Dernière », sur Radio Nova, où elle continue à interpréter régulièrement ses chansons.
En 2022 paraît son album « Mes plus grands succès remixés pour danser tout l’été ». Elle y offre une version dance de « Toutes des putes ».
FLASH : Le nombre de spermatozoide ne fait pas tout
Pour évaluer la fertilité masculine, les médecins ne se contentent pas de compter les spermatozoïdes. Ils examinent aussi leur forme et leur capacité de déplacement. Un spermatozoïde doit notamment pouvoir progresser jusqu'à l'ovule pour participer à la fécondation. Les laboratoires utilisent un examen appelé spermogramme pour analyser ces différentes caractéristiques. Un résultat inférieur aux valeurs habituelles ne signifie pas automatiquement qu'un homme est infertile. À l'inverse, un nombre élevé de spermatozoïdes ne garantit pas une grossesse. La fertilité masculine dépend donc de plusieurs facteurs. (Benoit Voyer, 22 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Choisir Jésus, ce n’est pas choisir la tranquillité
Par Benoit Voyer
22 octobre 2026
Dans son livre « La prière contemplative » (Desclée, 1959, pp. 29-30), Hans Urs von Balthasar écrit : « L’Écriture est histoire et événement, de même que la vie de chaque individu devant Dieu et avec Dieu est histoire et événement. Mais l’Écriture raconte et contient une histoire et un événement originels, à partir desquels toute vie particulière devient pour la première fois vraiment et événement ».
La foi chrétienne n’est pas seulement une manière de rechercher la tranquillité. Elle peut bousculer notre manière de vivre, nos habitudes et même certaines de nos relations. Le Christ apporte une paix profonde, mais cette paix passe parfois par des choix exigeants.
Je me questionne : est-ce que je laisse réellement le feu de l’Évangile transformer quelque chose dans ma vie, ou est-ce que je cherche surtout une foi qui ne me dérange pas trop ?
POINT DE VUE CATHOLIQUE : Femmes, Église et société (1)
Par Benoit Voyer
22 octobre 2026
En 1994, dans le cadre de l’émission Parole et Vie, je m’entretenais avec Jeannine Ouellet de la condition des femmes dans l’Antiquité et de la place qu’elles occupent dans les récits évangéliques.
D’entrée de jeu, elle me rappelait que l’Antiquité ne se limite pas à l’histoire du peuple hébreu : « On va voir aussi la condition des femmes chez les Grecs et chez les Romains. »
Chez les Grecs, m’expliquait-elle, « la société grecque est une société beaucoup plus ouverte que la société juive. C’est une société démocratique ». Elle ajoutait cependant : « On est quand même dans un système patriarcal et c’est la monogamie qui est en force à ce moment-là. »
La religion demeure elle aussi largement une affaire d’hommes. « Les religions officielles, ce sont les hommes. Ça concerne les hommes. C’est toutes des liturgies masculines […]. » En parallèle, dans les religions non officielles, « on voit réapparaître le culte agraire, là, tout le système de fécondité, puis le culte à la Déméter ».
Chez les Romains, la situation présente certaines différences. Jeannine Ouellet soulignait que la femme possède alors « certaines possibilités [comme] s’instruire, ce qu’on n’avait pas ailleurs ». Elle ajoutait : « La femme […] pour la première fois [a] une citoyenneté, une citoyenneté romaine. »
Puis arrive la période de Jésus : « Jésus c’est un juif. C’est sûr qu’il arrive dans un monde juif avec des coutumes qui sont là. Donc il ne vient pas tout chambarder. Mais Jésus quand même a apporté, on peut dire, […] des améliorations à la femme. Il est un peu différent des siens dans ses “agir” et dans son langage. »
Elle donne plusieurs exemples…
« Il va causer avec la Samaritaine. Ça c’est très extraordinaire puisque c’est une étrangère et en plus c’est une femme. […] Il va aussi se laisser toucher par une femme atteinte d’hémorragie. Alors ça veut dire qu’il met de côté toute l’histoire du tabou du sang. »
Elle évoque également la femme adultère. Jésus confond les hommes à son sujet : « Les accusateurs deviennent même les accusés. »
Pour Jeannine Ouellet, l’un des épisodes les plus significatifs demeure celui de la femme courbée : « On pourrait dire que la plus belle histoire de libération là-dedans, c’est vraiment la guérison de la femme courbée où il l’a guérie physiquement, psychologiquement et socialement puisque ça se fait le jour du sabbat. »
Mais ce qu’elle retient surtout de la période de Jésus concerne la relation des femmes avec Dieu : « Je pense que ce qui est très important à retenir, c’est que l’accès à Dieu pour les femmes se fait d’une façon très différente. Au lieu de se faire par la circoncision et de passer par l’homme, elle peut maintenant entrer en relation avec Dieu directement par le baptême. »
À la fin de notre entretien, je lui avais demandé : « Est-ce qu’on peut dire que Jésus aimait les femmes ? » Jeannine Ouellet m’avait répondu simplement, le sourire aux lèvres : « On peut dire que Jésus a été très attentif aux femmes. »
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Ondes de lumière
Le 19 septembre dernier, une nouvelle station radiophonique catholique résonnait dans la ville de Québec et dans la Beauce. Radio Galilée est la deuxième entreprise du genre à s’implanter dans la belle province. CION MF, comme CIRA MF, projette sur sa région de véritables ondes de lumière.
Par Benoit Voyer
Derrière une commune similitude, les deux regroupements sont différents. Radio Ville-Marie de Montréal est inter-religieuse. Tous les groupes reconnus par le Conseil mondial des Églises sont acceptés : catholique, anglican, luthérien, bouddhiste, musulman, juif, etc.
Radio Galilée de Québec est une entreprise catholique avec une ouverture discrète à l’œcuménisme.
« Nous sommes différents parce que le contexte de Montréal, qui est une “mégacité” avec ses nombreuses cultures et religions, n’est absolument pas le paysage de Québec. Nous avons 97% de catholiques sur le territoire que nous couvrons », commente l’abbé Denis Veilleux, directeur et fondateur de CION MF.
L’équipe centrale de Montréal est composée de retraités de la Société Radio-Canada. À Québec, il y a peu de gens qui ont touché à ce secteur. Le groupe composé de nombreuses personnes âgées de moins de 45 ans compte, cependant, sur la solide expérience et la popularité de l’animatrice Micheline Poitras.
Une présence
« Le projet de Radio Galilée, raconte l’abbé Veilleux, en est un d’une présence en ondes dans une perspective de cheminement, de service, de partage et d’écoute des gens. Nous ne faisons pas que prendre la parole ! Nous offrons aux gens la chance de s’exprimer, de parler et de partager leurs expériences humaines et spirituelles ».
« Par nos tribunes téléphoniques avec les jeunes et les aînés, poursuit René Barbin, directeur de la programmation de Radio Ville-Marie, nous voulons que notre radio soit un lieu où on peut venir chercher du secours, de l’aide, de l’encouragement quand on s’ennuie, on est seul et qu’on a besoin d’être dépanné ». Monsieur Barbin croit que des tribunes téléphoniques avec des gens spécialisés dans les divers domaines, répondent à ce besoin.
Emmaüs
Pour vraiment actualiser cette présence au monde, Radio Galilée s’inspire de la spiritualité biblique de Jésus apparaissant aux disciples d’Emmaüs.
« Pour le moment, nous sommes en ondes à 16h. Nous arrivons exactement comme Jésus le long de la route avec ces deux disciples, après les événements difficiles de la journée », dit Denis Veilleux.
Il ajoute : « notre spiritualité c’est de marcher avec… d’entendre l’histoire des uns et des autres, de permettre d’exprimer leurs inquiétudes et leurs angoisses, leur beauté, joie et espérance et, à travers cela, se laisser interpeller par Jésus, par son enseignement ».
D’ailleurs, la programmation reflète cette réalité. Les thèmes des émissions vont en ce sens : « Chemin faisant… » (lundi au vendredi de 16h à 18h), « Reste avec nous… » (lundi au vendredi de 21h à 23h), « Agir » (jeudi et vendredi à 19h), « Fraternité » (samedi à 20h), « Des oreilles pour entendre » (samedi à 22h), « de Parole en paroles » (dimanche à 17h), etc.
Comme dans la Galilée d’hier, cette radio veut être le carrefour des nations et le lieu de rencontre des hommes et des femmes portant des expériences multiples.
Musique
À Québec, comme à Montréal, la musique joue un rôle très important. Les grandes œuvres classiques qui s’intègrent bien à la spiritualité sont au rendez-vous.
« On veut introduire le public à la belle grande musique et à la dimension spirituelle des chants populaires », explique René Barbin.
Le contenu de CIRA MF et de CION MF est composé à 60% de musique.
Pour ce qui est des chansonniers religieux, il n’est pas question de diffuser n’importe quoi. « Il y a des choses qui vont passer et d’autres pas. Nous voulons garder un degré de qualité. Nous ne jugeons pas de la bonne intention des auteurs. Nous regardons la qualité des textes, du son et de la musique. Y en a peut-être qui vont se sentir mis de côté mais nous avons nos critères de diffusion. Nous avons une responsabilité auprès des auditeurs, un devoir de qualité. J’aime mieux ne rien faire que de faire les choses à moitié ! » insiste l’abbé Denis Veilleux.
Une chose est certaine, le public entendra le répertoire de l’artiste Robert Lebel. Du côté de Radio Ville-Marie, les critères d’admissibilité sont moins sévères.
Formation
« Nous voulons offrir à nos auditeurs divers genres de formation au plan de la théologie, de la psychologie et de l’histoire des religions. On offre à notre public des émissions culturelles, des études et des analyses de livres. On veut aussi offrir des interviews avec des personnalités importantes comme des philosophes et des théologiens », commente le grand manitou de CIRA MF.
La radio de Québec est moins intellectuelle. Il y a toutefois quelques émissions comme « Déroulement » (lundi au vendredi à 20h), « Histoire religieuse du Québec » (dimanche à 20h) et « Saints et sages » (dimanche à 21h).
Ces stations offrent aussi des émissions d’information et des moments de prière.
Équipes
Les stations religieuses au Québec emploient 10 employés et comptent sur la collaboration de nombreux collaborateurs bénévoles. Radio Ville-Marie ne peut se permettre un budget de plus de 50 000 $ annuellement pour payer ses cinq employés permanents. À CION MF, c’est 125 000 $ qui sont distribués aux jeunes employés. Chaque station vit de la générosité de leurs auditeurs.
LES FRÉQUENCES
CION MF :
Québec : 90,9
Beauce : 102,5
CIRA MF :
Montréal : 91,3
La radio chrétienne en France
En 1981, la France décidait de ne plus mobiliser les ondes radiophoniques. Depuis ce temps, plus de 70 stations chrétiennes sont nées. 434 000 personnes par jour écoutent ces radios nouveau genre.
Les statistiques sont encourageantes : l’auditoire est composé à 52% d’hommes, 32% ont entre 15 et 35 ans, 29% entre 36 et 65 ans et 29% ont plus de 65 ans. 35% de ceux-ci se disent « catholiques pratiquants » et 25% « non pratiquants ».
L’entreprise est énorme. L’ensemble de ces « évangélisateurs des ondes » est composé de 3000 salariés et d’environ 7000 bénévoles.
La programmation varie selon les stations radiophoniques. Chacun cible sa clientèle.
Roc MF à Nord-Pas-de-Calais qui rejoint 50 000 auditeurs par jour, mise sur les jeunes. Créée en 1991, la station diffuse du “dance music”. De plus, à chaque heure de la journée, elle fait tourner 4 disques religieux et donne 4 phrases de la bible.
Radio Notre-Dame diffuse à Paris et dans 7 diocèses d’Ile-de-France (100km autour de Paris) et a 28 employés (150 bénévoles). Son antenne émettrice est située sur la Tour Eiffel. Sa mission consiste à la formation et l’information. La programmation est strictement catholique. Cependant, du temps est laissé aux Églises protestantes (25% du temps d’antenne).
La grille pivote autour de trois axes : spiritualité (émissions bibliques, témoignages de personnalités catholiques, etc.), ouverture au monde et la rencontre de l’autre. Un soir par semaine, le populaire Guy Gilbert anime “Les mercredis des jeunes”.
Le Réseau Fourvière (36 diocèses participants) où il y a 15 salariés dont 6 journalistes aidés de 600 bénévoles laisse à ses associés des plages de programmation qu’ils remplissent à leur guise.
25% de l’horaire quotidien est constitué d’émissions religieuses : prières du matin et du soir, psaumes, commentaires bibliques, le billet d’un évêque, témoignages, enseignements et un dialogue hebdomadaire avec les auditeurs dans le cadre de “Un prêtre vous répond”. La musique meuble 50% de la programmation (75% d’œuvres classiques et 25% de chansons françaises).
L’information est une priorité du réseau. Il y a des flashs d’informations aux heures (6h à 18h), le journal à 7h30, 19h30 et 22h, un bulletin quotidien sur la vie de l’Église locale animé par des correspondants régionaux et le bulletin de Radio Vatican (3 fois par jour).
Enfin, il y a quelques émissions sociales et culturelles pour élargir l’auditoire. Fourvière affiche un œcuménisme discret, réaliste et ouvert comme le demande le pape Jean-Paul II.
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 10 à 12)
NEUROSCIENCES : Ouvrir aux médicaments les portes du cerveau
Par Benoit Voyer
21 octobre 2026
Dans Le Point du 19 février 2026, on raconte que TheraSonic s’attaque à l’un des grands défis de la médecine : faire pénétrer les médicaments dans le cerveau. La barrière hémato-encéphalique, ce bouclier naturel qui protège notre système nerveux, bloque aussi 98 % des traitements destinés aux maladies neurologiques. Ainsi donc, l’entreprise française a développé une solution non invasive pour ouvrir temporairement cette barrière là où c’est nécessaire.
Le procédé repose sur des ultrasons focalisés et de minuscules bulles de gaz injectées dans le sang. Sous l’effet des ondes, ces microbulles vibrent et écartent légèrement les cellules de la barrière, créant des passages temporaires de quelques heures. Le dispositif comprend un système de navigation pour cibler les zones à traiter, une technologie robotique pour intervenir sur plusieurs régions du cerveau et un contrôle en temps réel pour assurer la sécurité du patient. Le tout sans chirurgie ni anesthésie générale.
Créée à la fin de 2023 par deux chercheurs, Benoît Larrat et Anthony Novell , TheraSonic s’appuie sur plus de quinze ans de recherche. L’équipe compte aussi Hamid Ouamara et Joseph André, responsables des volets technologique et opérationnel. La start-up bénéficie du soutien de CEA Investissement, de M2care et de Gustave Roussy Transfert pour accélérer son passage aux essais cliniques.
FLASH : Au hockey comme en politique
l’écusson est près du cœur!
Le 19 octobre 2026, lors de l’assermentation des 40 députés du Parti libéral du Québec à l’Assemblée nationale, à Québec, le nouveau chef de l’opposition officielle, Charles Milliard, a emprunté une image au hockey pour rappeler à ses joueurs l’importance de l’esprit d’équipe : « Au hockey, chaque joueur porte son nom dans le dos. Il a travaillé fort pour mériter sa place dans l’équipe parce qu’il possède du talent, une personnalité propre et une manière de jouer qui lui est propre. »
Il a rappelé que les joueurs qui sautent sur la glace portent tous le même chandail et que ce qu’ils défendent se trouve à l’avant.
Le chef libéral a reconnu que ses députés auront des débats et ne seront pas toujours d’accord. Il leur faudra parfois accepter de ne pas avoir le dernier mot et faire passer l’intérêt de l’équipe avant leurs préférences personnelles : « Parce qu’au hockey, le nom est dans le dos, mais l’écusson est près du cœur. » Une image que Charles Milliard souhaite voir accompagner ses députés tout au long de la législature. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)
FLASH : L'infertilité n'est pas qu'une affaire de femmes
Pendant longtemps, les problèmes de fertilité ont surtout été associés aux femmes. Pourtant, les hommes jouent un rôle important dans cette réalité. Selon des recherches médicales publiées en 2023, des facteurs masculins interviennent dans environ 30 à 50 % des situations d'infertilité des couples. Les causes sont nombreuses. Elles comprennent notamment des troubles hormonaux, des anomalies génétiques, certains traitements médicaux et des problèmes de production des spermatozoïdes. Voilà pourquoi les spécialistes recommandent généralement d'examiner les deux partenaires lorsqu'un couple éprouve des difficultés à concevoir un enfant. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Veiller, c’est faire le bien
Par Benoit Voyer
21 octobre 2026
Comme je l’écrivais, hier, chaque jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « La lettre du Dieu tout-puissant à sa créature appelle une réponse ». L’affaire est logique : lorsque je reçois une lettre ou un courriel, la moindre chose est de répondre… minimalement un accusé de réception.
Grégoire Le Grand écrivait à son époque : « Dieu ne nous parle à travers la sainte Écriture que dans un seul but : Nous entraîner à l’amour de lui-même et du prochain ».[1]
De son côté, Pascal écrivait : « Tout ce qui ne va point à la charité est figure. L’unique objet de l’Écriture est la charité. Tout ce qui ne va point à l’unique but en est la figure. Car, puisqu’il n’y a qu’un but, tout ce qui n’y va point en mots propres est figuré ».[2]
La réponse attendue à une lettre d’amour n’est autre qu’une lettre d’amour. Et pour Dieu, cette lettre attendue doit s’écrire à même ma vie. Comment ? En veillant. C’est du moins ce qu’il y a d’écrit dans le mot du jour (cf. Lc 12, 39-48).
Veiller, ce n’est pas simplement attendre Dieu; c’est vivre et agir fidèlement pendant son absence apparente. Veiller, c’est faire le bien.
Je me questionne : Qu'est-ce que Dieu m'a confié ? S'il venait aujourd'hui, me trouverait-il en train d'en prendre soin ?
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[1] Grégoire Le Grand. Homélie X, « sur Ézéchiel », 14, SC 327, p. 398.
[2] Pascal. Pensées, éd. H. Massis, 1935, p. 409.
POINT DE VUE CATHOLIQUE : Pour la paix sociale en France
Ce mardi 20 octobre, lors de l'eucharistie de 9 h à l'église catholique de Saint-Lin–Laurentides, dans la région de Lanaudière, les participants ont notamment prié pour que la paix sociale s'installe en France, particulièrement à Limoges, ville d'origine de l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant de l’équipe pastorale missionnaire de la région de Montcalm. La célébration était présidée par l'abbé Paul Léveillé, prêtre associé. Sur la photo : L'abbé Paul Léveillé, accompagné de deux religieuses. À gauche, sœur Chantal Desmarais, responsable de la communauté chrétienne Bienheureuse-Émilie-Gamelin. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)
POINT DE VUE CATHOLIQUE : L’identité chrétienne, entre patriotisme et nationalisme
Par Benoit Voyer
21 octobre 2026
Il y a quelques mois, le père Benoist de Sinety, curé de la paroisse Saint-Eubert, à Lille, a écrit un livre sur la question de l’identité chrétienne, paru chez Grasset : « La Cause du Christ - L’évangile contre l’identité chrétienne ».
Dans un entretien qu’il accordait à Marguerite de Lasa, du quotidien La Croix, le 6 juin, il faisait un constat de situation : « Depuis une quinzaine d’années, on sent chez un certain nombre de chrétiens un besoin de manifester une identité de manière plus visible, plus singulière. Ce phénomène est sans doute en lien avec le grand flou dans lequel on se trouve sur toutes les questions de « construction » et de « déconstruction » de l’identité. Cela vient aussi peut-être d’une inquiétude géopolitique, en raison des mouvements de population, de l’importance de nouveaux courants religieux, notamment l’islam, dans notre pays. Tout cela provoque des inquiétudes chez certains. D’où ce sentiment qu’il serait bon de pouvoir manifester de manière plus visible une identité chrétienne ».
Il ajoutait : « Sur le plan du combat politique, ressort, de manière de plus en plus forte et de moins en moins complexée, une espèce de néo-maurrassisme qui considère que le christianisme est un bon vecteur politique parce qu’il incarnerait l’identité du pays. Ce courant affirme que la France est chrétienne, que les Français sont chrétiens et que les autres ne sont qu’un reste qui pose question. On mobilise donc l’image d’un passé chrétien, très magnifié et idéalisé, cette « France chrétienne de toujours », qui n’a en fait jamais existé telle qu’on la décrit. Pour les tenants de ces discours, le Christ et les Évangiles n’ont pas beaucoup d’importance. Ce qui est important, c’est la façade chrétienne qui structure une nation et qui évoque un passé qu’on aimerait voir demeurer à jamais. »
Puis, en pensant à haute voix, il affirmait : « Il me semble que le christianisme n’a pas de sens sans le Christ. Et en détachant le christianisme de Jésus et de l’évangile, en essayant d’entraîner des chrétiens dans cette dérive, on trahit l’identité chrétienne au sens fort. Et on s’ouvre à des dérives terribles, parce que le christianisme sans le Christ devient une idéologie, marquée par une forme de repli sur soi, de rejet de ce qui est autre, et de méfiance, voire de détestation, pour ce qui est étranger. »
Au cours de l’entretien accordé au quotidien La Croix, il en a profité pour faire une distinction entre le patriotisme et le nationalisme : « Il faut le distinguer du patriotisme, qui est l’amour de sa patrie, de sa terre, du lieu où on a grandi, de la langue qu’on parle, de la culture de laquelle on est pétri. Le patriotisme est légitime et louable. Le nationalisme, c’est la pensée que ma patrie, ma culture, est non seulement supérieure aux autres, mais qu’elle doit s’imposer aux autres. Il conduit à la guerre. Or le christianisme ne cherche pas à appuyer un État ou à asseoir une visibilité géopolitique parmi les États du monde. Il ne provoque pas un désir de créer un pays ou un continent de chrétiens. Le christianisme vient infuser partout dans le monde, dans tous les systèmes politiques, dans toutes les cultures, dans toutes les langues, la bonne nouvelle de l’évangile. »
Et le transmetteur de l’évangile se révélait : « Je ne suis pas là pour défendre un système de valeurs, je suis là pour suivre Jésus, le Christ. Et Jésus n’a pas besoin d’être défendu. Il le dit même très clairement à Pilate lors de son procès. Jésus est mort sur la croix, donc il a accepté que son honneur soit bafoué. Nous ne sommes pas là pour empêcher que Jésus soit crucifié, mais pour témoigner de la puissance de l’amour que Dieu nous manifeste à travers le visage de Jésus. »
Il semblait triste en disant : « Certains nouveaux venus dans l’Église cherchent cette identité chrétienne en réaction à une société en mouvement, dont les mœurs évoluent, et qui se diversifie. Comment l’Église devrait-elle les accompagner ? Le rôle de l’Église [est d’] aider à convertir […] pour se mettre au service de l’évangile. Il faut […] faire comprendre [qu’elle n’est] pas là pour une reconquête, pour récupérer des parts de marché. [Elle est] là pour servir ».
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques en tournée
La Conférence des évêques catholiques du Canada a décidé, à titre expérimental, de ne point tenir son assemblée plénière annuelle à Ottawa pour les quatre prochaines années. Du 12 au 17 octobre 1995, elle se déroulera à Edmonton chez les Sœurs grises. L’année prochaine elle bifurquera vers Halifax et l’année suivante à Cap-de-la-Madeleine. Quant à 1998, les évêques aimeraient se rassembler en Ontario. La région de Toronto est une présente possibilité.
Pour cette année, ils porteront leur réflexion sur une spiritualité à l’aube de l’an 2000. Dans ce dossier, les évêques réfléchiront sur le phénomène des sectes, des communautés nouvelles et de l’évangélisation au cœur du monde contemporain.
Parmi les autres sujets, il sera question du synode des Amériques qui se déroulera à Rome en 1997 et qui rassemblera les pays des trois Amériques. Enfin, un comité sera mis sur pied pour préparer le Jubilé de l’an 2000 au Canada. Cette grande fête a été lancée à la demande du pape Jean-Paul II.
Comme à l’habitude, les sujets abordés par les évêques canadiens orienteront la vie pastorale des diocèses du pays. De nombreux pasteurs diocésains canadiens s’en inspireront pour déterminer leurs priorités d’actions. (Benoit Voyer)
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 4)
FLASH : Décès de Thérèse Jean (1943-2026)
C'est avec regret que je viens d'apprendre le décès de Thérèse Jean, ma tante. Son ange gardien est venu la chercher pour la conduire à sa dernière demeure, cet après-midi. Elle était la soeur de ma mère. Mes condoléances à mon cousin François et mes cousines Julie, Guylaine et Mélanie.
SANTÉ MENTALE : Voici pourquoi la marche favorise les idées et l’apaisement du cerveau
Par Benoit Voyer
20 octobre 2026
La marche ne fait pas seulement bouger le corps. Elle transforme aussi notre manière de penser.
Dans l’édition du 21 mai 2026 du magazine Sciences et Avenir, Benoît Bardy, professeur en sciences du mouvement à l’Université de Montpellier, rappelle que « notre cognition, c’est-à-dire notre manière de penser, est liée à la façon dont nous bougeons ».
Contrairement à une activité physique intense qui mobilise fortement l’effort et la performance, la marche laisse l’esprit disponible. Elle permet une forme de réflexion libre et favorise l’apparition d’idées nouvelles.
Une étude de l’Université Stanford publiée en 2014 dans le Journal of Experimental Psychology avait montré que la marche pouvait augmenter la créativité de 60 %.
De plus, le déplacement régulier du regard pendant la marche aurait un effet apaisant sur l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans l’anxiété. La marche ne supprimerait donc pas les pensées difficiles, mais aiderait plutôt à les organiser.
FLASH : L'infertilité touche une personne sur six
En 2023, l'Organisation mondiale de la santé publie une étude sur l'infertilité dans le monde. Les résultats indiquent qu'environ une personne adulte sur six connaît des problèmes de fertilité au cours de sa vie. Cette situation touche les populations de tous les continents, peu importe leur niveau de richesse. L'infertilité se définit généralement par l'absence de grossesse après douze mois de relations sexuelles régulières sans contraception. Elle peut avoir des causes masculines, féminines ou mixtes. Les chercheurs rappellent également que certains problèmes de fertilité demeurent inexpliqués. (Benoit Voyer, 20 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Rester éveillé et disponible pour Dieu
Par Benoit Voyer
20 octobre 2026
Au jour le jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « Il faut absolument acquérir et entretenir en nous […] une mentalité de destinataire, c’est-à-dire être bien persuadé que l’Écriture nous est personnellement adressée ».
Il ajoute un peu plus loin, en faisant référence à l’évangile de Jean (Jn 4, 26; 9, 37) : la lecture biblique est le lieu d’une rencontre personnelle avec « Celui-qui-te-parle » : « À la lecture livresque, superficielle, doit alors se substituer une lecture-contact, une lecture-rencontre. »
Les textes de la Bible sont comme une lettre d’amour de Dieu écrite pour moi ou pour chacun de nous, personnellement.
Ainsi donc, dans la lettre d’amour de Dieu que je reçois aujourd’hui (cf. Lc 12, 35-38), Jésus emploie trois images très concrètes : la tenue de service, la lampe allumée et l’attente du maître. Il ne s’agit pas de vivre dans la peur de son retour, mais de ne pas s’endormir spirituellement. La personne qui marche à sa suite doit demeurer prête à accueillir Dieu lorsqu’il se présente, parfois au moment où elle s’y attend le moins. Veiller, ce n’est pas attendre sans rien faire; c’est vivre aujourd’hui de manière à être prêt à accueillir Dieu lorsqu’il passe.
Quelque chose frappe en lisant ce texte : lorsque le maître revient et trouve ses serviteurs en train de veiller, les rôles s’inversent. Il les fait s’asseoir à table et vient les servir. En d’autres mots, la fidélité de celui ou celle qui tente de marcher à sa suite débouche sur une communion avec Dieu qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer.
Je me questionne : est-ce que ma lampe est encore allumée ? Est-ce que, dans ma vie quotidienne, je demeure attentif à Dieu, disponible à sa présence et prêt à répondre lorsqu’il frappe à ma porte ?
Je fais mienne cette petite prière tirée du livre « Le Pâtre blessé » de Daniel-Ange, un livre qui a marqué mon adolescence : « De tes mains, Père, nous recevons tout, et ce que nous mangerons demain, tu veilles la nuit, pour le préparer. »
RELIGIOLOGIQUE : Dieu n’est jamais parti
Par Benoit Voyer
20 octobre 2026
Dans plusieurs sociétés occidentales, pendant de nombreuses années, la question religieuse semblait appartenir au passé. La foi chrétienne paraissait doucement disparaître, emportée par la sécularisation, la transformation des modes de vie et l’effacement progressif des références religieuses dans l’espace public. En ce moment, certains signes troublent cette lecture trop simple de l’histoire.
En France, l’augmentation récente des demandes de baptême chez les adolescents et les adultes témoigne d’une réalité inattendue : chez certains jeunes, une recherche spirituelle renaît.
Le 25 mai 2026, dans un entretien paru dans Le Figaro, le théologien dominicain Thierry-Dominique Humbrecht explique qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un simple retour du passé, mais d’une réponse à un manque : « Dieu revient ? Il n’est jamais parti, mais il se fait discret jusqu’à la timidité ».
Selon lui, ces nouveaux baptisés révèlent « une soif spirituelle chez ceux qui n’ont rien reçu des générations qui les précèdent ». Il y a lieu de se questionner : que devient une société lorsqu’elle cesse de transmettre une partie de son héritage spirituel et culturel ?
Une quête de sens et d’identité
Pour Thierry-Dominique Humbrecht, le phénomène actuel ne peut pas être réduit à une seule explication. Certains cherchent Dieu, d’autres cherchent des racines, une histoire, une appartenance. Souvent, les deux dimensions se croisent.
Il dit au journaliste du Figaro : « S’agit-il d’un réveil religieux ou d’une quête d’identité ? D’un peu des deux, mais pourquoi pas ? »
On le sait depuis toujours, la vie de foi ne se limite effectivement pas à une pratique personnelle d’un courant religieux. Elle porte aussi une culture, un langage, des symboles, une manière de comprendre le monde. Le théologien rappelle qu’il est normal qu’une tradition religieuse transmette une vision de l’être humain et de la société : « Il est anormal que l’on stigmatise la culture chrétienne qui est la nôtre depuis des siècles ».
Cette réflexion amène une autre question. Le théologien se demande : « Tout le monde aurait-il droit à son identité, sauf les chrétiens ? »
La transmission de la foi
Mais redécouvrir un héritage ne suffit pas. Encore faut-il le connaître. Thierry-Dominique Humbrecht insiste sur cette faiblesse majeure des dernières décennies : une rupture dans la transmission. Il rappelle une réalité fondamentale : « On n’aime que ce qu’on connaît, dit saint Augustin. Faire aimer Dieu sans le faire connaître, c’est aller droit à l’échec »
D’ailleurs, sa réflexion dépasse le seul domaine religieux. Elle touche toutes les sociétés : une culture qui ne transmet plus ses références laisse les générations suivantes chercher seules des réponses aux grandes questions humaines.
Pour le théologien, la foi ne peut pas uniquement reposer sur une émotion ou une recherche personnelle. Elle demande une formation, une communauté et une expérience vécue.
Une foi minoritaire, mais appelée à témoigner
Le christianisme occidental n’est plus une évidence sociale. Il est devenu minoritaire. Pour Thierry-Dominique Humbrecht, cette situation peut aussi devenir une occasion de retrouver une foi plus consciente. Il affirme une vérité qui fait réfléchir : « Ces dernières décennies, on a enseigné que la foi ne s’enseigne pas. C’est un succès, la voilà ignorée : apostasie silencieuse »
Ainsi donc l’avenir de la foi chrétienne dépendrait moins du nombre que de la capacité des croyants à témoigner avec cohérence : « Foi instruite, vie de prière, parole puissante, action inventive » : voilà, selon lui, les moyens nécessaires pour que le christianisme retrouve une présence dans la société.
Il n’a pas la nostalgie d’un passé révolu, mais il est conscient qu’une civilisation ne peut vivre longtemps sans mémoire. Derrière la question religieuse apparaît une interrogation plus profonde : que devient une société lorsqu’elle oublie les récits, les symboles et les convictions qui ont contribué à la construire ?
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques à Baie-Comeau
L’Assemblée plénière de l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) a eu lieu du 12 au 14 septembre à Baie Comeau. La rencontre annuelle n’était pas à Cap-de-la-Madeleine comme c’est le cas depuis de nombreuses années. Les évêques renoueront avec la tradition dès 1996. Ce déplacement spécial voulait souligner le 50e anniversaire du diocèse de Baie Comeau. Il a notamment été question des états généraux sur l’éducation décrétés par le ministère de l’Éducation du Québec. (Benoit Voyer)
(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 4)
NEUROSCIENCES : Des symptômes de la démence peuvent apparaître des années avant les pertes de mémoire
Par Benoît Voyer
19 octobre 2026
Les pertes de mémoire ne sont pas toujours les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Plusieurs symptômes émotionnels, physiques et sensoriels peuvent apparaître de nombreuses années, c’est-à-dire des décennies, avant qu'un diagnostic de démence soit posé.
La maladie d'Alzheimer, qui représente de 60 à 80 % des cas de démence, évoluerait en trois phases : la première, dite préclinique, peut débuter de 15 à 20 ans avant les premiers troubles cognitifs. Durant cette période, le cerveau commence déjà à subir des modifications biologiques, notamment l'accumulation de plaques de bêta-amyloïde et d'enchevêtrements de protéine tau.
Dans un article publié le 22 juillet 2026 dans Le Devoir, reprenant une enquête du Washington Post, le neurologue Timothy Chang, professeur agrégé à l'Université de Californie, à Los Angeles dit que ces changements cérébraux précoces peuvent provoquer des manifestations qui ne touchent pas directement la mémoire.
Dépression, anxiété et changements de comportement
Parmi les premiers indices possibles figurent une dépression ou une anxiété apparaissant tardivement, généralement vers 55 ou 60 ans. Selon Timothy Chang, « certaines modifications des réseaux cérébraux qui surviennent aux premiers stades de la démence touchent également la santé mentale ». Ces changements pourraient donc représenter « le signe de possibles modifications précoces du fonctionnement cérébral ». Des recherches suggèrent également que ces troubles de l'humeur pourraient accélérer l'évolution de la maladie.
L'irritabilité, l'apathie et l'agitation font aussi partie des symptômes neuropsychiatriques fréquemment observés avant le déclin cognitif. Selon le psychiatre Adam Turnbull, de l'Université de Stanford, environ 50 à 60 % des personnes présentant déjà des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer manifestent au moins un de ces symptômes.
Sommeil, odorat, marche et force musculaire
Les chercheurs soulignent également l'importance des troubles du sommeil. Une méta-analyse publiée en 2025 associe notamment l'apnée du sommeil, la somnolence diurne excessive et l'insomnie à un risque accru de démence. À l'inverse, chaque heure supplémentaire de sommeil nocturne serait liée à une diminution des dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau.
La perte de l'odorat constitue un autre signal d'alarme. Environ 85 % des personnes aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer présentent des troubles olfactifs. Les chercheurs rappellent toutefois que l'odorat peut parfois être amélioré grâce à un entraînement spécifique.
Enfin, un ralentissement de la marche ainsi qu'une diminution de la force de préhension pourraient également annoncer un futur déclin cognitif plusieurs années avant les premiers troubles de mémoire. Une étude portant sur plus de 190 000 adultes a même montré qu'une baisse de cinq kilogrammes de la force de préhension était associée à une hausse du risque de démence de 20 % chez les hommes et de 12 % chez les femmes.
Les spécialistes invitent toutefois à la prudence. Adam Turnbull rappelle que chacun de ces symptômes peut avoir de nombreuses autres causes.
FLASH : Deux fois moins de spermatozoïdes
Une étude internationale publiée en 2022 révèle une baisse importante du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. Les chercheurs analysent 223 études portant sur des échantillons recueillis entre 1973 et 2018. Au cours de cette période, la concentration moyenne passe de 101 à 49 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme chez les hommes étudiés sans distinction de fertilité. C'est une diminution de plus de 50 %. Les chercheurs observent aussi une accélération de cette baisse après l'année 2000. Une évolution qui soulève de nombreuses questions sur la santé reproductive masculine. (Benoit Voyer, 19 octobre 226)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : En qui ou en quoi je mets ma confiance ?
Par Benoit Voyer
19 octobre 2026
Saint Grégoire définissait les textes de la Bible comme étant une « lettre envoyée par le Dieu tout-puissant à sa créature ».[1]
De son côté, François Cassingena-Trévedy, moine catholique de Ligugé, écrit dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’Abbaye de Bellefontaine, livre que j’ai lu en septembre : « Si tu attends depuis longtemps une lettre en provenance d’un ami très cher, tu guettes, avec une certaine anxiété, l’arrivée du courrier, et si la lettre est arrivée, tu t’empresses de la décacheter et de la lire. Dieu t’a écrit une lettre d’amour, une longue lettre, il t’en renouvelle quotidiennement l’envoi, et tu n’aurais pas hâte de la recevoir, tu ne t’empresserais pas de la lire, de la relire, de l’apprendre par cœur ? »
Søren Kierkegaard (1813-1855), philosophe et théologien danois, un chrétien de tradition luthérienne, écrivait à son époque : « Comme un fiancé lit une lettre de sa bien-aimée, c’est ainsi que tu dois te mettre à lire l’Écriture ».
Dans sa lettre du jour (cf. Lc 12, 13-21), une phrase m’a grandement interpellé : « cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »
Jésus dit aussi : « La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Soyons clairs : Jésus ne condamne pas le fait d’avoir des biens ou d’avoir une bonne récolte. Le problème est qu’on finit par faire de ses possessions le fondement de sa sécurité et le but de son existence.
Aujourd’hui, dans sa lettre d’amour, Jésus me questionne : Qu'est-ce qui me donne réellement le sentiment d'être en sécurité : ce que j'ai accumulé ou Celui en qui j'ai placé ma confiance ?
____________________
[1] Grégoire le Grand. Epist. V, 46, « À Théodose, médecin de l’empereur » (CCSL 140), p. 339.
PATRIMOINE : La fresque de l’église catholique de Rawdon
Par Benoit Voyer
19 octobre 2026
Lorsqu’on entre dans l'église catholique Marie-Reine-de-la-Paix, à Rawdon, on est toujours impressionné par l’imposante fresque peinte dans le chœur du temple.
Le symbolisme de l’œuvre transporte le visiteur vers le cœur de la foi chrétienne.
Toute la composition s'organise autour du Christ, représenté sur la croix, les bras largement ouverts.
Au-dessus de lui, Dieu le Père déploie lui aussi les bras dans un geste d'accueil et de bénédiction, tandis que la colombe de l'Esprit Saint descend entre le Père et le Fils, rappelant le baptême de Jésus au Jourdain où « l'Esprit Saint descendit sur lui sous une apparence corporelle, comme une colombe » (Lc 3, 22). À elle seule, cette scène exprime le mystère de la Sainte Trinité, au nom de laquelle les disciples sont envoyés baptiser toutes les nations (Mt 28, 19).
Autour du Christ, quatre anges vêtus de blanc participent à une véritable liturgie céleste. Deux d'entre eux présentent des calices, évoquant les paroles de Jésus lors de la dernière Cène : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude » (Mc 14, 24). Les autres déploient des banderoles portant des inscriptions latines inspirées de la liturgie. On y distingue notamment le mot Sanctus, qui fait écho à la vision du prophète Isaïe : « Saint, saint, saint est le Seigneur de l'univers » (Is 6, 3), reprise également par les quatre Vivants dans l'Apocalypse (Ap 4, 8). Le ciel tout entier semble ainsi s'unir à la célébration qui se déroule au pied de cette œuvre.
Dans la partie inférieure de la fresque, une assemblée de personnages auréolés prend place de part et d'autre du sanctuaire. Ils représentent vraisemblablement les apôtres, les saints et l'Église glorifiée, réunis autour de l'Agneau. Cette vision rappelle les paroles de l'Apocalypse : « J'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7, 9). Leurs regards convergent vers la croix, signe que toute l'histoire du salut trouve son accomplissement dans le Christ, selon cette parole de Jésus : « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32).
Placée directement derrière l'autel, cette fresque prend tout son sens au moment de la célébration eucharistique. Elle rappelle que la messe n'est pas seulement une assemblée de fidèles, mais une participation à la liturgie du ciel. La Lettre aux Hébreux affirme que le Christ est entré « dans le sanctuaire du ciel lui-même » (He 9, 24), tandis que le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que, dans chaque Eucharistie, l'Église s'unit à la liturgie céleste. Le regard passe naturellement de l'autel au Christ, puis s'élève vers le Père, guidé par l'Esprit Saint. Devant cette fresque, les paroles proclamées après la consécration prennent une résonance toute particulière : « Il est grand, le mystère de la foi ! »
On contemple avec les yeux de son époque
On ne regarde jamais une œuvre avec les yeux de son époque initiale; on la regarde toujours avec les nôtres. Nos sensibilités, nos débats de société, nos références culturelles influencent inévitablement notre interprétation. Une même œuvre peut donc susciter des lectures très différentes selon le siècle où elle est contemplée.
Prenons justement ce visage du Christ de Wilfrid Corbeil. En 1956, un fidèle y voyait probablement un Christ empreint de douceur, de paix et de majesté. Aujourd'hui, dans une société où les questions d'identité, de genre et de représentation occupent une place importante, certains peuvent spontanément y percevoir des traits qu'ils qualifieraient de féminins ou d'androgynes. Ce regard n'est pas « faux » : il nous renseigne sur notre époque. Mais il ne faut pas le confondre avec l'intention de l'artiste.
C'est l'un des défis de l'histoire de l'art. Il faut constamment faire dialoguer deux regards : celui du spectateur d'aujourd'hui et celui de l'époque où l'œuvre a été créée. Comprendre une œuvre, ce n'est pas seulement dire ce qu'elle nous inspire; c'est aussi tenter de retrouver le langage, les symboles et les préoccupations de son auteur. Autrement, nous risquons de projeter nos propres catégories sur une création qui répondait à d'autres codes.
En ce sens, une œuvre d'art est comme un témoin silencieux de son temps. Elle continue de parler à chaque génération, mais elle ne dit pas toujours la même chose. Le regard que nous portons sur elle révèle autant notre propre époque que celle de l'artiste. C'est précisément ce dialogue entre le passé et le présent qui rend l'histoire de l'art si passionnante.
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| Père Wilfrid Corbeil |
Le créateur de la fresque de l’église Marie-Reine-de-la-Paix est le père Wilfrid Corbeil, c.s.v. Il est l'une des grandes figures de l'art sacré québécois du XXe siècle. Religieux des Clercs de Saint-Viateur, il fut à la fois peintre, architecte, enseignant, décorateur, écrivain, collectionneur et animateur culturel. Toute sa vie a été guidée par une conviction profonde : la beauté possède une force évangélisatrice et peut conduire l'être humain vers Dieu.
Né le 20 mars 1893 à Saint-Lin-des-Laurentides, il entreprend ses études classiques au Séminaire de Joliette avant d'entrer chez les Clercs de Saint-Viateur en 1912. Ordonné prêtre en 1918, il poursuit ensuite des études de lettres à la Sorbonne et à l'Institut catholique de Paris. De retour au Québec, il enseigne au Séminaire de Joliette, où il fonde un studio de dessin, organise des expositions et transmet son amour de l'art à plusieurs générations d'étudiants. Ceux qui l'ont connu décrivent un homme cultivé, passionné et animé d'un désir constant d'élever le regard de ses contemporains vers le beau.
Artiste prolifique, Wilfrid Corbeil réalise plus d'un millier d'œuvres et d'ébauches au cours de sa carrière. Ses talents ne se limitent pas à la peinture. Il participe également à la conception d'édifices religieux, à la restauration de lieux de culte et au renouvellement de l'art sacré au Québec. En 1946, avec l'artiste français André Lecoutey, il fonde le mouvement Le Retable, qui souhaite redonner à l'art religieux toute sa place dans la vie de l'Église, dans un langage artistique adapté à son époque.
Son héritage dépasse largement le domaine religieux. Dès 1943, il met sur pied une galerie d'art au Séminaire de Joliette, initiative qui deviendra le point de départ du Musée d'art de Joliette. Il consacrera ensuite des décennies à enrichir ses collections, à mobiliser des donateurs et à faire construire l'édifice inauguré en 1976. Encore aujourd'hui, le Musée d'art de Joliette est le plus important musée d'art en région au Québec, un héritage qui porte indéniablement la marque de sa vision et de sa persévérance.
Le père Wilfrid Corbeil décède le 20 octobre 1979. Il laisse derrière lui un patrimoine artistique et culturel exceptionnel. Malheureusement, son nom demeure encore trop peu connu du grand public. Ses tableaux, ses décors d'églises, ses projets architecturaux et son engagement envers la diffusion de l'art témoignent d'une même intuition : la beauté n'est jamais une fin en soi. Pour lui, elle était une porte ouverte sur le mystère, un chemin vers la contemplation et une manière discrète, mais profondément éloquente, d'annoncer l'Évangile. Plus de quarante ans après sa disparition, son œuvre continue de rappeler que l'art peut être à la fois une expression de la foi et un précieux héritage pour toute la société québécoise.
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